Je tenais à remercier les personnes qui m'ont complimentée et encouragée pour cette fiction (comme pour mon one-shot par ailleurs). Ca m'a fait très plaisir et j'espère pouvoir vous distraire et vous satisfaire par ce chapitre, et les prochains

Fatals Picards Time :

Les dictateurs

Luffy monta sur scène, encouragé par les autres clients du restaurant et les musiciens. Il était souriant comme jamais. Il faut dire que tout le monde participait à son idée et il semblait très fier de sa chanson. C'est surtout ça qui inquiétait tout le monde. Il régla le micro à sa hauteur et regarda une dernière fois les paroles de sa chanson. Il vit alors qu'un écran où défilaient les paroles avait été installé. Il sourit encore plus, et attendit que les premières notes résonnent. Nami, dubitative, glissa à Robin :

-Tu pense vraiment qu'il va chanter une chanson sérieuse ?

-Non, je ne crois pas.

La rouquine soupira. A coup sûr, Luffy ne devait même pas comprendre sa chanson. Elle avait bien regardé la sienne et entrevit celles des autres : elles étaient souvent teintées d'ironie, attrayantes, certes mais quelque fois complexes. Alors elle se demandait bien ce qu'allait faire son capitaine. Enfin, seule la lumière des projecteurs resta allumée et la chanson démarra. Le brun commença alors à chanter, avec un grand sourire :

Si je faisais une équipe de foot avec des dictateurs...

Premier sursaut. Nami faillit tomber de sa chaise. Tout le monde restait bouche bée. Chopper demanda à Ussop ce que voulait dire dictateur. Voyant son manque de réponse précise, il alla voir Robin qui lui dit la définition exacte paru dans la dernière édition du dictionnaire. Le petit renne savait bien plus de choses que Luffy. Alors tout le monde se doutait que leur capitaine avait pris une chanson qui avait l'air marrante... Sans même en comprendre les paroles.

Je prendrais Mussolini en avant-centre, mais pas Hitler dans les buts, parce qu'il est trop petit
Pinochet serait ailier gauche et Mao serait ailier gauche, parce qu'il est de gauche
Et Pol Pot serait soigneur : «Non ça va, c'est bon, j'ai rien !»
Staline carton rouge, Mao carton jaune, va te mettre au poteau hop exécution !
Oh lalalalalala jolie tête de Ceaucescu

Tout en chantant, Luffy mimait sa chanson du mieux qu'il pouvait. Nami était de plus en plus effondrée. Elle était sûre qu'il ne connaissait aucun de ces personnages politiques. Robin riait doucement, charmée par l'entrain de son capitaine. Chopper ne cessait de poser des questions à Ussop, qui avait du mal à lui répondre. Zorro avait effacé son coup de déprime mais il évitait de trop écouter la chanson, pour éviter de sombrer dans la folie. Les autres se tenaient à peu près tranquille, pour profiter de la voix du brun, en oubliant qu'il était stupide et qu'il ne savait pas ce qu'il racontait.

Où sont les supporters ? Où sont les adversaires ? Où sont les arbitres ? Ils sont dans les cages.

Si tu fais du foot avec des dictateurs, n'oublie pas de bien t'échauffer, de t'hydrater
Sinon ta peau sera desséchée et c'est bientôt l'été.

Pendant l'espèce d'interlude musicale, les autres clients se mirent à battre le rythme. Luffy agrandit encore son sourire et continua sa chanson, de sa voix si mélodieuse.

Si je faisais un groupe de reggae avec des dictateurs...

Ussop réagit tout de suite et laissa le petit renne sans réponse pour écouter mieux la chanson. Il était de notoriété commune que le tireur d'élite était fan de reggae. Chopper arrêta alors de se poser des questions et écouta Luffy au lieu d'essayer de tout savoir. Il demanderait plus tard à Robin.

Kadhafi serait à la guitare car il a eu les cheveux longs
On prendrait Saddam Hussein car il est bassiste
Et Khomeiny serait aux claviers avec son bonnet rasta
Et Pol Pot à l'orgue de barbarie, ouah t'en joues trop bien de la bar... de l'orgue
Allez on écoute Pol Pot, allez solo, allez on écoute

Petit à petit, l'équipage prenait goût à la chanson et rejoignirent les autres personnes de la salle pour frapper des mains. Luffy s'extasiait en continuant de chanter. Il continuait de s'exciter sur scène, pour le plus grand plaisir de son public. Même Nami avait fini par mettre ses remarques de côté pour encourager le brun. Il faut dire qu'il était dur de résister devant la prestation impressionnante qu'il faisait.

Si tu n'applaudis pas il va te mettre en prison, et si tu l'applaudis, il va t'mettre en prison
Où sont les spectateurs ? Où sont les techniciens ? Où sont les musiciens... Ils sont dans la fosse.

Si tu fais du reggae avec des dictateurs, n'oublie pas d'apporter tes papiers
Ah non non, c'est pas pour rouler, c'est juste pour les présenter

Si on faisait un camp de vacances avec des dictateurs...

A partir de là, tout le monde comprit pourquoi leur capitaine stupide avait pris cette chanson. Il en avait déjà inventé une qui s'appelait « Holiday », qui n'avait pas fini d'énerver tout East Blue. Le mot vacance l'avait surement charmé. Et puis, il suffisait de voir la tête d'imbécile souriant en entamant ces paroles pour le deviner aisément.

On ne paierait pas ses cocktails avec des perles de colliers, mais avec ses doigts
Allez Django, paye ta tournée : «Ah non, vous êtes trop nombreux là !»
La chanson du club est en allemand et la choré faut savoir les pas, le prof revient du Rwanda
Où sont les profs de sport ? Où sont les G.O ? Et les filles en maillots ?
Ils sont sous la douche.

Cette fois, tout le monde se préparait à l'accompagner pour le refrain. Enfin, presque tout le monde. Nami était retombée dans son cynisme et Zoro, lorsqu'on lui avait rappelé la fameuse chanson « Holiday » qui l'avait empêché de dormir pendant si longtemps, était retombé dans la déprime. Maintenant, tout le monde savait son point faible et on en connait un qui n'allait pas hésiter à l'utiliser.

Si tu fais un camp de vacances avec des dictateurs
N'oublie pas d'apporter ton maillot, y a pleins d'activités dans l'eau, enfin plutôt sous l'eau.

Si on faisait la cuisine avec des dictateurs : «Non merci, moi ça va j'ai pas très faim...»
Si on faisait un parc d'attraction avec des dictateurs : «C'est marrant y a pas la queue aux montagnes russes»
Si on faisait de la haute couture avec des dictateurs : «Le col Mao il est pas un peu trop serré ?»
Si on faisait une démocratie avec des dictateurs...

La musique se stoppa net ici, tandis que Luffy niait cette possibilité. En fait, il n'y avait que lui pour ne pas comprendre cette partie de la chanson. La salle s'arrêta de battre le rythme, se demandant si c'était la fin. Mais le brun sourit une nouvelle fois, et la musique reprit, tout comme la chanson.

On peut jamais rien faire avec des dictateurs
Il y a toujours quelqu'un qui finit par se blesser
Avec la conjoncture actuelle, ils auront du mal à se recycler... Quoique...
Ils s'en sortent pas mal, faut dire ils sont forts à l'ANPE des dictateurs...
T'as vu, ils cherchent quelqu'un pour un génocide en Afrique ? Ah bah ouais faut aimer l'Afrique...
Et sinon bah y aura peut-être des débouchés en Europe de l'Est mais pas avant dix ans,
Faut s'armer de patience, faut s'armer tout court.

La chanson s'arrêta pour de bon là. Luffy descendit de scène avec un tonnerre d'applaudissements. Il avait fait une magnifique prestation. Ussop, Chopper, Franky et Brook l'applaudissaient chaleureusement. Robin riait discrètement en félicitant son capitaine. Sanji souriait lui aussi et ovationnait le chanteur comme il se devait, tout comme Zoro. Il avait beau être taré et stupide, il avait fait une belle performance. Nami, sans prélude, s'avança vers lui et lui demanda :

-Luffy... As tu au moins compris la chanson ?

-Beeen non mais ça parlait de foot, de musique et de vacances alors c'était marrant non ? C'est quoi un dictateur et une démocratie ?

Une veine palpait contre la tempe de la navigatrice. Sanji était retourné à sa séance de drague auprès Robin, qui l'ignorait pour répondre aux multiples questions de Chopper. Zoro passait nerveusement la main dans ses cheveux, en sachant pertinemment comment allait se finir cette histoire. Il alla donc reprendre aussi ses habitudes et commença à insulter à proprement parler le Love cook. Ussop se reculait doucement, en emportant ses deux amis non occupés avec lui. Luffy, imperturbable, continuait à poser ses questions :

-Et c'est qui Hitler ? Un célèbre joueur de foot ?

Nami ne put dire un mot de plus. Son poing s'abattit violemment sur le crâne de son capitaine. Elle calma sa colère sur lui avant de se rassoir. Puis les musiciens appelèrent le suivant sur la liste. Suivant qui se leva, prit une inspiration et se dirigea vers la scène, tout en tremblant légèrement par le trac...