Lalolyen d'Eryn Vorn : Je suis contente que tu aimes la personnalité que je donne à Sesshômaru. J'avais un peu peur que je m'en éloigne trop. Tu me rassures. Quand au couple Hoshiko/Sesshômaru, même si ce n'est pas encore à proprement parler un couple, je suis contente qu'il te plaise. Je trouvais que leurs deux personnalités allaient bien ensemble. Après tout, Sesshômaru à bien besoin d'une fille comme Hoshiko pour le remettre dans le droit chemin ! lol J'espère que ce chapitre sera à la hauteur de tes espérances, bonne lecture. =)


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Chapitre 13

Rival ?

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Hoshiko se réveilla et fut un peu surprise de voir qu'elle était dans les bras de Sesshômaru qui était lui-même assis, le dos contre le mur. Huh ? J'ai loupé un épisode ? Elle regarda un peu partout avant d'oser enfin lever les yeux vers le visage du Taiyoukai. Il la regardait, le regard toujours aussi inexpressif, du moins... il essayait de le rendre inexpressif. Hoshiko semblait toujours y déchiffre plus que ce qu'il n'aurait voulu.

- Euh... Pourquoi tu m'as gardé dans tes bras ? s'enquit-elle en se rebiffant un peu – pour la forme, sans doute... – surprenant à peine Sesshômaru.

- Je t'aurais volontiers mise dans le futon... le fait est que tu ne voulais pas me lâcher, conclut-il avec un regard "à qui la faute".

- N'importe quoi ! s'écria-t-elle en se levant d'un bond.

Elle était un peu trop gênée de la situation. C'est pourquoi, elle sortit de la chaumière en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Seul, Sesshômaru ne put s'empêcher de sourire de sa réaction. Cette réaction lui avait fait... plaisir. Hum ? Il se demandait bien quel était ce sentiment qui semblait se manifester de plus en plus en lui au contact de la jeune femme. Il se secoua intérieurement. Cela n'avait pas d'importance. Aucune importance ! Du moins... il tentait de s'en convaincre.

Il sortit à son tour pour aller chercher la jeune femme. Si elle pensait louper l'entraînement, elle se leurrait complètement. Elle n'y couperait pas, ça, elle pouvait en être sûre. Il la retrouva un peu plus loin, en train de discuter avec un Youkai qu'il ne connaissait pas mais dont son instinct lui disait qu'il n'était pas une bonne chose. Il s'approcha et attrapa Hoshiko par la taille avant de la soulever et de la balancer sur son épaule.

- Kyaaa ! Sesshômaru ! Mais... qu'est-ce que tu fais ? s'écria-t-elle tandis qu'il s'éloignait avec elle sous les yeux surpris du Youkai au longs cheveux foncés.

- Tu ne pensais tout de même pas manquer ton entraînement ? fit-il quelque peu sournois.

- Quel entraînement ? fit-elle de mauvaise fois.

Sesshômaru leva les yeux au ciel. Cette peste est désespérante ! Il la ramena non loin de la chaumière de Kaede, dés fois qu'elle se blesse en dégainant... Ce qui était une possibilité plus qu'envisageable vu sa maladresse. Il la déposa au sol... ou plutôt, la laissa tomber par terre. Elle atterrit sur les fesse avec une grimace et le fusillant du regard.

- Délicatesse est un mot inconnu pour toi ? fit-elle sarcastique.

- Tout à fait, répondit-il en dégainant son épée. Dépêches-toi, sinon je t'attaque même si tu es à terre.

Elle marmonna des paroles peu mémorables et se releva en se massant un peu les fesses. C'est que tomber d'une hauteur telle que la taille de Sesshômaru, ça faisait quand même mal. Elle pouvait être sûre de s'en tirer avec quelques ecchymoses. Mais elle avait dans l'idée que le pire restait à venir. Elle avala difficilement sa salive avant de dégainer sa propre épée. Elle ne se coupa pas – Un exploit tient ! – mais elle dut empoigner l'épée à deux mains pour que cette dernière ne se retrouve pas pointe enfoncée dans le sol. Elle était déjà lourde et elle arrivait difficilement à la tenir correctement, alors comment espérait-il qu'elle réussisse à la manier ? Il est stupide ou fait-il ça juste pour m'emmerder ?

Un coup d'épée. Mistborn lui échappa des mains pour aller se planter un peu plus loin derrière elle. Sesshômaru leva un sourcil. Franchement, elle lui aurait foutu des baffes rien que pour le fait qu'il la regarde ainsi. Imbécile ! Tandis qu'elle allait chercher son épée, Sesshômaru s'autorisa un bref sourire amusé avant de reprendre son visage impassible. Elle se débattit un moment pour sortir son épée du sol. Pff... je n'ai fait que la soulever deux secondes, et j'en peux déjà plus ! Elle revint ensuite vers Sesshômaru, son humeur devenant un tantinet plus critique. A ce moment là, elle pensait à diverses façons de faire payer à l'imbécile qui lui faisait face le mauvais traitement qu'il lui faisait subir. Et honnêtement, ce n'était pas les idées qui lui manquaient.

- Tu comptes faire quoi en tenant ton épée de cette façon ? demanda-t-il en levant un sourcil.

La jeune fille ne parvenait plus à la tenir de façon acceptable. Elle n'avait plus assez de forces dans les bras. C'est pourquoi la pointe de l'épée touchait le sol. Sesshômaru attendit qu'elle reprenne une garde acceptable. S'il s'attend à ce que je la soulève, il peut aussi bien allumer un feu et installer le campement, parce qu'il va attendre longtemps !

- Remets-toi en garde, dit-il.

- Je peux pas, marmonna-t-elle.

Il leva un sourcil. Ça eut le don de faire monter l'énervement de la jeune fille d'un voir plusieurs crans. Il commence à me chauffer lui ! Cependant, elle se força au calme en se disant que laisser tomber son épée et se ruer sur lui pour lui foutre au moins trois bonne paires de claques n'étaient pas la bonne solution à envisager. Cependant, c'était vraiment très, mais extrêmement, tentant ! Je me demande de quoi il aurait l'air avec un jolie petite marque rouge sur la joue...

- Comment espères-tu tenir deux secondes devant un ennemi ? soupira-t-il.

- Hey ! Je suis une femme moi ! Je n'ai pas la force d'un Taiyoukai aussi arrogant et fière qu'il puisse-être !

Il tiqua un peu sur la deuxième partie de la phrase mais dû reconnaître qu'elle n'avait pas tout à fait tord. Il ne l'avouerai jamais, ça, c'était certain, mais elle avait raison. Elle n'avait pas sa force, et elle ne pourrait pas faire le poids face à un Youkai d'aussi basse condition fut-il. Pourtant, ne lui avait-elle pas dit que dans son souvenir, elle portait Mistborn à sa taille ? Quelle en aurait été l'utilité si elle ne savait pas s'en servir ? Il y avait sûrement un moyen qu'elle puisse la manier.

- Et puis... si je reste toujours près de toi, à quoi cela me sert-il d'apprendre à manier une épée, sachant que tu tueras quiconque m'approchera avant que je ne m'en sois rendue compte ? ajouta-t-elle.

Là, elle marquait encore un point. Il commençait à en avoir un peu marre de cette petite peste qui se croyait tout permis. En plus, elle osait mettre en doute sa façon de penser. Elle avait un sacré culot dis-donc. Mais le pire, c'est qu'elle se permettait d'avoir raison. Elle m'énerve ! Elle m'éneeeeerve ! Cependant, son irritation retomba vite lorsqu'il comprit qu'elle était vraiment à bout de force. Ses cheveux étaient défaits, le ruban s'envola avec un coup de vent, les laissant fouetter son visage par la même occasion. Elle avait du mal à reprendre son souffle et elle tremblait. A travers le mystérieux lien qui les reliait, il comprit qu'elle ne jouait pas la comédie, elle était faible.

Il rangea son épée et vint vers elle. Il lui enleva l'épée des mains, se formalisant peu du fait que cette dernière refusait son contact. Il la planta à côté d'eux avant de prendre le visage de la jeune femme dans ses mains et de venir poser ses lèvres sur les siennes. Elle fut même surprise de la douceur avec laquelle il interagissait avec elle. Elle ferma même les yeux, répondant à son baiser qu'il avait à peine conscience de lui donner. Il s'écarta soudain, comme s'il s'était un peu trop approché d'un feu et qu'il s'était brûlé. Mais qu'est-ce que... ?

- Reposes-toi, c'est fini pour aujourd'hui.

Elle se contenta de hocher la tête. Après tout, qu'est-ce qu'elle aurait pu dire ? Elle avait encore la tête ailleurs, repensant à la douceur et la tendresse des lèvres du Youkai. C'était la première fois qu'il était si doux, si tendre... et qu'il s'attardait si longtemps sur ses lèvres. Qu'est-ce qui lui prend ? Elle le regarda s'éloigner, puis, se rendit compte que son ruban s'était envolé un peu plus loin et se dépêcha de courir après avant qu'il n'est la mauvaise idée de ce coincer dans un endroit où elle ne pourrait pas le récupérer sans jouer les imprudentes de service.

Une main attrapa le ruban. Ses yeux remontèrent le bras de la personne pour voir à qui elle avait à faire. C'était le Youkai qu'elle avait rencontré dans la forêt. Il lui souriait. Pas d'une façon à lui faire froid dans le dos, non, c'était autre chose. Quelque chose de positif. Cependant, elle ne se sentait pas très confiante et se méfiait de lui. Il lui tendit le ruban et au moment ou elle allait le prendre, il le mit hors de porté. Elle planta ses yeux dans les siens, franchement pas d'humeur à jouer ce genre de petit jeu puéril.

- Hoshiko... pourquoi ne pas m'avoir dit qui tu étais plus tôt ? s'enquit-il avec un sourire charmeur.

Elle rumina intérieurement. Il devait avoir l'ouïe fine lui aussi. Et puis... Sesshômaru l'avait appelée par son prénom quand il était venu la kidnapper pour l'entraîner. Soudain, elle avait la subite envie de se ruer à la poursuite de ce stupide Youkai et de se jeter dans ses bras pour s'y sentir en sécurité. Mais elle se retint. Ce ne serait pas une bonne chose devant ce nouvel arrivant. D'ailleurs, elle ne savait pas ce qu'il lui voulait.

- Bon, qu'est-ce que tu veux ? marmonna-t-elle de mauvaise fois.

- Je suis venu te chercher, déclara-t-il de but en blanc.

Elle le fixa, attendant la suite de la plaisanterie. Suite qui, évidemment, ne vint pas. Elle soupira et se maudit encore une fois de tomber sur les mauvaises personnes. Elle avait décidément le chic pour tomber sur ses futurs kidnappeurs. Et ce n'était pas faute de faire preuve de prudence, même si ce n'était pas dans ce domaine qu'elle excellait. Bon sang, ne pouvait-elle pas rester auprès de Sesshômaru sans qu'on ne l'enlève à chaque détours de chemins ? Je vais vraiment finir par passer pour une damoiselle en détresse... Idée qui la réjouissait et la dépitait à la fois. Allez savoir pourquoi.

- Écoute, j'ai pas le temps pour des plaisanteries de ce genre, alors si tu voulais bien me rendre ce ruban... soupira-t-elle, las.

- Je ne plaisante pas, répondit-il avec un air extrêmement sérieux.

- Ok, soupira une nouvelle fois Hoshiko. Alors je vais être claire. Je n'irais nul part ni avec toi ni qui que ce soit d'autre que Sesshômaru, pigé ? termina-t-elle un peu énervée sur les bords. Maintenant, soi tu me rends ce ruban, soi tu le gardes, mais fiche-moi la paix, comprendo ?

Il ne fit aucun geste pour lui rendre le ruban, alors, soupirant une nouvelle fois d'ennui, elle tourna les talons et retourna à la chaumière de Kaede. Elle s'assit sur son futon en tailleur et se mit à réfléchir, laissant son esprit vagabonder vers d'autres horizons. Ce Youkai ne lui disait rien qui vaille. Et elle avait comme l'impression que cette histoire ne faisait que commencer et qu'il n'allait pas la laisser tranquille si facilement. Peut-être que si Sesshômaru lui foutait une bonne frayeur, il me ficherait la paix ? Qu'au moins il soit utile pour une fois... Elle poussa un long soupire et se laissa tomber sur le futon, allongée sur le dos à regarder le plafond. Elle n'était pas de très bonne humeur, et ça, c'était un euphémisme. C'est sans doute pour cela que Sesshômaru ne vint pas la rejoindre, il n'était pas fou et le lien entre eux ne le laissait pas dans l'ignorance de ses humeurs.

Un peu plus loin, alors que le soleil se couchait, Sesshômaru était assis contre le tronc d'un arbre, Rin à ses côtés. Cela faisait longtemps que la petite fille n'avait pu rester seule avec lui. Il était soulagé de voir qu'elle se portait bien. Cette enfant était en quelque sorte, sa part d'humanité. Elle avait réveillé en lui cette petite flamme de sentiment. Hoshiko, elle, avait complètement enflammé le brasier. A tel point qu'il était perdu dans toutes ces émotions qu'il arrivait à peine à différencier. Rin lui avait seulement apprit que les humains n'étaient pas si dénués d'intérêts et méritaient le respect. Car même s'ils se savaient condamnés à mourir, il vivaient leurs vie dans la joie et la bonne humeur. Toutes ces choses là, si Rin n'avait pas été là, il ne l'aurait jamais compris, n'y aurait jamais fait attention. Mais terré dans sa fierté, il n'avouerait jamais tout ça.

- Sesshômaru-sama... commença Rin.

Sesshômaru tourna la tête vers la gamine qui souriait, sa joie toujours aussi grande à chaque fois qu'elle était près de lui. A croire qu'il était son rayon de soleil ou son héros. A tout bien réfléchir, il l'était peut-être, son héros. Combien de fois l'avait-il sauvée de la mort ? Son innocence est parfois surprenante... Heureusement pour lui d'ailleurs qu'elle était encore si innocente ! Sinon, son comportement envers Hoshiko aurait de quoi la choquer. Quoique c'était peut-être déjà le cas, à la réflexion...

- Sesshômaru-sama, le Youkai aux longs cheveux noirs, pourquoi suit-il toujours Grande sœur ?

La question de Rin le surpris. Il n'avait pas remarqué que ce Youkai tournait autour de la jeune femme. Mais en y repensant, elle discutait avec lui quand il l'avait prise en otage pour sa leçon à l'épée. Et lorsqu'il l'entraînait, il n'était pas loin et l'observait. Serait-il possible que... ? L'inquiétude commença à monter en lui, mais il le cacha à la gamine. Ce n'était pas un sujet à aborder avec Rin.

Le soleil se coucha finalement et Sesshômaru raccompagna Rin à la chaumière de Kaede. Il fut surpris de ne pas trouver Hoshiko là. Où est encore passée cette petite peste ? Il se focalisa sur le lien qui les unissait et comprit qu'elle était chez Inuyasha, sans doute à discuter avec Kagome. Il se dirigea alors vers cette chaumière et repéra le Youkai dont avait parlé Rin. Il était là, observant à quelques mètres. Rin avait raison, il ne quittait pas Hoshiko d'une semelle. Cela l'irrita légèrement, allez savoir pourquoi. Lui, il ne comprenait pas pourquoi il était si énervé par le fait que ce Youkai colle un peu trop Hoshiko. Avait-il peur qu'il ne l'emmène loin de lui ? Qu'il la séduise ? Absurde !

Cependant, si c'était le cas ? Hoshiko le quitterait-elle ? Non, aucun risque, elle ne peut pas s'éloigner de moi... Il allait devoir surveiller ce nouvel arrivant très scrupuleusement à partir de ce moment. Après tout, mieux valait ne pas relâcher sa vigilance. Rien n'était totalement acquis dans la vie. Il l'avait très bien comprit lui.

Hoshiko finit par sortir de chez Inuyasha et avança de quelques pas avant que le Youkai ne vienne lui parler. Sesshômaru écouta, se sentant un peu honteux d'en être réduit à l'espionner. C'était indigne de lui de s'abaisser à ce genre d'actions. Toutefois, il mit sa fierté en veilleuse et se concentra sur le dialogue entre Hoshiko et son rival. Rival ?

- Mais qu'est-ce que tu veux à la fin ? s'énerva à ce moment la jeune fille. Je t'ai déjà dit que je n'irai nulle part avec toi !

- Je viens juste t'escorter, répondit-il.

- M'escorter ? releva-t-elle perplexe.

- Oui, une si jolie jeune femme n'est pas en sécurité de nos jours, expliqua-t-il.

- J'en avais déjà assez d'un mais maintenant je me retrouve avec deux emmerdeurs sur les bras... marmonna-t-elle plus pour elle-même que pour son interlocuteur.

Sesshômaru se retint de foncer sur elle pour lui dire sa façon de penser. Si elle trouvait sa présence si ennuyante, pourquoi ne s'éloignait-elle pas de lui histoire de lui foutre la paix. Comme ça, chacun sa vie et tout le monde est content. Et bah non ! Fallait que ce foutu lien empêche ça. Il aurait dû accepter la proposition de Raziel de rompre le lien. Mais pourtant, une chose l'en avait empêché à ce moment là. Sans Hoshiko à ses côtés... la vie serait tellement vide de sens. A croire que c'est elle qui y donne un sens ! Ce qui n'était pas tout à fait faux, si on y repense.

- Pourquoi es-tu si désagréable ? s'enquit le Youkai en levant les yeux au ciel.

- Si t'es pas content, c'est la même chose ! rétorqua-t-elle. Je n'ai pas envie que tu me tournes autour tel un vautour !

- Je ne veux que te protéger, répliqua le Youkai.

- Écoute, machin-truc...

- Ranmaru, répondit-il.

- Ouais, peu importe. J'ai déjà quelqu'un, pigé ? Et personne ne pourra le remplacer. Et surtout pas un Youkai collant qui ne comprend rien à ce qu'on lui dit ! fit-elle hors d'elle avant de se mettre en route vers la maison de Kaede.

Ranmaru eut un sourire amusé. Son caractère était spécial. Cette fille était de plus en plus digne d'intérêt. Plus il en apprenait sur elle, plus elle l'intéressait. Il lui emboîta le pas, ce qui eut le don de l'énerver encore plus. Bon sang ! Où est ce stupide Youkai quand j'ai besoin de lui ? Elle rumina jusqu'à ce qu'elle soit à l'abri dans la chaumière où Kaede et Rin dormaient déjà. Tout ce qu'elle voulait, c'était échappée à ce Ranmaru beaucoup trop collant pour gagner ne serait-ce que son attention. Vraiment ! A croire que je suis un véritable aimant à emmerdement ! Peut-être n'avait-elle pas tout à fait tord...

La nuit fut froide, elle ne parvenait pas à dormir, la température de son corps chutant. Elle n'arrivait pas à se réchauffer malgré les couvertures qui la recouvraient. Elle se frictionna les bras, ramenant ses jambes contre elle, en position fœtus. Mais rien n'y fit. Elle avait trop froid. Elle se consola en se disant qu'il y avait toujours pire que ce froid de canard. Mais elle tremblotait, fermant les yeux avec acharnement, sans parvenir à trouver ce sommeil qui le fuyait.

Sesshômaru ressentit l'inconfort de Hoshiko. Il s'était trop éloigner du village. S'il avait voulu tester la distance, maintenant il était fixer. Il ne pouvait s'éloigner à plus d'une lieue sans qu'elle n'en ressente les mauvais effets, et lui avec. Il se hâta donc de retourner vers elle. Quand il arriva en vue du village, il surpris Ranmaru non loin de la chaumière où se trouvait Hoshiko. Il sentit très vite l'énervement monter en lui. Quand il passa devant son rival – Vraiment ? – ce dernier leva les yeux pour le regarder.

- Sesshômaru, hein ? fit-il avec un sourire carnassier.

- Ranmaru, répondit Sesshômaru en s'arrêtant sans pour autant se retourner vers son interlocuteur.

- Qu'est-ce qui te lie avec Hoshiko ? attaqua de but en blanc le Youkai.

Sesshômaru resta silencieux. S'il lui disait ce qui le liait à Hoshiko, il ne comprendrait certainement pas. Et puis... dévoiler cela, ce serait comme dévoiler une faiblesse à un adversaire. Comment croyez-vous qu'il réagirait ? Le voir à terre serait décidément trop tentant et ferait trop plaisir à Ranmaru. Alors il se décida à ne pas répondre, se muant dans son traditionnel silence impassible.

- Pourquoi semble-t-elle si attachée à toi ? continua-t-il.

- Va savoir... tu es jaloux ? fit Sesshômaru avec un soupçon de sarcasme.

- Oh, mais ne t'en fais pas, bientôt elle me tombera dans les bras, sourit Ranmaru.

- Essaye un peu pour voir, grogna Sesshômaru.

- Ne serait-ce pas plutôt toi qui a un problème de jalousie ? s'amusa Ranmaru avant de disparaître.

Sesshômaru savait bien qu'il n'était pas aller bien loin. Puisqu'il voulait Hoshiko, il n'allait pas partir comme ça. Cependant, il avait conscience qu'il venait de se faire avoir, démasqué comme ça. Était-il réellement jaloux ? Impossible ! Mais alors... s'il l'était, pourquoi ? C'est impossible ! Il ressentit encore l'inconfort de Hoshiko. C'est vrai que les températures se faisaient de plus en plus fraîche avec l'approche de l'hiver. L'automne touchait à sa fin.

Il entra dans la chaumière de Kaede et enleva son armure et son Gi pour se glisser dans le futon où Hoshiko essayait de dormir. Il la ramena contre lui, essayant de lui prodiguer sa chaleur. L'inconfort de Hoshiko le mettait lui aussi dans l'inconfort. Alors, quand il sentit ses petites mains froides entrer en contact avec la peau de son torse, il eut un petit frisson. Elle était littéralement gelée. Il resserra ses bras autour d'elle, enfouissant son visage dans ses cheveux en désordre.

- Merci, marmonna-t-elle en se blottissant tout contre lui.

Même s'il ne répondit pas, elle savait ce qu'il pensait. Elle se sentait si bien, là, blottit contre lui. Elle se sentait en sécurité, à sa place. Elle ressentait aussi autre chose qu'elle ne parvenait pas à définir, quelque chose de puissant et d'incomparable. Mais quoi ? Trop épuisée pour réfléchir, elle céda au sommeil et s'endormit dans les bras de celui qui lui était essentiel. Elle avait la vague impression que le monde tournait autour de lui. Que son monde tournait autour de lui. Vérité ou faux semblant, elle n'en savait rien. Et pour être honnête, à ce moment, elle ne voulait pas savoir. Elle se sentait juste extrêmement bien et à l'abri. C'était tout ce qui comptait pour le moment.

Sesshômaru la sentit s'endormir, apaisée. Elle n'avait plus froid et son visage d'ange reposait sur son épaule. A ce moment, la première pensée qui lui passa par la tête fut qu'elle était trop pure pour être vraie. Un être aussi pur, tout le monde voudrait le pervertir. Il avait comme le mauvais pressentiment qu'à l'avenir, les ennemis seraient de plus en plus nombreux. A côté, Ranmaru n'était qu'une partie de plaisir. Ce Ranmaru... qu'est-ce qu'il manigance ? Décidément, ce Youkai n'était pas net. Il préparait quelque chose. Sesshômaru allait devoir se montrer encore plus vigilant, et surtout, restait près de Hoshiko.

Peut-être ne le savait-il pas, mais à ce moment, un combat rude se préparait. Celui dont lequel l'enjeu était Hoshiko. Il ne la laisserait pas partir, malgré tout ce qu'il pouvait penser de néfaste à son sujet, et Ranmaru ferait tout pour la lui ravir. Ce Youkai était-il vraiment amoureux ou avait-il choisit d'emmerder son monde, et lui en particulier ? Seulement, Sesshômaru avait vu à plusieurs reprises les yeux de Ranmaru se poser sur sa protégée. Et il devait bien reconnaître que ce regard ne lui plaisait pas du tout. Dans ce regard, c'était de l'intérêt non voilé. Ranmaru était intrigué par Hoshiko et peut-être commençait-il à éprouver de sentiments pour elle. Perspective qui ne plaisait définitivement pas à Sesshômaru. Bon sang ! Il était sûr de lui, non ? Hoshiko ne pouvait pas le quitter. Non, elle ne peut pas...

Il la serra un peu plus dans ses bras, respirant son odeur, le nez dans ses cheveux. En peu de temps, elle s'était faite une place à ses côtés, sans qu'il ne comprenne bien comment. Il avait eu beau tout essayer pour l'éloigner, se débarrasser d'elle, rien n'y avait fait. Et maintenant, alors qu'il avait tout fait pour se débarrasser d'elle, il voulait qu'elle reste à ses côtés pour ne jamais s'en aller. Était-ce l'effet du lien qui les liait, ou bien y avait-il autre chose ?

Sesshômaru finit par s'endormir, se sentant serein. Tenir Hoshiko serrée contre lui était devenu si naturel. Dormir avec elle était devenu naturel. L'embrasser pour lui redonner des forces était naturel. Toutes ces choses qu'il n'aurait jamais penser faire ou bien avec dégoût, lui étaient devenues naturelles et plutôt agréables. Hoshiko l'avait vraiment changé. Et lui-même ne savait plus très bien si c'était une bonne ou une mauvaise chose. Une chose était sûre : Il ne laisserait jamais Hoshiko le quitter, jamais. Cette petite peste était à lui, et à personne d'autre.

[…]

Les semaines qui suivirent, Hoshiko ne vit pratiquement pas Inuyasha, Miroku, ni même Kohaku. Elle qui s'entraînait avec eux d'habitude, se sentait un peu abandonnée. Et cela faisaient plus de trois semaines qu'ils étaient occupés à elle ne savait quoi. C'était fou ça. Son seul espoir d'éviter l'entraînement avec Sesshômaru s'était envolé vers d'autres horizons. Mais elle ne se plaignait pas. Son endurance devenait toujours un peu plus grande, même si ce n'était pas encore très suffisant pour tenir lors d'un véritable combat. Cependant, Sesshômaru se montrait plutôt satisfait. Même s'il fallait encore muscler les bras de la jeune fille qui parvenait à peine à mouvoir son épée.

Hoshiko regarda ses mains tandis qu'elle déambulait dans le village sans vraiment faire attention à ce qui s'y passait. Ses mains étaient meurtries par le fait de tenir une épée trop lourde. Elle avait de nombreuses ampoules, mais, drapée dans sa fierté, elle ne montrait pas sa douleur. Toutefois, Sesshômaru n'était pas dupe. Mais il commençait à mieux comprendre les sentiments humains. Il savait par exemple que s'il faisait preuve de compréhension et de pitié, cela ne plairait pas à sa protégée. Alors il faisait comme s'il ne voyait rien de sa douleur, ne voulant en aucun cas s'attirer le courroux de cette petite créature.

Hoshiko aperçut au loin Ranmaru et se précipita derrière une petite maison afin qu'il ne la trouve pas. Ce Youkai ne la lâchait plus d'une semelle ces derniers temps. Elle commençait franchement à en avoir marre. Mais comment se débarrasser de lui ? Elle ferma les yeux et pria pour être invisible à ses yeux juste là, maintenant, qu'il ne puisse pas la trouver. Ses prières furent peut-être entendues car le Youkai ne la trouva pas et partit même dans le direction opposée. Près de Sesshômaru, il ne viendra pas me voir...

C'est ainsi qu'elle décida de partir à la recherche du Taiyoukai. Oui, il n'osera pas s'attaquer à un Taiyoukai qui est d'un rang largement supérieur au sien... Confortée dans cette idée, elle fut presque folle de joie quand elle trouva enfin Sesshômaru. Il était assis tranquillement contre le tronc d'un arbre, sans doute en train de réfléchir. Elle vint s'asseoir à ses côtés sans plus de manière. Il ne s'en offusqua pas. Hoshiko avait cette aptitude à faire les choses de manière à les rendre si naturelles... Du coup, pour lui, c'était naturel. Une autre personne qu'elle, il l'aurait envoyée balader, mais cette petite peste... il ne pouvait tout simplement pas. Même si la raison pour laquelle elle recherchait sa compagnie était évidente – Foutu Ranmaru... – il était tout simplement content qu'elle soit avec lui. Cependant, nous parlons du grand Sesshômaru, jamais il n'avouerait tout ça.

- On cherche à éviter quelqu'un ? fit-il un brun sarcastique.

- Comment t'as deviné Sherlock ? répondit-elle avec un sourire tout aussi exagéré.

Il tiqua quelque peu sur sa façon de lui répondre mais jugea préférable de ne rien dire. Cette peste avait toujours de la répartie et engager une dispute n'était pas dans l'ordre de ses priorités. Il laissa donc le silence s'installer. Hoshiko, à côté de lui, s'appuya contre son épaule en regardant elle aussi l'horizon. Il ne fit aucun geste pour se soustraire à ce contact. Encore un geste qui était devenu naturel pour lui... Je deviens complètement ramolli...

Hoshiko bondit soudain sur ses pieds, le surprenant au passage. Elle tendit les mains devant elle, paumes vers le ciel, regardant les flocons de neige s'écraser sur sa peau. C'était la première chute de neige de la saison. Hoshiko retomba un peu en enfance et se mit à danser sous la neige, tournoyant, les bras ouverts. Sesshômaru ne put s'empêcher d'être attendri par ce spectacle. C'était la première fois qu'il la voyait dans cet état d'innocence et de joie enfantine.

- Sesshômaru, regarde, la neige ! s'écria-t-elle toute heureuse sans s'arrêter de tournoyer.

Elle s'arrêta pour le regarder et, avec un regard qu'il ne comprit pas et qu'elle n'avait même pas conscience d'avoir, elle attrapa sa main et le tira pour qu'il se lève. Ce qu'il fit sans vraiment comprendre ce qui se passait. Elle se mit à tournoyer de nouveau, l'entraînant avec elle. Il ne comprenait pas très bien la situation. Il devait sans doute avoir l'air stupide à tournoyer ainsi avec cette petite peste, sous les flocons de neige. Pourtant, il se rendit compte qu'il n'en avait pas grand chose à faire.

Quand il la vit frissonner, il l'attira contre lui pour l'enfermer dans l'étau de ses bras. Elle ne protesta pas et y resta, bien sage. Ils restèrent ainsi durant un certain temps, enlacés sous les flocons. Il savourait cette proximité, ce qu'il n'aurait jamais fait s'ils n'avaient pas été seuls dans cette partie de la forêt. Elle, elle savourait également cette étreinte, ce sentiment de sécurité et d'un petit quelque chose de merveilleux. Oui, ces bras là étaient fais pour l'enlacer. Elle n'en doutait pas. C'est pourquoi, elle répondit à cette étreinte en passant ses bras dans le dos de son protecteur pour s'accrocher à son gi et se blottir contre son torse. Sesshômaru sourit, le nez dans les cheveux de la jeune femme, avant de fermer les yeux.

Était-ce cela, le bonheur ?


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A Suivre...

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En espérant que ce chapitre vous ai plu comme les précédents.

Je me suis dit qu'insérer un rival pour Sesshômaru n'était pas une si mauvaise idée.

Quoi de mieux qu'un triangle amoureux autour de Hoshiko ?

La pauvre, je la plains. Je suis un peu sadique avec elle pour le coup. Elle qui ne supporte pas les pots de colles... ^^

Sinon, lorsque j'ai écris le passage de la chute de neige, j'écoutais Four season. Je trouve qu'elle correspond extrêmement à ce petit passage. =)

Bref, laissez-moi vos avis, cela m'aidera peut-être pour la suite. =)