Chapitre 7 : Un remplaçant?
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Le monstre d'encre grognait, prêt à bondit sur Naruto. Ce dernier crispait la main sur le kunai qu'il tenait. Kiba renifla l'air pour localiser le propriétaire de cette créature des plus étranges.
-Cette odeur… je ne l'ai jamais sentie auparavant.
Le fauve sauta sur Naruto, ce dernier plongea sur le côté pour l'éviter mais se retrouva immédiatement nez à nez à un autre monstre identique qui ouvrit grande sa gueule aux dents tranchantes pour le croquer.
Soudain, un monstre plus imposant et couvert de poils chargea sur la créature d'encre qui se disloqua en une flaque noire. Naruto écarquilla les yeux.
-Bien joué Akamaru! Félicita Kiba prés d'une autre flaque, les restes du premier fauve.
-Akamaru? S'exclama Naruto.
-Ouaf!
-C'est vraiment lui?
-Bien sur que c'est lui, pourquoi poses-tu cette question?
-Il a triplé de volume!
Soudain le soleil sembla se voiler.
-Bougez! S'écria une nouvelle personne en se précipitant sur eux.
Naruto se tourna vers Shikamaru avant de lever les yeux vers le ciel et vit les contours d'une silhouette avec des ailes. Shikamaru le bouscula et plongea lui aussi, l'aigle d'encre griffa le sol de ses serres là où ils se tenaient une seconde avant.
Les villageois qui assistaient a ce combat face à ces créatures étranges sorties tout droit d'un tableau monochrome se dépêchèrent de filer à l'abri pour éviter d'être pris pour cible.
-Ninpo, Griffes de Kiba!
Kiba s'élança et tournoya sur lui-même et transperça leur adversaire plumé. Naruto et Shikamaru regardèrent de partout autour d'eux pour localiser l'origine des attaques.
-En tous cas, on peut dire que tu tombes à pic Shikamaru.
-J'avais des affaires ennuyeuses à régler dans ce coin là. Là-bas! Répondit ce dernier en pointant du doigt un toit.
L'artiste responsable de cette attaque était en effet tranquillement assis sur le toit, un rouleau déployé sur ses genoux et un pinceau à la main.
-Hey toi! Ça va pas la tête? S'écria Naruto en chargeant sur lui tête baissée.
-Ninpo, Choju giga (Toile aux monstres fantômes), murmura l'assaillant en levant deux doigts.
Les cinq fauves peint sur son rouleau prirent vie et sortirent de leur support pour adopter une apparence en trois dimensions et une taille conséquente. Tous se jetèrent sur Naruto qui, déstabilisé, se retrouva en mauvaise posture.
-Fais gaffe Naruto! Prévint Kiba en accourant.
-Bon, pas le choix…, soupira Shikamaru en joignant ses mains. Kage Nui! (Entrelacement des ombres)
Soudain l'ombre de Shikamaru devint plus sombre et visible, elle s'étira a toute vitesse jusqu'à Naruto et des piques émergèrent qui transpercèrent aisément les créatures. Le garçon en orange leva le pouce pour son ami et sauta sur le toit pour attaquer de front l'artiste. Ce dernier réagit en tirant de son dos une dague plate dépourvue de pointe et bloqua le kunai de Naruto.
-Qui es-tu? Et qu'est-ce que tu nous veux?
De près, un détail frappa Naruto. Ces cheveux et ces yeux si noirs, si froids et calmes, ce visage fin, cette absence d'expression… il avait la peau très pâle, la forme et la longueur des cheveux n'était pas la même mais à part ça, ce jeune homme ressemblait à Sasuke. L'inconnu se mit alors à sourire.
-Pas grand choses en réalité, juste te voir à l'œuvre.
Ce sourire… il avait quelque chose que Naruto n'aurait su dire, mais s'il devait le décrire, ce sourire était vide. Vide de sens, il n'était même pas fade ou amer, il n'avait rien, comme figé. En regardant mieux, l'adolescent sursauta.
-Mais ce bandeau ! Tu es aussi de Konoha !
-Cela est-il si étonnant, mauviette ? Répondit l'inconnu sans l'ombre d'une émotion dans sa voix.
-Mais ils deviennent barjo d'accepter un fou furieux comme toi ! S'exclama Naruto. Tu vas voir ce qu'elle te dit la mauviette !
Naruto mit plus de force dans le duel des deux lames, mais celle de son adversaire semblait décidée à ne pas céder le moindre millimètre.
-Eh bien essaye.
Il n'y avait toujours aucune émotion dans sa voix mais Naruto interpréta la phrase comme une provocation, il sortit un kunai de son autre manche et la plongea droit en direction du mystérieux ninja. Ce dernier relâcha la pression sur le premier et bloqua le second avec sa dague avant de bondir en arrière, se réceptionner et ranger son arme. Il se redressa et, aussi surprenant que cela puisse paraître, il se mit à marcher tranquillement vers Naruto, s'arrêta devant lui et lui tendit la main.
-Hein ? S'étonna Naruto.
-J'ai lu dans un livre que les présentations s'accompagnaient d'une poignée de main. Je suis donc Sai.
-Quoi ? Dans un livre? Répéta Naruto en regardant étrangement son interlocuteur. Mais d'où tu sors toi ?
Sai pointa du pouce l'emblème de son bandeau frontal.
-C'est pas ce que je te demande !
Soudain, le jeune homme en noir tourna l'œil dans son dos et bondit sur le côté, un instant plus tard une partie du toit qu'il venait de quitter vola en éclat par une violente rafale de vent et un instant plus tard, une jeune fille blonde atterrit aux côtés de Naruto, un éventail géant en main.
-Il y a de l'action quelque part et on oublie de m'inviter ?
-Temari ? Demanda Naruto.
Shikamaru et Kiba les rejoignirent et tous se tournèrent vers Sai.
-Ne te jettes pas trop vite sur lui Temari, prévint Shikamaru.
-Tu crois qu'il nous cache quelque chose ? Demanda-t-elle.
-Non, je crois juste qu'il ne tentera rien de plus.
-C'est exact, confirma Sai. Je suis juste venu tester le raté et cette première rencontre fut instructive. Nous serons amenés à nous revoir bien vite.
-Si tu le dis, répondit Naruto.
-Sur ce.
Sai leva deux doigts et un tourbillon d'encre apparut autour de son corps avant qu'il ne s'évapore dans l'air et disparut.
-Mais c'était qui ce gars ? Demanda Naruto.
-J'en sais rien mais je l'aime pas, je le trouve méga louche ! Affirma Kiba.
-Il est de votre village et vous ne le connaissez même pas ? Demanda Temari, cynique.
-Et alors ? Et puis qu'est-ce que tu fais à Konoha ? Demanda Naruto, septique.
-De la reconnaissance, répondit-elle simplement comme si c'était évident. J'assure la liaison entre Suna et Konoha pour le prochain examen chunin et Shika est mon guide.
-Shika ?
Naruto se mit à regarder tour à tour les deux jonin, étonné. D'où était née une telle familiarité entre eux qui ne pouvaient clairement pas se sentir ? Un nouveau mystère de la vie.
-Ah j'ai compris ! Alors vous êtes en…
-Mais t'es bouché ou quoi ? S'excita Temari. Je te l'ai dit il y a trois jours à peine ! Tu as déjà oublié ?
-Ben ce surnom…
-C'est pour abréger, tu aurais préféré un surnom comme « le branleur » ou « le naze » ?
Naruto réfléchit à la question. Connaissant Shikamaru depuis l'enfance, le premier qualificatif n'était pas si loin de la vérité, il lui allait d'ailleurs assez bien, contrairement au second qui était exagéré. Après tout, de tous les genin qu'ils étaient, lui seul avait été promu chunin. Cependant, avant qu'il ne puisse répliquer, Temari comprenant qu'il n'y avait plus aucun danger à l'horizon prit congé.
-Je vais voir Tsunade, elle sait surement qui est ce Sai, clama Naruto.
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Bien loin de Konoha, dans un repaire tenu dans le plus grand secret, Oroshimaru était assis sur un siège confortable dans une salle opaque et fermée dont l'unique source de lumière n'était autre que les flammes des torches disposées sur les piliers et les murs rocheux. Cette ambiance sinistre et se calme irréel plaisait au maître des lieux, il avait ainsi tout le loisir de réfléchir à un nouveau sujet d'expérience morbide. Un léger bruit résonna en écho dans toute la salle, celle de la double porte qui s'ouvrait en grinçant. Un jeune homme entra et s'inclina solennellement devant le Ninja Légendaire.
-Tiens, te voilà Kabuto.
-J'apporte de bonne nouvelles, maître Oroshimaru. Sasori de l'Akatsuki a accepté de rencontrer le « traître » de votre camp dans trois semaines. Comme vous l'espériez, cela sera une occasion idéale pour vous débarrasser de lui.
-Cependant ne crions pas victoire trop tôt.
-J'ai aussi une nouvelle moins bonne.
-J'en était presque sûr, commenta Oroshimaru, un sourire amusé aux lèvres. Je t'écoute.
Kabuto avala sa salive, ce qu'il allait annoncer n'allait sûrement pas faire plaisir à son maître, loin de là. Pour l'instant il demeurait calme mais comment allait-il réagir lorsqu'il saurait?
-Eh bien c'est à propos de ce rôdeur non identifié qui va et viens dans le secteur sans jamais être attrapé, je n'en ai moi-même jamais vu que la silhouette de loin.
-Va à l'essentiel, conseilla son maître. Si tu me rapportes ce que je sais déjà tu deviens moins utile.
-… d'après la longueur de ses cheveux et les contours de son corps, je puis affirmer qu'il s'agit d'une femme mais c'est vraiment tout ce que j'ai pu… apercevoir.
-Une femme hein ?
Une goutte de sueur glacé longea la nuque de Kabuto, ce qu'il avait rapporté n'était pas grand-chose mais il avait peut être sauvé sa tête grâce à ça. Oroshimaru se mua dans ses réflexions lorsque la double-porte s'ouvrit sans ménagements. Kabuto tourna vivement la tête à l'entrée pour apercevoir l'impudent qui osait entrer comme bon lui semblait sans se faire annoncer. Il ne fut guère surprit de reconnaître cet adolescent aux cheveux noirs, il n'y avait vraiment que lui pour avoir cette arrogance envers Oroshimaru en personne.
Sans aucune gêne ni même la manifestation de la moindre émotion sur son visage, Sasuke s'avança à pas lents et calmes vers le maître des lieux. Ce dernier ne manqua pas de sourire à cette petite visite surprise.
-Bien le bonjour Sasuke.
L'adolescent s'arrêta devant le siège occupé et hocha la tête à la salutation.
- Apprenez-moi un nouveau jutsu.
Le ton de sa voix était calme mais ce n'était pas une demande qu'il formulait, c'était une exigence ! Kabuto était outré face à un tel culot.
-Eh bien, tu es tellement impatient, répondit Oroshimaru. C'est entendu, mais à une condition.
-Laquelle ? Demanda Sasuke, attentif.
-Il y a un intrus qui rôde et pour être honnête, cela commence à m'agacer. Capture-la et ramènes-la moi. Je t'enseignerai ensuite un jutsu qui ne manquera pas d'aiguiser ta force et ta curiosité.
-Bien.
Sans attendre davantage, Sasuke tourna les talons et sortit comme il était entré.
-Bien, ce problème va vite être résolu, affirma Oroshimaru. As-tu autre chose à m'apprendre, Kabuto ?
-Cela intéresserait l'Akatsuki, j'ai appris que Naruto était revenu à Konoha.
-Naruto ? L'enfant qui porte en lui Kyubi et l'ancien meilleur ami de Sasuke ? Intéressant.
-Également entraîné par votre propre ancien meilleur ami Jiraya si je ne m'abuse.
-Tu deviens irritant à parler du passé, Kabuto.
-Veuillez m'excuser, conjura-t-il en s'inclinant profondément. Je ne faisais que souligner une ironie de la vie.
-Kyubi n'est qu'une menace secondaire aujourd'hui, il a perdu énormément de sa puissance, de plus l'Akatsuki n'a pas réussi à l'attraper tandis que moi, j'ai Sasuke. Mais ne nous égarons pas, les sous-estimer serait une erreur fatale, plus particulièrement Itachi et cet…
Oroshimaru laissa sa phrase en suspens. Manifestement des souvenirs lui revenaient en mémoire. Kabuto décida alors d'écourter sa présence.
-Puis-je me retirer ?
-Oui, répondit mollement le maître des lieux, fixant le vide, les yeux plissés.
Quelques instants après le départ de Kabuto, l'écho de pas claquant au sol résonnèrent en écho dans le couloir. Oroshimaru s'arracha à sa contemplation du souvenir qu'il avait des deux membres de l'Akatsuki qui l'intéressait pour se tourner vers la porte. Celle-ci s'ouvrit à nouveau, découvrant une femme.
-On dit que vous vouliez me voir ? Demanda-t-elle posément.
Cette femme arborait une peau bronzée sous sa tunique bleue qui recouvrait son corps en plus du maillot noir masquant sa fière poitrine. Son épaule était tatouée d'un signe tribal noir. Ses lèvres de miel s'étiraient en un sourire provocateur. Son regard émeraude pétillait de malice et ses longs cheveux d'ébène cascadaient sur son dos, laissant celles au sommet de son crâne de dresser vers le ciel. Deux mèches toutes aussi noires encadraient son visage. S'il fallait donner un mot à cette mystérieuse apparition, ce serait : magnifique. Mais Oroshimaru jugeait plus son attitude que son physique. Nullement impressionné, son sourire à faire froid dans le dos s'étira d'avantage.
-Serait-ce toi qui joue les souris dans mon antre ?
-C'est plutôt vos bonshommes qui ne sont pas très futés. Je ne suis ni une espionne ni une clocharde, je ne fais que me promener.
Se promener ? Dans un endroit comme celui-ci ? Elle le clamait avec une telle désinvolture qu'Oroshimaru ne put retenir son éclat de rire.
-Mon identité n'a aucune importance, poursuivit la femme mystérieuse. Sachez juste qu'à l'heure actuelle, je n'ai aucun intérêt à vous porter préjudice.
-Qui t'as prévenu ? Je ne vois pas Sasuke.
-Peut être l'ais-je caché… dans ma poche ? Proposa-t-elle avec un sourire mystérieux.
Après un temps de réflexion, Oroshimaru comprit où elle voulait en venir, cela l'étonnait un peu d'ailleurs.
-Je ne te savais pas si joueur, Sasuke.
Le sourire de la femme disparut.
-Oh mais ce n'est pas un jeu, répondit-elle. C'est un besoin nécessaire.
-Et je crois savoir pourquoi, du moins j'ai ma petite idée, mais je ne voudrais pas aborder les sujets fâcheux.
-Vous avez deviné juste, c'est une façon comme une autre d'échapper à cette souillure.
-Ton frère ne t'aura décidément rien épargné. Quelle idée aussi de te ruer sur lui alors que tu n'avais pas assez de pouvoir pour le tuer.
À présent Oroshimaru s'adressait à Sasuke qui avait repris son apparence normale. Contrairement à son apparence de femme, son visage n'était ni espiègle ni désinvolte, le contraste était saisissant, était-ce de la schizophrénie ? Tout était possible quand l'esprit humain avait subi de lourds dommages aux suites d'un viol. C'était sûrement ça qui avait définitivement convaincu le garçon qu'il ne serait jamais fort dans le paisible village de Konoha. Oroshimaru devinait aisément qu'il avait rompu tous les liens qu'il s'était fait d'un coup.
-Maintenant que vous savez qui est votre intruse, j'attends que vous me fassiez part de votre savoir.
-Ah oui, le jutsu. Bien, au fait ton ex compagnon est revenu à Konoha, plaça subtilement Oroshimaru.
Sasuke ne réagit pas, il se contentait de fixer son maître en attendant qu'il se décide à lui apprendre.
-Et tu ne m'écoutes pas, fit remarquer Oroshimaru d'un air faussement vexé.
-Tout ce qui concerne Konoha ne m'intéresse plus, répondit-il simplement.
-Quel cœur de pierre tu fais. Enfin, commençons.
Mon cœur n'est pas en pierre, il est juste mort, pensa Sasuke en apprenant un nouveau jutsu difficile à maîtriser pour le commun des mortels.
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Naruto soupira fortement. Il venait de lire le message que Kiba lui avait discrètement passé quand il était arrivé chez lui. Il était d'Hinata. Cette dernière racontait que son père avait émis des réserves évidentes sur leur rendez-vous de ce soir et lui interdit purement et simplement de sortir de chez elle avant deux jours.
-Bon tant pis, il vaut mieux qu'elle ne se fâche pas avec ses parents par ma faute. Je vais me renseigner sur ce Sai maintenant. Je sors ! Dit-il en sortant de la maison vide.
Quelques instants plus tard, Naruto se retrouva dans le bureau de Tsunade.
-Salut.
-Ah Naruto, tu tombes bien. J'allais vous convoquer toi et Sakura.
Naruto remarqua la présence de Kakashi non loin du bureau.
-On part en mission alors ?
-En effet, confirma le jonin.
-Yes ! Alors ça sera quoi ? Un truc super excitant j'espère.
-Nous partons dans deux jours pour Suna, annonça Kakashi.
-VRAI ? S'exclama Naruto. Vrai de vrai ?
Tsunade confirma en hochant la tête.
-C'est génial ! Je vais revoir Gaara !
-C'est une mission diplomatique, vous serez tous les trois les ambassadeurs de Konoha alors s'il te plaît Naruto, de la dignité.
-Roo ça va.
-Je vous connais, toi et ta manie de faire des bêtises.
-Quelle rabat-joie, mamie.
-Et cesse de m'appeler comme ça.
-Pourquoi ? Ça te vieillit ?
-Et ça fait trop familier. Tu es ici en tant que ninja je te rappelle.
-Ouais mais ça t'empêche pas de m'adorer hein? Fit remarquer Naruto avec un clin d'œil.
-Ne me fait pas dire ce que je n'ai pas dit, sourit Tsunade.
-Bref, repose-toi bien en attendant, ça sera peut-être la dernière occasion que tu auras de souffler avant un enchaînement de missions à un rythme soutenu, prévint Kakashi.
-Pas de problèmes, c'est trop cool ! Dis mamie Tsutsu, c'est qui ce Sai ?
-Mamie Tsutsu…, répéta l'intéressée perplexe. Eh bien Sai est un jeune ninja de Konoha recommandé par une tierce personne pour faire partie de l'équipe de Kakashi en remplacement de Sasuke.
-PARDON ? S'écria Naruto.
-J'étais sûr qu'il le prendrait mal, soupira Kakashi.
-Attendez, c'est impossible ! Personne ne peut remplacer Sasuke, et surtout pas une brute pareille que je connais même pas !
-Je sais que ça te tiens à cœur de laisser la place libre pour lui mais une équipe doit comporter quatre membres. Pour cette mission à Suna vous ne serez que trois mais à la prochaine mission, Sai intégrera l'équipe Kakashi.
-Non ! C'est non, tu ne nous as même pas consultés avant !
-N'oublies pas ta place Naruto.
-Mais arrêtes de te donner des grands airs !
-Et toi arrêtes de faire l'enfant gâté.
Ce fut la phrase en trop, Naruto leva le poing et frappa le bureau. Tsunade soupira face à cette réaction infantile.
-Eh bien vas-y, passe ta colère, quelle réaction intelligente.
-T'es vraiment nulle, t'es devenue acariâtre ! Agressa Naruto.
-Ça suffit Naruto, s'interposa Kakashi.
-Mais…
-La décision a déjà été prise, tu n'as pas à t'y opposer, on s'intéressera à ton avis quand tu seras jonin mais pas avant.
-Ouais, j'ai plus qu'à me la boucler et à suivre comme un chien.
-Ça s'appelle l'obéissance.
Naruto s'énervait de plus en plus. Déjà que la décision injuste du père d'Hinata de la cloitrer chez elle le rendait à cran en plus de l'attaque surprise de ce Sai mais là, c'était le comble. Ses ongles s'enfonçaient dans ses paumes, les articulations de ses doigts craquaient et lentement, un chakra rouge émergeait de son corps.
-Naruto, tu ne dois pas t'opposer aux décisions prises, tenta Tsunade pour le calmer. Ce n'est pas comme si je te demandais d'oublier Sasuke. Cette décision a été prise dans l'intérêt de ton équipe. En t'opposant à cette décision tu t'opposes à Konoha.
Peine perdue, Naruto serrait d'avantage les mains et les dents, son chakra rouge enflait petit à petit pour se répandre tout autour de son corps.
-De toutes façons depuis que je suis petit, tout Konoha est contre moi ! Ça changera pas grand-chose de ce que je connais de ce village. Il n'y a eu qu'une seule personne qui m'a protégé de la haine des autres ! J'aurai pu me faire tabasser à mort si elle n'était pas intervenue!
Tsunade se leva de son bureau, posa les mains sur les épaules de Naruto et le regarda droit dans les yeux.
-Naruto, calme ta colère, tu ne vois pas que Kyubi en profite ?
-Et alors ? Vous n'allez pas m'apprendre que c'est parce qu'il squatte mon corps que tout le monde a peur de moi ! Vous avez peur que je le laisse faire ce que bon lui semble ?
-Naruto, Jiraya ne t'as donc rien apprit ?
-Oh excusez-moi, j'ai oublié ma différence durant ces trois années, j'avoue avoir un peu de mal à rerentrer dans le moule. Oublié que je suis un monstre, oublié que j'ai la peste, oublié que je ne suis qu'un orphelin !
Tsunade dézipa la veste de Naruto et saisit le pendentif qu'elle lui a offert dans sa main et y insuffla son chakra afin de réfréner Kyubi. Ce dernier à l'intérieur de sa prison entra dans une colère noire en sentant Tsunade le repousser.
Qu'essayes-tu de faire espèce de traînée ?
-Naruto, si tu veux devenir Hokage, il te faudra être plus patient. Crois-tu sincèrement que je t'ai choisi au hasard un nouveau coéquipier pour te punir ? Te punir d'être toi ? Si c'est le cas, tu me fais de la peine.
Le chakra rouge finit par disparaître mais la colère de Naruto était toujours là. Sa colère et sa tristesse, il venait de parler de ce qui lui faisait le plus mal et dont il ne faisait jamais référence : ses parents. Qui étaient-ils ? Comment étaient-ils ? Est-ce qu'il leur ressemblait ? Étaient-ils toujours en vie quelque part ? Où qu'ils soient, pensaient-ils à lui de temps en temps ? Lui il l'évitait pour ne pas se faire d'illusions et sombrer dans la peine. Il y avait aussi la personne qui l'avait protégée il y a huit ans, la seule qui ai eu un tant soit peu d'attention pour lui et qui perdit la vie quelques jours après qu'il l'ait rencontré. Depuis, Naruto avait fermé son cœur jusqu'à ce qu'Iruka le prenne en charge. Il avait fini par conclure qu'il portait malheur à ceux qui s'aventuraient à l'aimer et c'était l'une des choses les plus dures au monde pour lui.
-Je refuse qu'on remplace Sasuke.
-Et moi je refuse qu'il t'arrive quelque chose, répondit Tsunade.
Naruto repoussa la main qui tenait toujours son pendentif et s'en alla sans dire mot, luttant pour contenir sa peine et sa douleur. Il n'entendait même plus ce que disait Tsunade, il quitta la pièce et marcha dans le couloir. Kakashi le rejoignit.
-C'est dur d'être indulgent, surtout quand on a ton âge. On veut s'affirmer et montrer aux autres de quoi on est capable.
-…
-Cependant, si tu te mets dans la même logique que ceux qui t'ont méprisé, tu finiras par éloigner tous les amis que tu t'es fait et tu finiras tout seul. Mais je sais que les rejetés ne se laissent pas approcher de peur de souffrir d'avantage et repoussent à leur tour ceux qui vont dans leur direction, c'est un cercle vicieux. Tu as eu beaucoup de chance de pouvoir en sortir, alors tâche de ne pas y retourner.
-J'étais en colère.
-Tu dois mieux te contrôler. La colère n'excuses pas tout, tu as meurtrit son cœur.
Naruto s'arrêta, il prit conscience que Tsunade s'inquiétait pour lui et de l'étendue de sa bêtise. Certes il souffrait mais ce n'était pas une raison pour se venger sur les autres, surtout pas sur elle. Il fit demi-tour et frappa doucement à la porte.
-Entrez.
Sa voix était calme, Naruto déglutit et entra doucement.
-Heu… resalut.
-Rebonjour, répondit-elle en écrivant sur un petit carnet sans lever les yeux vers Naruto.
-Je… je suis désolé.
Tsunade continua d'écrire sans lever les yeux vers lui, Naruto en conclut qu'elle était fâchée et se résigna à rentrer chez lui.
-Naruto.
-Oui ?
L'Hokage se leva, marcha jusqu'à l'adolescent et lui tendit le carnet sur lequel elle écrivait.
-Donne ça à Sakura, ça pourra lui être utile, au cas où.
-D-d'accord, fit-il en le prenant.
Doucement, la main de Tsunade se leva et caressa la joue de Naruto avec douceur, ce qui le fit sourire.
-Porte toi bien.
-Pardon, je ne pensais pas ce que je disais.
-Je le sais, répondit-elle en l'attirant contre elle et en le prenant dans ses bras. Ne t'en fait pas je t'excuse. Hm dis donc, encore un peu et tu me dépasses jeune homme.
-Hé hé hé, c'est que j'ai grandis moi.
-Oui, avant tu m'arrivais aux hanches, sourit-elle.
-C'est pas faux, en tout cas tes seins sont toujours aussi confortables.
-N'en profite pas trop quand même, petit coquin.
Elle disait ça mais elle caressait ses cheveux, donnant ainsi l'autorisation à Naruto de mieux blottir sa tête contre la superbe poitrine accueillante, profitant que Tsunade ai rangé son agressivité habituelle.
-Bon, je ne te retiens pas plus longtemps.
-Encore un peu.
-D'accord, mais juste un peu, répondit-elle en caressant son dos.
Naruto se laissa aller tout entier à la douceur du moment, à cette peau tendre au parfum agréable. Il était si bien, ce genre d'étreinte il n'en avait connue qu'une dans sa vie, ça le rendait heureux. Il enlaça la taille de Tsunade.
-N'oublie jamais que c'est ici chez toi, car tu es sur qu'ici il y aura toujours quelqu'un pour t'accueillir et t'aimer.
-Ouais, mais il fallait me le rappeler plus tôt, fit-il remarquer en souriant.
-Eh bien je te le rappelle. Allez, file petit fripon.
À regrets, Naruto quitta ses bras et reprit la direction de sa maison. Ses parents hantaient toujours son esprit mais maintenant, la douleur était plus supportable.
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-Homura ?
Sakura frappait à la porte de l'appartement du petit aspirant sans avoir de réponses. Pourtant l'école était finie. La jeune fille pensa donc qu'il était parti se promener et se lança à sa recherche. En marchant dans la rue, elle ne put s'empêcher d'imaginer la réaction d'Homura. Ça tombait au mauvais moment, ses examens approchaient et il avait besoin du soutien de Sakura pour ne pas se disperser ou sécher les cours. Même si il était méprisant avec les autres, il était calme et sage avec la jeune fille, elle trouvait toujours du temps à lui consacrer pour l'aider à faire ses devoirs.
Il n'était ni au parc, ni à l'école. Elle rentra chez elle.
-Maman, est-ce qu'Homura est là ?
-Non, il doit être en train de trainer dehors.
-Je vois. Des nouvelles de papa ?
Sakura savait que quand sa redoutable mère délaissait son côté neutre et dur, c'était que son mari y était pour quelque chose. Ce dernier n'était hélas pas souvent à la maison, toujours entre deux pays pour intervenir dans les conflits internationaux.
-Il se porte bien. Il devrait bientôt avoir sa permission.
Sakura sourit avant de sortir de chez elle et reprendre ses recherches. Où donc pouvait bien être ce garnement d'Homura ? Elle marchait au hasard lorsqu'elle vit un attroupement d'enfants. Curieuse, elle se rapprocha. Ce qu'elle vit lui fit cligner des yeux, devant le groupe uniquement constitué de garçons, une jeune femme était allongée sur le ventre dans une position suggestive, vêtue d'un maillot deux pièces très étroit pour ses formes généreuses. Un instant plus tard, un petit pouf et un nuage de fumée blanche et la jeune femme disparut, remplacée par un garçon aux cheveux argentés, les yeux plissés dans un sourire vantard.
-Et voilà, j'ai réussi, par ici la monnaie, dit-il, enjoué.
Les autres lui donnèrent chacun une poignée de pièces avant de demander une nouvelle démonstration, Homura sortit alors de son sac un magazine de charme et tourna les pages, c'est à ce moment-là que Sakura éclaircit sa gorge. Les enfants se retournèrent et comprirent bien vite qu'ils devaient filer, le plus embêté était Homura qui tenta de sourire alors que la jeune fille s'approchait de lui, les mains sur les hanches.
-Oh grande sœur, ça alors.
-Puis-je savoir d'où tu sors ce torchon interdit aux moins de seize ans ? Demanda sévèrement Sakura.
-Ben de la librairie, répondit tranquillement Homura, tout sourire.
Sakura aussi souriait en tirant les joues de son protégé.
-Tu l'as chipé avoue.
-Oui.
-Et tu sais que c'est mal de voler.
-Ah ben cha, cha dépend du point de vue d'où on che plache.
-Homura, tu es en tort, point, insista Sakura en tirant un peu plus ses joues.
-Ouille ! Oui grande chœur.
-Tu vas rapporter ça et t'excuser.
-Oui grande chœur.
-Bien, sourit Sakura en relâchant Homura. Et ne fait plus cette technique perverse, elle a été interdite par le Troisième Hokage.
-Pourquoi ? Demanda-t-il en se massant les joues. C'est pourtant marrant, tu verrais la tête des adultes quand je le fais devant eux, ils en restent sciés, se vanta Homura en éclatant de rire. Et puis ça met un peu de piment à la vie monotone de ce village.
-Crois-moi, dès que tu seras genin, tu ne verras plus la vie sous cet angle. J'ai quelque chose à te dire alors écoute-moi bien.
-Oui ?
-Voilà, comme Naruto est revenu, Kakashi-sensei, lui et moi allons reformer une équipe et partir en mission pour Suna.
-Cool !
-Nous partons dans deux jours… et nous ne reviendrons pas avant la semaine prochaine.
-Quoi ? S'exclama Homura. Mais les examens sont dans six jours ! Tu avais dit que tu serais là pour m'encourager !
-Oui je sais, je suis désolée mais je suis sûre que tu y arriveras.
-… sans toi, ça sera pas pareil…
-Homura, je sais que tu ne me décevras pas, révises bien et fait de ton mieux. Je serai fière du petit genin de Konoha qui m'accueillera quand je reviendrai.
-… oui tu as raison, j'y arriverai !
-C'est bien, et ne fait pas de bêtises.
-Là je ne te promets rien, rit Homura.
Sakura lui sourit tendrement et caressa ses cheveux.
-Je te laisse.
ooooooooooooo
Déprimant, y avait-il d'autres mots pour définir cette journée qui s'annonçait ? Jusqu'à demain, Hinata était condamnée à rester cloîtrée chez elle. Hanabi étant partie à l'académie, son père avec le reste du clan en mission, il ne restait plus qu'elle, Yuki et sa mère à la maison. Hier, Hiashi Hyuga avait refusé catégoriquement à Hinata d'aller à son rendez-vous avec Naruto, avait-il comprit à ce moment-là quelle était la nature de la relation entre sa fille et l'adolescent ? Mystère. Quoiqu'il en soit, Hinata eu un accès de révolte qui ne lui ressemblait pas, face à cette injustice. En réponse à cela, elle fut condamnée à rester à la maison non seulement pour le reste de la journée mais également le lendemain. Au moins elle avait pu prévenir Naruto grâce à Kiba.
Toc toc toc.
Le bruit venait de sa fenêtre. Hinata pensa d'abord que c'était un oiseau qui tapait de son bec mais lorsqu'elle se redressa pour voir, un sourire illumina ses lèvres, Naruto était là, derrière la vitre. Il sourit et lui fit coucou de la main. C'était comme si les soucis de la jeune fille s'envolaient, elle s'empressa d'ouvrir.
-Salut, comment vas-tu ? Demanda Naruto.
-Maintenant que tu es là, très bien. Mais fait attention, la propriété est surveillée jour et nuit par la garde du clan.
-Aha, t'en fait pas pour ça, je suis trop malin pour me faire pincer, se vanta Naruto.
-Ce sont pratiquement tous des membres de la bunke, ils possèdent donc le byakugan.
-Ah… ouais c'est un peu plus embêtant, mais bon je suis sûr qu'ils m'ont pas vu. Voilà, je passais te dire que j'ai une mission diplomatique demain, je pars pour Suna.
-Et moi j'ai également une mission demain, on devra parti tôt… peux-tu m'attendre dehors un petit instant ?
-Bien sûr, sourit-il en sortant de la propriété.
Quelques instants plus tard, Hinata le rejoignit, habillée. Jamais elle n'avait défié l'autorité de son père mais pour Naruto, elle était prête à le faire. Pour au moins cette journée, ils seront ensemble.
-Où allons-nous ?
-Si on commençait par les sources chaudes ? Demanda malicieusement Naruto.
Hinata sourit, hocha la tête et le suivit.
