Chapitre 9 : Jamais seul

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Les portraits des cinq Hokage sculptés dans la montagne étaient recouverts de graffitis et de motifs burlesques.

-Eh ben mon cochon, Naruto a fait encore plus fort qu'il y a trois ans, commenta Kiba.

-Ce n'est pas Naruto, il n'est pas là, fit remarquer Kurenai.

Les pieds posés sur le front de Tsunade, Homura s'amusait avec un pot de peinture et un pinceau à marquer en grosses lettres bien visible pour tout Konoha : « Truie aux gros nichons ».

-Intéressant…, commenta Shino.

Curieuse de savoir qui pouvait être aussi audacieux, Hinata utilisa son byakugan pour identifier le plaisantin, il s'agissait du petit frère de Sakura.

-Mais c'est Homura!

-Si je vous laissais faire le rapport de mission à Tsunade, vous pourrez vous en sortir? Demanda Kurenai.

-Heu… oui mais vous allez où sensei? Demanda Kiba.

-Je compte sur vous, répondit simplement Kurenai avant de disparaître.

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-Hahahaha! Et toi prend ça! Rit Homura en s'attaquant au visage de son oncle.

« Frimeur et voyou mal peigné » ornait le menton du Quatrième quelques instants plus tard en grosses lettres noires. Homura en était fier. C'est alors qu'une voix puissante lui parvint.

-Homura! Ça suffit comme ça! Tu vas tout nettoyer et en vitesse!

-Rêve et crève le balafré, répondit son jeune interlocuteur en tirant la langue.

-Il fait encore des siennes.

Iruka se tourna à sa gauche et constata que Kurenai venait de le rejoindre.

-Hélas, il devient incontrôlable.

-Waaaa! S'exclama Homura. La louve aux yeux de braise-sensei.

-La louve? Répéta-t-elle, étonnée.

-Oui, la louuuuuuuuve! Fit Homura, imitant le cri du loup.

-Et si tu descendais? Proposa-t-elle, amusée.

-J'ai encore quelques vérités à afficher et j'arrive.

Kurenai connaissait un peu ce garnement. Ses élèves étant devenus chunin, elle avait plus de temps libre. Elle enseignait de nouveau à l'académie de temps à autres, c'est là qu'elle l'a rencontré, il y a trois mois. Il était aux prises avec trois filles qui convoitaient sa place, à côté d'un garçon doué, discret et assez populaire avec la gente féminine : Hoshi Junko. Homura lui conseillait, sans remarquer l'arrivée du professeur, de faire croire qu'il était homosexuel. La première chose que ce petit homme lui avait demandé était « vous êtes fâchée avec votre brosse? ». À la fin du cours, elle le prit à part et lui raconta qu'à ses 14 ans, elle avait connu sa mère, Kanan. Elle lui avait dit que rêver était beau mais il était important de se mettre à marcher et même à courir pour réaliser ses rêves. Homura l'avait écouté, plus attentif qu'à son cours. Il ne fallait pas le juger trop vite, ce garçon cachait en lui une grande sensibilité et une personnalité sympathique. Il n'y avait qu'à voir son comportement avec Sakura.

-Dis-moi Iruka, pourquoi Tsunade te l'as confié?

-J'ai su endiguer Naruto, peut-être, mais Homura est… différent. C'est plus complexe.

-Naruto n'avait pas connu ses parents. Homura lui a connu sa mère et son nom est traîné dans la boue par de nombreux villageois, la colère et le mépris de ce garçon sont plus grands pour Konoha que Naruto.

Une fois que ce dernier finit de marquer « C'est ma bêtise qui m'a tué » au front du Troisième Hokage, il rejoignit Kurenai, tout sourire, les mains sur les hanches. Il semblait sûr de lui alors qu'il n'arrivait qu'au niveau du ventre de sa prof occasionnel.

-Yo Mal-coiffée-sensei!

-Yo chenapan.

-Maintenant que tu es descendu de ton perchoir, tu vas immédiatement…

-Et si tu me laissais faire, Iruka? Coupa poliment Kurenai.

Le sourire d'Homura se fit espiègle. Il exécuta un mudra et disparut dans un nuage de fumée blanche ponctué d'un Pouf. Lorsque la fumée se dissipa, les deux spectateurs découvrirent les courbes gracieuses et adorables d'une agréable et jolie jeune fille aux cheveux mi- longs argentés et aux yeux dépareillés, dans le plus simple appareil.

-Moo ne soyez pas duuuur, minauda-t-elle.

Ébahis, les narines d'Iruka devinrent en un instant deux chutes écarlates qui l'expédièrent à terre. Homura ne tarda pas à redevenir normal et éclata d'un rire sonore.

-Les hommes…, soupira Kurenai.

-B-bon… si tu y tiens tant que ça je te le confie, mais tu ne perds rien pour attendre sale gamin, tu nettoieras toutes tes saloperies!

-Cause toujours le balafré, la ligne de ton correspondant sublime et modeste est actuellement occupée.

Kurenai sourit et se pencha pour que son visage soit face à celui du garçon.

-Homura, as-tu faim?

-Ouiiiii! Répondit-il avec entrain.

-Alors je t'invite à manger chez moi.

-C'est vrai? Génial.

-Alors allons-y.

Iruka n'en croyait pas ses oreilles. Ce garnement avait bafoué tous les Hokage et il s'en tirait avec une invitation à dîner. Lui-même avait bien invité Naruto à manger une fois mais après qu'il ait réparé ses bêtises. Impuissant, il les regarda s'éloigner.

Une fois chez elle, Kurenai désigna une chaise en face de sa table.

-Installe-toi.

-Oui. C'est gentil chez vous.

-J'aime avoir un environnement calme, répondit tranquillement la jeune femme en cuisinant.

-Bon alors, c'est quoi l'anguille sous la roche? Demanda Homura sans détour.

-Parce que je devrais avoir des arrières pensés ?

-Ça dépend si vous êtes fan des Hokage ou pas.

-Ce ne sont que des sculptures.

-N'empêche, j'aimerai trop être là quand le vieille va voir ce que j'ai écrit.

-Par certains aspects, tu ressembles beaucoup à Naruto.

-Le blondinet en orange qui veut devenir Hokage ?

-Il a eu des jours difficiles, comme toi mais il a gardé espoir et a travaillé dur tous les jours.

-Alors forcément moi aussi je cache une blessure profonde, ironisa-t-il.

-Pourquoi ? Tu en as ?

-Non, il y a prescription pour ma mère.

-Eh bien tu es un courageux petit garçon.

-N'est-ce pas ? Affirma-t-il en bombant le torse, tout fier. Et vous vous êtes une louve intrépide.

-Une louve intrépide ? Répéta-t-elle, amusée. Ça me change de la colombe écarlate de mes collègues. Et pourquoi une louve ?

-Parce que vous hurlez à la lune à certaines heures en plein milieu de la nuit en faisant des galipettes avec une tierce personne que je ne nommerai pas, répondit-il avec un sourire malicieux.

Kurenai sursauta avant de rougir, elle ne s'attendait vraiment pas à ce coup là. Elle le savait espiègle mais pas voyeur. Elle continua de cuisiner malgré tout.

-À peine sortit de l'enfance, déjà si précoce sur les choses de la vie.

-Bah je vous ai pas attendu pour me renseigner. J'ai déjà espionné des femmes dans les sources chaudes.

-Je ne verrai plus jamais les sources du même œil à présent, sourit-elle. Mais après tout ce que tu fais n'appartient qu'à toi, évite juste de te faire prendre. Il est des femmes qui peuvent devenir si violentes que d'un coup, leur voyeur est réduit en miette.

-Ah bon ?

-Tu ne connais pas cette histoire où Jiraya-sama a échappé de justesse à la mort ? Il eut de graves dégâts internes juste parce qu'il avait regardé Tsunade-sama aux sources.

-Jiraya… le grand dadais avec l'abondante chevelure blanche et un gros nez ? Bien fait. Je l'ai vu très rapidement quand le blondinet est revenu au village. Ben ça m'étonne pas de la vieille d'être aussi susceptible, ria-t-il. De toute façon, les filles que j'ai vues n'arrivent pas à la cheville de maman, elle était beaucoup plus belle.

-Les mamans sont toujours les plus belles aux yeux de leurs enfants. Mais je dois avouer qu'elle était magnifique en effet.

-Elle n'a pas d'égal, à part vous peut-être, sourit-il malicieusement.

Kurenai sortit de la cuisine et servit le repas. Homura était impatient, son estomac lui faisait savoir qu'il avait faim et l'odeur était alléchante. Une fois Kurenai installée il se jeta avec gourmandise sur la nourriture. Il jetait parfois des coups d'œil à la jeune femme qui se contentait de lui sourire en mangeant tranquillement. Ça n'avait l'air de rien mais ce sourire paisible réchauffait son petit cœur et ce festin était pour lui une preuve d'affection. Il ronronna lorsque Kurenai caressa ses cheveux. Il se leva, marcha sur le mur puis sur le plafond et toisa la jeune femme de haut.

-Vous avez rétrécit, dit-il malicieusement.

-Apparemment, sourit-elle, amusée.

Homura redescendit et se réinstalla, songeur.

-Vous êtes au-dessus du lot de tous ces débiles qui me regardant avec des yeux dégoutés, comme si j'avais la peste.

-Les gens jugent si facilement, j'ai apprise à voir autrement de ce que les yeux disent.

-Ben vous êtes sympa et je vous aime beaucoup.

-J'en suis honorée, sourit Kurenai. Si tu veux rester dormir, tu peux. Le soleil commence à se coucher.

-Yuhi! Fit malicieusement Homura. (Yuhi se traduit par coucher de soleil en japonais, c'est également le nom de famille de Kurenai). Je ne veux pas rentrer à la maison, personne ne m'y attend, ajouta-t-il d'un ton plus grave. Quand je dors chez Sakura, elle me laisse dormir avec elle.

-Tu veux dormir avec moi?

-Ouiii.

-D'accord, mais avant tu vas prendre un bain, tu es barbouillé de peinture.

Homura était heureux mais en même temps méfiant. Jusqu'à présent, seule Sakura avait été à ce point proche de lui. Il se lava en réfléchissant à ce qui pouvait bien se trouver dans la tête de sa sensei. Elle était trop gentille pour être honnête, il y avait forcément un truc. Certes elle avait connu sa maman quand elle était adolescente mais Yoko, qui l'avait pourtant connu plus longtemps, s'intéressait moins à Homura que Kurenai. Ils n'étaient pas si liés que ça.

Homura ressortit avec un T-shirt noir ample que Kurenai lui avait laissé. A son cou, pendant à une ficelle blanche, une mèche de cheveux blanc argenté. La jeune femme venait de laver la vaisselle et arrosait les fleurs sur le balcon. La fenêtre ouverte laissait entrer une douce brise qui chatouilla les narines du garçon.

-Dites, pourquoi vous faites ça pour moi?

Kurenai se retourna et lui répondit simplement :

-Je n'ai pas de raisons et je n'en ai pas besoin.

Homura soupira fort en levant les yeux au ciel.

-Pourquoi étais-je sûr que vous alliez dire ça?

-Peut-être parce que tu le sentais, sourit Kurenai.

-Ouais, en fait je suis extralucide mais je suis trop malin pour m'en vanter, assura Homura en bombant le torse.

-Ça s'appelle l'humilité, petit homme.

Tandis qu'elle lui répondait, elle rentra dans sa chambre suivit par Homura. Ce dernier s'assit sur le lit lorsque Kurenai disparut derrière le paravent pour se changer. Lorsqu'elle réapparut, elle était vêtue d'une nuisette noire.

-Ouais, je vous préfère comme ça que sans rien, sourit Homura.

-Ravie que ça te plaises.

À peine Kurenai était allongée que le garçon se blottit contre son ventre, un sourire bienheureux aux lèvres. Ça lui était venu naturellement. Il se sentait bien avec cette jeune femme et même si physiquement elle ne ressemblait absolument pas à sa mère, la douceur de son corps, cette tendre chaleur, cette affection particulière, tout ça faisait raviver à Homura des souvenirs de moments heureux avec elle. Kurenai l'enlaçait et caressait ses cheveux, il ferma les yeux et se laissa aller vers un doux sommeil.

-Maman, murmura-t-il en s'endormant.

Ce fut la première fois qu'Homura l'appelait ainsi. Elle le couvrit tendrement et veilla sur son sommeil comme une mère pour son enfant. En Kurenai aussi venait de naître cet amour insensé qui les liait à présent, l'amour d'une mère pour son fils qui durera toute sa vie.

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Gaï n'était plus qu'une traînée de poussière s'éloignant à grande vitesse suivit de près par une autre qui gagnait peu à peu du terrain. Encore un défi loufoque des deux Gros-sourcils de Konoha. Les quatre adolescents qu'étaient Naruto, Sakura, Neji et Tenten ne pouvaient que suivre à un rythme largement inférieur.

-Eux et leur amour du défi, soupira Tenten.

-Oui, de vrais phénomènes, confirma Sakura.

-Naruto?

L'adolescent se tourna à sa gauche pour regarder Neji, se demandant ce qu'il lui voulait.

-Puis-je te parler un instant?

-Oui bien sûr.

Les deux ninjas s'arrêtèrent tandis que leurs compagnes continuaient à marcher en direction de Konoha, Neji croisa les bras.

-Cesse de fréquenter Hinata, lança-t-il sans détour.

-Hein?

-Tu as bien comprit. Hinata a annoncé à son père que vous flirtiez, il faut cesser cette relation immédiatement.

Naruto fronça les sourcils, il n'aimait pas la tournure que prenait la discussion. Rompre avec Hinata? Et puis quoi encore?

-Et si je dis non? Provoqua-t-il.

-Ne te méprend pas, cela ne me regarde que par ma position dans la famille de la branche parallèle qui protège la soke. Je ne fais que te mettre en garde.

-Merci, mais t'en fait pas pour moi, après avoir latté « Itachi » et ce guignol de l'Akatsuki avec ses explosifs et ses bouches dans les mains, je peux tout affronter! Si Hinata l'a dit à son père, c'est qu'elle ne voulait pas lui cacher et qu'il le veuille ou non, je continuerai à aimer Hinata, il me fait pas peur.

-Tu n'as pas le profil pour être avec quelqu'un de son rang. D'ailleurs, jusqu'où va cette relation?

-Je l'aime, se contenta de dire Naruto.

-Mais est-ce passager ou cela durera-t-il?

-Je l'aimerai toute ma vie! Mais tu peux pas comprendre.

-Non en effet, je ne peux pas comprendre ton optimisme, mais peut-être son père se fichera-t-il d'elle et de ce qui lui arrivera. Il la reniera comme avant, lorsqu'elle était considérée comme la ratée du clan Hyuga.

Naruto empoigna vivement le col de Neji et le fixa longuement.

-Fais gaffe à ce que tu dis.

Contre toute attente, Neji sourit légèrement, lui fit lâcher sa tunique blanche et reprit la marche. Naruto resta un moment silencieux avant de tenter de rattraper les autres.

-Hey attendez-moi, bande de ringards!

Encore une journée qui ne voulait pas finir. Izumo et Kotetsu s'ennuyaient ferme dans leur poste juste après la grande porte d'entrée de Konoha. Au point où ils en étaient, n'importe quel évènement insolite leur mettrait du baume au cœur. Un cochon déambulant dans les rues, des gamins lançant des shuriken sur la palissade pour s'amuser, un pet de mouche, un nuage de poussière venant du lointain et se rapprochant d'eux à vive allure… ce qui était bel et bien en train de se produire! Les deux ninja se levèrent et se mirent devant la porte grande ouverte, attendant de pied ferme cet étrange phénomène.

-GYAAAAAAAAAAA!

En un instant, une véritable flèche humaine colorée de vert bondit et atterrit vivement devant eux, créant un voile de poussière qui les firent tousser. Lorsque le nuage se dissipa, ils pouvaient voit Gaï Maito fièrement arc-bouté chargé de sacs et dans son dos, d'un corps.

-PREEEEEEMIER!

Un instant plus tard, une autre flèche verte surgit et Lee fit son apparition.

-Et je suis deuxième! Clama-t-il fièrement.

-Mon cher Lee, loin de moi l'idée de briser ta superbe confiance, qui par ailleurs est l'illustration magnifique de ce que devrait être l'affolant printemps de la jeunesse, mais tu as tort. Tu n'es que le troisième! S'anima Gaï en levant le pouce.

Schting! (bruit significatif d'une dent qui brille)

-Comment ça Gaï-sensei? Seriez-vous en train de dire que quelqu'un m'aurait doublé avant que je ne puisse franchir la ligne d'arrivée? S'excita Lee. Mais alors il doit être invisible, car je ne l'ai pas vu! Et je ne le vois toujours pas.

-Héhé, évidement que tu ne le vois pas, Lee. Tu es tourné dans le mauvais sens! Clama Gaï en se retournant pour découvrir Kakashi inanimé accroché à son dos, l'œil ouvert, blanc et vitreux, la tête partant misérablement vers l'arrière. Kakashi ici présent est techniquement arrivé le deuxième!

-Mais oui, bien sûr, c'est pourtant si évident Gaï-sensei! Mais comment n'ai-je pas pu m'en apercevoir? Honte sur moi!

-Mais ne sois pas dur envers toi-même Lee, consola énergiquement le jonin en posant sa main sur son épaule. Être troisième juste derrière tes aînés est tout à ton honneur, cela prouve que l'entraînement de toute une vie surclasse l'invincibilité folle de la jeunesse alors Lee, tu vas devoir t'entraîner comme jamais! Et pour commencer, tu vas me faire trois fois le tour de Konoha à cloche-pied!

-Oui Gaï-sensei!

-Et lorsque tu auras finit, je te donnerai la récompense que j'avais prévue pour le troisième arrivant dans cette course effrénée et complètement périlleuse.

-Merci Gaï-sensei, mais cette récompense... Noooon! Vous voulez dire que c'est…

-Oui exactement! Ce qui te fait tant défaut! Ce qu'il te manque pour être un véritable ninja! Affirma-t-il en levant le pouce avec un clin d'œil et un sourire assuré. Un tube de dentifrice!

Schting!

Vu l'expression enthousiasmée de Lee, on aurait pu croire que Noël arrivait avant l'heure. Les quatre derniers arrivèrent sans faire autant de spectacle.

-À la bonne heure, nous sommes au complet! Clama Gaï. Voilà ce que nous allons faire, pendant que Lee accomplira son défi du jour, je me charge de transporter Kakashi à l'hôpital en compagnie de la jeune rose et de notre fort sympathique blondinet.

-J'ai un nom, fit remarquer Sakura.

-Neji et Tenten, vous irez au bureau de notre Hokage bien aimé et vous commencerez le rapport de mission, je vous rejoins le plus vite possible… quoique à la limite, Lee peut se joindre à vous, il aura tout le temps de réaliser son défi ce soir.

-Ne t'introduit pas chez les Hyuga, murmura Neji en passant près de Naruto.

-… et pourquoi? Tu me botteras les fesses si je le faisais?

-Fais ce que tu veux, je t'aurai prévenu.

-Ben voyons, sourit Naruto avant d'éclater de rire.

-Eh bien au revoir Sakura-chan, j'espère que nous nous reverrons assez vite.

Sur ces paroles, Lee baisa sa propre main et souffla vers Sakura en faisant un clin d'œil. C'est alors que des bulles roses en forme de cœur se mirent à voler vers elle. Prise au dépourvu, elle en esquiva quelques-unes de justesse mais d'autres arrivaient…

C'est alors que Tenten s'interposa et, sans état d'âme, creva les dernières bulles du doigt.

-À la prochaine alors, sourit-elle en traînant Lee derrière elle, lui tirant l'oreille.

Sakura regarda le trio s'éloigner en soupirant.

-Je te jure…

À l'hôpital, Gaï frappa vigoureusement à la porte du bureau de Yoko.

-Yoko-chan! Yoookoooo-chaaan!

Cette dernière ne tarda pas à ouvrir.

-Pas la peine de crier, Gaï.

-C'est pour une urgence. Bon, pas si urgente que ça, je pourrai encore faire mille fois le tour de Konoha les yeux fermés en le portant dans mon dos d'une main avant d'éprouver des premiers signes de fatigue, mais me souciant de savoir que tu te rongerai tôt ou tard les sangs en ne nous voyant pas revenir, je pressa le pas séance tenante pour revenir plus vite et ainsi te combler de bonheur.

Schting!

-C'est donc pour ça qu'il voulait qu'on fasse la course? Chuchota Naruto à Sakura.

-Salut, fit faiblement Kakashi en levant la main, se forçant à sourire malgré son état, c'était du moins l'expression que prenait son œil car il portait toujours son masque.

-Mais je dois avouer que ce n'était pas l'unique raison. Je voulais aussi satisfaire la peine de mon cœur qui brûlait d'envie d'être à nouveau près de toi, ah Yoko, chère Yoko! Konoha est un appétissant et magnifique gâteau et toi tu en es la forte agréable et superbement appétissante ce…

-Allonge-le ici, dit Yoko, ouvrant la porte d'une chambre et en désignant un lit.

Coupé net dans son élan poétique, Gaï ne put que s'exécuter. Kakashi soupira, enfin allongé dans un lit confortable et non plus balloté dans tous les sens comme un sac à patates. Cependant il n'était pas dupe, ça n'allait pas durer.

-Kakashi… dans quel état tu t'es encore mit? Demanda Yoko.

-J'ai vidé ma réserve de chakra sur un membre de l'Akatsuki.

-Je vois… soupira-t-elle en l'examinant avec son stéthoscope.

-Mais heureusement, tu es là, positiva Kakashi.

-Comme toujours.

-Reprend des forces Kakashi, je te laisse.

Sur ces mots, Gaï sortit de la chambre, laissant Naruto et Sakura.

-Bon, je vais m'occuper de toi et repos absolu, sinon je prendrai des mesures à la hauteur de ta bêtise, prévint Yoko, l'œil brillant d'un éclat forcené, une seringue à la main.

Kakashi la connaissait bien, il ne savait pas quelle punition elle lui infligerait, mais elle le fera sans hésiter. Il ne put alors que répondre d'une petite voix :

-Promis.

Sakura s'approcha, mine de rien mais guettant le moment où Yoko se déciderait à donner à Kakashi à boire ou des médicaments, ce qui la forcerait à lui retirer son masque. La jeune femme la remarqua.

-Tu veux quelque chose peut-être?

-Heu… rougit Sakura. Le voyage fut long et peut être devrait-il se réhydrater?

-Je sais ce que j'ai à faire.

Sans plus attendre, Yoko tira les rideaux entourant le lit et disparut de la vue des deux adolescents. Sakura écarquilla les yeux.

-Hey!

Elle se tourna vers Naruto avec un regard voulant signifier fais quelque chose!

-Alors là, comptes pas sur moi, pas avec Yoko-sensei… sua-t-il.

Et il avait ses raisons, plus d'une fois elle lui avait piqué les fesses de sa seringue énorme pour qu'il cesse de s'agiter quand il était plus jeune, le maintenant au lit avec une force démoniaque, souvenir traumatisant d'une des rares personnes qui avait su le mettre au pas.

-C'était pas toi qui voulait voir le visage de Kakashi-sensei?

-Bien sûr mais on trouvera bien une occasion de se glisser en douce dans sa chambre, fit remarquer Naruto avec un sourire roublard.

-Dans ces moments-là j'aimerai avoir un byakugan…

Naruto ne répondit rien. Sakura se tourna vers lui et comprit vite qu'il pensait à Hinata et qu'elle lui manquait. Elle savait qu'être loin de sa moitié, que ce soit pendant une semaine ou deux ans et demie, faisait mal. Elle posa doucement une main sur son épaule.

-Ne t'en fait pas, toi au moins tu sais où elle est.

-Oui c'est vrai, répondit Naruto, son sourire ranima ses lèvres.

-Tu as beaucoup de chance, je t'envie maintenant.

-Pourquoi?

-Parce que… tu sais à quoi t'attendre, tu sais que quoiqu'il arrive, tu ne cesseras jamais de lui plaire.

Elle souriait, mais son sourire était triste, douloureux, il ranima des souvenirs en Naruto, des souvenirs désagréables de son pitoyable échec. Évidemment, elle était encore triste pour Chiyo-baachan mais elle pensait surtout à Sasuke, lui aussi il y pensait. Si Sasori n'avait pas mentit, Oroshimaru était peut-être à portée de main désormais, leur ex-équipier aussi forcément. Avec timidité, maladresse, il l'enlaça.

-On le ramènera. Tu te souviens? J'ai promis et Naruto Uzumaki tient toujours ses promesses!

-Oui, mais cette fois on sera tous les deux. Mais lui, voudra-t-il revenir? Ça me fait peur… et si il m'avait oublié?

-Ben… même si c'est le cas, quand il te verra il se rappellera de tout.

-Oui tu as sûrement raison.

-On y arrivera! Aie confiance.

-J'ai confiance.

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Hanabi venait à peine de rentrer à la maison. Elle gagna sa chambre et prit un de ses livres pour réviser… avant de réaliser que les examens étaient déjà finit. Elle n'avait à présent plus rien à faire à part attendre les résultats. Elle espérait que ça ne sera pas trop long. Elle qui aimait le calme et se méfiait de l'impatience était tout à coup assez pressé. Elle songea alors que n'importe qui éprouverait les mêmes émotions, après tout elle était sûre d'avoir réussi. Dans quelques jours, elle sera officiellement reconnue comme un genin de Konoha, elle ne pouvait avoir échoué, c'était une des héritières du clan Hyuga. À cette pensée, elle calma cette agitation de pure joie naissante. Même si elle n'avait que onze ans, elle portait nombre d'espoirs de son clan sur ses petites épaules. Elle ne pouvait se permettre de s'égarer, pas un instant. Elle enleva sa veste et se dirigea vers le dojo pour s'entraîner quand elle entendit de nombreux bruits de pas se précipitant à l'extérieur. Intriguée par cette soudaine agitation, elle se dirigea à son tour vers la porte d'entrée.

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-Hinata!

La jeune fille se retourna, elle allait rentrer chez elle quand elle entendit cette voix familière, elle sourit en voyant ce jeune homme qui accourait vers elle.

-Naruto.

À peine arrivé à sa hauteur, Naruto souleva Hinata par la taille et la fit tourner dans les airs, heureux. Elle riait et lorsqu'il la posa à terre, elle l'enlaça.

-Tu m'as manqué Hinata, dit-il en la serrant à son tour.

-J'ai dit à mes parents pour nous.

-Je sais. Neji m'a mis en garde, il voulait que j'arrête de te fréquenter.

Hinata secoua lentement la tête.

-J'ai clairement dit à père que sa volonté n'y changera rien, je t'aime Naruto.

-Moi aussi.

Tout à leur joie d'être de nouveaux ensembles, ils fermèrent les yeux et leur visage se rapprochait l'un de l'autre pour un doux baiser lorsqu'une main ferme les séparèrent violement.

-Assez!

Hinata eut un hoquet se surprise et pas seulement à cause de cette séparation brutale, elle reconnaîtrait cette voix entre mille.

-Père! S'exclama-t-elle.

C'était bien lui. Hiashi Hyuga. Grand et imposant, ses longs cheveux noirs étaient rejetés en arrière, dégageant son visage sévère par les rides sur son front, qui était d'autant plus redoutable par ses yeux blancs plissés de colère.

-Comment oses-tu me déshonorer de la sorte? S'écria-t-il d'un ton implacable.

-Hey! Intervint Naruto. Je vous interdis de lui parler comme ça!

Sans prévenir, Hiashi porta un redoutable coup au thorax de Naruto qui lui coupa le souffle et le projet a plusieurs mètres plus loin en roulant par terre.

-Je ne te permets pas de me parler, misérable!

-Non! S'exclama Hinata.

Elle tenta de rejoindre Naruto mais son père attrapa son poignet et la maintenu fermement près de lui.

-Je t'interdis d'aller vers lui, rentre immédiatement!

-Non père, vous n'avez pas le droit de me l'interdire! Répliqua-t-elle en se débattant pour le faire lâcher.

-Oh que si ! J'ai tous droits sur toi !

Le chef du clan Hyuga plaqua violement sa fille contre le mur de la maison et la gifla sans hésitation.

-Tu me fais honte, insolente. Maintenant rentre sans discuter.

Hinata se calma subitement, sous le choc de la gifle. Elle posa une main tremblante sur sa joue brûlante. Cette douleur l'intimidait, elle se sentait dépossédée de ses forces. Elle se sentait fragile, fébrile…

C'est pareil, pareil qu'il y a des années… je n'ai pas mon mot à dire, je ne peux que le regarder de loin, tout le monde m'empêchera d'être prêt de lui.

Il y a huit ans, Hinata était en compagnie d'En Hyuga, le jeune cousin de son père. Il la suivait partout et veillait tout le temps sur elle. Ce jour-là, ils étaient devant l'académie des ninjas où elle allait bientôt entrer. Un bruit retint son attention, elle se retourna et vit pour la toute première fois Naruto, sur la balançoire pendue à la branche d'un arbre. Il avait l'air triste, triste et si seul. Le voyant à son tour, En pressa Hinata de rentrer en lui conjurant de ne jamais s'approcher de ce garçon, la petite fille ne comprenait pas pourquoi. Quelques jours plus tard, lors d'un duel, Hinata se fit battre par sa petite sœur sous les yeux de son père qui se leva et quitta le dojo sans rien dire. Honteuse, sachant à quel point elle l'avait déçu, Hinata prit ses jambes à son cou et s'enfuit de la maison. Elle percuta un groupe de trois garçons plus grands qu'elle qui la conduisirent près de la balançoire pour l'humilier, c'est alors que Naruto intervint et se mit à se battre contre les trois garçons pour la protéger. Hinata ne pouvait que regarder le garçon se faire battre par les trois autres, impuissante. Les trois garçons s'enfuirent en courant en voyant En arriver, celui-ci saisit le poignet d'Hinata et l'entraîna fermement avec lui alors que Naruto était étendu, couvert de bleus…

-… pourquoi ? Pourquoi le voyez-vous tous si mal ? Ne pouvez-vous pas essayer de vous mettre à sa place ? Il n'a pas demandé à être le réceptacle d'un monstre ! Je l'aime, je l'aime pour qui il est et Kyubi ne me fait pas peur, alors arrêtez de m'éloigner de lui!

-Silence ! Tu feras ce que je te dis, répliqua sèchement son père en l'agrippant par le cou. Comment peux-tu être aussi égoïste ?

L'émanation d'un chakra écarlate fit vibrer le sol et souffler le vent en bourrasque autour de Naruto. Celui-ci se releva, en colère. Une rage folle bouillonnait en lui. Il ne sera plus seul, plus jamais! Ses dents se transformaient en canines, ses yeux rougissaient, ses pupilles se dilataient et deux queues transparentes étaient visibles dans son dos. Il poussa un cri et se rua sur Hiashi à une vitesse folle, labourant le sol sur son passage, il saisit son kimono blanc, le fit lâcher Hinata et le plaqua violement contre le mur. Sous le choc, un cratère se forma derrière Hiashi. Naruto banda son autre poing, prêt à donner un coup d'une puissance colossale au père de sa petite amie.

-Ne touchez pas à Hinata !

Sous le choc du plaquage, Hiashi avait serré les dents. Il n'avait pu réagir prit par surprise, mais à présent son byakugan s'activa et repoussa Naruto d'un coup de paume en plein cœur.

-Espèce de monstre ! S'écria-t-il en frappant.

Naruto fut repoussé, le souffle coupé par le coup qui atteignit directement son cœur mais la robe de Kyubi qui l'enveloppait avait limité les dégâts. C'est alors que les ninja du clan se précipitèrent hors de la maison et firent barrage devant lui pour protéger le chef de famille. Le rictus de Naruto devint plus sauvage, sa colère augmentait sous les yeux d'Hinata. Cette dernière se précipita entre eux et écarta les bras.

-NON ! Arrêtez ! Ne lui faites pas de mal, il veut juste me protéger !

Elle se retourna et enlaça Naruto de toutes ses forces pour l'apaiser.

-Calme-toi Naruto, je t'en supplie.

En la sentant contre lui, la colère de Naruto cessa d'augmenter mais ses queues étaient toujours là, preuve qu'il était toujours tendu.

-Il n'est pas question de te laisser avec ce monstre, clama Hiashi.

-C'est vous l'égoïste, père ! pleurait-elle. Comment pouvez-vous me demander de choisir entre ma famille et l'homme que j'ai toujours aimé ? C'est cruel !

-Tu as des responsabilités en tant, Hinata ! Décidément, tu auras tout fait pour me couvrir de honte. Séparez-la de lui !

Les membres du clan s'élancèrent mais Naruto saisit Hinata et bondit en arrière pour être hors de portée. Il grognait, prêt à se battre sauvagement pour la garder auprès de lui. Ils hésitèrent, les souvenirs traumatisants de ce que fut Kyubi il y a seize ans refirent surface.

-Naruto, pose-moi. Ne t'en fait pas, tout se passera bien, assura-t-elle en le sentant resserrer son étreinte.

Hinata lui prit la main et se tourna vers son père.

-Si c'est là votre bonheur de me voir heureuse père, en traitant mon amour comme un ennemi de Konoha, alors... oui... il y a des choses sur lesquelles je devrai en effet prendre mes distances.

-Cesse ton insolence !

-Naruto est un adolescent comme moi, il n'est pas Kyubi parce que Naruto est et sera toujours Naruto ! Comment pouvez-vous ne pas le voir ?

-ASSEZ ! Tu es ma fille ! Tu es au-dessus de cela. Et en tant qu'héritière du clan tu devras un jour prendre ma place, tu ne peux l'aimer.

-Vous ne me laissez plus le choix père… je demande mon émancipation.

Naruto se tourna vivement vers elle, surprit. Des larmes coulaient de ses joues mais son visage était ferme, elle était sérieuse.

-Si tu fais cela, je te renie! Réfléchit bien! Tu seras exclu du clan, tu perdras ton nom sans possibilité de le retrouver ! Tu ne seras plus ma fille mais une étrangère, tu ne verras plus jamais personne de notre famille.

-Mais pourquoi ? Je voulais juste… être heureuse avec ma famille ET Naruto. Pourquoi ne pouvez-vous pas l'accepter tel qu'il est ? Puisque c'est ainsi, alors c'est un adieu…

Hinata tournait les talons et se dirigeait vers le bureau de l'Hokage, elle fut retenue au poignet par Naruto. Ce dernier regardait tristement le sol.

-Ne fais pas ça Hinata… ne tourne pas le dos à ta famille, il n'y a rien de plus douloureux que de plus en avoir, je veux pas t'infliger ça…

-Mais c'est avec toi que je veux vivre… on aura notre propre famille.

-Ta sœur a besoin de toi.

En la voyant clamer qu'elle s'émanciperait, Naruto s'était tourné vers le clan Hyuga et l'avait aperçu, cette petite silhouette tremblante comme une feuille, ses yeux blancs versaient des larmes incontrôlables qui portait le nom d'Hanabi. L'adolescent ne pouvait pas priver cette fille de sa grande sœur, il serait un monstre. Hinata se tourna à son tour vers sa cadette et son cœur n'en fut que plus chamboulé qu'il ne l'était déjà.

-Et ta maman serait déchirée… je veux pas qu'à cause de moi, tant de gens souffrent. Moi aussi je veux vivre avec toi mais ta sœur a plus besoin de toi pour le moment. Être seul face à l'adversité, c'est très dur…

-… je ne veux pas te sacrifier ou sacrifier ma famille… je ne sais plus quoi faire.

-J'attendrai et si ça prend du temps, je trouverai bien une solution, impossible n'est pas dans mon vocabulaire tu le sais.

-Je t'aime, dit-elle en se blottissant contre lui.

-Moi aussi, tu verras, je deviendrai Hokage et ton père sera obligé de te laisser m'aimer.

-Oui, et si tu tardes, une fois majeurs, nous ferons ce qu'il nous plaira, ça me paraît long mais c'est encore mieux que d'attendre toute la vie.

-Oui, allez va.

À contrecœur il la lâcha et à contrecœur, elle retourna auprès de sa famille. « Pour l'instant » devint à leur sens une éternité insupportable, tous deux étaient déchirés. Les queues de Naruto disparurent et ses crocs avaient régressés. Hinata arriva prêt d'Hanabi et la serra fort contre elle, sa petite sœur s'agrippa de peur qu'elle ne reparte. Jamais l'aspirante ne s'était sentie aussi faible qu'en cet instant, elle n'avait rien pu faire sinon espérer que sa sœur lui reviendrait. Son cœur meurtrit chercha alors un responsable, elle en trouva rapidement un…

Naruto sortit du village, le regard vide. Une fois au beau milieu de la forêt, il s'allongea à même le sol.

-Yo, blondin ! Fit une voix enjouée non loin de lui.

Naruto ne réagit même pas. Il n'avait même pas vu qu'Homura l'avait suivi jusqu'ici.

-Comment va monsieur le sixième Hokage ?

-…...

-… haut les cœurs ! La vie continue ! Clama le garçon en s'allongeant à côté de lui. Dis-toi que ce n'est que partie remise, tu la retrouveras ta petite amie, tu lui a promis, non ? En tout cas, son père me flanque les foies ! Pour un petit bisou il est devenu complètement givré.

-Je me sens vide.

-Ouais, mais ce vide sera comblé quand vous vous retrouverez.

-Oui…

En vérité, Naruto écoutait à peine ce petit garçon sortit de nulle part qui, comme lui, était orphelin. Il se sentait si las, si fatigué. Tout ce qu'il voulait, c'était dormir. Il ferma les yeux et se laissa aller au sommeil.

-'fin c'est ce que je dis, j'y connais pas grand-chose à ces trucs d'adultes. Mais tu sais quand même pas la chance que tu as. Elle vit encore et même si vous êtes séparés, c'est que partie remise, nan ? Si tu crois même pas en ce que tu as promit, c'est que t'es un gros naze.

Sans rien ajouter, Homura posa sa tête sur le torse de Naruto et ferma les yeux à son tour. Sakura était si préoccupée qu'elle n'était même pas venu lui demander si ses examens s'étaient bien passés…

ooooooooooo

Trois jours plus tard, Tsunade convoqua Naruto dans son bureau. Elle avait intentionnellement laissé passer quelques jours, le temps d'apaiser les esprits. Elle s'aperçut bien vite que Naruto n'était toujours pas calmé.

-Calmer le jeu avec son père ? Pffff ! J'ai envie de lui casser la figure.

-Quelle idée aussi de te ruer sur lui, tu es incorrigible, répondit calmement Tsunade.

-Hey ! Il avait frappé Hinata !

-Mais c'est son père.

-Ça ne lui donnait pas le droit de la maltraiter comme ça !

-Je sais mais je ne peux intervenir sur la façon dont un parent élève son enfant. En revanche, je me dois d'intervenir sur votre combat de rue. J'ai besoin de ton témoignage, puis ensuite je demanderai celui d'Hiashi Hyuga, celui d'Hinata et les autres membres qui étaient dans la rue, qu'ils soient acteurs ou spectateurs. Ton témoignage se fera en présence de Lightning Haruno, de la police de Konoha.

-Je vais essayer d'être le plus objectif possible…

-Et moi d'arranger les choses. Néanmoins, je suis un peu triste.

-Pourquoi?

-Tu ne m'as absolument rien dit sur ta petite amie, il a fallu que cet incident ait lieu pour que je sois au courant! Se plaignit Tsunade avec une drôle de moue.

-Ben… enfin… c'est que… bredouilla Naruto.

-Je me sens si délaissée !

-Mais non ! S'affola Naruto. Ne soyez pas triste !

Tsunade redressa la tête avec un grand sourire malicieux.

-Tu marches toujours à la baguette, toi.

Naruto resta sans voix. Elle l'avait roulé dans la farine. Ça ne lui rendait pas le sourire mais en se rendant compte qu'elle s'était jouée de lui, il ne put que se détendre, c'était sûrement le but recherché. C'est à ce moment que Shizune frappa à la porte.

-Oui ? Demanda Tsunade.

-Hiashi Hyuga désires te voir, répondit Shizune, tendue, n'ignorant pas ce qu'il s'était passé entre lui et Naruto.

-J'aurai préféré éviter la confrontation… mais bon reste tranquille Naruto. Qu'il entre.

ooooooooooooooo

Naruto était resté stoïque et silencieux, mais son envie de violence à l'égard d'Hiashi s'était ravivée. Le chef du clan Hyuga avait exigé l'exclusion de Naruto du village de Konoha avec pour seul motif que l'adolescent était un fléau pour Hinata. Tsunade refusa catégoriquement et, restant le plus neutre possible, l'invita à voir en Naruto non un Jinchuriki mais un adolescent, un être humain. Car Hiashi n'avait pas été tendre, il avait traité Naruto de fléau, de moins que rien, de réceptacle de démon renard et même qu'il ne méritait pas son regard. Il finit par dire que Naruto n'était pas digne du rang social d'Hinata et sortit.

Quelques heures plus tard, Naruto souffla un bon coup assit sur un banc. Une fois de plus il regrettait l'absence de Jiraya. Iruka était trop occupé et Sakura était tout simplement introuvable. Il prit cependant son mal en patience, mais il s'ennuyait ferme. C'est alors qu'il entendit des bruits de pas hésitants marchant dans sa direction. Il leva les yeux et poussa une exclamation de surprise avant de se lever et rattraper la jeune fille qui titubait vers lui.

-Hinata! T'es toute blanche!

En effet la jeune fille semblait avoir connu des jours meilleurs, pâle et à bout de forces, c'était inquiétant et pourtant elle enlaçait Naruto.

-Qu'est-ce qu'il t'a fait? Demanda-t-il sans détours.

-R…rien… mais j'étais si triste… je ne mangeais plus rien, c'est ma faute.

Naruto se sentait responsable de son état et ça le rendait mal à l'aise. Il souleva Hinata comme une princesse et se pressa de l'emmener chez lui.

-Hinata, la vie continue même si c'est dur… tu t'es enfuie ?

-Non, mon père est venu me voir et m'a dit que… désormais je ne faisais plus partie de la soke, je suis maintenant membre de la bunke.

-C'est pas juste, t'as travaillé si dur pendant des années pour qu'il soit fier de toi et il te jette comme une vieille chaussette ! Ça me révolte !

-Ne lui en veut pas, c'était la meilleure alternative qu'il ait pu trouver, par rapport au clan, à la famille et à mon amour pour toi. Je suis toujours une Hyuga, je suis toujours sa fille mais je n'ai plus l'importance que j'avais en tant qu'héritière, cela ne me gênes absolument pas. Mon seul regret, c'est que père va sûrement nommer Hanabi à ma place, alors je m'inquiète pour elle. C'est beaucoup de responsabilité pour ses frêles épaules.

-Ouais… Hinata… tu sais le symbole que Neji a au front… il t'a fait la même chose ? Demanda Naruto, craignant la réponse.

-Les choses ont changées depuis ces trois dernières années dans notre clan. Il ne m'a pas apposé le sceau de l'oiseau en cage.

-Ouf ! Tant mieux ! Et pour ta sœur, fais-lui confiance, je suis sûre qu'elle te décevra pas, elle saura te remplacer !

-Oui. Maintenant nous pouvons nous voir quand nous le voulons tous les deux, je n'espérais pas mieux.

-Moi aussi. Je suis rentré! Dit-il en entrant.

-Pourquoi dis-tu toujours ça alors qu'il n'y a personne?

-Oh mais si il y a quelqu'un, affirma l'adolescent avec un grand sourire.

-Et qui?

-Mon ange-gardien. Attend je vais te montrer.

Il déposa sa petite amie délicatement dans son lit, partit vers la cuisine et revint, au plus grand étonnement d'Hinata, avec une casserole dans la main. À première vue elle n'avait rien de particulier, elle était tout à fait banale, pourtant Naruto la présenta fièrement à la jeune fille comme si il s'agissait d'un objet unique au monde et très précieux. En se penchant pour voir à l'intérieur, Hinata remarqua une inscription.

Quelque soient les difficultés que tu rencontreras dans ta vie, souries et aime, les autres t'aimeront.

Ces mots étaient si simples mais si vrais, emplis d'espoir et d'optimisme. Comme pour répondre aux questions qu'elle se posait intérieurement, Naruto dit :

-Je n'ai jamais su qui c'était, mais la première fois qu'il a frappé à ma porte il y a huit ans, j'ai ouvert et il n'y avait personne, juste un panier contenant cette casserole remplie à ras-bord de délicieux ramens. Quand j'ai fini de manger, j'ai vu le message et je me suis demandé comment je pouvais faire en sorte que les autres m'aiment, et j'avais trouvé : devenir Hokage.

-Alors c'est ton ange qui t'as donné envie de devenir Hokage!

-Eh oui! Je ne perds pas l'espoir qu'un Vendredi soir, il revienne frappé à ma porte pour que je goûte encore à ses ramens, une seule fois de plus.

Naruto souriait mais il était triste à la fois. Hinata comprise vite pourquoi en réfléchissant un instant. Cette personne devait être le seul bienfaiteur de son petit ami quand il n'était encore qu'un enfant. La jeune fille s'approcha doucement de son visage et prit ses lèvres, Naruto ne tarda pas à y répondre.

-Ben mes cochons, vous perdez pas de temps.

Les deux adolescents sursautèrent et poussèrent un cri de surprise en voyant cette tête à l'envers surgir du plafond. La surprise passée, ils reconnurent Homura qui riait en se tenant le ventre, les pieds fixés au plafond.

-Ahhh t'as flippé le Sixième Hokage! Il a flipééé!

-Mais non!

-Mais si, t'as flippé!

-Vous êtes amis tous les deux? Demanda Hinata amusée.

-Je te présentes Homura, mon mini moi.

-Oui, je le connais déjà.

-Hep hep! Je ne tiens pas à être comparé à lui, ça serait m'insulter. Je suis cent fois plus habile et rusé que toi, se vanta Homura.

-Tu vois le genre, Hinata.

-Oui, sourit-elle.

-T'as moins l'air d'un zombie ça fait plaisir mais Hinata-sempai est dans un bel état… bon je vous laisse à vos trucs cochons, je vais me cultiver un peu.

-Tu vas à la bibliothèque? Demanda Hinata.

-Non, à la presse pour prendre quelques revues de charme.

Naruto éclata de rire, Sakura avait raison, lui et Homura avaient plus d'un point commun.

-Je ne crois pas qu'à ton âge ils t'en vendront… tenta Hinata.

-Qui a dit que j'allais les acheter? Demanda Homura d'un ton malin avant de partir.

Toc toc.

-Il a oublié quelque chose? Se demanda Naruto en se levant et en ouvrant la porte.

-Bonjour Naruto-kun, j'ai lu dans un livre que les compagnons de travail se tutoyaient et se serraient la main.

Naruto fit une drôle de grimace. Le revoici surgissant de nulle part, le fameux clone de Sasuke, Saï qui arborait son sourire factice, tendant la main. Il venait lui annoncer que la première réunion de l'équipe recomposée avait lieu près de l'académie. Une fois arrivés, Saï surprit Sakura en l'embrassant sur la joue.

-Qu'est-ce que tu fais ? Demanda-t-elle, gênée.

-Eh bien j'ai lu dans un livre que pour saluer une coéquipière il fallait, contrairement à une poignée de main que l'on exécute avec les garçons, embrasser sur la joue.

-Une poignée de main suffit avec moi, répondit-elle en se frottant la joue.

-Je l'ignorais, je me nomme donc Saï. Enchanté, Haruno-kun.

-Sakura, appelle-moi Sakura, Saï.

À l'instar de Naruto, Sakura trouvait que d'un certain côté, ce jeune homme ressemblait à Sasuke, ce qui la gênait d'autant plus.

-Oui mais j'ai lu dans un livre que les demoiselles devaient être dans un premier lieu abordées par leur nom de famille de sorte de ne pas paraitre envahissant, précisa Saï en souriant de la même manière, vide.

-Il y a des trucs que tu n'apprendras pas dans les livres, la vie s'apprend tous les jours, ça s'appelle l'art de vivre.

-Vivre est un art ? répéta Saï en réfléchissant. Hmm, intéressant.

-Ça s'apprend uniquement au contact des autres.

-Eh bien puisque je suis dans cette situation, autant en profiter, aussi je te remercie pour cette découverte digne d'intérêt, Haru… Sakura-kun.

-De rien.

Leur nouveau capitaine, Yamato, se présenta rapidement et il leur annonça qu'ils partiront demain.

Tandis que Yamato prit congé et Saï allait se renseigner sur « l'art de vivre », Naruto et Sakura se faufilèrent dans la chambre de Kakashi, évitant royalement de se faire repérer par Yoko qui se trouvait dans son bureau. Le jonin était allongé, profondément endormi. Son drap blanc recouvrait la moitié de son visage mais les deux adolescents savaient qu'il ne portait pas son masque, il était posé avec son bandeau frontal sur la table de chevet. C'était l'occasion en or. Tout excités, ils s'approchèrent de leur sensei et Sakura avança son pouce et son index en pince, referma lentement son emprise sur le bord du drap et commença à baisser lentement.

-Hmmmm… fit Kakashi, fronçant légèrement les sourcils.

-Vas-y doucement, chuchota Naruto.

-Je fais le plus doucement possible.

Elle recommença à baisser le drap, dévoilant peu à peu le nez du jonin… bandé. N'en croyant pas ses yeux, Sakura s'empressa sans aucune douceur de découvrir entièrement le visage mais elle savait déjà ce qu'elle allait y trouver : le bas du visage de Kakashi était entièrement bandé, momifié. Les deux adolescents eurent du mal à cacher leur déception.

-Quelle arnaque ! C'est pas vrai ! Se plaignit Naruto.

-Il nous a encore devancé, soupira Sakura.

À cet instant-là, une main glaciale et tremblante se posa sans douceur sur l'épaule des deux adolescents. Ceux-ci eurent un sursaut et se mirent à suer, n'osant se retourner pour affronter le regard menaçant, presque fou qui les fixaient. Au prix d'un effort colossal, Sakura réussit à se retourner lentement pour faire face à Yoko, toute en sueur.

-Oh… Yoko-sensei… ça alors… quelle surprise.

Elle préféra ne rien ajouter d'autre, même si le mal était déjà fait il était inutile de continuer à s'enfoncer en jouant les ingénues. Yoko eut un sourire crispé et un instant plus tard, les portes de l'hôpital de Konoha s'ouvrirent et les deux adolescents firent un vol plané avant d'atterrir lourdement au sol.

-Et que je ne vous reprenne plus à l'embêter, jeunes voyous !

Sur ce ton sans réplique, elle claqua la double-porte. Les deux adolescents étaient encore choqués.

-Elle a pas de patience…

-Et elle est vraiment redoutable, un vrai cerbère, confirma Sakura en se massant les fesses.

-À qui le dis-tu !

-Tu crois que c'est parce qu'elle est amoureuse ?

-Amoureuse de…

-Naaaaan ! Firent en chœur Naruto et Sakura.

Les deux adolescents époussetaient leurs vêtements pleins de poussière.

-En fait, pour Hinata et toi, ça s'arrange ?

-Elle est chez moi en ce moment.

-Oh. Attend ! Tu l'as enlevée ? S'exclama Sakura, abasourdie.

-Mais non !

-Ouf, tu me rassures. Là, les Hyuga t'auraient exécuté sur le champ.

Naruto n'était pas vraiment rassuré curieusement.

ooooooooooooooooo

C'était l'échec complet. Malgré ces deux ans et demi d'entraînement intense avec Jiraya, Naruto s'était fait balayé par Sasuke, tout comme Saï et Yamato. Sakura s'occupait de la blessure de l'adolescent blond à la jambe.

-Ne bouge pas.

C'était inutile de lui dire ça, Naruto était trop plongé dans ses désillusions, il réalisait à grand peine que le fossé qui s'était creusé entre lui et Sasuke était énorme. Le ramènera-t-il un jour à Konoha?

ooooooooooooooo

Deux jours plus tard, l'équipe « Kakashi » se trouvait proche de Konoha, ils y arriveront demain matin. Ils s'étaient arrêtés à une auberge pour la nuit. Sakura sortit discrètement par la fenêtre et fila vers la forêt. La soirée était déjà bien avancée, dans cinq minutes, il sera minuit. Elle connaissait cette forêt, surtout la cascade située dans une clairière, cernée par les arbres et de gros rochers, à l'abri des regards indiscrets. La jeune fille avait déjà campé ici quand elle était enfant avec Ino. Mais ce n'était pas par nostalgie qu'elle se rendait à cet endroit.

La pleine lune se reflétait dans les eaux calmes de la cascade, le bruit léger de l'onde avait quelque chose d'apaisant. Tout était calme. Sakura marcha jusqu'au bord du lac dans lequel se jetait la cascade et regarda autour d'elle.

-Tu es seule ?

Cette voix franche et froide glaça son cœur en un instant aussi brusquement que si on l'avait bousculé dans le lac. Elle se retourna vivement et le vit, assis sur un rocher, ses longues mèches cachant ses yeux, l'homme qu'elle aimait… Sasuke Uchiwa.

Nos sentiments se sont tous dispersés

Au gré du vent et des courants d'air,

Dans l'espace infini du ciel bleu.

J'ai déjà tant prié pour que tu sois,

La personne qui m'était destinée.

Mais la réalité est loin d'être aussi facile.

Les bribes de rêves à la lumière du soleil,

Pleuvent dans cette douce brise,

Dispersant notre insouciance.

Nous allons peu à peu vers des jours meilleurs,

Aussi brillant qu'on ne peut l'imaginer.

Mon cœur se met à battre, il commence à s'affoler.

De plus en plus vite et de plus en plus fort.

Me rappelant ces jours dorés.

J'aime ton regard, il me pousse à aller de l'avant.

Je voudrais l'admirer pour toujours.

(Shinning Days, Opening de Maï-Hime)

Fin de la Saison 0