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Toudoudoum.
Tictictictic tictictictictictic.
Toudoudoum.
« John, arrête ça tout de suite.
- De quoi ?
- Ce bruit insupportable.
- Quoi taper sur mon clavier ? Mais tu …
- Pas ce bruit. »
Toudoudoum
« Ce bruit. »
John regarda son écran d'ordinateur, puis Sherlock. Puis son ordinateur de nouveau et éclata de rire. Un rire franc et spontané, qui le força à se plier en deux et se tenir les côtes.
« Quoi ? demanda Sherlock, visiblement vexé que le médecin se moque de lui.
- Tu ne reconnais pas ce bruit ?
- Non. Je devrais ?
- C'est l'un des bruits les plus connus de la planète, Sherlock.
- Et bien je ne le connais pas.
- MSN.
- Pardon ?
- C'est MSN.
- Et je suis censé savoir ce que c'est ? »
John cacha son visage dans ses mains et le secoua lentement de droite à gauche. Désespérant. Il se leva du bureau, prit son ordinateur et s'installa près de Sherlock, sur le canapé.
« Regarde. C'est un logiciel de messagerie instantanée. Tu te crées un compte, tu invite tes amis à te rentrer dans leur liste, ils peuvent t'envoyer des invitations aussi. Quand tu vois un contact de connecté, tu peux cliquer comme ça sur son nom pour commencer une discussion. Là je parle avec Clara. J'écris ce que je veux lui dire et elle me répond. Quand je reçois un message, ça fait le bruit que tu entendais. »
Pendant son explication, John avait accompagné la parole de gestes. Et Sherlock le regardait faire, étrangement intéressé. Il regardait les doigts du médecin parcourir le clavier lentement, le temps de trouver les lettres. Il va falloir qu'il s'entraine à écrire sur un clavier, cette façon de taper est … désespérante. Mais ces doigts …
« Sherlock ? Tu m'écoutes ?
- Hum ? Oh oui, oui je t'écoute.
- Alors, tu veux que je te crée un compte ou pas ?
- Je n'ai pas d'amis à qui parler.
- Et bien tu as moi déjà. Mais bon on vit ensemble alors …
- D'accord.
- Hum ?
- Allez, crée moi ce compte. »
Et John s'exécuta. En quelques secondes, l'adresse . était créée. John attrapa l'ordinateur de Sherlock et installa MSN. Puis il se réinstalla sur le bureau où sa tasse de thé attendait, fumante.
Sherlock reçu l'invitation de John et l'accepta. Il voulu tester tout de suite son nouveau jouet et ouvrit la fenêtre de conversation.
/Sherlock Holmes dit (21h43)
John.
« Quoi Sherlock ? »
/Sherlock Holmes dit (21h43)
John.
« Sherlock ? »
/Sherlock Holmes dit (21h44)
John ?
/John Watson dit (21h44)
QUOI ?
/Sherlock Holmes dit (21h45)
Oh rien. Je teste.
/John Watson dit (21h45)
On est dans la même pièce Sherlock …
/Sherlock Holmes dit (21h45)
Et alors ?
« Sherlock tu es désespérant … »
/Sherlock Holmes dit (21h46)
Je trouve ce moyen de communication très pratique, John.
/John Watson dit (21h47)
… Ah oui ?
/Sherlock Holmes dit (21h47)
Oui, on peut dire tellement de choses qu'on n'ose pas forcément dire en face.
Je vais me coucher moi, notre dernière enquête m'a épuisé.
/John Watson dit (21h48)
Comme quoi ?
/Sherlock Holmes dit (21h48)
Bonne nuit John.
Sherlock Holmes s'est déconnecté (21h48)
/John Watson dit (21h49)
Non attends.
Et merde.
John soupira et partit dans sa chambre lui aussi. Il n'était pas spécialement fatigué mais il avait hâte de retrouver le confort de son lit.
Bien installé sous ses couvertures, en pyjama, il rouvrit MSN et vit que Sherlock était connecté.
/John Watson dit (22h13)
Alors ? Tu ne dors pas ?
/Sherlock Holmes dit (22h14)
Non. Je n'ai pas vraiment sommeil finalement.
/John Watson dit (22h14)
Que voulais-tu dire tout à l'heure ?
/Sherlock Holmes dit (22h16)
Qu'il y a certaines choses que j'aimerai dire à certaines personnes mais que je me sens incapable de les prononcer. Donc MSN est pratique.
/John Watson dit (22h16)
Ah ok !
Mais attends
…
/John Watson dit (22h17)
Tu n'as aucun contact MSN.
A part moi.
/Sherlock Holmes dit (22h18)
Ah oui vraiment ?
…
/John Watson dit (22h19)
C'est à moi que tu veux dire quelque chose ?
/Sherlock Holmes dit (22h19)
Ce coup-ci je vais réellement me coucher.
/John Watson dit (22h19)
Et je t'interdis d'aller te coucher avant de m'avoir répondu.
/Sherlock Holmes dit (22h20)
Je ne suis pas sûr que tu sois prêt à l'entendre.
/John Watson dit (22h20)
Tu n'aurais jamais du me laisser me servir de ton téléphone Sherlock …
/Sherlock Holmes dit (22h21)
…
Que veux-tu dire par là ? J'ai peur de comprendre.
/John Watson dit (22h22)
Mycroft a l'air de bon conseil.
/Sherlock Holmes dit (22h22)
TU AS FOUILLE DANS MON TELEPHONE ?
/John Watson dit (22h23)
Tu as fouillé dans mon ordinateur, ma boite mail, mon téléphone, tu ouvres mon courrier, …
/Sherlock Holmes dit (22h24)
…
Bien. Un point pour toi.
/John Watson dit (22h24)
Alors, que veux-tu me dire ?
/Sherlock Holmes dit (22h24)
Tu l'as déjà lu.
/John Watson dit (22h25)
Je suis sûr que tu n'as pas tout dit à ton frère. Ça reste ton frère …
/Sherlock Holmes dit (22h25)
Bien.
/Sherlock Holmes dit (22h35)
John, je suis attiré par toi. Je pense que c'est de l'amour. Je ne sais pas vraiment, je n'ai jamais ressenti cette émotion. En tout cas, il n'y a pas que ça. Quand je te vois, il y a des choses qui me viennent à l'esprit, que j'aimerai faire avec toi. C'est très gênant. Quand je dis des choses … Ce n'est pas t'accompagner faire les courses. C'est plus … intime.
/John Watson dit (22h36)
Je t'en pris, développe ça m'intéresse.
/Sherlock Holmes dit (22h36)
John …
/John Watson dit (22h36)
Sherlock …
/Sherlock Holmes dit (22h37)
Tu es sûr ?
/John Watson dit (22h37)
Oh oui Sherlock …
/Sherlock Holmes dit (22h40)
Je m'imagine des choses, entre nous. J'en rêve la nuit.
/Sherlock Holmes dit (22h46)
Tu es assis sur le canapé, buvant ton thé devant la télé, je m'approche, t'allonge, et je m'installe sur toi, pour t'embrasser. D'abord tes lèvres, puis ton cou. Ensuite j'enlève ton pull horrible, le beige et je le balance dans la pièce. Ta chemise, je la déboutonne tout en goûtant ta peau, chaque centimètre carré que je découvre. Ensuite je fais courir mes mains sur ton torse.
/Sherlock Holmes dit (22h53)
J'enlève ta ceinture, et je t'enlève ton pantalon. Je fais descendre doucement ton sous-vêtement, je t'entends gémir de plaisir et ça m'excite encore plus. Je prends ton sexe dans ma bouche et je le caresse avec ma langue. Je suis obligé de tenir tes hanches parce que tu bouges trop. Et tu gémis, et tes gémissements parviennent à mes oreilles comme une incitation à continuer.
/Sherlock Holmes dit (23h02)
Ensuite je me déshabille et tu écartes tes jambes pour me laisser te préparer en douceur. Tu me regardes dans les yeux, la bouche ouverte, tu te forces à soutenir mon regard, tu bouge ton bassin, tu veux que je vienne en toi mais il faut attendre, je ne veux pas te faire mal, je veux que ça se passe le mieux possible, John. Je finis par retirer mes doigts de toi, tu grognes de frustration.
/Sherlock Holmes dit (23h10)
Je reviens vers tes lèvres, et tandis que je t'embrasse, je viens en toi. Tu grimaces un peu de douleur mais ma main vient caresser ton sexe et tu te détends, tu commences à prendre du plaisir, je sens tes mains partout sur mon corps tandis que je bouge en toi, d'abord lentement, puis de plus en plus vite, de plus en plus profondément jusqu'à atteindre ce petit organe, et tu cries. Encore et encore.
/Sherlock Holmes dit (23h11)
Jusqu'à ce qu'on arrive tous les deux à la jouissance.
C'est à ce genre de choses que je pense quand je te regarde John.
/John Watson dit (23h13)
Sherlock …
John Watson s'est déconnecté (23h13)
Sherlock était dans son lit. Ça lui avait fait mal de dire tout ça, mais en même temps tellement de bien … Il avait peur maintenant. Peur de la réaction de John. Il était persuadé, en cet instant, que le médecin allait fuir, le quitter, ne plus vouloir le revoir, à cause de ce qu'il lui avait dit. Mais d'un autre côté, son esprit lui disait le contraire. Parce qu'il avait bien remarqué tous les petits regards, la gêne dans sa voix de temps en temps, et d'autres signes que le détective ne laissait pas le médecin indifférent. Une larme roula cependant sur sa joue, tandis que l'érection qu'il avait eu rien qu'en pensant à ce rêve qu'il avait fait plusieurs fois se calmait.
Soudain, la porte s'ouvrit violemment, faisant sursauter Sherlock. John se tenait dans l'embrasure de la porte. Il s'approcha, pris l'ordinateur et le posa par terre, s'assit sur le bord du lit et se pencha sur les lèvres du détective.
A seulement quelques millimètres, il s'arrêta et murmura :
« Je ne visualise pas très bien ce que tu m'as dit Sherlock, tu crois qu'on peut arranger ça ? »
Le minuscule obstacle fut franchi, Sherlock fit basculer John sur le lit et ensemble, ils visualisèrent toute la nuit.
FIN
