Voilà un nouveau chapitre, j'espère qu'il vous plaira ! Je vous remercie de m'avoir lu ou pas, de m'avoir reviewé, d'avoir aimé ou pas… J'ai techniquement répondu à vos reviews, si ça n'a pas marché, dites le moi…

Juste une réponse pour Marylou, parce qu'elle mérite une discussion et comme il n'y a pas de compte, je n'ai pas pus y répondre… Tout d'abord, merci beaucoup pour ta franchise, je ne l'ai pas mal pris ! En retour, j'aurais la même franchise sans méchanceté aucune^^ Les explications arrivent youhou ! Pour les chapitre qui n'avance pas beaucoup où c'est compliqué, je te jure que j'ai lutté pour les écrire. C'est très fastidieux mine de rien… Mais s'ils sont là, c'est qu'il y a une raison. En effet, pour moi, une histoire où tout coule de sources. Il faut une part active du lecteur tout comme de l'auteur. Aussi, si cela semble long et complexe, c'est parce que je m'efforce au file des chapitres à vous donner des indices sans vous révéler le tout (histoire que vous trouviez ou émettiez des hypothèses…). J'espère que tu continueras à me lire vu que là, l'intrigue fais un vrai bon en avant^^

Bonne lecture,

Lyzabeth

Gentille Fille

Chapitre 8 : Ce n'est qu'un au revoir, mon frère…

-Avez-vous compris, Miss Granger ?

-Oui, Monsieur.

-Bien, dans ce cas, rendez-vous ici, demain, à 9h.

-D'accord. A demain.

-A demain, Miss Granger.

Hermione quitta le fauteuil, puis quitta la pièce. La démarche souple de la confiance la mena en bas des escaliers. Quand la statue pivota pour reprendre sa place, là, par contre, sa pseudo-assurance la quitta. Les jambes flageolantes, elle n'eut d'autre choix que de s'avachir à moitié sur le mur de pierre pour ne pas subir la honte de tomber sur les fesses en plein milieu du couloir. Heureusement, Poudlard était quasiment vide en ce début de vacance de Noël. Il ne restait à tout casser qu'une quarantaine d'étudiants. Les vacances avaient commencé le vendredi 19 décembre au soir. Nous étions présentement le dimanche 21. Soit qu'une malheureuse petite journée. Une journée où elle avait établi un planning parfait pour ne pas perdre la main. Pour continuer à travailler- à progresser. Heureusement qu'elle restait à Poudlard. Cacher la vérité à ses parents était d'autant plus facile. Elle regretta un peu que Ginny et Luna soient restées principalement pour lui tenir compagnie.

Une sueur glacée roula dans son dos. La tête lui tournait, elle avait chaud mais tremblait de froid. Elle s'assit quelque seconde sur le sol pour se reprendre. Le couloir décida enfin de se calmer et de ralentir ses pas de danse endiablés. Elle frissonna. Sa tête bascula en arrière et elle grimaça quand son crâne heurta la pierre. Bon, ok, la pierre est plus dure que l'os- c'était noté. Elle tenta de réguler sa respiration. Il ne fallait pas qu'elle faiblisse plus. Elle avait dépensé tellement de temps et d'énergie. Elle n'aurait pas du s'effondrer de peur comme ça. Elle aurait du se sentir fière. Elle grogna contre sa faiblesse. Elle lutterait.

Elle se releva- encore un peu étourdie- et tangua jusqu'à sa chambre. Elle ouvrit la première fenêtre –ce qui lui valut d'escalader son bureau heureusement bien rangé- qui lui tombait sous la main et passa la tête dehors. Le vent glacé de l'hiver bel et bien arrivé et à son poste la gifla abruptement lui remettant les idées en ordre. C'est bon, l'idée avait fait son petit bonhomme de chemin. Elle ne faiblirait plus. Enfin ressaisie, elle laissa son regard vagabonder sur le paysage. Il faisait froid, humide et moche. Le ciel ressemblait à un vieux torchon gris usé et sale. L'herbe avait troqué sa teinte émeraude contre des tâches marronnasses de boue. La forêt semblait plus sinistre et déprimée que jamais. Les premières neiges n'était pas encore tombées. Mais- au vu du temps- cela ne saurait tarder.

Le ramdam de son portrait la fit sursauter. Deux voix féminines arrivèrent jusqu'à ses oreilles. Elle recula et ferma la fenêtre au moment même où Ginny et Luna entraient dans son champ de vision :

-Ouah ! Il fait froid ici !

-Hermione, ça va, tu as l'air pâle.

-Oh, oui, c'est rien Luna, je prenais juste un peu l'air, il faisait trop chaud ici.

-Ouais, ben maintenant, on a l'impression d'être au pôle Nord ! Ou pire encore…

-Pire ? s'étonna Hermione.

-Oui, dehors… Termina Ginny, aussi sérieuse que lugubre.

Hermione pouffa. Elle jeta un coup d'œil à sa montre : 11h30. Elle s'étonnait que tant de temps se soit écoulé. Elle avait du rêvasser un peu trop longtemps :

-Bon, tu viens, on va manger ! S'exclama Ginny.

-Ok, c'est parti !

Hermione vérifia que sa cape et son écharpe étaient bien fixées tout en emboîtant le pas à ses deux amies. Quand elles arrivèrent dans la Grande Salle, il y avait déjà quelques élèves. Harry et Ron étant déjà attablés, toutes trois se dirigèrent vers la table des serdaigles. Hermione avait déjà testé toutes les tables. En effet, depuis qu'elle avait invité Malefoy –environ 2 mois plus tôt- elle avait navigué de table en table. Elle mangeait de plus en plus chez les serpentards et toujours autant chez les serdaigles. A dire vrai, elle commençait tout juste à avoir sa place chez les poufsouffles. Les gryffondors eux, s'amusaient à la provoquer dès qu'elle mangeait à sa table. Si bien qu'elle n'y mangeait que quelques fois et toujours en présence de Neville, Ginny et Luna. Oui, Luna… Parce que depuis deux mois, les autres tables commençaient aussi à changer de couleur. Enfin les autres tables… Les serpentards et les gryffondors restaient majoritairement et quasiment totalement chez eux, mais elles commençaient à se parer des couleurs des serdaigles et poufsouffles. Bref, la Révolution était en marche comme Hermione se plaisait à penser. Mais le problème était que le fossé s'était creusé entre elle et les siens. Et la situation n'avait pas vraiment évolué entre elle, Harry et Ron-pas du bon côté en tout cas.

Quand Malefoy accompagné de Zabini entrèrent dans la salle, Hermione hésita quelque seconde avant de se décider :

-Désolée les filles, je vais vous laisser.

-Pourquoi ? S'informa Ginny.

-Je vais manger avec Malefoy aujourd'hui.

-Encore ? S'exclama la rouquine, un peu en colère.

-Comment ça « encore » ? La dernière fois remonte à 2 semaines.

-Hermione, ne t'inquiète pas. Tu peux y aller.

-Merci Luna, désolée Ginny.

L'autre gryffondor ne répliqua rien. Hermione haussa les épaules et se leva, accompagnée de Luna. Surprise, Hermione ne put s'empêcher de lui demander :

-Euh, Luna, t'as à peine mangé, t'as déjà plus faim ?

-Non, j'ai encore faim.

-Alors pourquoi tu te lèves ?

-Ben, c'est évident, je viens avec toi. Et Ginny aussi d'ailleurs (allez, debout).

-Hein ? Répliquèrent Ginny et Hermione, aussi interloquées l'une que l'autre.

-Je ne vois pas pourquoi on n'irait pas nous non plus. Qu'ils soient serpentards n'est pas une raison suffisante pour nous empêcher d'être ensemble.

Hermione eut un léger sourire devant le raisonnement- logique- mais étonnant de la serdaigle. Par exemple, cela n'aurait jamais effleuré l'esprit de Ginny… D'ailleurs, en parlant d'elle, la rouquine grogna, se plaignant de sa poisse à fréquenter un Malefoy, mais se leva tout de même pour ne pas être laissée à la traîne par Luna et Hermione qui étaient déjà en train de partir :

-Bonjour, Malefoy, on peut manger ici ?

-Oui.

-Non.

-Zabini, ce n'est pas à toi que je demande alors écrase.

-Toujours aussi charmante à ce que je vois.

-Et oui, on ne change pas la perfection…

-Ah ah

-Granger, puis-je te demander ce qu'elles font là ?

-Oui, tu peux me le demander.

Hermione se contenta de cette réponse et s'installa. Luna et Ginny en firent de même. Ginny était un peu dépassée, un peu intimidée même. Elle n'était pas hyper rassurée d'être à la table des serpentards, avec Malefoy qui plus est. Lui- et son nom surtout- était –après tout- au cœur de la majorité des problèmes de sa vie. Enfin, il fallait savoir pardonner dans la vie. Pour pouvoir repartir sur des bases plus saines ou quelque chose comme ça. Aussi assistait-elle avec une certaine distance mais aussi curiosité à la joute verbale d'Hermione et des deux serpentards. Elle réalisa alors que d'une, Hermione était douée pour le sarcasme et que deux, ils n'avaient pas l'air trop méchants. Enfin, pour l'instant…

-Bon, alors, que font-elles ici ?

-Je te présente Luna Lovegood et Ginny Weasley. Tu vois, ce sont ce qu'on appellerait mes amies. Elles ont juste voulu manger avec moi.

-Et c'est normal ça ? Interrogea Zabini, mi-moqueur, mi-curieux.

-Le concept t'est étranger, cherche pas Zabini, pour parler ton vocabulaire, disons qu'elles sont là pour sauver les apparences.

-Ah, d'accord.

-Hey ! Non, mais ça va pas ! Traite nous de larbins pendant que tu y es ! Se vexa Ginny.

-Loin de moi cette idée, je t'assure. C'était juste pour qu'il comprenne. Promis !

-Mouais

-Tiens, mais la p'tite belette serait-elle la seule à effrayer la Grande et Effrontée Miss Granger ?

-Je ne suis pas effrontée !

-Je ne suis pas une belette !

-Ahahah… Presque en même temps, c'est trop drôle, vous avez répété avant ?

-Blaise, tais-toi, tu deviens ennuyant.

-Pardonnez-moi Votre Altesse. Railla Blaise.

-On verra ça plus tard, répondit platement Malefoy.

-Malefoy, je crois qu'il se moquait de toi, crut bon d'expliquer Luna.

-Je sais Lovegood.

-Ah, très bien. Je peux avoir les haricots s'il te plait.

Malefoy se contenta de lui donner le plat. Chacun se servit. Ginny pensait que tous allaient plonger dans un silence complet et poli. Or Hermione engagea la conversation sur leur programme de vacances. Peu à peu la conversation dériva. Et même elle fut invitée à participer. Peu à peu, au fil des raisonnements logiques et des piques sarcastiques, l'image qu'elle se faisait des serpentards évolua. Elle prit de plus en plus d'assurance, et ne sentant aucun danger, parvint même à oublier l'écusson de leur maison pour se concentrer sur ce qu'ils étaient. Et là, elle comprit l'intérêt que suscitait Malefoy pour son amie. Il avait vraiment changé. Même trop changé. Elle ne reconnaissait plus son ennemi. Cependant, il ne faisait plus autant peur qu'avant. Enfin si, il faisait peur, mais pas de la même manière. Avant, c'était parce qu'il était le grand méchant loup pourri gâté, maintenant, c'était parce qu'il était passé en mode « coquille vide ». Effrayant…

Le repas terminé, Hermione proposa à Luna et Ginny ainsi qu'à Zabini et Malefoy de venir dans son appartement. Tous acceptèrent. Ils s'y rendirent donc sans attendre. Même si au moment de partir, Hermione perçut le regard haineux que Ron et Harry leur lançait. Elle décida de l'ignorer.

Finalement, ils finirent leur journée ensemble, bien au chaud devant la cheminée de la préfète en chef. Ils discutèrent de tout et de rien. Hermione se sentait bien. Elle sentait qu'un mur venait d'être détruit. Ginny n'avait plus peur des serpentards. Elle ne haïssait plus Malefoy. Enfin, plus autant qu'avant en tout cas. Cette journée passée à rire et à mettre à l'épreuve son répondant lui avait fait du bien. Elle sentait qu'elle évacuait la colère qu'elle avait accumulée depuis un moment. Elle se sentait de nouveau gonflée à bloc. Oui, tout allait bien maintenant.

A 19h, dans le hall, après le repas- prit lui aussi en compagnie des serpentards- Hermione décida qu'il était temps de se séparer :

-Bon, les gens, désolée, je suis fatiguée, je vous laisse. Bonne nuit.

-Bonne nuit, répondirent ensemble les quatre autres.

Elle les quitta par un autre chemin, Luna l'accompagna sur quelques pas :

-N'en fait pas trop. Fait attention à toi.

-Hein ? A oui, bien sûr, ne t'inquiète pas Luna. Bonne nuit.

-Bonne nuit. Répondit vaguement le jeune serdaigle avant de se détourner pour prendre la direction de son dortoir.

Hermione, un peu étonnée par les drôles de paroles de Luna, se détourna pour retourner dans son studio. Avant de se coucher, elle prépara avec soin plusieurs paquets qu'elle laissa sur sa table de nuit.

Elle dormit mal cette nuit. La peur et l'appréhension l'empêchaient de s'endormir paisiblement. Elle avait chaud, froid, ne trouvait pas de position confortable. Bref, une nuit d'Enfer…

Quand elle se leva le lendemain matin- et grand exploit, avant la sonnerie de son réveil- et qu'elle se traina jusqu'à sa salle, le reflet que son miroir lui renvoya la fit frémir. Pâle, les traits tirés, des valises énormes sous les yeux. Elle ressemblait presque à un zombi. Elle se glissa sous l'eau tiède pour tenter de se réveiller et de regagner un minimum de force et de capital beauté/jeunesse. La douche la remit en forme, pourtant, ce ne fut que la tasse de café noir serré qui l'attendait dans le salon 20 minutes plus tard qui la réveilla. Dehors, il faisait encore nuit noir. Elle n'aimait pas ça. Elle se sentait coupable. Et la noirceur de l'extérieur lui donnait l'impression de fuir comme une voleuse. Elle grimaça. Elle n'avait pas le choix. L'estomac noué, elle dédaigna le sandwich qui accompagnait le café et le fourra dans sa poche. Elle attrapa sa baguette, vérifia une nouvelle fois son sac, sa cape et son écharpe. Elle prit les paquets qui attendaient sur la table basse et se faufila discrètement dehors.

Elle arpenta les couloirs déserts et silencieux qui renforçaient sa solitude. Puis, le froid glacial de l'extérieur avant d'investir la volière. Elle trouva 5 hiboux bien bâtis auxquels elle attacha les 5 des 7 paquets qu'elle trimbalait. Elle murmura à chacun le nom et le lieu où les trouver. Ils ne devaient pas se tromper. Pour le dernier, elle trouva Nuit. Elle était pourtant persuadée qu'il devait passer son temps avec Malefoy. Apparemment non. Elle lui confia un paquet. Le dernier fut transmis à Hedwige. Elle caressa la chouette blanche. Les deux bêtes allaient lui manquer. Elle eut une petite pensée pour son chat. Elle trouva un bout de papier et un stylo dans son sac et se dépêcha d'écrire un petit mot à Dobby. Comment pouvait-elle oublier quelque chose d'aussi important ? Sa tâche terminée, elle retourna hanter les couloirs, la peur au ventre. Quand sa montre sonna 9 heures, son poing s'abattit sur la porte en chêne sculptée qui laissait filtrer un doux chant :

-Miss Granger, entrez.

Hermione prit une profonde respiration et passa le pas de la porte, déterminée mais morte de peur. Tout irait bien, elle était la meilleure :

-Bonjour, monsieur. Je suis prête.