Bonjour bonjour !
Et non vous ne rêvez pas ! Voilà bien un nouveau chapitre ! Et ce, pour deux raisons :
- 1/ Vous avez été adorables et nous avez laissé 66 reviews pour le chapitre dernier, soit un nouveau record pour nous. Vraiment, nous vous adorons, et pouvons bien poster exceptionnellement plus tôt pour vous remercier
- 2/ Et à la demande de l'une d'entre vous, revieweurs. Marine, à qui nous souhaitons un très joyeux anniversaire et plein de bonnes choses (d'ailleurs, joyeux anniversaire à vous si vous êtes d'aujourd'hui). Un petit cadeau pour toi (en plus du chapitre !) A PRENDRE AU 15 000ème DEGRE :
Cancer (22 juin - 22 juillet)
Planète : Saturne
Planète en exil : Saturne
Elément : Eau
Vous êtes sensible et même très sensible. Vous ne vous sentez en sécurité que dans votre foyer.
Vous n'êtes en fait que des peureux pleurnichards qui encombrent les services psychiatriques de nos établissements de santé.
Il serait peut être temps de vous prendre en main et d'arrêter d'emmerder les autres.
Vous avez la naïveté d'un enfant de six ans et l'agressivité d'un vieux labrador. En fait, vous êtes inapte à la vie et ne survivez que grâce à la pitié des autres.
Amour : Vous êtes une personne adorable, attentionnée, douce, très affectueuse, tendre et surtout sincère. C'est la raison pour laquelle votre conjoint(e) reste à vos côtés car cela compense votre manque de maturité, votre caractère lunatique et votre infecte possessivité.
Travail : Au travail, vous avez parfois la sensation d'être inutile. Ce qui est faux ! Les cancers ont une place importante dans le milieu professionnel.
Vous avez la même utilité que les plantes vertes et faites de magnifiques objets décoratifs. Et que serait le monde du travail sans décoration ?
Mieux encore, vous remontez le moral de vos collègues. En effet, de qui pourrait-on se moquer ? De qui pourrait-on dire "je vaux quand même mieux que ce con, non ?".
Famille : Vous avez un sens inné pour la famille. Mais soyons réalistes, ils ne vous supportent plus.
Gérez votre susceptibilité. Vous emmerdez le monde avec vos caprices de gamin. Sachez-le !
Alors arrêtez de bouder sinon vous allez finir au coin. Sales mômes !
Santé : Le Cancer rencontrera des problèmes à l'estomac et au foie vers la période de Pâques.
L'année 2009 va s'illustrer par une dépression nerveuse à partir du 1er janvier jusqu'au 31 décembre.
Cancer célèbre : celui de l'utérus
Hey, on est d'accord, c'est de l'humour, et ON N'EN PENSE PAS UN MOT ;). D'abord, mon horoscope à moi, du même genre, n'est pas tendre non plus :s. MDR
Allez, jvous lâche avec mes blagues limites maintenant ^^. Je tiens quand même à préciser qu'on ne pourra pas poster à chaque anniversaire hein, ni deux fois par semaine à chaque fois ; car nous n'avons déjà plus que trois chapitres d'avance écrits. Il ne faudrait pas qu'on se retrouve bloquées à ne plus pouvoir poster pendant deux semaines !
Passez toutes une bonne journée, un grand merci pour tous vos gentils commentaires, et... Bonne lecture !
EDWARD
Avez-vous déjà passé un moment avec quelqu'un, un moment si intense mais qui vous était normalement interdit ? Avez-vous déjà touché, vénéré une peau que vous n'auriez jamais dû effleurer ? Avez-vous été tellement ému par les sensations qui vous avaient traversées au point de ne pas trouver les mots pour les décrire ? Vous êtes-vous déjà maudit parce que vous rêviez de recommencer ? Avez-vous déjà eu du mal à respirer à cette pensée parce que vous saviez que ça allait détruire un des fondements de votre équilibre ? Parce que c'est ce qui m'arrivait à ce moment-là.
oOo
« Salut… Désolé pour le retard, c'est dingue le monde qu'il y a dans cette ville. » Ria-t-il.
Je me forçai à relever mes yeux des cours que j'étais en train de relire et plongeai mon regard dans celui ambré de mon meilleur ami. Je sentis ma bouche trembler et mon estomac se tordre alors que je me forçai à lui sourire quand il s'assit en face de moi.
On était Lundi, midi 07.
Même pas 24 heures que j'avais quitté un rêve, un fantasme que je devais enfouir à tout jamais au fond de moi.
Il me regarda un moment avec un sourire tranquille. Il avait l'air d'aller mieux ces derniers temps. On aurait même dit qu'il avait commencé à revivre.
« Alors, ce week-end ? Jane m'a dit que la maison était magnifique. »
Je détournai mes yeux et fis mine de ranger mes cours, les mains tremblantes.
« Ça va ? »
Je croisai une nouvelle fois ses yeux, par réflexe et déglutis en me composant le même sourire tranquille qu'il affichait. J'inspirai profondément, le plus discrètement possible et réussis à le regarder vraiment depuis qu'il était arrivé dans le restaurant.
« Oui. Excuse-moi, j'étais plongé dans… Christopher Marlowe ! » Répondis-je en lui montrant vaguement mes cours. « La maison est magnifique, oui. J'ai eu du mal à la reconnaître.
_ Désolé d'avoir raté ça. »
J'ouvris la bouche, et déglutis une nouvelle fois.
« Une prochaine fois. »
Il acquiesça d'un signe de tête en prenant la carte des menus et j'en profitai pour en faire autant. C'était moi qui l'avais invité, il fallait que je sois le plus naturel possible. Que j'arrive à le regarder en face. A faire comme si.
« Et avec Bella ? » Me demanda-t-il, les yeux toujours fixés sur son menu.
Un frisson me parcourut l'échine et ma vue se brouilla un peu alors que mon cœur ratait quelques battements.
La veille, on ne s'était pas adressé la parole de toute la journée. On ne s'était même pas regardés. On avait seulement fait comme si l'autre n'était pas là et que rien ne s'était passé dans cette chambre. Que rien n'avait été dit. Ni partagé. Comme un acte manqué.
Mais je n'arrivais pas à oublier.
Tout était là.
Mes mots.
Le désir dans ma voix.
L'émotion dans mon corps.
Mes aveux.
L'envie de l'avoir ne serait-ce qu'une fois.
La frustration quand elle m'avait quitté.
J'avais encore son goût sur ma langue, la sensation de sa peau sous mes doigts.
Et je la voulais. Je la voulais tellement fort que je n'en avais pas fermé l'œil de la nuit.
C'était physique.
Une envie. Un besoin.
« Pas de meurtre ? Rajouta-t-il avec un rire un peu nerveux.
_ Ça a été. »
Il acquiesça d'un signe de tête avec un léger sourire.
« J'aurais bien aimé qu'elle m'appelle. Mais je suppose qu'il ne faut pas trop tenter le Diable. Ou du moins sa femme, dans le cas présent. »
Un serveur arriva et nous prîmes tous les deux un plat du jour.
« Elle m'a parlé de toi. » Mentis-je soudain.
Je me maudis en voyant cet éclat trop vif dans ses yeux.
« Ah ? Dit-il d'une voix impassible, mais je savais que j'avais toute son attention.
_ Oui. Elle se demandait si ta décision de rester n'avait pas de lien avec Tanya. »
Je vis clairement la déception sur ses traits, mais n'en laissai rien paraître.
Il regarda un moment dans le vide, puis un sourire apparut doucement sur ses lèvres.
« C'est une fille bien. » Souffla-t-il sans me regarder.
Je tressaillis alors que ma gorge s'asséchait.
« Je ne comprends pas pourquoi tu la détestes. J'étais pourtant persuadé que vous vous entendriez très bien, tous les deux. Jane aussi. »
Ce fut à mon tour de détourner mon regard, la culpabilité me rongeant le ventre.
« Tout le monde peut se tromper. Soufflai-je d'une voix un peu cassée.
_ Vous vous ressemblez tellement sur certains points, c'est peut-être à cause de ça.
_ Tu n'as pas répondu. » Répliquai-je en détournant la conversation.
Il reporta son attention sur moi, un peu surpris.
« A propos de Tanya.
_ On en a parlé Samedi. Murmura-t-il en se détournant à nouveau.
_ Elle est amoureuse de toi.
_ … Je sais.
_ Elle a besoin de toi.
_ Je sais aussi.
_ Et toi aussi. »
Il eut un sourire triste et regarda par delà la vitre contre la quelle nous étions.
« De Bella aussi. » Souffla-t-il.
J'inspirai lourdement alors que le serveur posait nos assiettes devant nous. Je le remerciai d'un signe de tête et regardai à nouveau mon meilleur ami.
« Le jour où elle verra quelqu'un, que feras-tu ?
_ Rien. Répondit-il en découpant sa viande.
_ Tu la laisseras faire sa vie et tu essaieras d'en faire autant ?
_ Sans doute. Répliqua-t-il après une pause.
_ Tu ne tenteras rien ?
_ Si elle est heureuse ?… Non, je ne crois pas. »
J'acquiesçai d'un signe de tête et commençai à manger.
Près d'une heure plus tard, il retourna au conservatoire et je le regardai s'éloigner jusqu'à ce que la foule l'engloutisse. Puis je rebroussai chemin.
Je me sentais mal. Tellement mal à cause de ce que j'éprouvais.
Je longeai l'avenue, et tournai soudain au coin de la cinquième et de la onzième.
Je ne pensai à rien, il ne fallait pas que je pense.
C'était pour lui. Pour soulager sa conscience de tourner la page.
Ce n'était certainement pas pour moi.
Ce n'était pas à cause de sa bouche qui manquait à la mienne.
Ce n'était pas parce que mes sens appelaient les siens.
Ce n'était pas parce que son indifférence du matin m'avait blessé plus qu'elle ne l'aurait dû.
Non. C'était… pour la bonne cause.
Je m'arrêtai devant le 218 B et montai les marches d'un pas mesuré. Je frappai, l'estomac contracté, tout à coup. La porte s'ouvrit sur Angela Weber qui me regarda, surprise.
« Je peux voir Bella ?
_ Euh escalier sur ta gauche, deuxième porte à droite. » Répondit-elle en s'effaçant de l'entrée.
Je m'engouffrai à l'intérieur, montai les marches, le cœur battant lourdement contre mes côtes. Arrivé devant la porte fermée, je déglutis et hésitai à frapper puis me ravisai et appuyai sur le loquet.
Elle se redressa sur son clic-clac en me voyant et lâcha son livre en ouvrant la bouche mais mon regard l'empêcha de prononcer un seul mot.
Je refermai la porte, sans la quitter des yeux et la rejoignis en deux enjambées. Je m'assis à côté d'elle, la respiration hachée et pris son visage en coupe dans mes mains tremblantes. J'essayais de ne pas trop regarder les questions dans ses yeux, appréciais la chaleur de sa peau que mon épiderme n'avait pas su éloigner de ma conscience. Puis, je me penchai sur sa bouche pour poser doucement mes lèvres sur les siennes.
Elle se figea un peu mais ne se recula pas.
Mon rythme cardiaque redoubla de violence alors que je passai un bras autour de sa taille pour la forcer à se rapprocher de moi. J'appuyai une nouvelle fois ma bouche contre la sienne, entrouvrant légèrement mes lèvres, cherchant à l'attiser, lui demandant silencieusement de s'abandonner une toute dernière fois parce que j'avais eu la faiblesse de ne pas m'en tenir à ce qu'on s'était dit silencieusement cette nuit-là. Que je savais que ça nous était interdit mais que je ne pouvais pas m'en empêcher… une toute dernière fois.
En souvenir.
Pour mes regrets.
Pour me punir.
Son souffle contre ma bouche me fit tressaillir et j'accrochai tout à coup sa nuque de ma main droite pour la rapprocher de moi en glissant lentement ma langue entre ses lèvres.
Elle haleta quand je l'assis sur mes genoux, face à moi.
J'intensifiai le baiser en faufilant ma main gauche sous son pull et en la rapprochant encore plus de moi.
C'était égoïste, mais je ne voulais pas qu'elle oublie.
Je voulais qu'elle sache qu'elle aussi passait à côté de quelque chose avec moi.
Je voulais qu'elle soit hantée par nos moments de silences et notre découverte de la peau de l'autre comme je le serai, pendant longtemps.
Ça faisait plus de 24 heures que j'avais envie d'elle, je voulais juste lui faire comprendre que je n'oublierai pas ce qui s'était passé à River Green. Que je la désirais, même si je n'en avais pas le droit.
Elle détacha sa bouche de la mienne par manque d'air, m'arrachant un râle de protestation et plongea ses grands yeux noisette dans les miens, ses bras autour de mon cou, ses lèvres charnues délicieusement gonflées.
Trop de questions dans ses yeux.
Pas assez de réponses dans ma bouche.
J'attrapai à nouveau ses lèvres en glissant ma langue à l'intérieur pour l'empêcher de parler.
Je voulais juste qu'elle ressente. Elle n'avait pas besoin des mots.
Je remontai lentement ma main gauche sous son pull, m'enivrant de sa peau et plaçai ma main droite sous ses fesses, la collant contre mon bas-ventre. Elle gémit en ondulant un peu des hanches, vibrant contre mon corps, me serrant la gorge alors qu'on s'embrassait à perdre haleine.
Ses mains agrippèrent le bas de mon pull et je cassai notre baiser.
Je l'allongeai doucement sans la quitter des yeux.
Je n'étais pas venu pour moi.
Je ne pourrai jamais venir pour moi.
J'étais là pour lui et pour qu'elle n'oublie jamais.
Sa respiration était un peu saccadée, ses yeux m'incendiaient littéralement tandis que je m'installais entre ses jambes pour reprendre ses lèvres. Elle se cambra contre moi et approfondit notre baiser alors que ma main droite passait entre nos deux corps jusqu'au bouton de son pantalon.
Elle gémit en passant ses mains dans mes cheveux pour les agripper, et je faufilai ma main en dessous de la dentelle de son sous-vêtement.
Elle grogna alors que nos langues se faisaient l'amour que nous n'avions pas le droit de faire.
Je titillai un moment son clitoris et elle détacha sa bouche de la mienne. Je plongeai dans son cou, ne voulant pas croiser le regard qui me ferait perdre le reste de raison qui me restait.
Je faisais ça pour elle.
Pour lui rendre le plaisir qu'elle m'avait donné plus de 24 heures plus tôt.
Le comprit-elle ? Parce qu'elle ne tenta pas une seule fois de me déshabiller.
La frustration m'envahissait en même temps que le désir. Trop de vêtements nous séparaient.
Je voulais la sentir.
La faire mienne.
Mais je ne pouvais pas.
Alors j'allai aux limites des frontières que nous nous étions fixées.
Je plongeai deux doigts à l'intérieur de son vagin, retenant difficilement un gémissement et remontai ma bouche jusqu'à la sienne.
Elle gémissait, ondulait des hanches alors que la cyprine coulait entre mes doigts qui entraient et sortaient entre ses lèvres gonflées et trempées.
Ses joues étaient rouges, ses boucles folles éparses autour de son visage et j'avais pleinement conscience de ce qui avait attiré mon meilleur ami à ce moment-là.
Elle ramena ma bouche à la sienne, glissa sa langue entre mes lèvres lorsque j'accélérai le mouvement de ma main et que je sentis ses muscles vaginaux se contracter.
Je l'embrassai avec tout le désir qu'elle m'inspirait, avec volupté et envie puis elle se cambra sous l'orgasme, ses doigts figés dans mes cheveux.
Je me détachai d'elle alors que je sentais son cœur battre la chamade contre le mien et portai mes doigts à mes lèvres pour recueillir le suc de sa féminité quand elle ouvrit ses grands yeux aux pupilles noires et dilatées qui me coupèrent le souffle sous leur intensité.
Elle me regarda longuement les lèvres tremblantes, les joues toujours rouges et je ne pus m'empêcher de me repencher sur sa bouche pour partager son goût avec elle.
Je me détachai à regret et replaçai une de ses mèches de cheveux derrière son oreille.
Mon érection me faisait mal, mais je devais me lever et m'en aller.
C'était fini.
Il n'y aurait rien d'autre.
Je me penchai cependant une dernière fois sur elle, respirant à fond l'odeur florale de son cou, puis murmurai d'une voix enrouée:
« J'aurais voulu être celui qui t'aiderait à tourner la page pour qu'il puisse faire sa vie… mais je n'en ai pas le droit. »
Puis je me redressai, sans la regarder et sortis de sa chambre, l'envie, la frustration et la culpabilité bataillant férocement dans mon ventre.
BELLA
Il était venu, et reparti exactement de la même manière, me laissant tremblante, aussi bien à cause de ses gestes que de ses paroles.
Je restai un moment immobile sur mon canapé, puis me couchai, la tête sur l'accoudoir, regardant le plafond, le cœur battant douloureusement dans ma poitrine, le plaisir se dissipant dans mon bas-ventre.
Je sentis à peine une larme rouler sur ma joue ; j'eus soudain froid, et ramenai ma couverture sur moi.
Mais qu'est-ce qui s'était passé ? L'avais-je rêvé ? L'avais-je vécu ? Le bouton défait de mon pantalon me faisait pencher pour la seconde solution, et je savais, au fond de moi, qu'Edward était bien venu dans cette chambre me donner le plaisir qui me manquait depuis ces derniers mois.
Edward.
Et non Alec.
Car la nuit passée, mes rêves confus avaient semé le trouble en moi ; j'avais beaucoup songé à Alec. J'avais eu l'impression qu'il était là, à côté de moi ; j'avais eu l'impression qu'il m'embrassait, me touchait, me caressait à nouveau comme avant. Que je pouvais enfin encore, goûter sa peau ; que mes doigts parcouraient son corps, qu'il me serrait fort entre ses bras chauds.
Mais quand la jouissance était venue, c'était le visage d'Edward qui m'était apparu comme un flash, et je m'étais réveillée en sursaut, le cœur cognant lourdement dans ma poitrine, un sentiment de culpabilité me tordant les entrailles, et le visage baigné de larmes.
Je passai une main tremblante sur mon visage, et me levai. Je passai un pantalon de survêt, un des pulls que j'utilisais en escalade, mes baskets, et pris un léger sac avec une bouteille d'eau.
Je sortis sous le regard curieux d'Angela, et me dirigeai vers Central Park ; je savais que c'était près de chez Edward, et j'y allais en trottinant un peu à reculons, mais je doutais de l'y croiser.
Arrivée dans le parc, je continuai mon footing une heure durant. L'escalade m'avait appris l'endurance, et je me concentrai sur mon souffle ; l'exercice me calma, me permit de reprendre le contrôle sur mes émotions.
Je courus une demi-heure de plus hors de Central Park ; et rentrai chez moi.
Je pris une longue douche, descendis manger une soupe et une pomme. Angela avait abandonné l'idée de me poser les questions qui visiblement lui brûlaient les lèvres ; je supposais que c'était elle qui avait ouvert à Edward, tout à l'heure.
Je me couchai tôt, après avoir essayé vainement de me plonger dans un de mes cours.
Le lendemain, je me réveillai dans un état de malaise intense ; me levai quand même, malgré le peu d'envie que j'avais de voir Edward à la fac.
Ce fut la raison pour laquelle je me préparai en vitesse et partis tôt pour la fac, avant même qu'Angela n'ait fini de déjeuner. Si je pouvais entrer dans ma salle avant les autres, Victoria ne viendrait pas me parler, et par conséquent je ne serais pas obligée de saluer Edward et de faire impression de neutralité. Je n'étais pas certaine d'en avoir la foi.
J'arrivai en effet dans l'amphithéâtre la première ; je m'assis à la place que j'avais l'habitude d'occuper avec Angela.
Je posai ma tête dans mes bras croisés, et fermai les yeux, savourant la solitude offerte par la salle sombre, avant que le prof et mes camarades ne rentrent.
La lumière s'alluma quelques minutes plus tard, et je me redressai. Quelques étudiants rentraient ; Angela se laissa tomber à côté de moi.
« Ça va ? S'inquiéta-t-elle.
_ Très bien. » fis-je avec un air étonné et un petit sourire.
Voilà. J'allais réussir à faire semblant. C'était tant mieux.
Je n'aperçus pas Edward de la matinée ; je supposais pourtant qu'il était là, mais je ne tournai pas du tout la tête des deux cours afin de voir où il s'était placé. Je me sentais un peu raide, mais ça allait. J'allais réussir à faire semblant, je le savais. C'était rassurant, et inquiétant à la fois. Mais logique.
Après tout, je n'éprouvais pas de sentiments pour Edward. Si ce n'était de la colère, et un certain agacement ; une certaine haine, quelque part.
Il n'y avait que cette incompréhension, l'incapacité à saisir ce qui se passait entre nous, ce qui passait dans sa tête.
Le midi, je rentrai avec Angela et mangeai en vitesse. Je préparai mes affaires d'escalade, et partis pour mon club.
Je me forçai à faire le vide en enchaînant une voie à vue (*), après en avoir franchi une assez simple.
J'arrivai en haut ; me reposai un instant, le cœur battant rapidement, le souffle court, et sentant enfin ma fatigue musculaire supplanter toute fatigue émotionnelle.
Je voulus redescendre calmement. Mais je sentis les muscles de mes cuisses trembler ; soudain une douleur me brûla - ou me déchira - le cuisse droite, et je poussai un petit cri alors que deux bras me saisissaient par la taille pour m'amener au sol.
Je restai posée quelques instants, les deux mains à plat sur le mur d'escalade, attendant les réflexions du coach.
« Ça va, Swan ? » murmura une voix à mon oreille.
Je reconnus celle de James, un des meilleurs grimpeurs de mon groupe.
« Ouais. Merci, fis-je en me retournant vers lui.
_ De rien. » fit-il en se reculant d'un pas.
C'était donc lui qui m'avait ramenée au sol quand j'avais failli tomber d'avoir trop forcé.
« Swan ! » Fit le coach. « Vous pouvez m'expliquer ce qui vous a pris ? »
Je poussai un soupir agacé. C'était reparti pour des réprimandes.
« Hey, coach, vous allez pas faire une syncope quand même ! » répliqua James. « Vous avez vu ce qu'elle vient de faire ? »
Le coach lui lança un regard mauvais, puis se retourna vers moi.
« Ouais. Lâcha-t-il de mauvaise grâce.
_ Inscrivez-la à la compèt ! Avec elle, on double nos chances d'avoir une victoire ! »
Le coach me lança une œillade pensive, quoiqu'un peu renfrognée.
Une compèt ? James devait parler de celle qui allait avoir lieu dans deux semaines. Plusieurs clubs de la ville y participaient ; il s'agissait d'une épreuve de bloc.
« Ouais. Swan, vous participez à la compèt dans deux semaines. »
Je croisai les bras sur ma poitrine, le regardai un peu froidement.
« Mon deuxième chromosome X ne vous pose plus de problème, maintenant ?
_ Vous allez pas me faire chier ! Je suis d'accord pour vous inscrire, vous n'allez pas repousser cette chance ! »
Non. Je n'allais pas la repousser. Ça, c'était sûr.
« Vous passez chez le médecin universitaire dès cet aprèm. Qu'il signe un certificat médical pour votre licence de compétition, je pense pouvoir l'obtenir d'ici une semaine. »
Je hochai la tête.
« Et vous passez à la douche, vous puez la sueur, Swan. »
Il se retourna, et je levai les yeux au ciel. Puis échangeai un petit sourire de remerciement avec James.
« Ravi de t'avoir comme concurrente. » fit-il en me tendant la main.
Je la lui serrai.
« De même. On se voit jeudi ! » le saluai-je.
Je partis dans les vestiaires, et pris une rapide douche.
Je me demandais bien comment allait réagir Emmett. Je supposais qu'il allait être plutôt fier, mais ferait le bougon en disant que c'était un sport dangereux. Enfin, il viendrait me soutenir à fond ; les épreuves du type de celle à laquelle j'allais participer étaient sécurisées.
Je le voyais déjà hurler dans le public.
Je souris, et secouai la tête en attachant mes cheveux humides. J'allais m'entraîner à fond en vue de cette compétition. J'avais un esprit de battante ; je savais que je n'accepterais d'arriver dans les derniers que si j'avais tout donné avant, et n'étais pas restée à attendre la compèt sans entraînement intensif.
Puis je n'avais pas l'intention d'arriver dans les derniers.
J'allais m'entraîner au mur quatre fois par semaine ; je savais que le coach me laisserait venir dans d'autres groupes maintenant que j'allais faire partie des trois qui représenteraient son équipe. Les autres jours, je courrais.
Je me dirigeai d'un pas vif vers le bâtiment abritant les différents médecins, généralistes et spécialistes, du service universitaire.
J'ouvris la porte, et manquai de rentrer dans un étudiant qui en sortait.
Je reconnus Edward.
Je le considérai quelques instants, surprise.
Il se figea, et plongea ses yeux dans les miens quelques secondes.
Son regard laissa passer toute une myriade d'émotions qui firent accélérer la cadence de mon cœur ; puis je me rappelai d'où nous nous trouvions.
« Tu vas bien ? » M'inquiétai-je.
Il cilla, et je désignai le bâtiment derrière nous.
« Je suis juste passé récupérer un papier pour un ancien stage de Rose. Et toi ?… Alec s'inquiète, il paraît qu'il ne t'a pas vue depuis… qu'on est rentrés. Dit-t-il d'une voix un peu nerveuse.
_ Hum… Oui, je ne suis pas encore passée chez lui. Je vais y aller ce soir… ou demain.
_ Évite ce soir. Je passe la soirée avec lui et Jasper. » Répliqua-t-il au bout d'un moment de silence en regardant dans le vague.
J'hochai la tête.
« Bien. J'irai demain.
_ On va s'éviter longtemps ? » Me demanda-t-il soudain en plongeant son regard vert dans le mien. « Je veux dire… Non, rien. Désolé.
_ Euh… Je pensais que… c'était peut-être mieux. Surtout pour toi… Enfin… Tu préfères sans doute qu'on se croise assez rarement. » fis-je en détournant le regard.
Je me passai la main dans les cheveux, nerveuse.
« Tu as peur de quoi ? Que je te saute dessus ?… Je sais me retenir. Et je sais surtout que ça ne peut pas arriver.
_ Non ! C'est pour… je suppose que tu te sens mal vis-à-vis d'Alec. Et que tu n'as pas franchement envie de me voir trop souvent. Pour ma part… »
Je haussai les épaules.
« Je me sens coupable. Tous les jours un peu plus. Je ne sais pas s'il faut que je lui dise. J'essaye de te haïr… »
Il eut un rictus. Triste, amer.
« Tout ça passera. » conclus-je à voix basse.
Il plongea une dernière fois ses yeux dans les miens. Sembla esquisser un geste vers moi. Se ravisa et me fit un signe de tête avant de s'éloigner rapidement comme s'il avait le Diable aux trousses.
Je poussai la porte, les joues un peu rouges ; et me rendis à l'accueil demander à voir un généraliste.
Je patientai dans la salle d'attente un bon quart d'heure, me demandant ce qui avait bien pu se passer dans la tête d'Edward pour qu'il me lance un regard tel que celui que j'avais vu.
Le regard est le reflet de l'âme.
Et bien son âme semblait bien torturée. Il y avait, dans ses yeux, bien plus que la culpabilité d'avoir cédé à ses pulsions malgré son amitié avec Alec. Et je n'étais pas sûre d'avoir envie de savoir ce qui le tourmentait.
Je n'étais pas certaine non plus de ne pas avoir envie de m'en enquérir.
Curiosité… ou était-ce plus que ça ? Il y avait quelque chose de sombre, dans mes entrailles, quand je le voyais, quand son image s'imposait dans mes pensées.
Il valait mieux que je ne lui adresse plus jamais la parole. Autant pour Alec que pour lui. Peut-être pour moi, aussi.
Le docteur m'appela, rompant mes songes ; et je me levai, le suivis.
J'aurais tout le temps plus tard de penser à ce qui se passait entre le meilleur ami d'Alec et moi…
EDWARD
J'avais l'impression de vivre un rêve doux-amer.
J'avais tellement bien réussi à me vider la tête, que mon corps semblait anesthésié de tout sentiment. A part quand je la voyais. Mon désir pour elle et ma culpabilité me ressautaient inlassablement à la gorge.
Je voyais les jours passer, Décembre se rapprocher avec Noël et la fin de l'année comme un pantin qu'on avait doté de piles pour qu'il se déplace et qui se contentait d'agir automatiquement.
Oui. Voilà ce qu'était devenue ma vie : un engrenage automatique.
J'allais en cours, passais des heures à la bibliothèque, au conservatoire le Mardi après-midi, voyais mon meilleur ami, Tanya, ma sœur comme si tout était normal et logique. Comme je le faisais avant.
Jane s'était mise à lire des magasines sur la maternité et les bébés depuis qu'on était rentrés de River Green et je n'avais pas une seule fois abordé le sujet avec elle. Même pas pour la charrier ou par simple curiosité.
Jacob ne s'en formalisait pas. Je l'avais même surpris la veille à en feuilleter un pendant qu'il déjeunait.
Rose et Baloo avaient gagné quatre jours à Venise de notre chasse au trésor. Elle n'arrêtait pas d'en parler. Avait déjà posé ses jours au mois de Février pour y passer la Saint Valentin. Hésitait même à prendre quelques cours d'Italien.
Lili commençait déjà à me casser les oreilles avec Noël. Elle voulait qu'on tire un nom au sort dans un chapeau et qu'on s'offre un cadeau « anonymement ».
Une permission pour que Tanya passe les fêtes de fin d'année avec nous était en cours de négociation.
Jasper apprenait des accords de Disney à la guitare.
Alec avait envie d'essayer la batterie.
Tout s'agitait autour de moi. Tout le monde faisait sa vie, avait repris le cours normal de son existence.
La mienne s'était arrêtée au moment où j'avais posé consciemment mes mains sur elle.
J'avais l'impression que quelqu'un avait appuyé sur le bouton stop du déroulement de ma vie depuis.
J'y pensais tout le temps sans vraiment y penser.
Je la voyais tout le temps sans vraiment la voir.
Elle m'avait perdu et je ne savais pas où j'étais.
Un peu plus tôt dans l'après-midi, je lui avais parlé pour la première fois en je ne sais même plus combien de jours.
Je ne me rappelais même pas ce que je lui avais dit, je revoyais juste son visage qui n'avait pas été aussi proche de moi depuis… Oui. Depuis cette nuit-là. Je n'avais pensé à rien d'autre de ce que j'avais envie de lui faire tous les jours un peu plus intensément que la veille.
On avait discuté et j'avais juste entendu le désir qui me chuchotait toutes ces choses à l'oreille, qui avait voulu que je m'approche un peu plus d'elle parce qu'il la pensait trop loin, qui m'avait fait esquisser un geste pour attraper sa nuque mais que ma raison avait retenu.
Je la voulais intensément, elle en désirait un autre désespérément. C'était ça la vérité. Et ce, même si elle m'avait laissé l'atteindre.
Je regardai l'horloge murale et inspirai profondément en prenant mon blazer posé sur le canapé et mes clés ; il était temps que j'aille chez Alec.
Je me dirigeai vers la porte quand celle-ci s'ouvrit sur mon colocataire qui tenait une pile de magasines sur les bébés dans les bras.
Je le regardai un instant alors qu'il entrait comme si de rien était.
« Salut. » Me dit-il en passant à côté de moi.
Je le suivis des yeux et le vis se débarrasser de sa veste et de l'écharpe que Jane le forçait à mettre depuis le début de la semaine.
Je retournai sur mes pas et allai m'asseoir à côté de lui en le regardant gravement.
« Bon, ok. Je suis baptisé, je peux être le parrain. Mais évitez d'annoncer la naissance des jumeaux avant Noël, on ne tiendra plus Lili et ma sœur sinon. » Lui dis-je sur le ton de la conversation.
Il me jeta un regard et prit le premier magasine de la pile.
« C'est pas des jumeaux. » Répliqua-t-il en regardant le sommaire.
Je sentis ma bouche s'entrouvrir, mes yeux s'écarquiller et mon cœur battre lourdement contre mes côtes. Mes premières véritables sensations depuis des jours.
Il me regarda une nouvelle fois et me considéra quelques instants.
« Tu savais qu'une femme enceinte pouvait avoir ses règles les premiers mois de sa grossesse ? »
Je ne répondis pas, à nouveau déconnecté.
« Moi non plus. » Répondit-il avant de se replonger dans son magasine.
Je le lui arrachai des mains, le forçant à me refaire face.
« Jane est enceinte ? » M'écriai-je d'une voix pas très masculine.
Il m'observa, un peu dubitatif, complètement impassible.
« T'es au courant. Me dit-il.
_ Non !
_ Mais si… On en a parlé sur le chemin en allant à River Green. Bella avait deviné avant toi. Normal, les filles sont plus perspicaces. Au fait, merci d'avoir rien dit aux autres, on voulait l'annoncer ce soir… Ça fait trois mois qu'on est ensemble. Il va aussi falloir que je l'explique à mon père. Il est du genre de la vieille école si tu vois ce que je veux dire. Et il va peut-être trouver que ça fait un peu trop tôt. Mais maintenant c'est fait, alors… Tu veux un verre d'eau ?
_ Ma meilleure amie est enceinte ? M'écriai-je.
_ J'ai eu des doutes il y a quelques semaines. Elle avait les hormones en ébullition… Ria-t-il.
_ Elle a toujours les hormones en ébullition !
_ Oui, mais là…
_ Je veux pas savoir. »
Il eut un sourire goguenard alors que j'encaissais la nouvelle et essayais d'associer deux oxymores : Jane, Maman.
« Je te crois pas. Jane adore faire des blagues de mauvais goût. C'est pas possible autrement. Et tu es trop calme pour que ce soit vrai.
_ Ça fait 27 jours.
_ Mais oui.
_ Deux tests de grossesse positifs.
_ Tu m'en vois ravi.
_ Et le parrain, c'est en négociation entre son frère et un de mes amis de Forks.
_ Eh ! Je suis son meilleur ami ! »
Il eut un nouveau sourire goguenard.
« Tu vois que t'y crois. Non, mais sérieux, tu n'y as pas cru ? »
Je lui lançai un regard lourd de sens.
« Ah… Il faudrait peut-être que j'appelle Bells dans ce cas. Peut-être qu'elle n'y a pas cru non plus. »
A son nom, mes vieilles habitudes me reprirent et mon estomac se contracta, mais j'étais trop en état de choc pour le ressentir vraiment.
Jacob. Et Jane. Allaient avoir. Un bébé.
« Bells ?… C'est moi… Ça va ?… Oui, oui, très bien… Humm… Dis-moi, tu fais quoi ce soir ?… Parce qu'il faudrait que tu passes chez Alec. Je sais que tu veux prendre tes distances, mais… »
Il fronça les sourcils et me jeta un regard puis me demanda :
« Tu dois passer la soirée chez Alec ? »
Je grognai en signe d'acquiescement.
« Apparemment, oui, mais… Écoute, fais pas ta chieuse, c'est important. On y sera tous…. Ben disons que tu vas apprendre quelque chose… Dans une heure. Tu pourras partir tôt si tu veux. Edward passe sa vie dans ses bouquins en ce moment, vous devez avoir une tonne de boulot. »
Je grimaçai.
« Ok, à tout à l'heure… Ouais… Oh, Bells !… Prépare-toi psychologiquement… Mais non ! Mais tu verras… Bisous. »
Il se tourna vers moi et eut un rire nerveux.
« Elle croit que je vais demander Jane en mariage… T'es sûr que tu veux pas un verre d'eau ? T'es un peu pâle.
_ T'es sûr que tu réalises ce qui vous arrive ? Répliquai-je en retour.
_ Oh oui ! Mais je suis comme ça, tu sais. J'ai tendance à tout prendre avec philosophie. T'aurais préféré que je crie ? On peut la refaire, si tu veux.
_ Non, mais…
_ Écoute, on va être sacrément en retard si on n'y va pas maintenant…
_ Qui est au courant ?
_ Ben, Alec depuis deux ou trois jours, mes amis de Forks… Et je pensais Bella et toi mais apparemment, c'est pas le cas.
_ On y va. » Grognai-je au bout de quelques secondes de silence.
On venait de réappuyer sur le bouton play de ma vie…
Ça faisait près d'une heure que notre soirée entre mecs s'était transformée en soirée familiale. On était tous là, à discuter de tout et de rien, chacun dans son petit groupe.
Jasper jouait à Lili Un jour mon Prince viendra avec son acoustique et elle le regardait des étoiles dans les yeux, ainsi que Jess et Vic, agglutinées autour de lui.
Demetri et Baloo parlaient de Venise - Dem' connaissait bien vu qu'il y avait vécu quelques années durant son enfance - et s'échangeaient les adresses utiles et les monuments incontournables à ne pas louper.
Ma sœur discutait avec Jane et Jacob et je me demandais si elle savait quelque chose ou pas.
Je n'osais pas regarder du côté de la baie vitrée où Alec et Bella se trouvaient. Ils s'y étaient réfugiés depuis le moment où elle avait franchi le pas de la porte, près de trois quarts d'heure plus tôt.
Une force en moi me poussait à m'imaginer ce qu'ils étaient en train de se dire et prenait un malin plaisir à me tordre l'estomac dès que je formulais une hypothèse.
« On a quelque chose à vous dire. »
Mes entrailles se contractèrent une nouvelle fois ; on y était. On était à l'aube de l'Apocalypse.
Je me tournai vers Jane et Jacob debout pas loin de la cuisine avec ma sœur qui arborait un grand sourire. Elle était au courant.
« On vous a tous réunis parce que… je vais avoir un bébé. » Dit calmement Jane, les joues un peu rouges.
Un silence de plomb tomba puis un cri aigu. Lili. Et deux autres. Jess et Vic.
« C'est pas vraaaaaaaaai ? » Crièrent-elles d'une même voix.
Jasper sourit en jouant avec les cordes de son acoustique, égal à lui-même. On lui aurait annoncé la nouvelle à lui, il n'aurait pas réagi autrement.
Demetri et Baloo semblaient être deux brochets qu'on avait sorti de l'eau et qui commençaient cruellement à manquer d'air.
Je vis Alec passer à côté de moi pour aller serrer sa sœur contre lui, elle-même engloutie sous les bras des filles.
« Depuis combien de temps ? Demanda Jessica.
_ Vous le gardez, hein ! J'ai toujours rêvé d'avoir un bébé ! Bon, ça sera pas techniquement le mien, mais… Dit Victoria.
_ Je vais pouvoir me lancer dans la ligne pour bébé ! Tu nous fais une fille, hein ! Jacob, j'espère que t'as assuré sur ce point-là ! Enchaîna Lili.
_ On peut toucher ? »
Je me détournai et croisai le regard pensif de Bella qui les observait de loin en souriant légèrement.
Je frissonnai. A l'instar de l'envie et de la culpabilité dans mon ventre.
Nos yeux se croisèrent l'espace d'un instant et elle se troubla. Voulant cacher moi-même mon émoi, je me levai et m'éclipsai dans la salle de bains quelques instants.
Je féliciterais les heureux futurs parents plus tard.
Je m'assis sur le rebord de la baignoire, tête baissée et inspirai profondément, le cœur lourd, l'estomac toujours contracté.
Une chanson que j'avais écoutée sur l'iPod de Tanaya quelques jours plus tôt me revint en mémoire. Elle était repartie dans sa période « interprètes français », elle trouvait que les mots d'amour étaient plus forts et plus puissants dans la langue de Molière et tout à coup, je pensai la même chose et fredonnai :
Si tu savais
Contre quoi je me bats
Ce parfum que tu laisses
Chaque fois
Le combat
Que je mène pour ne pas
Finir contre toi
Finir contre toi
Finir contre toi …
Un rire amer sortit de ma gorge quand mon cœur se serra en entendant la porte s'ouvrir.
Merde ! Je l'avais pas fermée…
Je croisai un instant son regard, ses joues rouges alors qu'elle avait encore la main sur le loquet, puis elle se détourna et voulut repartir, mais je me levai d'un bon et l'entraînai à l'intérieur, ma peau brûlant contre son poignet.
Elle inspira difficilement quand je la poussai contre le battant et que mon regard chercha désespérément le sien.
Il n'aurait pas fallu que je la voie plus tôt.
Il n'aurait pas fallu qu'elle vienne.
Mon corps partit de lui-même à sa rencontre, mes mains se mirent à la frôler sans pour autant la toucher.
Il était là. Dans la pièce à côté. Il était là…
Sa respiration se hacha et mes mains prirent son visage en coupe, la forçant à me faire face. Ne pouvant plus soutenir son regard, je me penchai sur son cou et chuchotai :
Je ne te dirai jamais
Où mes désirs m'emportent
Combien mon corps me hait
Quand je ferme ta porte
Et que tu frôles sans cesse
Sans vraiment le sentir
Qui souffre de l'ivresse
Des mots à ne pas dire…
J'ancrai fortement mes mains sur ses hanches, frôlai sa peau de mes lèvres sans jamais l'embrasser.
Je ne pouvais pas.
Je n'en avais pas le droit.
Un frisson la parcourut et je me rapprochai un peu plus d'elle.
Je perdais pied, à nouveau.
Et les mots continuèrent à sortir de ma bouche. Les mots d'une autre mais qui auraient tellement pu être les miens, souris-je amèrement.
Je ne te dirai jamais
Où mes désirs m'enlèvent
Combien mon corps me hait
Quand je détruis ces rêves
Lui qui sent la chaleur
De tes regards cachés
Qui s'embrase de chaque heure
Passée à tes côtés…
Comprenait-elle les intonations de ma voix ?
Ressentait-elle ma détresse et mon désarroi ?
Si tu savais
Contre quoi je me bats
Ce parfum que tu laisses
Chaque fois
Le combat
Que je mène pour ne pas
Finir contre toi, Finir contre toi, Finir contre toi…
Mes mains tremblantes bougèrent lentement sur ses côtes, la faisant frémir.
Imaginait-elle ce que j'avais envie de lui faire à ce moment précis ?
Ma gorge se serra rien qu'à le penser…
Les pièces sont des alcôves
Quand ton souffle m'enlace
Il faut que je me sauve
Du désir qui me casse
Et mon corps me maudit
Il tangue comme un radeau
Enivré, démoli
Par cette passion de trop
Ma tête se pencha un peu plus, son odeur m'enveloppa encore un peu et mes lèvres la frôlèrent une nouvelle fois.
Mon corps était en train de se battre contre ma raison et je voulais céder autant que je voulais la fuir.
Si tu savais
Contre quoi je me bats
Ce parfum que tu laisses
Chaque fois
Le combat
Que je mène pour ne pas
Finir contre toi, Finir contre toi, Finir contre toi
J'avais envie de lui dire de ne surtout pas bouger en même temps que de le faire.
J'avais envie de l'aimer autant que de la haïr.
Pourquoi cela m'arrivait-il ?
Je ne te dirai jamais
Je ne te dirai jamais
Si tu savais contre quoi
Je me bats
Le combat que je mène pour ne pas
Finir contre toi, Finir contre toi, Finir contre toi
Je ne te dirai jamais
Où mes désirs m'emportent
Je ne te dirai jamais… (**)
Je la sentis vibrer tout à coup, chanceler presque alors que j'étais contre elle.
Alors je fis la seule chose que je n'aurais jamais dû faire.
Je relevai la tête.
Croisai ses yeux intenses et embués.
Regardai sa bouche tremblante et entrouverte.
Vis ses mains venir se rattacher à ma chemise, comme si elle avait eu peur de tomber.
Puis, ses yeux se clore, comme si elle était bouleversée.
Sa tête s'appuyer contre le bois de la porte comme si elle avait soudain besoin d'air.
Mais mon corps ne le comprit pas de cette façon.
Et ma bouche plongea.
Ma langue s'immisça.
Mes lèvres embrassèrent.
Mes mains l'attisèrent.
Mon bassin l'enflamma.
Mon cœur contre le sien la consuma.
Mais ma raison et ma culpabilité m'éloignèrent.
La réalité me rattrapa.
La panique me submergea.
Et les larmes sur ses joues m'achevèrent.
BELLA
Edward me lâcha brusquement, et se recula d'un pas, alors que je détournais le regard et me passais une main tremblante sur les joues.
J'avais besoin d'Alec. J'avais besoin qu'il soit heureux. Mais j'avais besoin aussi qu'on me désire ; de voir cette flamme dans des yeux. Cette flamme qui semblait rendre fiévreuse la seule personne au monde qui n'avait pas le droit de me désirer.
Un peu plus tôt, je discutais encore avec Alec ; me sentant à la fois poussée vers lui, vers l'étreinte réconfortante qu'il était prêt à me donner sur un simple signe de ma part, et tirée loin de lui - par son amour pour une autre.
Alec m'avait avoué commencer à ressentir plus que de l'amitié pour Tanya ; comme si ce n'était qu'un commencement… Mais, d'une voix d'où perçait la détresse, il avait ajouté qu'il n'était pas sûr de réussir à faire sa vie sans moi.
Moi non plus, je n'étais pas sûre de pouvoir la faire sans lui. Et ça me faisait mal. Mais il ne fallait pas que je cède.
J'avais fini par regagner le salon ; et Jane avait annoncé aux autres sa grossesse. Je lui avais murmuré les paroles d'usage ; j'étais déjà au courant, de toutes façons. Puis j'avais voulu m'éclipser, profitant du fait que les autres se trouvaient là, et faisaient diversion.
Mais il y avait, dans la salle de bains, la seule personne que je n'aurais pas dû voir.
Et il avait fait les seuls gestes qu'il n'aurait jamais dû faire.
Et avait murmuré ces mots, en français. Une langue que je parlais ; j'en avais compris l'essentiel, et les larmes qui menaçaient de couler depuis ma conversation avec Alec avaient quitté mes yeux.
Et on se faisait face, bien que j'aie baissé le regard, incapable de le regarder en face. Incapable de regarder sa souffrance, me concentrant sur la mienne comme si je voulais me punir…
De quoi ?
D'aimer trop Alec pour pouvoir mener une vie de relation saine avec un autre ?
De ne pas avoir la force d'éloigner son meilleur ami, alors que celui-ci luttait déjà entre cette attirance qu'il semblait éprouver pour moi et son amitié pour Alec, qui normalement, aurait dû être plus forte ?
Je relevai enfin le regard vers lui ; il semblait dévoré par la culpabilité, la douleur, et le désespoir. Comme moi. Et je compris maintenant ce que voulait dire Alec quand il m'avait dit qu'il trouvait que nous nous ressemblions.
Nous avions la même façon d'aimer. Rare et forte, parfois excessive. Presque exclusive.
Et nous avions la même façon de souffrir. Une myriade de sensations toutes plus écrasantes les unes que les autres, qui nous tordaient les entrailles, nous mettaient presque à genoux.
Je ne voulais pas qu'il souffre. Je voulais qu'il arrête de souffrir, comme si cela pouvait apaiser par un quelconque effet miroir ma propre douleur.
Mais je voulais le sentir, aussi. À nouveau. Sentir la façon dont il me touchait, m'embrassait ; sentir le désir qu'il mettait dans chacun de ses gestes ou regards envers moi. Je voulais savoir ce que ça aurait pu être si, effectivement, je n'avais pas connu Alec avant lui. Si je l'avais rencontré dans un amphi parmi cinquante autres têtes, et que cet inconnu avait tout fait pour m'avoir.
Si…
Je laissai échapper un gémissement, et fis un pas vers lui pour enfoncer ma tête dans son épaule, entourer sa taille de mes bras, et le serrer fort, le plus fort possible.
On se détestait ; mais il y avait quelque chose entre nous, qui faisait que nous avions besoin l'un de l'autre.
Peut-être l'éloignement d'Alec. Peut-être qu'il n'y avait pas que moi qui le ressentait. Peut-être qu'il s'était aussi éloigné d'Edward. De tout le monde. Je me souvenais que Jane me l'avait dit ; il était plus distant depuis qu'il reparlait avec Tanya. Plus distant d'elle.
Je sentis les bras d'Edward se refermer, et une fois de plus nos corps semblèrent se fondre, réveillant en moi l'amère sensation d'une autre torture en mon bas-ventre, qui s'ajoutait aux autres sans les diminuer.
Pouvait-on mourir d'un trop plein d'émotions ? J'avais le sentiment que si la réponse avait été l'affirmative, Alec aurait retrouvé deux corps dans sa salle de bains.
J'eus un hoquet, et voulus m'éloigner, mais Edward ne desserra pas son emprise. Je relevai la tête vers lui.
« On ne devrait pas faire ça. C'est pas… bien.
_ Qu'est-ce que tu proposes ? » Murmura-t-il d'une voix presque éteinte.
Je fermai les yeux.
Et une question vint traverser les limbes de ma conscience, pernicieuse.
Pourquoi ?
En quoi était-ce « pas bien » ? En quoi était-ce immoral ? Qu'est-ce qui l'était ?
Le fait que j'éprouvais du désir pour Edward ?
Le fait que c'était réciproque ?
Nous étions deux adultes. Deux personnes, avec leurs propres démons, leurs propres émotions, leurs propres besoins.
Ce n'était que du désir.
Pourquoi devrions-nous en avoir honte ?
Parce que j'étais l'ex de son meilleur ami ?
Et qu'est-ce que ça changeait ?
Ce n'était pas comme si j'avais rompu à cause de lui.
Ce n'était pas comme si c'était calculé.
Ce n'était pas comme si nous l'avions voulu, comme si nous n'avions pas lutté contre, comme si nous le faisions dans l'unique but de blesser Alec.
Ce n'était pas comme si Alec et moi, il y avait la moindre chance qu'on se remette ensemble. Ce n'était pas comme si Alec n'aimait que moi.
Il n'aimait pas que moi. Il m'aimait moins qu'elle. Ça ne m'empêchait pas d'être amie avec Tanya.
« Je suis son ex…. » Murmurai-je.
Un drôle d'éclat passa dans ses yeux, comme s'il avait craint que je ne lui oppose cet argument.
Il glissa sa main sur ma nuque, me regardant intensément.
« Veux-tu guérir ? » Me demanda-t-il après un long moment de silence. « Veux-tu… qu'il arrête de souffrir ?
_ Oui… Mais Edward… C'est toi qui souffres. Ce n'est pas bien non plus.
_ Je ne veux pas ça… » Souffla-t-il en posant un instant sa main sur mon cœur. « Tu ne veux pas ça… - il posa ma main sur son cœur qui battait un peu lourdement contre sa poitrine.- Je veux… ça. »
Il se pencha sur moi et posa longuement ses lèvres sur les miennes.
« Et je sais que tu peux me le donner. Je te demande pas d'engagement. Ni promesse. Ni toujours. Juste… Le temps que ça passe. Qu'il guérisse. Que tu guérisses. Et que… je t'oublie. »
J'hoquetai en m'éloignant un peu.
« J'ai besoin de savoir, avant. Que vois-tu, quand tu me regardes ? »
Je plongeai mon regard dans le sien, attendant fermement sa réponse.
Un éclat de douleur passa dans ses yeux.
« Dans un premier temps… le premier amour sucré de mon meilleur ami. » Chuchota-t-il en passant la pulpe de son pouce sur mes lèvres.
« Ensuite une chieuse… » Souffla-t-il avec un rictus.
« Puis, la tentation… »
Il se pencha vers moi et respira l'odeur de mon cou.
« Et enfin, l'obsession de mes sens. »
Il me colla contre son érection, inspira difficilement et me recula légèrement.
« Une femme dans toute sa splendeur. » Dit-il avec un rictus en replongeant ses yeux dans les miens.
J'hochai la tête, puis me haussai sur la pointe des pieds pour coller mon front au sien.
Nos souffles se mélangèrent ; mais je n'eus pas la force de l'embrasser.
Je ne comprenais plus grand-chose. N'étais pas sûre d'avoir saisi le sens des paroles que nous venions d'échanger.
Je m'arrachai à son étreinte, et sortis de la salle de bains ; rejoignis les autres, qui discutaient vivement.
Alec releva la tête à mon entrée, me lança un long regard que je ne pus soutenir.
Je m'excusai à mi-voix, prétextant une fatigue, et m'éclipsai.
Je repartis chez moi, à pieds, savourant l'air froid sur mes joues ; arrivai grelottante à ma chambre.
Je me couchai, tremblant toujours ; mais je n'étais plus vraiment certaine que ce soit de froid. Et des flashs d'Alec et d'Edward mélangés me parcoururent.
L'Amour et la Passion. Le premier m'étant inaccessible, et la seconde interdite.
J'avais l'impression de me briser en deux. Littéralement.
Je m'endormis très tard cette nuit-là ; bougeai beaucoup entre mes draps.
Le lendemain, à la fac, je croisai le regard d'Edward au moment où Victoria me sautait dessus pour me saluer et se lancer sur le sujet de conversation qui allait l'occuper encore longtemps : la maternité de Jane.
Je saluai Edward, m'approchant de lui pour poser mes lèvres sur sa joue ; restant peut-être un peu plus longtemps qu'avant, mais ça, personne ne le remarqua sinon nous deux.
J'écoutai d'une oreille distraite le babillage de la rousse, à mille lieux de là.
Et le midi, je m'éclipsai discrètement pour rentrer chez moi rapidement.
Je mangeai un plat de pâtes, et allai me mettre en survêtement, prenant mon vieux MP3 qui avait fait la guerre à mes côtés pour sortir, et commencer à trottiner en direction de Central Park.
Je tenais mon footing depuis une demi-heure quand je sentis qu'on me tapait sur l'épaule.
Je sursautai, et manquai de trébucher ; une main attrapa mon coude.
Je me retournai en retirant mes écouteurs de mes oreilles ; et vis le visage de James.
Je lui souris.
« Deux fois que tu me rattrapes.
_ Salut. » Rit-il. « Tu travailles ton endurance ?
_ Oui. Je m'entraîne à fond avant la compèt'.
_ Moi aussi ! Je… »
Nous nous fixâmes dans les yeux quelques instants, et nous sourîmes en nous remettant à courir.
Nous ne parlâmes pas, courant simplement pendant une heure ; j'ignorais si James était plus rapide que moi ou non, mais en tout cas, il se calqua à mon rythme.
Quand nous fûmes essoufflés, nous nous arrêtâmes, et nous mîmes à marcher d'un pas vif.
Je sortis ma bouteille d'eau de mon léger sac à d'eau et bus quelques gorgées.
« Tu vas retourner au club plus souvent ? Demandai-je à James.
_ Au moins trois fois par semaine.
_ Si je peux y aller quatre, ce serait cool.
_ En effet. Tu veux qu'on y aille ensemble ?
_ Pourquoi pas. Tu peux quand ? J'ai tous mes après-midi de libre.
_ Le lundi et le samedi, en plus du mardi et du jeudi habituels ?
_ C'est ok pour moi.
_ Et tu coures souvent ?
_ Les autres jours, souris-je.
_ On se rejoint le dimanche ?
_ 9 heures à l'entrée Nord de Central Park ?
_ C'est ok pour moi. » rit-il.
James me raccompagna jusqu'à la porte de la maison que j'habitais, et me salua avec un sourire, repartant en trottinant.
J'eus un petit sourire, et rentrai.
Angela m'accueillit, un verre de lait à la main et un air curieux sur le visage.
« C'était qui ?
_ Oh… Un camarade d'escalade.
_ Ah ouais ? Il a l'air sympa. Vous courez ensemble ?
_ A partir de maintenant. » répondis-je évasivement. « C'est parce qu'on va participer tous les deux à la même compétition. On doit s'entraîner.
_ Une compèt ? Tu ne m'en as même pas parlé !
_ Oh ! C'est vrai. » réalisai-je. « Dans deux semaines.
_ Je viendrai te supporter. » sourit Angela en frappant dans ses mains.
Je lui souris en retour, et attrapai une pomme avant de monter dans ma chambre. Ça me faisait penser que je n'avais pas prévenu Emmett.
Je lui envoyai un message, ainsi qu'à Jake.
Et à partir de là, mon portable se mit à vibrer dans tous les sens.
« Vraiment ? Mais… c'est sécurisé au moins ? »
Emmett.
« Trop fun ! Faudra que je voie ça, faut réserver les places ? »
Jake.
Je leur répondis à chacun.
« Jane t'en veux de ne pas lui en avoir parlé. Elle vient aussi. »
« Bon, je serai présent. Mais je te promets que t'as intérêt à tout déchirer, petite sœur. »
Nous discutâmes encore par messages un moment ; ils réussirent à me faire oublier un moment mes soucis.
Il me restait à prévenir Alec. Je savais qu'il voudrait savoir.
Je lui envoyai un message, un peu tremblante. Ne lui demandant pas s'il allait venir. Je ne savais pas. Je n'osais pas lui poser la question.
« Je serai là. Si tu veux bien. » me répondit-il.
Je poussai un petit soupir.
Ça me faisait plaisir. Mais je ne savais pas si c'était une bonne chose…
Je secouai la tête, et allai à la douche.
oOo
New York, le 3 décembre 2009,
Cher journal,
La compétition d'escalade se rapproche ; elle aura lieu le 16.
Je m'entraîne tous les jours, la plupart du temps avec James. C'est un sportif vraiment sympa. Je m'entends bien avec lui ; pas besoin de parler.
On a même fait une voie en duo, aujourd'hui. Nous avons un rythme assez semblable, et c'était nouveau et satisfaisant.
Alec va venir me voir ; Jane, aussi, ainsi qu'Emmett et Jake. Rien que pour eux deux, je sais que je n'ai pas intérêt à avoir le moindre accident. Quoiqu'ils en disent, je sais qu'ils ont un peu peur qu'un jour je ne fasse une grosse chute. Ils m'auraient vue à la falaise de Forks, en Septembre… Ils m'auraient tuée, je pense. Ou pas loin.
Bon, je te laisse. Il faut que j'aille bosser un peu mes cours.
Il s'agirait de ne pas oublier que je passe un master, en même temps…
oOo
Je n'avais pas évoqué Edward, me rendis-je compte en refermant mon journal. Mais c'est que…
Je ne savais pas quoi écrire, à propos de lui.
En plusieurs jours, nous n'avions pas parlé. Pas échangé le moindre mot.
Je ne savais pas vraiment que penser des regards que nous échangions. Je ne savais pas ce que nous devions faire.
Je ne comprenais plus rien à rien.
Je ne voulais pas m'encombrer la tête.
Mais je voulais quand même essayer de comprendre.
Je partis pour la bibliothèque universitaire ; arrivai à un moment où elle n'était pas vraiment bondée.
Tant mieux.
J'allai chercher un livre dont j'allais avoir besoin pour la disserte que j'avais à remettre dans une semaine ; et au détour d'un rayon, je croisai un regard vert que j'avais désormais appris à reconnaître partout.
Nous nous figeâmes tous les deux ; mais avant que nous ayons pu dire quoi que ce soit, je vis Jess apparaître et passer son bras autour de celui d'Edward.
« Hey, Bella ! » sourit-elle. « Ça va ? J'ai appris pour le 16. Je crois que Rose et Alice veulent venir aussi. Moi, je ne pourrai pas, désolée, je repars dans ma famille pour les fêtes de Noël. »
Elle grimaça, et je lui fis un bref sourire. Je ne tenais pas à parler de ça maintenant.
« Pas grave. Hum… Je dois y aller. Je voulais juste emprunter un bouquin pour la disserte… à demain. »
Je tournai les talons, et allai au guichet tendre le bouquin que j'empruntais au bibliothécaire.
Il me l'enregistra, et je ressortis rapidement.
Je rentrai en coup de vent chez moi ; et me mis au travail, le cœur battant.
Il allait bien falloir qu'un jour, Edward et moi ayons une conversation.
Mais pas tout de suite…
(*) Passer une voie dans son intégralité, sans tomber et sans repos sur la corde
À vue : On ne dispose d'aucun renseignement sur les mouvements et aucune reconnaissance de la voie n'a été faite avant de s'y engager pour la première fois.
(**) Finir Contre Toi - Nolwenn Leroy.
Eh bien voilà ! Que de nouvelles choses, vous ne trouvez pas ?
Alors, maintenant, un peu de réflexion.
Vous voulez reprendre les paris ? Selon vous, dans combien de chapitres Edward et Bella craqueront-ils et termineront-ils ce qu'ils ont (si bien.. non ?) commencé ?
Que pensez-vous de l'arrivée de James dans la fic ? Nice or bad ? Peut-on lui faire confiance ? Va-t-il interférer dans la relation Ed/Bella ? Et comment ?
Cette fin de chapitre est pas trop trop sadique, hein ? Quand même ^^. Alors faut que j'en rajoute un peu.
QUI veut voir un Eddie légèrement jaloux ?
Ne soyez pas timides, cliquez sur le bouton review ;-D
