Désolée pour le retard, un si long week-end, ça ne laisse pas beaucoup de temps. J'espère que vous allez bien. Je remercie ce qui me lise, me review, les deux ou aucun des deux !

Je voulais aussi vous dire qu'à la fin de ce chapitre, vous savez enfin en quelle année nous sommes (sauf si vous aviez deviné avant^^). Et que le prochain chapitre aura sûrement du retard. Je m'en excuse, mais je dois subir ce que la fac appel bien cruellement les partiels…

Et pour finir, un grand merci à ma bêta qui à du craquer/hurler de frustration/ de colère/de désespoir devant cette horreur qu'est mon obstination stupéfiante mais totalement involontaire à ne pas vouloir mettre 't' à la 3ème personne du singulier… Je lui rends hommage^^

Allez, c'est partit !

Gentille Fille

Chapitre 5 : Sous un masque de serpentard.

La montre d'Hermione sonna midi. Elle soupira, se laissa aller dans son canapé en relâchant la feuille à l'entête officielle sur le monceau de parchemins qui recouvrait la table basse. Trop las d'être enfermés dans un sac, ils s'étaient mis en tête de prendre l'air et avaient tenté –et réussit- une évasion dans les règles. A présent ils envahissaient, l'air de rien, tout l'espace autours de la jeune gryffondor. Malgré tout, elle gardait son calme, plongeant parfois dans sa main pour en tirer un ou deux. Puis elle retournait à la rédaction de son essai de potion en jetant le cours un peu plus loin. Or, une- fausse note s'était glissée dans cette organisation un peu particulière. Note qui rappelait aux préfets de ne pas oublier la sortie à Prés-au-Lard qui était dans deux jours. Soit mercredi. Une même note devait être affichée dans le hall. Son ventre gargouilla. Elle attrapa sa baguette et sa cape et son sac. Elle se leva, passa la bandoulière de son sac, se couvrit, et sortit en faisant un geste. Dans son dos, elle perçut le doux glissement des parchemins qui se rangeaient tout seul. Sur son visage, traînait encore les restes d'un sourire qui avait le drôle goût de la vengeance. Toutes traces de fatigue avaient déserté son visage. Le week-end avait suffit pour la remettre sur pied comme d'habitude. Elle sortit et prit son temps pour se rendre à la grande salle. Il fallait qu'elle calcule bien. Son cerveau carburait, entrainé par la peur et l'excitation qui augmentait toujours d'un cran alors que ses pas la rapprochaient toujours plus de la Grande Salle. Arrivée dans le hall, elle longea le mur, de façon que personne ne la voie depuis la Grande Salle via les portes ouvertes. Elle s'appuya un instant contre le mur. Prenant une profonde respiration. Peur et excitation se mêlaient étroitement, formant une boule brûlante désagréable dans son ventre, et couvrant ses paumes d'un léger voile de sueur. D'ailleurs, elle les essuya sur son uniforme avant de s'éjecter du mur et de se lancer. Attendre plus ne servirait à rien.

Elle pénétra donc la sphère bruyante de la Grande Salle. Plus par réflexe qu'autre chose, elle scruta sa place. Trouva Ginny qui lui faisait signe. Elle lui répondit d'un sourire et d'un hochement de tête. Puis son regard balaya la pièce, s'attardant un peu plus sur une table en particulier. Quand elle trouva ce qu'elle cherchait, elle se mit en marche. Complètement focalisée sur sa cible pour éviter de s'attarder sur l'extérieur. Elle passa la table des poufsouffles, puis celle des serdaigles, se glissa entre cette dernière et la table des serpentards. Elle répandait le silence derrière elle comme Clochette perdait sa poussière de fée quand elle vole. Ou bien comme une comète laissait derrière son passage une trainée de poussières incandescentes. Elle y réfléchit un instant, et opta pour la comète. C'était quand un peu plus classe qu'une bonne femme de quelques centimètres… Cependant, elle remarqua que le silence ressemblait toujours à de la poussière… Etrange…

Elle n'eut pas le temps d'explorer la question plus en profondeur, elle avait atteint sa cible. Elle se tourna un peu, faisant dos aux aigles. De l'autre côté de la table mangeait Drago Malefoy. Entre eux, personne. On ne mange pas en face de Drago Malefoy. Le silence s'était maintenant propagé comme une trainée de poudre à toute la pièce. Tiens, de la poudre maintenant… ça se rapprochait de la poussière sans vraiment en être. Bien, il y avait du progrès au moins…

La peur la paralysa un instant. Juste avant d'être remplacée par de l'agacement qui frôlait la colère. Alors que tous les regards étaient tournés vers eux, lui, il se contentait de continuer à manger. Indifférent à tout ce qui l'entourait comme d'habitude. Et comme d'habitude, elle n'aimait pas ça. Elle avait l'impression qu'en agissant ainsi, Malefoy offrait à tout Poudlard un moyen pour la ridiculiser jusqu'à la fin de ces jours. Elle tiqua puis se reprit. Malefoy restait Malefoy :

-Malefoy, excuse moi de te déranger, est-ce qu'on peut parler ?

-Qu'est-ce qu'il y a ?

-Est-ce que tu voudrais bien m'accompagner à Prés-au-Lard mercredi ?

-D'accord.

Après un instant de surprise, Hermione se trouva partagée entre trois positions contradictoires. D'une, elle remerciait Malefoy de tout son cœur –et c'était bien assez honteux de le réaliser, elle ne l'avouerait jamais, pas même sous la torture…- pour ne pas l'avoir refoulée. Elle ne serait plus jamais sortie de sa chambre sans ça. De deux, la surprise. Pourquoi avait-il accepté aussi facilement ? Un nouveau symptôme du mode « zombi » ? De trois, la colère de ne voir aucune surprise dans ce regard fier et dans ce visage morne. Alors que la rumeur était déjà repartie, elle sentait d'ailleurs dans son dos, des regards insistants et elle était persuadée qu'ils ne lui voulaient pas tous du bien. Heureusement que les armes à feu étaient inutiles -et bien sûr interdites- sinon, elle pouvait parier toute sa fortune et gagner à coup sûr que son dos ne ressemblerait plus qu'à quelque chose comme du gruyère ou une éponge…

Bon, le truc, c'est qu'elle n'avait pas finis. Et elle avait de plus en plus de mal à garder son sang froid face aux « dégage maintenant, saleté de gryffondor » ou aux « crève sang de bourbe, tu pollues » des serpentards et des regards tueurs-perceurs des gryffondors. Elle reprit plus doucement :

-Malefoy, est-ce que je peux manger ici ?

Cette fois-ci, elle eut la satisfaction de le voir la regarder avec un éclat de surprise qui disparut peut être presque aussitôt, mais qui avait pourtant bien existé :

-Si tu veux.

Elle n'en attendit pas plus et s'assit en vitesse. Aussitôt, les gestes de ses voisins se firent plus amples pour atteindre ses côtes et les insultes augmentèrent d'un cran. Elle les supporta le plus longtemps possible, espérant que Malefoy ferait quelque chose pour les calmer. Mais il continuait à manger, imperturbable. Bon, elle n'avait pas le choix. Elle se leva brusquement :

-Serpentards, en tant que préfète-en-chef je vous retire 10 points pour insultes et 10 points pour violence physique. Si vous voulez que je continue, continuez, sinon, retenez vous et faites moi preuve de vos manières dont vous vous vantez qu'elles soient parfaites.

Il y eut un grognement collectif, mais au moins, maintenant, elle avait la paix. Elle se rassit et commença à se servir en parlant doucement à Malefoy :

-Dis, pourquoi tu as accepté si facilement ?

-Il n'y avait pas de raisons qui me poussaient à refuser.

-Certains diraient que si. Tu es serpentard, je suis gryffondor.

- Ce sont des idiots.

- Je suis bien d'accord. Cependant, si rien ne te poussait à refuser, rien ne te poussait à accepter non plus.

-Et bien, apparemment si, vu que j'ai accepté.

-Et c'est quoi ?

-Quelque chose, il faut croire.

Hermione soupira pour éviter de crier sa frustration. Malefoy était irritant. Les serpentards étaient irritants, les gryffondors étaient irritants. En fait, tout l'irritait. Et c'était vraiment, mais vraiment… Eh bien, irritant… Plus sérieusement, pourquoi est-ce que Malefoy était aussi nébuleux ? Est-ce que son deuxième prénom était Orion (1) ? Avait-il subit un choc au crâne qui lui avait arraché la moitié de son intelligence ? Ou avait-il découvert qu'il était le frère jumeau de Luna et que la nouvelle faisait ressortir ce côté rêveur/débile qu'il avait tenté de refouler ? Hermione secoua la tête. Non, là, c'était un peu trop poussé pour être vrai… Quoique… Tous deux étaient blonds… Non, STOP ! Ça frôle le délire là ! Reviens sur terre !

La gryffondor soupira, grimaça, rougit en entendant son ventre grogner, puis rendit les armes et, abaissant légèrement sa garde, elle commença à remplir son assiette. Son regard accrocha la coupe en argent remplie de pain… Qui était malheureusement un peu trop loin. Elle pouvait la prendre, mais cela signifiait passer juste devant le nez de son voisin. Ce qui était une énorme infraction aux manières. Et Hermione détestait les infractions. Alors elle prit son courage à deux mains et partit à la rencontre du méchant serpentard qui allait sûrement être très méchant :

-Excuse-moi. Zabini, c'est ça ? Est-ce que tu pourrais me donner la panière s'il te plait ?

-Débrouilles toi toute seule, tu es une grande fille, non, madame la préfète en chef ?

-Moi ça me dérange pas, mais ne viens pas te plaindre que je suis malpolie après.

-Etre de gryffondor, c'est par définition, être impoli.

-Et depuis quand ?

-Depuis toujours bien sûre. Maintenant tais-toi, ou mieux… Dégage !

- Donne-moi une raison suffisante pour que je parte et je partirai.

-Une raison hein ? Tu es idiote ou quoi ? Ici, c'est les serpentards, toi tu es gryffondor, tu n'as rien à faire là.

-Ce n'est pas suffisant, je regrette. Il n'y a que les idiots qui se bornent à suivre bêtement la tradition.

-Tu me traites d'idiot ?

-Pas le moins du monde, sauf si tu es du genre à suivre bêtement la tradition…

-Toi…

-Blaise, laisse là ! Le coupa Malefoy.

-Malefoy, je n'ai pas besoin que tu interviennes, répliqua Hermione.

-Toi non, mais ma maison oui. Je ne te laisserai pas lui retirer plus de points.

-Est-ce une menace ?

-Peut être.

-Comme si tu me faisais peur !

-Tu devrais avoir peur, tu n'es pas vraiment en territoire ami ici, se fit un plaisir de répondre Blaise.

-Je n'ai pas peur de vous.

Zabini éclata de rire. Un rire plutôt agréable, pas trop fort, pas trop grave ou aigue. Un rire qui collait avec l'aura soudainement agréable qu'il dégageait. Il attrapa la panière, la tendit à Hermione qui prit un pain et la reposa. Un petit sourire trainait encore sur ses lèvres. Il reprit la parole, abandonnant son ton glacial pour une voix plus légère :

-Blaise Zabini, enchanté.

-Hermione Granger, enchantée de même.

Elle serra la main qu'il lui présentait sans vraiment se poser de question, il était vraiment bizarre. Un court instant, Hermione se demanda si la bizarrerie n'était un trait particulier des serpentards…

-Je ne savais pas qu'une gryffondor pouvait avoir une langue si acérée. Même si couplée à une stupidité monumentale, ça gâche un peu la surprise.

-C'est trop aimable, surtout venant de toi.

-Qu'est-ce que tu veux dire ?

-Je suis la première de l'école, pas toi. Je ne pense pas que tu puisses juger de mon intelligence. Mieux que ça, je ne te le permets pas.

-Oh, du calme la lionne. Tu parles, mais tu as vu l'heure, tu ferais mieux de te dépêcher.

Oups, Hermione jeta un coup d'œil rapide à sa montre. 13h10. Il ne lui restait plus que 20 minutes pour manger et être au garde à vous devant la salle de Défense contre les forces du mal. Elle rougit un peu, se tourna vers son assiette, et commença à engloutir son déjeuner. Quand elle eut à peu prés finis, elle s'essuya la bouche, attrapa une pomme et se leva :

-Malefoy, merci beaucoup. A Mercredi.

Elle se dégagea et se dépêcha de rejoindre les portes de la Grande Salle. Elle les passa et se mit à courir dans les couloirs. Des courbatures qui pourtant avaient presque disparues brûlèrent les muscles de son corps. Quand elle arriva devant la porte de son cours, tout le monde était déjà installé, et le nouveau professeur, M. Renfield, commençait à faire l'appel. Hermione s'excusa platement, balaya la salle pour trouver rapidement une place. Il restait une ou deux places à côté d'autres gryffondors, mais elle préféra éviter. Pareil pour les poufsouffles. Elle parvint à se dénicher une place seule au fond de la salle. Ce n'était pas vraiment le meilleur emplacement, mais ça suffirait. Elle sortit ses affaires en faisant le moins de bruits possible, M. Renfield avait déjà commencé son cours. Et déjà, il l'interrogeait. Hermione serra un peu les dents avant de répondre. La question était tordue. Pas dure. Mais tordue. Trop pour un autre élève de sa promo. Mais elle y répondit avec la brillance qui l'accompagnait toujours. Elle n'était pas la meilleure pour rien. Le harcèlement dura toute l'heure. Elle tint le coup, prenant la vengeance qu'elle ne comprenait pas du professeur comme une chance inespérée de progresser. Elle y mettait tant d'ardeur, et d'habileté, que plus d'une fois, il améliorait les réponses de la gryffondor, instaurant avec elle un dialogue que les autres peinaient à comprendre et à suivre. Et quand il s'en rendait compte, il se fermait d'un coup, sa voix perdait son excitation, et le cours reprenait normalement. Hermione savourait. Pourtant, une petite voix dans son crâne lui répétait de faire attention, de ne pas aller trop loin. Elle avait beau être la meilleure, elle n'avait pas non plus le niveau d'un professeur… Pas encore.

La cloche sonna la fin du cours. Hermione fourra ses affaires en vrac dans son sac. Elle se dépêcha de sortir. Sans craindre pour sa vie, elle craignait les gryffondors qui semblaient lui en vouloir un tout petit peu, mais vraiment un minuscule petit peu de quasiment rien du tout... Juste assez pour que son instinct de survie lui hurle de se dépêcher de sortir de cette salle qui puait l'embuscade. Elle parvint à atteindre la porte de la salle la première, elle se faufila dehors. Elle n'eut pas fait 3 pas qu'une poigne d'acier agrippa son poignet, la stoppant sur le champ. Elle parvint à ne pas tomber et se retourna. Devant elle se tenaient deux pupilles vertes de rage. Elle attrapa le poignet d'Harry qui tenait encore son bras. Elle ne fit rien de plus. Cela suffit. Il la lâcha directement, comme s'il avait pris un coup de jus :

-Qu'est-ce tu fous Hermione ? Grogna le brun, très en colère.

-Là, je vais à mon prochain cours, répliqua Hermione sereinement.

-Ne fais ta maligne, tu sais de quoi je parle. Qu'est-ce que t'as à fricoter avec Malefoy ?

-Harry, ce n'est pas l'endroit. Ni le moment. Si tu veux en discuter, viens chez moi ce soir.

Hermione tourna le dos à son ami, marquant la fin de la discussion. Elle ignora le feu ardent qui voulait l'incendier sur place. Elle serra le poing, plantant ses ongles dans la chaire de sa paume. Elle ne devait pas pleurer.

Hermione ferma la porte de son studio. Elle alla directement dans sa chambre. Elle laissa tomber son sac et sa cape sur son lit et entra dans la salle de bain. Elle était fatiguée. Il était à peine 17h30 et elle voulait juste se blottir sous sa couette et ne plus se lever. Elle avait la désagréable impression que tout ce qu'elle faisait était le pire choix possible. Elle perdait Harry et Ron tous les jours un peu plus. Elle avait réussit à se mettre quasiment tout Poudlard sur le dos, elle avait l'impression d'étouffer durant les cours qui devenait d'une facilitée déconcertante. Parfois, elle sentait qu'elle devrait mettre sa fierté de côté et s'excuser. Mais elle restait persuadée qu'elle n'avait pas tort. Mais alors, dans ces moments, elle était plus que fatiguée, et la tentation de tout laisser tomber était très forte. Mais elle n'abandonnerait pas. Elle ne pouvait pas. Elle ne voulait pas.

Elle se glissa sous la douche, appréciant la chaleur de l'eau qui la détendait et lui redonnait des forces. Elle n'avait pas beaucoup de temps. A contre cœur, elle s'obligea à se dépêcher. Elle se lava, se rinça et sortit de la douche, quittant la chaleur cotonneuse pour la froideur sèche du dehors. Elle s'habilla rapidement, mettant des vêtements confortables et chauds.

A peine installée dans son canapé, elle entendit son tableau pivoter et des pas se diriger vers elle. Elle posa son regard dans leurs directions. Harry, Ron, Ginny et Luna apparurent dans son champ de vision. Zut elle n'avait pas prévu la présence de ses amies. Elle se leva et prit la parole avant qu'Harry ne l'agresse. Elle était chez elle. Il fallait qu'elle lui fasse comprendre :

-Salut, venez, asseyez vous, vous voulez quelque chose ?

-Oui, on voudrait bien des explications, attaqua directement Harry.

Hermione se rassit. Elle n'aimait pas le ton d'Harry. Cette fureur, c'était comme si elle l'avait trahi. Elle n'aimait pas ça :

-Sur quoi ?

-Sur ce que tu fais avec Malefoy, répliqua Ron, un peu plus calme que son ami.

-J'apprends à le connaitre.

-Pourquoi faire ?

-Parce que, Harry, je veux comprendre ce qui se passe.

-C'est très simple, il dupe tout le monde pour pouvoir préparer un mauvais coup en paix.

-Comment tu le sais ?

-Parce que ! C'est Malefoy bon sang !

-Et alors ?

-Malefoy est forcément mauvais !

-Mais arrêtez les gars, vous ne voyez pas qu'on tourne en rond là ? Argumentez pour une fois !

-T'as changé Hermione… commença Ron

Hermione serra les dents, les larmes aux yeux. Elle ne voulait pas que Ron finisse sa phrase. Elle avait peur de la connerie qu'il pourrait sortir. Une connerie qui lui ferait certainement très mal. D'un certain côté, il eut de la chance, car Ron s'arrêta là. Le pire, ce fut Harry qui reprit :

-Je me demande si on peut encore te faire confiance…

Hermione perdit tout contrôle. Les larmes roulèrent sur ses joues. Sa main partit à toute vitesse et s'écrasa sur la joue d'Harry :

-Je t'interdis d'insinuer quoique ce soit. Tu ne sais rien de la confiance. Tu ne sais rien de ce que j'ai fait pour t'aider. Quand on n'est pas fichu d'avoir toutes les données en mains, on se la ferme. Maintenant, t'emmènes Ron et tu dégages !

Elle n'attendit pas la moindre réponse. Elle tourna le dos à ses invités et se précipita dans sa chambre. Elle claqua la porte, dessina un symbole sur le montant en bois avant de se jeter dans son lit. Le dessin scintilla un court instant avant de disparaitre. C'était dégueulasse. Harry et Ron étaient dégueulasses. Elle n'avait pas changé, elle restait elle-même. Elle travaillait de toutes ses forces pour protéger ceux qu'elle aimait. Pour les aider. Et c'est ça qu'elle récoltait ? Non, c'était vraiment dégueulasse.
Elle ne réagit pas quand la porte de sa chambre s'ouvrit. Et encore moins quand le matelas s'affaissa sous le poids de deux corps. Elle était perdue dans ses pleurs qui lui déchiraient la gorge, lui brûlaient les yeux et lui éclataient le crâne. Elle n'était pas comme ces héroïnes de film qui parvenait à pleurer silencieusement et d'une façon presque belle. Elle, quand elle pleurait, c'était douloureux, bruyant et moche. Mais c'était réel. Une main dans ses cheveux tentait de la calmer. Elle n'avait pas envie. Elle voulait pleurer. Se vider de ces horribles journées qu'elle s'était infligée. Mais elle se raccrocha à cette main. Et peu à peu, elle se calma. Sa respiration se fit moins erratique. Elle attrapa un mouchoir qu'on lui tendait. Elle devait se calmer. Elle prit quelques profondes respirations. Le martèlement du sang dans sa tête s'apaisa. Il lui restait quelques soubresauts, mais elle avait maintenant les idées un peu plus claires. C'était repartit. Contre son attente ce fut Luna qui prit la parole :

-Hermione, Harry a mérité la baffe, mais tu en mérites une aussi. Tu t'éloignes de nous, agit dans ton coin sans nous expliquer et après, tu t'étonnes qu'on t'en veuille. Tu n'es pas honnête.

-Elle a raison, Hermione. Nous ne sommes pas bêtes. Pas autant qu'Harry et Ron du moins, nous, on a bien vu que tu nous cachais quelque chose. On attendait que tu nous en parles, mais là, tu dérapes. On ne te comprend plus. Il faut que tu nous expliques.

-Les filles, j'aimerai bien, vraiment, mais je ne peux pas.

-Pourquoi ? répliqua Ginny, qui sentait la colère monter mais qui la cachait du mieux qu'elle pouvait.

-Nous sommes tes amies non ? Comment pouvons-nous te suivre sans rien savoir ?

-Eh bien, j'ai fait une promesse. Parce que personne ne doit savoir.

-A qui ? A ce Malefoy ?

-Calme toi Ginny, chantonna presque Luna.

Depuis le début de la conversation, alors que Ginny s'énervait de plus en plus, Luna gardait une voix calme et posée. Une intonation presque chantonnée en total désaccord avec l'ambiance un peu tendue de la chambre. Pourtant, sa voix calmait les esprits et répandait une douce chaleur. Hermione n'avait plus envie de leur mentir :

-Non, je me le suis promis à moi-même. Parce que ça ne doit être en aucun cas su. Et je ne peux vous le dire qu'à la condition que vous signiez.

-Signer ?

-Oui. Vous devez me promettre de ne jamais rien dire à personne.

-D'accord, acceptèrent les deux jeunes filles après s'être consultées du regard.

Hermione hocha la tête. Elle farfouilla dans un tiroir que les jeunes filles n'avaient même pas repérées. Hermione attrapa sa baguette, un parchemin dans la main. Elle posa le bout sur le parchemin et une petite lumière bleu nuit enveloppa le papier. Elle le tendit aux jeunes filles avec une plume. Les deux signèrent, un fond d'appréhension faillit les faire hésiter. Mais elles avaient confiance en Hermione.

De son côté, Hermione avait peur. Elle prenait un risque. Un risque minime. Presque anodin. Mais un risque quand même. Enfin, un risque assuré. Elle avait confiance aussi. Elle respira pour se calmer une nouvelle fois :

-Bon, d'accord. Alors voilà, ça a commencé l'été dernier, un peu après la mort de Sirius…

(1) Nébuleuse d'Orion… L'auteur s'excuse du mauvais jeu de mot… De plus, elle à choisit cette nébuleuse, juste parce qu'elle la trouvait jolie (sur une photo de wikipédia…