Encore merci pour les encouragements et votre patience. Tout le monde y passera, ne vous inquiétez pas.
Fatals Picards Time :
Je viens d'ici
Nami monta doucement sur la scène, en calmant ses battements un peu trop rapprochés de son coeur. Le trac ? Evidement ! Elle allait se donner en public et elle n'aimait pas donner une mauvaise image d'elle-même, surtout devant son équipage. Bien sur, elle pouvait réfréner les remarques d'un simple coup de poing dévastateur sur quiconque se moquerait d'elle, ou encore menacer d'augmenter leur dette.
Mais cette fois, elle avait confiance. Elle se racla la gorge et regarda l'écran, en essayant d'oublier les dizaines de paire d'yeuux qui la fixaient. Déjà, on pouvait entendre Sanji l'encourager, en débitant des compliments tout aussi dégoulinants les uns que les autres. Il fut très vite stoppé par un certain sabreur et le cuisinier dut se faire violence pour ne pas répliquer, par respect pour sa déesse rousse. Enfin, la musique commença et bientôt, la voix mélodieuse de la navigatrice emplit la salle.
Ici le soleil brille, tous les jours de l'année, et s'il y a des nuages c'est ceux du village d'à côté
Je te parle du pays où est née la nature. Ici il n'y a que des vélos. Ici il n'y a pas de voiture.
Toutes les rivières du monde prennent leur source ici, toutes les montagnes du monde elles ont grandi ici, toutes les fleurs du monde elles viennent naître ici,
ici même la marée noire finit toujours blanchie.
La chanson avait beau être entrainante, le début semblait tellement onirique que la salle restait sans voix. Nami crut d'abord que sa façon de chanter était remis en question mais tout le monde était suspendu à ses lèvres. Elle en repéra néanmoins qui louchait sur son décolleté et les reprit assez vite à l'aide d'un regard noir dont elle avait le secret.
Ici y a pas de banques, on s'arrange entre nous, ici y a pas d'impôts on s'arrange entre nous,
Ici y a pas d'embrouille, on s'arrange entre nous, ici pas de tourisme (Oh mais non ! Oh !)
Sur ces quelques mélodieuses paroles, l'équipage reconnut leur navigatrice. Elle avait bien sur fait le geste éloquent de l'argent en plus de ses yeux transformés en berrys. Si quelqu'un devait s'arranger avec Nami, c'était à ses risques et périls de perdre toute sa fortune. Mais la rouquine ne s'arrêta pas là et commença enfin à sourire en laissant son corps suivre le rythme de la musique.
Viens vite chez nous et cueille une petite fleur, va chanter sur la montagne (attrape le bonheur !)
Mais avant de partir, n'oublie pas surtout, de reposer la fleur parce qu'elle est à nous
Maintenant tu pose cette fleur, tu la pose doucement, tu as ton nom sur la fleur là ? Nan ? Alors file galinette.
Les musiciens l'accompagnaient dans son oeuvre tandis que le public se mit enfin à battre le rythme avec leurs mains. Nami sourit, fière d'elle. Elle regarda quelques secondes son équipage, qui l'encourageait chaudement pour certains (comme Sanji) ou alors d'un air un peu désinteressé pour paraître normal (comme Zoro). Heureusement pour elle, ils aimaient sa prestation, ce qui la poussait à continuer en entamant le deuxième couplet.
Ici même les lapins ils ne font que deux enfants, les marmottes elles ne dorment qu'une seule semaine par an,
Ici les kangourous ont deux poches, une pour chaque main, ils font un show aquatique que n'ont pas les américains,
En parlant de marmotte, la rouquine ne put s'empêcher de lancer un regard accusateur à Zoro, qui se détourna en gromelant des insultes seulement compréhensibles pour un certain cuisinier qui n'hésita pas à corriger le bretteur de ces mots qui ne convenaient pas à la description de sa Nami-san.
Ils ont un groupe de flûte avec Christian Morin, c'est le paradis sur Terre en plus ça sent le romarin.
Je te parle du pays où est né le bon Dieu, et les croyants d'ici ils aiment le seul vrai Dieu,
C'est pas pour qu'tu viennes ici, si nous on chante ça, mais si j'étais à ta place je serais jaloux de moi.
A ce moment précis, la navigatrice fit un clin-d'oeil à toute la salle, ce qui lui récolta une ovation et un cuisinier dont les ardeurs furent rapidement calmé par celui qu'on appelle communement Marimo. Chopper commençait à danser tandis que Luffy demandait à Robin d'abord qui était Christian Morin, et ensuite à Brook s'il pouvait lui apprendre à jouer de la flûte. Heureusement pour tout le monde, Usopp évita la catastrophe (parce que Flûte + Luffy = Bruits infernales).
Ici y a pas d'école, on s'arrange entre nous, ici y a pas de livres on s'arrange entre nous,
Ici y a pas d'embrouilles, on s'arrange entre nous, ici pas de préfet... (Quoi y'en a plus là ?)
Robin tilta lorsqu'on parla de livres mais le regard rassurant de Nami lui assura qu'il n'y avait pas lieu de s'inquiéter. L'archéologue sourit doucement et continua à encourager son amie, tout en répondant aux questions, notament la dernière définition paru du mot « préfet ». Comme quoi, l'équipage comportait de véritables imbéciles. Quant aux embrouilles, nos deux rivaux préférés se regardèrent, se demandant bien comment régler des embrouilles sans combat.
-Impossible avec lui...
Ils l'avaient prononcés en même temps, ce qui enclencha une nouvelle dispute Vraiment, Nami aurait voulu connaîitre l'endroit de sa chanson. Rien que pour arrêter de voir ces deux imbéciles qui ne savaient pas régler autrement les problèmes que par la violence. Néanmoins, elle continua sa chanson avec le même enthousiame que son public, qui l'applaudissait chaudement en respectant le tempo.
Viens vite chez nous et goûte l'eau de la rivière, va chanter sur la montagne (attrape le bonheur)
Mais avant de partir, n'oublie pas surtout, de payer toute l'eau, parce qu'elle est à nous.
Quand tu marches, l'arbre il te suit là ? Non ? Et ben c'est qu'il est à nous, alors tu marches, tu marches loin de lui et tu t'appuies pas dessus.
Le public commença à chantonner l'air en répétant le refrain « parce qu'elle est à nous ». Tous avaient les bras en l'air qui dansaient en rythme avec la musique. Luffy, quant à lui, s'était mis à danser avec Usopp et Chopper, en levant une jambe puis l'autre à la mode du French Can Can. Nami souriait et faisiat abstraction de ces trois imbéciles de nakamas et continua sa chanson avec plus d'aciduité encore .
Ici depuis mille ans les bons mariages sont consanguins, c'est en faisant des sélections qu'on améliore le genre humain,
Nos hommes sont solides, comme doivent être les hommes, nos femmes,elles, sont belles, comme doivent l'être les femmes.
Il y eut un grand bruit à ce moment. Tout d'abord, le Love cook national ne se sentait plus et avait eu deux soudaine effusions de sang : la première de nez rien que part l'imagination débordante du cuistot à propos des femmes et la deuxième provoquée par le bretteur qui l'avait repris en lui frappant violement le crâne, maintenant encastré dans le plancher. Le seul qui ria était Luffy, qui rejoignit aussitôt son cuisinier, suivi de Usopp qui avait osé lui dire qu'il faisait peur. Chopper ne dit rien mais il était parti se cacher du mauvais sens derrière Robin, qui riait doucement. Nami essayait de rester calme et de continuer sa chanson au lieu d'aller engueuler cette bande d'imbécile qui lui servait d'équipage. Mais le public qui l'ovationnait la poussait à poursuivre son chant jusqu'au bout, avec le sourire en prime.
On ne vend pas aux Anglais ni nos maisons ni nos placettes, ni aux Français, ni à personne, nos maisons nous on y reste,
Mais on sait faire la fête, on connait le mot "buvette", on n'est pas des alcooliques on aime juste bien faire trinquette.
A ces mots, comme on pouvait se douter, Zoro sourit. Il suffisait de lui parler d'alcool pour le voir content. Il échangea avec la rouquine un coup d'oeil complice, ce qui aurait fait râler habituellement le cuisinier du navire mais celui étant toujours encastré dans le plancher, il n'était pas disposé à dire quoique ce soit. Le bretteur pensait déjà aux prochaines beuveries qu'ils auraient l'occasion de faire, pour voir encore son rival de toujours minable alors que lui pouvait boire des quantités sans ne être affecté. Ce moment ne dura pas longtemps, car la chanson continua et il était impossible que Nami et Zoro restaient en bons termes et entendus plus de quelques secondes.
La plus belle équipe de foot, c'est celle qu'on a chez nous, les plus beaux alcootests, c'est ceux qu'on a chez nous
La plus belle tolérance, c'est celle qu'on a chez nous, la bonne couleur de peau (Ah mais non oh !)
Bien entendu, on entendit Luffy crier :
-Du fooot ! Je joue Hitler !
Cette fois, Nami se dérangea pour faire taire son capitaine pour l'énormité qu'il venait de dire avant de retourner sur scène. Elle jeta un coup d'oeil inquiet vers le public mais celui-ci la soutenait plus que jamais, ce qui la fit sourire. La chanson touchait doucement à sa fin et autant les clients que l'équipage l'acclamaient. Elle avait réussi son coup, c'était sûr.
Viens vite chez nous et respire le bon air, va chanter sur la montagne (attrape le cancer !)
Mais avant de partir, n'oublie pas surtout, de recracher tout l'air, parce qu'il est à nous.
Tu vois ce caillou là, tu as mis de la poussière dessus alors tu l'enlèves
Et appuie plus doucement quand tu marches sur la montagne, tu vois, tu la tasses
Maintenant tu as compris, là où c'est qu'c'est l'mieux
C'est là où c'est qu'on vit, mais pour bien comprendre ça, faut être né ici,
Toi l'étranger, toi le paria, si tu viens ici on t'ouvrira les bras et pas que ça !
La musique s'arrêta alors d'un coup. Il y eut un silence, puis une ovation pour la navigatrice, qui quitta la scène avec un grand sourire. Son équipage, remis de ses émotions durant la chanson, l'applaudissait chaudement. Nami alla s'assoir à sa place à côté de Robin, souriant déjà sadiquement pour la prochaine chanson à suivre. Elle aurait voulu faire des remarques sur ses amis, notament sur leur comportement pendant sa prestation mais elle n'en fit rien, trop habituée à ce tintamarre qui l'avait finalement charmée. Elle se contenta de lancer un regard sadique vers le prochain à passer, qui dut se lever et avancer vers la scène, prêt à chanter.
