Murmures

Sherlock et John étaient invités à l'anniversaire de Mycroft. Comme à son habitude, le détective n'avait pas voulu y aller mais son médecin l'y avait traîné, pour faire plaisir à l'homme au parapluie et pour sortir un peu de leur antisocialisme. Ils étaient arrivés en taxi, devant la luxurieuse villa et furent accueillis par trois gardes du corps et Anthea, pointant les invités arrivant sur la liste de son PDA. Rapidement, Sherlock se plaignit à John qui serrait des mains et souriait hypocritement.

Il imagina un petit jeu qui pourrait le distraire et décida de le mettre en application immédiatement. Sa victime ? Le Docteur John Watson.

Il s'approcha de lui et caressa doucement son dos, de haut en bas en suivant la colonne vertébrale et en insistant un peu plus au creux des reins. Le docteur manqua de s'étouffer avec un petit four et sentit ses joues prendre une teinte rosée sous la caresse.

« Sherlock, qu'est-ce que tu fais ? Disputa John à voix basse pour que les autres convives n'entendent pas.

- Tu m'as traîné ici, tu vas me le payer. Et si tu protestes, je bousille la soirée en foutant le feu au buffet.

- Tu n'oserais pas ?

- Tu penses ? répondit malicieusement le détective en attrapant un briquet dans la poche de la veste d'un tiers à ses côtés et en tendant la main vers une bouteille de vodka pleine. »

Le médecin baissa les yeux et détourna la tête, donnant ainsi un accord silencieux qui ravit Sherlock. John avala sa coupe de champagne d'un trait, tentant de cacher son malaise.

Sherlock continua son petit jeu pour déstabiliser le militaire de diverses façons. Il se mit devant John et se colla à lui pour attraper un toast derrière lui, frottant doucement son entrejambe sur le ventre du médecin. Assis tous les deux à une table, il fit semblant de faire tomber son portable pour cacher sa main sous la nappe et la remonter le long de la jambe gauche de John, le regardant rougir et respirer difficilement. Il garda ensuite sa main à courte distance de la zone dangereuse, massa la cuisse sensuellement puis la caressant ensuite du bout des doigts. Il se risqua à remonter encore plus haut et appuya sur la bosse formée par l'érection de John. Ce dernier toussa fortement, l'air extrêmement gêné. Il se pencha à l'oreille de Sherlock et murmura :

« Pourquoi tu fais ça Sherlock ? Pourquoi à moi ?

- Je m'ennuie. Et à toi parce que je sais que tu aimes ça John. Je t'ai vu te masturber en soufflant mon nom pendant ton orgasme John. J'ai aimé voir tes doigts parcourir ton sexe gonflé de plaisir, et ton visage, l'expression que tu avais, la tête rejetée en arrière, les yeux fermés, la bouche ouverte et les lèvres séchées par ta respiration rapide que tes lèvres n'arrivaient pas à humidifier. Tu m'excites John. Rien qu'y repenser … humm, John …

- Arrête s'il te plaît. On nous regarde bizarrement.

- Détends-toi John. Personne ne fait attention à nous ici. Nous ne somme pas importants pour eux. »

A chaque fois qu'il entendait son prénom soufflé dans son oreille, le médecin frissonnait. L'idée que Sherlock l'ai surpris le troubla, il ressentait de la honte. Une honte si grande qu'il se détourna de Sherlock et croisa ses jambes.

« Oh je t'en pris John, n'ai pas honte. C'est normal d'avoir des moments d'égarement. Des envies, des pulsions. Moi-même j'en ai tu sais.

- Quoi ? Toi ? S'écria John, en se retournant vers Sherlock. »

Son visage était proche, trop proche. Il ne l'avait pas senti se rapprocher, et il se sentait incapable de bouger pour le moment. Il était captivé par ses yeux qui brillaient de désir, par ces lèvres qu'il avait envie d'embrasser. Il humidifia ses lèvres et déglutit difficilement. Sherlock se rapprocha encore un peu, mais au moment de l'embrasser dirigea sa bouche à son oreille.

« Suis moi, murmura-t-il, si faiblement que John pensait avoir mal compris. »

Néanmoins, il suivit le détective, vers le couloir de l'entrée. Ils marchaient côte à côte, et Sherlock glissa sa main dans le dos du médecin et descendit jusqu'à ses fesses. Il remonta vers ses épaules et se pencha pour lui donner un baiser dans le cou, qui fit gémir John discrètement. Ils empruntèrent une porte qui les mena dans une pièce plongée dans le noir.

Sherlock alluma une lampe de chevet qui éclaira faiblement une bibliothèque, un canapé et quelques fauteuils. Il frôla un rideau et la lumière de la salle où se tenait la réception se diffusa furtivement. Les discussions et les rires parvenaient à leurs oreilles.

Sherlock s'approcha de John et glissa ses mains sous sa veste, se penchant à son oreille.

« Il va falloir être silencieux John, très silencieux. »

Il l'embrassa dans le cou et colla son bassin au sien. Il déboutonna la veste et la lui fit retirer avant de la balancer plus loin dans la pièce. Il dévorait toujours la peau du médecin et commençait à déboutonner la chemise. Puis il attrapa les mains de John qui restait immobile. Il les posa sur sa ceinture et murmura de nouveau à son oreille :

« Je t'ai vu plus actif que ça John … »

L'interpelé sursauta et repris ses esprits -ou ce qu'il en restait- pour commencer à agir. Il se battit avec la boucle et ses doigts maladroits, tentant de résister aux assauts du détective, à sa langue qui caressait sa peau, à ses dents qui la pinçaient délicatement, à ces lèvres qui la frôlaient, à ses doigts qui le parcouraient, qui ouvraient sa chemise, qui le griffaient.

Sherlock se stoppa soudainement, retint les bras de John, amena ses mains à son visage, l'enserra et se pencha délicatement sur lui, et l'embrassa avec une douceur infinie. Il caressa ses lèvres du bout de sa langue, demandant le passage qui s'ouvrit sans difficulté. Leurs deux organes se rencontrèrent pour danser un ballet sensuel. Ils se séparèrent quelques instants pour reprendre leur souffle, leurs regards se croisèrent et ils reprirent leur baiser, avec plus d'ardeur.

Les vêtements ne tardèrent pas à voler dans la pièce, et ils étaient là, debout et nus, s'embrassant, se dévorant, se découvrant. Sherlock poussa John sur le canapé et s'installa sur lui. Il embrassa son torse, jouant avec sa langue contre la peau pendant que ses mains prenaient de l'avance et s'aventuraient plus bas.

Sherlock descendit jusqu'au nombril, avec lequel il joua quelques instants, soutirant quelques gémissements de la part de John. Il descendit encore plus bas, atteignant l'épais duvet brun qu'il contourna pour déposer un chaste baiser sur l'aine gauche, puis la droite avant de continuer sa route, sur ses cuisses. Aux grognements de frustration, Sherlock sourit et fit le chemin inverse. Il embrassa la base du sexe en érection de John et remonta petit à petit avec sa langue jusqu'à le prendre entièrement en lui. Il allait et venait, tantôt lentement, tantôt avec plus d'entrain. Sentant John presque à bout, le détective, visiblement très expérimenté, remonta prendre ses lèvres, caressant son torse, passant ses doigts dans les cheveux châtains, bougeant lentement son bassin, frottant son érection contre celle du médecin.

Sherlock n'en pouvait plus, il n'allait bientôt plus pouvoir se retenir, mais il voulait que tout se passe en douceur. Enfin … Plus ou moins. Il glissa un genou entre les jambes de John qui instinctivement les écarta. Il glissa sa main vers l'intimité du médecin et introduisit un premier doigt, tout doucement, observant les réactions sur le visage de John. Il bougea en lui avant d'en mettre un deuxième et un troisième, caressant en même temps le ventre qui se contractait du bout des lèvres, pour détendre sa victime.

John s'habituait à la présence en lui de Sherlock mais en voulait plus, il se sentait prêt. Il bougea le bassin en grognant d'impatience et son partenaire compris tout de suite sa demande. Sherlock se releva et retourna John sur le côté, se plaçant ensuite entre le dossier du canapé et son amant, le torse contre son dos. Il se pencha à son oreille et murmura :

« John, si tu savais depuis quand … »

Il pénétra le médecin doucement.

« … J'attends ça … »

Il allait et venait, s'introduisant toujours plus profondément.

« John …

- Sherlock, souffla le deuxième homme.

- John, tu es … Ah

- Sherlock, She … Sherlo … AAH Sherlock. »

Le détective plaqua sa main contre la bouche de John.

« Shhh. Tu les entends, ils se pavanent, ils discutent, ils jouent les hypocrites. Mais si toi tu les entends, eux peuvent t'entendre aussi. Alors chut.

- Hmm. »

Sherlock appuya son avant-bras contre l'aine de John et dirigea sa main vers la hampe tendue du médecin. Il bougeait de plus en plus vite en lui, frôlant l'organe spongieux qu'il cherchait à atteindre. Il calla ses mouvements de bassin avec ceux de son poignet et donna quelques coups plus forts, maintenant la pression sur la bouche de John, parvenant ainsi à transformer les cris de plaisir en simples gémissements étouffés.

Il avait trouvé la prostate et l'atteignait maintenant à chaque tentative. John se mit à trembler légèrement, et se déversa dans la main de Sherlock dans un long gémissement. Le détective donna deux coups de plus et jouit en lui, mordant sa lèvre jusqu'au sang pour ne sortir aucun son de sa gorge.

Ils reprirent leur respiration doucement, allongés l'un contre l'autre, se remettant de leur orgasme. Sherlock caressait tendrement le bras de John, l'embrassant de temps à autre sur la pointe de l'épaule, puis frôlant la cicatrice.

Les bruits de la réception leur parvenaient plus clairement, les gens parlaient plus forts, l'alcool les ayant entrainés dans une douce frénésie. Sherlock se leva, leva John, le prit dans ses bras et l'embrassa tendrement. Ils se rhabillèrent rapidement, et voyant John avoir du mal à nouer sa cravate, il se rapprocha et de ses doigts agiles, résolu le problème. Il l'ajusta, réarrangea la tenue, le prit par les épaules et se pencha à son oreille.

« Je t'aime John. »

Il déposa un doux et chaste baiser sur sa joue, prit sa main et se dirigea vers la salle où les convives entonnaient déjà le traditionnel « Joyeux Anniversaire ». Ils se mêlèrent à la foule, leurs doigts toujours entrelacés, un sourire heureux sur le visage.

Mycroft souffla ses bougies, et au même moment, John murmurait à l'oreille de Sherlock.

« Je t'aime Sherlock. »

FIN