Chapitre 8

Mistborn, l'épée du destin

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Sesshômaru volait dans les airs, dans un ciel d'encre, comme la nuit était pleine de gros nuages – signe d'un temps orageux à venir –, avec Jaken qui tenait la bride de Ah-Un sur lequel dormait Hoshiko. Le Youkai se tourna un moment pour vérifier que Hoshiko ne risquait pas de tomber, puis, regarda de nouveau droit devant lui. Qu'est-ce qui m'a pris de céder si facilement... ? Cette gamine aurait raison de lui un de ces jours.

Flash Back

- Tu crois que je vais t'emmener juste pour ça ? fit-il dédaigneux.

- Tu n'as pas le choix... à moins que tu ne préfères être faible et te laisser achever par un Youkai de basse condition, un Hanyo ou encore... un humain ? fit-elle en souriant, sarcastique.

Touché ! Elle l'avait piqué au vif. Jamais il n'accepterait d'être évincé par un Hanyo, et encore moins par un humain. Il la regarda, sans mot dire. Elle attendait qu'il réplique, le sourire jusqu'au oreilles. Il était piégé et elle le savait parfaitement. Mais comment ce fait-il qu'un être aussi chétif soit si agaçant ?

- Alors ? insista-t-elle, consciente qu'elle avait gagné de toute façon.

En soupirant de résignation sous les yeux ahuris de Jaken, il souleva Hoshiko pour l'installer sur le dos de Ah-Un. Cette dernière avait le sourire d'une gamine ayant gagné le premier prix d'un concours. Jaken n'en revenait pas que Sesshômaru ait cédé si facilement. Ce n'était plus le grand Youkai qu'il connaissait. Depuis qu'il avait sauvé cette femme, il changeait, petit à petit, certes, mais il changeait bel et bien. Restait à savoir si c'était pour le mieux... ou pour le pire.

Fin du Flash Back

Il n'arrêtait pas de se retourner pour vérifier qu'elle était toujours sur le dos de Ah-Un, de peur qu'elle ne soit tombée à un moment ou à un autre. Jaken soupira et se demanda comment présenter ce qu'il pensait à Sesshômaru. A coup sûr il risquait d'être envoyé au loin par Sesshômaru et de dégringoler ensuite dans le vide. Mais bon... qui ne tente rien n'a rien.

- Sesshômaru-sama... Jaken pensait que vous pourriez peut-être prendre Hoshiko-sama avec vous plutôt que de la laisser sur Ah-Un si vous avez peur qu'elle ne bascule dans le vide...

Jaken n'eut pas le temps d'en dire plus. Sesshômaru l'expédia d'un coup au loin. D'où ce misérable petit insecte venait-il lui donner des conseil et affirmer en plus qu'il avait peur ? C'était insensé ! Je n'ai pas peur ! Je n'ai jamais peur... Son regard dériva sur la jeune fille endormie, si fragile et inoffensive à ce moment. Il détestait se l'avouer, mais Jaken avait raison. Il avait peur qu'elle ne dégringole dans le vide. Il attacha donc la jeune fille sur la scelle de Ah-Un de sorte que cela reste assez confortable et l'empêche également de basculer. Quand Jaken revint s'accrocher à la fourrure de son maître, il remarqua les fines attaches que Sesshômaru avait installées, de sorte que Hoshiko ne risque pas de tomber. Au moins, me faire tomber de si haut n'aura pas été inutile, Sesshômaru-sama n'est plus inquiet que Hoshiko-sama ne tombe.

Jaken remarqua bien vite où Sesshômaru se dirigeait. Le Youkai avait choisit de passer par chez lui avant de repartir à la recherche de son ennemi. La route serait encore longue avant qu'ils n'arrivent, mais au moins pourraient-ils faire une halte un moment et dormir au chaud. Sesshômaru, lui, pensait surtout à se procurer quelques armes et protections – surtout les protections – pour Hoshiko. Puisqu'elle savait se battre avec un nunchaku, pourquoi ne pas lui en donner un ? Et vu sa maladresse et son manque d'équilibre, mieux valait lui procurer des protections au cas où. Cela ne mangerait pas de pain.

La jeune fille se réveilla au levé du jour. Elle se redressa et s'étonna de voir quelques petites attaches la maintenant en scelle. Elle fixa alors Sesshômaru, ou plutôt, son dos. C'était son œuvre, elle en était presque sûre. Avait-il eu peur qu'elle ne tombe ? Elle sentit que son cœur s'emballait à cette pensée. Peur pour elle ? C'était presque impossible. Ne t'emballe pas ma fille... Ce n'est pas par amour pour toi qu'il a peur. Mais par amour pour sa vie ! Elle s'étira un peu et se détacha. Maintenant, elle n'en avait plus besoin, elle était réveillée et pleine... ou presque, d'énergie.

Sesshômaru avait bien sentit qu'elle s'était réveillée. Mais pourtant, il jugea préférable de ne pas s'en occuper. La négliger un peu était très bien aussi. Il fallait qu'elle comprenne qu'il ne s'intéressait pas à elle... Si seulement c'était vrai... Mais qu'est-ce que je raconte, moi ? Il est grand tant que je redevienne celui que j'ai toujours été. Hors de question que je ne me laisse attendrir plus longtemps par cette gamine ! Cependant, il se doutait bien que ce ne serait pas si simple. Elle l'avait changé, progressivement. Son mur d'impassibilité commençait à se fissurer à cause d'elle. Ou grâce à elle ? Était-ce vraiment une mauvaise chose ? Oui, bien sûr que oui, aucun doute !

[…]

Il arrivèrent au bout d'une bonne semaine de voyage. Tout ce temps, Sesshômaru avait été distant, parfois même glacial avec Hoshiko. Il n'avait fait que poser ses lèvres sur les siennes pour lui redonner des forces, mais rien de plus. Aucune attention de la sorte, aucune gentillesse. Cela lui déchirait le cœur. Elle sentait le lien faiblir un peu entre eux, la rendant plus faible que la normale... si normale il y avait. Elle se demandait même si Sesshômaru ressentait également cette faiblesse, cette baisse de puissance. Probablement, mais il se refusait sans doute de le montrer et pire, ne voulait même pas l'accepter.

Lorsque Hoshiko descendit de Ah-Un, elle trébucha et alla se cogner contre la paroi de roche. Elle retomba à terre, la douleur l'empêchant de bouger. Elle s'était cognée à la tempe et du sang coulait légèrement sur sa joue. Elle n'avait fait aucun bruit, aucun gémissement de douleur. Les larmes qui coulèrent à cette instant ne furent pas de douleur. Mais plutôt dû à l'ignorance que Sesshômaru lui vouait depuis une semaine. Il ne l'avait même pas rattrapée pour l'empêcher de se faire mal. Il ne s'était même pas retourné quand il l'avait entendue tomber. Et il n'avait même pas attendu qu'elle se relève pour partir.

Jaken, qui suivait Sesshômaru comme son nom était estomaqué du manque d'intérêt de son maître pour la jeune fille. Habituellement, il aurait au moins vérifié qu'elle allait bien. Mais là, même pas un semblant d'attention. Il se retourna un moment pour vérifier que Hoshiko les suivait. Elle était loin. Elle commençait à peine à se relever. Il remarqua du sang sur sa joue et comprit qu'elle s'était blessée. Sesshômaru avait dû le sentir. Alors pourquoi n'allait-il pas l'aider ?

Hoshiko ne courut pas après eux, elle s'appuya sur Ah-Un qui semblait être le seul à s'intéresser à elle et à la soutenir. Il lui donna un gentil coup de tête. Elle se força à sourire et lui gratta la tête la plus proche. Elle essuya ses larmes avec sa manche, ainsi que le sang. Elle resterait avec Ah-Un, tant pis si Sesshômaru et elle s'affaiblissaient. Pour le moment, elle avait la tête qui tournait et sentait le malaise tout proche. Elle s'assit contre Ah-Un qui s'était allongé, et mit la tête entre ses genoux, se forçant à respirer par la bouche puisque l'odeur du sang lui donnait la nausée. Elle perdit finalement connaissance, et ne chercha même pas à se battre. Après tout... Sesshômaru n'en avait rien à faire. Ça devait arriver... hein... stupide Youkai...

Sesshômaru s'arrêta de marcher, sentant la faiblesse le submerger. Jaken se cogna contre sa jambe et tomba en arrière pour ensuite se redresser et se frotter le crâne. Sesshômaru se retourna un peu, regardant derrière. Hoshiko n'avait pas suivit, il le savait. Mais puisque dans sa demeure, elle n'avait rien à craindre, il avait estimé que ce n'était pas un problème. Alors pourquoi le lien semblait-il extrêmement faible ? Il n'eut même pas le temps de réfléchir, son corps bougea de lui-même. Il retourna sur ses pas et trouva Hoshiko inconsciente, près de Ah-Un. Je ne peux pas m'éloigner d'elle... c'est ça ? Il s'agenouilla et la souleva dans ses bras. Il passa la main sur son front et constata qu'elle était bouillante. Il se dirigea donc vers sa chambre pour l'y allonger dans son lit, passant par de multiples couloirs. Il laissa les autres Youkais de basse condition s'occuper d'elle et se dirigea vers l'armurerie. Peut-être y trouverait-il ce dont il avait besoin...

[…]

Hoshiko se réveilla quelques heures plus tard et ne put se redresser. La tête lui tournait et elle avait encore de la fièvre. Ce qui la frappa, c'était le fait qu'elle était allongée dans futon moelleux. Qui m'a amené ici ? Était-ce ce stupide Youkai qui l'avait ramenée ici ? Non... c'est impossible... La porte s'ouvrit pour laisser entrer une femme qui devait être un Youkai sans doute. Cette dernière lui avait apporte des fruits. Elle pense que je suis humaine... Elle posa la corbeille de fruit sur la table de nuit avant de s'en aller, sans un mot. Les Youkais sont ils tous aussi peu aimables ? Elle regarda la corbeille de fruit avec un peu de dégoût. Elle qui pourtant raffolait de pommes auparavant, voilà que la vue de ce fruit lui répugnait. Elle n'avait vraiment pas tiré le bon numéro en venant dans ce monde. Finalement elle aurait préféré rester dans son monde ! Je n'appartient pas à celui-ci ! Je veux partir ! Une larme roula sur sa joue.

C'est alors qu'elle entendit une voix. La voix qui avait toujours été présente depuis son enfance. « Tu appartiens à ce monde... ». Elle secoua la tête, les larmes dévalant ses joues de plus belle. « Tu le sais... sois forte... ». Elle n'avait plus envie d'être forte. Plus envie de se battre. Si Sesshômaru ne se battait plus à ses côtés, à quoi cela servait-il qu'elle soit ici ? C'était complètement sans intérêt. La voix ne se manifesta plus, la laissant ruminer et pleurer.

[…]

Dans l'armurerie, Sesshômaru avait trouvé ce qu'il cherchait. Un vêtement renforcé qui protégerait la jeune fille beaucoup plus que les tenues que les humains lui avaient données. Il avait également trouvé un Nunchaku mais il se demanda si l'aura démoniaque de cette arme ne l'empêcherait pas de le manier. Après tout... elle est l'inverse de ce que je suis... Il était tellement perdue dans ses réflexions qui fut surpris de voir un halo pâle se former dans la pièce. Le halo se dissipa bien vite pour laisser apparaître un homme au visage fin et harmonieux avec de longs cheveux blonds ondulés. Il était tout habillé de blanc et le regardait avec ses yeux bleus d'un air accusateur et courroucé.

- Comment peux-tu traiter ma fille de cette façon ? fit-il plein de colère.

- Si je m'approche trop d'elle, je finirais par devenir faible ! rétorqua Sesshômaru.

- Tu n'as pas l'étoffe de ton père, décidément. Elle était mieux lotie du temps où elles servait ton père, tu ne la mérites pas !

- Du temps où quoi ? reprit Sesshômaru, n'en croyant pas ses oreilles.

- Elle servait ton père, peu avant qu'il ne rencontre la mère de ton frère. Comme il ne pouvait plus être lié à elle, je l'ai envoyé dans le monde de la jeune miko, lui effaçant la mémoire et la privant de ses pouvoirs et capacités.

- Alors pourquoi l'avoir fait revenir ? demanda Sesshômaru, songeant que cela aurait été mieux pour tout le monde qu'elle demeure là-bas.

- Parce que ton père et moi avons passé un accord. Hoshiko devait te revenir au moment où tu serais prêt. Mais apparemment, tu ne l'ais toujours pas, asséna-t-il.

Cela fit l'effet à Sesshômaru d'une gifle assimilée par une main bouillante. Avait-il été si horrible que ça avec Hoshiko ? Il regarda un moment l'homme qui lui faisait face et qui le regardait toujours avec des yeux sévères. Ces mêmes yeux qu'avait Hoshiko lorsqu'elle n'était pas contente. De magnifiques ailes blanches sortaient des omoplates de son visiteur.

- Pourquoi ? Pourquoi avoir voulu qu'elle se lie à moi ?

- Parce que tu es un puissant Youkai et que Inutaisho et moi pensions que tu aurais la grandeur d'âme et d'esprit suffisante pour savoir apprécier ce cadeau et savoir comment faire en sorte d'utiliser cet avantage pour une cause juste. Mais tu n'es pas à la hauteur...

Sesshômaru resta muet. Que pouvait-il répondre à tout cela ? Il n'était peut-être pas à la hauteur. Puis, il se ressaisit. Comment cet homme osait-il le rabaisser de la sorte. Il était puissant et redoutable. Il n'allait pas se laisser marcher sur les pieds. L'expression de son interlocuteur changea à ce moment et il y vit de la satisfaction. Comme s'il avait sentit le changement de comportement de Sesshômaru et en avait été ravi. Ça n'a aucun sens...

- Sesshômaru, je peux briser votre lien et sceller de nouveau la mémoire de ma fille pour la renvoyer dans l'autre dimension. Mais seras-tu capable de te passer de cette puissance qu'elle te prodigue ? Si tu peux me prouver que j'ai fais le bon choix en te la ramenant, je te la laisserais...

Sesshômaru réfléchit. Est-ce qu'il ne serait pas mieux pour elle de partir ? Il pensa alors à tous ce qu'il pourrait faire après. Il n'aurait plus à se la coltiner dans les pattes, plus besoin de la supporter ni de la protéger. Seulement... non seulement il n'aurait plus cette force à laquelle il s'était habitué près d'elle, il n'aurait plus non plus ce lien qui lui prodiguait parfois du réconfort. Et... elle lui manquerait. Il ne voulait pas y croire, mais c'était pourtant vrai. Elle me manquerait... Ce serait comme un grand vide si elle partait...

- Sesshômaru, protège-là et n'essaye pas de t'éloigner d'elle. Cela ne ferait que vous détruire tous les deux. Plus vous serez proche, plus vous serez puissants.

- Mais elle sera ma faiblesse ! protesta-t-il.

- Parce que selon-toi l'amour est une faiblesse ? fit l'homme moqueur. C'est la preuve que tu n'es pas encore très mature. Réfléchis-bien à ce que je vais te dire. Ton père n'a jamais été aussi puissant que le jour où il a rencontre la mère d'Inuyasha.

Sur ces mots, le halo l'enveloppa et il disparut. Sesshômaru demeura seul dans la pièce maintenant si sombre. Que signifiait cette dernière phrase ? Que voulait-il lui faire comprendre ? Cependant, maintenant, il savait qu'il ne devait plus tenter de s'éloigner d'elle. Il avait compris, il ne le referait plus. Même si cela incluait qu'elle deviendrait sa plus grande faiblesse. Il se devait à présent de l'accepter. « Ton père n'a jamais été aussi puissant que le jour où il a rencontre la mère d'Inuyasha. » C'était pure hérésie ! La plus grande idiotie qu'il n'ai jamais entendu. Mais au moins en connaissait-il plus sur Hoshiko. C'était une bonne chose tout de même. Il laissa ce qu'il avait trouvé pour elle à sa place et se décida à retourner dans sa chambre. Il l'amènerait ici quand elle se sentirait mieux.

Quand il entra dans la chambre, il remarqua tout de suite les sillons qu'avaient laissés les larmes sur les joues de la jeune fille. Il s'approcha d'elle et s'assit sur le bord du lit. Il avait été injuste. Il l'avait fait tant souffrir. Jamais il ne lui ferait d'excuse ni admettrait son erreur, mais il était déterminé à ne plus la reproduire. Ni celle-ci ni les autres. Il caressa sa joue avant de poser sa main sur son front et constater que le fièvre baissait. Était-ce grâce à sa présence et le fait qu'il avait renoncé à s'éloigner d'elle ? Le lien semblait se renforcer, devenir plus fort. Puis, il constata qu'elle manquait de force et d'énergie et posa ses lèvres sur les siennes. Il se redressa ensuite pour la voir ouvrir les yeux. Elle le regarda avec les yeux d'une enfant qui se sent relevée, comme si elle avait été abandonnée et que de nouveau, elle était à sa place, chez elle. A quel point l'ai-je fais souffrir...

- Dors, fut la seule chose qu'il trouva à dire avant de se lever et de sortir de la chambre.

Hoshiko ne lui en teint pas grief. Elle se sentait heureuse du fait qu'il soit redevenu comme avant et qu'il lui accorde un peu d'attention. Elle finit néanmoins par s'endormir, même si tout était en désordre dans sa tête. Plus tard, quand elle se réveilla de nouveau, elle remarqua une tenue posée un peu plus loin. Elle se leva et détailla les vêtements. Apparemment, Sesshômaru voulait qu'elle les porte, alors pourquoi ne pas le faire ? Elle enleva ses propres vêtements et essaya ceux là qui lui allèrent comme un gant. D'où connaît-il ma taille ? Cependant, elle ne s'en préoccupa pas plus que cela et se concentra plutôt sur le fait de trouver Sesshômaru.

A travers le lien, Sesshômaru avait compris qu'elle était réveillée. Sans plus attendre, il se dirigea vers la chambre et ouvrit doucement la porte pour la voir se vêtir. Il sentit le feu monter dans ses joues et referme aussitôt la porte sans un bruit pour s'y adosser. Vraiment ! Quelle innocence et qu'elle inconscience! Il reprit contenance et entra de nouveau pour la voir cette fois entièrement vêtue de la tenue qu'il lui avait déposée. Elle se tourna vers lui cette fois, l'ayant entendu entrer. Elle lui fit face, se rapprochant de lui pour attendre qu'il prenne la parole.

- On part, dépêche-toi, dit-il finalement, se morigénant intérieurement de perdre si facilement ses moyens devant elle.

- Bien, répondit-elle, prête à le suivre sans rien ajouter.

Il tourna les talons pour sortir de la chambre, suivit de la jeune fille. Il manqua de soupirer face à l'absurdité de la situation mais se fit violence. Ce n'était pas le moment de se laisser aller, surtout devant les autres travaillant dans cette demeure. Hors de question que je perde la face devant eux ! Il passa d'abord devant l'armurerie pour lui procurer une arme facile à manipuler et avec laquelle elle ne risquait pas de se blesser. Mais vu sa maladresse... C'était un peu trop espérer...

Une fois entrés, il se tourna vers elle qui admirait la pièce avec émerveillement, tournant sur elle-même pour tout voir. Il soupira et secoua la tête. Exaspérante ! C'est vraiment une gamine... Heureusement pour lui qu'ils étaient seuls dans cette pièce, au moins personne ne le verrait perdre son contrôle des émotions. Mais c'était également un "malheureusement pour lui" car personne ne pourrait empêcher son désir de se montrer. Mais... non je ne la désire absolument pas !

- Hoshiko, l'appela-t-il avec sa voix aussi impassible qu'à l'accoutumé.

- Hum ? fit-elle en tournant la tête vers lui.

- Essaye ça, dit-il en lui tendant un Nunchaku.

Les yeux de la jeune fille s'agrandirent de surprise. L'arme étaient si parfaite. Elle l'a prit avec hésitation, comme si elle se sentait indigne ne serait-ce que de la toucher. Elle la prit cependant des mains du Youkai qui l'observa avec un regard qu'elle ne vit pas. Un regard plein de tendresse et de confusion. Sesshômaru s'en rendit sans doute compte car il se détourna d'elle pour calmer ses pulsions de tendresse et reprendre contenance. Ces derniers temps, il se laissait de plus en plus aller avec elle toute proche. Il entendit un petit sifflement d'air et comprit qu'elle testait la nouvelle arme. Il se tourna pour la regarder et fut émerveillé par la beauté sauvage et indomptable qu'il voyait. Elle semblait si... intouchable à ce moment.

Elle se stoppa au bout d'un moment, sa concentration s'effritant quelque peu du fait qu'elle sentait son regard sur elle. Elle tourna son visage vers lui et lui offrit un sourire amusé quand elle vit son trouble. Il reprit son masque d'impassible et intouchable Daiyoukai et lui tourna le dos, faisant comme s'il cherchait autre chose tandis qu'elle continuait de le regarder avec son sourire de plus en plus enjoué. Le grand Sesshômaru serait-il gêné ? Comme c'est mignon ! Elle se déplaça ensuite dans la pièce pour observer les différentes armes entreposées. Elle tomba bien vite sur une épée ancrée dans le sol et se tourna vers Sesshômaru, l'air perplexe. L'Excalibure de cette ère ?

- Cette épée s'appelle Mistborn, dit-il sans se retourner. Elle fut forgée à partir d'une griffe de mon père, expliqua-t-il.

- Elle est à toi ? s'enquit-elle.

- Non, j'ai Bakusaiga, elle me suffit, répondit-il impassible.

- Alors... c'était celle de ton père ? demanda-t-elle en songeant que peut-être c'était un peu trop demander à Sesshômaru que de lui parler de son père.

- Non... j'ignore pour qui il l'a faite forger. Toujours est-il que ce n'est ni pour moi ni pour Inuyasha.

- Il ne l'aurait pas fait sans raison, marmonna-t-elle.

- Essaye de la tirer, fit-il sarcastique.

Elle le regarda avec des yeux de défi. Il attendait, ses yeux la scrutant pour savoir si elle aurait le cran ne serait-ce que d'approcher l'épée. Elle ne se déroba pas à son regard, gardant ses mêmes yeux brillants d'une lueur qu'il connaissait bien. Sachant très bien qu'il ne ferait jamais rien pour lui faire mal, elle le narguait ouvertement. Il n'appréciait pas ça, mais il ne dit rien, attendant simplement qu'elle se défile. Mais il fut bien surpris, une nouvelle fois.

- Tu t'attends peut-être à ce que je me défile ? brisa-t-elle le silence avant de se retourner vers l'épée et de s'en approcher sans aucune hésitation.

Sesshômaru la laissa faire, attendant juste ce qui allait suivre. Si ses déductions étaient bonnes, un sceau devrait l'empêcher d'approcher trop près et de la tirer hors de son socle. Il croisa les bras, attendant. Mais aucun sceau ne l'empêcha de venir poser la main sur la garde de l'épée. Il cacha sa stupéfaction mais ne put s'empêcher de froncer les sourcils, perplexe. Pourquoi le sceau ne s'est pas manifesté ? Il la détailla sans un mot, sans un geste tandis qu'elle prenait une longue inspiration avant de commencer à tirer. L'épée ne bougea pas d'un centimètre. Un sourire se dessina alors sur les lèvres de Sesshômaru. Le sceau ne s'était peut-être pas manifesté, mais elle n'avait pas non plus été capable de tirer cette épée.

- Si j'arrive à la sortir de son socle, qu'est-ce que je gagne ? s'enquit-elle, le sortant de ses pensées et effaçant son sourire.

- Tu ne pourras pas l'en sortir, fit-il automatiquement.

- A oui ? fit-elle avec un sourire enjoué.

Elle regarda encore une fois l'épée et ferma les yeux avant de tirer doucement dessus. L'épée commença à bouger sous les yeux de Sesshômaru. Il ne pu s'empêcher d'être surpris et décroisa les bras. « Elle servait ton père peu avant qu'il ne rencontre la mère de ton frère ». Cette phrase fit alors tilt dans son esprit. Il l'a faite forger pour elle ! Parce qu'il savait qu'elle serait un jour à mes côtés ! L'épée sortie du socle, elle se tourna vers lui, la brandissant fièrement comme pour lui prouver qu'elle avait gagné un pari.

- Alors ? fit-elle toute fière.

- Quoi ? répondit-il impassible.

- Eh bien, je gagne quoi ? s'enquit-elle.

- Rien, si ce n'est celui de la garder, fit-il en lui tournant le dos pour sortir de la pièce, sans plus de manière.

- Hey ! Sesshômaru ! Mais attends-moi espèce d'imbécile de Youkai ! s'écria-t-elle en lui courant après, l'épée rangée dans un fourreau et attachée à sa ceinture.

Les autres Youkais présents n'en croyaient pas leurs yeux. Leur grand seigneur se laissait insulter par une gamine qui n'était même pas de sa condition ? Comment se pouvait-il qu'il ne la tue pas sur le champ ? Au lieu de cela, le Youkai levait les yeux au ciel et continuait de marcher, la jeune fille sur ses talons. Ils arrivèrent enfin au lieu où se trouvait Ah-Un et Jaken, prêts à partir. Jaken remarqua tout de suite la nouvelle proximité de son maître et de la jeune fille et ne put s'empêcher de se demander pourquoi. Mais il ne se permis aucun commentaire.

Sesshômaru, avant qu'ils ne partent, se tourna vers la jeune fille et se demanda si c'était bien une bonne chose que de lui laisser cette épée. Maladroite comme elle était, elle risquait de se blesser. Mais il n'avait pas vraiment le choix. Après tout, si son père avait forgé pour elle cette épée, il devait y avoir une raison. Mais laquelle ? Il observa la jeune fille gratter affectueusement les deux têtes d'Ah-Un qui semblait heureux et se laissait aller. Elle riait un peu avec Jaken également. Mais qu'a-t-elle de si particulier pour réussir à me changer ?

- On part, lança-t-il alors sans se soucier de les regarder ou non.

Hoshiko lui jeta un coup d'œil et s'apprêta à monter sur Ah-Un. Sesshômaru ne put s'empêcher de la regarder. Puis, jugeant qu'elle était bien installée, il s'envola, suivit d'Ah-Un, Jaken accroché à sa fourrure. Maintenant, il leur fallait trouver leur ennemis afin d'être tranquilles pour de bon. Cette tâche allait sans doute leur prendre beaucoup de temps. Mais il n'abandonnerait pas. Il n'avait pas le choix de toute façon. Plus il laissait du temps à son ennemis, plus celui-ci risquait de lui enlever Hoshiko. Et maintenant qu'il avait commencé à accepter le fait qu'il ne pouvait s'en séparer, il ne pouvait se permettre de se la faire arracher par son ennemi. Jamais !

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En espérant que ce chapitre vous ait plus.

Je posterais le chapitre 9 dés qu'il sera écrit ce qui mettra sans doute un certain temps.

Soyez juste patients. =)