Lalolyen d'Eryn Vorn : Je suis contente que l'histoire te plaise toujours autant. Disons que je fais de mon mieux pour ne pas trop m'éloigner de la vrai personnalité de Sesshômaru. Ce serait assez mauvais si je m'éloignais trop de ce personnage. Alors je fais de mon mieux pour le faire évoluer... de façon plutôt discrète. J'espère que tu seras d'autant plus plongée dans ce chapitre là que dans le précédent ! J'espère qu'il te plaira. =)
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Chapitre 12
Apprendre à faire confiance...
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Haletante, la peau luisante de sueur, elle avait du mal à reprendre son souffle. Tout comme lui. Les yeux dans les yeux, ne voulant pas rompre ce lien. Cet instant semblait éternel, infini. Ils tentaient de reprendre leur souffle, tout les deux. Avait-elle déjà été si plongée dans quoi que ce soit ? Non, bien sûr que non. C'était bien la première fois qu'elle donnait tout ce qu'elle avait.
Sous les yeux surpris de tous, elle bondit. Elle bondit si haut que l'on aurait pu croire qu'elle volait. Son adversaire n'eut que le temps de parer avec son épée. Il y eut seulement le choc des lames l'une sur l'autre. Ils étaient épuisés. Cela faisait des heures qu'ils s'entraînaient. Elle avait énormément progressé, c'était ahurissant.
Kohaku demanda alors une trêve, exténué. Pour la première fois, il n'arrivait pas à prévoir les attaques de la jeune femme. Elle était devenue si imprévisible... Chaque charge le surprenait d'avantage que la précédente. Certes, elle manquait de puissance dans son bras, elle ne pouvait pas se servir de sa propre épée, mais elle alliait fluidité, précision et rapidité, ce qui étaient des atouts infaillibles. Il ne cessait de s'émerveiller dans les progrès qu'avaient fait son amie.
- Je suis impressionné, haleta Kohaku.
Hoshiko ouvrit la bouche pour répondre, mais ne parvint pas à sortir un seul son. L'épuisement commençait à avoir raison d'elle. Elle était au bord de l'évanouissement, complètement vidée de son énergie. C'est fou comme je m'épuise vite... c'est pas normal...
Depuis quelques temps, elle voyait certains de ses pouvoirs se développer, et d'autres se manifester. Mais elle voyait également sa résistance physique faiblir à mesure que les pouvoirs grandissaient. Ce n'était pas normal. Qu'est-ce qui m'arrive ? Pourtant... Sesshômaru est tout près... Elle ne parvenait pas à se l'expliquer. C'était incompréhensible.
Inuyasha observait un peu plus loin, avec tous les autres. C'était un peu comme un test ce jour là. Un test pour voir où en était Hoshiko avec son apprentissage du combat armé. Inuyasha était plutôt satisfait. Il savait cependant qu'elle forçait un peu trop sur son corps. Elle ne tiendrait pas longtemps le coup en continuant de la sorte. Il lui faudrait également musclé un peu plus ses bras et ses jambes.
Hoshiko perdit l'équilibre et vit le sol arriver à toute allure vers elle. Heureusement pour elle, un bras la rattrapa avant qu'elle ne le rencontre. Inuyasha n'avait pas eu le temps de faire un seul geste. Sesshômaru était apparut comme un courant d'air pour la rattraper. Il avait ressentit sa faiblesse et avait aussitôt rappliqué. Cela arrivait de plus en plus fréquemment. Et ça l'inquiétait, bien malgré lui.
Il la souleva dans ses bras avec une grande douceur. Il y avait de quoi choquer tous ceux qui étaient présents. Ce n'était pas la façon habituelle de faire du Taiyoukai. Cependant, aucuns des spectateurs n'osa faire de remarque, laissant Sesshômaru s'éloigner avec se protégée dans les bras. Quand il fut assez loin et à l'abri du regard de tous, il la déposa contre le tronc d'un arbre et s'agenouilla devant elle afin de l'observer. Elle lui renvoya un regard fatigué et las. Ce même regard qui ne la quittait pas depuis ce fameux soir. Ce fameux soir où il l'avait rejoint sur la branche et l'avait vu pleurer. Depuis ce soir là, elle se faisait distante avec lui. Est-ce cette distante grandissante entre nous qui la rend plus fragile et moins résistante ?
Il lui releva le menton pour venir coller ses lèvres sur les siennes, lui prodiguant un maximum de forces. Elle ne le repoussa pas, mais ne fit rien non plus pour l'encourager. Il l'avait blessée. Comment, il ne le savait pas. Les émotions humaines n'étaient pas sa spécialité à lui. Il essayait de comprendre, de s'y habituer et de les reconnaître. Mais il n'était pas humains bon sang ! Pas plus qu'elle à la réflexion, mais elle, elle avait vécu parmi eux, alors ce devait forcément être plus naturel pour elle. Lui, il essayait de s'y conformer, mais plus il essayait, plus il se sentait confus.
Mais à présent... comment faire pour combler le vide qui semblait les séparer ? Comment faire pour qu'elle le pardonne ? Suis-je entrain de penser à me faire pardonner ? Il était lui-même surpris. Il voulait qu'elle le pardonne ? Au plus profond de lui, oui. Mais comment ? Il ne savait même pas comment il l'avait blessée. Qu'avait-il fait de mal ?
- Hoshiko, l'appela-t-il.
Elle ne répondit pas, se contentant de regarder au loin. Sesshômaru se demanda alors si elle l'ignorait ou si elle était trop perdue dans ses pensées pour l'avoir entendu. Il attendit quelques minutes qui lui semblèrent pourtant durer une éternité. Puis il s'assit à côté d'elle, sans un mot, attendant de trouver les bon mots. Et c'était loin d'être simple, lui qui était si peu enclain à la conversation.
- Dis-moi ce qui ne va pas, dit-il alors.
- Ce qui ne va pas, répéta-t-elle tout bas, d'une voix monotone, sans pour autant répondre.
- T'ai-je blessée dans tes sentiments ? s'enquit-il.
L'absence de réponse lui fit comprendre qu'il avait visé juste. Restait maintenant à savoir comment, et la façon dont il pouvait se racheter. Autant dire que ça n'allait pas être une mince affaire. Mais ce faussé entre eux ne pouvait plus durer. Ils devaient redevenir unis, afin d'être plus fort car, dans les temps à venir, la situation risquait d'empirer et leur ennemi de se faire plus agressif. C'est pourquoi, il essaya de comprendre au plus profond de lui ce qui avait affecté la jeune fille et rendu son comportement méconnaissable. Il se rejoua les moments précédents jusqu'à trouver le moment déclencheur. Juste parce que je l'ai évitée du regard... Il tourna la tête vers elle et se décida à parler.
- Le fait que je ne pose pas toujours les yeux sur toi ne veux pas dire que je t'ignore... déclara-t-il alors en regardant le ciel qui commençait à s'obscurcir avec l'arrivée de la nuit.
Elle tourna alors la tête vers lui, surprise. Elle observa son profil tandis qu'il observait le ciel sans savoir quoi répondre. Alors il était timide ? Réservé ? Lui ? Je rêve... Il tourna la tête pour la fixer de son regard d'ambre et ses yeux ne s'esquivèrent pas. Il ne cherchait pas à éviter son regard. Elle sourit timidement avant de hocher la tête et de venir se blottir contre son bras et de poser sa tête sur son épaule. Je n'ai pas dit que c'était une raison pour me coller ! Cependant, il ne fit rien, la laissant faire. Après tout, c'est lui qui l'avait blessée, il pouvait bien faire un effort. Il comprit également qu'il avait encore un long, très long, chemin à faire pour comprendre les émotions.
Il remarqua, au bout d'un certain temps, que Hoshiko s'était endormie. Son cœur loupa un battement devant ce magnifique visage angélique et serein qui reposait contre son épaule. Oui, Hoshiko était belle, et il en avait de plus en plus conscience. Il se leva en la soulevant doucement dans ses bras pour ne pas troubler son sommeil et se dirigea vers la chaumière de Kaede. Il la déposa dans son futon avant de se redresser et de l'observer. Bientôt ils devraient partir. Bientôt... Mais pour le moment, ils devaient rester ici, jusqu'à ce que le poison est totalement quitté son corps et que Hoshiko soit à même de se défendre seule. Et pour cela, il allait falloir prendre son entraînement en main et muscler son corps. Dors, demain commence le véritable entraînement...
[…]
Les rayons du soleil réveillèrent Hoshiko qui se redressa dans son futon. Une question persistait. Comment avait-elle atterri là ? Elle ne se souvenait même pas être revenue à la chaumière de Kaede. Puis, la lumière se fit. Sesshômaru a dû me porter jusqu'ici. C'était la seule explication de toute façon. Elle regarda à côté d'elle pour voir Rin se réveiller et la fixer avec des yeux encore pleins de sommeil. Hoshiko lui sourit et lui embrassa le front pour lui dire bonjour.
- Bonjour Grande sœur, sourit la petite.
- Bonjour Rin, je vais aller à la rivière, tu viens avec moi ? s'enquit Hoshiko.
- Bien sûr ! Je pourrais laver les cheveux de grande sœur ? fit-elle avec des yeux suppliants.
- D'accord, répondit Hoshiko avec un clin d'œil.
C'est ainsi que toutes les deux partirent pour la rivière. Lorsqu'elles y arrivèrent, Hoshiko et Rin se déshabillèrent et entrèrent dans la rivière. La petite remarqua la cicatrice qui barrait le dos de la jeune fille de son épaule gauche à sa hanche droite. Un fin trait blanc, légèrement en relief. La petite passa sa main sur la cicatrice, subjuguée. Hoshiko tourna la tête afin de regarder la petite et eut un sourire attendrit.
- Grande sœur... tu as été blessée ? s'inquiéta la jeune fille.
- Je n'en sais rien... je ne sais pas d'où me vient cette cicatrice, sourit Hoshiko.
- Ça te fais mal ? s'enquit Rin.
- Non, avoua la jeune fille en haussant les épaules, bien que parfois, elle ressente quelques petites douleurs sans importances, mais à quoi bon inquiéter Rin.
Hoshiko commença à laver les cheveux de Rin qui s'amusait à l'éclabousser avec l'eau de la rivière. Hoshiko rigolait avec elle, l'eau lui arrivant seulement à la taille pour que Rin puisse avoir la tête hors de l'eau. Heureusement pour elle, il n'y avait personne dans les parages. Hoshiko n'aurait pas aimé qu'on voit ses courbes. Seulement, Sesshômaru était là et les observait. Au moment où il avait voulu partir, la conversation sur la cicatrice de la jeune femme l'avait intéressé. Puis, il avait vu ses courbes bien placées et n'arrivait pas à reprendre totalement ses esprits. Il se fit tout de même violence et se força à regarder ailleurs. Seulement, il avait eu le temps de tout détailler, et d'apprécier. Elle me rend fou ! Il secoua la tête, perché sur la branche d'un grand pin et il tourna le dos à l'endroit où il les savait se baigner. Il n'était pas question qu'il cède à ses pulsions. De plus, Rin était là, avec cette magnifique créature. Je délire ! Magnifique ? Pfff... ! Pas cette peste !
Mais qu'elle soit peste ou non, il ne parvenait pas à se l'ôter des pensées. C'était peut-être justement un facteur essentiel, y comprit sa beauté. Il secoua la tête encore plus énergiquement et hésita même à se foutre une bonne paire de claque pour reprendre ses esprits. Mais sachant que Hoshiko risquait de le remarquer s'il faisait du bruit, il se contenta de fermer les yeux pour tenter de vider son esprit. Très mauvaise idée, puisque la seule chose qu'il réussit à faire, ou plutôt voir, ce fut l'image de Hoshiko entrain de s'immerger totalement dans l'eau pour en ressortir en rejetant la tête en arrière, dévoilant son buste avec une sensualité renversante. Je déraille complètement ! Voilà que je fantasme sur elle maintenant !
Hoshiko, elle, était tellement occupée à s'amuser avec Rin, en s'éclaboussant dans l'eau, qu'elle n'avait pas ressenti la proximité de Sesshômaru, ni même les sentiments qui commençaient à s'éveiller en lui grâce à elle. Le lien qui unissait la jeune femme à Rin était parfois incompréhensible. Comment, en si peu de temps, avait-elle pu se rapprocher de cette enfant à ce point ? En l'espace de quelques jours, elle était devenue la grande sœur de Rin et se comportait comme tel. Cela avait fait sourire bien des personnes qui avaient été ravies de voir que la jeune femme s'adaptait bien. Après tout, n'était-elle pas, elle aussi, originaire de ce monde ?
La jeune femme sortit de l'eau pour aller se sécher avec une serviette. Sesshômaru faillit succomber à ses sens lorsqu'il la vit, là, sensuelle, comme une fleur qui lui hurlait de venir la cueillir. Il se contint cependant, Rin était là, il ne pouvait pas se laisser aller comme ça... Mais qu'est-ce que j'ai ? La jeune femme avait l'air si fragile et si forte à la fois. Cela ne rendait sa beauté que plus réelle.
- Rin ? appela-t-elle. Il est tant de sortir, tu risques d'attraper du mal, ajouta la jeune femme avec une note de tendresse maternelle dans la voix.
- J'arrive grande sœur ! s'écria la petite en courant la rejoindre.
Hoshiko se munit alors d'une autre serviette avec laquelle elle frotta avec vigueur le petit corps de Rin, lui prodiguant par la même occasion, un peu de chaleur. Elle l'aida ensuite à s'habiller avant de faire de même. Puis, elle attacha ses longs cheveux rapidement à l'aide du long ruban rouge que lui avait donné Rin.
- C'est beau le rouge, dit alors Rin.
- Hum ? fit Hoshiko en baissant les yeux sur elle.
- C'est la couleur du clan des Inu, expliqua la petite. C'est Jaken qui me l'a dit, sourit la petite, fière d'elle.
Hoshiko resta interdite pendant un moment, pensive. Alors le rouge est la couleur de son clan ? Puis, elle se reprit et offrit un magnifique sourire à Rin avant de lui prendre la main, de ramasser leurs affaires et de retourner vers le village. Sur le chemin, Rin chantonnait, avec la jeune fille, de petites chansons que Kaede leur avait apprise ainsi que Kagome.
- Dis-moi, Rin, quel âge as-tu ? s'enquit Hohiko.
- Sept ans, répondit-elle.
- Mais tu es une grande fille dis-moi, sourit Hoshiko en lui ébouriffant les cheveux.
- Et toi Grande sœur ?
- Moi ? J'ai...
Hoshiko s'arrêta de marcher et se prit la tête dans les mains. Quelque chose semblait vouloir se manifester dans ses pensées. Comme si, tout droit surgit des ténèbres, un souvenir voulait se rappeler à elle. Ce fut bref, mais elle en garda un élancement douloureux, un terrible mal de tête. Elle avait tout juste eut le temps de voir un homme à la longue chevelure argentée avec deux traits bleus sur les joues et des prunelles d'ambres. Cependant, ce n'était pas Sesshômaru. Et pourtant, dans ces images saccadées, elle avait bien vu que cet homme l'embrassait. Je devrais peut-être en parler à Kaede... Ce n'était pas la première fois que ce genre de chose se produisait. La nuit, elle faisait toujours le même genre de rêves tourmentés. Elle y revoyait fréquemment cet homme là. Mais pourquoi ?
- Grande sœur ? s'enquit Rin inquiète. Ça ne va pas ?
- Si, si, Rin, ne t'inquiète pas, juste un petit mal de tête, ça va passer, sourit la jeune femme en tentant de la rassurer.
La petite fille fut un peu sceptique mais ne fit aucun commentaire. Après tout, elle voyait la jeune femme fréquemment avoir des maux de têtes. Mais elle se demandait bien pourquoi elle n'en parlait pas à Kaede. Pourquoi... ? Cette question qui se reflétait dans les yeux de Rin, la concernée elle-même ne le savait pas. Elle ne comprenait pas ce qui se passait. Et, malgré la contenance qu'elle essayait de se donner, elle avait peur.
[…]
- Et tu dis voir un homme ressemblant étrangement à Sesshômaru ? A chaque fois ? s'enquit Kaede.
- Oui, confirma la jeune femme. Qu'est-ce qui m'arrive Kaede... ?
- Je ne sais pas trop, répondit la vieille miko. Probablement Sesshômaru serait-il capable de t'éclairer ? proposa Kaede.
- Je... fit Hoshiko, incertaine. Lui en parler... à lui ?
- Tu as peur de lui parler ? fit Kaede.
- Oui, murmura la jeune femme.
- Mon enfant, tant que persistera la peur entre vous et que vous n'aurez pas une confiance totale l'un envers l'autre, vous ne vaincrez jamais l'ennemi, dit Kaede en lui posant gentiment la main sur l'épaule.
- Je sais mais...
- Il est normal d'avoir peur, mais vous devez vous faire confiance. De toutes les personnes que tu peux connaître, Hoshiko, lui seul pourra t'aider et te donner la force d'affronter n'importe quoi... si tu lui fais confiance, Hoshiko...
La jeune femme sortit de la chaumière un peu effrayé. Elle tentait de mettre de l'ordre dans ses idées. Devait-elle vraiment en parler à Sesshômaru ? Elle en tremblait rien que d'y penser. Elle connaissait le Taiyoukai mieux que les autres, mais elle ne savait pas comment il pouvait réagir dans certaines situations. Il restait une part d'ombre entre eux, de secret que tous deux n'osaient franchir. Le chemin de la confiance était risqué, et ils le savaient tous deux. Comment accorder son entière confiance à quelqu'un que l'on connaît depuis si peu de temps ? Sesshômaru est si réservé, secret, distant... comment pourrait-il m'autoriser, moi, à franchir le fossé qui nous sépare ?
Elle marcha un bon moment, tentant d'envisager toutes les réactions possibles de Sesshômaru. Elle dû se l'avouer, elle s'en était foutu les jetons ! Je me fais l'effet d'une grosse trouillarde... Mais qui ne tremblerait pas devant un être aussi intimidant que le Taiyoukai à qui elle était – et l'on ne savait pas pourquoi – étrangement liée. J'ai vraiment le chic pour me foutre dans des situations dont je ne peux me sortir seule ! Tout en se morigénant intérieurement, elle heurta quelqu'un. Elle leva les yeux, prudemment, pour découvrir un homme. Il était grand, plutôt musclé, de grands yeux argentés, de longs cheveux bruns semblants aussi doux que de la soie, et un visage fin et bien dessiné.
- Euh je... pardon, bredouilla la jeune fille. Je suis maladroite, je vous prie de bien vouloir m'excuser, fit-elle en s'inclinant.
- C'est toi, la jeune fille se nommant Hoshiko ? s'enquit-il.
- ... pourquoi la cherchez-vous ? se reprit-elle, la petite voix dans sa tête l'enjoignant à la prudence.
- J'ai entendu parlé d'une femme avec une grande beauté, je suis venu vérifier par moi-même.
- Oh... Je suis sûre qu'elle sera ravie de l'entendre, vous devriez poursuivre vers le village, par là, répondit-elle en lui indiquant le village où ses amis l'attendaient sûrement.
- Merci, sourit l'homme avant de partir.
Elle avait bien comprit qu'il n'était pas humain. Et lui, il avait sûrement dû sentir qu'elle ne l'était pas non plus. Néanmoins, il l'avait laissée tranquille. Elle soupira de soulagement avant de continuer sa petite promenade. J'ai eu une sacrée frayeur... Ça m'apprendra à ne pas regarder où je mets les pieds ! Elle se reposa un moment contre le tronc d'un arbre, replongeant dans ses pensées et ses hypothèses quant aux réactions possibles du Taiyoukai. Seulement, plus elle pensait à tout ça, plus elle avait la conviction que Kaede avait raison. La réponse, seul Sesshômaru pourrait la lui donner. Mais il fallait le courage d'aller lui demander. Courageuse ? J'ai pas l'impression de répondre à ce critère...
Néanmoins, elle se leva et, avec une nouvelle forme de courage, celle de la curiosité, elle se dirigea vers Sesshômaru. La curiosité et l'envie d'être débarrassée de ses mauvais rêves avaient eu raison de sa peur. Maintenant, elle était déterminée. Peu importe sa réaction, il ne peut pas me faire de mal... n'est-ce pas ? Même si le doute persistait, elle sentait qu'il ne lui ferait jamais le moindre mal. Alors, tête haute, elle marcha vers lui, sans se rétracter.
Elle finit par trouver le Taiyoukai. Il regardait paisiblement la lune qui commençait son ascension dans le ciel. Elle ne put s'empêcher de songer à quel point il était beau, là, bercé par l'éclat de la lune. Elle se rapprocha de lui et s'assit à ses côtés, à une distance raisonnable pour ne pas le froisser. Qui sait comment il aurait pu réagir ? Après tout... si ce lien entre eux n'existait pas, il ne l'aurait probablement jamais regardée.
- Sesshômaru... l'appela-t-elle finalement après avoir pris une brève inspiration.
Il ne répondit pas et ne bougea pas non plus, mais elle savait qu'il l'écoutait. Elle n'avait plus qu'à se lancer. Mais par où commencer ? « Tu sais j'ai l'impression que j'ai jadis connu un homme te ressemblant ! Tu n'aurais pas un autre frère par hasard ? » Pff... comme si je pouvais lui sortir ça ! Elle n'avait pas la moindre idée de comment elle allait bien pouvoir lui parler de ses rêves. Elle resta donc muette, ne sachant que faire. Elle se recroquevilla sur elle-même, entourant ses genoux de ses bras pour ensuite plonger sa tête entre ces derniers. Elle en avait les larmes aux yeux tellement elle se sentait lamentable. Il faut pourtant que je le lui dise.
- Sesshômaru... dernièrement, je fais toujours le même rêve... le même genre de rêve, murmura-t-elle en relevant la tête tout en posant son menton sur ses avants-bras.
- Quel genre de rêve ? demanda-t-il après un moment de silence.
- Je vois toujours le même homme. Il te ressemble beaucoup... souffla-t-elle.
Il tourna alors la tête vers elle, ses yeux plutôt sévères. Apparemment, le fait de parler de ça n'est pas une très bonne idée... Elle évita alors son regard, regardant le sol pour se donner de la contenance. Cependant, elle pouvait toujours sentir le regard d'ambre de son protecteur sur elle. Il attendait qu'elle s'explique, ça, c'était plutôt clair. Mais il lui fallait énormément de courage pour oser continuer à lui expliquer ce qu'elle avait vu.
- Il a de longs cheveux argentés, des yeux ambres et des traits bleus sur les joues, continua-t-elle finalement.
Elle s'arrêta alors de parler, attendant une réaction plutôt forte de la part de son compagnon. Elle redoutait déjà le moment où elle lui dirait que dans ce rêve, ce mystérieux homme et elle s'embrassaient. Mais ce dont elle ne se doutait pas, c'est que Sesshômaru en savait plus qu'elle ne le croyait. Il était au courant du fait qu'elle ait été liée à son père avant lui, bien qu'il n'eut aucun souvenir de l'avoir jamais vu avec lui, à aucun moment. Il se sentait pourtant d'extrême mauvaise humeur. Était-il jaloux ? Jaloux ? Pourquoi donc ?
- Dans ce rêve, je me tiens à côté de cet homme, vêtu du même genre d'ensemble en cuir que celui que tu m'as donné, ainsi que d'une cape rouge. Je porte également Mistborn à la hanche. Puis, cet homme se tourne vers moi et m'embrasse...
Elle rougit de honte. Comment avait-elle eut le culot de sortir ça ? A l'homme qu'elle aimait en plus ! Pardon ? Où du moins, pour qui elle avait une très grande attirance, et de surcroît, le seul a qui elle pouvait être loyale. Cela était complètement démentiel. Elle n'en revenait pas. Cependant, elle fut tout de même soulagée, le poids dans son estomac venait de disparaître, et Sesshômaru n'avait pas trop mal réagit. En fait, il semblait ne pas réagir du tout. Bien qu'il bouillonnait intérieurement, il ne laissa rien paraître. Il ne voulait pas l'effrayer. Et pourquoi donc ? Pourquoi cette petite peste a-t-elle tellement d'importance ? Il se força au calme tout en regardant la lune.
- Inu-Taisho, dit-il alors.
- Huh ?
- L'homme dans tes rêves. C'est Inu-Taisho, mon père, déclara-t-il sans se tourner vers elle.
- Ton... père ? Tu te fous de moi ! s'écria-t-elle, n'en croyant pas ses oreilles.
- Si tu es vraiment ce que Kaede prétend que tu es, alors tu fus liée à mon père avant qu'il ne rencontre la mère d'Inuyasha, expliqua-t-il.
- Pourquoi n'en ai-je aucun souvenir ? s'enquit-elle alors.
- Je n'en sais rien. Tout comme je ne sais pas pourquoi je ne me souviens pas t'avoir jamais vu avant que tu ne dégringoles du ciel, dit-il en tournant finalement la tête vers elle.
Elle frissonnait légèrement. Il ne savait pas si c'était de peur ou bien de froid. Après tout... le fait qu'il ne puisse pas lui faire mal, ne garantissait pas qu'elle n'avait rien à craindre. On pouvait blesser quelqu'un par son comportement, et il savait qu'il l'avait déjà fait auparavant. Deux fois. La première, il avait reçu une gifle et se demandait encore comment il avait pu la laisser faire, et la deuxième, il avait récolté ses larmes et son éloignement. Dans les deux cas, ça lui avait fait mal. Allez savoir pourquoi.
Lorsqu'elle frissonna encore une fois, il ne pu contenir son geste et l'enveloppa de sa fourrure. Il n'avait même pas eu le temps d'y penser qu'il l'avait déjà fait. Avec un soupire de résignation, il laissa son bras autour des épaule de la jeune femme et l'attira contre lui pour lui prodiguer un peu plus de chaleur. Quelle peste... mais pourtant... elle est si adorable... Il se gifla mentalement pour avoir pensé cela.
- Hoshiko... tu n'as pas à avoir peur de me parler, dit-il après avoir pesé le pour et le contre sur si oui ou non il devait le lui dire.
- C'est vrai ? s'enquit-elle, le regardant avec des yeux qui lui firent penser à Rin un instant.
Il ne se donna pas la peine de répondre. Il nota cependant à quel point, d'une certaine manière, elle pouvait ressembler à Rin. Si ce n'est que ses yeux étaient de différentes teintes de bleu. Elle pouvait se montrer si fragile et maladroite. Mais pourtant, son courage ne faisait aucun doute. Après tout... elle était la seule à oser lui tenir tête. Il se rappela alors le moment où ils s'étaient marché sur les pieds tous deux. A ce moment, ils s'étaient comportés comme deux enfants. C'est incroyable l'effet qu'elle peut avoir sur moi... Il frictionna son bras avant de se rendre compte qu'elle s'était endormie contre lui. Son visage était serein et... magnifique. Il tourna son regard vers la lune une dernière fois, avant de soupirer et de se lever en la prenant dans ses bras, l'enveloppant dans sa fourrure et se dirigeant vers le village. Il ne s'agissait pas de la laisser tomber malade.
- Tu es une peste et tu es insupportable... mais pourtant, je ne sais ce que je ferais sans toi... susurra-t-il en l'embrassant sur le front, à l'endroit où se trouvait l'étoile.
Elle sourit alors, se blottissant un peu plus dans ses bras, le surprenant. Avait-elle entendu ? Ou bien était-ce dans son rêve qu'elle souriait. Cette dernière pensée fit monter une bouffée de jalousie. Et si c'était son père qu'elle voyait dans ce rêve. Et si c'était pour lui qu'elle souriait ? Il se promit de ne rien laisser filtrer de ses émotions, jamais. Cependant, quand elle murmura son nom dans son sommeil, son cœur s'apaisa et il ne pu contenir un sourire attendri. Sale petite peste...
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A suivre...
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J'espère que ce chapitre vous a plu.
Je vous promets que je vais faire mon possible pour écrire la suite rapidement. Mais il faut tout de même qu'elle soit de qualité, n'est-ce pas ? =)
Aller, je vous dis à bientôt et n'hésitez pas à me laisser vos impressions. =)
