Chapitre 7 : Le retour d'Edward
Edward voyait rouge à travers ses beaux yeux dorés, ce qui amusait beaucoup Envy. Le rendre furieux était un de ses passe-temps favoris. Envy avait beau être son demi-frère, il ne faisait pas partie de la famille, il était comme son père, un lâche. Edward lui envoya un crochet que l'homonculus évita aisément. Dans cet état, Edward était enclin faire des fautes, mais il était en train de se calmer. Il devait analyser le combat pour en finir au plus vite, Winry ne tiendrait plus très longtemps. De là où il était Edward percevait mal la jeune fille, mais Envy adorait se vanter, et il ne mentait jamais lorsqu'il s'agissait de tortures.
Les coups s'enchaînaient, de plus en plus rapides, de plus en plus précis, de plus en plus puissants. L'alchimiste devait absolument faire attention, Envy avait beau ressembler à un enfant de son âge, il cachait sa véritable apparence d'homonculus. Avoir ce pouvoir de polymorphie l'arrangeait beaucoup, c'était certain. Edward espérait d'ailleurs qu'il ne se montre pas sous son vrai visage, il serait rapidement en difficulté sinon, mais il connaissait son adversaire, et Envy était trop fier pour se montrer.
Un énorme monstre à 8 pattes, ressemblant vaguement à un lézard, avec un visage plus ou moins humain, des cheveux, et des visages qui souffrent implantés sur une bonne partie du corps. Il était si lourd, que même sous sa forme humaine, il laissait des empreintes de plusieurs centimètres dans le sol.
Le combat continuait et Ed parvenait parfaitement à éviter les attaques ennemies, même s'il commençait à fatiguer. Envy s'énervait de plus en plus, multipliant les erreurs, alors qu'Edward évitait la plupart des coups.
« Edward Elric… Meurs ! »
Envy avait prit la forme d'une panthère noire aux yeux violets. Prêt à bondir, il avait le poil hérissé, furieux de pas réussir à toucher sa proie. Il feulait.
« Oh ! On dirait qu'un chat s'est égaré… », rit Ed.
Enervé, Envy était un bon moyen pour gagner, même s'il y avait un gros risque : lui faire reprendre sa forme originelle. Si cela se produisait, Envy détruirait certainement toute la grotte, cependant, le jeune homme blond en était presque certain, il était assez intelligent pour ne pas vouloir se suicider ici.
Soudain, le fauve bondit, prenant Ed au dépourvu. Il fallait avouer que malgré ses réflexes, il avait un désavantage par rapport à l'animal.
Plaqué à terre, il était à sa merci. Cependant, il se laissa pas faire et lui décrocha un grand coup dans la mâchoire grâce à son automail, ce qui assomma quelque peu le monstre aux pattes de velours.
« Tu as osé me frapper au visage ! » hurla l'animal
« C'est interdit ? Je ne savais pas ! », se moqua Ed en se relevant.
Cette fois-ci, Envy se changea en ours, immense et brun. Cette fois, Edward commença à avoir un peu peur. Utilisant son alchimie, il créa une cage pour l'emprisonner. Alors il prit la forme d'une souris avant de reprendre sa forme précédente.
« Bah alors Envy, tu n' as rien de plus gros ? Un ours, c'est une peluche ! »
Ed avait une idée en tête. Pataud dans ce corps qu'il n'avait pas l'habitude d'utiliser, Envy était lent. Assez lent pour qu' Edward puisse mettre son plan en action. Grâce à l'alchimie, et malgré le regard perçant de son ennemi, Edward fragilisa le sol, de manière à créer un trou invisible sous le sol glacé. Envy n'avait pas compris le piège qui lui était tendu et tomba à pieds joints dedans en se transformant en éléphant.
Soudain, le sol craqua, stoppant Envy dans son élan. Edward sourit discrètement, et le sol se déroba sous les pattes du polymorphe.
« Salaud »murmura-t-il en tombant dans un immense trou. Une dernière fois, Envy se transforma, prenant la forme d'un cheval noir.
« Je t'aurai la prochaine fois, sale nabot ! Ahaha, tu ne survivras pas, la prochaine fois ! »
Et il s'enfuit au galop. Edward tomba en arrière, épuisé. A peine quelques secondes plus tard, la montagne trembla.
« Tout le vacarme à dû créer une onde de choc suffisamment puissante pour faire effondrer la grotte… », pensa-t-il en voyant des blocs tomber, puis son regard se posa sur Winry.
« Win… »
Sa cage était remplie d'eau. Le jeune alchimiste se précipita pour l'en retirer, mais les parois étaient trop épaisses, Ed dut utiliser l'alchimie. Une des faces éclata et l'eau glacée déferla sur le jeune homme, surpris, tandis que Winry redescendait doucement jusqu'à ce que les chaînes qui la maintenaient ne laissent plus de mou. Un bruit sourd se fit entendre, la différence d'eau la fit descendre rapidement, assez pour qu'elle en pâtisse encore. Elle était toujours suspendue, mais quelque chose frappa Ed. Elle ne respirait plus.
« Oh non… pas ça… »
Sans plus attendre, il utilisa l'alchimie pour la libérer de ses liens de fer en essayant de la rattraper doucement. Le plus important était de sortir d'ici. Il serait plus simple de courir en la portant sur son dos, chose qu'il fit un peu à contre cœur car c'était l'exposer aux pierres qui tombaient. Il fallait vite sortir, tant pis, le plus important était d'être hors de la grotte.
Ed déposa Winry un peu plus loin, là où elle ne craindrait rien, mais elle ne respirait pas plus qu'avant. Ne pensant à rien d'autre que la sauver, il se positionna au-dessus d'elle, appuyé sur ses genoux, et tenta un massage cardiaque. Cependant, cela se révélant tout aussi dangereux puisqu'elle avait des côtes cassées, mais le jeune homme aux cheveux blonds ne savait pas lesquelles. Malgré ses tentatives, cela ne fonctionnait pas. Les larmes commençaient à couler de ses yeux dorés, et il tenta le tout pour le tout, la respiration artificielle. Maintenant qu'il y pensait, elle devait avoir les poumons plein d'eau. Avec d'infimes précautions, il commença, comptant mentalement.
« 1, 2, 3, 4, 5… »
Il l'implorait de rester en vie, il le fallait. Et puis, après de très longues secondes, elle toussa. Elle cracha de l'eau puis parvint à respirer seule, même si sa respiration restait faible. Elle tremblait, et lui aussi. L'eau dans laquelle la mécanicienne avait été plongée était glacée. Ils devaient vite rentrer. Sans manteau, ils allaient vite succomber au froid, d'autant plus que la nuit était un peu fraîche. Il la porta à nouveau sur son dos et prit le chemin de la maison, s'arrêtant de temps en temps pour reprendre son souffle. A défaut de manteau, Winry avait droit à la chaleur d'Edward.
Ils arrivèrent aux aurores à la maison. Al guettait à la fenêtre et Mamie faisait les cent pas. A bout de force, Edward s'effondra à quelques mètres de la porte. Al et Pinako se précipitèrent pour les ramener à la maison.
« Win…ry… »
« Calme toi Ed, tu l'as ramené, elle est là »
« Al, met-les dans la chambre d'ami, ils sont gelés. Je vais préparer des bouillotes et des couvertures supplémentaires. Rapproche les lits, ils auront plus chaud. »
Pinako restait étrangement calme, même si intérieurement, elle ne savait pas trop quoi faire.
« Mamie… Elle est… blessée. Côtes cassées… hémorragie…. », articula Ed avant de tomber en hypothermie.
« Al, emmène Winry dans la salle d'opération. Si elle a des côtes cassées, il va falloir que je les replace et que je regarde si ça n'a rien percer. Et si elle a une hémorragie comme le pense Ed… Je dois faire vite. Il va falloir que tu m'aides. »
Une fois Winry sur la table, Pinako demanda à son petit fils adoptif d'emmener son frère dans la chambre, comme prévu, pendant qu'elle préparait sa petite fille à une éventuelle opération, le temps que la machine lui donne les images par rayon x. Effectivement, elle avait bien deux côtes cassées et une autre fêlée.
Al revint rapidement, et assista la vieille femme.
L'opération dura quelques heures, effectivement, une petite hémorragie s'était déclarée un peu en dessous de l'estomac, mais cela n'était pas mortel car tout fut prit à temps.
« Aide-moi, Al, il faut qu'ils se reposent. »
Pour plusieurs raisons, il était plus pratique qu'ils soient dans la même chambre. De plus, Pinako était peut-être vieille mais pas aveugle.
« Al, va chercher une poche en bas. »
Pinako veillait. Même si elle ne le disait pas ouvertement. Elle changea la perfusion de sa petite fille, surveillant l'état des deux enfants. Elle était tirée d'affaire, ils devaient juste se reposer.
« Al, je vais avoir besoin de légumes frais, va faire quelques courses. Je vais leur préparer des choses faciles à manger, je pense qu'une soupe devrait passer sans problème. Avec du lait bien sûr, ce sera un bon moyen d'en faire boire à ton imbécile de frère. »
Malgré ces mots, Pinako avait une voix douce. Elle était reconnaissante à Ed d'avoir sauvé sa petite fille.
La journée avait été calme, Pinako allait voir toutes les heures comment allaient ses petits-enfants. Elle parvenait à occuper Al, mais elle n'avait pas grand-chose à faire. Elle se décida à ranger l'atelier, c'était tout ce qu'elle avait à faire, et elle en aurait pour un moment.
Le soir arriva et elle prépara un bol de soupe pour chacun des malades. En arrivant dans la chambre, Pinako alluma les lampes de chevet et approcha un tabouret.
« Ed ? Edward, réveille-toi mon garçon »
Avec peine, le jeune homme se réveilla. Visiblement, il était un peu perdu.
« T'en fais pas Ed, ça va, tu es dans la chambre d'ami. » dit-elle en lui tendant le bol.
« Win.. ? »
« Regarde, elle est là, elle va bien, tu l'as ramenée à temps. Maintenant, il faut que tu manges. »
Il obéit sans protester, ne quittant pas son amie des yeux.
« Mamie ? »
« Entre Al, il est réveillé. »
L'armure entra en essayant de ne pas trop faire de bruit.
« Ed ? Ca va ? » Demanda Al, inquiet.
« Ouais… J'suis juste fatigué je suppose. »
Il commença à manger sa soupe tandis que son frère tentait de le rassurer. Il savait tout, et Ed l'avait également compris, alors il faisait son possible pour le rassurer, lui expliquant que sa petite mécanicienne avait été opérée et que tout s'était bien passé. Malgré tout Ed était inquiet, après tout, il avait enfin compris l'importance qu'elle avait à ses yeux.
« Winry ? Winry, ma chérie, tu te réveilles ? »
Mais elle ne se réveillait pas. Elle demeurait inerte.
« Mamie… ? »
« C'est rien, c'est normal. Elle devrait se réveiller demain. Après tout, elle n'a pas été habituée à être sous anesthésie, alors je pense qu'elle va encore dormir quelques heures. Maintenant, rendors-toi. Il faut te reposer. »
Pinako et Al sortirent en fermant les lampes et allèrent se coucher.
-Au même moment, dans la chambre d'ami-
Ed était allongé dans le noir. La fatigue s'emparait à nouveau de lui mais il s'inquiétait.
« Winry, je suis désolé… »
Il s'approcha un peu pour la prendre dans ses bras, en faisant attention à la perfusion. Elle ne tremblait plus, elle avait même la peau tiède.
« Winry, pardonne-moi… », lui murmura-t-il à l'oreille.
Il s'endormit presque aussitôt sans la lâcher.
Le lendemain matin, Ed se réveilla avec Winry dans les bras. Elle avait l'air tellement paisible qu'il rougit à cette pensée.
« Win… J'espère que tu me pardonneras… », dit-il à voix basse en la serrant un peu plus contre lui.
Il avait envie de l'embrasser sur le front, mais il n'osait pas. C'était un grand timide après tout.
« Te pardonner… quoi ? » demanda la voix encore un peu éteinte de la jeune fille.
« De l'avoir laissé t'emmener sans m'en apercevoir. » répondit-il gêné.
« Pourquoi je t'en voudrais ? Tu es venu me chercher, non ? »
Elle était encore très fatiguée et avait un peu de mal à respirer mais elle semblait aller passablement bien.
« Oui… »
« Ed ? »
« Quoi ? »
« Tu sais que tu es mignon quand tu rougis ? » dit-elle avec un sourire plein de tendresse.
Edward rougit plus encore et se contenta de rire doucement.
« Et toi je te préfères quand tu ris, alors guéris vite, d'accord ? »
« Oui. Ed ? »
« Quoi ? »
« Je t'aime » dit-elle avant de fermer les yeux, les joues roses.
« Je t'aime aussi Win… », dit-il à voix basse en l'embrassant sur le front. « Repose-toi, je resterais là maintenant. »
Un sourire se dessina sur le visage de la jeune fille qui se rendormit presque aussitôt.
Pinako apporta un petit déjeuné un peu plus tard.
« Ed, tu es réveillé ? »
« Oui. Salut Mamie. »
« Je suis contente. Al sera content aussi. »
« Il n'est pas là ? »
« Non, il est parti chercher une de mes commande, en ville. Tiens, je t'ai fais un bon petit déjeuner. »
La vieille femme déposa le plateau sur les genoux du blondinet.
« Winry ? »
« Laisse-la dormir, Mamie. Elle s'est réveillée tout à l'heure. Je viendrais te voir quand elle se réveillera de nouveau. »
Edward mangea de bon cœur, des œufs brouillés avec du bacon et un bon jus d'orange. Pinako resta un peu en compagnie des malades.
« Elle m'a dit qu'elle n'avait pas mal. Elle s'est rendormie presque aussitôt. »
« C'est normal, elle va se réveiller à intervalle réguliers, un peu plus longtemps à chaque fois, comme toi quand tu étais petit. » expliqua-t-elle.
Edward ne répliqua même pas à l'évocation du mot « petit ». Il tenta de se lever, mais Pinako l'en dissuada.
« Tu ne vas nulle part mon garçon. » ordonna la petite grand-mère.
« Mais Mamie… J'aimerai bien me changer… Et prendre un livre aussi et me dégourdir les jambes. »
« Très bien, mais tu reviens te coucher aussitôt, c'est compris ? Sinon je te ferais boire du lait ! »
« Pas de lait…. », dit-il en faisant une grimace.
Il se leva, un léger tournis l'avait prit mais il retrouva rapidement l'équilibre. Il s'en alla dans sa chambre et revint quelques minutes plus tard, affublé d'un vieux t-shirt et d'un bas de pyjama noir.
« Je te la laisse, je dois aller accueillir les clients. N'oublie pas de te reposer un peu aussi, sinon je vais me fâcher. »
Edward sourit et se recoucha, en commençant à lire un livre.
Un peu plus tard, Al monta à l'étage voir son frère mais il s'était endormit sur son livre. Attentionné, Alphonse marqua la page et posa le livre sur la table de chevet avant de couvrir son frère.
« Parfois on se demande lequel de nous deux est le grand frère de l'autre… », se dit-il, amusé.
Quelques jours étaient passés et Winry se remettait bien. Edward avait eu la permission de Pinako de se lever. Il restait cependant au chevet de la jeune fille, lui apportant ses repas, la distrayant un peu. Pinako montait également la voir entre deux clients, avec Al.
« J'espère qu'Al n'est pas trop jaloux » avoua-t-elle au jeune homme.
« Je ne pense pas. Et puis il en profite pour passer du temps avec Mamie, ça lui rappelle de bons souvenirs. »
« J'ai envie de me lever… Je n'aime pas rester là sans rien faire… Tu ne voudrais pas m'apporter mes outils, que je regarde si tes automails n'ont pas trop soufferts ? », demanda la convalescente en toute innocence.
« Winry, pas de travail. Tu verras ça quand tu seras rétablie. D'ailleurs j'ai appelé le Colonel. Je vais rester un peu plus longtemps. Je crois que ça l'arrangeait d'ailleurs. »
« C'est vrai ? », demanda-t-elle, les yeux remplis d'étoiles.
« Ouais. Je pouvais pas laisser Mamie toute seule avec une estropiée dans les pattes… », se moqua-t-il.
« Edward, tu es méchant ! Si j'avais ma clé… », se fâcha-t-elle.
« Mais tu ne l'as pas. Et calme toi, sinon tu ne guériras pas. », répondit-il en s'allongeant sur le lit, à côté d'elle.
Winry se cala sa tête sur l'épaule du jeune homme. « Ed, prends-moi dans tes bras. » demanda-t-elle, fatiguée.
Ce dernier obéit, voyant qu'elle n'allait pas tarder à se rendormir.
« Merci Ed… »
« Pourquoi donc ? »
« Parce que tu restes avec moi alors que tu pourrais sortir je ne sais où. »
« Idiote, tu sais très bien pourquoi je reste avec toi. »
« Parce que je suis clouée au lit ? » feignit-elle.
« Parce que je t'aime, crétine. », répliqua Ed, les joues rosies.
« Tu es mignon quand tu rougis… », dit-elle en effleurant ses lèvres. Elle rougit à son tour, mais Ed passa carrément au vermillon. Winry sourit, ferma les yeux et s'endormit. A son tour, l'alchimiste déposa un baiser sur ses lèvres et s'endormit à son tour pour une petite sieste.
Et voilà, c'est bel et bien terminé !
Une semaine pour tout écrire, je peux être fière de moi :)
