Ce one-shot est un défi que m'a donné Tardis-221b. Le mot de départ était Piscine. Et voici ce que ça a donné :


Dog-days

« John ?

- Oui Sherlock ?

- Baisse le chauffage.

- Quoi ?

- Le chauffage. Baisse-le. J'ai trop chaud ça m'empêche de réfléchir.

- Mais Sherlock …

- Quoi ? Tu as froid ?

- Sherlock …

- Quoi ?

- On est en été, il n'y a pas de chauffage.

- Impossible.

- Regarde la date. »

John était assis sur une chaise, le fauteuil lui donnant trop chaud. Il avait gardé son pantalon de pyjama, léger, pour garder un peu de décence devant Sherlock. La lecture du journal était vite devenue une séance de ventilation. Il secouait les pages devant son visage et sa poitrine, espérant se rafraîchir mais il ne brassait que de l'air chaud. Sherlock était, comme à son habitude, allongé sur le canapé, en chemise et pantalon noir.

Mais comment il fait pour ne pas étouffer ?

« John … Ce temps est inhabituel pour une ville comme Londres.

- Oui Sherlock, ça s'appelle la canicule.

- Ah ? Bien. »

Sherlock resta immobile quelques instants, réfléchissant les mains jointes sous son menton. Il avait trop chaud mais visiblement, il ne pouvait pas agir sur l'environnement qui l'entourait. Il se redressa lentement, les yeux fixant le mur en face de lui et porta ses mains à sa chemise. Il commença à la déboutonner, doucement.

Le médecin avait tourné la tête vers son colocataire lorsqu'il l'avait aperçu se lever. Et maintenant, il ne pouvait déplacer son regard. Voir Sherlock enlever cette chemise de cette façon, innocemment mais de façon si sensuelle, l'hypnotisait. Il avait d'un coup plus chaud encore et du mal à respirer correctement. Et voilà que les épaules du détective étaient découvertes. John ne pouvait s'empêcher d'observer les muscles qui travaillaient, presque au ralenti.

Sherlock avait toujours trop chaud. Il partit dans sa chambre pour en revenir en pantalon de pyjama. Il s'assit sur le canapé et fixa John, qui n'avait pas bougé depuis plusieurs minutes maintenant. Pas un seul mouvement. On aurait même pu croire qu'il avait arrêté de respirer.

« John ? Tout va bien ?

- Hum. Oui, oui, tout va … bien.

- Ca n'a pas l'air …

- Si c'est … la … chaleur. Il fait bien trop chaud.

- Comment faisais-tu en Afghanistan ?

- Je n'y pensais pas.

- Alors arrête de penser qu'il fait chaud ici.

- Sherlock … je m'ennuie ici. Là-bas j'étais en mission. »

Sherlock tourna la tête et se concentra sur le mur. A nouveau.

« Mon Dieu, je serais mieux dans une piscine qu'ici, souffla John.

- Pourquoi tu n'y vas pas ?

- Quoi ?

- Fitness First, à 25 minutes à pied en prenant Marylebone Road, Euston Road et Tottenham Court Road.

- J'oubliais que tu connais Londres mieux que le A-Z … J'y vais alors ! Merci Sherlock ! »

John fila dans sa chambre se changer et partit avec entrain à la piscine. Le détective resta quelques minutes sur le canapé avant de se lever à son tour et de sortir de l'appartement.

/

John revint quelques heures plus tard, rafraîchit. Aller nager lui avait fait un bien fou, il se sentait mieux. Il entra dans le salon pour ne trouver qu'un silence pesant. Sherlock n'était pas là. Du moins c'est ce qu'il pensait. Il entendit un vague clapotis et alla voir dans la salle de bain.

« Sherlock ?

- Je suis dans ma chambre John. »

John ouvrit la porte et resta sur place, à mi-chemin entre le choc et l'excitation. Sherlock était là, presque nu, dans une piscine miniature.

Dans une piscine miniature ?

« Sherlock … Qu'est-ce que …

- Je l'ai acheté après que tu sois partit. Tu as raison, on est bien mieux dans de l'eau froide.

- Mais pourquoi tu n'es pas venu à la piscine avec moi, tout simplement ?

- Plonger dans une eau pleine de microbes et de déchets humains, non merci.

- Voyons Sherlock l'eau est désinfectée et …

- Je ne mettrais jamais les pieds là dedans. Tu as l'air d'avoir chaud, tu es tout rouge.

- Heu … Nan je … Hum, oui, il fait encore chaud dehors et …

- Viens donc dans la piscine. L'eau est froide. »

John rougit encore plus. L'idée de se retrouver dans une piscine miniature, plongée dans l'eau froide avec Sherlock lui plaisait mais il la trouvait un peu trop excitante pour s'autoriser à s'y plier.

« Voyons John, rejoint moi. On est bien dans l'eau. Et il y a juste la place pour toi.

- Une piscine dans ta chambre ?

- Quoi ? J'ai enlevé le lit qui ne me sert à rien vu que je dors sur le canapé, j'ai mis une bâche pour protéger le sol et me protéger d'une colère de Mrs Hudson, j'ai tout juste la place. Et c'est pratique.

- …

- Allez viens. »

John alla dans la salle de bain précipitamment et s'enferma. Ses affaires de piscine étaient dans son sac, près de lui. Il les regarda, considérant l'offre de Sherlock. Le voir dans cette tenue l'avait un peu chamboulé et il hésitait à le rejoindre. Finalement, il se déshabilla et remit son maillot. Il prit une serviette sèche et l'enroula autour de sa taille avant de se rendre à nouveau dans la chambre de Sherlock.

Il entra dans l'eau timidement, et s'installa en face de son colocataire. Le contact de l'eau fraiche sur sa peau lui fit du bien, il avait l'impression de revivre. Il se laissa aller à plonger un peu plus son torse, pliant les jambes par manque de place. Sherlock le regardait intensément, presque avec envie.

John rigola doucement, nerveusement, se cachant le visage dans ses mains mouillées.

« Quoi ?

- Rien c'est juste que …

- Que ?

- Je suis dans une piscine pour enfants, au milieu d'une chambre, avec toi …

- Et ?

- Et ce n'est pas habituel !

- Et c'est tout ce que ça te fais ?

- …

- Voyons John …

- Tais-toi. »

John avait cessé de rire. Il regardait Sherlock l'air honteux, baissant les yeux, resserrant ses poings sous la surface de l'eau claire.

Sherlock se redressa et avança vers John, faisant remuer le liquide transparent. Il s'installa sur ses cuisses et attrapa son visage. Il le regarda profondément, avec envie, avant de capturer ses lèvres dans un baiser violent et passionné.

Ses mains se déplacèrent pour se glisser dans sa nuque et sur son torse. Les baisers se déplacèrent aussi, vers la mâchoire, puis le cou. Voyant que le médecin ne réagissait pas, Sherlock descendit encore et alla jouer avec les petits bouts de chair, ce qui fit gémir la victime qui commençait à trembler.

« John, murmura le détective à son oreille, je t'ai connu plus actif. »

Réagissant, l'ancien militaire attrapa les hanches de Sherlock et le fit basculer. L'eau s'agita, s'échappant un peu de la piscine. John parcouru le torse de Sherlock de ses lèvres, tout en remuant légèrement son bassin. Sherlock le serra contre lui et mordit la peau par endroit, laissant une infime marque de son passage. Il glissa ses mains dans le maillot et caressa les fesses du médecin. Il lui ordonna de se retourner. Rapidement, son vêtement alla nager tout seul et il entreprit d'enlever celui de John. Il le rapprocha de lui, collant son torse à son dos tout en embrassant sa peau. Il avança une main vers le sexe tendu de John et commença un va et viens lent, écoutant attentivement le souffle de son partenaire s'accélérer.

John pouvait sentir l'érection de Sherlock contre son intimité. Ses doigts, qui l'enserraient et se mouvaient sur lui, lui donnèrent chaud. Très chaud. Si chaud que même l'eau qui les entourait ne pouvait pas l'aider. Il sentait le souffle de Sherlock dans son dos, ses lèvres qui continuaient à explorer son corps, furtivement, sa présence, contre lui. La deuxième main de Sherlock se glissa entre eux et alla explorer le corps de John plus profondément. Bougeant son bassin, John indiqua qu'il en voulait plus. Le détective le lâcha brusquement, soutirant un soupir de frustration à son partenaire avant un cri de surprise lorsqu'il agrippa ses hanches pour le positionner au dessus de son sexe. Un râle de plaisir s'échappa de la gorge du génie et un cri de douleur de celle du médecin.

Sherlock attendit que John s'habitue à sa présence avant d'entamer sa danse, allant et venant au sein de son amant qui s'efforça de caller ses mouvements de bassin sur les siens. Ses mains attrapèrent ses genoux pour se retenir de tomber en avant, la tête la première dans l'eau agitée qui s'échappait maintenant de tous les côtés, éclaboussant le sol.

Le détective reprit le membre de John dans sa main, le sentant au bord de la jouissance. Il le fit se détendre dans sa main, et le liquide blanchâtre se mêla doucement à l'eau transparente. Sherlock donna quelques coups de reins plus violents, prolongeant l'orgasme du médecin, et jouit à l'intérieur de son corps, soufflant son nom, la tête rejetée en arrière, les yeux roulant derrière ses paupières. Quelques instants de calme passèrent avant que le jeune homme ne se retire de son amant, l'attirant à lui pour un câlin plus chaste. L'embrassant sur le front, Sherlock se leva et aida John à faire de même. Ils sortirent de la piscine, prenant garde aux flaques d'eaux, conséquences de leurs ébats.

Le détective posa une serviette sur les épaules du médecin et entreprit de se sécher lui aussi avant d'entourer ses hanches. Ils montèrent dans la chambre de John, se glissèrent sous le drap qui, seul, recouvrait le lit, pour se pelotonner dans les bras l'un de l'autre, appréciant les sages et tendres caresses mutuelles.

« John ?

- Hum ?

- Tu me donnes chaud.

- Ravi de te faire cet effet là.

- Non, réellement, collé à moi comme ça, tu me donnes vraiment chaud.

- Oh, fit John déçu en s'écartant de son amant.

- Je ne t'ai pas permis de t'éloigner, plaisanta Sherlock, serrant le médecin encore un peu plus contre lui. »

Ils rigolèrent doucement quelques instants, avant de s'endormir apaisés, quoiqu'étouffant à cause du soleil brûlant de cette fin de journée aoutienne.

FIN