A cause de diverses raisons, mon rythme de parution a ralenti mais ne vous inquiétez pas, je n'arrêterai pas mes fictions en cours. Pour cette chanson, si la chanson comporte des fautes, je m'en excuse. Je ne dispose pas des compétences nécessaires pour vérifier les quelques paroles en espagnol.
Aussi, félicitation à Akiwa-chan d'abord, puis Getalo pour avoir deviné qui allait passer. Sur ce, je vous laisse lire ce chapitre (peut-être tant attendu)
Fatals Picards Time
Commandante
D'un pas tranquille, Robin monta sur scène. S'il existait une personne parfaitement maître de soi, c'était elle. Confiante, elle connaissait ses compétences et n'avait pas peur de chanter devant un tel public. Bien entendu, elle ne raffolait pas de ce genre de prestation mais si c'était un ordre du capitaine, elle s'y plierait.
Déjà, la salle l'acclamait tandis qu'elle réglait quelques trucs avec les musiciens. Il faut dire qu'elle était jolie, et elle le savait. Elle sourit donc discrètement avant de s'approcher du micro, qu'elle régla à sa taille. Puis, elle regarda l'écran où s'affichait ses paroles. Il ne restait qu'à commencer.
Du côté de l'équipage, tous attendait de savoir comment leur amie chantait. Robin n'avait jamais été parmi les tarés qui s'amusent à des trucs stupides. De ce fait, elle restait toujours à rire à l'écart en regardant les âneries de son capitaine. Son amour-propre, disait-elle. Elle avait sa fierté à elle aussi. Alors chanter, personne ne l'avait entendu, ou presque. Peut-être une fois, mais c'est tout. De plus, quelle pouvait être sa chanson ? Tout l'équipage était donc enthousiaste, prêt à l'entendre. Et, pour combler leur attente, les premières notes retentirent.
J'entends un peuple qui se lève
(despues de tres cientos metros ire a la derecha)
Une génération qu'on enchaîne
(despues de dos cientos metros tome la salida)
Le futur n'est qu'une question de temps
(despues de cient metros tome la salida)
C'est pas hier c'est maintenant!
(ire a la derecha ire a la derecha)
La musique qui avait commencé doucement pris de l'ampleur. L'un des musiciens chantait en espagnol pour ponctuer les paroles de l'archéologue. Surement ce qu'elle avait mis au point. Puis, contrairement à son habitude, elle avait haussé la voix, ce qui lui conférait une certaine force. Et, bien que ce soit peu habituel, ça lui allait parfaitement. D'où l'ovation directe du public lors de la dernière phrase du couplet. Robin prit donc un peu d'assurance et commença à débiter des paroles en espagnol, sans que personne ne comprenne sa signification.
Incorporese la autopista, luego mantener la derecha,
Tome la salida, primera salida, cruce la rotonda, Ire a la derecha
Cette chanson lui allait bien. C'était tout ce que Nami trouvait à dire, tellement elle était éblouie par le début de performance de son amie. Robin avait des compétences en espagnol, comme dans les autres langues par ailleurs. Mais ses techniques était à sonorité hispanique, sans que personne ne sache pourquoi. Au fur et à mesure qu'elle prononçait ses paroles, l'archéologue fit doucement monter sa voix jusqu'à presque crier, même si crier est un bien grand mot pour sa performance. Puis, elle marqua une courte pause avant d'entamer le refrain.
Alors je chante en espagnol...Ohoh...
"Campañero, donde esta el sol"
Oui moi je chante en espagnol...Ohoh...
"Campañero, donde esta el sol"
Tout le monde reprit me « Ohoh » en balançant les bras. Robin sourit doucement. Elle avait fait fort dès le début. La musique se calma alors qu'elle entamait la suite en donnant à sa voix un effet dramatique.
Traîner par terre dans l'eau déserte
Crever de faim la gueule ouverte
Pour se relever, chacun des hommes
Comme une révolution qui résonne
Comme si elle vivait la scène, la brune grimaçait tout en déclamant ses paroles. Sa chanson exprimait une souffrance qui mettait mal à l'aise le public. Celui-ci s'était tu un court moment. Quant à l'équipage, personne ne se serait douté que Robin savait autant jouer quelque chose de faux. Enfin, si faux que ça ? Personne n'en était sûr. La musique reprit son ampleur tandis que l'archéologue continuait de chanter.
Et j'ai chanté les lendemains
Demain que ferai-je de mes mains?
Des lettres comme un goût de sang
Des chiens pressés d'être mourants
Le public avait arrêté d'applaudir. La voix de Robin était prenante et l'effet de désespoir était accentué par sa gestuelle. L'équipage l'avait déjà vu jouer une pièce de théâtre et elle avait tendance à sur jouer mais ici, ils étaient bluffés. La justesse de ses expressions rendait l'ambiance pesante. Tout le monde en était émerveillé. La brune le sentait et c'est dans cet état d'esprit qu'elle entama une deuxième fois le refrain.
Alors je chante en espagnol...Ohoh...
"Campañero, donde esta el sol"
Oui moi je chante en espagnol...Ohoh...
"Campañero, donde esta el sol"
Cette fois, le public l'accompagnait tout au long de ces paroles. L'archéologue avait l'impression de réellement soulever une révolution. Tout doucement, les clients de la salle reprirent leurs applaudissements. La musique se calma une nouvelle fois, laissant la voix de Robin faire son travail.
Passer du crépuscule à l'ombre
Passer de la nuit aux décombres
De l'attente à n'en plus finir (bis)
Du désespoir à en vomir (bis)
Sur les deux dernières phrases, le public répéta après elle, tout comme les musiciens. Bien entendu, la brune appuyait sur les mots et jouait toujours son jeu. Après tout, elle avait vécu quelque chose qui y ressemble, sans pour autant être la même chose. Elle avait toujours su mimer, mais c'était un secret. Du moins avant. Elle cria presque la dernière parole, d'un air complètement désespéré. Puis, elle enchaîna avec un tas de mots espagnol que personne ne comprenait.
Revolucion, revolucion
Viva tequila, Viva Guevara
Viva la fiesta, Viva la playa , primera salida, cruce la rotonda
Cette chanson était belle, magnifique, éblouissante, triste et riche en émotions. Mais le public était trop calme, en particulier les idiots de l'équipage. Mais il n'en fallut pas plus longtemps pour que les imbéciles se réveillent. A l'entente du mot « playa », Luffy devina immédiatement à quoi cela faisait référence et n'hésita pas à le faire savoir à tout le monde.
-A la plaaaaage ! On va faire un Beach Soccer !
Chopper et Usopp le suivirent aussitôt mais les trois furent arrêtés par la furie rousse, énervée et choquée qu'on puisse gâcher une si belle chanson. Zoro évita de justesse de s'en prendre une aussi. Lui, c'était le mot « tequila » qui l'avait attiré. Mais il avait déjà beaucoup pris de coups et son instinct lui avait dicté de ne rien dire. Le mot « fiesta » avait aussi fait tilté le capitaine mais avant qu'il puisse en placer une, le regard de sa navigatrice lui recommanda de se taire, ce qu'il fit.
Cette petite interlude fit doucement rire Robin. Elle savait que son capitaine n'avait pas pu faire mieux pour se retenir de dire n'importe quoi. Mais cela lui plaisait ainsi. Au moins, le bateau n'était pas triste. Elle reprit son sérieux très vite et chanta le refrain une troisième fois, suivi de son public plus qu'admiratif.
Alors je chante en espagnol...Ohoh...
"Campañero, donde esta el sol"
Oui moi je chante en espagnol...Ohoh...
"Campañero, donde esta el sol"
Contrairement aux autres moments de la chanson, la musique ne ralentit pas. Elle garda son intensité tandis que Robin donnait du rythme à ses mots, rythme tout de suite reprit par la salle entière avec leurs mains.
Où aller? Où aller? Où aller?
Coooomandante?
Où aller? Où aller? Où aller?
Coooomandante?
Les musiciens s'arrêtèrent presque tous de jouer. Robin, quant à elle, se concentrait pour garder son masque de désespoir. Son regard traversa la salle, toujours aussi blessée, comme si elle cherchait un appui. Elle s'arrêta et fixa son capitaine, comme si elle lui demandait de l'aide. Il y eut un échange invisible entre les deux amis, suivi de ces paroles.
J'irai devant, j'irai marcher
A donde vamos ?
A donde van ?
J'irai devant, j'irai marcher
A donde vamos ?
A donde van ?
Luffy était mal à l'aise mais il continuait de soutenir le regard de son amie. Même si ce n'était que du jeu, il ressentait toutes les émotions qui émanaient d'elle. Elle cherchait un chemin, un appui. Ce fut Robin qui rompit le contact, avec un sourire presque qu'invisible. Elle admirait son capitaine et même si ce n'était qu'une chanson, elle sut qu'elle pourrait toujours lui faire confiance. Elle reprit donc les deux phrases du refrain, sans pour autant que la musique reprennent.
Alors je chante en espagnol
"Campañero, donde esta el sol"
La brune laissa en suspens quelques instants sa phrase avant que la musique reprennent pour de bon. Le public la suivit aussitôt, frappant le rythme de leurs mains. Ils se mirent à chanter aussi, tandis qu'elle répétait pour la dernière fois son refrain.
Alors je chante en espagnol...Ohoh...
"Campañero, donde esta el sol"
Oui moi je chante en espagnol...Ohoh...
"Campañero, donde esta el sol"
Elle reprit la dernière phrase de sa chanson une seconde fois avant que la musique ne se stoppe pour de bon. Son regard dériva vers le bas. Il y eut quelques secondes de blanc avant que le public l'ovationne comme jamais. Elle sourit et releva la tête. Elle leur adressa un léger signe de tête en remerciement et descendit rejoindre ses camarades. Tous l'attendaient, le regard admirateur. Robin eut le droit à la plus grande ovation de sa vie. Bien entendu, Sanji arriva près d'elle, avec un coeur à la place de son œil visible. Les jambes flageolantes, il la complimenta autant sur sa beauté que sur sa prestation. Lorsque l'archéologue le remercia, le cuisinier tomba dans les vapes un peu plus loin, heureux. Ce fut le bretteur qui le réveilla avec une bonne insulte, puis un combat tout de suite arrêté par la navigatrice.
Après avoir remercié ses amis d'avoir autant apprécié sa chanson, Robin s'assit à sa place, avec un léger sourire toujours accroché à ses lèvres. Nami s'installa à côté d'elle et lui posa des questions, pour vérifier qu'elle avait toujours joué et non vécu. La brune lui répondit affirmativement. Tout le monde en fut soulagé. Mais avant d'en dire plus, elle désigna le suivant à aller sur scène. Le concerné s'y dirigea donc, un léger sourire flottant sur ses lèvres.
