Ziva voulut porter une main à son épaule mais les solides cordes emprisonnaient toujours ses poignets. Elle observa le tireur qui affichait un fin sourire satisfait sur les lèvres tout en rangeant son arme à sa ceinture.
- Puisqu'on devra travailler ensemble, j'ai certaines choses à mettre au clair ! Informa-t-il sans se soucier des grimaces de douleurs de sa captive. Premièrement, vous obéirez à mes ordres sans réfléchir ! Peu importe ce que je vous ordonne ! Deuxièmement, vous ne vous déplacerez jamais toute seule dans nos locaux et ce, jusqu'à ce que j'ai une totale confiance en vous ! Et troisièmement, vous pouvez m'appeler Steeve.
L'israélienne l'écouta attentivement en essayant d'oublier la souffrance qui irradiait maintenant tout son corps. Elle hocha doucement la tête en signe d'affirmation, incapable de parler sans risquer d'émettre un cri de douleur.
Elle le vit sortir son téléphone portable et pianoter dessus avant de se diriger vers la porte. Il l'ouvrit et se retourna une dernière fois dans sa direction.
- Notre médecin devrait venir vous chercher dans cinq minutes. Essayez de ne pas vous évanouir en attendant, dit-il avec une pointe d'ironie.
Ziva n'eut pas le temps de répliquer que la porte se refermait sur cet homme qu'elle appellerait dorénavant Steeve et avec qui elle passerait une grande partie de son temps.
Le peu de minutes qu'elle avait à patienter, parurent une éternité pour la jeune femme. La douleur ne la lâchait pas et même si elle n'en était pas à sa première balle, elle devait reconnaitre que cette fois était la pire de toute. Enfin, la porte en face d'elle s'ouvrit sur un homme plutôt grand, chauve et portant une blouse blanche.
Avec un pas déterminé et un visage sans émotion, il s'approcha de sa position et coupa les liens avec un couteau plutôt imposant. Le relâchement des cordes procura un léger soulagement au niveau des articulations de l'israélienne mais une nouvelle torture pour son épaule qui avait de ce fait, légèrement bougé.
- Suivez-moi !
Sa voix dure et grave, ne prétendait à aucune protestation de la part de sa patiente. Elle se leva donc péniblement et gémit quand elle se trouva debout. Sa vue se brouilla dangereusement et elle sentit ses jambes se dérober sous ses pieds. Elle s'attendait à toucher durement le sol mais cela n'arriva pas. Au lieu de cela, elle sentit la poigne ferme du médecin sur ses hanches. Celui-ci commença à avancer et soutint la jeune femme dans son avancée laborieuse jusqu'à une salle lugubre qui faisait apparemment office de salle de soin.
Sans ménagement, il l'amena jusqu'au fauteuil qui se trouvait au milieu de la pièce et une fois assise, la plaqua durement au dossier avant de prendre une paire de ciseau dans sa main. Grimaçant, la jeune femme se fit fureur pour ne pas le stopper immédiatement dans ses gestes et lui intimer l'ordre de la laisser ainsi. Puis, sans prendre la peine de la prévenir, il découpa son haut pour ne la laisser qu'en soutien-gorge. Sentant sa tête tourner à nouveau, elle ferma un instant les yeux pour reprendre ses esprits mais le regretta amèrement en sentant une forte brûlure prendre la place de sa blessure. Son corps se raidit et elle ouvrit brusquement ses paupières pour constater que l'homme avait appliqué une compresse imbibée d'alcool dessus.
- Je suis le , mais vous pouvez m'appeler Nigel, dit-il alors sans quitter des yeux des soins qu'il était en train de prodiguer.
Étonnée, l'israélienne détourna son attention sur ce médecin.
- Moi c'est … Ziva, déclara-t-elle entre deux grimaces.
- Je sais, annonça-t-il tout en enlevant la compresse.
Il la posa sur le chariot et examina avec attention le contour de sa blessure. La jeune femme frémissait à chaque fois que ses doigts frôlaient sa peau endolorie. De légères gouttes de sueurs prenaient possession de son front et une forte chaleur envahissait son corps alors qu'elle se sentait frissonner.
- Ca vous dérangerait d'être un peu plus doux, cria-t-elle soudain en se redressant alors que les doigts du médecin venaient de toucher la zone particulièrement sensible.
Ce dernier appuya plus fortement sur la blessure, provoquant un étouffement de douleur à la jeune femme qui resta clouée au siège face à cette mauvaise blague.
- J'ai horreur qu'on me donne des ordres ! Se justifia-t-il alors en voyant le regard noir de sa patiente.
De manière rapide, il retira ses gants chirurgicaux tachés de sang et se dirigea vers un petit placard. De là, il en sortit deux petits flacons ainsi que deux seringues et du fil et une aiguille.
- Rien de vital n'a été touché et la balle est ressortie, lui signala-t-il en revenant vers elle.
- C'est une chance, constata l'israélienne.
- La chance n'a rien à voir là dedans ! Si Steeve avait voulu vous « abimer », croyez-moi, il l'aurait fait !
La jeune femme resta un instant interloquée.
- Parce que vous pensez qu'il a fait quoi ? Interrogea-t-elle oubliant presque la douleur qu'elle ressentait.
- Il vous a testé ! Et vous feriez mieux de vous habituer tout de suite à ce genre de test car vos nerfs seront mis à rude épreuve durant les prochaines semaines !
- C'est un hobby de faire souffrir les gens ? Demanda l'israélienne sarcastique.
Le visage toujours sans émotion de Nigel se tourna dans sa direction alors qu'il venait de remplir les deux seringues avec le contenu des flacons.
- Qui a dit que vous souffrirez encore ? Si vous faites ce que qu'on dit comme on vous le dit, alors il ne vous arrivera rien ! En revanche, si vous refusez d'obéir alors oui nous nous verrons souvent !
Ziva ne répondit rien. Et pour cause, elle ne savait quoi répondre. La fatigue suite à la perte de sang commençait à se faire sentir et elle n'avait pas envie de poursuivre une conversation telle que celle-ci.
- Un petit somme vous fera le plus grand bien, déclara alors le médecin en voyant ses yeux lutter pour rester ouverts.
Il franchit les quelques pas qui le séparaient du fauteuil et s'apprêta à administrer une des seringues quand la main de l'israélienne le stoppa faiblement.
- Vous préférez rester consciente pendant que je finis de vous soigner ? Ironisa-t-il en la repoussant gentiment.
Ziva n'eut pas le temps de dire que oui elle préférerait, qu'elle sentit un léger picotement et une sensation beaucoup plus forte de sommeil la gagner. Étrangement, elle souffla intérieurement de soulagement. Certes, elle n'avait pas confiance en cet homme mais le fait de savoir que quand elle se réveillera, sa blessure serait guérie, la réconfortait.
