Des petits problèmes persos et un manque de temps m'ont obligé à boycotter depuis un petit moment. Mais me voilà de retour avec un chapitre, qui, je l'espère, vous plaira. je remercie encore mes revieweurs, ce que vous me dites est très précieux pour moi. Bonne lecture.


Je me réveille, le corps endolori. Mes yeux s'habituent doucement à la pâle lumière de la lune et révèle la pièce blanche dans lequel je me trouve. Je me frotte les yeux pour réveiller ma vue et me souvient. L'infirmerie.

Ils avaient insultés Lily. Ils avaient osé s'attaquer à celle que j'aimais. À cinq contre un, le combat s'était engagé, inégal. Bien vite, les trois plus bêtes de la bande s'étaient éloignés, craignant les ennuis. J'avais de toute façon un compte à régler avec Lucius Malefoy et Severus Rogue. J'avais su admirablement me défendre, contrecarrant et renvoyant les sorts à leurs expéditeurs plutôt que dans lancer moi même. Mais Lucius m'avait pris en traître et la fracture déjà fragile de mon bras avait cassé une nouvelle fois. Ivre de rage, je ne me préoccupais pas vraiment de la douleur, mais maintenant que je suis allongé dans des draps raides, et avec pour seule compagnie la lune, la douleur se manifeste à moi avec insistance.

Je ne veux pas réveiller Madame Pomfresh. De toute façon, je préfère rester seul, raide, à attendre l'aube en regardant la lune. Je pense à Lily. Je revois encore ses grands épouvantés à la vue de mon bras. Je la revois me suivre des yeux jusqu'à ce que je disparaisse dans l'escalier de marbre, assis sur un brancard. Ses yeux verts, immenses, brillants de peur. J'ai tellement envie de la voir, de sentir son odeur près de moi. Je regrette l'étreinte que nous avons partagé la veille. Si seulement elle était là.

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Je me réveille et je sais, à l'instant où j'ouvre les yeux, que je dois voir James. Il est là, quelque part dans le château, blessé et sans personne. Il est tôt, trop tôt. L'aube pointe à peine à l'horizon. Je me lève, m'assoit sur mon lit et frotte mes yeux engourdis de sommeil. June et Alice dorment encore. J'entends leur respiration lente et sereine au travers des rideaux de velours. Je baisse les yeux sur la jupe froissée de mon uniforme. J'ai dormi avec. Je dois voir James, oui, mais pas dans cet état. J'ai de toute façon tout mon temps. On est samedi. Une semaine avant la rencontre de Quidditch. Mon cœur se serre. J'ai l'impression que des années ce sont écoulées depuis l'entraînement avec lui. Je laisse mon esprit vagabonder et rejoue dans mon esprit le moment où il me tenait dans ses bras.

Oui, je me le suis avouer. J'aime James Potter. Je l'aime. De tout mon cœur. Je ne pourrai jamais cesser de l'aimer. Mais quelque chose, encore, me retient. Je dois voir, comprendre son amour – s'il est véridique – qu'il me porte. Je veux prendre le risque de l'aimer, mais pas sans garantie de retour.

Je me lève, me dirige vers la douche. Je me défait de tous mes vêtements et laisse l'eau chaude me réveiller. Je me frotte énergiquement la peau. Une fois sortie, j'enfile un pull en molleton blanc sur un débardeur et un jean bleu. Je chausse aussi des bottes couleur crème, que je mets souvent du côté moldu. Nous sommes samedi, je peux m'habiller comme je le souhaite.

Je sors du dortoir le plus silencieusement possible, pour sortir dans la salle commune. J'observe soigneusement la pièce. Elle est déjà propre. Les elfes de maison avaient déjà dû passer. Dans la cheminée, il reste quelques cendres encore rougeâtres, qui font penser à la gueule d'un monstre. Je passe devant sans y prêter attention, effleurant au passage la silhouette rebondie du fauteuil défoncé.

Je ne croise personne dans les couloirs. L'heure matinale joue en ma faveur. J'arrive aux alentours de l'infirmerie. Mon cœur tambourine dans ma poitrine. La porte est verrouillée, mais je chuchote un sort pour l'ouvrir. Le froid de la pièce me saute en plein visage. Je pousse la porte qui grince et prie Merlin que cela ne réveille pas Madame Pomfresh. Je referme soigneusement la porte derrière moi et me faufile entre les lits, dédaignant les rideaux tirés des Serpentards pour m'approcher de celui de James.

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Je sursaute vivement lorsque j'entends un grincement dans l'ombre. Je me redresse sur mon lit pour voir une silhouette menue se faufiler entre les lits. Je me rallonge le plus rapidement possible et ferme les yeux.

C'est Lily. Lily qui tire le tabouret pour s'asseoir à mon chevet. Je mime la respiration lente du sommeil et je devine son regard posé sur moi. Mon cœur menace de sortir de ma poitrine. C'est une joie immense qui explose dans ma tête. Je couve des yeux Lily à travers mes paupières entrouvertes. Elle prend alors ma main laissée pendante au bord du lit et je retiens un frisson.

Je sens qu'elle se sent coupable. Mais j'ai l'impression que quelque chose a changé chez elle. Je retrouve la Lily que j'ai serré dans mes bras. Elle reste à m'observer encore quelques minutes, silencieuses, tenant ma main serrée dans ses paumes.

_ Oh, James...

Sa voix est pleine de sanglots. Ma gorge se serre. Je me retiens de la prendre dans mes bras. Elle semble vouloir dire quelque chose. Je reste silencieux, immobile.

_ Je... Merci d'avoir pris ma défense. Merci.

Elle inspire longuement, serrant ma main comme pour se donner du courage.

_ Je suis désolée... de t'avoir crier dessus, je... Je ne sais pas comment te dire... Oh, j'ai peur. Peur de toi. Tu... as réussi, je...

Elle hésite encore. Peur ? Peur de moi ? Mon cœur bat la chamade. Je veux savoir.

_ James, je... Heureusement que tu es endormi, je n'aurai jamais osé te le dire en face...

Lily renifle, essuie ses yeux humides. Je continue à faire semblant, mimant de dormir alors que l'excitation fait battre mon pouls plus vite.

_ Je suis tombé amoureuse de toi, James... Tu as réussi... Je l'avoue. Mais je ne suis pas prête. Pas encore. J'ai... besoin de temps. Que tu me prouves ce que tu ressens. Que tu ne me briseras pas... J'espère que tu comprendras.

Elle soupire et me fixe avec des yeux brûlants que je devine sous mes yeux clos.

_ Je suis ridicule de te dire ça, surtout que tu dors...

Elle rit doucement, des sanglots encore dans la voix. Elle lâche alors ma main, soupire et s'en va à pas de loup vers la sortie. La porte claque. Expliquer ce que je ressens alors est indescriptible. Les mots me manquent pour exprimer, égaler le feu d'artifice de bonheur qui éclate dans mon cœur, qui me remplit, me submerge de l'intérieur.