Chap 2 :

Je me réveille, je suis tentée de dire le lendemain matin, mais je ne suis absolument pas certaine de cette affirmation. Pour résumer, je ne sais pas quel jour on est ni quelle heure il est, j'ai un horrible mal de crâne, je ne sais pas non plus où sont les amis avec qui je suis allée au concert de Green Day, vu l'état dans lequel je suis, ça ne m'étonnerais même pas qu'en fait le concert ne soit pas encore passé, et en tâtonnant autour de moi, je n'ai aucune idée de l'endroit où je suis. Comme réveil, j'ai connu mieux.

J'entend des voix autour de moi, mais je crois avoir perdu mon nouveau don de communication absolue, vu que je ne comprend rien du tout. Et petit à petit je commence à comprendre des mots et là, je regrette de comprendre. Il parait que les Tchèques sont très hospitaliers. C'est le sujet de la conversation. Donc, si mon cerveau veut bien en faire une déduction logique… je suis en République Tchèque ? Mais merde, je me dis, c'est pas vraiment prévu dans mon emploi du temps et puis comment j'ai bien pu atterrir ici ? C'est vraiment le bordel, et en plus, je ne parle pas le Tchèque. Mais attendez… je comprend ce que disent les gens autour de moi, donc ils ne sont pas Tchèques… donc… je n'arrive plus à réfléchir, il me faut un doliprane. Je murmure :

-Vous avez un doliprane ?

Apparemment, on m'a entendue, mais je crois que personne n'a compris. Je vais devoir utiliser mon cerveau encore une fois. Peut-être qu'ils ne sont pas français ? Ils sont anglais alors. Je retente le coup et là bingo ! J'obtiens une réponse. En fait on me rit au nez et franchement c'est vexant. Quelqu'un peut m'expliquer ?

-Vu ce que t'as bu, un doliprane ne te fera rien du tout, mais ne t'inquiète pas, on a un antidote efficace.

Mais qu'est-ce qu'il raconte celui là ? Un antidote contre le mal de tête, ça s'appelle bien un doliprane, que je sache. Pourquoi faut-il toujours que je tombe sur des dingues ? Je me décide à tenter un soulevage forcé de mes paupières. Je n'aurais pas du, la lumière m'explose les yeux. Mais bon, au bout de quelques secondes je m'habitue. Fière de moi, je vais même essayer de m'assoir (je tente le diable!).

Dure loi de la gravité, je te maudis ! Se lever ne devrait pas être si dur, va falloir en parler aux physiciens. Mais n'oubliez pas que je suis une survivante, alors oui, je finis par me retrouver assise et à peu près stable. Je crois, je dis bien je crois, que je suis sur un canapé, mais dans mon état indescriptible, je préfère ne pas m'avancer, surtout que je vois flou. Faire la mise au point sur ce qui m'entoure me demande un nouvel effort. Bon, même une fois net, cet endroit ne me dit rien du tout. On dirait une chambre, avec une déco plutôt moche et un certain désordre. Les rideaux sont tirés. Ça ressemble quand même étrangement à une chambre d'hôtel de mec… Attendez, on est en République Tchèque ? Mais le prochain concert de Green Day, c'est pas à Prague ? Et j'aurais pas croisé Billie Joe Armstrong qui m'a fait boire un truc suspect à Paris ?

Un homme rentre dans la chambre et se dirige vers moi. Je crois que je le connais. Grand, mince, teint en blond, tête de psychopathe… sans aucun doute, je le connais. C'est un truc du genre… Mike Dirnt ! 'Tin Mike, j'ai vraiment deux de tension. Ça défonce les neurones le truc de Billie. Mike me tend un verre rempli d'une substance suspecte.

-Non merci, je lui dis. Je ne bois plus de trucs inconnus.

-Crois moi, c'est le seul truc qui pourra t'enlever ton mal de tête.

Bon, je lui fais confiance ou pas ? Soyons fous. De toutes façons, je n'ai plus rien à perdre. J'avale le verre cul-sec. C'est vrai que ça fait du bien. Bon maintenant que j'ai les idées un peu plus claires, il faut que je sache ce qu'il s'est passé.

-Au fait, je dis à Mike, c'est quoi le truc que Billie Joe m'a fait boire ?

-… franchement, j'en sais rien. C'est une recette maison très bien gardée de la famille Armstrong, et en fait je ne suis pas sûr de vouloir découvrir les ingrédients. Je suis désolé pour ce que tu as subi, je pensais vraiment que Billie avait arrêté d'empoisonner ses fans.

-J'ai tant que ça la tête d'une fan ?

-Ben… t'en est pas une ? Je me suis dis que Billie avait essayé de se débarrasser d'une de ses groupies…

-Si, je suis fan (et pas groupie, merci), mais en fait je suis allée voir ton pote, je savais même pas que c'était lui, pour lui demander comment il faisait pour parler aux pigeons.

Je n'aurais jamais du me lancer dans cette discussion. Vu la tête de Mike, je me demande si il s'inquiète plus pour moi ou pour son chanteur.

-Billie Joe parle aux pigeons… première nouvelle. T'es sûre que tu vas bien ?

-Merci de t'inquiéter pour moi, mais je t'assure que ça va. Ne me dis pas que ça t'étonne quand même.

-… il faut faire une réunion de crise tout de suite.