Chapitre 5

Deux santés fragiles !

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Kaede secoua la tête, désabusée tandis qu'elle soignait la blessure de Hoshiko. Comment cette gamine peut-elle être aussi irresponsable ? se demanda la vieille miko. Elle se demanda également si cette dernière était bien l'envoyée du ciel. Puis, regardant son front, elle aperçut bien l'étoile. Cette marque était d'une blancheur de nacre, se voyant à peine sur la peau blanche de la gamine. Mais elle se souvenait bien l'avoir vu briller d'une lueur mauve pâle la nuit dernière. il n'y avait donc pas de doute possible. Quand elle en eut finit, Hoshiko s'en alla en compagnie de la petite Rin qui l'appréciait énormément. Elle jouait avec la petite, faisant attention à elle comme une mère ou une grande sœur l'aurait fait. Cela réchauffait le coeur de Kaede qui avait peur que Hoshiko ne perde sa bienveillance. Car elle pouvait être corrompue par un Youkai, ce qui rendrait alors les choses presque irréversibles. Mais cette jeune fille était la pureté même. Sa force première. Son âme n'était pas teintée comme les autres, mais d'un blanc immaculé. Et elle devait le rester pour qu'elle conserve sa force, sa puissance. C'était la condition que l'on ne pouvait ignorer. Elle en avait parlé à Sesshômaru, Inuyasha et les autres. Tous veilleraient alors sur elle afin que rien ne puisse la détourner du droit chemin.

Le lendemain, Jaken se tenait près, à côté de Ah-Un. Espérant bien que Sesshômaru ne déciderait pas de repartir seul avec lui. Rin avait réussi à mettre un peu de douceur lorsqu'elle avait été avec eux. Hoshiko avait réussi à rendre l'atmosphère moins lourde. Même si c'était assez étrange de voir Sesshômaru réagir avec elle. Elle semblait être à l'abri de ses colères même lorsqu'elle les provoquait. Sesshômaru arriva alors. Rin courait après lui.

- Sesshômaru-sama ! s'écriait-elle.

- Rin, tu restes ici, dit-il tout simplement.

- Vous reviendrez Sesshômaru-sama ? s'enquit la petite.

Sesshômaru ne répondit pas. Peu bavard, comme toujours. Rin le savait bien. Tout comme elle savait qu'il reviendrait de toute façon. Tous étaient présents. Kaede, Kagome, Inuyasha et compagnie. Hoshiko était assise un peu plus loin dans l'herbe, sans lui prêter attention.

- Tu es sûr de ne pas vouloir l'emmener avec toi Sesshômaru ? s'enquit Kaede.

Il ne répondit pas et s'envola avec Jaken et Ah-Un. Hoshiko ne lui avait pas lancé un seul regard. Elle joua avec Rin toute la journée. Mais le soir, elle ressentit une étrange faiblesse. Elle se garda bien de le montrer aux autres. Elle avait mangé avec Inuyasha et toute la troupe autour d'un bon feu. Ils avaient parlé, rigolé, et fait bien d'autres choses amusantes et stupides. Mais c'était une belle soirée. C'était comme une grande famille et elle se sentait acceptée, comme si elle en faisait partie elle aussi. Ce qui était probablement le cas.

Elle alla se coucher avec Rin. Elle s'endormit rapidement, ce qui n'était pas habituel chez elle qui mettait parfois des heures à trouver le sommeil. Mais Kaede ne le remarqua pas, Rin non plus. Elle fit alors un étrange rêve. Elle entendit encore cette voix. Mais elle ne saisissait pas ce qu'elle lui disait. Mais c'était comme un chant mélodieux et apaisant. Quand elle se réveilla le lendemain, elle était en pleine forme. Comme à son habitude, elle alla jouer un peu avec Rin, cueillant des fleurs et faisant des jeux amusants. Puis elle alla avec Kaede apprendre quelques remèdes et herbes. Et termina la journée par un entraînement sous la surveillance de Sango, Kohaku étant repartit. Inuyasha s'était joint à elle et donnait des conseils. C'était devenu une routine depuis le départ de Sesshômaru, une semaine plus tôt.

Sesshômaru, quant à lui, était repartit sur les traces de ce mystérieux Youkai qui tirait les ficelles depuis tout ce temps. C'est quand même incroyable que je ne l'ai pas remarqué plus tôt. Il se servait de son odorat et de sa capacité à sentir les miasmes. Mais rien n'y faisait. Un soir, alors qu'il s'était arrêté près d'une grotte, il ressentit un curieux vide et un légère faiblesse qui partit aussi vite qu'elle était venue. Il fronça les sourcils. D'où cela venait-il ? La faiblesse avait disparut, mais le vide demeurait présent. Qu'est-ce que ça signifie ? Il se redressa et regarda le ciel. Rien, il scruta les alentours, rien non plus. Alors si personne n'était dans les parages, qu'est-ce qui pouvait bien lui faire ressentir tout ça ?

Le lendemain, il constata que rien ne semblait anormal, excepté encore ce vide. Quelque chose lui manquait, restait à savoir quoi... ou qui ? Il reprit sa traque, Jaken le suivant avec Ah-Un, se demandant quand ils allaient retourner au village d'Inuyasha pour voir Rin et Hoshiko. Il sentit alors la présence d'un miasme, loin, vers l'est. Il y dirigea alors ses pas sans même hésiter. Si un Youkai posait un miasme, c'est qu'il voulait qu'on le trouve... ou qu'il avait quelque chose à cacher.

Au bout d'une semaine de voyage, il ressentit à nouveau cette faiblesse, en plus prononcé avec une pointe de douleur et le vide qu'il ressentait grandit un peu plus. Mais qu'est-ce que... ? Aussitôt, la faiblesse et la douleur disparue. Il ne laissa rien paraître de son trouble mais il n'en restait pas moins présent. Ce vide... Il ne comprenait pas du tout ce qui se passait et il n'aimait pas ça. Pas du tout même. Quand il arriva enfin, il constata que le miasme avait disparu. Il fronça les sourcils. Celui qui avait créé ce miasme devait être vraiment prudent. Et beaucoup plus rusé que Naraku.

- Sesshômaru-sama, fit Jaken.

- On y va, déclara Sesshômaru qui s'envola sans plus attendre.

Jaken se dépêcha de le suivre avec Ah-Un. Il trouvait que Sesshômaru était bizarre ces temps-ci. Mais il n'osait pas le lui faire remarquer. Il ne voulait pas mourir, sachant que son maître n'avait plus le Tensaiga pour le ressusciter. Alors il se gardait bien de le lui faire remarquer. Ils durent faire une pause au bout de trois jours, Sesshômaru ressentant à nouveau cette faiblesse ainsi que cette douleur de façon plus intense. Le vide qu'il ressentait grandit de nouveau. Encore... Il constata alors que ces moments de faiblesses devenaient de plus en plus fréquent et de plus en plus pénibles, sans parler de l'irritation qu'il pouvait ressentir de cette situation lui qui détestait être faible. S'il y avait une personne qui pouvait répondre à cela, c'était bien cette vieille miko. Alors ils repartirent et revinrent au village où Kaede s'occupait à ce moment de la petite Rin qui s'était blessée en tombant.

Quand Sesshômaru arriva, il remarqua Hoshiko qui avait fait d'énormes progrès dans le maniement de l'épée double. Cependant, elle s'arrêta un moment, se servant de son arme pour appuie.

- Hoshiko-chan ? Encore ? s'inquiéta Sango.

Comment ça « encore » ? Sesshômaru se rapprocha. Inuyasha le remarqua tout de suite mais ne lui prêta pas trop d'attention, préoccupée par Hoshiko.

- Hoshiko-chan ! s'écria Sango lorsqu'elle s'effondra.

L'étoile sur son front brillait d'une lueur extrêmement faible. Sesshômaru se prit à avoir peur pour elle. Il avança, vers elle, tentant de conserver un visage et une attitude neutre. Il s'agenouilla vers elle et le vide disparut lorsqu'il la souleva de terre pour l'amener à Kaede. Il se figea de surprise. Comment arrivait-elle à faire disparaître ce vide ? Il l'amena à Kaede qui fut surprise de le voir, mais pas surprise de l'état de Hoshiko.

- Encore... constata-t-elle.

- Comment ça, « encore » ? fit Sesshômaru.

- C'est la troisième fois depuis ton départ, expliqua Inuyasha.

- En quoi mon départ a un rapport ?

- C'est simple, et évident, Sesshômaru, fit la vieille miko.

- Pas pour tout le monde.

- Sans que je ne sache pourquoi, tu es lié à elle et elle à toi, avoua Kaede.

- C'est impossible, répliqua le Daiyoukai.

- N'as-tu pas ressenti des moments de faiblesses durant ton absence ? demanda Kaede.

Sesshômaru ne répondit pas. C'était avouer sa faiblesse et il ne le voulait pour rien au monde. Si ce qu'il pensait était confirmé, Hoshiko devenait sa faiblesse.

- Comment faire pour briser ce lien ? demanda-t-il.

- A part la tuer ou te tuer toi, quoi que tuer l'un peu engendrer la mort de l'autre, je ne vois pas, répondit sarcastiquement Inuyasha qui en avait parlé auparavant avec la vieille miko.

- Mais comment puis-je être lié à cette créature ? demanda Sesshômaru à qui la situation déplaisait de plus en plus.

- Je n'en sais rien, avoua Kaede. Mais tu trouveras peut-être la réponse le moment venu, déclara Kaede avant de partir suite à l'appelle d'un villageois dont la femme accouchait.

- Que vas-tu faire Sesshômaru-niisan ? fit Inuyasha d'un air suffisant.

Sesshômaru resta muet, ignorant avec brio les pics que lui lançaient Inuyasha. Il se focalisa sur le visage de la jeune femme à qui il était apparemment lié par une force mystérieuse qui le poussait vers elle et elle vers lui. Ce n'était pas bon... pas bon du tout. Si elle venait avec lui, elle serait en danger constant puisque ses adversaires la verraient comme sa faiblesse - ce qui, apparemment était le cas - et s'il la laissait là, il serait affaiblit et elle aussi. Et s'il s'éloignait longtemps d'elle ? Que se passerait-il ? Est-ce qu'ils mourraient tous les deux ? Il devait admettre qu'il était bel et bien coincé par cette situation.

Il sortit enfin prendre l'air, se demandant ce qu'il allait bien pouvoir faire. Il ne pouvait apparemment pas s'éloigner d'elle plus d'une à deux semaines, et l'emmener avec lui l'exposerait à ses ennemis. Que devait-il faire ?

Hoshiko se réveilla en sursaut. Puis, elle scruta les alentours. Elle reconnut alors l'habitation dans laquelle elle vivait avec Kaede et Rin. Elle se leva, se rattrapa au mur à cause d'un léger malaise et attendit que sa tête arrête de tourner. Puis, elle sortit pour respirer l'air frai.

- Grande sœur ! s'exclama Rin en lui sautant dans les bras.

Hoshiko manqua de tomber à la renverse mais parvint à conserver son équilibre avant de la serrer fort dans ses bras afin de la rassurer. Rin avait dû s'inquiéter de sa faiblesse passagère. Bien qu'elle n'en connaissait pas la cause, elle n'en était pas vraiment curieuse. Ce qui ne lui ressemblait pas.

- Oh, Hoshiko-chan, tu te sens mieux ? demanda Sango en arrivant.

- Oui, étrangement d'ailleurs, répondit la jeune fille.

- C'est sans doute parce que Sesshômaru est revenu que ton état s'est amélioré.

- Pardon ? s'écria Hoshiko, n'ayant pas envie de croire ce qu'elle venait d'entendre.

- Aucune importance, éluda Sango avec un sourire gêné avant de se dépêcher de déguerpir avant que la jeune fille ne la harcèle jusqu'à ce qu'elle crache le morceau.

Elle continua sa route et croisa Kagome qui se disputait avec Inuyasha sur un sujet idiot, comme toujours. Ils s'arrêtèrent et lui sourirent. Inuyasha s'approcha d'elle et lui mit la main sur son front afin de voir si elle avait encore de la température.

- Comment vas-tu aujourd'hui, Hoshiko ? s'enquit-il sur un ton tendre et fraternel.

- Je vais beaucoup mieux ! s'exclama-t-elle joyeusement. D'ailleurs je ne sais pas ce qui m'a prit ces deux dernières semaines, avoua-t-elle.

- Moi je le sais, mais j'ai bien peur que la réponse ne te plaise pas, marmonna Inuyasha.

- Pourquoi ? demanda-t-elle.

- Bon, bah... si tu veux le savoir... demandes à Kagome ! sourit-il avant de déguerpir, laissant la pauvre Kagome seule.

- Oh le lâche ! s'écria-t-elle. Il va m'entendre ce soir ! ragea-t-elle.

- Kagome ? demanda la jeune fille.

- Très bien, soupira la jeune miko. La cause de ton précédent état de santé a un rapport avec Sesshômaru apparemment. Si tu veux en savoir plus, je te conseillerai d'aller lui parler, conclut-elle en se dirigeant vers les champs.

Autrement dit, c'est de la faute de cet idiot de sale cabot... Elle se servit alors de ses capacités acquises auprès de Sango et de Kohaku pour repérer Sesshômaru. Elle s'enfonça alors dans la forêt, suivant sa trace. Elle arriva alors devant Ah-Un et Jaken qui se plaignait encore du fait que Sesshômaru l'ait encore abandonné. Quand il vit Hoshiko, il se précipita vers elle comme pour lui sauter dans les bras. Hoshiko s'écarta de sa trajectoire pour le voir tomber juste à côté d'elle.

- Jaken, où est le stupide Youkai qui t'accompagnes ? demanda Hoshiko.

- Hoshiko-sama, ce n'est pas un stupide Youkai, Sesshômaru-sama est un Daiyoukai, rectifia Jaken.

- Peu m'importe ! le coupa Hoshiko.

- Mais, c'est lui manquer de respect, répliqua Jaken.

- Jaken, on va faire un jeu, sourit Hoshiko.

- Quel jeu ? demanda Jaken tout content.

Son sourire disparut aussitôt lorsqu'il vit celui de la jeune femme. Elle l'attrapa et le ficela avant de le mettre dans un sac. Loin de son bâton à deux têtes, le pauvre Jaken ne pouvait plus rien faire, ficelé comme il l'était. Elle s'assit ensuite à côté de Ah-Un et attendit que Sesshômaru daigne se montrer. Il l'observait déjà, elle le sentait. Elle ne laissa rien paraître. Il sera furieux quand il verra ce que j'ai fais à son serviteur... Bah, tant mieux ! Un sourire se dessina sur ses lèvres.

Sesshômaru avait observé toute la scène, amusé. Elle avait du cran, il ne pouvait décidément pas le nier. Cependant, comment devait-il réagir ? Elle était tellement différente des autres qu'ils ne savaient plus quel comportement adopter. Il se décida enfin à se montrer. La jeune fille lui jeta à peine un regard et bailla un bon coup avant de le regarder de nouveau.

- Tiens, je ne m'attendais absolument pas à ce que vous vous montriez, fit-elle avec un sourire mutin.

- Que me vos la visite d'une modeste humaine ? s'enquit-il, tentant de rester aussi froid qu'habituellement.

- Oh... une amie m'a conseillé de venir vous demander pourquoi ma santé avait un lien avec vous, fit-elle en regardant ses ongles.

Sesshômaru fronça les sourcils. voilà bien un point qu'il ne voulait pas aborder, et surtout pas avec la personne concernée. Il resta un moment pensif. Que dois-je lui dire maintenant ? Elle ne semblait pas du genre à se dégonfler et était, il l'avait appris à ses dépends les premiers jours, bornée comme pas possible. Pire que son demi-frère. Mais ça en ajoutai à son charme, il devait l'avouer. Elle avait une force brut et sauvage, elle ne cachait pas ce qu'elle était, ce qui la rendait encore plus intéressante. Cependant, il n'était pas sûr de vouloir tout lui raconter. De plus, il n'arrivait pas à se décider entre la prendre avec lui ou la laisser ici. Mais il se doutait bien que s'il lui disait la vérité, sa réaction serait tout aussi violente et irréfléchi qu'elle le montrait. De plus, s'il s'affaiblissaient mutuellement en restant loin l'un de l'autre, ils n'avaient pas vraiment le choix. Mais il allait vraiment falloir qu'il apprenne la vérité sur ce qui se passait entre lui et cette gamine. Et qu'il apprenne à la supporter et vice-versa !

Pendant ce temps où les deux s'affrontaient du regard, le pauvre Jaken se débattait dans le sac en toile. Sesshômaru ne fit même pas attention à lui, cependant, il fut surpris de voir la jeune fille soupirer et le délivrer de son propre mauvais coup. Jaken allait lui sauter dans les bras pour la remercier mais la jeune fille s'écarta pour l'éviter... et tomba sur Sesshômaru, les envoyant tout les deux à terre. Elle se redressa, passant de la position "allongée de tout son long sur Sesshômaru" à la position "à califourchon sur Sesshômaru". Durant ce petit moment de surprise, ils se regardèrent dans les yeux. Pour la première fois, Sesshômaru ne put rien cacher et ne parvint pas à conserver ce masque froid et indifférent. Il fixait le jeune fille avec un regard surpris et assez... C'est pas vrai, ne me dîtes pas que je rougis ! Sesshômaru se releva d'un coup et lui tourna le dos. Elle en était stupéfaite. Le grand Sesshômaru connu pour être indifférent à tout, venait de... rougir ? Avec ça, elle allait pouvoir l'avoir à se merci pendant un bout de temps.

- Sesshômaru-sama a rougis ! s'écria Jaken, n'en croyant pas ses yeux.

- La ferme ! fit Sesshômaru.

Il était encore gêné et restait dos à elle. Tentant de se calmer. Mais... qu'est-ce qui m'arrive ? Il finit par reprendre ses esprit ainsi que son masque d'intouchable et se retourna pour fixer la jeune fille qui le regardait d'une façon moqueuse. Elle osait se foutre de lui en plus. Et bizarrement... c'était la seule qu'il n'aurait jamais pu toucher pour une telle effronterie. Mais comment ? Pourquoi était-elle si... ? Il n'arrivait pas à trouver le juste mot. Cette fille semblait être à l'abri de sa fureur.

- Alors, on rougit ? fit-elle amusée avant de lui tourner le dos et de commencer à s'éloigner.

- Où comptes-tu aller ? lui demanda-t-il, étant redevenu celui que tout le monde connaissait.

- Raconter tout cela à ton cher petit frère, fit-elle avec un sourire démoniaque.

- Tu n'as pas intérêt ! la prévint-il.

- Sinon quoi ? le défia-t-elle en retournant vers lui, se mettant sur la pointe des pieds afin de le regarder dans les yeux, son visage à quelques millimètres.

Sesshômaru ne répondit pas, il se contenta de la soulever et de la balancer sur son épaule sous les yeux ébahis de Jaken. Jamais il n'avais vu Sesshômaru porter quelqu'un, pas même Rin. Il en restait figé de surprise. Quand Sesshômaru le remarqua, il le regarda.

- Jaken ! On s'en va ! ordonna-t-il.

- Quoi ? Mais... Sesshômaru-sama... vous... Vous... et cette gamine ?

- Elle vient avec nous.

Il reprit sa marche, la jeune fille se débattant sur son épaule et lui frappant le dos à coups de poings. Cela ne lui faisait absolument rien. A part le faire sourire, amusé, effrayant au passage ce pauvre Jaken. Qu'a cette gamine de si particulier pour changer le comportement de Sesshômaru-sama ? Il ne trouvait pas ce qu'elle avait de si spécial. Cependant, il se doutait bien que c'était bien elle la cause de ce changement de comportement. Quand Sesshômaru s'envola, suivit de Jaken avec Ah-Un, Hoshiko lâcha un cri de frayeur et se cacha les yeux de ses mains, avant de s'agripper à Sesshômaru, les bras autour de son cou. Ce qui changea complètement sa posture. Quelque seconde auparavant, elle était sur son épaule comme on porterait un sac de patates et elle se retrouvait à présent dans ses bras, telle une princesse, cachant son visage dans son cou. Avait-elle si peu confiance en lui ? Mais qu'est-ce que... ? Voilà maintenant qu'il s'inquiétait du manque de confiance de cette jeune fille en lui ! C'était un comble ! On aura tout vu ! Il sentit son visage un peu plus chaud au niveau des joues... Non ! C'est pas possible ! Il se reprit juste à temps et réussit à conserver son masque de froideur. Il ne changea cependant pas la position de la jeune fille.

Elle, elle respirait son odeur, le visage enfouit dans son cou. Elle se prit à être attirée pas cette odeur. Elle en ferma les yeux, se sentant étrangement... bien. Je crois que je ne tourne vraiment pas rond ! Ça, c'était un euphémisme. Cependant, elle resta ainsi. Tant qu'à faire, autant en profiter. Puis, elle repensa soudain à un peu plus tôt. Jaken l'avait appelée Hoshiko-sama et non Hoshiko. Pourquoi l'avait-il élevée à un rang supérieur ? C'était à ne plus rien y comprendre. Elle finit pas s'endormir. Elle se mit à frissonner à cause du vent frai qui venait la fouetter puisque Sesshômaru volait vite dans les airs. Il s'en rendit compte et ramena sa fourrure un peu plus sur elle. Elle se blottit d'avantage contre lui, l'attendrissant. Quoi ? Venait-il de penser que cette scène était... attendrissante ? Cela ne s'arrangeait pas, il devenait vraiment fou ! Si seulement il n'avait jamais rencontré cette gamine. La poitrine toute faite de rondeur qui s'appuyait contre son torse à cette instant, eut pour effet de lui prouver que : 1) Elle n'était définitivement pas une gamine ; 2) Cela le fit déglutir difficilement ; 3) Son changement de comportement était dû à... Non ! Je ne suis absolument pas attiré par elle ! Il se conforta dans cette idée. Cependant, il eut tout de même un peu trop chaud. La prochaine fois, elle voyagerait sur Ah-Un !

Au village, Sango s'inquiétait de ne pas voir Hoshiko revenir de la forêt. Elle en fit part à ses compagnons. Inuyasha leva un sourcil et huma un peu l'air. Il ne pu s'empêcher d'éclater de rire.

- Qu'est-ce qui te fait rire ? s'enquit Kagome, énervée.

- Je ne sens plus l'odeur de Sesshômaru ! répondit-t-il.

- Et alors ?

- Et bien... je ne sens plus non plus celle de Hoshiko, t'as besoin d'un dessin ? fit-il d'un air suffisant.

- Sesshômaru l'a... emmenée ? s'écria Kagome.

- Ouais ! Ce qui signifie qu'il a finit par accepter le fait qu'ils sont tous les deux liés !

- … Ou pas... ajouta Miroku.

En effet, ce dernier avait raison, ce n'était pas pour cette raison que Sesshômaru avait emmenée Hoshiko. C'était plutôt pour ne pas se voir ridiculiser par cette dernière. En ce qui concernait le lien... C'était une toute autre histoire. Les amis rentrèrent donc chacun chez soi, un peu rassurés. Sesshômaru était plus que apte à protéger la jeune fille. Ça, pas de doute là dessus. Kagome et Inuyasha rentrèrent chez eux. A peine furent-ils rentrés que Kagome, d'humeur plutôt câline, se blottit contre lui avec des yeux emplis de désir. Inuyasha sourit alors d'une manière assez... taquine et la souleva dans ses bras pour aller l'allonger sur leur futon avant de se jeter sur elle pour répondre à toutes ses attentes. Il eut une pensée pour son frère et Hoshiko. Allaient-ils finirent par s'aimer ? Ce serait dommage pour la jeune fille de ne pas connaître ce sentiment sachant qu'elle ne pourrait jamais s'éloigner de Sesshômaru. Il avait bien intérêt à rendre heureuse la jeune fille, sinon, il lui tomberait dessus, suivit de Kagome et de tous les autres. Kagome le ramena vers l'instant présent et lui fit oublier tout ce qui n'était pas eux, et leurs corps enlacés de manière si sensuelle.

Plus loin, bien plus loin, Sesshômaru décida de faire une halte et déposa Hoshiko à terre, l'allongeant délicatement. Cependant, elle s'accrocha à lui, refusant de quitter la chaleur qu'il lui donnait contre le froid de la nuit. Il soupira d'ennui et réussit à la décrocher de lui. Mais quand il la vit frissonner sans arrêt de froid, il détacha sa fourrure et l'en enveloppa. Elle arrêta alors de frissonner pour se blottir dans la fourrure. Jaken avait observé la scène estomaqué par le comportement si attentionné de Sesshômaru. Ce dernier ne fit pas attention et sortit, sans son armure ni sa fourrure. Il alla s'asseoir à l'extérieur de la grotte où ils s'étaient arrêtés pour observer les étoiles et leur demander pourquoi il se sentait si bizarre près de cette fille. Il n'eut cependant aucune réponse et pensa à autre chose qui lui ressemblait plus que de s'inquiéter pour les autres. Cependant, il ne pu s'empêcher de repenser à leur rencontre. Cette nuit là, il avait volé vers elle sans aucune hésitation. Ce qu'il n'aurait, en temps normal, jamais fait. Il s'était inquiété pour elle et l'avait protégé et sauvé, ce qu'il n'aurait également jamais fait, sauf pour certaines personnes... et encore, pas comme il l'avait fait pour elle. Il soupira et appuya sa paume contre son front, soupirant de confusion et de frustration. De fatigue aussi. Que m'arrive-t-il ?

Il ne s'aperçut pas que la jeune fille s'était réveillée. Elle avait pris la fourrure, la gardant sur ses épaules et s'approcha de lui. Il ne fit pas attention à elle, regardant les étoiles. Elle leva le visage pour les observer elle aussi, avant de reporter son regard sur ce Youkai qui était différent de ce qu'il laissait paraître. Elle s'assit à côté de lui et posa sa tête sur son épaule avant de se blottir contre son bras. Il fut surpris et voulu la repousser avant de soudain se raviser. Il se sentait apaisé. Étonnant... Il soupira avant de passer son bras autour de ses épaules pour lui prodiguer un peu plus de chaleur. C'était incroyable comme il pouvait se ramollir auprès de cette gamine. Il allait vraiment falloir qu'il se reprenne. Mais pour le moment, il la laissait dormir, au chaud, au creux de ses bras. Pour cette fois, juste cette fois...

La jeune fille se réveilla et fut un peu surprise en se réveillant, de constater que Sesshômaru l'avait laissée dormir tout contre lui, la tête à la base de son cou et le bras du Youkai l'entourant pour l'empêcher d'avoir froid. Cependant, elle n'allait pas s'en plaindre. Au contraire, elle était plutôt contente. Elle voyait bien qu'il se comportait différemment avec elle. Elle resta lovée contre lui, profitant de sa chaleur et de sa proximité. Elle se sentait si bien... si complète... C'était très étonnant, et un peu effrayant. Comment se faisait-il qu'elle en vienne à apprécier le fait d'être lovée tout contre lui alors qu'il l'avait emmenée de force avec lui ? Non, elle ne devait pas se laisser aller à un tel manque de volonté !

Elle s'écarta soudainement de lui, surprenant un peu le Youkai qui la regarda avec des yeux incertains. Elle ficha son regard dans le sien et n'arriva pas à comprendre pourquoi elle s'y noyait ainsi. Il allait vraiment falloir qu'elle se reprenne, ça en devenait presque inquiétant. Mais ses yeux étaient si beaux et si... attendez une minute. Venait-elle de penser que ses yeux étaient beaux et attirants ? Ça ne va vraiment pas ! Il faut absolument que je me reprenne ! Elle se leva et s'éloigna de lui sans lui accorder un seul regard. Elle décida ensuite d'aller se baigner un peu dans la rivière, elle avait besoin de se laver.

Sans même vérifier les alentours, elle se déshabilla, sans aucune gêne, et entra dans l'eau. Elle grimaça en constatant à quel point elle pouvait être froide. Aller, un peu de courage ma fille ! Elle avança jusqu'à en avoir jusqu'à la taille. Puis, elle prit son courage à deux mains et s'immergea complètement avant de ressortir son buste de l'eau, dans un cambrement assez sensuel. Elle continua de barboter dans l'eau, se disant qu'elle n'était pas si froide que ça finalement. Elle se sentait un peu plus détendue et plus propre.

Sesshômaru n'avait pas cessé de la surveillé et s'était sentit étrangement attiré par la sensualité qu'elle dégageait. Et une partie qu'il aurait bien aimé ne pas se voir manifestée s'était un peu éveillée. Je ne tourne vraiment pas rond ! Néanmoins, il ne put détourné les yeux de ce magnifique spectacle. Elle frissonnait suite à un coup de vent frai, lui donnant ainsi la chair-de-poule. Elle replia ses bras sur sa poitrine, essayant de conserver un peu de chaleur. Puis, elle décida qu'il était temps de revenir sur la rive et de s'habiller. Ce qu'elle aurait fait si, sans le faire exprès, ses yeux n'avaient pas croisés ceux de Sesshômaru. Le temps sembla alors s'arrêter...

Elle se rappela soudain dans quelle situation elle se trouvait et s'enfonça jusqu'au menton dans l'eau froide, n'y prétend pas attention puisqu'elle était trop préoccupée par la présence du Youkai. Mais qu'est-ce qu'il fou là lui ?

- Tu t'es bien rincé l'œil ? attaqua-t-elle, amère.

- Je ne vois pas de quoi tu parles, répondit Sesshômaru en se détournant et en esquissant un geste pour s'en aller.

- Tu sais très bien de quoi je parles ! Qu'est-ce que tu foutais là ? Tu m'observais ! lui cria-t-elle pleine de colère, ce qui lui donnait un air de chaton frustré et trempé.

Sesshômaru n'apprécia pas du tout son ton. Alors, il fit demi-tour et vint s'accroupir au bord de la rive pour lui prendre le menton de sa main. Il plongea ses prunelles dans les siennes, la scrutant comme s'il espérait lire le fond de son âme.

- Ecoute bien, parce que je ne me répèterai pas, fit-il menaçant. Si tu oses encore élever la voix contre moi, je vais te pourrir la vie.

- C'est déjà fait, fit-elle entre ses dents.

Il leva un sourcil. Apparemment, elle ne savait pas de quoi il était capable et ce que pourrir la vie dans le vocabulaire du Daiyoukai voulait dire. Alors il sourit. Un sourire à vous en faire froid dans le dos. Seulement, n'impressionne pas Hoshiko qui veut. C'était une forte tête et elle était bornée à la limite de l'impossible. Sans compter une certaine dose d'inconscience que Sesshômaru trouvait de plus en plus énervante.

Il se releva et se dirigea vers ses vêtements. Elle le regarda avec incompréhension. Puis, ses yeux s'agrandirent d'horreur. Il ne va pas oser ? Il prit ses affaires et s'éloigna, sous ses yeux. Un cri de surprise et de peur franchit alors ses lèvres. Il a osé ! Elle était indignée. C'était lâche ! Un vrai coup bas !

- Sesshômaru ! C'est vraiment lâche ! lui cria-t-elle.

- Non, calculateur, sourit-il sournoisement avant de reprendre sa route vers leur campement.

Un jour je te ressortirais ça ! Je ne suis pas prête de l'oublier et je te le ferait payer ! Je suis extrêmement rancunière ! La guerre était ouverte. Ce sera à celui qui pourrira la vie de l'autre jusqu'à ce qu'elle devienne insoutenable ! Et elle pouvait être très, très irritante quand elle le voulait. Il ne lui faisait pas peur pour un sous. De l'inconscience ou du courage, la limite était très mince quoi que dans son cas, on devinait facilement quelle était la solution ! Tu vas en baver sale cabot !

Sesshômaru, quand à lui, était fière de son coup. Il était retourné auprès de Jaken qui avait regardé les vêtements étendus sur une branche pas loin du feu afin qu'ils sèchent. C'était bien les vêtements de Hoshiko. Ils avaient été lavés et séchaient à présent tout près du feu. Jaken lança un regard interrogateur à son maître qui, les bras croisés et adossé à un tronc, regardait au loin, s'attendant à voir débouler telle une furie, une Hoshiko extrêmement énervée.

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J'espère que ce chapitre vous a plu.

Personnellement, je me suis beaucoup amusée à l'écrire, surtout certains passages ! ;)

On dirait bien que ces deux là ne sont pas près de faire ami ami ! Ils sont plus comme chien et chat !

Une review ne fait pas de mal ! =)

A bientôt au prochain chapitre !