The Wound

Genre : Romance/Angst

Rating : T

Disclaimer : Tout est à Hoshino.

Résumé rapide : Tu nies tout, jusqu'à ma propre existence. Fic en trois parties/Yaoi/LavixKanda

Note : Et voilà la confrontation LaviYuu. Peut-être un poil OOC. Assez longue comparée aux autres parties. Pas de lemon.

Un petit sous-entendu YuuAlma, pour le plaisir.

Sûrement une quatrième partie, en bonus, d'ici la semaine prochaine.

Sur ce…


Partie 3


Lavi était assis à même le sol, adossé à la porte de la chambre de Yuu. Il attendait depuis moins d'un quart d'heure quand le japonais arriva.

Il soupira. Le sifflement était moins fort dans le couloir, mais il ne pouvait s'empêcher d'y penser, de le deviner, de l'appréhender.

-…Lavi ?

-T'en connais beaucoup, toi, des rouquins borgnes ?

Il s'en voulu immédiatement d'avoir été aussi sec. Yuu tiqua.

-Tu fais la gueule ou quoi ?

-C'est rien, excuse-moi. C'est le vent qui me rend nerveux.

Regarde-toi…

Il se leva. Yuu entra dans sa chambre et, voyant que Lavi restait planté dans le couloir comme un épouvantail, il rebroussa chemin.

Il y avait quelque chose de différent dans le regard de son amant. Et ça ne lui plaisait pas.

-Tu comptes camper dans le couloir ?

Lavi semblait hésiter.

-Je voulais juste te parler. Je ne reste pas ce soir.

-Ah.

Il maudit la note de déception dans sa voix. Il n'aimait que peu de choses. Les sobas, Mugen, les disputes avec Moyashi, tuer des Akumas. Et les moments passés avec Lavi. S'engueuler avec Lavi. Manger avec Lavi. Baiser avec Lavi.

-Yuu ?

ça, aussi. Il n'y avait que Lavi qui l'appelait par son prénom sans perdre un bras ou une jambe – voire les deux. Il aimait l'intonation que prenait sa voix. Il le laissait fondre sur sa langue, avec une douceur infinie, comme s'il manipulait le plus précieux des trésors.

Alma aussi l'appelait Yuu. Avec cette même douceur.

-Yuu ? Tu m'écoutes ?

-Hm. Ouais.

Lavi soupira. Il était de plus en plus mal à l'aise. Sa phrase lui sembla soudain ridicule et cruelle. Il changea de méthode.

-On ne peut plus continuer comme ça, Yuu. Notre relation n'a aucun avenir.

Voilà qu'il recommençait. Il lui disait ces choses horribles avec une nonchalance à vomir.

-Qu'est-ce que tu entends par avenir ?

-Je… Je suis un bookman. Je peux partir du jour en lendemain. Je n'ai pas de cœur, Yuu. Tu n'existes pas pour moi. Il vaut mieux qu'on se quitte maintenant.

Encore… Encore ces mots…

Il tremblait. Il avait horreur de ça. Il était si faible face à Lavi… Non, ce type n'était pas Lavi.

-Qui es-tu pour me dire ça ?

-Peut importe. C'est fini entre nous.

Merde. Il était sortit tout seul, ce nous. Le sifflement, sûrement. Ce sifflement le rendait dingue.

-Tu n'es pas Lavi.

-Tu me fais bien rire, Yuu. Lavi n'existe pas. Ce n'est que le 49eme moi.

-Il existe.

-Non.

Pourquoi s'accrochait-il comme ça ?

-Il existe. Je ne pourrais pas aimer quelqu'un qui n'existe pas.

Il l'avait dit. C'était foutu. Yuu avait joué, et il avait perdu.

Lavi se crispa. C'était ça, alors. De l'amour. Quel abruti il avait fait… Il n'aurait jamais du sortir avec lui.

-Ne cherche pas à m'avoir, Kanda. C'est fini, peut importe ce que tu diras.

Il s'approcha comme pour le frapper et Lavi recula, par réflexe. Il se retrouva acculé au mur, une proie sans défense face à son prédateur. Les rôles étaient inversés.

Yuu l'embrassa. Il ne s'attendait pas du tout à ça. Il le laissa faire, indécis. Il pouvait bien en profiter un peu, non ?

Le japonais délaissa ses lèvres. Il parsema son cou de baisers, laissant des traces de son passage. Il descendit jusqu'à sa clavicule, collant son corps contre le sien. Il glissa une main sous sa chemise tandis que l'autre descendait vers son entrejambe.

Lavi l'en empêcha et serra si fort son poignet qu'il se sentit gémir.

-Arrête.

-Tes lèvres peuvent mentir, mais pas ton corps.

-Pourquoi tu fais ça ?

-Tu m'énerves. Tu dis que je n'existe pas, mais est-ce que ça, ça existe ?

Il commença à déboutonner sa chemise et Lavi lui prit l'autre main. Il avait de la force, l'enfoiré. Il se débattit et lui asséna un coup de genou dans l'estomac.

Il se contenta d'étouffer un cri sans lâcher ses poignets.

-Alors ? ça non plus, ce n'est pas réel ?

-Mais à quoi tu joues, bordel ?

Son regard était froid, glacial.

-Et ça ? C'est le fruit de ton imagination ?

Il l'embrassa à nouveau, avec rage et passion. Son regard restait froid, mais il sentait son corps se faire brûlant contre le sien.

-Je n'existe pas ?

Un mince filet de sang coulait le long de ses lèvres. Yuu vint le lécher du bout de la langue.

-Regarde-moi et dis-moi que je n'existe pas.

Lavi détourna le regard. La voix du japonais tremblait.

-Regarde-moi…

Il craqua trop rapidement à son goût. Yuu pleurait. Les larmes coulaient le long de ses joues roses, dessinant des courbes luisantes sur sa peau blanche. Il était beau. C'était cette beauté qui l'avait attiré la première fois qu'ils s'étaient vus.

Maintenant, c'était Yuu tout entier qui le rendait dingue.

-Ne pleure pas…

Yuu voulut essuyer ses larmes, mais le rouquin tenait toujours fermement ses poignets. Lavi sembla le comprendre et les lâcha aussitôt. Il serra les dents en voyant les marques rouges qu'il avait laissées.

Ces choses sont vraies, Lavi.

Le japonais essuya ses joues en silence. Il avait déjà tout dit. Il aurait été stupide d'insister.

-Je suis désolé.

-Ne dis pas ça.

-…Pourquoi ?

-Tu ne le penses pas. C'est trop tard pour être désolé, de toute façon.

Lavi ferma les yeux. Le sifflement du vent lui vrillait les tympans. Il était pourtant ténu il y a une minute à peine. Son imagination, peut-être.

La vérité existe.

Toujours ces phrases… Ces mêmes mots, mêmes intonations. C'était fini entre eux, alors pourquoi cette dispute lui revenait-elle encore et encore ?

Était-il passé à côté du plus important sans le voir ?

-Yuu…

-Quoi encore ?

Moi aussi, j'existe.

-Tu as raison.

Lavi eut un vague sourire. C'était son inconscient qui le torturait ainsi, pas le sifflement du vent.

Yuu le fixa, sans comprendre. Il voulait qu'il s'en aille, qu'il le laisse tranquille. Et qu'il arrête de l'appeler Yuu.

-Tu te souviens de notre dernière dispute ?

-…Va-t-en, maintenant.

Mais Lavi ne l'écoutait plus.

-Tu avais dit…

-Moi aussi, j'existe.

Sa voix se fit plus douce.

-C'est ça, oui. Je ne t'ai jamais répondu.

-Où tu veux en venir ?

-Tu existes, Yuu. J'en suis sûr, aujourd'hui.

-Tu te fous de ma gueule, ou quoi ? Il t'a fallu un mois et me larguer pour t'en rendre compte ?

Yuu sentait les larmes lui montaient aux yeux. Faites qu'il se taise, par pitié…

-Ne t'énerve pas. Je voudrais juste de dire un truc qui m'est revenu à l'esprit. Je suis tellement distrait, parfois…

Lavi se pencha vers lui et l'embrassa sur le front.

-Je t'aime…

Un moment passa. Le sifflement du vent commença à s'apaiser, pour se transformer en un chuchotement aigre-doux.

Finalement, le japonais marmonna d'une voix rauque.

-Là, c'est définitif, tu te fous de ma gueule…

Lavi planta son regard dans le sien.

-Non. Pas le moins du monde.

-Tu viens de me quitter, là.

-Je sais.

-Hein ?

Il était sincère, l'enfoiré.

-Tu veux bien sortir avec moi, Yuu ?

Silence.

-…T'as bu ?

Il sourit.

-Seulement de l'eau. Je suis sérieux, Yuu. On recommence tout à zéro ?

-…

-Je t'aime, vraiment. Je suis un peu lent, c'est vrai, mais sentiment et bookman, ça va pas ensemble.

-Abruti…

Yuu ferma les yeux.

-C'est d'accord, mais avise-toi de me faire encore une fois un coup pareil et je te découpe en tranches.

Sa voix se brisa. Il se remit à pleurer, de soulagement cette fois.

-Ah… Je fréquente trop Moyashi, moi. Je deviens de plus en plus émotif. Nan mais regarde-moi, on dirait une madeleine…

-J'aime bien les madeleines…

Yuu frissonna. Lavi essuyait ses larmes. Il avait de belles mains, anguleuses et tièdes, aux doigts fins et souvent tachés d'encre.

Le japonais s'accrocha à sa chemise.

-ça s'est arrêté…

Il ouvrit un œil. Lavi souriait.

-De quoi ?

-Bah, le sifflement du vent.


Et ben moi je hais les dimanches
La vie est construite sur une faille et, j'espère tout s'effondrera
Et effet de serre à mon pouls et toi tu réponds pas
Souffle moi dans les bronches encore une fois

Je hais les dimanches, Raphaël


Je ne pouvais pas me résoudre à les séparer, sont tellement mignons tous les deux…

J'espère avoir éliminer la plupart des fautes.

Caidy accepte tous les commentaires et critiques,

See ya