Titre : Beau-papa est un mage noir.
Disclaimer : Tout ce qui suit appartient à J.K. Rowling
Spoilers : Tomes 1 à 5
Genre : Humour/Romance
Rating : T
Note : Merci à Elwan, bêta entre les bêtas pour sa patience et ses compétences !
Beau-papa est un mage noir
2/6
Le Chemin de Traverse, à l'approche de Noël, tient plus de la grande migration de gnous que d'autre chose.
Ballotté de droite à gauche par la foule, Harry essayait de ne perdre aucun de ses paquets tout en recroquevillant la tête dans son écharpe azurine (la reine du tricot Molly Weasley avait encore frappé). Il cochait mentalement la liste de ses achats.
Un livre moldu sur la cryptozoologie pour Luna.
Du parfum pour Hermione (il refusait de lui offrir des livres, il tombait toujours à côté de la plaque)
Une énorme peluche pour Hugo Weasley.
Un jeu d'échecs en jade pour Ron. (Moldu, les pièces qui racontaient des blagues cochonnes, plus jamais)
Un coffret d'huiles de bain pour Molly.
Un livre sur les sous-marins pour Arthur.
Une robe de princesse pour Rose Weasley.
Une broche pour Minerva McGonagall.
Deux billets pour un vol en dirigeable pour Hagrid et sa femme (il espérait que le machin était solide)
Qui est-ce qu'il oubliait encore ? Qu'est-ce que qu'il pourrait offrir à Percy ? Un tire-bouchon pour le balai qu'il avait dans le…
BAM !
Voilà ce que c'est de ne pas regarder où on va dans de telles circonstances : on percute des gens et on se retrouve les quatre fers en l'air dans la neige, au milieu de ses paquets éparpillés.
Elle était belle l'image du Héros de la Brigade des Aurors.
« Eh bien Potter, on n'aurait pas besoin de changer ses bésicles ?
—Très drôle, Bulstrode. Tu as mangé un humoriste au petit déjeuner ? »
Millicent éclata de rire, l'attrapa par le col et le releva avant de l'épousseter. Quelque part, Harry se sentait blessé dans sa virilité mais on ne contrarie pas une femme qui vous a sauvé la vie trois mois plus tôt…et qui fait dix centimètres et quinze kilos de muscles de plus que vous !
« Toi aussi, tu t'y prends en catastrophe pour tes cadeaux ?
—Non, j'adore la cohue des fêtes. Cela me donne l'occasion d'écraser quelques pieds. Rien de meilleur pour passer ses nerfs. »
Le pire, c'est qu'Harry n'était même pas sûr qu'elle plaisantait. Il choisit cependant de prendre cela comme une blague et l'invita pour boire un vin chaud. Il n'avait jamais eu l'occasion de la remercier pour son intervention, car la jeune femme et sa famille avaient été pris en charge pour débriefing dès leur arrivée au Ministère tandis que les deux Aurors étaient expédiés à Sainte Mangouste.
Harry s'était laissé dire que les révélations de Millicent avaient été de l'or en barre et avaient mené à la plus grande vague d'arrestations depuis la guerre.
« La vache, c'est le fond de l'alambic ou quoi ?
—Potter, pour un Auror viril, tu as une descente de femmelette! Moi qui croyais qu'entre deux missions, vous vous désinfectiez le tube digestif au tord-boyaux ! En fait, je suppose que vous prenez le thé avec des sandwichs au concombre en attendant de retourner sauver le monde. D'ailleurs, en parlant d'élément féminin, Weasleyette ne va pas être furax d'apprendre que tu as entraîné une Serpentarde perverse dans un pub ?
— Ginny et moi, c'est fini depuis deux mois.
— Oh. Navrée.
—Tu ne pouvais pas deviner. Et toi, tu n'as pas profité de ton entrée en fanfare dans les témoins clés de l'année pour séduire un bel Auror ?
— Potter, je fais un mètre quatre-vingt-quinze. Même les Aurors ont peur que je leur écrase les pieds.
— A mon avis, ils ont surtout peur de ton père ! Je n'ai jamais entendu quelqu'un dire autant de mal des moldus en public depuis la fin de la guerre.
— Je devrais presque remercier Merlin que la goutte le cloue dans ce fauteuil. Il serait sûrement à Azakaban sinon. Heureusement qu'avoir des opinions stupides n'est pas encore passible d'emprisonnement. Et je ne te parle pas de l'influence qu'il a sur mes sœurs.
—En parlant d'emprisonnement…Je n'ai jamais eu l'occasion de te remercier de nous avoir sauvé. Sans toi, on était bon pour les brodequins.
— Un plaisir, Potter. Pour deux héros de la Guerre comme toi et la belette, ça aurait fait désordre sur vos curriculums de tomber face à cette bande de crétins, non ? »
Harry ne se sentit pas vexé : c'est vrai qu'ils auraient eu l'air de deux beaux crétins : il se contenta de commander deux autres verres et de rigoler comme un bossu en écoutant les efforts de Millicent pour forcer ses sœurs à s'intéresser à la culture moldue, à laquelle elle-même ne connaissait pas grand-chose…
Drôle que les efforts de Bulstrode, descendante d'une longue lignée de Serpentard, pour comprendre les nés moldus soient plus importants que ceux de Ginny, fille d'un amoureux des moldus, qui appelait cela « tes gamineries » quand il insistait pour aller voir au cinéma la rediffusion d'un vieux dessin animé que son oncle et sa tante ne l'auraient jamais emmené voir ?
A suivre…
