Lalolyen d'Eryn Vorn : Comme tu peux le constater, je ne t'ai pas menti en te disant que ce chapitre viendrait très vite ! =) Il était déjà presque fini quand j'ai posté le précédent ! ^^ Et puis, j'avais déjà pensé et écrit au brouillon certaines scènes que j'ai pensé qu'il était temps de les inclure dans l'histoire ! ^^ Bref, Bonne lecture et j'espère que celui là ne te décevra pas ! =)


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Chapitre 15

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La marque naissante

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Encore un peu sous le choc de ce qui venait de se passer, Hoshiko toucha ses lèvres. Elle avait comme l'impression que, plus le temps passait, plus leurs échanges devenaient importants et longs. Mais ce n'était pas comme si elle allait s'en plaindre. C'était juste... étrange.

Sans qu'elle ne le sache, Sesshômaru commençait à lui faire une place bien privilégiée dans son cœur. Un place que jamais personne n'avait occupé et qu'il n'aurait jamais cru donner à quelqu'un. Cela lui faisait peur. Oui, lui, le grand Sesshômaru, avait peur. Peur de se lancer dans quelque chose d'inconnu, peur que la situation ne dégénère, peur qu'on se serve d'elle pour l'atteindre. Peur d'être faible, du regard des autres... Toutes ses convictions commençaient à s'effriter. Tout ça à cause de la venue de cette petite peste. Elle était entrée dans sa vie, et l'avait changé, d'une manière définitive.

Il leva les yeux vers Kaede qui venait d'arriver devant lui. Il ne bougea pas, restant assis contre le tronc d'un arbre. Kaede regarda un moment la lune et les étoiles avant de reporter son attention sur le Taiyoukai. Elle sentait son trouble et l'incompréhension. Elle comprenait qu'il soit quelque peu perdu. Après tout, Sesshômaru n'avait pas eu une mère aimante pour lui apprendre les sentiments, lui faire découvrir le bonheur. Non, il n'avait pas vu le jour pour cela, il était l'héritier qu'il fallait au clan Inu. C'était le but premier, mais pourtant pas le seul.

- Inutaisho savait sans doute que Hoshiko t'était destinée... commença la vieille miko.

Le Taiyoukai ne répondit pas, se contentant du silence. Après tout, ce n'était pas une question, plutôt une constatation. Mais sans qu'il ne le veuille, ses souvenirs tourbillonnaient dans son esprit. Des souvenirs où il se trouvait avec Hoshiko. Mais celui qui l'avait le plus troublé, c'était celui où son père avait demandé à Hoshiko de protéger Inuyasha et sa mère. Il était ensuite parti en confiant celle qui avait été à ses côtés pendant un certain temps, à lui. Et il n'avait pas bronché. Il l'avait ramené dans ses bras où elle s'était blottit pour pleurer et déverser sa douleur. Et lui, il avait sentit son cœur battre.

Ce souvenir était troublant. Il ne sut pas si le fait que son cœur batte à l'instant venait de son souvenir ou bien seulement du fait qu'il revoyait le visage de Hoshiko en pleur. Son cœur à cet instant battait douloureusement. La voir souffrir était un tel supplice. Pourquoi... ?

- Vos âmes sont sœurs, Sesshômaru. Voilà pourquoi vous êtes liés, lui dit la vieille miko. Le lien entre Inutaisho et elle n'était pas complet parce qu'une âme n'a qu'une partenaire. Une seule...

- Je ne crois pas à ces boniments de femmes, marmonna-t-il.

- Ose donc dire que tu l'ignores, lança Kaede.

Elle le fixa mais n'eut aucune réponse. Il savait qu'elle avait visé juste. Oui, il savait, il l'avait toujours su, au plus profond de lui-même. Cela expliquait cette alchimie et cette puissance à travers leur lien. Mais c'était dur d'accepter ce genre de destin. Elle était sans doute son âme sœur, ce qui expliquait que ses blessures soient également les siennes, tout comme ses douleurs, ses peines et ses joies.

- Comment deux créatures que tout oppose peuvent-elles êtres des âmes-sœurs ? soupira la seigneur des terres de l'ouest.

- Les âmes sont au delà du simple corps physique, Sesshômaru. Au delà de toutes différences, races, cultures ou autres...

- Je ne ferais que la blesser, vous le voyez bien, répondit le Youkai.

- Tu la protèges également. Malgré cette apparente froideur, ce masque d'intouchable que tu te donnes, tu la chéris plus que ta vie, n'est-ce pas ?

Sesshômaru fronça les sourcils. Comment cette humaine pouvait-elle bien savoir quelque chose là-dessus ? Comment pouvait-elle interpréter ses sentiments de cette manière ? Pourtant, elle avait raison... Il avait risqué sa vie pour elle, finissant empoisonné. Si quiconque venait à lui faire du mal, il ne se faisait pas vraiment d'illusion quant à sa réaction. Il tuerait sans doute la cause de sa douleur. Si on la lui enlevait... il y avait tout à parier qu'il passerait des semaines, des années à la chercher pour la ramener à ses côtés. Est-ce cela la force des sentiments ? Est-ce cela la force de l'amour ? Était-ce de cela que mon père tirait sa puissance ?

« Ton père n'a jamais été aussi puissant que le jour où il a rencontré la mère d'Inuyasha. » Il comprenait à présent ce qu'avait voulu lui dire Raziel. L'amour avait donné à son père la force de se dresser contre tous. Et il avait eu une mort glorieuse, pas une mort honteuse comme il l'avait longtemps pensé. Non... c'était même la plus glorieuse des morts. Père... j'ai compris à présent...

Dans sa tête se rejoua un souvenir. Celui de son père se tournant vers lui pour lui demander s'il avait quelque chose à protéger. Sur le moment, il avait trouvé ça stupide et dénué de sens, dénué d'intérêt. A présent, il savait. Défendre quelqu'un donnait de la force et de la volonté. Cela empêchait un homme de tomber, qu'il soit Youkai ou simple mortel. J'ai quelque chose à protéger... Cette constatation venait sans doute un peu tard. Mais mieux valait tard que jamais, n'est-ce pas ?

Il comprenait à présent ce sentiment, il comprenait ce que cela faisait d'aimer. Il comprenait également les différentes formes de l'amour. Il avait mit du temps, mais à force d'observer Inuyasha et toute sa bande, ainsi que Hoshiko... il avait réussit à entrevoir un peu les bases de tout cela. Il savait qu'une amitié sincère où régnait une confiance mutuelle était une arme redoutable et qu'on pouvait compter sur la fidélité de l'autre. Il avait comprit ce que c'était que d'avoir une famille en regardant Hoshiko se comporter de façon si maternelle avec Rin. Et il y avait également l'amour véritable. Il ne savait pas encore dans quel genre d'amour se situait Hoshiko pour lui. Mais il savait que c'était plus puissant que tout. Âme-sœur, huh ?

Kaede le laissa encore médité et s'en alla retrouver Rin pour dormir un peu. Faire comprendre les simplicités de la vie, et la complexité des sentiments à Sesshômaru, cela demandait énormément d'énergie. Et surtout beaucoup de patience. Patience qui commençait à s'épuiser un peu. J'espère qu'il va maintenant être plus ouvert... Bon, souhait peut-être un peu trop optimiste, mais il est toujours permis de rêver, non ?

Sesshômaru respira profondément, tentant de refouler un peu toutes ces émotions diverses. Il devait à tout prix garder son masque d'impassibilité, sinon il serait plus faible face à ses adversaires. Soudain, il ouvrit les yeux, pris d'un très mauvais pressentiment. Il ressentit la peur de Hoshiko. Cela fut suffisant. Il bondit sur ses jambes et se précipita pour la rejoindre.

[…]

Elle n'arrivait pas à dormir. Elle repensait sans cesse à ce qui venait d'arriver entre Sesshômaru et elle. Comment devait-elle interpréter tout cela ? C'était un tel méli-mélo dans son esprit. Devait-elle comprendre que Sesshômaru éprouvait ne serait-ce qu'un peu de l'amour qu'elle éprouvait pour lui ? Hola ! Je ne suis pas amoureuse de ce stupide Youkai !

Elle sortit prendre l'air, allant s'asseoir sur un tronc d'arbre renversé non loin de chez elle. La nuit était fraîche et cela lui faisait du bien. Rien de tel pour se rafraîchir les idées et y mettre un peu d'ordre. L'hiver avait étendu son manteau blanc sur le paysage. Ce manteau blanc qui ne resterait plus très longtemps. Et avec la fin de cet hiver viendrait le départ. Elle n'était pas dupe, elle savait que Sesshômaru n'avait pas l'intention de rester ici. Elle savait qu'il attendait de meilleures conditions climatiques pour elle afin de repartir à la recherche de leur ennemi pour le détruire. Elle avait peur, certes, mais Sesshômaru ne la laisserait plus seul, plus jamais, alors elle était rassurée.

Elle frissonna légèrement, sans doute du au froid qui devenait un peu trop mordant à son goût. Elle amorça un geste pour se lever et se diriger vers sa maison quand elle se retrouve nez à nez avec... le Youkai aux feuilles mortes. Ses yeux s'agrandirent d'horreur et de frayeur. Elle voulu crier, mais sa gorge était sèche et aucun son ne semblait vouloir en sortir. Elle ferma les yeux, tentant de refouler sa panique. Sesshômaru... A l'aide... Elle espéra qu'il l'ait entendue elle ne pourrait pas s'en sortir toute seule.

- Je vois qu'on a pas son protecteur ce soir, sourit-il machiavélique.

- Je te conseilles de même pas essayer de me toucher, rétorqua-t-elle, acide en ouvrant les yeux.

Il recula un peu, surpris. Ses yeux... Ses yeux étaient dénués de peur. Une lueur farouche et déterminée se reflétait dans ses pupilles de chat. Oui, des pupilles de chat, elle n'étaient pas rondes. Ses yeux n'étaient plus de cette couleur de bleu nuancés, ils étaient couleurs de lune. Il entendit au loin des bruits de pas se rapprocher en une cadence très rapide. Cet instant de distraction permit à la jeune fille de lui envoyer majestueusement son point dans la figure. Il en résultat un craquement sec qui ravit la jeune fille. Avec un peu de chance, je lui aurais pété le nez...

Seulement, il s'envola également quelques mètres plus loin. Elle n'avait pourtant pas frapper si fort... C'est alors qu'elle remarqua que le vent tourbillonnait autour d'elle et que dans sa main ouverte, le vent semblait se manifester tout seul. Elle referma le point avant de l'ouvrir de nouveau pour constater que le phénomène étrange avait disparu. Ai-je rêvé ?

Elle ne remarqua pas son apparence qui redevint normal sans qu'elle ne sache même qu'elle avait changé un court instant. Ses yeux reprirent leur teinte naturelle ainsi que ses pupilles redevinrent rondes. Elle se sentit soudain épuisée et la peur refit surface. C'était comme si, un peu plus tôt, elle n'était plus elle-même et qu'à présent, elle se réveillait.

Son agresseur s'était relevé entre temps et fonçait sur elle. Un réflexe lui fit fermer les yeux en se protégeant de ses bras. Elle attendit le choc pendant une seconde interminable. Cela lui sembla même être une éternité. Puis, voyant que rien ne se produisait, elle ouvrit les yeux et baissa les bras pour découvrir... Ranmaru ?

En effet, son ami se tenait devant elle et menaçait son agresseur de son sabre. Celui-ci grogna de mécontentement avant de s'esquiver et de disparaître. Ranmaru soupira de soulagement. Quand il se tourna vers elle, elle glissa sur ses genoux, se remettant de ses émotions. Ranmaru voulut l'aider à se relever pour la ramener chez elle, mais une main le devança.

Sesshômaru, qui était arrivé juste à temps pour voir son rival mettre en fuite son ennemi, s'était précipité vers la jeune fille. Il s'agenouilla devant elle et plongea ses yeux dans les siens. Elle ferma les yeux, laissant des larmes couler avant de jeter ses bras autour de son cou pour se serrer contre lui sous les yeux éberlués et jaloux de son sauveur.

- Sesshômaru, sanglota-t-elle, le visage enfouit dans le cou de ce dernier.

- Tout va bien... il est parti, le réconforta-t-il. Je suis là...

Elle continua de sangloter sans même faire attention à Ranmaru qui sentait la jalousie et une douleur sourde s'emparer de son cœur. Tu te jettes dans ses bras... sans aucune hésitation... tu es bien cruelle Hoshiko... Il se sentait un peu blessé. N'était-ce pas lui qui l'avait sauvé ? Lui qui aurait du la consoler et la serrer dans ses bras ? Eh bien non... cruel était le destin. Il fallait que ce soit dans les bras de Sesshômaru qu'elle se jette, l'oubliant complètement.

Il s'effaça sans un mot, sans un bruit, préférant ne pas rester là à se blesser d'avantage. Il se tourna une dernière fois pour voir Hoshiko, se serrant contre Sesshômaru telle une noyée s'agrippant à sa bouée. Il fallait être aveugle pour ne pas comprendre. Sesshômaru était pour elle ce qu'était l'oxygène aux êtres vivants. Il lui était indispensable. Puis, il disparut, les laissant seuls.

Après quelques instants, Sesshômaru l'éloigna une peu de lui pour prendre son visage entre ses mains et plonger son regard dans celui encore mouillé de larmes de la jeune femme. Elle fut captivée par ce regard et, quand elle commença à approcher son visage du sien, il plaqua ses lèvres sur les siennes avec tendresse pendant un cours instant avant de se relever en la soulevant dans ses bras pour aller la recoucher.

Elle s'endormit dés qu'elle fut sous les couvertures. Se blottissant contre le Youkai qui s'était lui aussi allongé avec elle. Il pensa un instant à ce qui venait de se passer. C'était Ranmaru qui l'avait sauvée, et pourtant, c'était dans ses bras qu'elle s'était jetée. Cela lui confirma que le lien entre eux était bien plus puissant qu'il le pensait. Âme-sœur... je vois... Il finit par s'endormir lui aussi, gardant dans ses bras, le corps frêle et endormi d'une Hoshiko dont le visage était serein.

[…]

Au petit matin, Sesshômaru se réveilla. Il remarqua tout de suite que Hoshiko n'était pas à ses côtés. Il se leva alors et ajusta sa tenue avant de sortir de la chaumière. Il la trouva là, enroulée dans sa fourrure pour ne pas prendre froid, regardant le soleil se lever. Il ne se rappelait pas lui avoir prêté sa fourrure, mais à ce moment là, il trouvait cela tellement naturel de la voir emmitouflée dedans qu'il ne fit aucun commentaire. Il la rejoignit, se tenant debout, à ses côtés.

- On va partir, n'est-ce pas ? murmura-t-elle.

- Oui.

Pas un mot de plus. Ce simple petit mot confirmait tout. Ils allaient partir et laisser derrière eux ce village où régnait la joie de vivre et la bonne humeur. Mais ils n'avaient pas le choix, si ils ne partaient pas pour arrêter leur ennemi, ce village ne serait plus aussi vivant. Le fait de partir leur épargnerait bon nombre d'attaques dont Hoshiko était l'objet.

La seule chose qui lui faisait de la peine, s'était de laisser Rin derrière. Cette enfant était sa petite sœur, sa fille... Et Kaede, elle la considérait comme sa grand mère, Kagome, Inuyasha, Sango, Miroku, Shippo, Kohaku... tout le monde... ils allaient tous lui manquer. Et Ranmaru... elle s'était attachée à lui, bien malgré elle. Soudain elle se rappela des événement de la veille. Elle se sentit honteuse. Elle avait ignoré son sauveur pour se jeter dans les bras de Sesshômaru. Ce n'était pas très sympa... Elle s'en voulait.

- Rin va me manquer, dit-elle seulement en retournant dans la chaumière pour y préparer leur départ.

Sesshômaru ne répondit rien. Qu'aurait-il pu dire de toute manière ? Que Rin allait lui manquer à lui aussi ? C'était vrai, mais en la prenant avec eux, il la mettrait en danger. Il avait déjà Hoshiko à protéger et ce n'était pas une mince affaire, alors en plus Rin... cela les rendrait encore plus vulnérable. Non, Rin était en sécurité ici, auprès de Kaede. Mais il comprenait Hoshiko, ressentant sa tristesse, son déchirement, sa détresse. Mais hélas, il n'y pouvait rien. Il se sentait impuissant, et il détestait ce sentiment là. Jamais auparavant il ne s'était senti impuissant. C'était très perturbant et irritant.

Il retourna également à l'intérieur pour voir Hoshiko essuyer une larme qui avait dévalée ses joues tandis qu'elle fermait son sac où se trouvait tout ce dont elle avait besoin. Il vint se placer derrière elle, posant gentiment ses mains sur ses épaules, afin de la réconforter quelque peu. Elle ne fit rien, laissant les minutes passer sans qu'aucun d'eux ne prenne la parole. Il n'y avait rien à dire. Elle se tourna finalement vers lui avec un sourire timide.

- Au moins, ça nous changera un peu de paysage.

- Nous reviendrons, dit-il comme s'il comprenait qu'elle se forçait à sourire, comme s'il avait lu dans ses pensées. Oui, nous reviendrons...

Elle hocha la tête avant de regarder à l'extérieur. Le soleil avait commencé sa lente ascension dans le ciel, réveillant ainsi tout le village qui vaquait à ses occupations quotidiennes. Cette routine ne lui manquerait pas trop, mais ne plus voir ses amis, c'était tout autre chose.

[…]

Ils étaient tous là pour leur dire au revoir. Rin arriva en courant pour se jeter dans les bras de Hoshiko, pleurant à chaude larme de la voir partir. Hoshiko en avait le cœur déchiré. Cette petite fille ne devrait jamais pleuré, jamais... Elle la serra dans ses bras, posant un baiser sur son front avant d'aller serrer tout le monde dans ses bras, leur disant au revoir. Rin se tourna donc vers Sesshômaru qui s'agenouilla à sa hauteur et lui caressa les cheveux.

- Sesshômaru-sama... commença Rin.

- Je veillerai sur elle, ne t'en fais pas, dit-il alors en se relevant sans aucune émotion apparente.

- … hum, acquiesça-t-elle.

Une fois le moment des au revoir fini, Hoshiko monta sur Ah-Un, attendant que Sesshômaru ne donne le départ. Ils s'élevèrent alors dans les airs et commencèrent leur voyage. Hoshiko ne pleurait plus, s'encourageant à rester forte et calme. Sesshômaru aurait honte d'elle si elle se comportait comme une faible humaine trop sentimental, non ? Non, Sesshômaru aimait cette fragilité chez elle, il aimait ce côté sentimental également car il commençait à accepter de ressentir des sentiments. Nous reviendrons Hoshiko... je te le promets.

Ils firent une halte quand le nuit arriva. Une halte non-loin d'une rivière dont on pouvait entendre le murmure jusqu'à leur campement. Sesshômaru s'absenta comme il avait si souvent l'habitude de le faire, la laissant avec Jaken. Puis, elle décida d'aller se promener, ayant besoin de se dégourdir un peu les jambes après la journée à voyager sur le dos de Ah-Un. Elle promit toutefois à Jaken de ne pas trop s'éloigner, voulant épargner à ce dernier une crise de panique.

Elle marcha donc dans la forêt, déambulant sans trop savoir où elle allait se retrouver. Ses pieds nus faisaient corps avec la terre. Elle appréciait ce contact avec la nature. Elle avait toujours aimé marcher pieds-nus pour se détendre. Ses pas la menèrent vers la rivière et elle décida d'aller se baigner un peu pour se changer les idées. Seulement, quand elle arriva, sans bruit, proche du cours d'eau, elle y découvrit Sesshômaru. Ce dernier, dos à elle, laissait glisser ses vêtements sur sa peau afin de s'en débarrasser. Une fois nu, il avança dans l'eau avec un sensualité qui lui fit l'effet d'un électrochoc. Qu'il est beau...

Là, à demi cachée derrière un arbre, elle n'arrivait pas à croire ce qu'elle voyait. Mais que faisait-il ? Elle ne l'avait jamais vu faire ce genre de chose. Et pourquoi n'avait-il pas perçu sa présence ? D'habitude il la percevait à des kilomètres à la ronde. C'est vraiment bizarre ! Elle sortit de sa cachette à pas de loup et se rapprocha un peu. Sesshômaru lui tournait le dos, entrant lentement dans la rivière jusqu'à ce que l'eau lui atteigne la taille. Elle sentit son cœur louper un battement avant de reprendre à une vitesse folle. Mais... que m'arrive-t-il ?

Puis, remarquant les affaires toujours sur la berge, elle se rappela du mauvais coup qu'il lui avait fait et se dit que c'était le bon moment pour lui rendre la pareille ! Elle alla donc chercher les vêtements sans se préoccuper du fait que Sesshômaru ne la remarque. Il se tourna dans sa direction, surpris et un peu gêné, le rouge lui montant un peu aux joues. Mais Hoshiko ne remarqua pas cet embarras. Après tout, elle ne connaissait pas grand chose du désir et de l'amour.

- Qu'as-tu l'intention de faire ? parvint-il tout de même à dire en conservant son ton habituel.

- Hum... voyons... fit-elle mine de réfléchir. Tout d'abord les emmener bien loin afin que tu passes un bon moment dans l'eau glacée avant de devoir sortir complètement nu pour retourner au campement où tes vêtements t'attendront, bien propres et en train de sécher. Ça te dit quelque chose ?

L'expression de Sesshômaru se décomposa quelque peu avant qu'il ne se reprenne très vite. Il la fixa d'un regard d'avertissement non voilé et elle ne put s'empêcher de sourire. Non seulement, elle voulait lui rendre la monnaie de sa pièce, mais en plus elle s'amusait à l'idée de le voir embarrassé. A ce moment, le désir qu'il éprouvait pour elle et que sa raison lui permettait de contrôlé fut un peu débridé par le fait qu'il commençait à s'énerver un peu. Tant pis, elle l'a cherché...

Il sortit de la rivière sans aucune gène et vint la rejoindre pour lui enlever ses vêtements sans ménagement, se fichant bien de déchirer quelque peu le tissu, et l'entraîna ensuite dans l'eau avec lui. Sur le coup, elle n'avait pu réagir, complètement estomaquée du calme que Sesshômaru lui montrait. Preuve qu'elle ne le connaissait pas assez puisqu'il était tout sauf calme et le désir n'arrangeait absolument rien à l'affaire !

Sans aucun doute, aucune hésitation, il se rapprocha d'elle jusqu'à ce que leur corps ne fussent plus qu'à quelques centimètres. Rougissant de gêne et de confusion, les bras autour de sa poitrine pour la dérober à son regard, elle se recula et se retrouva contre un rocher. Malheureusement pour elle, Sesshômaru avait suivi le déplacement ce qui n'avait nullement changé leur proximité. Cédant à l'impulsion et au désir, il plongea sur ses lèvres pour les emprisonner avec brutalité. Elle fut d'abord figée de surprise avant de jeter ses bras autour de son cou et de lui répondre. Elle ne savait que penser. A travers leur lien, elle ressentait le désir du Youkai et à ce contact, elle commença à éprouver le même désir. C'est absurde !

C'est alors que tout s'enchaîna. Il se colla avidement contre elle, refusant d'abandonner ses lèvres et la souleva tout en l'appuyant contre le rocher. Elle enroula ses jambes autour de sa taille et dans l'instant qui suivit, ils ne faisaient déjà plus qu'un. De surprise, elle avait rejeté la tête en arrière, laissant échapper un petit cri de douleur. Elle n'avait jamais connu d'homme, il était le premier. Mais quelque chose lui disait que Sesshômaru se fichait bien de ce petit détail mineur. Il la voulait, et il prenait ce qu'il voulait, il était comme ça.

Cependant, il se faisait tout de même tendre, malgré la brutalité sauvage de son désir. Il se retenait, essayant de contrôler ses pulsions. Caressant son corps des ses mains à la fois douces et fermes, parcourant de ses lèvres sa peau, plongeant en elle sans le moindre doute. Les idées noires de Hoshiko commencèrent à s'envoler. Il ne la prenait pas juste par désir, sinon il n'aurait pas été si tendre. Non... il lui faisait l'amour. Se faisant tendre malgré la sauvagerie qui le submergeait. Elle enfouit sa tête dans ses cheveux, respirant son parfum sauvage.

Leurs gémissements de plaisir brisaient le silence de cette nuit de printemps tout juste arrivé. Sesshômaru n'en revenait pas de ce qu'il était en train de faire. Il était en train de s'accoupler à cette femme. Jamais il n'aurait cru se sentir si... bien. Et il n'aurait jamais pensé qu'il ferait ça avec elle. Je dois devenir fou... De plus, il ne faisait rien pour la blesser, alors que ce n'était pas l'envie qui lui en avait manqué un peu plus tôt. Non, il se faisait le plus doux possible afin de ne pas lui faire mal. Oui, je deviens fou... Le désire me rend fou... Pourtant, ce n'était pas la première fois qu'il la désirait. Mais avant, ça n'avait pas été si fort, si puissant...

Il jugea préférable de ne plus trop penser, il se laissa submerger par le plaisir qu'elle lui procurait. Quand elle murmurait son nom, il sentait son cœur battre douloureusement. Quand elle soupirait dans ses bras, embrassant la peau de son cou, des frissons de plaisirs venaient s'ajouter au reste. Et quand elle posait ses lèvres sur les siennes, se serrant plus contre lui, les bras autour de son cou et les jambes autour de sa taille, il se sentait à sa place.

Leur étreinte se termina dans le son de leurs deux voix, se mêlant en un même cris de passion. Il s'éloigna d'elle, reprenant ses esprits et se reprochant déjà ce qu'il venait de faire. J'ai cédé... j'ai été faible... Il sortit de l'eau et alla se rhabiller avant de s'éloigner d'elle le plus vite possible. Il ne devait plus rester seul avec elle comme ça. Non, cela ne se reproduira pas... Jamais ! Il retourna au campement, trouvant Jaken bien trop silencieux pour que cela paraisse naturel. Il avait dû entendre où encore voir ce qui s'était passé. Mais il eut au moins l'intelligence de ne rien dire. Même s'il affichait une expression totalement incrédule, ne comprenant certainement pas. Il n'est pas le seul...

Pendant ce temps, Hoshiko était restée dans l'eau, méditant sur ce qui venait de se produire. Le plaisir parti, la douleur refaisait surface. Pourquoi ça fait si mal ? Est-ce que toutes les femmes souffrait pour le plaisir des hommes ? Pas que des hommes en y pensant mais... est-ce que ça faisait toujours aussi mal ? J'aurais dû demander à Kagome... C'était sans doute ce qu'elle allait faire dés qu'ils croiseraient la route de la jeune miko.

Elle sortit de l'eau et se rhabilla en soupirant. Sesshômaru n'avait pas été très délicat. Il avait déchiré son haut. Comment allait-elle bien pouvoir supporter de se balader avec la poitrine à moitié exposée aux yeux de tous. Elle se fit une raison en retournant au campement avec un bras masquant ses atouts. Seulement, elle fit une mauvaise rencontre sur le chemin. Le Youkai aux feuilles mortes apparut devant elle. Elle se mit automatiquement en position défensive malgré la douleur encore vivace de son bas ventre. Le Youkai eut un petit rire avant de la détailler et de renifler quelque peu.

- Oh, apparemment, Sesshômaru et toi vous êtes accouplés, intéressant... sourit-il avec un air malsain.

- Je ne vois absolument pas de quoi tu parles ! protesta-t-elle, la prudence l'empêchant de trembler d'effroi.

- Je sens son odeur partout sur toi, répondit-il.

Hoshiko baissa la tête, ne sachant quoi dire. Évidemment, elle n'avait pas pensé à l'odorat si développé des Youkais. C'est mal barré pour moi ! Tous les Youkai qu'on va croiser vont tous être au courant de... ça ! Non seulement l'idée que tout les Youkais ou Hanyos puissent en savoir tant que ça sur sa vie privée ne lui était pas du tout alléchante, mais en plus voir ce Youkai en rire n'était pas des plus rassurant. Et comme cela ne suffisait pas, il fallait qu'elle commence à trembler de peur, et d'épuisement. Sesshômaru l'avait épuisé pendant leur... peu importe ! Qu'est-ce que tu attends pour me venir en aide, Stupide Youkai ?

Et comme si ses pensées avaient été entendues, Sesshômaru arriva à toute vitesse vers eux. Il l'arracha aux bras de son ennemis pour la cacher derrière lui, son regard sombre et menaçant figé dans celui de son opposant. Ce dernier eut un sourire mauvais. Hoshiko ferma les yeux, attendant que le phrase fatidique ne sorte. Ce qui ne tarda pas...

- Je n'aurais jamais cru que le grand Sesshômaru tomberait un jour pour une femme...

- Je ne vois pas de quoi tu parles ! asséna le grand Youkai.

- Je sens ton odeur partout sur elle, et même ancré dans sa chair, sourit-il moqueur.

Sesshômaru baissa un instant sa garde. Cela suffit à son opposant qui, d'une rapidité stupéfiante – la dernière fois, il n'avait pas été si rapide – lui ravit son précieux butin. Elle ne put s'empêcher de laisser un cri sortir et de se débattre. Mais malgré tout, la douleur n'était pas partie et elle fut vite incapable de continuer. Soudain, le Youkai se figea. Puis, elle sentit sa prise se relâcher avant qu'il ne tombe avec elle tandis qu'une effusion de sang l'éclaboussait. Elle hurla et se cacha les yeux de ses mains. Au bout de quelques secondes, Sesshômaru rengaina son épée pour regarder la pauvre jeune femme dont les sanglots, aussi légers qu'ils furent, ajoutèrent à ce qu'il ressentait d'elle à travers leur lien. Elle avait eu peur, et pas qu'un peu. Elle était encore terrorisée et tout ce sang qui avait giclé sur elle n'était pas pour arranger les choses.

Il envoya au loin la dépouille pour s'agenouiller près d'elle et enlever ses mains de son visage, les tenant, une dans chacune des siennes, pour plonger ses yeux dans les siens, se voulant rassurant. Elle ferma les yeux et, laissant éclater ses sanglots, se blottit soudainement contre lui. Il pouvait sentir ses pensées. J'ai eu peur... Si peur... Et il comprenait cela. Lui aussi, il avait eu peur qu'elle ne lui soit arrachée. Il la souleva et retourna près de la rivière, il lui ôta ses vêtements sans violence et enleva son armure et son gi pour entrer dans l'eau avec elle. Il l'aida à enlever tout le sang et la serra dans ses bras pour la rassurer. Quand il laissa ses mains se hasarder sur son ventre, elle laissa échapper un petit cri de douleur. Elle a encore mal... Pourquoi ai-je fait ça bon sang ?

- Hoshiko, tu es en sécurité maintenant, calme-toi... lui dit-il doucement.

- J'ai eu si peur, sanglota-t-elle en se retournant pour se blottir dans ses bras.

- Je sais...

Il attendit qu'elle se calme avant de l'éloigner de lui. Ce n'était pas le moment pour elle de se coller ainsi à lui. Puis, lorsqu'il l'aida à regagner la rive, il remarqua une marque dans son dos. Il la fit stopper et regarda de plus près cette marque. C'était une sorte de tatouage. Sur ses omoplates, deux ailes étaient dessinées de la même couleur nacrée que l'étoile sur son front. Il passa les doigts dessus, caressant le dessin sur cette peau satinée. Cela eut pour effet de rendre un instant ces marques plus brillantes.

Puis, ressentant sa fatigue, il décida d'inspecter cela un peu plus tard. Il la souleva dans ses bras et, une fois sur la rive, regarda les vêtements tâchés de sang de la jeune fille et jugea inutile de les ramasser. Il ramassa ses propres affaires, enveloppa sa protégée dans sa fourrure et repartit vers leur campement. Quand Jaken les vit arriver, il fut surpris et cette scène lui rappela une autre qui s'était passée par le passé lorsque Sesshômaru avait voulu donner une bonne leçon à la jeune fille en lui prenant ses vêtements. Seulement, là, à s'accrocher telle une noyée à Sesshômaru, elle était terrorisée.

- Sesshômaru-sama ! Que... commença Jaken.

- Jaken ! Surveille les alentours, le coupa Sesshômaru en allongeant la jeune fille près du feu.

Il l'allongea sur le ventre, veillant à la laisser bien enveloppée dans la fourrure. Il observa alors son dos avec intérêt. Les lignes des ailes étaient fines et ne représentaient pas les plumes, plutôt l'ossature. Il aurait juré que cette marque n'avait jamais été là. Serait-ce apparut après qu'ils... Non, ce serait ça qui aurait... ? Cela devenait de plus en plus étrange. A croire que plus ils se rapprochaient, physiquement parlant, plus les pouvoirs de sa protégée se débloquaient. Ses yeux dérivèrent vers le bas de son dos, également à découvert. L'imaginer ainsi, nue dans sa fourrure... Il se reprit et remonta la fourrure jusqu'en haut de son dos afin qu'elle n'attrape pas froid.


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A Suivre...

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J"espère que ce chapitre vous a plu.

Pour ma part, il s'est pratiquement écrit tout seul ! ^^

Bref, n'hésitez pas à me faire part de vos impressions, elles sont les bienvenues ! =)