Bon, il y a des personnes qui me parlent de frustration... Ok, je vais donc voir ce que je peux faire... Mais ceci dit, je ne vois aucune forme ou sorte de frustration dans cette histoire !
Comme d'habitude, les reviews sont les benvenues ^^
Alors que nous sommes en train de ranger les quelques courses, le portable de mon collègue sonne. Il regarde qui l'appelle, mais ne répond pas. Cependant, je vois que le nom qui est apparu sur son écran ne le rassure pas. Je décide donc d'en savoir un peu plus.
- L'autre soir, quand tu m'as empêché d'utiliser cette arme… Tu avais l'air effrayé par quelque chose… Tu…
- Lilly, je t'ai déjà dit de ne pas…
- Non… Tu savais exactement ce que je ressentais à ce moment ! Tu le savais, car tu l'as ressenti aussi. A plusieurs reprises même. Quand ton frère a témoigné dans le procès de son ancien entraîneur, à chaque fois que tu croisais un pédophile… Et là récemment… Avec ta mère. Tu sais donc que tout ce qui me guidait ce soir-là était la haine et la rage.
- Je…
- Que s'est-il passé, Scotty ? Fais-je en m'approchant doucement de lui.
- Rien. Il ne s'est rien passé.
- J'ai pourtant caché un fait, lors de l'arrestation de l'agresseur de…
- Et je ne t'ai jamais rien demandé Lilly.
- Ah oui ! Même sur ta terrasse ? Je ne lâcherais pas l'affaire, je te préviens.
Voyant que de toute évidence, je ne le laisserais pas tranquille, il capitule.
- Ce n'est pas seulement parce qu'il s'agit de ma mère, Lil… C'est parce que ce salopard… Il violait des femmes d'un certain âge.
- Il est en prison, Scotty, il paiera pour ça…
- Pierson est venu me voir, Lilly.
- Ah oui ?
- Juste avant que tu ne me demandes de venir te rejoindre. Il est venu m'annoncer que Jimmy Mota, celui qui… Enfin… Ce type a été retrouvé mort.
- Mort ! Fais-je étonnée.
- Poignardé.
- Et ? Demandai-je ne commençant à comprendre où il voulait en venir.
- C'est tout ! Me dit-il en s'éloignant.
Nous étions assis à table dans la salle à manger. Je le regarde se lever sans rien dire, mais surprise. Je réalise soudain quelque chose, et veut m'assurer du contraire.
- Dis-moi que tu n'as rien à voir là-dedans Scotty !
- C'est tout ce que tu dois savoir, Lil'. Mota est mort et l'affaire est classée.
- Tu sais tout aussi bien que moi, que non, Scotty ! C'est forcément un des détenus… Il y aura une enquête… Alors…
- Tu me crois responsable ? Me demande t'il, réponds-moi franchement, Lilly.
- Je…
Il s'est assis sur le canapé, je me lève donc, m'agenouille afin d'être à sa hauteur.
- Scotty, regarde-moi, fais-je doucement.
Il relève la tête, et nos regards se croisent. Je peux y lire un mélange de détresse et de peur. Je devine qu'il me cache quelque chose, mais qu'il a peur de me l'avouer. Je n'ose pas imaginer ce que c'est, pourtant ma déduction d'inspecteur de la crim' a fait son travail. Je me relève lentement, et commence à m'éloigner, quand je sens la main de Scotty me retenir.
- Lilly… S'il te plait, ne fais pas ça ! Ne…
- Scotty…
Il se lève, et s'approche de moi. Il a l'air si perdu que je ne sais pas comment réagir. Je l'attire contre moi, et il se réfugie contre moi. C'est la première fois que je le vois dans cet état. Je ne sais pas ce qu'il se passe, mais ces derniers jours ont changé quelque chose entre nous. Lentement, il relève la tête, et on se retrouve donc quasiment nez à nez. Je fais donc le pas qu'il reste à franchir, et l'embrasse. Certainement pour le remercier de m'avoir aidé, et aussi pour lui prouver que je suis là pour lui. Il m'éloigne de lui, je ne comprends pas pourquoi.
- Lilly… Je… Je ne sais pas. Je te mentirais, si je te disais que je n'y ai jamais songé… Je… A vrai dire, je me demande comment j'ai fait pour ne pas, enfin…
- Qu'essaies-tu de me dire Scotty ? Fais-je doucement.
- Toi et moi… J'y pense, et même j'essaie…
Je l'interromps en lui posant la main sur la bouche.
- Je viens enfin de comprendre ce que tu m'as dit lors de notre dispute. Et comment peux-tu imaginer une seule seconde que je puisse t'oublier ? Et surtout, pourquoi crois-tu que j'ai accepté d'aller bosser avec les Féd' ? J'ai refusé le poste. Tout simplement parce que je ne peux pas abandonner ce que j'ai ici… Et, parce que je ne veux pas te perdre.
- Pourquoi m'as-tu laissé croire le contraire alors ?
- Je n'ai jamais fais ça. Et toi… Pourquoi ne m'as-tu jamais rien dit ?
Il ne répond pas, et soutient mon regard.
- Parce que j'ai peur de te perdre tout simplement.
Mon cœur n'en finit plus de s'affoler. Je n'ose pas croire ce que j'imagine. Oui, j'y ai pensé au moins une fois, très rapidement, certainement, lorsque j'ai appris que ma sœur et lui avaient une aventure. Mais j'ai gommé ça rapidement aussi. Et pendant tout ce temps, il ressentait quelque chose, mais ne disait rien. Il m'attire contre lui, et m'embrasse doucement. Je me laisse faire, et prends aussitôt l'initiative de poursuivre plus loin.
Soudain, il m'éloigne doucement de lui ? Je ne sais pas pourquoi, mais il me fait signe de me taire. J'entends alors des pleurs qui proviennent de ma chambre. J'en avais oublié ma nièce. Il allait se diriger vers l'escalier, mais je le retiens.
- C'est ma nièce… Je…
- Ok.
Il retient cependant ma main dans la sienne, et je commence donc à monter les premières marches de l'escalier à reculons, nos regards ancrés l'un dans l'autre, le sourire aux lèvres. Il lâche enfin ma main, et moi je me dépêche d'arriver jusqu'au petit lit d'Emma.
- Hey ma puce, fais-je en la prenant dans mes bras, je suis là. Que t'arrive-t-il ?
Emma se calme aussitôt, enfouissant sa petite tête dans mon cou. Cette soudaine sérénité m'émeut énormément. Je ne me savais pas capable de m'occuper d'un bébé. Lentement, je devine ce qu'elle a. Je l'allonge sur mon lit, et commence à la changer. Je ne remarque pas Scotty qui nous regarde dans l'embrasure de la porte, me contentant de savourer pleinement ce moment. Une fois ma nièce changée, je la recouche dans le lit, et lui caresse doucement le visage. Je ne vois mon collègue que lorsque celui-ci rattrape de justesse un de mes chats qui entrait dans la pièce. Sans un mot, je quitte donc la chambre et referme la porte. Je redescends, et une fois dans la cuisine, jette la couche dans la poubelle.
- Et tu dis avoir peur de t'occuper d'elle ! S'étonna Scotty.
- Je…
- Tu t'es débrouillée comme un chef, là Lil !
Je le regarde et m'approche de lui. Il me sourit et me dit qu'il commence à se faire tard.
- Tu ne restes pas ? Demandai-je en ne réalisant que trop tard, le double sens de ma question.
- Pas ce soir, Lilly, me répond-il doucement.
Je continue de réduire l'écart qu'il y a entre nous, et remarque qu'il hésite quant à l'attitude à avoir.
- Mon canapé est confortable tu sais…
Il se retrouve dos à la porte, et on se fixe toujours. Comprenant ses doutes, je m'éloigne, mais il m'attrape le bras, et me fait pivoter.
- Je ne veux pas que tu te retrouves mêler à quoique ce soit, Lil.
Je le rassure et lui fais signe de se taire. Il m'écoute et me dépose un baiser sur les lèvres, que j'approfondis sans attendre. Il renverse cependant la situation, me surprenant alors. Nos mains se font impatientes et partent à la découverte de nouvelles sensations à ressentir. Toutes ces années passées ensemble sans que rien ne se passe entre nous, nous semblent alors étrangement longues. Je n'en reviens pas, nos gestes sont tellement spontanés qu'on pourrait se poser la question sur notre relation. Alors que je m'attarde sur l'effet que mes baisers et caresses lui procurent, il reprend le dessus et m'embrasse les joues, le cou, la gorge. Ses mains ont déjà enlevé mon pull. Je l'arrête dans son élan, et tout en le dévisageant, lui prend la main et le guide vers le sofa. On s'y assoit tous les deux et alors que je lui défais également son pull, je le regarde avec un air coquin et gourmand, tout en mordant légèrement ma lèvre inférieure. N'y tenant plus, il me plaque à la renverse sur le sofa et m'embrasse sans aucune retenue.
