Bonjour tout le monde !
Dans la mesure où nous avons eu pas mal de reviews, et puis comme la semaine dernière j'ai posté en retard suite à quelques journées mouvementées, j'ai décidé de satisfaire la demande de l'une d'entre vous (salut shachou... Mdr) et de poster avec un jour d'avance ! Alors... heureux(ses) ?
Nous vous remercions tous pour toutes vos reviews, ça fait toujours plaisir en plus d'en avoir des nouvelles ! Et je (Effexor) vous remercie pour le soutien que vous apportez à Bella. Vilain Edward. Il serait temps de lui donner quelques sueurs froides nan ? ;)
Je vais pas vous tenir la jambe plus longtemps. Voici un nouveau chapitre des aventures de notre bande d'amis ! Bonne lecture et bon début de week-end !
P.S : Merci pour ta review constructive, PiXeLL... Tu m'as bien fait rire !
Et pour répondre à une review anonyme (littéralement), si Jake ne réagit pas vraiment quand Bella dévoile le plan d'Edward, c'est qu'il a 1) Un problème plus urgent à régler, à savoir ramener Bella et non pas la rendre à Tyler, 2) il sait qu'elle ne le fera pas... Il décide d'éviter le sujet ; mais une chose est sûre : heureusement qu'Emmett n'était pas présent... ;)
On se retrouve à la fin !
EDWARD
Vous êtes-vous déjà rendu lors d'une soirée banale avec vos amis chez votre sœur - qui est tout sauf banale - pour passer un bon moment banal et que cette soirée s'était transformée en quelque chose de complètement délirant et inattendu ? Êtes-vous déjà rentré chez vous après cette soirée en vous disant « Putain, mais qu'est-ce qui s'est passé ? » Parce que c'est exactement ce qui m'est arrivé ce soir-là.
oOo
Je devenais trop gentil.
Il n'y avait que ça comme explication.
Sinon comment j'aurais pu me laisser convaincre par ma sœur de faire une soirée Disney trois jours après notre soirée « Rallumage du feu de Jane pour envoyer cœurs en fumée à mon colocataire » ? Et le pire, avec Miss Garce qui était devenue MSG : Miss Sexy Garce . La soie et les décolletés plongeants sur cette fille devaient être interdits par la loi… pour le bien hormonal de la gente masculine.
Pourquoi Tanya avait-elle appelé Jacob « Kokuum » ? Et pourquoi Jasper avait montré une curiosité soudaine pour Walt Disney ?
Je montai les marches du perron qui menaient chez MSG. Parce que Rose avait absolument tenu à ce que j'aille la chercher, vu que c'était sur mon chemin. Oui, c'est vrai qu'en faisant un détour de deux kilomètres, on pouvait y mettre beaucoup de choses sur mon chemin.
Je regardai en grognant la tête du Prince Éric de la Petite Sirène que je portais sur mon t-shirt et remontai d'un coup sec la fermeture Éclair de ma veste à capuche. Encore une idée de Lili qui nous avait fait parvenir des t-shirts à l'effigie des princes de Disney alors que les filles avaient apparemment eu droit aux princesses.
Inspirant profondément, je sonnai et attendis quelques secondes. Tyler m'ouvrit et me regarda en haussant ses sourcils.
« Cullen. Que nous vaut ta visite ? Me demanda-t-il en s'appuyant contre l'embrasure de la porte.
_ Je viens chercher Izzie. Marmonnai-je.
_ Hein ?
_ Bella ! »
J'entendis du mouvement derrière lui et la vis apparaître en boutonnant sa veste en laine sur l'effigie de la Belle.
Tyler se retourna et lui lança une œillade suggestive.
« Tu veux que mon genoux refasse connaissance avec ton service trois pièces ? » Siffla-t-elle lorsqu'elle passa à côté de lui.
Je la regardai, étonné, alors que le sourire du métis se figeait un petit peu.
« On y va ? » Marmonna-t-elle à mon encontre sans me regarder.
Je m'écartai pour la laisser descendre les marches et l'entendis marmonner sur les idées stupides de Lili.
Nous nous mîmes en marche en silence.
J'hésitai à lui faire la conversation. Je savais qu'elle avait vu Alec la veille - il me l'avait dit un peu plus tôt dans l'après-midi - mais je ne savais pas trop comment ça s'était passé. Je ne savais même pas pourquoi je voulais savoir ; simple question de curiosité, sans doute.
Au bout de quelques minutes cependant, je me tournai vers elle, tout en continuant à marcher. Elle avait l'air un peu renfrogné. Fixait le sol sans trop le voir.
« Alec va venir ? » Lui demandai-je d'un ton désinvolte.
Elle tourna un instant son regard vers moi et reporta son attention sur le pavé des rues.
« Il paraît. Marmonna-t-elle en haussant des épaules.
_ Ça se passe bien vous deux ?
_ Oui, ça va. On en vient à… »
Elle haussa les épaules, me jeta un regard à la dérobée.
« Tu n'es pas obligé de me faire la conversation, tu sais, dit-elle d'une voix douce. J'ai conscience que ça te pèse alors…
_ Tu vas me sortir encore cette histoire d'amour refoulé que j'aurais pour mon meilleur ami ? Grognai-je.
_ Non ! M'enfin, je me souviens très bien de ce que tu m'as dit la première fois qu'on s'est retrouvés seuls, on joue le jeu devant nos amis, mais après je te rappelle que t'es pas forcé de faire semblant !
_ C'est pour la bonne cause. Imagine qu'il y ait des micros dans nos… t-shirts. On serait grillés. » Répliquai-je avec un rictus.
Elle eut un sourire amusé.
« J'ai pas pensé à vérifier. Mais je vois pas pourquoi Alice aurait piégé nos tee-shirts à nous deux. Elle est déglinguée mais là… entre nous… »
J'eus moi-même un sourire et nous continuâmes à avancer en silence.
Je soupçonnais malgré tout le complot contre nous ingénument monté par Rose qui voulait qu'on se rapproche, elle et moi.
Était-ce pour Alec ? Parce qu'elle voulait que je m'entende avec la sœur de son mec ? Ou était-ce à cause de cette attirance qu'elle pensait que j'avais pour elle ?
Une attirance.
Est-ce qu'on pouvait vraiment parler de ça ?
Non, ce n'était pas ça. C'était autre chose. Je ne l'aimais pas. Je ne la détestais pas non plus. En fait, c'était plus profond que ça. C'était quelque chose entre la haine et l'amour, mais qui excluait l'amitié.
Nous arrivâmes en bas de chez ma sœur. Je sonnai à l'interphone et attendis un instant qu'elle nous autorise à pénétrer dans le hall.
« C'est qui ? Demanda la voix de Lili.
_ Bella et Edward. Grognai-je.
_ Connais pas. »
Puis elle raccrocha.
Je jetai un regard éberlué à Bella qui me lança une œillade étonnée quand je vis arriver au coin de la rue Baloo. Il portait encore son pantalon de pompier avec le Prince de Cendrillon, si j'avais bonne mémoire, en guise de t-shirt. Je me retins de ricaner. Ça avait toujours été le Disney préféré de ma sœur.
« Salut. Nous dit-il en embrassant sa sœur.
_ On a été refusé. Lui apprit-elle.
_ Ah ? »
Il s'avança ensuite vers la sonnette et appuya sur celle de Rose.
« C'est qui ? Chantonna à nouveau Alice.
_ Le Prince de Cendrillon. » Il ouvrit le zipper de ma veste puis déboutonna celle de sa sœur et se tourna à nouveau vers le haut-parleur. « Et euh, je crois que c'est le Prince Eric et la Belle qui m'accompagnent.
_ Entrée du château accordée. »
Nous nous regardâmes rapidement avec Bella, semblant nous poser la même question : Dans quoi était-on en train de nous embarquer ?
Nous pénétrâmes dans le hall, puis l'ascenseur.
« Je me suis fait charrier par tous mes collègues de travail et tous les gosses que j'ai vus en venant. Si j'étripe sa meilleure amie, Rose va m'en vouloir ? » Me demanda-t-il.
Bella se retint de rire alors que j'esquissais un nouveau sourire.
« Y a des chances. » Répondis-je.
Nous arrivâmes à l'étage et sortîmes de l'ascenseur pour nous diriger vers l'appartement de ma sœur où l'on entendit des chansons de Disney étouffées. Emmett frappa et Lili - ou plutôt Blanche Neige à en juger par son t-shirt - nous ouvrit avec un grand sourire. Nous entrâmes et je constatai l'ampleur des dégâts.
Jane boudait dans son t-shirt de Pocahontas avec deux traits rouges sur chaque joue, et trois plumes dans sa tresse indienne, Jasper - qui portait l'effigie du prince de Blanche Neige - s'amusait avec une mandoline, Demetri - ou plutôt Phoebus - discutait avec Jess - la Petite Sirène - et Vic - Esméralda -. Il manquait encore Kokuum. Ou John Smith. Et Alec. Qui devait sans doute incarner la Bête.
Cendrillon - ma sœur - sortit de la cuisine avec Blanche Neige, toutes les deux portant un plat chacune.
« Oh ! Mon Prince est arrivé ! »
Je me tournai vers Jess qui s'avança vers moi en me faisant un énorme sourire, les bras tendus. Elle se colla un peu à moi et me fit la bise. Je lui souris en retour et l'éloignai un peu de moi.
En première année et un peu au début de la seconde, on avait été proches tous les deux. Assez pour que je sorte plus ou moins avec elle. C'était une fille que j'appréciais aux limites du raisonnable. Elle était un peu trop envahissante à mon goût, c'était pour ça principalement que notre relation avait été avortée. Sans parler de la jalousie qui s'emparait d'elle dès qu'une fille m'approchait à moins de 3 mètres.
On était restés en bons termes, même si elle avait été peinée par ma décision. Elle avait tenté une ou deux fois de me reséduire, sans résultat. Je la voyais plus comme une amie, et avec le temps, je m'étais dit qu'il aurait mieux valu qu'il en reste ainsi depuis le début.
La sonnette retentit une nouvelle fois et Lili dansa jusqu'à la porte où elle décrocha le combiné.
« C'est qui ? » Chantonna-t-elle. « Entrée du château accordée. Enfin, du tipi. Troisième étage, quatrième porte, couloir de gauche sur ta gauche. »
Jacob était apparemment arrivé.
Je fis un nouveau sourire à Jess pour m'excuser et allai saluer les autres.
Jacob pénétra dans le salon quelques minutes plus tard et enleva sa veste pour révéler l'effigie de Kokuum.
« Pocahontas n'est pas amoureuse de lui. Dit ma sœur en fronçant les sourcils, les yeux fixés sur mon colocataire comme si on venait en partie de gâcher sa soirée .
_ Je lui ai envoyé les deux. Il a choisi tout seul. » Répondit Lili en haussant des épaules.
J'avais envie de lui répliquer que je n'étais pas amoureux de Jess, mais je me retins, ne voulant pas qu'elle me pose des questions sur ma vie sentimentale… déserte depuis pas mal de temps. Et je ne voulais pas non plus qu'elle mette MSG sur le tapis.
Je m'avançai vers ma meilleure amie qui regardait Jacob du coin de l'œil, lui-même était en train de se moquer de Baloo et Bella.
« Ugh ! » Lui dis-je en levant ma main droite.
Elle me lança un regard noir et reporta son attention sur mon colocataire.
« Moi beaucoup aimer maquillage facial à toi.
_ Toi beaucoup aimer main qui va encore une fois atterrir sur joue à toi si toi continuer à parler comme ça. » Siffla-t-elle.
J'éclatai de rire.
« Pourquoi tu ne vas pas le voir ?
_ … Parce que c'est pas mon genre. »
Je soupirai.
Je ne pouvais pas lui dire que les conseils que Bella lui avait donné quelques jours plus tôt étaient les bons - à savoir s'ouvrir à lui et lui montrer qu'elle n'était pas indifférente ; c'était un mec pas compliqué - sinon je me trahirais ainsi que Bella et on aurait droit à un triple meurtre dans la soirée : la copine de mon ex, assez rapidement parce qu'elle l'appréciait, Jacob, lentement et entrecoupé de baisers, et moi. Très, très lentement et très, très douloureusement.
Je me contentai donc de jouer les innocents, espérant chaque jour qu'elle se décide enfin à briser cette carapace qu'elle s'était forgée durant toutes ces années.
« Tu sais… L'amour, c'est pas forcément une chose mauvaise. » Finis-je par dire.
Elle eut un rire nerveux.
« Regarde ton frère et Izzie… ou ma sœur et Baloo… Enchaînai-je, un peu hésitant.
_ Oui, regarde Alec et Bella, Edward ! Regarde où ça les a menés de se donner corps et âme à quelqu'un ! Regarde mes parents ! »
Rose tourna la tête dans notre direction en fronçant les sourcils depuis la table du salon et je soupirai.
« Regarde les princesses de Disney ! Elles sont heureuses !
_ C'est sûr qu'en arrêtant sur « Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants » tu peux difficilement faire mieux comme fin ! Mais ce sont des contes de fées ! On te montre pas les premières disputes ! On te dit pas si le Prince ne va pas aller se taper une jolie petite fermière quand Cendrillon ne sera plus svelte, la peau lisse, les joues roses et qu'elle attendra leur quatrième enfant ! On ne dit pas que la Belle et la Bête divorceront au bout de trois années de mariage parce qu'ils se sont rendus compte qu'ils étaient incompatibles ! » S'énerva-t-elle.
Rose, Lili, Vic et Jess étaient toutes tournées vers nous à présent et paraissaient - sauf ma sœur - scandalisées voire choquées.
« Comment tu peux dire ça, Jane ? S'écria Lili d'une voix un peu aigue.
_ Désolée Blanche Neige. Mais les animaux de la forêt ne t'aideront jamais à faire le ménage chez toi. Railla ma meilleure amie.
_ Je te l'avais dit de ne pas lui mettre ces plumes dans les cheveux et de tracer ces traits sur ses joues. Souffla ma sœur.
_ Ça, merci, je le sais ! Mais c'est pas pour ça qu'on regarde les Disney ! C'est pour la magie et le rêve ! La beauté des dessins, des sentiments et de l'histoire ! On vit dans un monde si noir, tu permets qu'on s'évade comme on peut ? S'exclama Lili, les joues un peu rouges.
_ Il est intéressant votre débat, les filles. » Dit alors Jasper.
Jane le fusilla du regard alors que Lili se renfrognait en lançant une œillade noire à ma meilleure amie.
« Qu'est-ce qui se passe ? Demanda Demetri en arrivant de la cuisine.
_ Rien. » Souffla Jess.
La sonnette retentit et Lili se dirigea vers la porte après avoir lancé un dernier regard noir à Jane. Elle appuya sur le bouton et revint vers nous quelques secondes plus tard.
« C'est pas parce que t'arrives pas à t'engager qu'il faut que tu sapes le moral des autres qui en ont le courage ! » Rétorqua-t-elle en s'installant sur les genoux de Jasper.
Oh, oh… Ça sentait mauvais.
Ma sœur lança un regard lourd à sa meilleure amie alors que Jane s'était raidie sur le canapé.
« Ne parle pas de choses que tu ne connais pas, Alice, c'est un conseil ! Siffla Jane.
_ Ah ouais ? T'es amoureuse de lui - elle montra Jacob d'un signe du pouce - il l'est de toi, tout le monde le sait et vous êtes ensemble ? Non ! »
Un silence de plomb retomba et je me risquai à regarder vers Jacob qui avait bizarrement un visage impassible. MSG l'observait également du coin de l'œil.
On frappa à la porte et Jane se leva d'un bon avant que quelqu'un aie pu amorcer le moindre geste pour ouvrir à son frère.
Je devinai qu'elle l'avait emmené dans la cuisine, parce qu'ils ne réapparurent pas tout de suite.
« Bon… Après cette mise en bouche… On bouffe quoi ? » Demanda Demetri d'un ton jovial.
Rose se réveilla la première et retourna dans la cuisine suivie par Baloo et Bella.
Je croisai un instant le regard de Jacob et lui fis un signe indistinct dans leur direction.
Il ne bougea pas pendant quelques secondes puis tourna les talons.
Quelques minutes plus tard, j'entendis qu'on fermait une porte et ils réapparurent tous sauf lui et Jane.
Ma sœur proposa qu'on passe directement à table ; ce que nous fîmes. Nous venions de finir les hors d'œuvres quand la porte se rouvrit. Jake revint avec un léger sourire et alla dire quelque chose à Lili dans le creux de son oreille. Elle leva un sourcil, croisa le regard de ma sœur et finit par se lever.
Au bout de dix minutes, elles réapparurent en souriant, comme si de rien était.
Je les observai, curieux alors que Lili reprenait sa place entre Jasper et Baloo et que Jane s'asseyait à mes côtés non sans avoir regardé intensément mon colocataire avant.
…
Quelqu'un avait le scénar de la soirée, s'il vous plaît ?
BELLA
Après un repas qui s'était passé dans une ambiance plus détendue que l'arrivée de tout le monde - merci notamment Emmett et Demetri -, Lili, surexcitée, sauta partout en voulant absolument maquiller chacune des filles de manière à les faire ressembler à la princesse ornant leur tee-shirt.
Ayant flairé le piège, je restai avec les garçons au salon alors qu'elles étaient parties se repoudrer le nez.
Et quand Alice voulut venir me cacher, je me redressai et me cachai derrière Jasper.
« Bella ! Fais pas l'enfant, tout le monde est maquillé !
_ Ben quand je vois ta tête j'ai pas envie de faire comme tout le monde.
_ QUOI ?
_ Gloups…
_ Lili, fous-lui la paix, soupira Jazz.
_ Mais…
_ En échange, t'auras qu'à la prendre en photo, sourit Jake.
_ Traître. » sifflai-je. Je détestais les photos.
Il m'envoya un baiser soufflé, que je fis mine d'attraper et de me plaquer sur la joue en papillonnant des yeux.
« Bon, et si on commençait à regarder La petite Sirène ? Demanda Jess.
_ Oh, on le sait que c'est ton préféré, soupira Vic.
_ Quoi ? Il ressemble pas aux autres, celui-là, au moins.
_ T'as raison. » répliquai-je, blasée. « Un prince charmant, une très belle jeune fille, un amour impossible. Ça, c'était original.
_ Tu n'aimes pas les Disney ? Questionna Rose
_ Ah si… T'en fais pas pour ça.
_ Bon, va pour La petite Sirène, accepta Alice. De toutes façons, j'en ai des tonnes qu'on pourra visionner touuuuute la nuit.
_ Oh, joie, ris-je.
_ Hey, Belle, tu te tais et tu vas t'asseoir avec ton Prince. » répliqua-t-elle.
Cela eut le don de me calmer et de me faire rougir un peu, amenant le silence.
Réalisant sa bévue, Alice se frotta la tête et alla mettre le DVD dans le lecteur.
Nous nous répartîmes autour de la télé ; je me plaçai à côté d'Alec. Juste histoire de prouver - non, de faire croire - qu'il n'y avait pas de malaise.
Mais, arrivés au milieu du film, je sentis mes yeux se fermer tous seuls, et je m'appuyai sur son épaule.
Je sentis son bras se refermer autour de ma taille, et m'endormis.
Je me réveillai au son de voix autour de moi.
« Oh, allez, c'est la seule pas maquillée ! »
Voix d'Alice, reconnus-je.
« Je t'ai dit non, laisse-la dormir, répondit Alec en resserrant son bras autour de moi.
_ Pas obligé qu'elle se réveille !
_ T'approches pas, je mords. » fis-je sans ouvrir les yeux.
Je l'entendis sursauter et souris en finissant par la regarder.
« Tu m'as fait peur, je croyais que tu dormais encore ! »
Je ris.
« Merci pour ta protection. » fis-je à Alec.
Il me fit un clin d'œil en retour, alors que je me détachais de lui.
« Oh, on se fait un karaoké ? Enchaîna Rose.
_ Un karaoké ?
_ Sur les chansons de Disney ! Chaque couple chante un duo !
_ C'est hors de question, siffla Jane.
_ Vous voulez pas fumer le calumet de la paix, Pocahontas et Kokuum ? Fit Alice en levant les yeux au ciel.
_ Ou aller vous réconcilier sur l'oreiller, s'esclaffa Demetri.
_ Ouais ben pas sur les miens d'oreiller !
_ Et pas avec nous à côté, répliqua Emmett en fronçant le nez.
_ Oh, fais pas ta prude, rit Rose. Il y a du dossier sur toi.
_ Et encore, tu n'imagines pas tout à fait à quel point, enchaînai-je.
_ Bella… siffla Emmett, menaçant.
_ Ça, ça veut tout dire. » s'esclaffa Vic. « Allez, partagez, t'en as trop dit ou pas assez !
_ Bella, je te suggère la discrétion, parce que j'en connais quelques unes sur toi aussi. » fit Emmett.
Je jetai un coup d'œil à Edward et à Jake.
« Tu n'es pas le seul. » fis-je avec un petit sourire angélique. « Mais soit. Je serai une vraie tombe.
_ Vous êtes pas drôles ! Bouda Vic.
_ On t'empêche pas de parler de tes frasques, si tu tiens tant à aborder le sujet, lança Jess.
_ Coup bas, rit la rousse. Bon, on regarde quoi maintenant, puisque vous voulez pas étaler votre vie ?
_ Alors personne ne veut chanter ? Demanda Rose, déçue.
_ Mais si tu veux avec mon frère, tu peux, lançai-je. Alice, tu as le thème de Frère des ours ?
_ Ah ah, très drôle, Bells.
_ Non mais pour le coup, la Belle et la Bête ça peut le faire, s'esclaffa Demetri.
_ Ou Un jour mon Prince viendra, avec Emmett qui prend la partie chantée par Aurore normalement !
_ C'est un défi, Jake ? Lança Emmett en sourcillant.
_ Pourquoi, tu le relèverais ?
_ Me tente pas.
_ Non, les mecs ! Pas de ça ! Pensez à nos chastes oreilles, intervint Jane. On regarde un autre film. Pas de discussion possible.
_ Blanche-neige et les sept nains ! » Réclama Lili en frappant des mains.
Je grimaçai.
« Un problème ? Me murmura Alec à l'oreille.
_ Non, soufflai-je sur le même ton. Si ce n'est que je suis repartie pour m'endormir.
_ Pas que ça me gêne, sourit-il.
_ Moi, ça me gêne. » fis-je en me levant et en m'étirant.
Je me dirigeai vers la cuisine.
« Tu regardes pas avec nous ? Me demanda Rose alors que je sortais du salon.
_ Euh, si, je vais me servir un verre d'eau. »
J'allai dans la cuisine, et me servis effectivement un verre. Je m'appuyai contre l'évier, et le sirotai, essayant de sortir mon cerveau des limbes du sommeil.
Une silhouette apparut dans le coin de mon champ de vision, et je tournai la tête.
« Alec ? » M'étonnai-je.
Il me sourit en s'appuyant contre la table de la cuisine en face de moi.
« Je m'ennuyais.
_ Soirée Disney… les filles auraient pu vous dispenser de venir, souris-je.
_ Pas grave. Ça faisait plaisir à Lili.
_ Mais tu t'ennuies.
_ Parce que tu n'es plus dans le salon… avec moi. » lâcha-t-il.
L'ambiance était soudain devenue plus grave. Je serrai un peu mon verre, et bus une gorgée pour me donner contenance.
« Hmm.
_ Bella… » commença-t-il.
Il se stoppa, se mordit la lèvre.
Je le regardai.
« Tu me manques. »
Je déglutis.
Toi aussi.
« Ça ne fait pas si longtemps qu'on n'est plus ensemble. C'est pour ça.
_ Je doute pouvoir m'y habituer.
_ Et moi je crois que tu vas y arriver.
_ Parce que toi, t'as réussi ? »
Je fermai les yeux.
« Oui, mentis-je.
_ … Je pense que c'est la première fois que je te surprends à me mentir. Pas que je ne veuille pas te croire ; ça expliquerait beaucoup de choses, au contraire. Mais tu n'es pas convaincante. »
Je rouvris les yeux, mais détournai le regard.
« Plus ou moins, disons, rectifiai-je.
_ Comment ça ?
_ Je me suis faite à l'idée.
_ Quelle idée ? S'emporta-t-il. Celle que j'en aime une autre ? À t'écouter… On pourrait croire que je t'ai trompée !
_ Jamais je n'irais croire ça de toi ! Mais Alec… tu sais, tu me fais plus mal encore en niant que tu n'as pas de sentiments pour Tanya. » répondis-je en sentant les larmes me monter aux yeux.
Alec garda le silence quelques instants, un peu plus pâle.
« Donc, si je te suis, tu te sentirais mieux si je te disais que je l'aime. »
Je ne pus me résoudre à répondre. Acquiesçai en silence.
« Désolé. » lâcha-t-il sèchement. « Il est hors de question que j'accède à ta requête. »
Il se décolla de la table, et s'approcha de moi pour me prendre dans ses bras, et me serrer contre lui alors que j'essayais de le repousser.
« Et jamais je ne pourrai oublier ces quatre ans avec toi. Jamais je ne pourrai oublier à quel point je t'ai voulue. À quel point je t'aime. Jamais je ne pourrai oublier que tu es la première avec qui j'ai eu envie de me poser. »
Il s'écarta, me tenant toujours par les épaules.
« Nous deux, ça ne sera jamais fini. »
Il déposa un bref baiser sur mes lèvres, et sortit de la cuisine.
J'écoutai ses pas s'éloigner ; me mordis la lèvre violemment, et me cachai le visage dans les mains en sentant une larme rouler sur ma joue.
EDWARD
Je vis Alec sortir de la cuisine où il avait suivi son ex quelques minutes plus tôt alors que la guerre de « Quel Disney va être visionné ? » faisait encore rage dans le salon. Lili et Rose n'en démordaient pas tandis que Jasper tentait de trancher en proposant un Disney qui n'était pas représenté sur nos t-shirts. Et vu le regard noir que lui lancèrent ma sœur et sa meilleure amie, il allait tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de redire ce genre de trucs.
Sept.
Ça me rappela MSG le soir où elle était complètement bourrée et qu'elle avait dit qu'elle n'aimait pas ce chiffre parce qu'il portait malheur.
« On tire au sort ! Dîtes un chiffre ! Dit Baloo qui commençait à s'impatienter.
_ Sept. » Répondit une voix derrière moi.
Je me retournai pour la voir arriver. Elle n'avait pas l'air dans son assiette.
Je jetai un nouveau coup d'œil à mon meilleur ami qui fixait l'écran éteint en face de lui, sans ciller.
Qu'est-ce qui s'était encore passé entre ces deux-là ?
« T'aimes pas ce chiffre. Marmonna Baloo.
_ C'est bien pour ça. Répliqua-t-elle.
_ Frère des ours ! » S'exclama Jasper en sortant le DVD de la pile.
Ma sœur et Lili grognèrent : des fois, j'avais du mal à croire qu'elles étaient plus âgées que moi. Je les imaginais bien jouer encore à la poupée.
« Mais il est trop beau celui-là ! Fit Vic.
_ Oui, mais il est triste. Bouda Lili.
_ C'est vrai que quand les nains croient que Blanche Neige est morte, c'est à mourir de rire ! Railla Jane.
_ On le met, c'est le sort qui a décidé. » Répliqua rapidement Jasper avant que Lili n'aie eu le temps d'ouvrir la bouche.
Bella alla s'asseoir entre les jambes de Jacob et se cala contre lui, l'air déconnecté.
Je lançai un nouveau regard à Alec et décidai de me décaler de telle sorte à ce que je sois assis à ses côtés.
« Hey… » Soufflai-je.
Il tourna lentement la tête vers moi et essaya d'esquisser un sourire.
« Hey… Souffla-t-il à son tour.
_ Tu boudes parce qu'on passe pas la Belle et la Bête ? »
Il sourit vraiment cette fois et me donna un coup de poing dans l'épaule. Puis il lança une œillade à son ex et se détourna à nouveau vers l'écran.
« Elle veut plus de moi. » Chuchota-t-il.
Je déglutis et regardai à mon tour vers elle.
« Pourquoi tu dis ça ? Lui demandai-je après un moment de silence.
_ Elle m'a dit qu'elle allait mieux. Qu'elle souffrait moins.
_ C'est une bonne chose… »
Il eut un rire nerveux. Un peu triste.
« Je ne sais même plus pourquoi on s'est quittés, Edward. Je ne sais même pas pourquoi on a évoqué une rupture. Me dit-il en se tournant vers moi.
_ A cause de Tanya. Soufflai-je après quelques secondes de silence.
_ Tanya ? Mais avec elle, c'est impossible ! J'ai trop souffert ! Bella m'a guéri alors que je croyais que c'était pas possible. Elle m'a redonné espoir.
_ Si elle t'a quitté, c'est qu'elle savait… qu'elle sentait que tu ne l'aimais pas assez. On t'a vu ce soir-là au Club avec Jasper… Et… Alec… J'avais l'impression de retourner quand on avait 17 ans. La façon dont tu la regardais… Tu ne peux pas dire que tu ne l'aimes pas. »
Il inspira profondément, se prit la tête entre ses mains. Mais ne parla pas.
« Je sais ce que tu te dis… Que tu aimes les deux. Mais c'est pas possible. On ne peut pas aimer deux personnes en même temps. C'est plus compliqué que ça. Enchaînai-je.
_ C'est toi qui me parles d'amour alors que tu ne l'as jamais ressenti ? » Railla-t-il.
Je me renfrognai. Même s'il avait plus ou moins raison, il venait de me vexer. J'essayais de l'aider et lui, il me rembarrait en me parlant de moi.
Un long moment passa, puis je me retournai une nouvelle fois vers lui.
« Qu'est-ce que tu ressens pour Tanya ? Es-tu capable de mettre des mots dessus ? »
Ses mâchoires se contractèrent.
J'enfonçais le couteau dans la plaie. Peut-être allais-je trop loin. Mais je voulais tellement qu'il se rende compte de l'évidence… Que son amour n'était pas mort mais qu'il était toujours là. Qu'il l'avait enterré vif en espérant qu'il meure mais qu'il avait échoué. Lamentablement échoué.
« Tanya m'a crevé le cœur avec toutes ses conneries. Souffla-t-il après un moment de silence.
_ Oui, bien sûr, mais ça ne tue pas les sentiments.
_ Si. Ça y contribue.
_ Pas quand ils sont forts ! »
Il eut un nouveau rire nerveux.
« Tu deviens idéaliste.
_ Non. Je me fais beaucoup de soucis pour toi. On s'en fait tous. Qu'est-ce que tu ressens quand tu es avec elle ? »
Ses mâchoires se contractèrent encore un peu et il inspira profondément en déglutissant.
« Du regret. De la peine. Beaucoup. Répondit-il.
_ C'est tout ?
_ Oui.
_ Alors pourquoi ne veux-tu pas qu'on aille la voir ensemble ? »
Il se tourna soudain vers moi, me lança un regard blessé, vif.
« Parce que je ne veux pas que tu fasses ce que tu es en train de faire en ce moment. Je ne veux pas que tu arrives à mettre le doute en moi.
_ Désolée d'interrompre vos roucoulements, mais y en a qui essayent de suivre le film… » Nous siffla Lili en nous montrant l'écran.
Je soupirai d'agacement.
Alec s'était retourné vers l'écran, me signifiant que notre conversation était terminée. Et que ça n'avait pas servi à grand-chose. Je regardai discrètement dans la direction de Bella qui nous observait du coin de l'œil ; est-ce qu'elle avait entendu quelque chose ?
Je réussis à survivre jusqu'à la fin de Frère des Ours où les filles applaudirent comme au cinéma après un film exceptionnel. Je me levai rapidement et m'étirai, gardant l'ex de mon meilleur ami dans mon champ de vision.
Elle fixait Alec, le visage impassible et se détourna lorsqu'à son tour, il la regarda.
Je passai par-dessus les jambes de mon meilleur ami au moment où Lili se jetait sur le lecteur DVD avec le film de Blanche Neige dans les mains. Je ne voulais pas assister encore une fois à la même scène : les voir sangloter avec ma sœur quand Grincheux se mettait à pleurer à la veillée funèbre de la princesse.
Je m'approchai de Jacob et Bella leva ses yeux marron et légèrement cernés vers moi. Je me penchai à son oreille et lui murmurai que si elle voulait partir, c'était maintenant ou jamais. Elle acquiesça d'un signe de tête et se leva.
« Tu me la raccompagnes ? Me demanda mon colocataire.
_ Ouais… Tu me la raccompagnes ? Le questionnai-je à mon tour en lui montrant Jane d'un signe de tête qui regardait les DVD qu'elle avait posés sur ses genoux d'un air absent.
_ Ouais. » Me répondit-il avec un rictus.
J'embrassai rapidement les filles. Lili n'insista pas trop, trop occupée à garder ma sœur à l'œil qui essayait de changer de film et mettre Cendrillon à la place. Rose rechigna un peu - elle tenait encore à son karaoké - et je dus lui promettre que ce n'était que partie remise.
Jasper se rendit à peine compte que je lui disais au revoir ; il somnolait sur sa mandoline et Demetri ronflait depuis le milieu du dernier film sur Vic qui commençait à grimacer sous le poids de sa tête.
« Tu rentres avec lui ? Demanda Baloo à sa sœur en me montrant d'un signe de menton.
_ Ouais, t'inquiètes, il est venu me chercher.
_ C'est sur son chemin. » Le rassura Rose.
Je grognai et me détournai vers la porte.
Nous sortîmes en silence de l'immeuble. Je lui jetai de temps en temps des regards, elle avait l'air assez soulagé de rentrer.
« Tu ne vas pas me pousser la chansonnette ? Si j'ai bonne mémoire, la Belle chante quand elle va en ville. Lui dis-je avec une légère grimace au bout de quelques minutes.
_ T'y tiens ? Sourit-elle distraitement.
_ On pourrait avoir un trio dans notre groupe, si tu chantes bien. »
Le silence retomba un peu lorsque je me rendis compte de la gaffe que je venais de faire.
« Si un jour je me passionne pour le chant, je te ferai signe. Mais n'attends pas mon appel dans le siècle à venir. »
J'esquissai un rictus. Nous longeâmes une partie de l'avenue sans prononcer un mot, puis je me retournai à nouveau vers elle. Elle me jeta un regard suspicieux mais reporta son attention sur ses pas.
« Tu nous as entendus tout à l'heure ?
_ Avec Alec ? Un peu.
_ Je ne sais pas trop quoi en penser. Enfin, on avait tous dans l'idée que si vous n'étiez plus ensemble, ça s'éclaircirait automatiquement dans son esprit. Et il en est toujours au même point. Il se demande toujours pourquoi tu es partie.
_ Parce qu'il n'arrive pas encore à faire le tri dans ses sentiments ; mais personne ne s'attendait à ce que ça, ce soit facile.
_ Je pensais que ça serait évident pour lui comme ça l'est pour nous. Est-ce que tu as réussi à parler avec elle ? Est-ce qu'elle t'a dit ou sous-entendu de quoi ils parlaient quand il allait la voir ?
_ Elle m'a dit qu'ils réapprenaient à se connaître. À se faire confiance. Ils ont évoqué le passé, plusieurs fois ; mais le passé d'avant sa dégringolade.
_ Il faut donc que tu lui deviennes inaccessible. » Lui dis-je au bout d'un moment de silence.
Je ne savais pas trop ce que j'entendais par là. Ni comment elle allait prendre mes paroles.
Elle s'arrêta un peu brusquement et me regarda, surprise.
« Euh… J'ai du mal à te saisir, là. Tu veux dire quoi ? Je refuse de le revoir ? Je pars à nouveau, et je ne reviens pas ? Je me barre à Las Vegas et j'épouse le premier mec assez ivre pour accepter que je croiserai sur ma route ? »
Je plongeai mes yeux dans les siens, pensif à mon tour.
« Ça dépend jusqu'où tu es capable d'aller. Que tu le voies moins dans un premier temps. Que tu sois capable de faire entrer quelqu'un d'autre dans ta vie, et par là, j'entends un autre mec. Il faut que quelqu'un te réapprennes à exister. S'il voit que tu y arrives… Alors il finira par abandonner. Parce qu'il t'aime à sa façon. Et que quand on aime, on sait laisser partir au moment opportun.
_ T'en as de bonnes, Edward. Je le vois déjà moins, pour ça, ne t'en fais pas ; mais laisser rentrer quelqu'un d'autre… Même si je le faisais, ce serait uniquement pour Alec. Ce serait injuste. Je ne peux pas, pour le moment, faire ça.
_ Je te demande pas de faire ça dans la nuit ou demain mais avec le temps, m'agaçai-je. Ça sera ton dernier recours. Tu m'as bien dit que tu étais prête à tout non ? Eh bien des fois, il faut aller dans les extrêmes ! C'est quoi qui te fait peur ? Le sexe sans sentiments ? Parfois, c'est une bonne alternative. Parce que je te demande pas d'en aimer un autre, mais d'en laisser un t'approcher de suffisamment près pour le pousser à abandonner.
_ De toutes façons, en aimer un autre, je ne pourrais pas. » siffla-t-elle. « Quant au sexe sans sentiments, ne t'inquiètes pas, je finirai bien par y revenir. C'est ça ou je finirai vieille fille, mais ça, ça me concerne. Écoute, Edward, j'apprécie le fait que tu t'impliques pour aider Alec, et aussi que tu te sois impliqué pour Jane et Jacob. Mais là, avant qu'on en vienne à monter une association qu'on appellera « Les entremetteuses », on va cesser de discuter des couples de nos amis. En ce qui concerne Alec, je me démerderai pour qu'il comprenne que c'est réellement fini ; même si en définitive, je sais qu'au fond de lui il l'a compris. »
Je serrai des dents, m'empêchant de répliquer et d'abandonner définitivement l'idée de les aider, elle et mon meilleur ami.
Elle avait beau être sexy quand elle s'en donnait la peine, elle était sacrément chieuse.
Nous continuâmes le chemin dans un silence tendu jusqu'à ce qu'on arrive au perron de sa maison. Elle en monta les marches, me tournant ostensiblement le dos et je restai là, à la regarder chercher les clés dans son sac. Elle finit par les trouver et je la rejoignis rapidement avant qu'elle ne disparaisse à l'intérieur.
Elle eut un léger sursaut, comme si elle avait cru que j'étais déjà parti, puis me regarda en fronçant un peu les sourcils.
« Je te conseille d'y réfléchir très sérieusement. Parce que le bonheur de mon meilleur ami est une chose primordiale pour moi. C'est pas un amour refoulé, c'est juste que je manque d'égoïsme. Tu es bien capable d'en embrasser un autre, même en l'ayant encore dans le cœur. Inutile de te rafraîchir la mémoire, je pense… Donc tu es capable de tourner la page ou du moins d'en commencer une autre. Sifflai-je.
_ Alors là, je t'arrête tout de suite. À part Tyler, parce que j'étais franchement cuite à un point dont je pourrais presque avoir honte si à mon âge c'était quelque chose d'anormal, et encore, je n'ai fait que plaquer mes lèvres sur les siennes, et non lui rouler un patin comme certains ont pu croire, jamais je n'aurais fait ça. »
Je fronçai mes sourcils et ravalai ma fierté.
Même si on ne pouvait pas considérer qu'on avait vraiment partagé quelque chose elle et moi. On s'était tout de même embrassés. Deux fois…
Avant qu'elle n'aie pu amorcer le moindre geste, je passai une main dans son dos et la collai contre moi. Mes entrailles se tordirent un peu alors que je la défiai de faire ne serait-ce qu'un petit mouvement.
« Tu as la mémoire bien courte. » Sifflai-je en caressant délicatement sa joue.
Je la vis rougir, mais c'était sans doute de fureur contenue.
J'approchai mon visage du sien et elle se recula un peu.
« Lâche-moi. » Feula-t-elle.
J'eus un rictus amer et la collai un peu plus contre moi.
J'observai son visage ; ses yeux qui brillaient à la lueur du réverbère, la ligne que formaient ses lèvres un peu pincées.
Je m'approchai encore un peu, mélangeant nos souffles lents et profonds, lui prouvant par la même occasion qu'elle pouvait tolérer un autre garçon dans son espace vital.
« Exceptons ce qui s'est passé au Club… Tu as tout fait pour que je t'embrasse aussi… Soufflai-je.
_ Faux ! Même encore un peu saoule, je n'ai jamais posé mes lèvres sur les tiennes, et jamais je n'aurais imaginé que toi, tu le fasses !
_ Et tu vas me dire que tu ne m'as pas allumé, peut-être ? Sifflai-je en la rapprochant un peu plus de moi.
_ Si. Je l'ai fait. » reconnut-elle en cherchant à se dégager. « Tu n'étais pas censé en rajouter ! Lâche-moi, Edward, ou on pourrait finir par croire que c'est toi qui fantasmes sur l'ex de ton meilleur ami !
_ Et on pourrait croire que tu refoules ! Parce que je ne vois pas pourquoi tu m'allumerais juste « comme ça ». C'est étrange, mais je ne pense pas que tu sois le genre de filles faciles. C'était forcément un acte manqué.
_ J'ai eu l'idée, saugrenue je te l'accorde, de vérifier d'une manière qui m'a parue plus que fiable tes dires sur tes préférences sexuelles ! J'étais cuite, putain !
_ J'espère bien que tu l'as eue, ta preuve. Et que tu l'as bien sentie aussi. Pourquoi tu ne m'as pas repoussé quand je t'ai embrassée dans ce cas ? Pourquoi tu ne m'as pas giflé ou envoyé ton genou dans les couilles comme, semble-t-il, tu l'as fait avec Crowley ?
_ Parce que d'un, j'étais plus que surprise, de deux, la différence avec Crowley c'est que lui ne s'est pas arrêté. Mais si t'y tiens, je peux faire un effort !
_ Je me suis forcé à arrêter.
_ Parce que tu avais envie d'aller plus loin, peut-être ? Arrête, tu deviens franchement pas crédible.
_ Et pourquoi ? Parce que je ne t'aime pas ? L'un n'empêche pas l'autre. Ton seul véritable problème à mes yeux, c'est Alec. Le reste… »
Je laissai mon regard errer sur son visage, son corps avec un rictus amer, puis finis par la lâcher.
Une boule se formait dans ma gorge alors que je laissais plus ou moins sciemment la conversation m'échapper. Qu'est-ce qu'il m'arrivait ?
« Mais ça se trouve, tu t'accroches tellement à lui parce que tu es nulle au pieux et qu'il ne t'en tient pas rigueur, aveuglé par ses sentiments. Au fait, c'est ton premier ? » Ricanai-je en plongeant mes yeux dans les siens, un rictus aux lèvres.
Une lueur passa dans ses yeux, et elle se rapprocha soudainement de moi ; arrêtant ses lèvres à quelques millimètres des miennes et me regardant droit dans les yeux. Le temps sembla se suspendre autour de moi alors qu'elle faisait habilement glisser ses mains sous mon tee-shirt, caressant ma peau tendue, et plaqua son bassin contre le mien ; puis elle posa ses lèvres sur les miennes. Sans que je ne calcule quoi que ce soit.
Nos corps, encore une fois, semblèrent s'épouser à la perfection ; c'en était presque indécent. Elle passa sa langue sur ma lèvre inférieure ; je frissonnai, alors que mon sang se mettait à bouillonner, et entrouvris presque malgré moi ma bouche. Alors, elle glissa sa langue à l'intérieur, et ses mains se firent plus pressantes dans mon dos, sur mes reins, juste au dessus de ma ceinture.
Sa langue batailla avec la mienne ; et au moment où je m'apprêtais à l'étreindre, elle se recula, cassant tout contact entre nous. J'en eus presque un gémissement de frustration.
« Tu sens l'effet que je te fais en un simple baiser ? Essaie d'imaginer ce que serait de coucher avec moi. Mais seulement imaginer, parce qu'il n'y aura pas plus, connard. Et passe une bonne nuit, surtout. »
Elle se retourna, et rentra chez elle, claquant la porte dans son dos, me laissant abasourdi.
BELLA
New York, 12 novembre 2009,
Cher journal,
Plusieurs jours sont passés.
Depuis que j'ai - enfin - cloué le bec à Edward Cullen. Il n'avait pas à m'attaquer sur des choses personnelles, je pense qu'il l'a compris. Depuis, nos relations sont complètement mortes, gelées ; de ce point de vue là, c'est parfait.
Mais surtout, tout autant de jours sont passés aussi depuis ma dernière sortie avec tout le groupe. Je n'ai revu Alec que deux fois ; et ça fait mal, mais je ne sais pas si cette douleur due au manque n'est pas plus douce que celle de le revoir, de voir les regards blessés qu'il me lance, et de l'entendre, quand je ferme les yeux, m'assurer qu'il ne l'aime pas et n'aime que moi.
Tout ce qu'il reproche à Tanya n'est plus que du vent. Elle semble poursuivre avec succès sa cure, et a complètement changé ; Alice m'a dit qu'elle était redevenue comme avant, avant toutes ses conneries. Elles passent désormais beaucoup de temps ensemble ; et Rose occupe le temps perdu avec sa meilleure amie… avec moi.
Emmett semble vraiment amoureux de Rose. Et j'espère que c'est réciproque ; mais je veux bien le croire. Elle arrive même à supporter ses blagues lourdes et ses allusions graveleuses ; cette fille est en or.
Jane semble ne plus pouvoir se passer de Jacob, et s'habituer à ces nouveaux sentiments. Même si c'est pas facile pour elle ; Jacob, lui, est amoureux. Évidemment.
Je ne parlerai pas d'Alice et Jasper, qui nagent en plein bonheur. Et sans compter Ben et Angela.
Tout ça me rappelle donc que l'amour existe. Sous plusieurs formes ; et je verrai, avec le temps, s'il est capable de durer. Car on a beau dire… autour de moi, des histoires d'amour qui tiennent, je n'en ai jamais vu.
Tyler Crowley continue d'espérer pouvoir me mettre dans son lit. Juste parce que je l'ai embrassé une fois, sous l'emprise de tellement d'alcool que je me suis comportée comme…
Comme si Alec n'était plus rien.
Ça me fait tellement peur, quand j'y repense… J'ai peur de vouloir à nouveau retrouver cette sensation. Pouvoir me lâcher, et redevenir la jeune fille un peu exubérante qu'à une lointaine époque j'ai été - enfin, été seulement en présence de mes amis les plus proches, à savoir les Quileutes. La fille que Jake a connue.
Enfin, c'est qu'une question de prudence, n'est-ce pas ?
Je continue à aller voir Tanya tous les deux ou trois jours. Je la vois plus souvent qu'Alec ; qui aurait cru ça possible ? Elle est géniale. Je ne peux pas m'empêcher de l'aimer. Elle ressemble plus à sa sœur que je ne l'aurais cru d'un premier abord. À moins que ça ne soit Alice qui lui ressemble ; je pencherais plutôt pour cette hypothèse.
Ceci dit… C'est une autre histoire. Et j'ai assez à faire, entre essayer de moins souffrir en pensant à Alec, et me méfier en permanence de Tyler. J'ai dû faire poser un verrou sur ma porte ; enfin, je l'ai fait moi-même. Je n'imagine même pas ce que Jake ou Emmett auraient fait à Tyler s'ils savaient comment il se comporte - au point que j'aie besoin d'un verrou.
Mike est le premier à condamner le comportement de son ami. Il m'a déjà proposé de lui en « parler », mais je préfère m'en charger seule. Lui, c'est pareil ; je ne le vois qu'à l'escalade, parfois sur le campus de loin, mais ça me suffit largement.
Bon… Rose m'a envoyé un message. Elle veut nous parler, à mon frère et moi. Qu'est-ce qui se passe encore ? Je verrai ça…
oOo
Je me rendis dans le bar où Rose m'avait donné rendez-vous.
Quand j'y entrai, je ne la vis pas, ni mon frère. En revanche, il y avait Edward. Chouette.
Il était certain qu'il n'était pas là par pure coïncidence. Ça commençait à me faire peur ; elle voulait nous annoncer qu'elle était enceinte ou quoi ?
J'allai m'asseoir à sa table ; il me lança un bref regard, et je lui renvoyai un sourire faussement poli. Ça changeait de ces dernières semaines ; pendant lesquelles il me lançait des œillades assassines auxquelles je répondais invariablement par un sourire moqueur, les rares fois où nos regards se croisaient.
Nous ne nous parlâmes pas ; Rose et Emmett arrivèrent.
Rose s'assit à côté de son frère, et Emmett se plaça à ma gauche. Elle me salua et commença à s'extasier sur une vitrine qu'elle venait de voir, mais que mon frère l'avait empêchée de contempler, lui rappelant qu'elle avait elle-même donné rendez-vous à tout le monde.
« Bon, qu'est-ce qui justifie que tu nous aies réunis ? » S'agaça Edward, lui coupant la parole.
Elle lui lança un regard noir, et se tourna vers mon frère et moi.
« Bon. Emmett, tu sais que j'ai parlé de toi à mes parents… »
Elle rougit un peu, et j'eus un petit sourire amusé. Ça devait être vraiment important pour elle.
« Et ils veulent te rencontrer. »
Emmett ne dit rien pendant quelques secondes. Le serveur en profita pour venir prendre nos commandes ; nous prîmes tous un jus de fruits.
Une fois le serveur reparti, Rose se retourna vers Emmett, inquiète. Celui-ci était tranquille.
« Ben ok. Mais pourquoi t'as invité Bells et Edward ?
_ Euh… en fait… Ils veulent rencontrer toute ta famille. Avec Edward présent. Bref, ils veulent que nos deux familles soient réunies. »
Rose baissa la tête, un peu rouge. J'écarquillai les yeux, alors qu'Emmett se raidissait. Edward, lui, croisa les bras, et soupira.
« Et ça y est. » commenta-t-il.
Rose tourna la tête, sourcils froncés.
« Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-elle à son frère.
_ Quoi ? Tu t'y attendais pas ? Elle t'a fait le même coup pour Demetri, je te rappelle, moi, je me demandais simplement quand elle se lancerait et te demanderait de réunir la famille Swan. »
Il était complètement blasé.
Je posai les mains sur mes genoux, tournai la tête vers Emmett.
Nous nous fixâmes quelques secondes ; je savais que nous étions en train de penser la même chose. Il cilla un peu, et je hochai la tête, avant de me retourner vers les deux autres, qui nous observaient avec curiosité - enfin, la curiosité, c'était surtout Rose.
« Bon, euh… Dis à ta mère qu'elle oublie l'idée, commençai-je.
_ Je viendrai, ne t'inquiètes pas, la rassura Emmett. Mais… ne compte pas sur… ma… famille. »
Rose fronça les sourcils.
« Pourquoi ? »
Emmett me lança un nouveau regard, et soupira.
« Bella est ma seule famille, ok ? Y a mon père, éventuellement. Mais il ne fera pas le déplacement… il est à l'autre bout du pays, et je crois qu'il lui faudra au moins des fiançailles pour qu'il accepte de reléguer ses fonctions de shérif à son adjoint, et de prendre l'avion.
_ Et votre mère ? » hasarda Rose, se mordillant la lèvre. « Je croyais qu'elle n'était pas morte ? »
Ah. Emmett ne lui avait pas parlé de notre mère. Il haussa les épaules.
« Aux dernières nouvelles, non. Enfin… Bella, tu dois avoir des nouvelles plus fraîches toi ?
_ Y a deux mois elle était en bonne santé, et décollait pour l'Europe. » fis-je d'un ton neutre.
Rosalie et Edward échangèrent un regard, semblant se demander ce qui se cachait derrière nos comportements, à Emmett et moi.
Je croisai les bras, et fixai Rose.
« Tu es tombée sur la mauvaise « famille ». Tu ne réussiras jamais à tous nous rassembler, quel que soit ton pouvoir de conviction. »
Je tapai sur l'épaule d'Emmett.
« Je te souhaite un bon dîner, et un bon courage pour expliquer tout ça à ta belle famille. »
Je fis mine de me lever, mais Edward redressa la tête et m'adressa la parole pour la première fois.
« Tu seras là pour le soutenir. »
Je me figeai, à moitié debout. Me rassis. Plongeai mon regard dans celui d'Edward.
« Je ne vois pas pourquoi. C'est inutile, les familles ne seront pas réunies.
_ Emmett et toi vous accordez pour dire que vous êtes l'unique famille de l'autre. Alors si, ça compte. Les familles seront réunies, même si vous excluez vos parents. » fit-il un peu sèchement.
Je me raidis.
« À ton ton, on pourrait croire que tu nous le reproches. Mais j'oubliais presque, c'est vrai que tu n'attends pas de connaître les gens pour les juger, alors connaître leurs histoires de famille… encore moins. »
Rosalie me lança un regard surpris, alors que celui d'Emmett naviguait entre mon vis-à-vis et moi. Je ne laissai rien paraître sur mon visage, ni agacement, ni colère ; juste une simple constatation faite sur un ton presque poli.
« C'est ok, conclus-je. Dîtes-nous juste une date.
_ Euh… ma mère aurait voulu pour Thanksgiving. » fit Rose, hésitante.
Emmett et moi nous renfrognâmes un peu.
La dernière fois que nous avions réellement fêté Thanksgiving, c'était l'année avant le départ de ma mère.
Emmett soupira, et se tourna vers moi.
« C'est bon, Bells. On s'en fout, c'est un jour comme les autres, non ?
_ … Très bien. On s'arrangera. » fis-je, mimant l'indifférence.
Je me levai, et cette fois, partis.
Cette histoire de dîner commençait à me faire réaliser quelque chose.
C'était bel et bien sérieux entre Emmett et Rose ; enfin, ça, c'était pas une surprise.
Mais je réalisais vraiment que ça impliquait une sorte de « rapprochement » - purement « familial » - avec Edward.
Vraiment chouette.
Sur toutes les filles du monde, il avait fallu qu'Emmett tombe sur la sœur de ce gars…
« Putain de famille. » grognai-je en rentrant chez moi.
oOo
« Putain, Swan, t'es affûtée (*) aujourd'hui ! » me cria Mike alors que j'atteignais le haut du mur d'escalade, passant par la voie d'allonge (*).
Je soufflai, énervée. Qu'est-ce qu'il avait encore ?
« Occupe toi de tes prises, Newton, et ferme ta grande gueule. » lui fit le prof. « Swan, tu comptes rester longtemps là-haut ? Tu redescends et tu vas à la douche, pas la peine que tu restes jusqu'à la fin. Tu vas te claquer un muscle, à force. »
Connard de macho. Il n'appréciait pas franchement d'avoir trois filles dans son groupe de grimpeurs virils, et aimait encore moins nous voir escalader plus rapidement que certains de nos camarades masculins.
Je redescendis en deux sets, et quittai la salle sans même le saluer. De toutes façons, il ne me répondait jamais.
Je passai à la douche ; restant longtemps sous le jet d'eau, histoire de me délasser un peu, avant la soirée qui m'attendait.
Demain soir, c'était le jeudi de Thanksgiving. Nous avions donc rendez-vous, avec Emmett, chez les Cullen. Et le pire, c'était que nous allions y passer le week-end entier ! C'était génial.
Je m'habillai rapidement, et rentrai chez moi préparer quelques affaires avant de partir chez Rosalie.
Cette dernière avait tenu à contrôler ce que je porterais chez ses parents ; aussi, me retrouvai-je à passer une robe noire et blanche, à la coupe assez classique mais qui mettait en valeur mon décolleté, modulable grâce à une fermeture éclair.
Je remontai la fermeture, mais Rosalie secoua la tête et la redescendit.
« Je ne suis pas là pour séduire tes parents, grognai-je.
_ Mes parents, non, en effet. » me répliqua-t-elle avec un petit sourire mystérieux.
Je fronçai les sourcils, mais elle n'ajouta rien.
« Bon ! Je vais te boucler les cheveux, maintenant.
_ Quoi ?
_ Pas beaucoup, t'inquiètes pas ! Juste les onduler, ce sera parfait avec le style de la robe !
_ Mais Rose !
_ Oh, tais-toi donc ! Tu perdras, avec moi. »
Je poussai un profond soupir, mais finis par me laisser faire. Je savais très bien qu'elle avait raison, de toutes manières. Elle était moins abusive qu'Alice, mais quand elle avait une idée en tête, il était vain de chercher à lui résister. Mon frère en faisait assez les frais.
« Ah. » sourit-elle, ravie. « Tu es presque méconnaissable. Géniale. »
Je jetai un coup d'œil soupçonneux à son miroir, et haussai un sourcil dubitatif.
Elle avait pas tort.
Elle me souligna les yeux d'un trait de crayon noir, me passa un peu de blush sur les joues ; et sourit, satisfaite de son travail. Je haussai les épaules ; ce n'était même pas pour sortir… et quand bien même ç'aurait été le cas, avec elle à mes côtés, comment aurais-je pu espérer ne pas passer inaperçue ?
Elle allait être sublime, dans sa robe bleue en soie, qui soulignait ses courbes parfaites. Ses cheveux seraient remontés en un chignon compliqué - elle me l'avait montré la veille, et un instant, je m'étais demandé comment elle avait réussi à se le faire seule. L'habitude, sans doute.
Je grimaçai.
« Je porterai aussi des collants, la prévins-je.
_ T'as pas besoin de ça. » fit-elle en levant les yeux au ciel. « Il fera bon chez mes parents.
_ Oui, mais il est hors de question que je n'en porte pas. Et m'emmerde pas, sinon, je me mets en jean ! »
J'y tenais ; j'avais pas la moindre intention de sortir sans collants, et ça, j'en démordrais pas.
Elle soupira, et s'avoua vaincue - ça cachait quelque chose.
« T'auras qu'à porter ça, me fit-elle après avoir été me chercher une paire de bas noirs.
_ Merci. » fis-je alors qu'elle me tirait la langue.
Cela m'arracha un petit rire.
Je me sentais un petit peu plus à l'aise.
Même si je commençais à sentir monter le stress en moi ; allez comprendre pourquoi. Ce n'était pas moi qu'on présentait à la belle famille, pourtant ; c'était Emmett. Je n'avais aucune crainte à avoir, ni à chercher à plaire à… Carlisle et Esmée, si j'avais bien retenu les prénoms.
C'était peut-être parce qu'il allait y avoir Edward à ce repas. Edward, dont je sentais parfois le regard sur moi ; regard que je ne croisais pourtant pas souvent.
Il me rendait nerveuse. Et je ne comprenais pas pourquoi.
Quand il était dans les parages, ce n'était plus l'absence d'Alec qui me tourmentait, mais sa présence à lui.
Je ne savais pas ce que je supportais le mieux.
Je poussai un léger soupir ; ce n'était qu'un week-end, essayai-je de me rassurer.
Rien qu'un week-end.
« Oh, fait ! » ajouta-t-elle, l'air de rien. « Ce serait cool que t'ailles passer la nuit à l'appart de mon frère ! »
Je plissai les yeux.
« Pourquoi ?
_ Mes parents habitent à quatre heures de New York, quand y a des embouteillages ; et Edward voudra partir tôt, demain.
_ Je me lèverai tôt pour aller chez lui.
_ Non ! Ce sera plus pratique si…
_ Rose, il est hors de question que j'aille passer la nuit chez ton frère ! » martelai-je.
Je lui lançai une œillade assassine, et elle finit par se résigner, visiblement déçue.
« Comme tu veux… » bougonna-t-elle.
Mais qu'est-ce qu'elle voulait, à la fin ?
Et qu'est-ce qui m'avait pris d'accepter ce putain de week-end ?
Quelle merde…
* Affûtée : terme désignant un grimpeur en grande forme physique.
Voie d'allonge : en escalade, désigne une voie où les prises sont éloignées.
Alors ? :p. Ça commence doucement, mais sûrement, à s'éveiller entre nos deux tourtereaux n'est-ce pas ? Ok, pas encore tourtereaux, ou en tous cas ils roucoulent pas la même chanson hein. Sur ce point on est d'accord.
Vous êtes nombreuses à avoir répondu que c'était Edward qui allait craquer le premier. Hihi, pas faux, faut être réaliste ! Vous l'aurez compris dans ce chapitre. Puis, ça lui fait les pieds, un peu, après ce qu'il a fait à Bella nan ?
Bon, je vais refaire ma sadique... Alors lisez pas ça si vous êtes sensible ! (quoi, j'suis gentille, je préviens !). Prochain chapitre ? Une petite surprise pour l'un de nos futurs couples... Surprise qu'ils ne vont pas être certains d'apprécier, entre nous ! Mais bon... Autre indice : il y aura des histoires de pari.
Vous avez des hypothèses ? Des suggestions ? Des revendications ? Des critiques ? Ou vous avez juste envie de dire que vous avez aimé/adoré/bof/détesté/Obi Wan Kenobi ? (rayer les mentions inutiles) Petit lien en bas ! Merci de votre lecture et à la semaine prochaine ;) !
