Le temps était assez morose dans cette ville de Satan City en cette journée d'automne, les feuilles des arbres tombaient lentement avec grâce sur le sol encore imbibé d'eau suite aux fortes pluies de la veille.
En effet, cette journée était loin d'être joyeuse pour cette jeune femme brune qui répondait au nom de Videl. Elle se demandait pourquoi elle avait accepté cette journée shopping avec Erasa, sa meilleure amie, alors bien sûr, elle n'échangerait sa compagnie pour rien au monde, car après tout, c'était l'une des seules à ne pas être amie avec elle pour la richesse de son père. En revanche, elle devait bien avouer qu'elle préfèrerait travailler plutôt que de se laisser relooker par son amie d'enfance.
Videl est ce qu'on pourrait définir d'éternelle pessimiste, tout le contraire d'Erasa, en effet, elle était plus du genre à combattre le crime que de prendre soin d'elle et elle ne comprenait pas l'engouement de son amie pour tout ces vêtements hors de prix qui, à première vue, n'avait pas l'air très confortables.
Comment s'était-elle retrouvée là ? À parcourir des boutiques ? Le soir même se tenait son anniversaire et son père avait organisé une grande réception et Erasa s'était donné pour mission de rendre Videl plus sexy afin qu'elle puisse enfin se caser avec un homme. Elle avait acceptée à contrecœur après avoir jeté un œil à sa garde-robe et s'être aperçue qu'à part des tenues de sport, elle ne possédait pas beaucoup d'habits qui pouvaient être portés pour de telles occasions.
Si elle s'était écouté, elle aurait passé sa journée chez elle et aurait juste invité Erasa histoire de boire un verre ou deux, mais son père, le grand champion du monde d'arts martiaux, Monsieur Satan avait insisté pour organiser une grande fête en prétextant qu'il n'allait pas laisser sa fille ne rien faire pour l'anniversaire de ses vingt-cinq ans.
Comme si elle n'était pas assez agacée de la situation, son père avait invité une bonne centaine de personnes, Youpi ! Parmi eux, de riches hommes d'affaires venus pour caser leur fils avec elle, tous les collègues du commissariat dans lequel travaillait Videl, sans oublier Erasa ainsi que leur vieil ami du Lycée, Sharpner. Elle fût sortie de ses pensées par le ton enjoué de son amie :
- Tiens, regarde cette robe ! Je suis sûre que tu plairas avec ça, tout le monde aura les yeux braqués sur toi
- Erasa, je t'avais déjà dit que je voulais juste être présentable, pas me faire reluquer par tous ses fils de riches comme un vulgaire morceau de viande !
- Bah il va bien falloir que tu te trouves quelqu'un, et puis tant qu'à faire si ça peut être le fils d'un multimillionnaire, pourquoi s'en priver ?
- Je ne veux pas d'un homme pour son compte en banque, d'ailleurs, je ne veux pas d'homme tout court, je n'ai pas le temps en ce moment, je suis prise par mon travail, repose cette robe s'il te plaît
Son ami s'exécuta à contrecœur et se mit à la recherche de quelque chose de moins extravagant. C'est fou ce besoin qu'avait Erasa de toujours imaginer des histoires d'amour de partout, elle n'avait de cesse de raconter ses exploits amoureux à Videl, ce qui avait le don d'agacer la jeune policière. Bien sûr, Videl n'était pas une vieille fille, elle n'avait pas envie de vivre seule toute sa vie mais elle n'était pas aussi confiante, pas aussi jolie, pas aussi extravertie que ne l'était son amie blonde. À vrai dire, elle aimerait pouvoir être un peu plus comme Erasa mais le fait que son entourage soit exclusivement masculin n'aidait pas du tout. C'est vrai, après tout, son amie était la seule femme dans toutes les personnes qu'elle fréquentait, que ça soit d'un point de vue professionnel ou personnel.
Elle voulait parfois être plus féminine mais elle n'osait pas, elle ne savait pas comment s'y prendre. En fait, si, elle savait, elle prit une grande inspiration avant de déclarer :
- En fait, redonne-moi cette robe, je peux au moins aller l'essayer, rien ne m'oblige à la prendre.
Erasa venait de suspendre son mouvement de recherche pour regarder Videl, les yeux comme des soucoupe, choquée qu'elle décide d'essayer cette robe beaucoup trop sexy que son amie ne porterais jamais, pas même pour un million de zenis
-Bon alors ? Tu me la donnes ou tu préfères que je change d'avis ?
-Non ! Surtout pas ! Tiens ! Fit Erasa en lui donnant le vêtement en question.
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Elle avait en face d'elle une autre personne, c'était à peine si elle se reconnaissait, pourtant, c'était bien elle, Satan Videl qui arborait une robe rouge, fendue sur le côté droit, sans manches, ce qui mettait en valeur les bras musclés de la jeune femme, il y avait un léger décolleté, pas trop vulgaire, parfait, elle ne voulait pas porter les tenues trop affriolantes qu'Erasa avait tendance à porter. Elle se surprit en cet instant à se tourner sur elle-même, complètement émerveillée par cette tenue. Comment diable pouvait-elle se trouver jolie alors que depuis son jeune âge elle avait toujours été comparée à un garçon manqué ?
À peine le temps d'apprécier cette féminité nouvellement trouvée que son amie lui demanda :
- Alors ? Ça donne quoi cette robe ?
Sans un mot, Videl sortit de la cabine d'essayage. Erasa se figea sur place en voyant l'air ravi qu'arborait son amie de toujours.
- En voyant ta tête, je devine que tu la prends
La policière n'eut pas le temps de répondre que son téléphone sonna, elle décrocha :
- Capitaine Satan Videl, j'écoute (...) c'est une blague ? (...) Bon, ne tentez rien de stupide, j'arrive. Elle raccrocha puis enchaîna, je dois y aller Erasa, tu veux bien récupérer mon sac dans la cabine et payer pour la robe s'il te plaît ? On a besoin de moi.
Puis elle sortit de la boutique de vêtements telle une furie. La blonde ne rêvait pas, son amie venait d'acheter une robe... UNE ROBE ! Les temps avaient bien changé décidément. Ah oui c'est vrai ! Le sac de Videl !
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- Est-ce que la situation à évoluée ? Demanda Videl à son Capitaine Adjoint
- Négatif cheffe. Monsieur le Maire est toujours retenu en otage et de ce que l'on sait, ils se seraient retranchés dans la salle de réunion de la mairie.
- Bien, de combiens de policiers disposons-nous ?
- Si on compte les officiers de police locaux et le groupe d'intervention, 14 en tout.
- Ok, on laisse 8 agents dehors pour sécuriser le périmètre et surveiller la sortie, ensuite formez trois équipes de deux officiers, une équipe passera par les fenêtres latérales, une autre s'occupera de la porte principale tandis que nous deux, nous resterons en retrait dans le couloir situé à l'arrière pour les surprendre s'ils tentent de fuir par derrière. Je vous donne cinq minutes pour vous préparer, alors au boulot !
- Bien Capitaine !
Quelques minutes plus tard
- Équipe une, en position.
- Équipe deux, en position également, on attend votre signal Cheffe.
- On arrive vers le couloir, tenez vous prêts
Des coups de feu se mirent à retentir subitement, Videl, en tournant la tête, constata avec horreur que son collègue était touché en plein ventre.
- Ici Videl ! L'agent Kojima est à terre, intervention ! MAINTENANT !
Les secondes suivantes passèrent très vite, tous les malfrats avaient été appréhendés, seul le tireur qui avait touché le capitaine adjoint réussit à se frayer un chemin vers les cuisines. Ni une, ni deux, Videl se mit à sa poursuite, elle ouvrit la porte, mais ne vit personne, elle se décida alors à avancer prudemment quand soudain...
- Tiens, tiens, Mademoiselle Satan, la policière la plus remarquable de cette ville, vétue d'une magnifique robe qui plus est.
Tout en disant ces mots, le fugitif avait appuyé le canon de son pistolet derrière la tête de Videl. Elle savait qu'elle était en danger, plus que jamais avant aujourd'hui, étant donné que cet homme n'avait pas hésité une seconde à tirer sur Kojima, elle ne donnait pas cher de sa peau. Elle se figea quand elle entendit le criminel l'ordonner de retirer son gilet pare-balles et de se retourner pour lui faire face. Le regard de ce dernier était cruel et vicieux, ce qui lui fit froid dans le dos. Il la désarma tout en prenant soin de lui caresser la main, à ce contact Videl frissonna de dégoût pour l'individu qui se tenait en face d'elle. Il jeta l'arme à terre et se remit à viser la jeune femme.
- Dommage que tu sois flic, j'aurais bien aimé passer du bon temps avec toi... Tant pis. Il chargea son arme, ça y est, cette fois, c'était la fin pour Videl, elle allait mourir, elle ne ressentait que de la rage à cet instant, elle était totalement désarmée, la seule chose qu'elle pouvait espérer, c'est que la balle ne la tue pas, elle ferma les yeux en attendant le coup de feu.
Ensuite, tout s'était passé très vite, la porte avait claqué, Videl avait profité de cette distraction pour écarter le bras du gangster, un coup de feu partit puis l'homme se fit plaquer par deux policiers. Elle laissa alors s'échapper un soupir de soulagement, c'était vraiment pas passé loin, elle allait demander des nouvelles de Kojima quand elle fut soudainement pris de vertige, elle balbutia avec difficulté :
- Je crois que je suis touchée moi aussi.
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Il était quatorze heures, il venait de finir de déjeuner, il avait eu du mal à trouver un créneau pour manger, le matin même, les patients fluctuaient énormément dans l'hôpital, plus que d'habitude, et pour cause, l'arrivée des journées plus fraîches ainsi que l'apparition des premières épidémies de grippe et autres maladies humaines en tout genre.
À vrai dire depuis sa prise de fonction, il n'avait plus trop le temps de respirer, il était un véritable couteau suisse qui pouvait occuper la quasi totalité des services de cet hôpital à l'exception des branches psychologiques et de manière générale, tout ce qui se rapprocherait de près ou de loin à la sexualité, il avait du mal avec ces deux spécialités, la première car il avait assez de problèmes dans sa vie pour en plus y ajouter ceux des patients, après tout, Gohan avait consacré sa vie entière à sauver celle des autres, il pouvait bien penser à lui de temps en temps, cela ne faisait pas de lui quelqu'un d'égoïste.
En ce qui concerne les services liés à la sexualité, il n'y comprenait pas grand-chose, bien sûr, il avait appris la théorie mais ne se sentait pas à l'aise à l'idée de parler d'un sujet qu'il ne maîtrisait pas sur le bout des doigts, car oui, pour le saiyen, s'il n'avait pas la maîtrise parfaite d'un sujet, il ne pouvait l'aborder sereinement. Il se sentait beaucoup plus dans son élément lorsqu'il s'agissait de soigner des maladies mais le domaine dans lequel il excellait le plus était le service des urgences et plus particulièrement des blessures, ayant lui-même subi de multiples combats dans sa jeunesse, il était comme un poisson dans l'eau quand il s'agissait de " réparer " ses patients.
Il sourit en pensant au mot " réparer ", ça sonnait un peu comme un mot employé quand il fallait remettre en état un robot, ou plutôt une boîte de conserve comme le disait si bien Vegeta, il pensa d'ailleurs au fait que cela faisait longtemps qu'il ne s'était pas entraîné avec le prince des saiyens, il devrait à songer à remédier à tout ça lorsqu'il aurait un peu de temps libre. Il essaya de se reconcentrer sur son travail, pour cela, rien de mieux que de jeter un coup d'œil à son planning de l'après-midi, pitié, tout sauf la radiologie, Gohan avait ce poste en horreur, il trouvait ce rôle tellement ennuyeux, si peu intéressant, ce qu'il voulait lui, c'était sauver des vies, pas faire des scanners à longueur de journée.
Ouf ! Par chance il était affecté au service des urgences, parfait, il ne pouvait pas mieux tomber !
Il jeta un coup d'oeil à sa montre qui lui indiqua quatorze heure cinq, il prit l'initiative de remettre ses lunettes droites et de se regarder un coup dans le miroir de la salle de pause, la première chose qu'il remarqua, ces sont ces énormes poches sous ses yeuxqui étaient la conséquence directe des évênement du Cell Game, sa vie avait changé du tout au tout depuis ce jour là, il avait perdu son père, qui s'était sacrifié pour éradiquer le monstre une bonne fois pour toute, ainsi que sa mère qui n'a pas réussi à surmonter le décès de son mari, tout ça était entièrement de sa faute, s'il n'avait pas été aveuglé par son orgueil de siayen, il n'aurait pas joué tout ce temps avec Cell, il l'aurait pulvérisé sur le champ, malheureusement, aucun retour en arrière n'était possible, même quand les Dragon Ball avaient été réunies, son père avait refuser de revenir car il pensait qu'il attirait le mauvais oeil sur la Terre, quand Chichi est partie le rejoindre, c'était bel et bien fini, étant morte de façon naturelle, Shenron ne pouvait pas la ressusciter.
Cela faisait maintenant quatorze ans qu'il vivait avec la mort de ses parents sur la conscience.
Il essayait de se rassurer en se disant qu'au moins ils étaient dans un monde plus paisible, et que plus tard, il les rejoindrait quoiqu'il arrive.
La seconde chose qui le frappa, c'était la blancheur de sa peau, il ne sortait jamais, à part pour faire ses courses, aller travailler et rendre visite à ses amis de temps à autre. Il dut se stopper net dans ces réflexions profondes quand son bipeur sonna, bonne nouvelle, il allait pouvoir penser à autre chose
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- Qu'est-ce qu'on a ?
- Blessure par balle à l'épaule droite, la victime est une femme, se nomme Satan Videl, elle s'est fait cela lors d'une intervention de police, petite taille, corpulence moyenne, elle a... oh non, pas ça !
Satan Videl... Satan Videl, ce nom ne lui était pas inconnu, mais devant l'air grave de l'infirmière Kyu, il répondit :
- Que se passe t-il ?
- C'est son anniversaire aujourd'hui, à priori son pronostique vital n'est pas engagé, mais la balle peut avoir causé de lourds dégâts à son bras droit, je dois aussi vous prévenir que vous serez tout seul pour cette intervention, avec toutes ces épidémies nos effectifs sont grandement affaiblis, c'est la salle 108.
Sans plus attendre, Gohan se hâta d'aller trouver sa patiente
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Les pompiers l'avaient déjà déplacé du brancard à la table d'opération
- Merci messieurs, je prends le relais. Dit Gohan
- Vous avez besoin d'aide Docteur ?
- Non, tout ira bien, je vous remercie, fermez bien la porte en sortant.
Le pompier s'exécuta, il comprit que le docteur avait pris sa décision avant même d'entrer dans la salle d'opération. Le saiyen attendit que la porte soit refermée puis reporta son attention sur la jeune femme, la pauvre, se faire tirer dessus le jour de son anniversaire, comme les gens pouvaient être cruels, il entreprit alors de lui ôter son insigne de police qu'elle portait autour du cou et de décoller le tissu de la robe de la policière de son épaule, il s'agirait d'éviter une infection. Bon, dans l'ordre, nettoyer tout ça, retirer la balle, désinfecter à nouveau, penser la plaie, plâtrer le bras et l'amener dans une chambre.
Bien, aller, au travail !
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Il constata qu'il avait fait du bon travail, comme toujours, ses constantes étaient redevenues stables, ce qui indiquait que la balle n'avait touché aucun organe vital. Mieux que ça, en fait la balle n'avait pas abîmé grand-chose, au pire la jeune femme aurait mal à l'épaule pendant une semaine ou deux. À ses yeux, cela restait horrible, elle allait être clouée dans un lit d'hôpital alors qu'elle aurait dû faire la fête avec sa famille et ses amis. Quelle injustice. Il n'eut pas le temps de cogiter plus que ça, quelqu'un avait frappé à la porte et était entré, c'était le directeur de l'hôpital, mais que venait-il faire ici ?
- Bonjour Docteur Son
- Bonjour Monsieur le Directeur
- Je viens de recevoir un message important de Monsieur Satan, c'est bien vous qui soignez Videl, n'est-ce pas ?
- Oui, c'est bien ça, que se passe-t-il ?
- Vous êtes assigné à ses soins jusqu'à ce qu'elle sorte de l'hôpital, vous resterez auprès de Mademoiselle Satan durant toutes vos gardes, compris ?
- Et mes autres patients ?
- Oubliez, votre priorité, c'est elle. Dit-il en pointant la blessée du doigt, en tant que capitaine de police et étant elle-même la fille du grand Monsieur Satan, les meilleurs soins sont souhaités afin de s'assurer que tout se passe comme sur des roulettes
- Ça n'est pas juste, on manque déjà d'effectifs ces temps-ci, en plus, fille de Satan ou pas, elle doit bénéficier des mêmes soins que les autres ! Avait-il dit, énervé par le comportement de son supérieur hiérarchique
- Vous discutez les ordres Monsieur Son ? Exécution ! Sinon je vous colle un mois de service radiologie, je sais que vous prenez votre pied là bas, il paraît même que quand vous y travaillez, c'est silence radio !
Le vieil homme pouffa de rire tandis qu'une énorme goutte de sueur perla sur le front de Gohan qui se résigna :
- Comme vous voudrez
- Merci, bonne fin d'après-midi Docteur Son
Puis le directeur disparut, le saiyen alla chercher un lit et déposa la femme dessus avant de la conduire à sa chambre
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Deux heures ! Deux longues qu'il attendait, mais elle ne s'était pas réveillée, en fait son état n'avait pas bougé d'un iota.
Gohan en voulait au directeur, la notoriété ne devait pas permettre ce genre de privilèges dans des services publics, surtout quand on sait à qui Monsieur Satan devait toute cette popularité. Ainsi, cette jeune femme était sa fille ? C'était surprenant, elle ne lui ressemblait en aucun point, malgré sa robe, il avait constaté lors de l'opération qu'elle était toute frêle, toute menue, elle était capitaine de police et pourtant n'avait pas une carrure très imposante bien que ses muscles semblaient, de toute évidence, plus athlétiques que la plupart des hommes.
Il ferma les yeux et décida de se concentrer sur l'énergie de Videl, elle avait un fort potentiel, c'était certain, et à priori, elle était bien plus forte que son père.
Il fut sorti de ses pensées lorsqu'il entendit le bruit des draps qui se froissaient, signe que sa patiente était réveillée.
