Bonjour tout le monde, j'avoue avoir un peu de retard et je vous pries de bien vouloir m'en excuser. Voici un nouveau chapitre, avec des réponses et pourtant, quand on regarde bien, quelques mystères… J'ai l'impression d'être dans un manga, j'achève un arc pour en commencer un autre. Et sans intermède s'il vous plait^^ J'annonce donc la (semi ?) clôture de l'arc « Hermione » et l'ouverture de l'arc « Drago»^^

Je m'excuse aussi pour ne pas avoir eu le temps de répondre aux reviews (le temps et le courage m'a manqué). Je vous remercie donc. Que vous aimiez (ou pas) est une chose qui me réconforte. Sans cette motivation, la suite de cette fic resterai clouée dans mon crâne, ce qui est bête, parce que j'adore écrire et j'adore cette fic. Mais la flemme est une chose contre laquelle je ne peux pas lutter (ou difficilement^^).

J'arrête là ma page « blog ». Je vous remercie encore une fois. Les remerciements habituels, je ne les écrits pas ce soir, mais j'y pense ! Juste un « special thank » à ma bétâ, Maddychou (mouahaha, tu la vaux bien celle là ! *se venge bassement*^^)

Bonne lecture,

Lyzabeth

Chapitre 10 :

De l'autopsie d'une plume à la rédemption… En passant par les explication, Darling !

Ginny se retourna dans son lit, à la recherche du sommeil. Elle s'était couchée vers minuit et estimait qu'il devait être environs 2h du matin. Elle était fatiguée. Mais plus que fatiguée, elle était stressée. Cela faisait maintenant une semaine qu'elle n'avait plus eue de nouvelles d'Hermione. Pas un mot, pas un geste. Niet, le néant total. Aussi, elle commençait à être un peu en colère. Et elle était en colère d'être en colère, bref, un sacré cercle vicieux dont elle ne parvenait pas à s'extraire et qui rongeait une nouvelle fois sa nuit.

Elle se retourna encore une fois.

Elle était toutefois satisfaite d'une chose. Hermione allait avoir une sacrée surprise à son retour. En effet, depuis une semaine, Harry la harcelait presque pour savoir où était Hermione. Elle feignait d'être en colère après le gryffondor et d'en avoir marre qu'il passe son temps à l'intercepter, il n'empêchait qu'elle était plutôt flattée et heureuse qu'Harry lui adresse la parole. Certes, ce n'était pas pour elle, mais positivons, c'était toujours mieux que rien. Non ?

Elle se mit sur le dos, bras et jambes écartés. Position de l'étoile : OK.

Elle essaya de se vider l'esprit, y parvint plus ou moins, et puis peu à peu, sans vraiment s'en rendre compte, elle bascula dans un sommeil profond.

….

Le réveil hurla une nouvelle fois. Une nouvelle fois, sa main s'abattit sur la pauvre machine. Mais celle-ci, loin de s'avouer vaincue, et comme mue par un sentiment de rancune et de colère, parvint à se dégager du poids qui la tenait aplatie sur la table de chevet, et s'envola, tournoyant autours de la tête d'une rouquine qui refusait de se réveiller, braillant à chaque minute un peu plus fort. La torture eut l'effet escompté car Ginny ne tint pas très longtemps. Se réveillant- étonnement- de très mauvaise humeur, elle attrapa la chose métallique et rugissante pour l'exploser sur la table de chevet. Enfin, le réveil fut vaincu et Ginny trop réveillée, décida de se lever. Finalement, c'était –comme d'habitude- un 1-1 d'exception. Tout en s'élançant vers la douche, Ginny grogna après les jumeaux qui avaient osé lui envoyer cette création diabolique. Un réveil magique, immortel et insupportable. Mais –et il fallait l'avouer- terriblement efficace. Comme ses créateurs en somme… Heureusement, il n'y avait plus personne dans le dortoir. Elle se prépara rapidement, n'oubliant pas d'accrocher la broche d'Hermione dans le revers de sa cape. L'insigne ne la quittait plus. Elle devait le garder sur elle pour quand Hermione reviendrait. Elle devrait lui rendre immédiatement.

Fin prête, elle se dépêcha de gagner la salle commune. Tout en descendant les marches, elle consulta sa montre : 11h30. Oups, elle était en retard. La salle des gryffondors était déserte. Elle la traversa rapidement. Tout aussi rapidement, elle se dirigea vers la chambre d'Hermione. Elle y retrouvait Luna tous les « matins », puis elle se rendait à la Grande Salle pour déjeuner. Quand elle arriva à proximité du tableau, elle vit Luna qui l'attendait devant. Etrange, d'habitude, elles se rejoignaient à l'intérieur… :

-Salut Luna, je suis en retard, désolée ! Ça fait longtemps que tu m'attends ?

-Oh, bonjour Ginny ! Non, pas du tout ! A peine une heure ! Répliqua la jeune serdaigle en souriant.

-Une heure ? Tu m'attends là depuis une heure ? T'es folle ! Pourquoi t'es pas rentrée ?

-Parce que, je ne voulais pas entrer. Allez, on va manger, j'ai faim !

Ginny hocha la tête. Parfois, elle ne comprenait vraiment pas son amie. Mais ce n'était pas important. Elle avait une totale confiance en Luna. Elle n'avait donc aucune raison de se méfier.

Les portes s'ouvrirent sur les élèves qui étaient restés pendant les vacances et qui se goinfraient en riant. Ginny et Luna, comme à leur habitude rejoignirent Malefoy et Zabini :

-Bonjour, les filles, salua Zabini.

-Bonjour, répliqua simplement Luna pour elles deux.

Ginny resta silencieuse et s'installa avec son amie. Aucune en face de Malefoy, comme d'habitude. Le repas se déroula dans un relatif silence que Zabini tentait tant bien que mal de meubler. Mais Ginny, qui en général lui répondait, restait plutôt muette ce matin là. Si bien que Zabini abandonna et se plongea dans sa tasse de café :

-Hermione est rentrée.

La bombe, lâchée par Luna, mit quelques secondes à atteindre les cerveaux de l'assemblée. Sitôt qu'elle comprit, Ginny lâcha sa cuillère et commença à se lever. Luna, d'un geste rapide attrapa sa manche :

-Assieds toi.

-Non.

-Assieds toi.

-Mais !

-Y'a pas de mais, je n'ai pas fini.

A contre cœur, Ginny obéit et reprit sa place. Luna, satisfaite, lâcha son amie et reprit :

-Je pense que nous devrions la laisser pour aujourd'hui, elle avait l'air fatiguée…

-Parce que tu l'a vu ?

-Oui.

-Pourquoi tu ne me l'a pas dit plus tôt ?

-Parce que. Elle avait l'air fatiguée.

-Et alors ?

-Je pense que ton égoïsme ne devrait pas passer avant son bien être.

Luna avait parlé sans méchanceté mais avec un ton ferme. Ginny resta un instant silencieuse sous le choc des paroles de son amie. Néanmoins, elle se plia à sa logique. Si Luna le disait, elle devait avoir raison. Pourtant, elle voulait vraiment revoir Hermione. Savoir où elle avait disparu pendant une semaine, ce qu'elle avait fait. Comment elle allait. Et plus encore, elle voulait lui rendre l'insigne qui semblait bruler sa poitrine malgré ses vêtements. Elle se décida, elle ira le lendemain :

-Comment elle va ? Risqua t-elle.

-Je ne sais pas, elle dormait.

Ginny hocha la tête et se remit à manger en silence. D'ailleurs, tout le monde semblait reclus dans le silence. Plus personne ne fit la moindre remarque. Mais quand le petit déjeuné fut terminé, tout le monde se leva en même temps. Et comme d'un commun accord, ils se séparèrent. Pour se rejoindre, plus tard, des parchemins sous le bras, à la bibliothèque. Ils passèrent le reste de la journée à travailler dans un silence ponctué de questions. Etrangement, l'atmosphère ne semblait pas tendue, juste studieuse.

…...

Hermione remua dans son sommeil avant de se lever d'un bond, baguette brandie. Elle était un peu perdue. Elle jeta un regard autour d'elle. Le silence gouvernait dans la pièce, seulement parasité par les craquements du feu qui brûlait non loin d'elle. Il faisait sombre et la lumière vacillante du feu lui permettait seulement de distinguer la table basse devant elle, la pierre qui s'étendait devant l'âtre, et la silhouette assise tranquillement dans un fauteuil au bout de sa baguette :

-Bien dormi ?

Hermione frissonna avant de baisser sa baguette et de se rassoir. Sa vue s'habitua rapidement à la pénombre et elle reconnue le salon de son « studio ». Un soupir de contentement franchit ses lèvres :

-Pfoua, ça fait du bien de rentrer chez soi !

-Je suppose que c'est ça, « un vent »…

-Oh ! Tais toi ! Laisse moi profiter de ce moment ! D'ailleurs, qu'est-ce que tu fais là, tout seul, pendant que je dors ? Ça fait un peu pervers…

-J'ai posé la question en premier.

-Et moi en deuxième.

Un sourire se posa sur ses lèvres. Elle ne pensait qu'elle serait contente de retrouver Malefoy. Lui et sa bizarrerie. Mais, ça lui avait manqué. Beaucoup même :

-Oui, très bien dormi.

-J'attendais que tu te réveille.

-Pourquoi ?

-Pour te parler.

Oui, quoi d'autre en même temps ? Hermione se serait mis une gifle pour avoir posé une question aussi bête. Malefoy la fixait sans sourciller. Comme à son habitude, pas un mot plus haut que l'autre. Un visage impassible. Mais, curieusement, à la lueur du feu, il semblait presque vivant. Presque, malheureusement… C'était toujours le même visage gravé dans le marbre… Gravé dans le marbre… Une étrange idée perça le voile cotonneux de son cerveau encore enveloppé par les nimbes du sommeil :

-Dis, est-ce que tu es capable de garder une immobilité parfaite pendant longtemps ?

-Longtemps ?

-Plusieurs heures ?

-Non, je ne crois pas.

-Alors peut être qu'avec le sort du saucisson… ?

-De quoi tu parles ?

-Hein, non, je me disais juste que tu pourrais faire une statue sympa…

-Une statue ?

-Bien sûre ! Dans le monde moldu, il y a des acteurs qui restent immobile dans la rue pendant très longtemps et se font passer pour des statues. Les meilleurs arrivent à gagner pas mal d'argent…

-Est-ce que tu songes à m'utiliser pour gagner de l'argent ?

-Ben… C'est qu'avec les cadeaux de Noël, je suis assez fauchée…

-Ne compte pas sur moi.

-J'ai pas forcément besoin de ton accord, répliqua Hermione, un petit sourire aux lèvres en faisant tournoyer sa baguette nonchalamment.

-Essaye toujours.

L'espace d'un instant, Hermione crut voir un sourire moqueur sur le visage de Drago, mais elle mit cela sur le compte d'une illusion provoquée par le feu et la fatigue. C'était tout simplement impossible. Elle rangea l'idée de la statue dans un coin de son cerveau… On ne sait jamais. Elle éclata de rire en s'imaginant Drago, immobile affublé d'un vêtement d'époque blanc, dans la rue, une foule énorme autour de lui. Et lui, la maudissant silencieusement de toutes ses forces… C'était… Vraiment drôle. Elle devait essayer :

-Ok, ok. Pas de statue, reprit elle une fois calmée. Alors, de quoi veux-tu me parler ?

-Qu'as-tu fais cette semaine ?

-Hein ? Pourquoi tu veux savoir ça ?

-J'ai posé la question en premier.

-Et moi en deuxième, reprit Hermione un peu lasse de la répétition, mais pourtant, intérieurement amusée.

Mais malgré l'amusement elle se mit sur ses gardes. C'est pas qu'elle n'avait pas le droit d'en parler… En fait, si, un peu. Mais c'est surtout, que là, elle se mettait très sérieusement en danger si elle répondait franchement. Et pas seulement elle. Elle garda le silence. Que Drago lui demande ça n'était pas normal. Elle était persuadée qu'il savait déjà. Bien sûr, Drago préférait la vérité dite et pas ce qu'il découvrait de lui-même. Mais là, ce n'était pas bon. Elle le sentait :

-Ne me rabaisse pas. J'ai bien une idée de ce que tu trafiquais. Même plus qu'une idée. Seulement, demain, je dois retourner chez moi.

Sont ton, son visage, sa gestuelle, son regard. Tout était impassible. Drago énonçait juste un fait. Seulement, Hermine perçut parfaitement le message. Elle comprenait parfaitement. Drago avait besoin d'entendre de source sûre ce qu'elle avait fait cette semaine passée. Et qui mieux qu'elle savait ce qu'elle avait fait ? Elle prit une profonde inspiration :

-Eh bien, au début, je pensais rester à Poudlard pendant toutes les vacances, mais ma famille me manquait, alors je suis rentrée chez moi pour passer Noël avec elle.

Drago hocha simplement la tête :

-Je te remercie pour ta franchise.

-Mais c'est tout naturel voyons ! Je n'ai aucune raison de te mentir ! Tu veux quelque chose à boire ? A manger ?

-Non merci. Je vais te laisser te reposer.

Drago commença à se lever pour partir. Il lui tournait le dos, prêt à partir quand Hermione l'interpella :

-Attend !

-Oui ?

-Tu pars quand ?

-Demain, à 9 heures.

-Jusqu'à quand ?

-Je rentrerais le 2, vers 18 heures.

-Envoie-moi de tes nouvelles.

-Pourquoi ?

-Comme ça.

Drago la regarda un long moment avant d'hocher une nouvelle fois la tête. Hermione soulagée, n'ajouta rien, plongeant son regard dans la danse des flammes :

-Hermione, je voulais te remercier pour ton cadeau de Noël.

-De rien.

-Voici le mien.

Sous la surprise, elle refixa son regard sur Malefoy. Elle n'en attendait pas un de sa part ! Il n'était pas censé offrir un cadeau. C'était… Bizarre. Mais plus que tout, elle était énervée car pendant toute leur discussion, elle avait une fois de plus essayé de le faire réagir mais rien. Alors qu'elle, elle n'arrêtait pas d'être surprise. C'était frustrant. Enfin, Malefoy s'était rapproché et lui tendait à présent une plume noire qui semblait luire grâce à la lueur du feu. Hermione l'attrapa sans hésitation :

-Tu parles d'un cadeau ! Il est même pas emballé !

-Un cadeau, avec ou sans emballage reste un cadeau.

-Ouais, mais ça enlève l'effet de surprise. Le suspense. L'excitation. Tu vois ?

-Oui, je vois.

-Ça, j'en doute…

-Ne t'en sépare jamais.

-Pourquoi ?

Malefoy ne prit pas la peine de répondre, il se détourna et sorti de la pièce, laissant derrière lui une Hermione furieuse et perplexe. Celle-ci faisait tourner la plume entre ses doigts sans lui trouver de particularité. Pourtant, elle fit une petite entaille dans le calamusˡ, y inséra un petit anneau en argent qu'elle obtint en métamorphosant un fil qui pendait de ses vêtements. Par flemme de se lever, elle fit venir à elle sa boîte à bijou qui trônait dans un coin dans sa chambre. Elle y trouva une chaîne elle aussi en argent. Elle rétrécit la plume, l'entoura d'un sort de protection pour qu'elle ne s'abîme pas, passa la chaîne dans le petit anneau, puis enfin, accrocha la chaîne à son cou. Et hop ! Voilà une simple plume transformée en un collier hyper tendance made in Hermione. Beaucoup mieux comme cadeau quand même ! Comme pour lui montrer son accord- ou pour lui mettre la honte, ou encore pour se venger- son estomac se mit à rugir. Elle grimaça de douleur. Elle n'avait pas envie de bouger. Elle regarda autour d'elle. Et son espoir se métamorphosa en réalité quand elle vit un panier sur son bureau. Elle le fit voler jusqu'à elle. Elle songea un instant, qu'elle donnait l'impression d'être une assistée quand même… Ou une sacrée flemmarde. Fallait voir… Peu importe, elle ouvrit le panier et se laissa envahir par de l'odeur de la nourriture. Elle en sortit un thermos de café ainsi qu'une bouteille d'eau, un sandwich bien rempli et des fruits. Elle bénit Dobby et dévora le sandwich.

…...

Hermione venait de finir de manger et, somnolente, envisageait de rejoindre sa chambre. Même si elle savait que finalement, elle s'endormirait encore sur le canapé. Le silence reposant l'entourait, l'encourageant à sombrer vers le sommeil. Il faisait bon. Elle était détendue, et s'approchait de plus en plus du sommeil. Oui, elle n'allait pas tarder à s'endormir… Mais apparemment –et c'était vraiment dommage-, ce n'était pas son destin. Un grand fracas la fit sursauter et en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, elle était presque debout, sa baguette brandie vers la source du problème. Elle ne se sentait pas très bien équilibrée et elle allait tomber. Un éclair vert précipita sa chute sur le canapé. Elle eut la respiration bloquée quelques secondes et elle dut juguler ses réflexes sous peine d'expédier son ami loin… Très loin… Et avec quelques blessures…

-Harry ! T'es lourd !

-Oh, ah, oui ! Désolé Hermione, mais je suis tellement content de te revoir !

Hermione resta un instant sous le choc. Harry resta un moment sans bouger avant de se reculer et de finir par s'assoir dans le fauteuil :

-Tu es heureux de me revoir ? Je ne suis plus l'ennemie à abattre ?

-Ah… Je suppose que je l'ai mérité celle là, tiqua Harry.

-Je crois, oui. Qu'est-ce qu'il y a Harry ?

Harry prit une profonde respiration. Hermione allait bien. Elle s'adressait à lui sans mépris malgré ce qu'il lui avait fait. Il commençait à baisser la tête, un peu honteux :

-Regarde-moi et explique-toi.

L'ordre avait sonné sans aucun reproche, sans colère, sans animosité. Mais avec douceur. Harry se sentit soudain encore plus coupable. Mais il obéit. Il releva la tête et ficha son regard dans celui d'Hermione :

-J'ai beaucoup réfléchi. Ou plutôt, ton cadeau m'a amené à réfléchir. Je suis désolé.

-De quoi es-tu désolé, Harry ?

-De t'avoir traitée comme je l'ai fait. J'ai été vraiment crétin sur ce coup là. Je ne sais pas ce qui m'a pris. C'est juste que j'avais le sentiment que tu étais en train de me trahir, de me laisser tomber, et, en même temps d'avoir très peur, j'étais très en colère. Contre toi et contre moi. Est-ce que tu me pardonnes ?

-Harry, tu es mon meilleur ami. Seulement, il faut que je te pose plusieurs questions avant de répondre à la tienne.

-D'accord.

-Pourquoi tu étais en colère ?

-Parce que j'avais l'impression que tu me laissais tomber. Que, peut être, depuis le début, tu te moquais de moi. Que si tu partais, je ne pourrais pas te protéger. J'étais en colère parce que j'étais encore en train de perdre quelque chose.

-Que penses-tu de Malefoy ?

-Eh bien…Harry serra les dents, mais se força à répondre. Je n'ai toujours pas confiance en lui. Et je ne comprends pas pourquoi tu sympathises avec lui. Cependant, j'ai réalisé que tu es ma meilleure amie. Je te fais confiance. Tu dois avoir une raison. Je ne suis pas prêt à faire la paix avec lui. Mais, je suis prêt à le laisser tranquille. Lui et les autres serpentards. Je vais faire ce que je peux pour calmer l'ambiance entre les gryffondors et les serpentards. Par contre, il faut que ce soit à double sens.

Hermione sourit. Harry avait enfin un peu changé. Un peu évolué. Et – heureusement !- dans le bon sens. Restait un problème :

-Et Ron ?

-Quoi Ron ?

-Est-ce qu'il est de ton avis ?

-Je ne lui ai pas encore parlé. Je ne sais pas comment il va réagir. Mal je suppose.

-Harry, tu ne trouves pas qu'il a changé ?

-Comment ça ?

-Eh bien, c'est un peu dur à dire alors ne le prends pas mal, mais je trouve qu'il s'identifie un peu trop à toi. Enfin, je ne sais pas. Mais on dirait qu'il essaye de devenir ton double…

-Hein ? Tu crois ? Non, c'est pas possible ! Ron, c'est Ron, voyons ! Ricana le gryffondor, un peu nerveux.

-Oui, peut être, mais fais attention.

-Hermione, tu te rends compte de ce que tu dis ? Commença à s'énerver Harry.

-Oui, je me rends compte, c'est pour ça que c'est difficile aussi pour moi de t'en parler.

-Désolé.

-Ce n'est rien.

Harry acquiesça. Il ne comprenait pas vraiment pourquoi Hermione disait ça. Ça lui semblait surnaturel. Impossible :

-Alors, tu me pardonnes ?

-Oui, bien entendu !

Harry sourit, soudain soulagé. Le poids qui s'accumulait sur ses épaules depuis le début de leur dispute sembla s'envoler. Ce n'est qu'à cet instant, qu'il comprit à quel point sa meilleure amie lui avait manqué :

-Hermione, qu'est-ce que tu nous caches ?

La question sembla la déstabiliser quelques secondes. Depuis le temps qu'elle lui cachait la vérité, elle avait fini par s'y habituer. Elle pouvait le lui dire maintenant. Elle le devait presque. Mais, elle hésitait. Ne sachant pas comment il allait réagir. Elle ancra ses yeux dans ses prunelles émeraude. Et se décida. Elle devait le lui dire maintenant :

-Ok. Mais je veux que tu me promettes de ne rien répéter.

Harry hocha la tête :

-Dis-le.

-Je ne répèterai rien.

-Bien. Tu sais, c'est pas si grave en fait, mais personne n'est sensé le savoir. Parce que normalement, je n'ai pas le droit…

-Hermione, ne prend pas de gant avec moi. Raconte, c'est tout.

-Très bien. Ça a commencé à la fin de l'année dernière. Peu après la disparition de Sniffle. Je ne sais pas si tu t'en es rendu compte, mais ça nous a tous très affectés. Enfin, moi, en tout cas, ça m'a affecté. Je l'aimais bien, mais le pire, ça a été de te voir te replier sur toi-même. Je ne l'ai pas très bien supporté. Alors, j'ai cherché un moyen qui pourrait t'aider. J'ai pas mal réfléchi. Finalement, j'ai trouvé une solution. Alors je suis allée voir Dumbledore. Je lui ai demandé de m'entrainer. Je voulais devenir plus forte. Etre intelligente n'était plus suffisant. Il a accepté. Pendant les vacances d'été, je suis restée chez mes parents quelques jours, pour les rassurer et pour faire le plein d'énergie, puis je suis partie. Et durant deux mois, j'ai subi un entrainement intensif. Mais ça n'était toujours pas suffisant. Alors l'entrainement s'est poursuivi cette année. Une semaine sur deux, le soir, je suis des cours particuliers. C'est assez fatiguant, mais ça me plait. J'adore ça. Le seul truc, c'est que je n'avais pas assez réfléchi. Il faut que tu comprennes que je suis un membre du phénix sans en être vraiment un. Dumbledore m'a aidée à me perfectionner. Cela n'a pas été sans risque pour lui. Il est juste qu'en échange, je l'aide à mon tour. Et puis, à la base, j'ai fait tout ça pour t'aider. Allez sur un front était donc logique…

-Un front ?

-Oui. C'est vrai qu'ici, on est plutôt isolé de l'extérieur, et comme la presse est sous le joug du ministère, les affaires sont étouffées. Pour ne pas inquiéter la population, soit disant. Mais il faut que tu le saches, Harry, le Lord attaque un peu partout en Angleterre. Pourquoi crois-tu qu'il y a tant de monde qui soit resté à Poudlard cette année ? J'ai donc été envoyée une semaine. En réalité, je devais être discrète, et soigner le maximum de personne. Personne ne doit savoir qu'une étudiante se balade sur un champ de bataille.

-Hermione… Tu…

-Ne t'inquiète pas Harry. Tout va bien. Regarde moi. Je suis en un seul morceau, j'ai bien fait mon boulot. Il n'y a pas de quoi t'inquiéter. Dis, est-ce que tu m'en veux de t'avoir caché ça ?

-Je… Je ne sais pas… C'est un peu gros à avaler quand même…

-Oui…

-Euh… Je crois que je vais allez me coucher, je suis fatigué tout d'un coup.

-D'accord. Bonne nuit, Harry.

Hermione baissa la tête, un peu blessée. Elle ne savait pas comment prendre la réaction de son meilleur ami :

-Ecoute Hermione. Je ne dirai rien. Laisse-moi le temps de digérer la nouvelle d'accord ? On mange ensemble, demain matin ?

Hermione eut un petit sourire de soulagement :

-Seulement si Ginny, Luna et Zabini peuvent se joindre à nous.

-Zabini ? Pourquoi lui ?

-Parce que. S'il te plait !

-Bon… Si tu veux, accepta Harry dans un soupir. Bonne nuit, Hermione.

-Bonne nuit.

Harry se retourna et prit le chemin de la sortie. Il fallait vraiment, qu'il parle à Ron. Ce soir, de préférence… Quand il ferma le portrait derrière lui, Hermione dormait déjà.

1 Calamus : Une plume se compose d'un axe central, creux à sa base, le calamus qui naît dans l'épiderme (source :wiki)