Note :
Bonjour à tous en ce magnifique samedi pas du tout pluvieux... (Voyez-y de l'ironie, quoique dans mon chez moi il ne pleut pas... encore. Nous revoilà avec un nouveau chapitre de notre nouvelle fic ; je regrette de ne pas pouvoir poster un chap de Prête à tout ou encore de Le Bien qui fait Mal, mais... Il risque d'yavoir des perturbations, Mushroom-paradiz n'ayant plus accès à Internet pour un moment indéterminé. Nous pourrons quand même poster régulièrement A fleur de, dans la mesure où nous avons quelques 17 chapitres déjà écrits. En quelques semaines, ouais, cette fic nous a inspirées !
Je tiens à préciser que les couples principaux seront respectés dans cette fic (EdxB, RxEm, AxJ, CxE), mais pour le reste... Bien, vous verrez !
Je vous souhaite une bonne lecture !
Chapitre un : De notre découverte de l'autre
EDWARD
Ça vous est déjà arrivé d'être tiré de votre sommeil par l'alarme stridente de votre radio réveil à 5 heures et demi du matin parce que vous dormez - voire couchez - avec une fille qui passe un temps infini dans la salle de bains, pour rendre un service à votre meilleur ami que vous n'avez vraiment pas envie de rendre, alors que vous êtes encore en vacances et que vous pourriez faire tranquillement la grasse matinée ? Parce que c'est ce qui m'est arrivé pas plus tard que ce matin-là.
* * *
« Salut ! » Claironna Jane en entrant dans l'appartement de son frère à 7 heures moins le quart.
Je refermai la porte derrière moi, toujours un peu endormi, au moment où Jacob sortait de la salle de bains, vêtu seulement d'une serviette éponge qui tombe dangereusement sur ses hanches, ce qui eut pour effet de figer momentanément ma meilleure amie que je bousculai par inadvertance. Je m'attendis à un regard noir de sa part, mais rien. Elle ne bougeait toujours pas.
L'Indien en profita pour la regarder de haut en bas avec un sourire en coin et ce fut à ce moment-là qu'elle tourna vivement les talons pour se diriger vers la cuisine.
Je fis un rapide signe de la main à Jacob et la suivis.
« Alec, je ne savais pas qu'on tournait un film d'horreur chez toi. Il y a un exhibitionniste dans ton salon. » L'entendis-je dire à son frère.
Je souris en entrant moi-même dans la pièce et croisai immédiatement le regard de Bella, lovée contre mon meilleur ami.
Jane m'observa du coin de l'œil alors que je m'avançais nonchalamment vers elle, mon sourire toujours accroché aux lèvres. Arrivé devant elle, je lui tendis la main et mon rictus s'agrandit en la voyant un peu rougir.
Ne crois pas qu'on soit amis, ma jolie…
« Tu peux lui faire la bise, tu sais ? Elle ne va pas te mordre. » Me dit Alec avec un léger rire dans la voix.
J'eus mal aux joues tout d'un coup.
Jane avait raison ; je n'avais jamais su être un parfait hypocrite, même en y mettant tout mon cœur.
Je me penchai alors vers elle et effleurai légèrement sa joue de mes lèvres, sentant l'odeur discrètement sucrée de sa peau qui engendra une drôle de sensation dans ma poitrine, comme si elle était toxique.
Je me redressai et détournai mon regard pour ne pas croiser le sien.
Jacob choisit ce moment-là pour entrer à son tour et vint se poster à côté de Jane qui sirotait un jus de kiwi. Elle lui lança un regard peu amène et vint contre moi sans qu'il ne la quitte des yeux.
Quelqu'un sonna à la porte et Alec quitta la pièce pour aller ouvrir.
« T'as beaucoup d'affaires ? Demandai-je alors à Bella en me tournant vers elle, affichant un nouveau sourire tellement faux qu'il paraissait naturel.
_ Non, pas tant. Et tout est déjà emballé. »
Je hochai de la tête en silence et mon sourire s'agrandit. Putain, je ne pensais pas qu'on avait autant de muscles dans les joues.
BELLA
Je regardai Edward me sourire, et cela me parut étrange. Mais je me sermonnai mentalement ; je supposais que c'était son revirement de comportement qui me surprenait. Enfin, après tout, peut-être que j'avais eu raison la veille en songeant que la nuit l'aiderait à y voir plus clair et à se calmer, pardonnant à son meilleur ami d'avoir passé mon existence sous silence. Ça devait être ça. On repartait sur de nouvelles bases.
Je me levai, et me rendis à l'entrée pour voir que Jasper et Demetri étaient arrivés ; je leur fis un grand sourire, et allai les saluer.
Je connaissais Jasper depuis un petit moment, déjà. En master d'Histoire, il était un ami d'Alec depuis quelques années. Je l'aimais bien ; toujours d'un calme exemplaire, il était très… respectueux, et sa présence était rassurante. Demetri, c'était un véritable déconneur. Il me rappelait mon frère, Emmett, par certains côtés.
« Salut, fillette. Désolé du retard. Y a déjà des bouchons, c'est fou ça ! Putain de ville… c'était comment à Washington, Bella ? Parce que si tu me dis que c'était moins la merde, j'me casse direct ! »
Je ris, reportant mon attention sur lui.
« Oh, c'était pas mieux, désolée Demetri… »
Il soupira.
« Ok, ben j'vais rester ici alors, comme ça j'pourrais venir squatter chez vous, à l'occase ! sourit-il en abattant un bras sur mes épaules.
- Oh, joie, ris-je.
- Hey ! Tu m'adores déjà, petite, c'est pas possible autrement. »
Après avoir été boire un verre d'eau, je rejoignis tout le monde dans l'entrée, et souris.
« On y va ? »
Alec me prit dans ses bras, et m'embrassa dans le cou. Je ris.
« Arrête, on va jamais pouvoir partir pour Washington sinon.
_ Ce serait dommage, répondit-il. Il me tarde de voir tes affaires débarquer ici. »
Je me mordis les lèvres, et l'embrassai sur la joue. Demetri toussota ; et je rougis, puis me dirigeai vers la porte non sans avoir attrapé un petit sac. Je m'étais habillée de manière très simple, pour déménager. Un short découpé dans un vieux jean délavé, un débardeur blanc, des tennis en toile de la même couleur. J'attachai mes cheveux à la va-vite en descendant dans le parking où étaient garées ma camionnette et la voiture d'Alec.
« Bon, Bella… tu prends donc ta camionnette ? Demanda Alec
- Oui, je pourrai y mettre un max d'affaires.
- Je vais prendre ma voiture, on ne peut pas tous monter dans la tienne. Je pense arriver avant toi… tu me passes les clés de ton appart ? »
Je les décrochai de mon trousseau et les lui tendis alors qu'il me lâchait ; il s'éloigna de moi, marchant vers sa berline noire.
« Qui monte avec qui ? Lança-t-il, Bella, je ne tiens pas à ce que tu partes seule… avec ton antiquité… »
Je le fusillai du regard alors qu'Edward riait sous cape. Un silence se fit. Puis Jane sourit.
« Je propose qu'Edward monte avec Bella. Après tout, ils doivent avoir des tas de choses à se dire. »
Euh… Là, fallait peut-être pas pousser le bouchon trop loin. Je n'étais quand même pas super à l'aise avec Edward.
« Edward n'en a pas forcément envie, fis-je en regardant le concerné.
- Au contraire. J'aimerais bien faire plus ample connaissance avec ma… sœur de cœur. » Répondit-il avec un sourire.
Je jetai un regard à Alec, qui fronçait les sourcils ; mais il ne dit rien, et m'envoya un petit sourire.
« C'est ok, fit-il. On vous attend là-bas alors.
- À tout à l'heure » lui répondis-je en montant dans ma camionnette.
Je démarrai alors qu'Edward montait à côté de moi.
Au début, dans la circulation new-yorkaise, je pus suivre la voiture d'Alec ; mais il me distança au quatrième feu, et je le vis s'éloigner avec une certaine inquiétude.
Pas un mot n'avait été prononcé entre son meilleur ami et moi depuis que nous étions partis.
Je toussotai.
« Bon, ainsi, on va faire le même Master, fis-je, dans une malhabile tentative d'amorcer une discussion.
- Oui… Qu'est-ce qui t'a poussé à faire des études de Lettres ?
- Hum… J'ai toujours aimé lire. Enfin, encore plus écrire… Mais je me voyais bien travailler dans l'édition. Et toi ? Pourquoi le journalisme ? Alec m'a dit que tu étais plutôt bon au piano.
- J'ai plusieurs passions dans la vie. Mais peut-être que toi, ce n'est pas ton cas. » Répondit-il sur un ton un peu… railleur.
Je fronçai les sourcils, mal à l'aise. Puis me dis que je voyais sans doute le mal où il n'était pas ; il ne venait de faire qu'une remarque innocente.
« Si, j'ai d'autres passions. Mais je ne me verrais pas exercer dans ces domaines. »
Le silence retomba entre nous ; je m'efforçai de le rompre à nouveau. Mais je commençais à me dire qu'Edward ne faisait pas beaucoup d'efforts pour « faire connaissance ». On se serait rencontrés à la fac, il n'aurait pas connu Alec… il n'aurait jamais été possible qu'on s'entende bien.
« Ça fait longtemps que tu joues du piano ?
_ On a commencé en même temps avec Alec. On a beaucoup de choses en commun… Et vous ? Demanda-t-il avec un rictus.
_ Peut-être pas tant. Mais comme on dit, les opposés s'attirent… Il semble bien que c'est vrai. »
Il échappa un rire nerveux… méprisant ?
« Dans ce cas, on devrait très bien s'entendre toi et moi.
_ Ça n'en a pas l'air, murmurai-je pour moi. Tant mieux. Alec attend beaucoup de nos… relations futures, fis-je plus fort.
_ Parce que tu fais tout pour lui être agréable en me faisant la… conversation ? Ce n'est pas de toi-même ? Jane a déteint sur toi en ces quelques années de lycée, dirait-on.
_ Non. Je fais la conversation, comme tu dis, parce qu'il tient à toi et qu'à ce qu'il paraît, on devrait bien s'entendre. J'ai donc envie de te connaître. Jane a bien essayé de m'apprendre l'hypocrisie, mais j'ai quelques difficultés. »
Je n'aimais pas vraiment le tour que prenait cette discussion. Le ton d'Edward commençait à se faire accusateur, et je sentais mon caractère de merde gronder en moi.
« Ok… » Finit-il par dire après une pause. « Dis-moi comment vous êtes sortis ensemble. Parce que j'avoue que je l'imagine mal faire le premier pas. Il n'est pas du genre à…s'ouvrir facilement à des gens qu'il ne connaît pas plus que ça. Idem pour Jane. Je me demande vraiment ce qu'ils ont pu te trouver de spécial. »
Je ravalai la réplique cinglante qui ne demandait qu'à sortir de ma gorge.
« Je me le demande aussi, parfois. Peut-être que c'est le fait que je rejetais les autres. Peut-être qu'Alec a toujours apprécié mes silences. On est vite devenus amis, et en effet, il a attendu que je fasse le premier pas.
- Tu es de ce genre de filles, donc… C'est bizarre, je ne l'aurais pas cru.
- Qu'appelles-tu « ce genre de filles » ? Demandai-je, un peu raide.
- L'esprit féminin est très perspicace, dit-on. Je suis sûr que tu vois de quel genre de filles je parle.
- Ce que m'évoque ta réplique n'a rien d'amical.
- Le dicton est donc fondé. » Répliqua-t-il, clairement moqueur.
Je donnai un à-coup, surprise, et me tournai une demie seconde vers Edward.
« Tu n'as pas franchement l'intention de faire des efforts pour qu'on devienne amis, n'est-ce pas ? Réalisai-je.
- Ce n'est pas personnel. Ça serait tombé sur une autre, ça aurait été la même chose. Je n'aime pas qu'on me cache des choses. Et là, le mensonge est trop gros, je le digère très mal - si jamais un jour j'y arrive. Mais ne t'inquiètes pas ; je sais très bien faire semblant. Il se méfiera au début, mais avec le temps, il n'y verra que du feu.
- Donc en fait, tu as décidé que tu ne m'aimais pas juste parce que tu lui en veux ? Ou n'est-ce pas plutôt ma gueule qui ne te revient pas, tout simplement ?
- Un peu des deux.
- D'accord. Tu sais quoi ? Je déteste les gens qui ne se fient qu'à leur première impression et n'essaient pas de connaître les autres en profondeur. Pas que je porte un jugement sur toi, mais on dirait bien que tu en fais partie. Comme tu dis, on va faire semblant. Mais il semblerait qu'en effet on ne puisse jamais s'entendre.
- On s'entendra au moins sur ça. Tu verras… Tu ne te forceras pas trop pour éprouver de l'animosité à mon égard. Fit-il avec un air amusé.
- Il y a des chances. Juste un conseil… pas d'ami, s'entend. Juste de l'amie d'un ami. »
Je m'arrêtai à un feu, et plongeai mon regard dans le sien.
« Apprends l'impartialité, pour devenir journaliste. À moins que tu ne souhaites te spécialiser dans la presse à scandales. Après tout, c'est peut-être une autre de tes passions. »
Le feu passa au vert, et je redémarrai.
« Je veux être critique, donc seul mon avis comptera, mais merci du conseil. Cette conversation fut… très intéressante.
- Oh, génial. Critique de mode, alors. Ce sont les seuls que tu pourras juger à leur figure. Et encore, même pas. Tant pis, décidément, ta partialité posera problème. Il reste quelques heures avant Washington, tu penses pouvoir survivre ou je te ramène direct chez toi ? Je te ferai porter pâle auprès des autres.
- Tu mentirais pour moi ?… Trop aimable. Non, merci. On peut continuer à discuter, si tu y tiens, ça ne me dérange pas.
- Que ne ferais-je pas pour mes amis ? Et leurs amis. Bien sûr qu'on peut discuter, mais sois quand même rassuré, Alec n'a pas installé de caméra dans mon antiquité pour vérifier qu'on s'entend comme larrons en foire.
- J'aime beaucoup ton sens de l'humour. Je dois au moins te reconnaître ça.
- Mais c'est génial. J'avoue apprécier ta franchise. Bon, discutons. Ça fait longtemps que tu es avec Jane ?
- Je ne suis pas avec Jane. Dit-il en riant.
- Ah ? Il semblerait pourtant qu'elle couche avec toi ; il lui faut au moins ça pour qu'elle se débarrasse de la tension sexuelle que provoque en elle Jake.
- Hmmm, oui. Ça nous arrive d'avoir ce genre de rapports depuis quelques années, mais ça ne veut pas forcément dire que nous sortons ensemble. Nous sommes proches, oui. Très, très proches même. Mais ça s'arrête là. Et ton ami… devrait se méfier un peu plus au lieu de la provoquer tout le temps.
- Ne t'en fais pas pour lui. Il a des ressources.
- J'ai vu ça ce matin… Et elle aussi, je dois dire. Ils ont toujours été comme ça ?
- Toujours. À croire qu'elle n'a pas jamais pu supporter sa tronche. Enfin, c'est ce qu'elle, veut faire croire.
- Elle le veut. Sinon, elle ne ferait pas attention à lui. On est assez semblables sur ce point.
- Elle l'aura. Désolée pour toi. Tu devras te trouver une autre copine de baise.
- Ce n'est pas ça qui me manque, tu pourras t'en rendre compte à la fac. J'ai pas mal… d'amies. Mais aucune aussi proche que Jane, je l'avoue. Elle est disons… spéciale. Féline et câline en même temps, y aurait de quoi devenir accro.
- Ravie de l'apprendre.
- Ce n'est pas le cas de son frère, apparemment. Dit-il avec un rictus.
- Penses-tu ? Il n'y a qu'en couchant avec que tu pourras en avoir une idée.
- Oh, mais j'en ai une.
- Je passerai sous silence le fait que ta réponse semble signifier que tu as imaginé mon copain pendant l'acte. J'espère juste que ce n'était pas dans le cadre d'un fantasme. Ça doit te faire sacrément chier de n'avoir pas pu m'éloigner de lui, comme tu as viré les autres poufiasses qui lui tournaient autour avant qu'il ne me rencontre ?
- Ne sois pas jalouse. Alec et moi avons partagé pas mal de choses par le passé… Rien de plus. Pour ce qui est des poufiasses qui lui tournaient autour, je n'ai rien à dire là-dessus. Alec est tellement dans sa bulle qu'il ne se rend pas compte de ce genre de choses, je lui ai juste facilité la tache.
- Ne t'en fais pas. Je me remettrai de l'idée qu'il a des amis proches.
- Tu n'imagines peut-être pas à quel point. Avec le temps, tu t'en apercevras. Parce que c'est ce que nous devrons devenir aux yeux des autres. C'est ce qu'il attend de nous, en tout cas. Une certaine… complicité.
- Comme je m'en réjouis, répliquai-je avec sarcasme.
- Oh, mais tu y prendras goût, sois en certaine. Parle-moi de toi. Ta famille, tes amis… Si tu en as. Me demanda-t-il. Il semblait vraiment s'amuser de la situation.
- J'ai de rares amis, mais je sais pouvoir compter sur eux. Jake en est le meilleur exemple. Ma famille… je n'en ai pas » fis-je d'une voix fermée.
Je n'aimais pas parler de moi.
« J'ai cru pourtant comprendre que tu avais un frère. Cela suppose donc que tu aies des parents…
- J'ai un père, et une mère. Mon frère est ce qui se rapproche le plus d'une famille pour moi ; il est d'ailleurs à New York, nous allons avoir l'occasion de nous voir plus souvent. Et toi, des frères ? Sœurs ?
- Ça t'intéresse vraiment ? Me demanda-t-il avec un rictus.
- Bien sûr. Puisqu'on sera amis le temps des soirées que nous partagerons. »
Il me regarda un instant et son sourire s'accentua.
« Rosalie. De 11 mois mon aînée. Elle entre en internat pour être pédiatre à la rentrée. Ma mère travaille dans l'immobilier et mon père est médecin. Pour mes amis, j'ai plus d'amis filles, que garçons. Je n'aime pas trop avoir des rivaux dans mon cercle…
- Cool. T'as déjà un rival hors course, et pas des moindres, tu devrais être soulagé.
- Alec ? Je ne l'ai jamais considéré comme un rival. C'est plutôt moi qui le poussais vers les filles, avant. Il a fallu qu'une fille de Seattle lui mette le grappin dessus pour changer la donne. Qu'est-ce qui te plaît chez lui ? Je suis curieux de le savoir.
- Ses silences qui en disent plus long que n'importe quel mot, son caractère, la façon qu'il a de jouer de ses instruments, la liste est longue en fait. Je pourrais la conclure par ses prestations au pieu, après tout ça aussi, ça fait un couple.
- C'est ton premier ?
- Ça te regarde ?
- Ça veut dire oui. Tu dois être sa première aussi. Ce qui pourrait expliquer le fait qu'il te comble autant. Pas que je doute de ses prestations, comme tu le dis. Mais un jour, soit lui, soit toi en aura marre. Crois-moi…
- Hé bien ce jour-là, tu pourras te réjouir, car je suppose qu'on se séparera. Du moins si ce jour arrive. Ta vie sera bien triste si tu considères que tu ne peux la passer entière avec la même personne.
- Je suis juste réaliste. Désolé, je n'ai jamais cru à la « Princesse Charmante ». Dit-il, sarcastique.
- Eh bien continue à papillonner ; ça te regarde. De toutes façons, je suppose qu'il faut être franchement motivé pour te supporter quelques années d'affilée. Tu n'es peut-être pas assez bon au pieu pour conserver tes conquêtes, finalement.
- Ne parle pas de ce dont tu ignores, tu pourrais tomber de très haut.
- Ce n'était qu'hypothèses. Au final, cela m'importe peu. Bien. Et quel est ton plat préféré ?
- La cuisine japonaise, en règle générale. Pourquoi ? Tu as l'intention de m'empoisonner prochainement ?
- Nullement. Pourquoi tant de méfiance ? Je suis si innocente.
- Aux yeux des autres, peut-être. Pas aux miens.
- Ben voyons. Démasquée. La vérité, c'est que je ne saurais où cacher ton corps. Une couleur préférée ?
- Le blanc. » Dit-il en regardant rapidement mon débardeur.
Je sourcillai, mais le frisson indéfinissable qui venait de me traverser disparut rapidement.
« Intéressant, répondis-je pensivement.
- Je trouve aussi. Ça recoupe toutes les couleurs, si on y réfléchit bien. Comme la lumière. J'aime l'idée. Et toi ? Tu vas me dire le noir ?
- Non. Le noir n'est pas ma couleur favorite. Je préfère les couleurs chaudes.
- Intéressant. Répéta-t-il. Un auteur particulier ?
- Pas vraiment. J'ai quelques préférences pour certains, mais globalement j'aime varier.
- Mieux vaut-il mourir heureux sans avoir aimé ou mourir malheureux en ayant connu le grand amour, si toutefois il existe ?
- Personne ne peut répondre à ce genre de question, car personne ne peut vivre ces deux situations ; du moins dans une même vie, pour ceux qui croient à la réincarnation. Je répondrai simplement qu'il faut vivre sa vie et se laisser aller à ses sentiments sans avoir peur de souffrir un jour ; sinon, on ne vit pas.
- Aurais-tu pu vivre sans Alec ? Me demanda-t-il après une légère pause, comme s'il méditait mes paroles.
- J'ai vécu sans lui avant de le connaître. Si je ne l'avais pas rencontré, sans doute aurais-je vécu aussi. Peut-être avec une sensation de vide, qu'en sais-je ?
- Mais tu n'en es pas sûre. Ça en dit long sur la profondeur de tes sentiments pour lui, dans ce cas. Dit-il sur un ton moqueur.
- Tu considères les choses ainsi parce que tu ne crois pas au grand Amour. Moi, je dis simplement que sans lui, je n'aurais pas été complète. Au final, j'ai l'impression que ça te rend amer de t'imaginer qu'il puisse être heureux en restant des années avec la même personne. Serait-ce parce que c'est un point que vous n'avez pas en commun ?
- Qui te dit que je ne crois pas en l'amour véritable ? Parce que je t'ai révélé ne pas croire en la « Princesse Charmante » ? Je suis réaliste, voilà tout. J'espère bien aimer un jour suffisamment fort pour me dire « C'est avec elle que je mourrai. » Il croit aussi en ces choses-là. La seule différence, c'est que je suis plus terre à terre et beaucoup moins naïf. Il ne voit que ce qu'il y a dans sa bulle et un jour, ça lui portera préjudice. Et dis-toi que s'il ne t'a pas présentée à moi pendant quatre foutues années, c'est parce que tu ne fais pas vraiment partie de cet univers-là.
- Bien, répliquai-je, blessée. Il va sans dire que j'espère que tu te trompes ; mais au moins, si tu as raison, tu auras le plaisir de me voir disparaître de sa vie, et par conséquent de la tienne !
- Un autre point sur lequel je ne peux que t'approuver. Hiver ou été ? Me demanda-t-il après une nouvelle pause.
- Automne.
- Pourquoi ?
- Le vent, les couleurs chaudes. Les fruits secs. Les premières pluies qui soignent la terre après la sécheresse de l'été. Et toi ? Le printemps ?
- Touché. » Fit-il avec un léger sourire.
Je ne pus m'empêcher de sourire en retour, sans quitter la route des yeux.
« Quelle surprise. Ton animal préféré ?
- Le puma.
- Jane est alors un bon choix. »
J'avisai le panneau annonçant l'entrée de Washington D.C., soulagée. Encore à peu près un quart d'heure de route. Peut-être un peu plus, en fait, à cause de l'intense circulation de fin de matinée.
« Elle est sauvage et insaisissable, c'est vrai. Un pays ?
- L'Australie.
- Alors que tu préfères l'automne ? Un peu contradictoire, non ?
- Et c'est bien là tout mon malheur. Que choisir entre le pays que j'aimerais visiter dans ses moindres recoins et ma saison préférée ? Oh, je sais. L'Australie pour les vacances de Printemps et d'été, tout simplement, raillai-je.
- Susceptible…
- J'ai un caractère de merde. Alec ne te l'a pas dit ? Oh, ben non, puisqu'il n'avait pas jugé utile de te parler de moi… Oups !
- Évidemment, vu que tu n'appartiens pas vraiment à sa bulle. » Siffla-t-il entre ses dents. « Chez un garçon, les yeux ou les mains ?
- Les mains. Et le regard, plus que les yeux.
- Qu'est-ce que tu aimes dans le regard ?
- Son intensité. La manière dont il peut être le reflet de l'âme.
- Encore faut-il en avoir une ou laisser voir à l'autre cette chose invisible de soi.
- Tout le monde a une âme. Et ne pas la laisser voir peut-être plus révélateur que la laisser apparaître, parfois.
- Je n'aime pas que les autres voient la mienne. C'est trop personnel. Votre plus beau souvenir ?
- La façon dont on a célébré ma dernière nuit avant mon emménagement chez lui, peut-être. J'ai trop de bons souvenirs avec lui pour pouvoir en choisir un.
- Il a changé de position ?
- Comme si nous n'en avions fait qu'une ! Oh, j'oubliais ma rencontre avec son meilleur ami, raillai-je. Ça pourrait presque être un bon souvenir. Si seulement cet ami n'était qu'un souvenir.
- Souvenir bien réel vu que tu discutes avec lui depuis quelques heures. Mais tu me déçois…
- Ainsi pour te plaire il faudrait que je sois prévisible ? Quelle conception… non, en fait, pas du tout intéressante. Ennuyeuse à mourir.
- Non. Pour me plaire, il faudrait que tu sois imprévisible comme tu l'as été jusqu'à présent.
- Quel dommage ! Moi qui tenais tant à te plaire. Zut alors. Heureusement qu'on pourra toujours faire semblant.
- Ça sera notre petit secret…
- Comme c'est mignon ! Oh, quelle tristesse. Nous voilà déjà arrivés » fis-je en me garant.
Edward me fit un sourire appuyé, et je descendis.
Alec était déjà là, à côté de sa voiture, refermant le coffre où il avait chargé mes valises et un carton.
« Vous voilà enfin, ma chérie, fit-il en venant m'embrasser. Ça s'est bien passé ? »
Je me retournai alors qu'il m'entourait de ses bras.
« Merveilleusement bien, fis-je en lançant un long regard à Edward. Ton ami est charmant, en fait. Et je crois qu'il ne t'en veut plus du tout de ton petit secret. Il a même sa propre explication pour expliquer ton silence. N'est-ce pas… Eddie ? »
Je vis légèrement ses mâchoires se contracter et un éclair fugace passer dans ses yeux, puis il nous sourit et s'avança vers moi pour passer un léger bras autour de ma taille, me faisant me raidir.
« Elle est spéciale en fait, tu avais raison. » Dit-il avant de m'embrasser rapidement sur la joue et de s'éloigner vers Jane.
« Euh… bon, ben… je suis heureux que vous arriviez à vous entendre, fit Alec, hésitant.
- Comment pourrait-on ne pas aimer ma Bella ! » Fit la voix de Jake, qui se précipita vers moi pour m'arracher des bras d'Alec et me serrer dans les siens.
Je me dégageai, un peu rouge en pensant au fait que non, Edward ne m'appréciait pas le moins du monde.
« Et voilà, Mimi-Siku est de retour, siffla Jane.
_ Mais bon sang mais c'est bien sûr ! C'est à Maïtika que tu me faisais penser toi ! Ravi de voir qu'on a les mêmes références. » répliqua mon meilleur ami.
Les yeux de Jane s'enflammèrent ; ç'aurait été moi qu'elle aurait regardé ainsi, j'aurais déguerpi sans demander mon reste. Je repris la main d'Alec.
« Ils s'engueulent depuis combien de temps ?
- Le début du voyage. »
Je ris.
« Bon, déménageons mes dernières affaires et allons manger alors. Il y a un excellent japonais pas très loin d'ici, fis-je en lançant un regard railleur à Edward. Je ne me suis jamais empoisonnée chez lui.
- Allons, Izzie… Ne choisis pas le restau en fonction de mes goûts à moi. C'est une cuisine spéciale que peu de gens apprécient. Répondit-il sans se départir de son sourire, Jane dans ses bras.
- Qui n'aime pas ? Demandai-je à la ronde sans le quitter des yeux.
- Euh, japo, c'est pas ceux qui bouffent des trucs de riz avec du poisson autour ? Demanda Demetri.
- Des makis, répondis-je avec un sourire. Ils ne mangent pas que ça, tu sais.
- Pas grave. J'ai bien envie d'essayer quand même.
- Non, soyons pas méchants avec Jake, fit Jane en lui lançant un regard, les yeux plissés. Ils ne doivent pas vendre de racines et autres trucs primaires, là-dedans.
- Mais ils doivent vendre du chat. Je sais que tu as toujours rêvé d'en manger, alors je me sacrifie pour toi. » répondit mon meilleur ami.
Je fermai les yeux, soupirai et secouai la tête. Puis, sans un mot, récupérai les clés de mon appart dans la poche du jean d'Alec, et me dirigeai vers l'entrée de mon immeuble.
Allez. La journée n'était pas encore finie…
EDWARD
Je la regardai s'éloigner vers l'entrée de son immeuble, alors que les autres tranchaient pour savoir où on allait manger.
Après avoir rapidement embrassé Jane dans le cou, je me dirigeai à mon tour vers l'entrée quand Alec m'arrêta :
« Alors c'est vrai ? Ça s'est bien passé ? »
Je me figeai un moment, le temps de me composer un sourire potable et un air tranquille, puis me retournai vers lui.
« Ouais… Izzie est… cool. »
Il m'observa un instant en fronçant des sourcils. Il ne me croyait pas, ça se voyait.
« Elle a horreur qu'on l'appelle comme ça. Et tu as horreur qu'on t'appelle « Eddie ».
_ On se taquine. C'est de bonne guerre. Répliquai-je après une pause.
_ Vous avez parlé de quoi ?
_ De tout. Couleur, saison, auteur, animaux…
_ Hmm… Ok. Tu veux bien aller l'aider ? Qu'il y ait quelqu'un qui surveille ces deux-là. Appartement 16 B au troisième. » Me dit-il en pointant du pouce Jane et Jacob qui étaient en train de s'engueuler sous les sourires de Jasper et Demetri.
J'acquiesçai d'un signe de tête et me dirigeai au pas de course vers l'entrée de l'immeuble. Je grimpai rapidement les marches de l'escalier et arrivai au moment où elle tentait de fermer la porte à clés, un assez gros carton en équilibre précaire sur son genou.
J'eus un rictus et allai m'appuyer nonchalamment contre le mur juste à côté d'elle, les mains dans les poches. Le carton glissa un peu et elle pesta en me jetant un regard en biais.
« Besoin d'aide ? Lui demandai-je sans bouger d'un pouce.
_ Non, merci, » fit-elle en posant le carton au sol pour fermer son appartement à clef.
Sans un regard de plus, elle se baissa pour reprendre son carton, dévoilant un peu sa chute de rein. Je la contemplai un instant et elle se renfrogna en rougissant lorsqu'elle surprit mon regard.
Elle se dirigea vers l'escalier, ouvrit la porte avec son pied et s'y engagea.
« T'avises pas de me faire un croche-pied. » Fit-elle en me lançant un regard noir.
Un rictus apparut sur mes lèvres, et nous nous engageâmes en silence dans l'escalier. Arrivés dans le hall, je lui arrachai son carton des mains, et ouvris grand la porte en riant :
« T'es vraiment trop drôle quand tu t'y mets, Izzie ! »
Avant de me diriger vers les autres et de poser le carton dans la remorque de la camionnette.
Jane la regarda un instant, reporta son attention sur moi en plissant des yeux, puis elle s'avança vers moi, alors qu' Alec enlaçait sa copine et l'embrassait sur le front.
« Tu joues encore ? Me souffla Jane en plantant son regard dans le mien.
_ Pourquoi tu dis ça ?
_ Vu le regard qu'elle te lance, je doute que vous soyez en osmose, tu vois… »
Je souris, pris son visage en coupe et appuyai longuement mes lèvres sur les siennes.
« Elle m'intéresse. » Lui dis-je en me détachant d'elle, avec l'ombre d'un sourire.
Elle leva un sourcil sceptique et étonné.
« Elle est spéciale. Elle me plaît beaucoup. Je prendrai un réel plaisir à faire d'elle ma bête noire. Rajoutai-je, mon sourire s'accentuant.
_ T'es dingue.
_ Ça, c'est à force de te fréquenter, mon amour.
_ Tu perdras. Elle sera loin de se laisser faire, et à mon avis, tu as dû t'en rendre compte.
_ Oh, mais c'est bien pour ça. Ça serait trop facile sinon.
_ Elle va te haïr. Et il finira par en faire de même.
_ Non. Parce qu'elle n'est pas faite pour lui. Et tu le sais…
_ Comment tu peux dire ça…
_ Un seul nom : Tanya Denali. »
Jane se renfrogna.
Nous connaissions Tanya depuis que nous étions tout petits. Ça n'avait jamais été le grand amour entre elles, parce que Tanya était le genre de fille qui sait d'où elle vient et par conséquent, ce qu'elle vaut. Elles avaient toujours été plus ou moins rivales sans pour autant se détester. Du moins pour Tanya. Et ce, à cause d'Alec. Car lui, il l'avait toujours apprécié pour son goût pour la musique, sa voix grave et envoûtante lorsqu'elle chantait, son côté un peu junkie chic.
« Tu t'égares. Marmonna-t-elle en détournant son regard.
_ Il a toujours été fasciné par elle, ne le nie pas. C'est même à cause de ça que tu ne l'apprécies pas. Elle te vole un peu la place que tu as dans le cœur de ton frère.
_ Non. Je ne l'aime pas parce qu'elle dépense l'argent de Papa à tout va, qu'elle se drogue à l'occasion et qu'elle a tendance à se taper tout ce qui passe, fille ou garçon. Elle pourrait avoir un certain talent, mais elle le gâche. Et puis, ça fait longtemps qu'Alec ne l'a pas vue.
_ Elle est amoureuse de lui.
_ Elle est amoureuse de beaucoup de monde. Elle est amoureuse parce qu'il lui a toujours résisté et que ça lui fout les boules.
_ Tu sais très bien que c'est faux…
_ J'ai pas trop envie de parler de ça, Edward ! Et puis tu t'éloignes de notre sujet de conversation… Qu'est-ce que tu prépares à Bella ? Ce n'est pas Jess ! Tu vas la détruire si tu parviens à tes fins…
_ Tiens donc. Je croyais qu'elle était plus forte qu'elle en avait l'air.
_ Dure sera la chute, par conséquent. »
J'eus un sourire étrange. Presque triste et très amer.
« Tu remercieras ton frère. » Lui soufflai-je avant de me retourner vers les autres.
Je m'avançai et croisai le regard noir de Bella. Ouh… Le chaton sortait les griffes… J'aimais ça.
J'avais aimé discuter avec elle sur le trajet. Même si elle me sortait par les yeux, par moments. Elle avait de la répartie et c'était une chose que j'appréciais chez une fille. Indéniablement. C'était une fille comme ça que j'aimerais rencontrer un jour. Même vivacité d'esprit, même lueur dans le regard… Même chute de rein.
« On va chercher les affaires de Jacob. Me dit Alec au bout d'un moment.
_ Ok.
_ Et il va emménager où ? Pas envie de faire un détour au Bronx pour déposer Monsieur et son bordel. Fit Jane, peu amène.
_ Ben, en fait, j'avais pensé qu'il pouvait aller chez Edward, vu qu'il a une chambre de libre, depuis le départ de Rose. » Répondit son frère.
Je haussai les sourcils, assez étonné, puis me tournai vers Jane qui regardait l'Indien des éclairs pleins les yeux, plus livide que d'habitude. Ce qui me fit accepter aussitôt.
« Ok. Pas de problème. » Répondis-je avec l'ombre d'un sourire.
Ça allait être la fête à la maison.
Jane et Bella me jetèrent un regard noir.
« C'est vrai ? Me demanda Jacob, visiblement très soulagé.
_ Ouais. J'en avais marre de vivre tout seul, de toutes façons, j'allais passer une annonce pour trouver un coloc'. Je ne vais pas te laisser dormir sur le canapé de notre heureux couple, pas que leurs bruits doivent vraiment te déranger… »
Alec se gratta la gorge, mal à l'aise et les mâchoires de Bella se contractèrent un peu plus.
« Tu parles. Ils ont foutu le bordel, cette nuit, répliqua Jake en regardant sa meilleure amie, la faisant virer à l'écarlate.
_ Une fille simule très bien, paraît-il. Dis-je avec un rictus.
_ Tu mets en doute les compétences de ton meilleur pote ? Rigola l'Indien.
_ Non, je taquine juste Izzie. Elle sait que j'adore ça…
_ Et Dieu sait qu'il doit s'y connaître, en filles qui simulent le plaisir, répondit Bella à Jacob en tenant mon regard.
_ C'est une proposition ? Lui soufflai-je en plantant mon regard dans le sien.
_ Bon, allez chercher le bordel de l'autre abruti, j'ai faim ! Trancha Jane en me poussant en avant.
_ M'oblige pas à t'en coller une devant les autres. » Fit Bella en se rapprochant de moi avant de bifurquer pour s'installer dans sa camionnette.
J'eus un sourire carnassier et la regardai chercher une fréquence radio, quand Jane me repoussa en avant.
« Ils t'attendent. » Me siffla-t-elle en me montrant le bas de l'immeuble où Jasper et Demetri regardaient dans notre direction.
Presque à contre cœur, je m'éloignai vers les autres.
« Alors, pas trop énervé contre Alec ? » Me demanda Jasper en montant les escaliers.
Je me tournai vers lui en haussant un sourcil. Il avait l'air au courant depuis plus longtemps que moi au sujet des amours cachées de mon meilleur ami.
« Tu savais ? Lui demandai-je à mon tour.
_ Je l'ai su par hasard, en fait. Je les ai croisés dans la rue il y a quelques mois. J'étais venu pour acheter ma dernière gratte. »
Je me retournai et me renfrognai.
Génial… J'étais le con de la farce et personne n'avait jugé bon de me tenir au courant.
« Et qu'est-ce que tu en penses ? Grognai-je.
_ Elle est cool.
_ Elle est jolie, en plus. » Renchérit Demetri lorsque nous arrivâmes au troisième étage.
J'eus un rire sans joie et les suivis dans l'appartement 18 A où Alec et Jacob finissaient de scotcher les cartons.
« On va mettre les plus gros dans la remorque de Bella et prendre les deux sacs de sport dans ma voiture, ça devrait passer, je pense. » Nous dit mon meilleur ami en observant les cartons autour de lui.
Nous en prîmes chacun un et redescendirent dans la cour de l'immeuble. Jane et Bella étaient en pleine discussion et me jetèrent un vague regard lorsque je posai le carton que je tenais dans la remorque. Je m'avançai vers elles, curieux de savoir ce qu'elles complotaient quand Demetri m'interpella :
« Hey, Cullen ! Y a encore un voyage à faire ! »
Je soupirai alors que Bella me jetait cette fois un regard noir auquel je lui fis mon plus beau sourire… faux et me redirigeai vers l'immeuble.
Quelques minutes plus tard, Jacob referma d'un bruit sec la remorque et s'appuya contre alors que les filles redescendaient de la camionnette.
« Bouffe ! Fit Demetri en s'appuyant à côté de l'Indien, légèrement essoufflé.
_ J'acquiesce. Répondit Alec en prenant Bella dans ses bras.
_ On s'est décidés pour l'Italien. Terrain neutre. En plus, ils ont beaucoup d'herbes… Dit Jane en regardant Jacob du coin de l'œil.
_ Allons-y à pieds. C'est au coin de la rue. Répliqua Bella.
_ Oh non ! Sa Majesté va devoir marcher ! Railla Jacob.
_ Eh bien, Edward se fera un plaisir de la porter. Il a l'air d'avoir l'habitude d'être monté, fit Bella. Quoique l'effort n'a pas l'air d'être son trip. »
Demetri éclata de rire alors que Jasper se retenait à grand peine de faire de même.
« Ça va être passionnel entre ces deux-là. Répondit Demetri, sous le regard noir d'Alec.
_ Hey ! Pas dans ce sens-là, mec. Quoi que, si un jour ça arrive…
_ Merci Dem. » Le coupa Jasper.
Je jetai un regard noir à Bella, lui signifiant que je n'en resterai pas là, et elle m'en rendit un impassible avec l'ombre d'un sourire sur les lèvres.
Elle était contente d'elle, la garce.
Nous arrivâmes rapidement au restaurant où un homme d'une quarantaine d'années nous sauta littéralement dessus en souriant à l'heureux couple qui apparemment, venait régulièrement là. Il nous installa à une table de huit, derrière un paravent.
« C'est le restaurant préféré de Bella. Nous dit Alec.
_ Ça ne m'étonne pas. Répliquai-je en regardant l'ambiance méditerranéenne.
_ Ma nature prévisible… fit-elle simplement en ouvrant le menu.
_ Vous nous conseillez quoi ? Demanda Jane en regardant la carte.
_ Oh, zut ! Y a pas de chat ! Fit Jacob en faisant de même.
_ Oh, zut ! Y a pas de ciguë ! » Enchaîna mon amie.
Alec souffla alors que Demetri éclatait de rire.
« Vous pouvez pas vous la fermer durant le repas, non ? Leur demanda mon meilleur ami.
_ Impossible. Ris-je.
_ Ils font des plats à emporter. Vous voulez pas en prendre deux et aller manger dans un parc, ou même ma camionnette si il faut ! Fit Bella en regardant Jacob et Jane tour à tour.
_ Je vote pour la camionnette. Marmonna Alec.
_ Idem. Dit Jasper avec un sourire.
_ Ouais ! Allez danser un peu à l'horizontale, ça vous fera du bien et on pourra bouffer en paix. » Enchaîna Demetri en regardant sa carte.
Jane allait répliquer quand le serveur arriva pour prendre nos commandes.
« Vous avez quoi comme herbes comestibles ? Demanda Jane.
_ Vous avez du sang frais ? » Questionna Jacob au même moment.
Bella se prit la tête dans ses mains alors que Demetri et Jasper éclataient de rire.
« Bella… File-leur tes clefs de voiture. » Soufflai-je, exaspéré.
Elle sortit un trousseau de sa poche, les tendit à Jane. Qui la fusilla du regard sans le saisir.
« Ok. Ben moi, j'ai bien envie d'aller pique-niquer. Tu viens avec moi, Alec ? Fit-elle.
_ On y va tous. Sauf, vous deux. Dit Alec en regardant lourdement sa sœur et Jacob.
_ Vous n'allez pas me laisser avec cet abruti ! S'écria Jane en nous voyant nous lever avec Jasper et Demetri.
_ Vous avez des choses à régler, et ça fait trois ans que ça traîne. Répliqua sèchement son frère.
_ Je ne me mêle pas de tes affaires avec Tanya, alors tu te la fermes. » Siffla-t-elle en le fusillant du regard.
Un silence de mort tomba sur la table alors que nous nous relaissions tomber sur nos chaises.
Alec pâlit à vue d'œil alors que Bella le regardait avec les sourcils froncés. Demetri lança à Jane un regard lourd de reproche tandis que Jasper se grattait nerveusement l'arrière de la tête.
« Jane… T'aurais pu te retenir sur ce coup. Soufflai-je à mon amie.
_ Euh… Il y a un problème ? Demanda timidement Bella.
_ Je prendrais bien une quatre fromages avec peperoni. Fit alors Demetri.
_ Calleloni avec supplément de sauce tomate. Dit Jasper en regardant rapidement la carte.
_ Deux Napolitaines, deux quatre saisons et les tagliatelles sauce piquante. » Enchaînai-je en disant les premiers trucs qui me passèrent par la tête.
Le serveur s'éloigna rapidement sans nous demander nos boissons, puis le silence retomba sur notre table. Jane n'en démordait pas et Alec était toujours plongé dans son mutisme.
Bella se recula dans sa chaise.
« Mouais. On verra plus tard. Il faut que j'aille aux toilettes », fit-elle en se levant.
Jane en profita pour faire de même, puis Alec me jeta un regard plein de morgue.
« Je peux savoir pourquoi ma sœur m'évoque tout à coup une fille qu'elle ne peut pas voir et que je n'ai pas vue depuis des mois ? Me demanda-t-il.
_ On a parlé de Bella. On a donc mentionné Tanya dans la foulée. Répliquai-je d'un ton le plus neutre possible.
_ Je ne vois pas le rapport. Je ne suis jamais sorti avec Tanya.
_ Non, mais tu as voulu.
_ Edward… Ne t'aventures pas sur ce chemin. Me souffla Jasper.
_ Il faut qu'il se rende compte des choses ! Tu m'as caché ta copine parce que t'avais peur que Tanya finisse par être au courant ?
_ Je ne vois pas le rapport. Répéta-t-il, de plus en plus fermé.
_ T'es fasciné par cette fille depuis des années. Insistai-je, les yeux fixés sur mon meilleur ami.
_ C'est une droguée.
_ Et alors ? Ta copine est une chieuse de première, c'est pas pour autant que tu la dénigres, au contraire. »
Demetri laissa échapper un rire.
« Je croyais que tu l'appréciais. Siffla Alec en me regardant de travers.
_ Ça n'empêche pas que je vois ses défauts.
_ Je ne te permets pas de mentionner Tanya et moi dans mon dos.
_ Excuse-moi. » Raillai-je.
A ce moment-là, Bella et Jane revinrent.
Cette première observa Alec avant de lui prendre doucement la main et de la frictionner.
Je jetai un regard à Jane qui me fit les gros yeux, me signifiant d'en rester là.
« Comment fait-on pour le retour ? » Finis-je par demander sur un ton un peu lourd.
Bella haussa les épaules.
« Mimi - Siku va monter avec Bella. Fit Jane.
_ Ok. » Répondit ce dernier sans relever.
Le silence retomba et le serveur nous apporta les plats et nous mangeâmes en silence.
Où étaient Rose et Lili quand on avait besoin d'elles ?…
BELLA
Je ne me sentis soulagée qu'une fois que nous sortîmes du restaurant.
La pique que Jane avait lancée à son frère m'avait mise mal à l'aise ; puis elle était venue me voir alors que je me passais de l'eau sur le visage.
« C'est rien, tu sais. Tanya Denali… C'est qu'une garce dont mon frère s'est plus ou moins entiché à une époque. Je n'ai pas pu m'empêcher de lui ressortir. Une de ses erreurs de jeunesse. »
Quelque part, ça m'avait rassérénée. Je ne m'étonnais pas trop qu'Alec ne m'en ait pas parlé. Il était assez secret ; il avait bien caché mon existence à son meilleur pote.
C'était le pote en question le problème. La pique de Jane m'avait ébranlée, et dès que nous étions revenues des toilettes, il n'avait cessé de me lancer des regards. J'étais franchement gênée.
Maintenant que nous étions sortis, il n'était plus dans mon champ de vision et je pouvais respirer.
J'enlaçai amicalement la taille de Jake.
« Hey, Jake ? Je n'ai pas encore envie de rentrer. Ça te dirait qu'on aille refaire un tour dans notre parc ? Lui demandai-je.
_ Toujours partant, répondit-il avec un grand sourire. Mais mets de la crème solaire, t'es déjà en train de tourner écrevisse. »
Je soupirai, fouillai dans mon sac à la recherche de mon tube et le lui montrai.
« Je vais m'en mettre. Mais on laisse partir les autres peut-être. »
Je me dirigeai vers Alec, l'embrassai.
« Je te rejoins ce soir. Conduis pas trop rapidement ! »
Il rit, et me prit dans ses bras pour m'embrasser dans le cou.
« Eh bien toi, ne sois pas trop longue. »
Je lui tirai la langue, et me dégageai de lui alors que les autres se rapprochaient de sa berline.
Je les saluai de loin.
« Merci pour votre aide ! C'était sympa. On se voit bientôt je suppose ?
_ Évidemment, fit Demetri. Tu nous dois un repas pour la sueur dépensée !
_ J'y penserai, ris-je.
_ Ben à bientôt alors ! Lança Jasper.
_ À bientôt ! » fis-je en retour en commençant à me tartiner de crème solaire.
Ils montèrent en voiture, et Alec démarra après un petit signe de la main.
Jake se tourna vers moi.
« L'heure est à la nostalgie ?
_ L'heure est à la nostalgie. Répondis-je dans un soupir.
_ Viens là », fit-il en passant affectueusement un bras autour de mes épaules.
Je me blottis contre lui, même s'il était bouillant et que je souffrais déjà de la canicule. J'avais toujours aimé ces instants avec lui.
Une page de mon histoire se tournait. J'avouais que je ne savais pas si j'étais capable de vivre avec un gars. De passer mon temps avec ; cette expérience allait être inédite.
Mais si je n'y arrivais pas avec Alec, sans doute n'y arriverais-je jamais avec personne…
