Chapitre 5 : Envy entre en scène
Voilà que les pensées d'Al prenaient enfin un sens. Cela faisait des années qu'il avait l'idée en tête, et pourtant ce n'était que maintenant que différents évènements se produisaient dans le sens qu'il voulait. Winry, Ed. Ed, Winry. Il en était décidément certain, ils s'aimaient. Les derniers évènements le prouvaient, même s'il savait qu'Ed prônerait le contraire, ne serait-ce que par fierté. Cependant, s'il soumettait sa pensée à Winry, elle serait certainement plus compréhensive et moins butée. Etrangement, à chaque fois qu'il voulait la voir, elle était toujours seule, ce qui l'arrangeait grandement.
« Win ? Je crois que j'ai trouvé ! »
« Trouvé… quoi ? » demanda-t-elle, plongée dans un livre.
« Pourquoi Ed est comme ça. »
La jeune fille releva la tête, curieuse. Al poussa la porte et s'approcha.
« Je crois savoir ce qui l'a changé lors de son dernier combat. » dit-il avec entrain.
« Et bien ? Parle ! »
« Je crois qu'il a envie de dire quelque chose de très important à une certaine personne et qu'il ne veux pas partir avant de l'avoir fait. »
« Comment ça ? »
« Bin… Je crois qu'il est amoureux. »
« Ed ? Amoureux ? Je pense pas, Al… » Dit-elle en riant. « Tu as déjà vu ton frère mettre sa fierté de côté pour dire à une fille qu'il l'aime ? » reprit-elle toujours hilare en imaginant la scène.
« Bin… en fait… Je crois que c'est de toi qu'il est amoureux. »
Cette fois, elle arrêta de rire, stupéfaite.
« Et il ne te l'a pas dit mais… hier quand vous étiez en train de dormir… »
« Attends Al… Qu'est-ce qu'il a fait pendant que je dormais ? Dis-moi Al ! » Commença à s'emporter Winry.
« Rien de méchant, Win, en faite, quand je suis revenu pour le goûter, vous dormiez juste dans les bras l'un de l'autre. Et Ed est devenu tout rouge et pour pas que tu te fasses d'idée, il s'est dégagé avant qu'on te réveille. »
« Oh… Je comprends mieux pourquoi j'ai fais ce rêve bizarre. »
« Et je crois que toi aussi tu l'aimes, non ? » demanda l'armure en toute innocence.
Winry rougit. Cette réaction suffit à confirmer les soupçons qu'avait Al.
« Lui dis rien s'il te plaît. Je ne veux pas que… que ça change entre nous tant qu'il se sera pas décidé. » Avoua-t-elle à mi-voix, gênée.
« T'en fais pas Win, vu comment c'est parti, je suis sûr qu'il te parlera avant la fin des vacances ! »
« Parler de quoi ? » demanda Edward, qui se tenait dans l'encadrement de la porte, dans une posture… assez sexy du point de vue de Winry. Il fallait l'avouer.
« Heu…. Rien, rien du tout ! » Répondit précipitamment Al en sortant de la chambre. « On… On se souvenait, c'est tout…tu vois, quand on était petits… Ah, Mamie m'appelle ! Bon bah à tout à l'heure ! »
Al s'éclipsa tendit qu'Ed se poussait de la porte.
« Qu'est-ce qu'il a ? » demanda Ed, peu habitué à voir son petit frère comme ça.
« Rien, on parlait c'est tout et je crois que tu l'as interrompu au mauvais moment, il était à fond dans un vieux souvenir. »
« Je savais pas. Tu sais, il ne parle pas vraiment du passé avec moi. La prochaine fois que je vous entendrais, je vous laisserais un peu tranquille. Même s'il me dit presque tout, je pense qu'il apprécie de parler du passé avec toi… »
« Je pense surtout qu'il aimerait bien se souvenir avec toi mais… Il te connaît sur le bout des doigts, il a pas envie de te faire de peine, alors il préfère en parler avec moi. » Lui expliqua Winry.
« Et puis, on sais tous que tu t'énerves pour rien parfois, comme quand on dit que tu es petit » Dit-elle avec un grand sourire.
« QUI C'EST QU'… Oh. »
« Tu vois ? Mais bon, il t'adore, et je pense que tu devrais pas te soucier trop de ça, ressasser les vieux souvenirs, ça peut parfois faire mal…. Et bon. Bref, pourquoi t'es là au fait ? »
« J' voulais savoir si ça te disais d'aller dans la forêt tout à l'heure. Al m'a dit qu'il voulait être un peu seul mais… Je le connais, il serait capable de se perdre en suivant un chat errant… » , dit-il d'un air blasé.
Winry rit, Ed était mignon comme ça. « Bien sûr ! Et puis Mamie sera contente, elle n'aime pas qu'on reste trop dans la maison quand il ne pleut pas. »
« Au fait, c'est pas cet après-midi mais plutôt ce soir qu'il avait prévu d'y aller. » précisa le jeune homme.
« Ok, tu viendras me chercher ? »
« Hum. Faudra rester discret, j'ai envie de lui faire peur aussi, histoire de me venger d'hier matin. »
La mécanicienne rit nerveusement, elle se doutait qu'elle aussi aurait droit à une vengeance de sa part, mais elle préférait ne pas y penser.
« Bon, aller, moi je vais retourner aider mamie. »
-Un peu plus tard, après le dîner…-
Ed frappa à la porte de Winry. Il entrouvrit la porte, s'assurant qu'elle ne dormait pas.
« Je pars devant, tu me rejoins ? » dit-il tout bas.
« Attends, où se rejoint où ? »
« Là où on a fait la partie de cache-cache là dernière fois. »
« Ok, j'arrive »
Ed sortit le premier, et Winry ne tarda pas à le suivre, dans la pénombre de la nuit avec pour seule lumière l'éclat de la lune et des étoiles. Retrouver le chemin n'était pas très compliqué, Winry connaissait l'endroit comme sa poche. Il lui était souvent arrivé de sortir en douce la nuit lorsqu'elle n'arrivait pas à dormir. Pourtant, elle avait un étrange pressentiment. Comme si quelque chose n'allait pas.
Elle trouva rapidement Ed, mais... Al n'était pas là.
« Al est pas encore là ? » demanda-t-elle.
« Non, et… il ne viendra pas. »
« Comment ça ? »
« L'armure est avec ton ami le nabot qui doit certainement être entrain de dormir… » , dit-il tout en changeant d'apparence devant Winry qui était surprise, et commençait à avoir peur. Elle recula de quelques pas, bloquée par un arbre, elle n'osait plus bouger.
« Ed… Si c'est ta vengeance pour hier matin, c'est pas drôle… »
« Tu n'as toujours pas compris, petite dinde écervelée ? »répondit un garçon aux longs cheveux foncés, des yeux améthyste, et des vêtements noirs étranges.
« Qui… ? »
« Que je suis ? Un grand ami de ton crétin d'alchimiste ! » , répliqua-t-il en s'approchant d'elle, lui bloquant le passage du bras et s'approchant très près d'elle.
Winry paniqua et tenta de le repousser, mais elle se fit plus mal qu'autre chose. Elle tenta cependant une échappée qu'elle pensait avoir réussie. Elle ne savait pas que le jeu du chat et la souris excitait ce garçon.
« Attention petite dinde, je viens te chercher… » Dit-il à la manière d'un jeu de cache-cache.
Winry, elle, s'évertuait à courir vers la maison, mais elle était assez loin. Il n'avait pas choisit l'endroit au hasard, puisqu'ils étaient presque au cœur de la forêt. Elle ne devait pas crier, sinon il la retrouverait trop facilement. Elle devait continuer à fuir vers la maison. Elle commençait à s'épuiser, courir dans les ronces, les orties et les feuilles mortes s'avérait fatiguant, surtout la nuit où l'éclat de la lune ne transperçait pas l'épais feuillage des arbres. Elle était tellement nerveuse qu'elle se fatigua plus vite qu'à l'ordinaire. Sa robe était déchirée par de nombreux endroits et elle espérait qu'elle ne perdait pas trop de tissus, sinon ce sale type la trouverait facilement, comme s'il suivait le chemin du petit Poucet. Après bien des efforts, Winry arriva enfin à la lisière de la forêt. La maison n'était plus très loin. Elle voyait de la lumière dans la chambre d'Edward. Il était certainement réveillé, par contre sa grand-mère dormait.
« Edward ! » ,cria-t-elle de toutes ses forces, les larmes aux yeux.
La peur prenait le dessus sur tout le reste. Elle courait toujours mais elle était à découvert. Une lueur d'espoir traversa son cœur quand la fenêtre s'ouvrit, mais elle n'eut le temps de dire autre chose. Il était là, devant elle.
« Trop tard ma belle, tu vas venir avec moi » dit-il avec un sourire tueur.
Presque aussitôt, sa vision devint floue, ses forces l'abandonnèrent et elle perdit connaissance.
« Bon maintenant que je suis enfin tranquille et que cette sotte est assommée, la lettre… »
Il laissa la fillette allongé dans l'herbe fraîche et courut déposer la lettre sous la porte avant que le nabot ne se mette à sa recherche.
« Cette cruche l'a réveillé, je vais avoir moins de temps que prévu… » se dit-il en retournant la prendre. Il en profita pour lui asséner quelques coups de pied dans les côtes. Au bruit, il avait dû en casser une ou deux.
« Qu'est-ce que ça peut être fragile ces bestioles… »
Puis s'en alla en direction des montagnes avoisinantes, rejoindre sa tanière d'un soir.
Un chapitre qui m'a bien fait rire quand je l'ai écris, mais là, je suis très fatiguée et estropiée, donc je vais aller me coucher !
Je vous souhaite une bonne lecture et j'ai hâte de savoir ce que vous en pensez !
