Bonjour !
Comme promis, vu que vous avez été trèèèès gentils, je vous livre ce nouveau chapitre un peu plus tôt ! Un grand merci pour toutes vos gentilles reviews. Elles nous ont fait extrêmement plaisir, et... Je ne vous dirai pas encore qui a eu raison entre vous qui avez parié sur le moment où Bella et Edward coucheront ensemble ^^. En tous cas, début en douceur des lemons, et ce que je peux vous promettre... C'est que la relation Bella/Edward va devenir sulfureuse pendant quelques chapitres ;). Pressé(e)s ? Je vous souhaite une... agréable lecture !
Chapitre treize : De peau
EDWARD
Avez-vous déjà fait quelque chose que vous évoquiez de plus en plus souvent dans votre esprit mais que vous ne vouliez pas voir réalisé à cause des conséquences désastreuses que ça pourrait avoir dans votre vie affective et plus particulièrement amicale, parce que votre entourage vous mettait tellement la pression que vous aviez fini par craquer ? Parce que c'est ce qui m'est arrivé ce jour-là.
oOo
J'émergeais du sommeil et je me sentais… Incroyablement bien. Même plus que ça. Je n'avais plus jamais envie d'ouvrir mes yeux si je devais me sentir comme ça pour le restant de ma vie.
Une très agréable odeur florale envahissait mes narines me donnant envie d'en saturer à fond mes poumons.
Ma main gauche empoignait quelque chose de doux et de chaud alors que ma main droite parcourait doucement ce qui ressemblait à s'y méprendre à une peau de pêche satinée. Ma main gauche bougea un peu sans pour autant lâcher l'objet qu'elle tenait et je crus entendre comme un râle. A moins que ce ne fut un gémissement.
J'étirai paresseusement mes jambes et m'enfonçai encore un peu plus sous les couvertures.
Quelque chose bougea légèrement contre moi, s'appuyant un peu plus contre mon érection matinale. Je grognai dans les limbes éparses de mon sommeil et plongeai ma tête dans l'odeur fleurie et soyeuse de ce qui me parut être une chevelure.
Un sourire étira mes lèvres ; les rêves, c'était vraiment du gros n'importe quoi. Mais celui-là me plaisait bien.
Ma main droite continua sa course sur ce semblant de peau quand elle rencontra quelque chose qui me fit froncer les sourcils. J'essayais de passer ma main par-dessus ; on aurait dit de la soie, ce qui me fit vaguement penser au pyjama que MSG portait la veille. Je grognai en l'éloignant de ma conscience ; j'étais encore trop endormi pour faire face à elle. J'essayais cette fois de passer ma main en dessous ; je souris en entendant un autre râle. C'était encore plus doux et encore plus chaud à présent.
On rebougea contre moi, m'arrachant cette fois un gémissement rauque.
Pitié, faites que je dorme encore un peu…
Tout à coup, une main se posa sur ma main droite et des doigts s'entrelacèrent aux miens, me prouvant définitivement qu'il y avait une fille dans mon lit. La main guida la mienne encore plus bas sous ce qui ressemblait à de la soie, faisant légèrement accélérer ma respiration et assécher ma gorge jusqu'à un lieu encore plus chaud et… humide.
Je me pressai un peu plus contre le corps blotti contre moi qui me faisait dos, la faisant frémir et gémir à la fois. Ma bouche trouva difficilement la peau du cou sous les boucles épaisses alors que ma main droite glissait paresseusement sur le sous-vêtement.
Je frôlais, taquinais, embrassais, mordillais la peau tendre et chaude que mes lèvres rencontraient.
Je n'avais toujours pas ouvert mes paupières. Je ne voulais pas me rendre compte que je n'étreignais qu'un simple fantasme. Je voulais en profiter au maximum.
Les doigts se refermèrent sur les miens, la respiration se hacha un peu plus, me faisant sourire contre la peau que ma langue frôlait.
L'envie commençait à envahir mes sens, me contractant l'estomac.
Tout à coup, j'entendis la porte de ma chambre s'ouvrir.
« Y a pas de morts ! Cria une voix que j'identifiais comme étant celle de Lili.
_ Ils sont à poils ? »
Ma sœur… qui se « emmettisait ».
« Euh… Je veux pas vérifier.
_ Y a les fringues par terre ?
_ Négatif.
_ Alors t'as perdu, Lili ! »
J'entendis un grommellement, puis le bruit de la porte qu'on referme alors que j'essayais de relier ce que je venais d'entendre : que faisaient ma sœur et Lili dans mon appartement à cette heure-ci ?
J'étais encore en train d'analyser ce qui se passait autour de moi ainsi que les paroles échangées entre Rose et sa meilleure amie quand le corps contre moi s'ancra encore plus contre le mien, me faisant tout oublier à part la vague de désir qui déferlait dans mon bas ventre.
La main guida la mienne sous le sous-vêtement, faisant accélérer mon rythme cardiaque et hacher ma respiration.
Je trouvai le clitoris que mes doigts frôlèrent juste dans un premier temps, provoquant un soupir de frustration.
Ma main gauche bougea à nouveau et je sentis sous ma paume comme un mamelon qui se dressait.
Je me collai encore un peu plus contre le corps qui épousait le mien. J'avais envie de…
Je frottai mon érection douloureuse contre le bas du dos, lui arrachant un gémissement rauque qui me donna la chair de poule.
Je voulais la retourner.
L'embrasser à en perdre haleine.
Lui faire l'amour jusqu'à l'épuisement, si seulement elle continuait à gémir de cette façon.
Peut-être parviendrait-elle à me faire oublier…
Les hanches se mirent à onduler légèrement, recherchant plus de contact avec mes doigts qui ne faisaient que la frôler, me faisant sourire une nouvelle fois et ma bouche regagna la peau tendre du cou sur laquelle elle s'acharna.
Mon excitation était presque à son comble.
Mon cœur battait lourdement contre mes côtes.
Puis le corps bougea plus franchement ; les membres s'étirèrent, le dos se colla à moi.
Puis un nom soufflé.
« Alec… »
J'ouvris tout à coup mes yeux alors que mon corps se tétanisait, mon rythme cardiaque subitement emballé mais pas pour les raisons que j'aurais espérées.
Je me détachai vivement du corps qui était blotti contre le mien, gagné par la panique en reconnaissant les boucles éparses sur l'oreiller pourpre.
Je sortis du lit en manquant de m'étaler par terre et allai presque en courant jusqu'à la salle de bains, faisant à peine attention au regard surpris de Baloo qui me suivit des yeux, figé au milieu du grand couloir.
Je claquai la porte et m'appuyai contre, le cœur battant toujours la chamade.
Je me pris la tête dans mes mains tremblantes.
Putain !
J'étais foutu.
Je jetai un rapide regard à mon pantalon de pyjama et échappai un grognement désespéré.
Vraiment foutu.
Je me déshabillai à la hâte et me jetai dans la cabine de douche, allumant les jets brûlants. Je posai mes mains bien à plat sur les parois, la tête baissée tandis que l'eau coulait sur ma tignasse et les muscles de mon dos encore douloureusement contractés.
Je fermai les yeux, mâchoires serrées.
Mon érection me faisait toujours mal, mais je ne pouvais pas. Je ne pouvais vraiment pas faire ça.
Je m'appuyai, presque sans m'en rendre compte, contre les parois glacées de la cabine de douche et saisis ma verge gorgée, comme un adolescent en manque.
Je tentai de me ressaisir une dernière fois. Mais je n'y arrivai pas.
Ses gémissements emplirent ma tête à nouveau alors que mes doigts s'activaient d'eux-mêmes sur mon sexe dressé.
Je serrai des dents plus fort, pestant contre moi-même, le plaisir m'émergeant petit à petit.
Un gémissement s'échappa de ma gorge au souvenir de la peau de son cou sous ma langue.
Un autre à celui de son corps blotti contre le mien.
Ma respiration se hacha à celui du baiser que nous avions échangé devant chez elle.
J'accélérai le mouvement de mes doigts et mes abdos se contractèrent.
Puis un spasme.
Puis l'orgasme.
Et son nom au bord de mes lèvres.
Et la colère.
« Eh ! Ta salle de bains c'est pas celle-là, c'est celle d'en face ! » Me dit la voix étouffée de ma sœur.
J'ouvris les yeux, la gorge nouée et attrapai rageusement le gel douche à mes pieds.
« Eh bien t'as qu'à y aller ! Répliquai-je, acide.
_ Je peux pas, y a Lili. Et pas la peine d'être aussi désagréable ! »
Je grognai en me lavant.
Quelques minutes plus tard, je sortis encore mouillé, une serviette autour de mes hanches.
« Pas trop tôt… » Marmonna-t-elle en entrant dans la salle de bains.
Je lui lançai un regard noir et me dirigeai vers ma chambre, espérant qu'elle ne soit plus là. Je soupirai de soulagement en remarquant que le lit était vide et frissonnai à cause de la fenêtre grande ouverte.
Je me séchai rapidement, enfilai un jean foncé brut, un t-shirt à manches longues carmin, ma veste à capuche noire et mes All Stars.
Je descendis à la cuisine, résigné, sachant qu'elle y serait.
« Bonjour, mon chéri ! Qu'est-ce que tu veux manger ce matin ? » Me demanda ma mère, à peine eus-je mis un pied dans la pièce.
Mon estomac se contracta, quand je la vis, toujours vêtue de ce foutu pyjama en soie rouge, discutant nonchalamment avec Jacob - il était déjà levé, lui ? - et sirotant son bol de café.
« J'ai pas faim. Je prends une pomme et je vais faire un tour. Marmonnai-je en détournant mon regard.
_ Tu es malade ? S'inquiéta-t-elle en s'approchant de moi.
_ Non, c'est juste qu'il n'a pas… » Commença Jacob.
MSG lui tapa l'arrière du crâne sans pour autant se retourner et son meilleur ami ricana.
« Non. J'ai mal dormi. Le temps de m'habituer, sans doute. Grognai-je.
_ Tu pourrais attendre un quart d'heure. Ton père et Emmett sont partis dans la ville voisine pour faire des courses il y a une trentaine de minutes. On voulait aller faire un tour sur les sentiers à leur retour.
_ Jane ne va pas se lever avant midi. Répondis-je.
_ Y en a qui savent occuper leur nuit… Aoh ! » Cria mon colocataire lorsque MSG lui tapa plus fort l'arrière du crâne.
Elle lui fit les gros yeux en montrant vaguement ma mère d'un signe de tête et reporta son bol à ses lèvres.
« J'ai besoin de me ressourcer. A tout à l'heure. » Lui dis-je en l'embrassant avant de prendre rapidement une pomme dans la corbeille de fruits.
Plus vite je serais loin de cette fille, mieux ça vaudra.
Et dire que j'avais attendu ce week-end avec impatience durant des semaines…
BELLA
Je m'étais réveillée avec une sensation de bien être intense, et ça s'était suivi d'un malaise et d'une frustration violents ; je me souvenais avoir rêvé que j'étais à nouveau dans les bras d'Alec. Mais je m'étais éveillée, et m'étais rendue compte que je n'étais pas dans ses bras, mais dans ceux d'Edward.
Dans une position qui n'avait rien de classique.
Toute une myriade d'émotions bien trop violentes avait envahi mon estomac.
J'attendis qu'Edward claque la porte derrière lui, et me levai brusquement. J'ouvris la fenêtre de la chambre ; puis je sortis, ne prenant même pas la peine de me changer. Je ne voulais prendre le risque qu'il revienne dans sa chambre chercher quelque chose. Je descendis à la cuisine, où Esmée m'accueillit avec un sourire en me proposant un petit déjeuner. Jacob était déjà là, et commença ses allusions sur ma nuit. Mais je n'étais pas franchement d'humeur.
Edward passa en coup de vent ; je ne lui jetai même pas un regard, reprenant simplement mon meilleur ami à chaque fois qu'il ouvrait sa grande gueule.
Je savais qu'il allait falloir, à un moment ou à un autre, que je m'interroge sur ce qui s'était passé ce matin.
Pour moi, ça semblait assez évident. Je rêvais d'Alec, il y avait un homme dans mon lit… et…
Mais Edward ? À qui rêvait-il ?
Je supposais qu'il n'avait pas vraiment prévu que l'on se retrouve dans cette position. Il était le premier à rejeter l'idée que nous couchions ensemble, rien qu'à penser au fait que j'étais l'ex de son meilleur ami. Nous ne nous entendions pas, et ça, c'était pas prêt de changer.
M'avait-il prise pour l'une de ses conquêtes d'un soir ? C'était ce qui paraissait le plus probable.
Je grognai, et secouai la tête, me levant pour mettre mon bol dans le lave-vaisselle.
Je finis par passer à la salle de bains ; je passai une jupe noire, des épais collants, un pull pourpre et une veste noire. Je me fis une rapide tresse, et sortis pour redescendre au salon.
Alice et Rosalie étaient en train de parler mode ; Emmett était revenu avec Carlisle après avoir fait quelques courses. Jake se morfondait en attendant le réveil de sa belle ; j'hésitai à le chambrer sur la manière dont il l'avait fatiguée, mais ça risquait de se retourner contre moi.
Nous partîmes faire un tour sur le sentier que j'avais emprunté la veille ; tant pis pour Jane, qui décidément n'émergerait pas avant quelques heures.
Je restai un peu en retrait avec Jake ; et contrairement à mes craintes, celui-ci ne pipa mot à propos de ma relation avec Edward.
Je lui parlai soudain de Noël.
« Qu'est-ce que tu en dirais, si on allait le passer à Forks avec nos pères ? » Lançai-je.
L'année d'avant, nous l'avions passé avec Emmett à Washington D.C.
« Euh… Je ne sais pas, je n'y avais pas pensé.
_ Ton père est fier de toi, mais tu lui manques, tu sais. Et je t'épargne les commentaires de Sam et cie, ris-je.
_ Je sais, je suis indispensable. » se gaussa Jacob.
Je lui donnai un petit coup sur l'épaule, en faible signe de protestation ; mais j'aurais été la dernière à le contredire.
« Bon, faudra voir le prix des billets d'avion… Parce que là, désolé, mais hors de question qu'on y aille dans ta camionnette.
_ Hey ! N'empêche que je l'ai prouvé, elle est capable de faire le voyage.
_ Magnifique ! Mais c'est non quand même ! »
Nous discutâmes encore quelques temps ; et Carlisle et Esmée nous firent faire une boucle qui nous ramena à leur maison.
Edward n'était pas rentré ; Esmée sembla s'en préoccuper un peu, mais Carlisle la rassura. Il devait avoir besoin d'espace.
Un instant, je ressentis un coup au cœur en me disant que c'était sans aucun doute de ma faute. Peut-être ma présence lui devenait-elle trop insupportable ; et avec les allusions des autres, ça ne devait pas l'aider à se sentir plus détendu. Surtout si on prenait en compte… notre réveil.
Il allait falloir que je me montre plus sympa ; faire un petit effort pour lui. Ce n'était pas grand-chose. Juste trois jours. Après, on en reviendrait à ce qu'on savait faire de mieux - ou en tout cas, de plus reposant - : s'ignorer. Et, avant tout ignorer ce qui s'était passé entre nous.
Nous mangeâmes rapidement ; Jane s'étant finalement levée.
À la fin du repas, j'hésitai un peu entre retourner me promener dans les bois, et aller me recoucher ; après tout, je n'avais pas beaucoup dormi. L'idée d'aller me recoucher dans le lit que j'avais partagé avec Edward avait tendance à me faire rougir, mais en même temps, il valait mieux que j'en profite tant qu'il n'était pas là.
Aussi me mis-je simplement en sous-vêtements et débardeur, et me couchai-je entre les draps.
Je glissai peu à peu vers un sommeil léger.
Je me réveillai une heure plus tard, à en croire mon portable ; je me rhabillai rapidement et descendis.
Edward était revenu, et discutait avec Jane.
Nos regards se croisèrent un instant, indéchiffrables, puis se détournèrent.
« Je vais faire un tour. » soufflai-je aux autres avant d'aller passer ma lourde veste noire.
Je sortis, accueillant presque avec plaisir le souffle glacé du vent d'hiver.
Je repris le sentier que j'avais déjà arpenté la veille, et presque malgré moi mes pas me guidèrent à la clairière où je m'étais assoupie. Je me rassis, et me recouchai sur le dos, pensive. Sans m'endormir. Regardant juste les nuages défiler rapidement au-dessus de moi, pendant un temps indéterminé.
« Bon alors on va régler ça une bonne fois pour toutes. Je n'ai pas abusé de toi pendant ton sommeil et je n'ai rien prémédité. »
Je sursautai, et me rassis, le cœur battant à tout rompre contre mes côtes. Edward se tenait à quelques pas de moi. Je le regardai, éberluée, et me repris, détournant le regard.
« Oui, je sais. On s'est laissés surprendre par le fait qu'on dormait avec quelqu'un, tu avais oublié que c'était moi et j'avais oublié que c'était toi, on n'en parle plus. On fera plus gaffe les prochaines nuits.
_ Tu es l'ex de mon meilleur ami. De mon frère ! C'est une chose de parler, c'en est une autre d'agir. Ça a dérapé deux fois si on veut être honnêtes, on aurait dû en rester là. Enchaîna-t-il en faisant les cents pas devant moi.
_ Eh bien on en reste là ! Tu crois que ça me plait cette situation ? Il ne nous reste qu'un peu moins de trois jours ensemble. On va bien réussir à garder nos distances ! Et après, ce sera plus simple.
_ Ne porte plus ce pyjama… Et évite de… t'habiller en fille. Alors je pourrais sans doute tenir jusqu'à notre retour à New York. » Me dit-il en tournant les talons.
Il disparut, me laissant abasourdie.
Ne porte plus ce pyjama ? C'était le moins sexy que j'avais ! Il dirait quoi, si je dormais simplement en petite culotte ?
Je restai encore quelques minutes dans la clairière, cherchant à calmer la colère qui montait en moi. Puis je me levai, et repartis vers la maison.
Esmée nous appela rapidement à table ; nous nous assîmes tous.
« Bon, ce soir, on mange tôt. » annonça-t-elle gaiement ; « Parce que demain matin, je veux tout le monde debout dès huit heures pour qu'à neuf heures, on fasse une chasse au trésor ! »
Quelques murmures montèrent entre nous ; je restai silencieuse. Bizarrement, je ne le sentais pas.
« On va être par groupes ? Demanda Alice.
_ Par duo, répondit Carlisle.
_ Les couples ensemble ; et Bella et Edward, évidemment. J'espère que ça ne vous dérange pas ? »
Et voilà. On était maudits, ou quoi ?
« Ouais, ben les couples ensemble, ça revient au même ! » rit Jacob.
Ça faisait longtemps qu'il ne nous avait pas chambrés là-dessus. Mais là, étrangement, je ne tenais pas à attiser sa curiosité. Je ne pris même pas la peine de répondre.
« Tiens, on ne nie pas ! » sourit Rosalie.
Je haussai les épaules.
« Que nous nous mettions à nier ou que nous abondions dans votre sens, vous ne démordrez pas de votre idée. Je ne me fatigue plus, vous vous lasserez avant moi.
_ Non ! C'est vous qui vous lasserez avant nous, et coucherez ensemble ! » fit Jane.
Je reportai mon attention sur mon assiette, bien décidée à ne pas réagir.
« Alors ? Vous êtes restés chastes cette nuit il paraît ? Ricana Rosalie.
_ Ta meilleure amie est venue vérifier, à ce qu'il me semble, siffla Edward.
_ Vous m'avez fait perdre mon pari. Je me vengerai, tu peux en être sûr. » Lui dit Alice.
Je soupirai, commençant à être franchement agacée par son comportement puéril. Et Jacob qui allait en remettre une couche.
« Femme qui soupire n'a pas ce qu'elle désire ! » récita-t-il, fier de lui.
Je le fusillai du regard.
« Et il n'y a que vous qui pourriez me combler, en arrêtant de faire des pronostics sur ma relation avec Edward ! Si vous êtes si sûrs de votre coup, foutez-nous la paix et attendez de voir, mais là, vous êtes lourds ! » crachai-je.
Le silence tomba à la tablée ; et j'eus soudain honte de m'être laissée emporter. Mais je commençais à en avoir plus que marre.
Esmée fit un petit sourire pour calmer tout le monde.
« Elle n'a pas tort, laissez-les tranquilles. Je crois qu'ils ont compris le message. »
Je lui envoyai un bref sourire de gratitude, et me retournai vers mon assiette, mangeant en silence et sans appétit.
Carlisle et Esmée nous expliquèrent le fonctionnement de leur chasse au trésor ; et nous quittâmes tous assez tôt la table.
Je pris une rapide douche ; séchai mes cheveux rapidement, et passai mon pyjama.
Quand j'arrivai dans la chambre d'Edward, il était déjà là. Il leva brièvement le regard vers moi.
« Désolée pour le pyjama. » sifflai-je. « Mais j'ai rien d'autre. »
Je m'assis sur le lit, puis me glissai entre les draps.
Edward en fit autant, se plaçant au bord du lit ; comme la veille. Il allait juste falloir que je fasse attention à ce qu'on ne se rapproche pas. Je devinais que j'allais passer vraiment une sale nuit.
Je fermai les yeux ; Edward laissait allumée juste une petite lampe sur sa table de nuit, et lisait un bouquin un peu écorné. Je n'avais pas la foi de me lancer dans une discussion littéraire avec lui. J'essayai de m'endormir.
Et si on ne participait pas à la chasse au trésor, le lendemain ?
Non, Esmée serait sûrement déçue, pensai-je avec regret. Dommage.
Je me résignai, et me laissai glisser peu à peu dans le sommeil…
EDWARD
Je me réveillai le lendemain, les tempes m'élançant douloureusement.
Je me tournai sur le dos et ouvris les paupières. Au moins, on n'était pas en pleins préliminaires.
Je me risquai à jeter un coup d'œil de son côté ; elle dormait encore, la bouche légèrement entrouverte, me faisant face. Une lourde boucle lui barrait la joue, et machinalement, je la remis derrière son oreille. Elle marmonna lorsque mes doigts frôlèrent sa peau chaude et mon estomac se contracta un peu.
J'étais foutu, je le savais.
Mes sens avaient eu raison de moi.
Maintenant, j'avais envie de la toucher de n'importe quelle façon. Tant que sa peau et la mienne entraient en contact.
Je regardai le radio-réveil posé sur ma table de chevet : 6 heures 53.
J'avais encore une heure à paresser avant de me lever.
Je m'allongeai sur le flanc gauche, face à elle.
La veille, j'avais appelé Alec, espérant que la culpabilité me ramènerait à la raison que je semblais avoir perdue.
Il s'était excusé de ne pas être venu. Je m'étais mentalement excusé parce qu'une part de moi était heureuse qu'il ne l'aie pas fait.
Il m'avait demandé de ses nouvelles. Je lui avais demandé des nouvelles de Tanya en retour, détournant la question.
Il m'avait sous-entendu une ébauche de sentiments dont il commençait à être conscient pour Tanya. J'avais sous-entendu mentalement l'ébauche de désir dont je commençais à être conscient pour son ex.
J'avais à peine écouté ce dont il m'avait parlé. Toutes mes pensées étaient tournées vers elle.
Elle soupira et bougea dans ma direction.
Un frisson me parcourut l'échine et je déglutis. Puis je m'approchai légèrement à mon tour.
Je pouvais me laisser aller ici. C'était ce que je me disais pour essayer de me rassurer.
Ici, on n'était pas à New York.
Ici, j'étais obligé de dormir avec elle.
S'il devait se passer quelque chose, ça n'aurait aucune importance. Parce qu'on était loin de tout. Loin d'Alec.
J'observai les traits paisibles de son visage, sa respiration régulière. Sa bouche. J'eus envie de me rapprocher encore un tout petit peu.
Je tendis ma main. Passai légèrement la pulpe de mon pouce sur sa lèvre inférieure. Me rétractant dès que ma peau eut effleuré la sienne.
Je commençai à me mettre mentalement en condition pour la journée qui s'annonçait. On allait la passer pratiquement entièrement ensemble. Seuls.
J'inspirai profondément en essayant de me convaincre que je pouvais y arriver sans céder à aucune pulsion. Que mon esprit serait accaparé par autre chose. Le jeu. La piste. Les indices. La victoire.
Elle marmonna à nouveau en fronçant un peu ses sourcils.
Je me rapprochai encore un peu.
J'en avais le droit. Elle dormait.
Elle n'en avait pas conscience.
Elle ne pouvait pas mettre le feu aux poudres avec ses grands yeux noisette.
Elle ne pouvait pas m'en empêcher.
Elle ne pouvait pas s'en aller.
Je me rapprochai encore un peu.
Seulement quelques centimètres nous séparaient à présent.
Une infinité de possibilités.
Je pouvais en rester là.
Je pouvais me tourner sur le dos et ne plus la regarder.
Je pouvais essayer de me rendormir.
Je pouvais me lever.
Je pouvais me rapprocher encore un peu.
Je pouvais l'étreindre, me repaître doucement de son corps et faire mine de rêver.
Je pouvais la réveiller. L'embrasser. Céder.
Oui… Une infinité de possibilités.
Mais elle décida inconsciemment pour moi. Elle bougea un peu dans ma direction en chuchotant quelque chose que je ne compris pas.
Ici, on n'était pas à New York.
Ici, j'étais obligé de dormir avec elle.
Alors je me rapprochai aussi. Et je posai doucement ma main droite sur sa hanche, me forçant à ne rien faire d'autre. Mais mes doigts ne semblaient pas d'accord avec ma raison et glissèrent avec légèreté jusqu'à ses reins.
Elle marmonna à nouveau, me figeant un peu, serrant soudainement mon cœur.
Mais elle ne bougea pas.
Et je refermai doucement mes yeux.
« Edward ! Lève-toi, il est plus de 8 heures 20 ! »
J'ouvris un œil endormi alors qu'un froid glacial entrait dans ma chambre.
Le lit était vide ; merde.
« Putain ! T'as même pas préparé tes affaires ! »
Je tournai la tête pour voir ma sœur s'activer dans tous les sens, vêtue d'un treillis, d'une épaisse chemise à carreaux rouges et noirs et de chaussures de marches, les cheveux relevés en queue haute.
« Dépêche ou je t'enlève tes couvertures ! Y a que toi qui es encore au lit ! Je serais venue plus tôt si Maman ne m'avait pas dit de te laisser dormir jusqu'à 20.… Chouchou… »
Je me redressai péniblement et m'étirai me demandant si je m'étais vraiment réveillé un peu plus tôt.
« Dans 5 minutes, si t'es encore là, je… Commença-t-elle.
_ C'est bon ! » Marmonnai-je en sortant du lit.
Elle grommela quelque chose en roulant des yeux et sortit de ma chambre.
J'allai rapidement me doucher et mis le treillis, le t-shirt à manches longues noir et la chemise à carreaux noirs et blancs qu'elle avait posés sur mon lit puis chaussai mes chaussures de marche.
Je descendis rapidement les escaliers et allai dans la cuisine ; ils y étaient tous, sauf mon père, prêts à partir.
« Nuit trop courte ? » Me demanda Jacob avec un rictus.
Jane et Lili gloussèrent alors que je ne prenais même pas la peine de répliquer.
J'allai m'asseoir au comptoir, en évitant de regarder vers Bella. Comment s'était-elle réveillée ?
« Tu veux manger quoi, mon chéri ? Me demanda ma mère.
_ Un truc expéditif. Pas le temps pour le petit déj' royal, il n'avait qu'à se lever plus tôt. » Répondit ma sœur.
Jane et Lili gloussèrent à nouveau, m'arrachant un soupir.
Je mangeais quatre pancakes et buvais rapidement un bol de thé vert, même si ce n'était pas ce dont je raffolais, c'est ce qui me tenait le mieux à l'estomac.
Nous sortîmes dehors à 9 heures tapantes.
Jacob et Baloo avaient l'air impatients de commencer.
Ils le seraient moins à midi si c'était le genre de chasse au trésor qu'on avait l'habitude de faire et seront pressés de rentrer ce soir.
Mon père réapparut, et ma mère rentra quelques secondes dans la maison et sortit avec des cartes, des boussoles et des talkies-walkies.
« Votre parcours s'étend sur environ 20 km à faire dans la journée. Vous avez 5 indices à trouver ce matin, 4 cet après-midi. On se retrouve à peu près à mi-parcours pour déjeuner ; inutile de vous presser, mais marchez bien quand même. Vous avez deux tracés différents. L'un est un peu plus difficile que l'autre mais il vous fera gagner une bonne demie heure. Point de rencontre aux Rochers d'Argent, Rose et Edward savent où c'est, mais vous verrez, ils sont très repérables. Les talkies-walkies, en cas d'urgence. Et Edward, ne refais pas peur à ta mère comme la dernière fois. » M'avertit mon père.
Je souris alors que Rose me regardait de travers.
Elle m'en voulait toujours d'avoir feint une entorse parce que je n'avais pas trouvé le septième indice de notre dernière chasse au trésor et que mes parents m'avaient cherché pendant près de deux heures avant de me trouver. J'avais finalement fini la course en première position grâce au raccourci qu'ils m'avaient fait prendre à leur insu - je m'étais contenté de les suivre à distance -, devançant ma sœur de quelques minutes à peine, alors qu'elle avait trouvé tous les indices.
« Vous avez vos sacs à l'intérieur. Vous pouvez prendre ce sentier… » Nous dit mon père en nous montrant le sentier qui partait à une cinquantaine de mètres sur notre droite. « Ou… celui-là. » Nous dit-il en nous montrant celui qui partait au coin de la villa.
Nous allâmes à l'intérieur récupérer nos sacs puis nous séparâmes sans nous concerter. Jacob, Jane, ma sœur et Baloo s'éloignèrent sur le chemin tandis qu'on prenait celui du coin de la maison avec Jasper, Lili et MSG.
Je soupirai de soulagement ; je n'allais pas me retrouver seul avec elle avant un petit moment.
Je jetai un coup d'œil à la carte, et vis que le premier indice était à environ 3 kms.
Lili accapara sa petite protégée alors que Jasper me demandait ce qu'on attendait exactement de nous durant une chasse au trésor.
« Des fois, ce sont des questionnaires auxquels il faut répondre. Les talkies-walkies servent aussi à ça. Des fois, ce sont des phrases, tout simplement. Des fois c'est des « Rendez-vous au point suivant. » Des fois des « Retournez sur vos pas, sur telle distance, vous trouverez tel arbre, l'indice y sera au pied ».
_ Ah ouais… Ils ne font pas les choses à moitié. Répondit-il.
_ On adorait ça quand on était gosses avec Rose.
_ Et on gagne quelque chose ? » Me demanda alors Lili.
Je me tournai vers elle et croisai le regard de Bella. Je l'observai un instant quand Lili ricana :
« On aurait cédé à la tentation sans que personne n'aie rien entendu ? »
Elle regarda Lili d'un air fatigué.
« A ta place, Edward, je serais vexée qu'elle pense que c'est possible. Commenta-t-elle simplement avant de se détourner.
_ Bien sûr. Quand on était petits, c'était souvent des bonbons, après ça a été de l'argent… La dernière fois, j'avais le droit de choisir ce que je voulais… J'ai choisi la Volvo. » Répondis-je en me retournant.
Jasper éclata de rire.
« Putain, t'as exagéré, quand même. Me dit-il.
_ Ils n'ont pas objecté pour autant. » Répliquai-je en haussant des épaules, un rictus aux lèvres. « Rose était verte…
_ Tu m'étonnes.
_ Mais ça aura peut-être un rapport avec les couples, cette fois-ci. J'ai toujours fait ce jeu seul, je ne sais pas ce qu'ils ont pu préparer. »
Nous continuâmes à marcher en discutant, et nous nous rendîmes vite compte que nous avions pris le chemin le plus difficile, avec les côtes et les contrebas que nous rencontrâmes.
Lili commença à rouspéter au bout d'une demie heure de marche et marmonna qu'elle aurait dû suivre ma sœur. MSG était étrangement silencieuse et je préférais ne pas m'interroger sur son mutisme soudain.
Quelques minutes plus tard, alors que Jasper tentait d'intéresser la meilleure amie de ma sœur à la faune et la flore qui nous entouraient pour lui faire passer le temps, je jetai un regard à la carte et m'arrêtai en regardant autour de moi.
« On est arrivés à notre première étape ? S'excita soudain Lili qui adorait farfouiller partout et apparemment, même dans la forêt profonde.
_ Je pense, ouais. On devrait se séparer… Les indices sont dans le même périmètre mais pas au même endroit. Aucun problème avec la carte ou la boussole ? Demandai-je à Jazz.
_ Ça devrait aller. Répondit-il.
_ Au pire, tu appelles mon père. Mais il y aura une pénalité.
_ Une pénalité ? Répéta Lili, suspicieuse.
_ Ouais. Un indice en moins pour l'énigme finale.
_ Jasper sait se servir d'une boussole. On n'aura pas besoin du talkie-walkie. » M'assura-t-elle. « Tu viens, mon chéri ? On a un indice à trouver. »
Elle le prit par la manche et l'entraîna dans les fougères sur le côté gauche du sentier alors qu'il tentait de sortir sa carte de son sac.
Je ris en les regardant s'éloigner sans s'arrêter. A ce train-là, ils étaient bons pour se perdre.
Je sursautai légèrement en sentant Bella à côté de moi qui regardait attentivement la carte que j'avais dans les mains.
« T'as peur que je nous ai plantés ? Lui demandai-je avec un rictus.
_ Oui. Je suis sûre que tu cours plus vite que moi, et moi, je saurai pas me retrouver, alors j'apprends la carte. » Répondit-elle, un peu amusée.
Je souris un peu aussi et me détournai ; le moins de contact possible, c'était préférable.
« Par là. » Marmonnai-je en lui montrant le côté droit du sentier.
Lili et Jasper étaient déjà hors circuit pour un certain temps.
Je savais que ma sœur allait aller le plus vite possible, surtout qu'ils avaient choisi le chemin le plus facile. Mais on avait les 30 minutes d'avance si on se débrouillait bien et si on ne perdait pas notre temps à nous disputer avec Bella.
Une chasse au trésor, c'était un combat à mort. Surtout contre Rose. On ne s'était jamais fait de cadeaux.
« Cherche un bout de tissu. Si c'est ma mère qui a caché cet indice-là, tu en trouveras un. Si c'est mon père, ce sera des branches de fougères cassées. Lui dis-je en regardant attentivement autour de moi.
_ Tu ne l'as pas dit à Alice et Jasper. Rétorqua-t-elle.
_ Ils ne m'en ont pas laissé le temps. Et s'il sait vraiment lire une carte, ils reviendront vite vers nous. » Répondis-je en haussant des épaules.
Au bout de 10 minutes environ, je l'entendis pousser une exclamation.
« Tissu bleu, ça pourrait être ça ? Me demanda-t-elle.
_ Ça pourrait être ça, ouais… » Dis-je en m'avançant vers elle.
Je la rejoignis et nous nous baissâmes pour scruter les sous-bois. Ils avaient été vaches pour le premier indice, il n'y avait aucun tronc d'arbre mort ou souche pour se repérer.
« Là ! » Me dit-elle en pointant un bout en plastique transparent qui dépassait de dessous des feuilles mortes.
Elle se releva et alla le ramasser. Elle le brandit en souriant.
« Je l'ai trouvé ! Me dit-elle sur un ton presque goguenard.
_ On est censés faire équipe… Pas la peine d'afficher cet air suffisant. » Marmonnai-je.
Elle haussa les épaules, et me tendit la pochette couverte de terre.
« Détends-toi, camarade ! »
J'ouvris la pochette et en retirai le papier.
« Indice n° 1 : Chanteur du XX ème siècle de variété américaine. »
Je grognai en montrant l'indice à Bella.
Elle haussa un sourcil.
« C'est aussi simple ?
_ Non… On a des indices sur le chanteur et on devra sûrement remettre les paroles d'une de ses chansons pas connues dans l'ordre si on arrive à trouver qui c'est. »
Elle rit, me raidissant un peu.
« Il faut la mériter la première place. Bon… Prochaine étape ?
_ Eh bien, prends la carte, vu que t'es si forte. » Raillai-je avec un rictus.
Elle me fit une sorte de grimace et me prit la carte des mains.
« Alors Robinson ? Lui demandai-je quelques secondes plus tard.
_ Robinson n'avait pas de carte. Et je n'ai pas l'atout principal qui pourrait faire de moi un homme. Répliqua-t-elle, les yeux toujours fixés sur le plan.
_ Je vais pas t'appeler Jane, ça le ferait pas. Alors Tok ? Lui redemandai-je, faisant allusion au singe femelle, amie de Tarzan chez Disney.
_ Je suis pas si poilue, répliqua-t-elle. Par là. »
Nous rebroussâmes chemin pour retrouver le sentier, puis continuâmes sans voir Lili et Jasper. Je récupérai la carte pour vérifier au cas où, et nous prîmes la direction Nord - Nord - Ouest.
Je regardai ma montre : un peu plus de 10 heures et quart. J'accélérai le rythme et l'entendis marmonner derrière moi. Je lui jetai un coup d'œil, et la vis me regarder de travers.
« Tu joues pas ta vie ! Marmonna-t-elle.
_ Non… C'est encore mieux ! La victoire. Déjà fatiguée ? Raillai-je en haussant un sourcil.
_ Rêve. » Grogna-t-elle en allongeant elle aussi la foulée.
Deux heures plus tard, nous avions trouvé 4 des 6 indices.
Elle était rouge tomate et transpirait pas mal, mais ne se plaignait pas.
Nous ne parlâmes pas beaucoup, juste pour s'échanger nos hypothèses sur le chanteur dont nous devions trouver l'identité.
Les indices que nous possédions été les suivants :
« Indice n° 2 : Je suis né dans le New Jersey. »
« Indice n° 3 : Mon style musical s'étend du crooner au disco. »
« Indice n°4 : Je fus animateur radio avant de devenir chanteur. »
Pas encore de « Passez à l'étape suivante » ou « Retournez sur vos pas. » Je soupçonnai mes parents de nous les avoir préparés pour l'après-midi, quand on commencerait à en avoir marre de nous coucher à moitié sous les fougères pour trouver les indices. Et vu les cachettes qu'ils avaient trouvées pour les précédents, j'imaginais sans mal le casse-tête qui nous attendait pour la suite.
« La vie des stars, c'est pas trop mon truc. Me dit-elle au milieu d'une côte, d'une voix un peu essoufflée.
_ Ça fait partie de la culture générale. Marmonnai-je.
_ Eh bien la tienne n'est pas très étendue vu que tu ne sais pas qui c'est. »
Je serrai des dents et finis de monter la côte en silence. Notre cinquième indice se situait directement après.
Je m'appuyai contre le premier arbre que je trouvai et essayai de reprendre mon souffle en scrutant les environs, une bouteille d'eau à la main. Si je m'en référais au tracé des deux chemins différents, on n'allait pas tarder à croiser la route des autres. Et vu le temps que nous avions perdu pour le troisième indice, j'avais peur que ma sœur ne soit passée devant nous.
« Dépêche-toi. Marmonnai-je quand elle arriva.
_ Oh, ça va ! Pourquoi tu commences pas à le chercher au lieu de me faire chier ? T'en as trouvé qu'un sur quatre. Pour quelqu'un qui a l'habitude de faire ce genre de jeu, t'es pas super fort. Ta voiture, c'est le seul lot que t'as gagné ? » Railla-t-elle en sortant une gourde de son sac.
Je la fusillai du regard, hésitant entre la rejoindre pour lui faire ravaler son amertume ou m'éloigner chercher l'indice pour rattraper le temps que nous avions perdu.
Je choisis la deuxième solution et détournai mon regard de ses yeux noisette.
Je trouvai assez facilement l'indice et elle m'applaudit ironiquement lorsque je la rejoignis.
« Tu n'embrasses pas le vainqueur ? Raillai-je.
_ Pour qu'il se plaigne que je l'agresse ? Sûrement pas. »
Je la fixai un instant et me détournai en sortant le papier de la pochette. J'avais tenu jusque là, je pouvais le faire jusqu'à la fin de la journée. Oui… Je pouvais le faire.
« Indice n°5 : J'étais proche de la famille Grimaldi de Monaco. »
« Monaco ? Répéta-t-elle.
_ C'est en France. Grognai-je.
_ Oh désolée ! » Railla-t-elle. « Ça ne m'avance pas plus, personnellement.
_ Moi non plus. Bon… Il est près de 13 heures, accélérons. Parce que je ne sais pas toi, mais je commence à avoir faim. »
Nous reprîmes notre chemin et au bout de deux kilomètres, j'aperçus ma sœur et Baloo arriver sur un chemin transversal. Je pestai contre moi-même en allongeant le pas.
« On vous a rattrapés, j'y crois pas ! » S'écria Rose.
Je marmonnai en la rejoignant.
« Désolé si j'ai un poids en guise de coéquipière.
_ Dis plutôt que vous vous êtes arrêtés derrière un arbre ! »
Je tournai la tête pour voir Jacob portant Jane sur son dos, arriver à leur tour.
« Vous n'avez pas le droit ! M'écriai-je.
_ Je leur ai dit. » Marmonna ma sœur. « Mais Kokuum m'a rétorqué que Papa ne l'avait pas stipulé. Vous recherchez quoi ?
_ Un chanteur de variété américaine. Et vous ?
_ Un scientifique italien du Moyen Age. » Grogna-t-elle.
J'éclatai de rire alors que MSG arrivait enfin à notre hauteur.
« Bon courage. Surtout s'il vous faut remettre dans l'ordre un extrait de texte. S'ils sont vaches, ils vous laisseront le Latin.
_ Papa en est bien capable. » Me répondit-elle. « Vous avez perdu Lili et Jazz ?
_ Dès le début. J'espère pour eux qu'ils ne sont pas très loin.
_ Il sait lire une boussole et une carte ? Parce que Lili en est bien incapable.
_ Jasper m'a dit que oui…
_ Bon. Eh bien à la guerre comme à la guerre, tant pis pour eux si ce n'est pas le cas ! On vous laisse, on a une première place à décrocher. De toute façon, on prend le même chemin d'après la carte, on est à même pas 2 kms des Rochers d'Argent. Ciao les loosers ! » Nous dit-elle en nous faisant un signe de la main en reprenant sa marche.
Je grognai et me tournai vers MSG qui discutait tranquillement avec Jane comme si elle était à une terrasse de café sur Central Park.
« Oh ! On n'est pas là pour parler boutique ! On a une première place à décrocher ! M'agaçai-je.
_ Si tu veux mon avis Bella, une petite pause dans les fougères ne lui ferait pas de mal, il est trop stressé. » Répliqua Jacob avec un rictus en me regardant.
Ma coéquipière haussa les épaules.
« Il aura plus tôt fait de se démerder seul. Allez, bonne continuation ! »
Elle leur fit un signe de la main et revint vers moi.
Je marmonnai et repris la marche, essayant de rattraper Rose et Baloo ; c'est qu'ils marchaient vite avec leurs jambes d' 1 m 10.
Je lançai de temps en temps des regards excédés à MSG.
« Il faut quoi pour que t'accélères le mouvement ? Qu'on s'engueule ? Grognai-je au bout d'un quart d'heure.
_ Qu'est-ce que tu veux, ta présence est tellement agréable que je tiens à en profiter encore un peu. » railla-t-elle. « On peut couper en escaladant par là-bas, si tu veux, tant que t'y es !
_ Si t'en étais seulement capable… Mais à part monter sur un mec, je sais pas ce que tu peux faire sans en éprouver de la difficulté. » Répliquai-je sur le même ton qu'elle.
Elle s'arrêta net, me lança un regard plus calme que je ne l'aurais cru.
« Tu me défies d'escalader ce petit pan de rien du tout ? Pas que je ne veuille pas relever, mais j'aurais peur que tu te blesses.
_ A d'autres ! Tu vas me faire croire que tu sais faire de l'escalade ? » Ricanai-je.
Un éclat illumina ses yeux, et j'avais appris à mes dépends que c'était mauvais signe.
Elle passa rapidement devant moi, me frôlant légèrement au passage et je me détournai pour la suivre des yeux se diriger vers le pan de terre et de roches escarpées sur notre droite.
J'eus un rire moqueur en la regardant évaluer le mur naturel. Puis elle rattacha rapidement ses boucles folles, réajusta son sac à dos et en boucla la ceinture autour de sa taille. Elle prit ensuite appui sur une roche au niveau de ses genoux et agrippa une racine après en avoir testé la solidité.
Elle allait se prendre pour Cheetah, ou quoi ?
« Qu'est-ce que tu fais ? » Marmonnai-je en m'approchant d'elle alors qu'elle était à présent à environ 2 m du sol. « Fais pas l'imbécile, tu pourras pas descendre, après… Et on n'a pas le droit de passer par là, c'est pas sur notre itinéraire… »
Elle ne m'écouta pas, ne me répondit pas non plus et continua son ascension.
Je rejoignis le mur à grandes enjambées, franchement agacé, et pris appui sur un rocher à terre pour la saisir par la jambe.
« Je t'ai dit de descendre ! » M'irritai-je en lui prenant la cheville.
Elle eut un faux mouvement quand je tirai dessus, glissa sur la roche en poussant un léger cri de surprise et tomba, le buste légèrement incliné en arrière. Pris de panique, je tendis les bras pour la rattraper et elle m'entraîna dans sa chute. Je tombai brutalement à la renverse, un bras autour de sa taille et grimaçai sous l'impact.
Elle se releva tant bien que mal aussi vite qu'elle le put et se tourna vers moi, les joues rouges, les yeux lançant des éclairs.
« Mais t'es malade ! Faut jamais faire ça ! » Hurla-t-elle d'une voix perçante.
Je me relevai à mon tour en me frottant les reins.
« Tu voulais quoi ? Me tuer ? Continua-t-elle de crier.
_ Je t'ai pris contre moi pour t'éviter l'impact, ok ? M'irritai-je en sentant la colère monter en moi.
_ Oh oui, bien sûr ! Et tu veux que je te remercie ? T'imagines qu'on aurait pu se faire très mal !
_ Je suis désolé ! Voilà ! T'es satisfaite ? La prochaine fois, je te laisserai tomber sans lever le petit doigt.
_ Non ! La prochaine fois, tu ne me provoqueras pas ou tu ne tenteras pas de me saisir par la cheville pendant que j'escalade ! » Cria-t-elle en me contournant pour reprendre le sentier.
Je sentais mon cœur battre lourdement contre mes côtes, alors que la colère me faisait trembler. Je fermai un instant mes yeux, mâchoires serrées alors que l'envie de lui clouer le bec comme elle l'avait fait avec moi quelques semaines plus tôt, m'envahissait.
J'étais à bout. À bout de tout.
Elle me rendait dingue. Totalement dingue.
Je me retournai vers le sens de la marche et la rattrapai facilement en lui saisissant le bras. Elle pivota brusquement, manquant de tomber une nouvelle fois.
« Non, mais t'es pas bien, mon gars ! Qu'est-ce que… » Commença-t-elle.
J'attrapai brusquement sa nuque et plaquai mes lèvres sur les siennes, la figeant soudainement. Je collai mon corps contre le sien, gémissant presque à la sensation dont je m'étais trop facilement habitué, voulant la toucher, comme le matin même. Voulant lui faire ressentir un aperçu des sensations qu'elle refoulait en moi.
Elle se détacha trop brusquement, trop tôt surtout, les joues rougies, la respiration un peu saccadée, les cheveux défaits et je la contemplai durant ces quelques secondes ; elle était belle… Et elle m'était interdite par acquis de conscience.
Elle me regardait avec une animosité sans nom qui la rendit encore plus désirable à mes yeux et qui me donnait envie de me rejeter sur elle. Même si on devait se battre pour ça.
Elle leva sa main, rompant presque le charme de mes pensées, mais je lui saisis le poignet avant qu'elle ne m'atteigne, anticipant le geste alors que ses joues rougissaient à vue d'œil.
« T'as pas intérêt, Bella… » Soufflai-je, la voix rauque, chargée d'intensité.
Je la regardais avec désir, elle me regardait avec haine.
Je la voulais à nouveau contre moi, elle voulait m'éloigner d'elle le plus possible.
Je lui montrais pour la première fois ce qu'elle représentait à mes yeux, mon désir d'elle, ma raison qui en repoussait l'idée, mes sens qui voulaient céder quand même, mon amitié pour Alec qui se devait d'être plus forte, beaucoup plus forte que ça ; elle n'en avait même pas conscience.
Je la lâchai et retournai près du mur naturel où mon sac de randonnée gisait toujours, le cœur battant toujours aussi vite.
Quand je fis à nouveau face au chemin, elle était partie et je me figeai en voyant Jacob et Jane arrêtés au beau milieu du sentier en me regardant.
Merde ! Qu'est-ce qu'ils avaient vu encore ?
Puis ma meilleure amie retourna lentement sa tête vers le sentier et se mit à hurler :
« ROSE ! »
Avant de se mettre à courir après avoir donné son sac à mon colocataire qui me regardait avec cette fois-ci un rictus au coin des lèvres.
Je repris la marche, l'estomac contracté, mais il me rattrapa.
« C'est pas ce que tu crois… Marmonnai-je en regardant ma meilleure amie passer en courant devant MSG à une cinquantaine de mètres devant nous.
_ Mais non. Ricana-t-il.
_ Non.
_ Tu l'as juste embrassée et elle a juste voulu te gifler. »
Je déglutis et serrai des dents.
« Tu sais, quand je t'ai dit qu'elle aimait les mecs directs, c'était pas aussi directs que ça, quand même. Enfin, je ne devrais peut-être pas juger aussi vite, on n'a pas vu grand-chose au final. Enchaîna-t-il.
_ C'était rien.
_ Un baiser n'est jamais rien.
_ Pour un idéaliste. Moi, je suis un réaliste.
_ Je sais qu'elle te plaît. Ça se voit de plus en plus.
_ C'est vous et vos sous-entendus ! Vous et la pression que vous nous mettez en permanence pour qu'un de nous deux tente quelque chose ! » M'irritai-je.
Il eut un rire nerveux mais ne répondit rien.
« Va la voir. Dis-lui que je m'occupe du dernier indice. » Marmonnai-je en ressortant la carte de mon sac.
Il ricana à nouveau et allongea le pas.
Je le regardai la rejoindre, l'estomac noué, pensant amèrement que je ne tiendrai jamais le coup.
BELLA
Je vis Jacob rappliquer ; et je levai les yeux au ciel.
« Tu vas me faire chier sur ce que t'as cru voir ? » crachai-je.
Je continuai à marcher ; puis me retournai, et fis face brusquement à mon meilleur ami.
« Qu'est-ce que tu fous là ? Allez, vas-y, marre-toi bien, et va rejoindre Jane ! Je suis pas d'humeur, là !
_ J'avais cru remarquer ! Alors calme-toi, je ne vais pas te saouler ! »
Nous nous affrontâmes quelques instants du regard ; puis je détournai les yeux, et me passai la main dans les cheveux, sentant soudain les larmes affluer sous mes paupières.
« Ça va, Bella ? S'inquiéta Jake.
_ Non ! Non, ça ne va pas ! J'en ai marre, de ce putain de week-end de merde ! » hurlai-je.
Jacob tressaillit.
« On repart demain… C'est pas la mort.
_ Non, bien sûr, c'est pas la mort, pour toi ! Tu es avec Jane, tu t'éclates, et vous nous mettez la pression avec l'autre pour qu'on couche ensemble. C'est vachement marrant ! Mais est-ce que vous vous rendez seulement compte que même si on en avait envie, et je dis bien même si, il en serait hors de question à cause d'Alec ! Tu crois que ça lui ferait quoi, à lui, d'apprendre que son meilleur ami s'envoie en l'air avec son ex ? Tu crois que ça lui ferait du bien ? Tu crois qu'il a besoin de ça ?
_ Alec, Alec, Alec ! » s'énerva Jacob. « Il n'y a que lui, tout le temps ! Tu ne parles que de lui, comme si c'était le seul mec sur Terre ! Pourquoi tu ne veux pas voir les autres ?
_ Jake ! Je pensais que tu pouvais comprendre… Oh, laisse tomber. Je suis fatiguée. »
Je secouai la tête, et retournai vers l'endroit où j'avais laissé Edward ; il n'était plus là.
J'hochai la tête, et suivis le sentier indiqué, alors que Jake me criait que je ne devrais peut-être pas y aller seule. Mais je m'en foutais, sincèrement. Même si je me perdais…
Je me perdrais, et ça ne serait pas grave.
Mais je retrouvai Edward.
Il avait le dernier indice de la matinée à la main ; je détournai simplement le regard, ne pipai mot.
Nous nous mîmes en direction du point de rendez-vous ; y arrivâmes en un quart d'heure. De lourd silence.
De toutes façons, je n'avais rien à lui dire.
Mais qu'est-ce qui lui prenait ? Pourquoi il m'avait embrassée ? Pourquoi il me regardait ainsi, parfois ? Il était sensé me détester, putain, c'était tellement plus simple quand il me détestait ! Mais sans doute était-ce quand même le cas. Peut-être avait-il eu raison. La colère et la haine pouvaient être sources de tension sexuelle.
Parce que quelque part, ses étreintes me faisaient bouillonner. Et j'avais à chaque fois envie qu'elles cessent ; mais dès qu'il s'éloignait, j'avais envie de me rapprocher. Cette dualité me rendait dingue, c'était à se demander si je ne devenais pas hystérique.
Au point de rendez-vous, Alice et Jazz étaient déjà présents ; Edward fronça les sourcils.
« Vous n'étiez pas perdus, vous ?
_ Eh bien heureusement qu'on a trouvé un autre sentier ! Ce n'est pas toi qui nous aurais aidé ! Répliqua Alice.
_ Il fallait appeler Carlisle.
_ Et avoir une pénalité ? Jamais ! »
Alice et Edward continuèrent à s'envoyer des répliques, et je détournai le regard, pour croiser celui, calme et un peu curieux, de Jazz.
Je m'éloignai de quelques pas ; et il me rejoignit.
Au début, il ne dit rien.
Je me tournai vers lui.
« Tu ne vas pas me demander comment s'est passée ma journée ? Faire des allusions sur Edward et moi ?
_ Quelque chose me dit que tu n'as pas besoin de ça. »
Je lui fis un petit sourire.
Il posa sa main dans mon dos, et le frotta légèrement, en un geste réconfortant.
« Merci. Fis-je.
_ De rien. »
Nous nous remîmes côte à côte, observant le paysage, ne remarquant que tout le monde était arrivé qu'au moment où Rosalie nous sauta dessus.
« Alors ! Comment c'était, cette chasse ?
_ On verra ça ce soir. » la calma instantanément Jazz. « Et si on rentrait ? »
Nous rentrâmes tous ensemble ; les autres babillaient tous dans leur coin. Moi, je restai un peu en retrait. Je vis Jake et Emmett me lancer quelques regards inquiets ; ce dernier vint me voir à un moment.
« Ça va, petite sœur ? » fit-il en passant son bras autour de mes épaules.
Je hochai la tête.
« Et toi ? »
Il me fit un clin d'œil.
« Si on était en retard avec Rose, c'est qu'on a fait une petite pause… crapuleuse. »
Je levai les yeux au ciel, et ne pus empêcher un rire de s'échapper de mes lèvres. Emmett savait toujours dévier le sujet de conversation, très souvent sur le sexe, quand il voyait que je n'avais pas envie de parler.
« Ravie de l'apprendre. »
Nous finîmes par rejoindre la grande maison blanche ; où Esmée et Carlisle nous attendaient avec cet air tendre et maternel / paternel qui les caractérisaient… mais commençait à me pomper l'air.
Je détournai le regard, à nouveau.
Les autres racontèrent chacun leur journée ; se vantant d'avoir trouvé tous leurs indices, d'être arrivés premiers, de ceci, de cela…
Esmée écoutait tout le monde, et proposa de passer à table pour les réponses aux devinettes et les délibérations.
Je croisai son regard ; et secouai la tête en guise d'excuse.
« Pardonnez-moi, mais je ne me sens pas très bien. J'ai dû attraper froid ; je pense que je vais sauter le repas. »
Esmée eut soudain l'air inquiète et s'approcha de moi alors que les autres faisaient un silence un peu curieux. Seul Edward avait détourné le regard, et Emmett regardait Edward.
« Tu te sens fiévreuse ? » demanda-t-elle en me tâtant le front.
Je me reculai vivement.
« Non, ça va… Je suis juste fatiguée, et j'ai un peu froid… Je vais aller me coucher.
_ Tu ne veux pas que Carlisle t'examine ?
_ Non, Esmée, c'est gentil…
_ Tu devrais quand même manger quelque…
_ Merci… Si j'ai faim, je descendrai, promis. »
Elle hocha la tête, ne se départissant pas de cet air inquiet qui me mettait mal à l'aise, et je montai à l'étage. Je pris une rapide douche, et me mis en pyjama ; puis j'allai me glisser entre les draps.
Je saisis au passage mon journal intime, et l'ouvris.
River Green, Samedi 29 novembre 2009,
Cher journal,
Cela ne fait que trois jours que nous sommes ici, et même pas complets. Et j'en serais presque malade ; pourtant, avant de partir j'étais certaine que m'éloigner d'Alec ne pourrait que me faire un peu de bien ; comme quand j'étais partie à Forks.
Eh bien non.
Il faut dire que je n'avais pas prévu de partager le lit d'Edward, loin de là. Mais le pire, dans l'histoire, c'est que ce n'est même pas cette partie là la pire du week-end prolongé ; non, c'est les autres. Qui nous mettent la pression, avec Edward, pour que l'on couche ensemble ; comme si c'était envisageable. C'est Edward, aussi, qui semble péter un câble au point de m'embrasser en pleine forêt ; qu'est-ce qui lui a pris ? Je suppose que c'est un mélange entre la pression exercée par les autres et le fait de ne plus avoir Jane pour se défouler sexuellement. On n'est toujours pas capables d'avoir des relations posées, lui et moi. Il faut toujours qu'on finisse par s'engueuler. Il faut dire que ma tête ne lui revient pas, et que je hais ce type de gars qu'il est : juger les gens sur la première impression qu'ils donnent et ne pas chercher à les connaître en profondeur. Ne pas leur laisser leur chance. Je ne pensais pas qu'Alec serait capable d'avoir des amis aussi superficiels ; mais les opposés s'attirent comme on dit.
Je ne vais pas parler plus que ça de lui ; ça ne vaut franchement pas la peine. Au point où j'en suis, je veux juste me barrer de ce lieu qui semble trop idyllique pour être honnête, et retrouver le gris de New York. Le reste ne m'importe plus.
Vraiment plus…
Je claquai sèchement mon journal, et me relevai pour le glisser dans mon sac.
J'éteignis la lumière et me recouchai dans la pénombre, alors que les volets non mis laissaient passer la lumière de la lune. Je me plaçai sur le dos, les bras derrière la tête, regardant le jeu d'ombre sur le plafond.
Je dus m'assoupir, car je me réveillai en sursaut en sentant quelqu'un glisser entre les draps à côté de moi.
Je jetai un coup d'œil à Edward.
Et le voir eut le don de me réveiller complètement.
« Derrière nuit ensemble, mon amour, c'est fou ce que tu vas me manquer après ! » ne pus-je m'empêcher de railler.
Il se figea, dos à moi.
« La ferme. » Siffla-t-il. « Je ne suis vraiment pas d'humeur, alors si tu veux passer une dernière nuit tranquille, tu me fais plaisir et tu t'endors, ok ?
_ Oh, mais sans problème ! Que ne ferais-je pas pour ton plaisir. Répliquai-je sèchement avant de me retourner également, dos à lui.
_ Tu veux vraiment savoir ce qui me ferait plaisir ? Que tu repartes d'où tu viens ! Que tu sortes de ma vie ! Y a pas de facs dans l'état de Washington ? Même minables, qu'est-ce que ça peut te faire… »
Je ne répondis pas tout de suite. Finis par le faire d'une voix glaciale.
« Pour qu'après tu me sortes que j'abandonne Alec ? Mais ne t'en fais pas. On n'aura plus de contacts, désormais ; approximativement jusqu'aux fiançailles de ta sœur et de mon frère, si fiançailles il y a. Et là encore, on s'ignorera. D'ailleurs, je ne pense pas rester à New York.
_ Arrête de parler de lui. » Siffla-t-il. « J'ai suffisamment honte.
_ De toutes façons, on ne parlera bientôt plus du tout.
_ Ô joie ! Si tu veux, j'achète une bouteille de Champagne, on la fera sauter lors de notre toute dernière conversation. Railla-t-il.
_ Non. La simple idée qu'on ait encore quelque chose à voir tous les deux, après ce week-end, aurait tendance à me faire pousser des boutons.
_ Désolé de ne pas t'avoir donné d'orgasme hier matin. » Railla-t-il. « Tu aurais peut-être gardé un… meilleur souvenir. »
Je me raidis, me souvenant en un flash de ce qui s'était passé. Et crispai les poings.
« T'as pas à être désolé. C'est pas dans tes bras que je m'attendrais à avoir un orgasme.
_ Ne te diriges pas dans cette direction, Bella, c'est un conseil. » Siffla-t-il après un moment.
Je haussai les épaules.
« Alors ne lance pas le sujet. Mais pour ce que ça changerait, après tout, y a pas de quoi en faire un fromage. »
Je le sentis se retourner derrière moi et inspirer profondément.
« Tu veux vérifier ?
_ Franchement pas la peine. Bonne nuit, à propos. »
Je sentis un bras passer sur mon ventre, me faisant contracter les abdominaux, puis il se colla contre mon dos… comme la veille au matin.
« C'est pour la bonne cause, on dira… » Souffla-t-il d'une voix soudain voilée en se pressant contre lui.
Je me raidis.
« Il n'y a pas de bonne cause. Tu sembles oublier que d'un, on se déteste, de deux, on ne se reverra plus, et de trois, toi-même te sens obligé de te tenir à des kilomètres de moi.
_ Tu veux que je te dise quoi ? Quelque chose qui me culpabilisera encore plus aux yeux de mon meilleur ami ? » Dit-il en me pressant encore plus lui. « Je ne peux pas faire ça… J'en suis incapable.
_ Tu n'as rien à me dire. Rien à me prouver. De toutes façons, il n'y a rien à dire.
_ J'ai pas envie que tu parles. » Murmura-t-il en faisant glisser ses doigts sur mon ventre.
Mon estomac se tordit alors qu'une sonnette d'alarme se tirait dans ma tête.
« Arrête, tu vas encore regretter, fis-je d'une voix blanche.
_ Pour regretter il faudrait qu'on aille jusqu'au bout… Je veux juste un aperçu de ce que je rate. » Répondit-il, contre la peau de mon cou.
Je fermai les yeux.
« Rien. Je n'aurais pas été en couple avec Alec, au mieux, on se serait toujours ignorés.
_ Tu n'aurais pas été en couple avec Alec, j'aurais tout fait pour t'avoir. »
Je tressaillis, me figeai entre ses bras ; et le silence tomba entre nous.
Puis je me retournai lentement pour lui faire face.
Son regard acheva de me faire perdre pied.
« Tu me détestes. » fis-je en m'élevant lentement au dessus de lui.
Je pris appui d'une main d'un côté de sa tête, nos bassins se frôlant, nos corps se caressant - mais pourquoi faisais-je ça ?
« Plus que tout. » Souffla-t-il en écrasant sa bouche contre la mienne.
Je frissonnai contre lui, sentis son érection se presser contre mon entrejambe. Je lui laissai l'accès à ma bouche ; puis m'écartai un peu, fermant les yeux.
« Alors c'est pas normal.
_ Non. Pourquoi il a fallu que tu sois avec lui ? Murmura-t-il en cherchant à nouveau ma bouche.
_ Et pourquoi pas ? » murmurai-je d'une voix rauque avant de lui offrir à nouveau l'accès à mes lèvres.
Toutes mes barrières s'effondrèrent et je me laissai aller contre lui, alors que son bras passait autour de ma taille.
Nos corps s'épousèrent parfaitement, changeant mon sang en lave dans mes veines ; et je glissai une de mes jambes entre les siennes, alors que ses doigts s'aventuraient sur le débardeur de mon pyjama.
Il caressa mes côtes et atteignit mes mamelons au moment où je faisais passer son tee-shirt par-dessus sa tête puis descendis ma bouche sur son cou.
J'embrassai sa peau brûlante, et il prit mes seins en coupe, me faisant cambrer contre lui. Mes doigts glissèrent dans son dos, parcourant ses muscles, les sentant rouler sous ma peau.
Il me plaqua à nouveau contre lui, et embrassa mon épaule ; je perdis le sens des réalités, et fis glisser ma main le long de ses côtes, jusqu'à sa hanche. Je jouai quelques instants avec le haut de son pantalon, puis je glissai ma main dessous, cherchant sa bouche. Mes doigts passèrent sous l'élastique de son caleçon, et j'approfondis notre baiser au moment où j'effleurais son sexe dressé.
Il tressaillit, et je refermai ma main sur sa verge pour lui imprimer un rythme d'abord lent, puis plus soutenu.
Ses muscles se contractèrent, ses mains agrippèrent mes hanches ; et il finit par vouloir se dégager. Je ressortis ma main de son caleçon, mais plaquai nos bassins l'un contre l'autre, et frottai mon intimité contre son membre tendu, alors qu'il s'accrochait à mes fesses ; et je le sentis venir contre moi, accueillant la sensation avec un spasme de plaisir.
Puis je rouvris les yeux, et nos regards se trouvèrent, s'ancrèrent, se soutinrent.
Je me recouchai sans un mot à côté de lui ; puis plaçai ma tête sur son épaule, inspirant son odeur. Ma main se posa sur son torse, et je glissai une jambe entre les siennes.
Il n'y avait pas besoin de mots. Je ne voulais pas penser à ce qu'il m'avait dit, à ce qu'on venait de faire, à ce que ça impliquait à ce que j'en ressentais.
Je voulais juste m'endormir contre lui.
Et c'est ce que je fis…
Alors ? Qu'est-ce que vous en dites ? Un petit… Oups ! ^^. Z'ont perdu les pédales nos amoureux j'ai bien l'impression… ;-) Mais, hey ! Ils ont pas tout à fait couché ensemble... Vos êtes d'accord hein ?
