Chapitre 9
L'enlèvement
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Le village était calme. Kagome emballait quelques affaires, histoire de faire un peu de rangement. Elle était également un peu inquiète. Comment allait Hoshiko ? Est-ce qu'elle et Sesshômaru étaient devenus plus proches ? La protégeait-il bien ? Des bras l'enlacèrent et elle se laissa aller en arrière, contre un torse bien musclé.
- Tu ne devrais pas t'inquiéter ainsi, je suis sûr qu'elle va bien, fit-il doucement.
- Mais moi je ne sais pas... souffla Kagome.
- Ce n'est pas bon pour toi de t'inquiéter en ce moment, la morigéna-t-il en caressant son ventre bien rond. Tu es pratiquement à terme...
- Je sais mais... Hoshiko est comme une petite sœur et je sais qu'elle est étourdie et complètement irréfléchie.
- Sesshômaru n'est pas irréfléchi, lui. Il saura la brider un peu, sourit Inuyasha en imaginant son frère dans l'embarras.
- Je l'espère, murmura-t-elle. Ita ! s'écria-t-elle d'un coup. Tu l'as senti ? s'enquit-elle.
- Hum... un coup de pied, fit Inuyasha en posant sa tête sur son épaule.
Elle ferma les yeux, le sourire aux lèvres. Elle était heureuse malgré tout. Elle formait sa propre famille avec Inuyasha. Leur enfant naîtrait très bientôt. C'est pour cela qu'il ne s'éloignait pas d'elle. Le bébé pouvait arriver à n'importe quel moment et il ne voulait pas qu'elle se retrouve seule. Il voulait être présent, lui donner une main à laquelle s'accrocher, une épaule solide sur laquelle s'appuyer et un amour infini dans lequel se plonger.
La nuit arriva bien vite et la fatigue avec. Il la porta alors jusqu'au futon où il l'allongea doucement afin qu'elle puisse dormir. Elle lui caressa gentiment la joue et l'attira à elle, ses lèvres réclament un baiser qu'il ne lui refusa certes pas. Puis, il s'allongea à côté d'elle, remontant le couvertures sur eux comme chaque nuit. Et comme chaque nuit, il passa ses bras autour d'elle pour l'attirer contre lui.
[…]
- Rin, tu devrais dormir, l'interpella la vieille miko.
- Kaede-sama, s'écria la petite. Tu crois que Sesshômaru-sama et Grande Sœur finiront par se marier ?
- Hum... réfléchit Kaede. C'est probable, mais pas avant un bon moment, répondit-elle.
- Pourquoi ? demanda la petite, déçue.
- Parce que Sesshômaru est timide, plaisanta la vieille miko.
- Et grande sœur ?
- Hoshiko est réservée et très maladroite, mais elle ne cache pas ses sentiments, ce n'est pas d'elle que vient le problème, sourit la vieille miko. Il faut laisser le temps à Sesshômaru de comprendre les sentiments et de les laisser s'exprimer, expliqua la vieille miko bien qu'elle fut consciente que Rin ne comprendrait pas tout.
- Huh, acquiesça Rin. On peut les aider ?
- Quand ils reviendront, peut-être, répondit Kaede qui n'avait pas songé à cette possibilité mais la trouva intéressante – c'est pourquoi elle se promit d'y réfléchir. Aller, va dormir maintenant.
- Huh ! fit la petite avant d'aller se coucher et de s'endormir.
Kaede regarda un moment le ciel et pria pour que la jeune fille qui était avec Sesshômaru ne se laisse pas abattre par un Sesshômaru constamment distant. Cela allait être dur. Elle espérait seulement que les sentiments de la jeune fille finissent par atteindre le cœur de ce Youkai qu'elle commençait à changer. Et un jour, oui un jour, ils célébreraient un mariage hors du commun. Celui d'un Youkai, et d'une Tenshi. Exactes opposés, mais pourtant liés par quelque chose de plus fort que tout. L'amour.
[…]
- Ah ! soupira Hoshiko. Que ça fait du bien de se dégourdir les jambes !
- La ferme, marmonna Sesshômaru. Tu es trop bruyante.
- Oh... Sesshômaru est de mauvaise humeur ? fit-elle un peu mesquine. Qu'est-ce qui t'arrive ? demanda-t-elle, joueuse, en lui touchant la joue du bout du doigt à plusieurs reprises.
- Ça suffit ! fit-il en bloquant sa main de la sienne.
Ce fut comme s'il avait reçu une décharge électrique. Assis à côté d'elle, sa main refermée sur la sienne, son visage penché sur le sien. Il détourna la tête et lâcha sa main. Ce n'était pas le moment de se laisser aller. Ils étaient en pleine nature et ils devaient être prudent. Leurs ennemis pouvaient les retrouver facilement et tant qu'ils ne seraient pas morts, il ne devait pas baisser sa garde. Surtout avec cette gamine inconsciente. Il fallait qu'il trouva un moyen pour qu'elle sache se défendre un peu mieux. Son regard dériva sur l'épée qu'elle portait et il sut ce qu'il devait faire.
- Lève-toi, ordonna-t-il.
- Huh ? fit-elle perplexe.
- Lève-toi !
Elle soupira mais s'exécuta tout de même. Il se leva également et lui fit face. Il prit son épée et attendit qu'elle prenne la sienne. Cependant, elle ne comprenait pas ce qu'il voulait faire. Elle attendait bien sagement tout en se demandant pourquoi il avait dégainé. Il lui jeta un regard exaspéré.
- Sors ton épée !
- Huh ? Pourquoi ?
- Tu penses savoir t'en servir sans entraînement ? demanda-t-il sarcastique.
Elle le regarda avec des yeux furibonds. Un petit chat sauvage ! Il la regarda dégainer lentement en pensant que déjà, elle ne s'était pas blessée. C'était donc une bonne chose et elle n'était pas si maladroite que...
- Ita ! s'écria-t-elle.
Sesshômaru ferma les yeux d'exaspération. Il avait pensé trop vite. Hoshiko s'était coupé en sortant l'épée de son fourreau. Une petite entaille sur l'index. Il soupira et rengaina son épée se disant que, décidément, elle était trop maladroite pour se servir d'une arme tranchante. Elle risquait plus de se faire mal plutôt que de blesser l'ennemi. Il prit son épée, qui lui brûla évidemment la paume, le sceau voulant évidemment l'empêcher de s'en servir, et la planta dans le sole pour examiner la coupure de la jeune fille. Cette dernière ne bougea pas, figée suite au contact de leurs de peaux. Il éleva un peu sa main et l'amena à ses lèvres pour en lécher le sang qui coulait de sa blessure. Ce contact là lui donna des frissons. Pas des frissons de peur, autre chose, c'était étrange. Elle ferma les yeux tandis qu'il continuait jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de sang et que la coupure commence à cicatriser. Puis, il lui tourna le dos pour s'éloigner un peu.
- Heh ? C'est toi qui as fait ça ? s'enquit-elle.
- Qui veux-tu que ce soit ? fit-il d'un air blasé. Franchement.
- Merci, souffla-t-elle.
Sesshômaru se figea. Pourquoi le remerciait-elle. Il se tourna vers elle pour regarder son expression Elle semblait touchée, heureuse, les yeux fermés et son doigt près de ses lèvres étirées par un doux sourire. Son cœur fit un bond et il crut plus sage de se retourner pour ne plus la regarder. Quel idiot je fais à être esclave de mes pulsions...
Un bruit se fit entendre et Hoshiko sursauta et se réfugia contre Sesshômaru, s'accrochant à lui et se blottissant contre son torse. Il ne fit rien pour se défaire de son étreinte et resta plutôt focalisé sur les bruits qui lui parvenaient. Quelle ne fut pas son soulagement quand il s'aperçut que ce n'était que Jaken qui était partit se promener. Cependant, Hoshiko ne se détacha pas immédiatement de lui, savourant cette proximité si rare. Le Youkai, ne sachant trop que faire, se contenta de rester immobile. Puis, au bout d'un moment, il se défit de son étreinte et s'éloigna pour vérifier les alentours.
- Sesshômaru... sans cœur... marmonna-t-elle en s'asseyant près du feu.
- Sesshômaru-sama est peut-être trop timide, avança Jaken qui fut récompensé par Sesshômaru d'un joli coup de pieds, l'envoyant valser au loin.
Hoshiko ne put s'empêcher d'en rire. Son rire redoubla encore lorsqu'elle vit l'expression de Sesshômaru qui était légèrement gêné, ses joues un peu rosies. Comme s'est mignon. Le gros dur au cœur tendre ! Elle continua de le fixer sans crainte. Il plongea son regard dans le sien et fronça les sourcils. Elle se contenta de lui sourire avec indulgence. Après tout, il n'y pouvait rien s'il n'arrivait pas à s'exprimer clairement.
- Je me demande comment va Rin, soupira la jeune fille.
- Rin doit sûrement être en pleine forme, Hoshiko-sama ! s'exclama Jaken.
- Je sais mais... je m'inquiète, murmura-t-elle. Cette enfant est si gentille. J'ai du mal à croire que Sesshômaru y soit pour quelque chose !
Le Daiyoukai se figea. Rêvait-il ou lui envoyait-elle vraiment des pics aussi sournoisement ? Il plongea ses yeux dans les siens. Elle eut du mal à ne pas laisser échapper un éclat de rire, mais elle se contint. Jaken, lui, ne saisissait pas trop l'ampleur de la chose. Le Daiyoukai continua de la fixer, attendant qu'elle baisse les yeux en signe d'abandon et d'excuse, mais rien n'y fit. Elle restait droite et fière.
- Comment est-il possible que Sesshômaru ait-eu la bonté d'âme de sauver Rin et de s'occuper d'elle, Jaken ? s'enquit-elle sans même se soucier de l'intéressé justement présent et la fixant d'un air avertissant.
- Sesshômaru-sama est...
- Jaken ! l'interrompit Sesshômaru, perdant patience.
Le pauvre Jaken en eut le souffle coupé et une grande frayeur. Il s'éloigna bien vite, laissant la jeune fille et son maître face à face. Elle est exubérante ! Il continuait de la détailler, se demandant qu'elle était la meilleure chose à faire. A vrai dire, une bonne frayeur ne lui ferait pas de mal, cela lui serait même amplement salutaire ! Seulement, il ne parvenait pas à faire un geste offensif envers elle. C'était tout de même un comble ! Elle, elle arrivait à le gifler, et lui n'arrivait même pas à faire de même. Quelle injustice !
- Reprends ton épée et concentres-toi cette fois, ne sois pas maladroite ! fit-il bras croisé, face à elle.
- Non, je préfères me servir de mon Nunchaku ! protesta-t-elle.
- Un Nunchaku est moins efficace qu'une épée, surtout sur un Youkai ! Tu devras apprendre à t'en servir.
- A quoi bon puisqu'avant que j'ai le temps de dégainer tu te seras occupé du cas de mon adversaire ! marmonna-t-elle.
Sesshômaru pensa à ce moment qu'elle n'avait pas tord sur le coup. Il était plus rapide qu'elle et plus robuste. Cependant, je me sentirais plus tranquille si elle savait se débrouiller seule... Il se plaça derrière elle et posa ses mains sur les siennes, les guidant pour lui montrer les mouvements qu'il fallait faire. Il lui fit d'abord dégainer l'épée et imprima un mouvement à son poignet pour faire un arc de cercle. Étrangement, elle s'était laissée faire sans le moindre marmonnement ou mécontentement. Elle se tenait droite, un peu trop tendu pour paraître sûre d'elle et il sentait le corps de la jeune fille se réchauffer à son touché.
- Détends-toi, lui souffla-t-il, la faisant frissonner quand elle sentit son souffle dans ses cheveux.
- Facile à dire... bougonna-t-elle.
Sesshômaru fut un peu amusé de cette rebuffade. Il lui faisait de l'effet, il le voyait bien. Cependant, il devait avouer qu'il n'était pas tranquille lui-même. Il sentait son sang bouillir dans ses veines. Et ce n'était pas sans avoir de rapport avec le fait qu'il était trop proche d'elle. Trop proche de son corps. Trop proche de sa peau douce et opaline. Il s'écarta alors, la surprenant si bien que le poids de son épée lorsqu'il lâcha son poignet fut trop lourd pour elle. Le bout de l'épée toucha le sol et elle lança un regard surpris à Sesshômaru.
- Qu'est-ce qui se passe ? s'enquit-elle.
- Rien, entraînes-toi seule, fit-il en s'éloignant.
- L'épée est trop lourde ! Sesshômaru ! l'appela-t-elle sans qu'il ne se retourne une seule fois ni ne lui prête attention. Stupide Youkai ! jura-t-elle entre ses dents.
Sesshômaru entendit et se figea. Elle venait encore de l'insulter ! Mais qu'elle gamine irrespectueuse et emportée. Avait-elle le sang si chaud qu'il ne faisait qu'un tour chaque fois qu'elle n'étais pas satisfaite ? Il alla s'asseoir un peu plus loin, le dos contre le tronc d'un arbre pour garder la jeune fille à l'œil. Il la vit batailler pour lever l'épée. Elle y parvint maladroitement, tenant la garde à deux mains. L'épée était-elle vraiment trop lourde pour elle ou n'était-elle pas assez concentrée ? Cette question rendit Sesshômaru songeur. Si c'était l'épée qui était trop lourde, il faudrait qu'il l'entraîne un peu afin que ses bras sois plus puissants. Mais si c'était le manque de concentration... que pouvait-il faire ? A la réflexion... pas grand chose. Il allait falloir qu'elle apprenne à se focaliser.
Quelques heures plus tard, Hoshiko en eut marre de soulever l'épée. Elle était trop lourde pour ses bras et elle ne pouvait la manier adroitement. Elle la rengaina, mais, distraite, elle se coupa une nouvelle fois. Elle jura et marmonna quelques paroles peu mémorables. Elle porta son doigt à ses lèvres pour en lécher la blessure. Elle finit pas ignorer et la douleur, et le sang qui coulait de la blessure, pour prendre son Nunchaku et s'entraîner avec.
Au loin, Sesshômaru sentit l'odeur du sang et soupira. Il se dirigea vers la jeune fille qui continuait de s'entraîner avec son arme favorite. Il dut se baisser plusieurs fois et esquiver à plusieurs reprises l'arme que la jeune fille maniait avec fluidité, rapidité et précision. Cette arme lui convenait mieux, car plus légère. Il attrapa le poignet de la jeune fille, la stoppant dans son enchaînement et la surprenant. Elle avait presque perdu contact avec la réalité. Elle tourna les yeux vers lui, affichant clairement sa surprise.
- Quoi ? s'enquit-elle.
- Tu t'es blessée ? demanda-t-il bien qu'il connaissait la réponse.
- Avec l'épée, acquiesça-t-elle de mauvaise grâce.
- Fais voir, soupira-t-il.
- C'est bon, je vais bien ! s'écria-t-elle en échappant à son emprise et en s'éloignant de lui.
Bien qu'il fut surpris de sa réaction, il garda son masque d'impassibilité. Pourquoi ne voulait-elle pas qu'il la touche à présent ? Elle semblait à ce moment si distante, si lointaine, intouchable. Comme un animal blessé ou enfermé dans une cage. Que justifiait ce changement si soudain de comportement ? Sesshômaru sentit soudain. Une odeur venait d'elle, différente de la sienne. C'était impossible. Elle ne pouvait changer d'odeur... alors comment... ? Il comprit alors. Il comprit trop tard. Un Shuriken se logea dans son épaule. Et Hoshiko s'évanouit pour tomber dans les bras du Youkai aux feuilles mortes. Sesshômaru arracha l'objet de son épaule et serra les dents. Le Youkai sourit d'un air de vainqueur.
- Tu ne pourras rien faire. Ce Shuriken est enduit d'une substance paralysante. Tu finiras par t'endormir, lentement. Fais de beaux rêves ! fit-il sardonique avant de s'éloigner à grandes enjambées, sa prisonnière sur son épaule.
Jaken se réveilla un peu plus tard et se massa le crâne. Quelqu'un l'avait assommé un peu plus tôt et il n'avait rien pu faire. Il remarqua un peu plus loin Sesshômaru, adossé à un arbre, l'épaule en sang et de la sueur sur sa peau. Il tentait en vain de lutter contre le poison mais il sentait ses forces s'affaiblir. Il était assez informé pour savoir que cela ne venait que d'une chose : La distance le séparant de Hoshiko. Cela rendait la lutte encore plus difficile. Il crispa sa main sur son épaule, plantant ses griffes dans cette dernière, accentuant la douleur que lui occasionnait sa blessure. Au moins, cela le tenait un peu éveillé.
- Sesshômaru-sama ! s'écria Jaken, inquiet.
- Jaken... retrouve Hoshiko. Je te rejoindrai plus tard... fit Sesshômaru avant de sombrer dans l'inconscience.
- Sesshômaru-sama ! cria Jaken à multiple reprise, l'inquiétude ayant raison de lui.
Il savait qu'il devait obéir à l'ordre du Daiyoukai. Mais il ne pouvait le laisser ainsi. Il alla chercher de l'eau dans une écuelle et revint vers Sesshômaru pour éponger la sueur sur son front et son cou. Cela ferait baisser la fièvre du Youkai. Cependant, Jaken ne comprenait pas comment son maître avait pu se faire avoir de la sorte. Comment était-ce possible ? Était-ce à cause de Hoshiko ? Cette dernière était en train de s'entraîner et soudain son changement de comportement avait étonné Sesshômaru. Est-ce cela qui l'a rendu moins attentif ?
[…]
De son côté, Hoshiko restait inconsciente. Elle n'avait pas la force nécessaire pour ouvrir les yeux ni pour sortir de ce sommeil profond. Elle était trop loin de Sesshômaru. Le Youkai, malgré tout son savoir, ne parvenait pas à l'éveiller. La jeune fille restait inconsciente, il ne savait même pas si elle pouvait entendre quoi que ce soit. Ce fut sans doute la raison pour laquelle il fut si imprudent.
- Es-tu sûr que le poison marchera ? s'enquit-il à l'intention du lanceur de Shuriken.
- Affirmatif, le poison commence par le paralyser, ensuite il le plonge dans un sommeil qui dure quelques heures. Puis, quand il se réveillera, il se croira normal, mais le poison va l'affaiblir peu à peu jusqu'à ce qu'il est raison de lui, expliqua l'homme.
Non ! Sesshômaru ! Bats-toi, résiste ! Elle était désespérée et le pire, c'est qu'elle ne pouvait rien faire. Elle restait incapable du moindre mouvement. Elle ne pouvait qu'écouter. Seulement, elle sentit tout de même une larme couler de son œil gauche. Elle pria pour qu'ils ne remarquent rien. Sinon, ils risqueraient de comprendre qu'elle pouvait les entendre et ne parleraient plus devant elle. Heureusement pour elle, ils étaient bien trop occuper à se réjouir du sort qui attendait leur ennemi le plus dangereux pour remarquer quoi que ce soit. Sesshômaru... Elle sentait le lien trop faible à son goût. Était-il déjà plongé dans l'inconscience ? STUPIDE YOUKAI ! BATS-TOI ! IL EST HORS DE QUESTION QUE TU ME LAISSES SEULE !
[…]
Sesshômaru ouvrit soudain les yeux, ayant sentit quelque chose. Il avait entendu une voix. La voix de Hoshiko qui lui hurlait dessus. Il regarda autour de lui et vit Jaken, occupé à changer l'eau de l'écuelle pour revenir vers lui avec de l'eau fraîche. Jaken en lâcha l'écuelle lorsqu'il vit que son maître était de nouveau conscient.
- Sessh... Sesshômaru-sama ! s'écria-t-il. Vous êtes revenu à vous ! fit-il heureux.
- Où est Hoshiko ? s'enquit le Youkai.
- Heh ? Hoshiko-sama ? fit Jaken. Elle a été enlevé !
- Je t'ai dit d'aller à leur poursuite ! dit Sesshômaru en se forçant à se lever, mécontant que Jaken est perdu son temps pour rien.
- Mais... Sesshômaru-sama... je ne pouvais vous laisser comme ça...
- Je n'ai rien, ce n'est qu'une petite plaie de rien du tout ! En route, ordonna-t-il en se mettant à renifler l'air pour découvrir la trace des Kidnappeurs.
Une fois qu'il l'eut repéré, il s'élança, courant comme il ne l'avait jamais fait. Je me sens bien... ce devait être un moment de faiblesse, rien de grave. Pas de quoi s'inquiéter... Il continua de courir, suivant la piste. Avec un peu de chance, il les rattraperait à la tomber de la nuit. Il n'avait pas dormit trop longtemps, une nuit tout au plus. Si seulement Jaken n'avait pas perdu son temps à veiller sur lui au lieu de partir à leur poursuite. Cela lui aurait fait gagner du temps. Maintenant, sa colère était trop grande pour que ces kidnappeurs s'en sortent en vie. Ils allaient payer pour tout ça. Ils allaient payer pour avoir enlevé sa précieuse. Sa Hoshiko. Attendez un peu pour voir...
[…]
Kaede cueillait des plantes médicinales avec Kagome. Cette dernière risquait d'accoucher à tout moment, c'est pourquoi la vieille miko ne la laissait jamais seule. Elle restait tout le temps près d'elle. Kagome se figea soudain. Kaede crut à une contraction mais le visage de Kagome ne reflétait aucune douleur. Seulement de la frayeur.
- Que se passe-t-il ? s'enquit Kaede.
- Un mauvais pressentiment... murmura Kagome.
- Huh ?
- Quelque chose est arrivé, j'en suis sûre, souffla Kagome.
- Calmes-toi Kagome, tu risques de...
- Oww ! Hum... gémit-elle en posant ses mains sur son ventre.
- Le travail commence, comprit Kaede. Allons, il faut retourner au village au plus vite, déclara Kaede.
- Oww ! Kaede... Je... je ne peux pas marcher... gémit-elle.
Kaede aperçut Inuyasha au loin. Elle l'appela, mettant ses mains en porte voix. Ce dernier accourut sans hésitation vers elles et se stoppa inquiet en voyant le visage de Kagome exprimant la douleur. Il tourna son regard inquiet vers Kaede qui se dirigea vers Kagome et posa sa main sur le ventre de la jeune miko.
- Le travail a commencé, annonça-t-elle à Inuyasha. Il faut la ramener au village, vite.
Inuyasha souleva alors sa femme dans ses bras et se précipita vers le village, essayant de rendre sa démarche plus confortable pour la jeune femme. Arrivé au village, il se dirigea chez eux pour allonger Kagome sur le futon. Il la regarda, inquiet. Il posa sa main sur le front de son amante pour vérifier si elle ne commençait pas à avoir de la fièvre. Sa température semblait normale. La vieille miko arriva finalement et se plaça à côté de Kagome.
- Kagome... respire lentement, calmes-toi, fit la vieille miko.
- Kagome, je suis là, souffla Inuyasha, prenant sa main dans la sienne.
Instinctivement, la future mère serra sa main avec force quand arriva la contraction suivante. Inuyasha grimaça, constatant que la jeune femme pouvait avoir une poigne forte. Il tourna son regard vers Kaede, attendant ses instructions. La vieille miko ne semblait pas vouloir faire quoi que ce soit. Ce manque d'action énerva un peu Inuyasha mais il fit de son mieux pour rester calme.
La petite Rin entra soudain pour venir se placer aux côtés de Kaede. La gamine avait déjà assisté à de nombreux accouchements depuis que Sesshômaru l'avait laissée sous la surveillance de Kaede. Elle ne semblait pas non plus inquiète de la situation, gardant un visage serein, tout comme la vieille miko.
- Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? s'enquit Inuyasha, sur les nerfs.
- On attend, répondit simplement Kaede.
- Quoi ? Mais...
- Kagome est en travail, mais cela peut durer un moment avant que le bébé n'arrive, répondit Kaede.
- Kagome... murmura Inuyasha en pressant légèrement sa main pour lui rappeler qu'il était avec elle.
Une nouvelle contraction arriva et Kagome ne put s'empêcher de crier et de serrer la main d'Inuyasha avec une force inouïe. Ce dernier fit une grimace de douleur qui fit même rire Rin qui n'avait pas l'habitude de voir Inuyasha avec une telle expression. Kaede jeta un coup d'œil à Rin avant de sourire. Cette enfant était un peu triste depuis que Hoshiko n'était plus là. La jeune fille lui manquait énormément. Mais on ne pouvait rien y faire.
- Ah... ça commence, annonça la vieille miko en se mettant devant les jambes de Kagome. Pousse Kagome, vas-y !
La miko poussa, en laissant échapper un cri de douleur. Elle ne savait pas que ça faisait si mal, un accouchement. C'était affreusement douloureux. Comment les femmes arrivaient-elles à le supporter ? « Les femmes mettent au monde des enfants depuis la nuit des temps » lui avait dit Kaede à plusieurs reprises. « Cela n'est pas sans douleur, mais c'est le plus bel acte qu'une femme puisse faire. Donner la vie. » Elle oublia alors la douleur. C'est vrai, donner la vie. C'est merveilleux... C'est pourquoi, elle n'hésita pas à écouter Kaede. Elle mettrait cet enfant au monde, même si cela impliquait de souffrir encore un peu. Elle poussait quand Kaede le lui disait, respirait à d'autres moments, puis prenait une grande inspiration pour pousser de nouveau. Inuyasha lui tenait toujours la main, lui affirmant sa présence et son soutient. Elle lui en était reconnaissante.
- Oooh... un magnifique petit garçon, sourit Kaede en donnant l'enfant à Rin qui alla le laver un peu plus loin. Beau travail Kagome ! On a bientôt finit, tu peux te détendre...
- Il a des petites oreilles de chien ! C'est trop mignon ! s'exclama Rin tout en lavant le nourrisson qui pleurait à grand cris.
Kagome tourna la tête vers Inuyasha et lui sourit. Il fut d'abord surpris mais finit par lui rendre son sourire. Il se pencha pour lui donner un tendre baiser avant de lui caresser affectueusement la joue. Kaede, après en avoir finit avec l'accouchement, alla chercher une couverture qu'elle déposa sur Kagome pour qu'elle ne prenne pas froid. Rin arriva avec le bébé qu'elle avait envelopper dans un linge propre et qu'elle tendit ensuite à la nouvelle mère avec un sourire heureux. Kagome le prit dans ses bras et se redressa un peu à l'aide d'Inuyasha.
- Doucement Kagome, ne force pas, ton corps est fatigué et c'est bien normal, déclara Kaede.
- Il est magnifique, sourit Kagome tendit que des larmes de joies dégringolaient de ses joues.
- Il te ressemble, ajouta Inuyasha.
C'était vrai, il avait le visage de Kagome et les mêmes cheveux. Cependant, il avait les mêmes oreilles de chien que son père et quand le bébé ouvrit les yeux, le regard ambres rencontra un autre regard ambre. Le nourrisson tendit les bras vers son père qui, surpris, ne su pas ce qu'il devait faire. Kagome lui passa le bébé avec délicatesse et précaution, le déposant dans les bras de son père qui resta figé et crispé. Il avait trop peur de faire une bêtise.
- Détends-toi Inuyasha, tout va bien, rigola Kagome.
Le rire cristallin de la jeune mère eut un effet calmant sur lui et il lui répondit par un magnifique sourire, se sentant un peu plus à l'aise. Il berça le petit avec tendresse, se sentant fondre complètement devant se petit minois si mignon. Soudain, le bébé se mit à pleurer. Inuyasha se mit à paniquer, se demandant ce qu'il avait fait de mal. Kagome sourit et posa sa main sur le bras d'Inuyasha pour le rassurer. Elle tendit ensuite les bras vers l'enfant qu'il lui remit sans hésiter. Puis, écartant les pans de son gi, elle en dégagea un sein pour laisser le petit téter, lui donnant ainsi son premier repas avec un sourire tendre, maternel, chaleureux. En cet instant, tout semblait parfait. Elle en avait même oublié ce mauvais pressentiment qu'elle avait eu un peu plus tôt concernant Hoshiko.
- Comment l'appellerons-nous ? s'enquit Inuyasha.
- Pourquoi pas... Akiko ? On est en automne, proposa Rin.
- Qu'en penses-tu Inuyasha ? demanda Kagome.
- Hum... Akiko... ça sonne bien, acquiesça-t-il.
Kagome sourit. Leur bonheur était complet. Certes cela avait été douloureux. Mais la douleur était un bien faible prix à payer pour avoir un enfant si beau et les rendre si heureux. Elle ne regrettait pas un seul instant d'avoir souffert. Bienvenu dans ce monde, Akiko...
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En espérant que ce chapitre vous ait plu.
Je ne sais quand sera posté le prochain mais je ferais de mon mieux pour qu'il le soit le plus vite possible.
En attendant, merci de l'avoir lu et j'espère que vous me laisserez vos impressions. =)
