Bonjour bonjour !

Un grand merci pour toutes vos reviews ! On est très fières. Un peu trop presque... :p !

Alors nous revoilà donc avec ce nouveau chapitre et son quota de sexe, sentiments et... La compète d'escalade !

Hum, j'en dis pas plus... J'espère juste que quand vous arriverez à la fin, vous aurez la même hâte de lire le chapitre suivant que nous, on a eu hâte de l'écrire !

Bonne lecture et bon week-end !


EDWARD

Avez-vous déjà réussi à être deux personnes totalement différentes dans les mêmes temps ? Avez-vous déjà menti comme un arracheur de dents par pur égoïsme alors que vous pensiez dur comme fer que vous le faisiez pour la bonne cause ou pour ne pas faire souffrir votre entourage et une personne en particulier ? Vous êtes-vous senti libéré, bien, presque prêt à tout affronter à cause de ça et parce que votre vie avait prit un tour totalement insolite, interdit et irrémédiablement attirant ? Parce que c'est ce qui m'arrivait à ce moment-là.

oOo

Je parcourus rapidement l'amphithéâtre des yeux et la vis, avec sa copine, à peu près au milieu de la salle.

Un sourire en coin étira mes lèvres alors que je descendais les marches dans sa direction.

On avait gardé nos habitudes comme avant. Comme si tout était normal. On s'ignorait ou s'envoyait des piques. Des fois, j'arrivais même à lui lancer des regards noirs.

Tout était exactement comme si rien avait changé dans nos vies.

A quelque chose près.

Un frisson me parcourut l'échine au souvenir de ce qu'on avait fait la veille dans les toilettes du cinéma. Elle avait rechigné jusqu'à ce que je ferme à clés la porte derrière moi, que je la plaque contre, que je la soulève et que je l'embrasse. A ce moment-là, on s'était déconnectés tous les deux.

On n'avait plus été Bella et Edward.

Je n'avais plus été avec l'ex de mon meilleur ami que je trahissais.

On avait juste été une femme et un homme qui suivaient le rythme que leurs corps leur imposaient.

Et j'avais totalement perdu pied. Comme à chaque fois que je la touchais.

Ça faisait une semaine ce jour-là.

Une semaine que je l'aidais à tourner la page ou que nous couchions ensemble, selon les points de vue.

Une semaine que j'essayais de la rendre vraiment femme et qu'elle… rayonnait ?

J'arrivai à leur hauteur et saluai son amie avec un rictus.

Comme tous les jours depuis une semaine.

« Ça va ? Lui demandai-je sans prêter la moindre attention à Bella.

_ Euh… Oui. Merci. Et toi ? Bredouilla-t-elle un peu rougissante.

_ A merveille… »

Puis je me tournai vers elle et croisai son regard. Impassible pour certains, brûlant pour moi.

« Izzie… Raillai-je.

_ Eddie… » Répliqua-t-elle sur le même ton, le visage neutre.

Et je m'éloignai un peu plus loin sur leur rangée.

Comme tous les jours depuis une semaine.

Je m'assis et relis rapidement mon cours, pour passer le temps et surtout pour m'occuper l'esprit. Je la regardai quand même du coin de l'œil : elle discutait avec son amie.

Elle était parfaite. On aurait même pu penser qu'elle avait fait ça toute sa vie.

Vic et Jess arrivèrent au bout de quelques minutes en marmonnant.

Je me tournai légèrement vers elles, tandis que Jess enlevait, assez mécontente, son écharpe et son manteau.

« Un problème, les filles ? Demandai-je en haussant un sourcil.

_ On l'a encore raté. » Grogna Vic.

Je n'avais même pas à demander l'identité du « l' ».

Depuis le début de la semaine, Bella s'était rendue compte que Beau Blond était sur le même campus que nous et qu'en plus il passait approximativement à la même heure au même endroit tous les jours en trottinant. Jess et Vic ne l'ayant aperçu que de loin, voulaient à tout prix savoir si Brad Pitt troyen 2 était « aussi beau de loin que de près ».

« Vous n'avez qu'à le prendre en filature. Dis-je en haussant des épaules.

_ Et à ton avis, pourquoi on arrive après tout le monde ? Siffla Jess.

_ Parce que vous vous êtes perdues ?

_ Ah ah ah… Tu vas mieux toi, depuis quelques temps. T'as plus l'air de déprimer.

_ Je ne déprimais pas. Marmonnai-je.

_ C'était tout comme. Tu t'es acheté un nouveau sex toy ? »

J'eus un léger haut le cœur et échappai un rire sarcastique.

« Ouais. Mais je ne collerai jamais ta photo dessus, même si t'étais la dernière femme de cette planète. » Répliquai-je.

Elle rougit un petit peu et me lança un regard plein de morgue.

« Relax. Je plaisantais. » Rajoutai-je.

Que ne fallait-il pas dire pour ne pas blesser ou vexer les gens…

« Jane nous a dit qu'elle t'attendait à midi sous le chêne pour que tu ailles faire tes achats de Noël, elle, du repérage pour le bébé et elle a souligné qu'elle n'accepterait aucune excuse et que si tu te défilais, Jacob te… Me dit Vic.

_ Scalperait. Termina Jess.

_ Voilà, le message est passé. » Conclut Vic avec un grand sourire.

Je me renfrognai alors que la prof s'installait enfin à son pupitre.

La veille, j'avais eu le droit à la décoration de l'appart' et du sapin dans les règles de l'art. Pire qu'avec ma mère quand j'étais petit. Et bien évidemment, Lili et ma sœur s'étaient mises de la partie. Mon salon ressemblait désormais à un mini parc animalier pour rênes, biches et autres chevreuils avec des lutins, des fées et des minis Père Noël en guise de palefreniers. Même dans ma salle de bains, j'avais eu droit à une ces décorations kitch en plastique collée sur la porte représentant un gros bonhomme barbu jovial avec sa grande hotte débordante de cadeaux.

Je n'avais plus qu'une chose à dire : à bas les oestrogènes.

Je sentis mon portable vibrer et le sortis distraitement.

Un sourire étira mes lèvres quand je vis le nom de Bella s'afficher.

« Salle d'entrepôt, midi ? »

Je grognai.

Jess leva ses yeux de ses notes et me regarda en haussant des sourcils et je fis mine de trouver imbuvable l'introduction de l'analyse linéaire que la prof était en train de lire sur ses polycopiés.

« Un prof en fac qui lit ses notes comme un étudiant, je vois pas l'intérêt. Marmonnai-je en jouant nonchalamment avec mon portable.

_ Elle n'en est qu'à l'introduction. Répliqua-t-elle.

_ Et alors ? On n'est pas des Lilliputiens sur son pupitre, elle pourrait nous regarder un peu.

_ Eh bien va lui dire. »

J'eus un rire dédaigneux et fis semblant d'attraper mon bloc notes de mauvaise foi.

Une fois que ma voisine se replongea consciencieusement dans l'introduction insipide de la prof, je me risquai à jeter un regard vers la gauche.

Elle faisait comme si elle n'attendait pas de réponse, regardant, concentrée, la maîtresse de conférence, son portable sur ses jambes croisées.

Je grognai une nouvelle fois, me forçant de détourner mes yeux.

Ses mains et ses lèvres en échange de la mauvaise humeur de Jane ou la bonne humeur de Jane sans la toucher…

Cruel dilemme.

« Pas longtemps. »

Quelques secondes plus tard, je la vis recevoir ma réponse du coin de l'œil. Un léger sourire déforma le coin de sa bouche, me faisant presque tressaillir.

Une semaine de plaisir consensuel avec elle.

Presque pas de mots, que des sensations.

J'avais eu peur que ça ne la satisfasse pas. Qu'elle ait des préjugés sur ce genre de relation, elle qui était adepte de l'amour sucré. Mais je l'avais entraînée dans cette spirale et j'avais presque l'impression qu'elle pensait de moins en moins souvent à Alec. Je n'osais pas lui poser la question parce que c'était à l'encontre de nos règles préétablies et que j'avais peur qu'elle arrête tout. Mon corps la réclamait encore, je ne pouvais pas la laisser faire ça, même si un jour, je savais bien que ça allait arriver.

Je me demandai rapidement quel genre de relation nous aurions après ça.

Si on serait amis. L'idée avait quelque chose de pas naturel.

Si on redeviendrait indifférents l'un à l'autre et qu'on reprendrait notre vie. Quelque chose me gênait là aussi.

Alors quoi ?…

Je secouai la tête et essayai de me plonger dans le monologue de Mrs Summers.

Qu'est-ce que je pouvais bien en avoir à faire de ce qu'on deviendrait plus tard ?…

Je somnolais presque lorsque le cours se termina.

Plus jamais ça.

Je ne voulais plus avoir de cours avec ce somnifère ambulant.

Les filles se précipitèrent à l'extérieur sans m'attendre. Quelque chose me dit qu'elles allaient repartir à la chasse au Brad Pitt troyen 2. J'espérais vaguement pour lui qu'il était branché plan à 3 parce que vu l'acharnement qu'elles mettaient à lui courir après, c'était ce qui lui pendait au nez.

Je jetai un vague coup d'œil du côté de Bella et vis qu'elle n'était déjà plus là, ni son amie.

Je me levai à mon tour, un peu fébrile.

Je sortis de l'amphi et bifurquai rapidement à gauche en espérant que Jane allait s'en tenir à m'attendre sous le chêne. Arrivé devant la porte de la salle de dépôts, je regardai rapidement autour de moi, le cœur battant un peu plus vite. Je posai ma main sur le loquet et à peine eus-je fait un geste pour l'ouvrir, qu'elle me tira à l'intérieur.

J'entendis son souffle un peu erratique alors qu'elle fermait la porte à clés et qu'elle me poussait contre. Je déglutis en voyant son regard briller autant et me penchai sur elle pour l'embrasser. Elle se colla contre moi en grognant, glissant sa langue à l'intérieur de ma bouche, frottant déjà son bassin contre le mien.

De ma main droite, je saisis sa nuque, et sa taille de mon autre bras, la soulevant à mon niveau.

Elle se hissa un peu plus et plaça ses jambes autour de mes hanches, ondulant sensuellement alors que ses mains impatientes partaient à l'assaut des boutons de ma chemise.

Je me détachai légèrement d'elle pour reprendre mon souffle.

« Jane m'attend… » Soufflai-je, la voix rauque.

Elle eut un sourire carnassier et écrasa une nouvelle fois sa bouche sur la mienne, me faisant gémir sous son intensité.

Une de ses mains voyagea rapidement jusqu'à mon érection qu'elle caressa sur mon pantalon, me faisant décoller de la porte pour la plaquer contre à mon tour.

Elle cassa notre baiser et haleta un peu, défaisant en tremblant légèrement les boutons de son jean et le baissant un peu sur ses cuisses.

« Tu veux qu'on arrête tout de suite, alors ? Répondit-elle avec une moue amusée.

_ T'es pas très disposée à ça… Grognai-je.

_ Mais je peux m'adapter… Faut être deux pour en avoir envie, sourit-elle.

_ On perd du temps, là. » Dis-je avant d'écraser mes lèvres sur les siennes.

Elle défit rapidement mon jean et le baissa un peu en même temps que mon boxer.

Elle attrapa mon érection palpitante et gémit lorsque je plongeai deux doigts dans son vagin en l'embrassant. Je la calai un peu mieux contre la porte et l'abattis sur ma hampe dressée. Elle frissonna et ondula du bassin en reprenant ma bouche d'assaut. J'entrais et sortais rapidement de son ventre, au rythme qu'elle-même m'imposait, le cœur battant à tout rompre.

Comme à chaque fois, le plaisir m'engloutissait toujours un peu plus.

Je voulais toujours la faire trembler un peu plus que la fois précédente.

Je la voulais toujours un peu plus impatiente.

Au bout de quelques minutes, elle planta ses mains dans mes cheveux et tira énergiquement dessus pour me forcer à relever la tête et lui céder un plus grand accès à ma bouche.

Je resserrai ma prise sur elle et donnai deux derniers coups de reins avant sa petite mort. Puis deux autres et je me laissai aller en elle.

Mon portable vibra dans ma poche alors que je commençais à peine à reprendre mes esprits.

Je me détachai d'elle et elle se laissa glisser au sol en se rhabillant.

Comme à chaque fois, elle releva mon jean et reboutonna rapidement ma chemise non sans m'embrasser le ventre et le torse.

Mon portable vibra une nouvelle fois, me faisant grogner.

Elle me lança un sourire goguenard, les joues encore rouges, les lèvres gonflées, le regard toujours flou et brillant. Elle affichait une telle distance que j'eus l'impression de ne pas lui avoir donné de plaisir.

Elle se rapprocha, se haussa sur la pointe des pieds et posa longuement ses lèvres sur les miennes alors que mon portable vibrait pour la troisième fois.

« Ne la fais pas attendre… » Murmura-t-elle avant de déverrouiller la porte et de sortir après avoir pris son sac.

Et comme à chaque fois, je restai un peu étourdi à me remettre mes idées en place.

La première fois, c'était moi qui étais parti comme un voleur.

A présent, c'était elle qui s'enfuyait presque à chaque fois avant que j'aie le temps de réaliser.

C'était moi qui devais lui montrer une nouvelle facette des relations humaines et c'était elle qui me menait à la baguette.

oOo

J'inspirai profondément et sortis à mon tour en me composant mon visage de « menteur comme un arracheur de dents dans la vie de qui tout était parfaitement normal » puis rejoignis la Mère Noël jacobisée qui allait sûrement s'extasier devant tous les jouets pour bébé et les peluches monstrueusement géantes qu'on allait voir dans les vitrines des magasins.

Courage.

Après tout, si je l'asticotais un peu, j'avais peut-être une chance de revoir apparaître la snob qui se moquait toujours avec moi, les années précédentes, de tout cet engouement pour les fêtes de fin d'année. Mais une chance sur un milliard rien qu'à penser à la transformation de mon appartement en Laponie bis…

Elle me rejoignit à grandes enjambées lorsqu'elle me vit sortir du bâtiment de Lettres et me jeta un regard froid et mécontent qui faillit presque me donner le sourire. Je devais avoir une prédisposition pour les chieuses, c'était pas possible autrement.

« Il est pratiquement midi 20, qu'est-ce que tu foutais ? » Marmonna-t-elle en sortant une longue écharpe rouge avec du houx et des bonnets de Noël dessinés dessus de son sac.

Nous nous dirigeâmes vers la sortie du domaine et je regardai autour de moi pour voir si je ne pouvais pas entrapercevoir Bella une dernière fois.

« Je ne vais pas te la tendre pendant 100 ans. » S'irrita-t-elle.

Je lui jetai un coup d'œil et eus un rictus.

« J'espère que tu me fais un poisson de Décembre. Raillai-je en me détournant.

_ Tu vas attraper la crève ! J'ai pas envie que tu nous la refiles ! » Répliqua-t-elle sèchement.

Oui. Depuis que Jacob deuxième du nom ou Jane troisième du nom grandissait bien au chaud dans son ventre, elle avait tendance à parler avec le nous de majesté.

« Je suis pas Jacob. Tu ne me feras pas porter tes horreurs. Grognai-je.

_ Tu discutes pas et tu me mets ça. Et c'est pas une horreur, c'est très tendance ! Elle m'a coûté 32 dollars ! En plus, tu transpires un peu. Un peu plus et je pourrais croire que t'as fait mumuse avec une fille dans une salle de classe déserte. »

Je déglutis alors que mon estomac faisait du yo-yo dans mon ventre.

Sans un mot, je lui arrachai son bout de laine des mains et le mis autour de mon cou.

Elle eut un sourire satisfait et sortit un bout de papier plié en deux de son sac qu'elle me tendit.

« Qu'est-ce que c'est encore ? Marmonnai-je alors que nous nous mêlions à la foule de la grande avenue.

_ Ta cible de Noël. Ça faisait quelques jours que je l'avais dans mon sac, je n'y pensais plus. Lili te demande de ne pas déconner. »

Je lui jetai un regard suspicieux et dépliai le morceau de papier blanc.

« Cible de Noël d'Edward : Emmett »

Mes mâchoires se contractèrent un peu.

Génial ! Mon ours de beau-frère.

« Lili te demande de ne pas déconner. » Me répéta-t-elle en appuyant sur chaque mot. « Tu sais… Il est sympa sous ses airs d'ours mal léché. Bon, il faut mettre de côté son humour douteux et ses allusions graveleuses… Le fait qu'en dehors du sport, des voitures, de son métier à la rigueur… Du sexe… Il n'y a, semble-t-il, plus personne. Mais on ne peut pas lui en vouloir, c'est un mec. Et je ne peux pas trop le juger, je n'ai jamais vraiment discuté en profondeur avec lui… »

Je soupirai.

« Il est très amoureux de ta sœur, Edward. Elle ne vit plus que pour l'entendre le lui dire en ce moment. » Soupira-t-elle.

Je lui lançai un nouveau regard lourd.

« T'as pas intérêt à faire le plein de comédies romantiques, sinon je vous vire, toi, tes oestrogènes en ébullition, tes décorations kitch et je garde le sapin, parce que vous l'avez bien fait et les chocolats. La prévins-je.

_ Hors de question que tu gardes les chocolats.

_ Et c'est toi qui vas m'en empêcher ? » Raillai-je.

Elle eut un sourire carnassier lorsqu'on pénétra dans le complexe commercial bondé et suranimé.

« Moi, non… Mais lui… Si. » Répondit-elle en faisant un signe de tête en avant.

Je me détournai et la vis se diriger vers Jacob et son frère qui nous attendaient devant le restaurant japonais.

Mon estomac se contracta et je déglutis en essayant de paraître le plus normal possible.

« Ça va ? Me demanda-t-il en se détournant du couple qui s'était décidé à nous faire un baiser digne du grand écran.

_ Hmm… Elle veut me priver des chocolats qu'elle a mis sous le sapin si je ne la laisse pas faire le plein de comédies romantiques. T'as pas une idée sur quoi je pourrais la faire chanter pour l'en dissuader ?

_ Je t'ai entendu, Edward. » Siffla-t-elle en se détachant de mon colocataire.

Alec sourit et nous entrâmes dans le restaurant.

Nous nous assîmes au comptoir pour le service rapide.

« Tu vas pas vomir avec l'odeur du poisson cru ? Lui demanda mon meilleur ami.

_ Non, ça va. Je vais prendre des yakitori avec un bol de riz. »

Jacob regarda durant un long moment le menu, assez perplexe.

« Je connais que le mot sushi là dedans.

_ Le sukiyaki, c'est bon. C'est du bœuf, des légumes et du Tofu avec une sauce sucrée. Lui expliquai-je.

_ Bonjour. Vous avez choisi ? Nous demanda un asiatique d'une quarantaine d'années.

_ Yakitori avec un bol de riz et de l'eau plate, s'il vous plaît. Dit Jane en posant une main sur son ventre.

_ Euh un su… ki… Commença Jacob en fronçant les sourcils.

_ Sukiyaki et des sushi ! Dîmes-nous en même temps avec Alec.

_ Et eau plate également. » Rajoutai-je en souriant.

Il se tourna vers moi, m'observa un instant en souriant, puis je me détournai et détachai l'écharpe de mon cou.

« Elle t'a convaincu ? Me demanda-t-il en me la montrant d'un signe de tête.

_ Forcé, serait le mot plus approprié… Elle a tendance à obtenir tout ce qu'elle veut en ce moment. Tout le monde a peur de la contrarier à cause de son état.

_ On essaye surtout de la ménager. En plus, ce soir on a un repas avec Jacob et mon père. C'est la première fois qu'elle va présenter quelqu'un.

_ Elle est enceinte. Marmonnai-je.

_ C'est l'argument qui lui a été opposé. Ria-t-il.

_ Bon courage.

_ Merci. »

Quelques minutes plus tard, les plats arrivèrent et nous commençâmes à manger en discutant de Noël et ses préparatifs.

« Tanya a eu son autorisation. M'apprit-il.

_ C'est vrai ? »

Il acquiesça d'un signe de tête, un léger sourire aux lèvres.

« On a failli s'embrasser, hier. » Murmura-t-il au bout d'une pause.

Je reportai mon attention sur lui, mon estomac faisant un mini saut périlleux dans mon ventre.

« Je me suis senti coupable vis-à-vis de Bella. » Ria-t-il nerveusement.

Cette fois-ci, mon estomac se contracta et ma vieille amie la culpabilité me regagna.

Je me passai machinalement ma main dans mes cheveux et recommençai à manger sans le regarder.

« Et le pire, c'est que j'ai envie de le faire. Mais j'ai toujours Bella dans la peau. » Rajouta-t-il.

Il avait besoin et envie d'en parler. C'était ce que je me disais.

Comme avant.

Quand je ne savais pas qu'il était amoureux d'une fille depuis quatre ans.

Quand ma vie n'était pas celle d'un menteur comme un arracheur de dents à cause de cette même fille.

« Tu trouves ça dingue, je parie. Me dit-il.

_ Non…. Pourquoi ? » Marmonnai-je.

Il eut un regard pensif et un sourire doux-amer en avalant un sushi.

« Je crois que t'avais raison… Je suis tellement égoïste que je veux les deux. Bella me manque tellement par moments… Et par d'autres, je me sens presque… soulagé qu'elle soit partie. »

Je ne répondis pas et repoussai mon assiette.

« Comment tu la trouves, en ce moment ? » Me demanda-t-il. « Tu sais… Je l'ai vue vite fait il y a trois jours et elle avait l'air… différente de ces dernières semaines. Soit le grand air de River Green lui a fait un bien fou, soit quelque chose a changé dans sa vie.

_ Pourquoi tu dis ça ? Murmurai-je en déglutissant.

_ Je la connais. Tu verras que j'ai raison… Regarde-la vraiment pour une fois et tu te rendras compte qu'il y a quelque chose. »

« Haaaaaaa ! Et celui-lààààààààà ! » Dit-elle en se précipitant sur un énorme ours en peluche blanc qui était pratiquement à moitié aussi grand qu'elle avec un tout aussi énorme nœud rouge autour du cou.

J'assistai, sans trop broncher et impuissant, depuis plus d'une heure et demie, à un remake d'Alice au Pays des Merveilles intitulé Jane au Pays des Nounours Géants et Noëlisés.

Jacob et Alec m'avaient lâchement abandonné après notre repas, devant aller acheter un costume pour mon colocataire. Je n'avais pas eu le droit de me joindre à eux sous prétexte que Mademoiselle ne devait pas faire les magasins toute seule au cas où elle se sentirait mal ou aurait un coup de fatigue et que je devais accessoirement acheter mon cadeau pour ma cible de Noël en priorité.

Jane s'assit dans les bras du sixième ours qu'elle avait l'intention d'acheter pour son bébé et testa son confort comme s'il s'était agit d'un canapé de luxe à mettre dans son salon.

« Confortable. » Marmonna-t-elle.

Elle passa ses bras autour du cou de l'animal noëlisé et se blottit un peu plus contre lui, comme si elle était dans ceux de Jacob.

« Mœlleux. » Rajouta-t-elle avec un petit sourire.

Elle passa rapidement une main dans le pelage artificiel et regarda le prix.

« Doux et abordable. Elle l'adorera. Dit-elle en se relevant.

_ Lili t'a convaincu pour une fille ?

_ C'est une fille. Je le sens.

_ Génial. Eh bien j'espère qu'elle prendra de son oncle. »

Elle me tira la langue et nous continuâmes à analyser chaque article du premier magasin dans le quel nous avions mis les pieds. Et il y en avait encore une bonne vingtaine dans le complexe.

« Alec t'a dit pour la dépravée ? » Me demanda-t-elle quelques minutes plus tard.

Je lui lançai un regard lourd en soupirant. Apparemment, la gentillesse de ses hormones en pleine activité avait ses limites.

« Quoi ? C'est bien ce qu'elle est. Marmonna-t-elle.

_ Elle est clean depuis des semaines. »

Elle haussa des épaules et attrapa un lapin rose et vert pastel sur une étagère de présentation.

« C'est pas pour ça que je vais l'apprécier. Reprit-elle.

_ Tu pourrais faire un effort pour ton frère.

_ Je n'en parle pas avec lui. Je me contente de l'écouter d'une oreille quand il la mentionne. C'est dingue, mais j'ai l'impression que son amourette d'adolescence est en train de le rattraper… Il en parle même plus que de Bella en ce moment. »

Je tressaillis mais ne répondis pas.

Mon meilleur ami était en train de tourner la page et je ne savais pas pourquoi ça me réjouissait autant que ça me tordait l'estomac.

Elle reposa le lapin et nous continuâmes notre chasse à la peluche pour Jane troisième du nom.

« Alors, il te l'a dit qu'elle passait le Réveillon du Nouvel An avec nous ? Reprit-elle.

_ Non.

_ J'ai pourtant entendu son nom quand il te parlait.

_ Ce n'était pas pour ça. »

Elle grogna et me prit par le bras pour nous faire rebrousser chemin.

Je soupirai de soulagement en sortant de la boutique et me laissai entraîner dans un magasin de vêtements pour enfants en bas âge.

« T'es obligée de me traîner dans tous ces trucs, franchement ? Marmonnai-je.

_ Oui. Jacob veut que je fasse les boutiques avec toi et Lili veut que tu fasses tes achats de Noël aujourd'hui. Elle craint même que ce soit trop tard pour certains articles.

_ T'as fait les tiens ?

_ Hin hin. J'ai commencé à faire mes achats en Septembre. J'ai déniché sur le Net une édition originale d' Orgueil et Préjugés pour Bella. Elle doit arriver d'ici quelques jours d'Angleterre.

_ Tu la fais venir d'Angleterre ? Répétai-je un peu sous le choc.

_ Oui. J'ai fait mes achats en Europe, cette année pour la plupart des cadeaux. Il y a certains articles de qualité qu'on ne trouve qu'à Milan, Londres ou Paris, je n'avais pas le choix. J'ai même commandé des chocolats à Bruxelles…

_ Et tu ne pouvais pas trouver ça ici, au lieu de dépenser tout cet argent en frais ?

_ Le plaisir d'offrir, Edward, ça ne se compte pas. » Répliqua-t-elle sur un ton sans appel.

Je marmonnai. C'était pas moi qui allais me casser autant la tête pour les fêtes de fin d'année. L'inspiration me venait généralement quand je voyais l'objet en question. Je me disais toujours « Ah tiens ! Ça lui ferait peut-être plaisir… »

« D'ailleurs, on va s'occuper de ta cible après ce magasin et celui d'à côté… Et aussi celui d'en face, j'aimerais bien y jeter un coup d'œil rapide. Je t'autorise à répondre à mes questions par des marmonnements pendant ce temps si tu réfléchis à un cadeau soit sympa, soit pratique, soit culturel. A la limite, original. Mais il est hors de question que tu lui achètes un truc graveleux. » Me dit-elle en regardant une petite robe blanche en dentelle.

Je marmonnai une nouvelle fois.

« Elle est jolie, non ? J'ai bien envie de la prendre… »

Elle partit dans son monologue sur les tissus et les couleurs et nous ressortîmes du magasin près d'une demie heure plus tard, la petite robe et ses chaussures assorties dans un sachet.

Heureusement, nous fîmes un « rapide » tour des deux autres magasins en presque deux heures, puis elle eut une envie subite de chocolat praliné. Deux cents grammes de chocolat praliné, trois cents de chocolat au lait avec des éclats de noisettes et cent grammes de chocolat noir à la fraise dans un autre sachet plus tard, nous nous dirigeâmes vers la librairie.

Je m'étais décidé pour lui acheter un livre sur Venise et je ne pus m'empêcher de lui prendre également Le Sexe pour les Nuls.

Jane s'était éclipsée dans la partie consacrée aux DVD et me rejoignit à la caisse avec cinq comédies romantiques dans les mains. Elle jeta un regard aux livres que je tenais dans les mains et soupira de consternation mais ne releva pas.

« Ne me dis pas que tu vas me faire regarder… »

Je regardai le premier DVD de sa pile et grognai.

« Love Actually ?

_ J'adore ce film. » Me dit-elle en me fusillant du regard.

Je demandai à ce qu'on emballe les deux livres et me retournai vers elle.

« Y a pas Johnny Depp dedans. Marmonnai-je.

_ Non et c'est dommage, parce qu'il aurait été parfait, sinon. Mais il y a Hugh Grant, Colin Firth, Liam Neelson… Bref, ça se regarde aussi, quoi.

_ Ne me mets pas ça en soirée.

_ Eh bien si, justement. On a prévu une soirée entre filles et Jake m'a donné le feu vert pour la faire à l'appartement ce soir. Je t'autorise exceptionnellement à te renfermer dans tes bouquins à la seule et express condition que tu ne refasses pas une overdose qui te poussera à te bourrer la gueule tout seul une nouvelle fois. J'ai l'intention d'inviter Bella et je ne veux pas que tu nous gâches notre soirée avec ta mauvaise humeur. »

Je tressaillis.

Bella chez moi…

Dans ma salle de bains…

Ma chambre…

« Je veux mon ravitaillement en chocolat. » Grognai-je.

Je payai et attendis qu'elle fasse de même avec ses DVD.

« Tu ne protestes pas ? S'étonna-t-elle.

_ Pour quoi faire ? Je perdrai face aux oestrogènes de toute façon. »

Elle sourit, satisfaite.

« Tu la laisseras tranquille ? » Me demanda-t-elle quand nous sortîmes.

Oh que non…

« Oui. Marmonnai-je.

_ Eh bien voilà ! C'était pas compliqué. Il aura fallu que tu dormes avec elle pour la supporter. Trop simple pour y penser… Je suis fière de toi, tu deviens adulte et responsable. Bon… J'aimerais bien passer à la parfumerie maintenant. Et il me faut une petite robe pour demain. Et il y a cet autre magasin de jouets à l'étage dont j'ai entendu parler, j'aimerais y jeter un coup d'œil… Après, on pourra rentrer. »

Je serrai les mâchoires et soupirai.

« Un chocolat ? » Me proposa-t-elle en me tendant sa boîte de chocolats pralinés à moitié vide avec son plus beau sourire innocent.

Avais-je dit que je haïssais vraiment les oestrogènes ?


BELLA

New York, le 14 décembre 2009,

Cher journal,

Ne restent plus que deux jours avant la compétition d'escalade. Je suis assez fébrile, mais pas trop stressée. Ça va aller. Même si je n'ai pas un bon résultat, je n'aurai pas à m'en vouloir ; j'ai tout donné, ces quinze derniers jours, et j'étais déjà pas mal entraînée avant.

Je passe pas mal de temps avec mon camarade, James. Il est vraiment sympa ; et je reconnais que je me suis demandé ce que ça pourrait donner, si jamais on venait à… sortir ensemble.

Enfin, autant que je ne me casse pas la tête. Je ne pense pas que lui en aurait envie, de toutes façons.

Et moi… je n'oublie bien sûr pas Alec. Même en couchant régulièrement avec Edward. Disons que ça me permet de soulager le manque de la composante physique du couple.

Il m'a dit qu'il craignait que je ne tombe amoureuse de lui. Quelle blague. Même si je venais à éprouver une certaine… je sais pas, complicité avec lui (quoique ça, c'est déjà le cas), jamais je ne pourrais. Et pas seulement parce que je pense encore à Alec.

Quelque part, je me dis que peut-être un jour je rencontrerai quelqu'un avec qui j'arriverai à former un couple stable ; mais ce que je sais, c'est que lui, Edward…

Non. Il y a trop de choses en lui que je ne pourrais supporter. Ce comportement qu'il a eu dès le départ, me jugeant sans même me connaître ou me laisser une chance ; cette arrogance qui le caractérise, et à côté de laquelle je pourrais passer s'il n'étalait pas son ego surdimensionné. Le fait qu'il pense que je finirai par tomber amoureuse de lui en est la preuve la plus flagrante.

Ouais, enfin, c'est qu'un détail. C'est juste pour dire que je ne sais pas quand notre « relation » finira. Sans doute quand je me sentirai à nouveau prête pour un couple. À moins qu'il ne se lasse avant.

En attendant, j'ai d'autres chats à fouetter que nos moments de baise. Il faut que je me mette en condition pour la compète !

Je retourne à l'escalade… dernière ligne droite…

oOo

« Bella ? Je crois qu'on va les massacrer ! » rit James alors qu'on s'asseyait tous les deux en haut du mur le plus haut de la salle.

On venait de le gravir en peu de temps ; vraiment très peu, à en juger par le sourire satisfait du coach.

Cela faisait deux semaines qu'on s'entraînait à fond ; j'avais découvert en James un mec à la fois sportif, intelligent - il étudiait la Sociologie sur mon campus -, vif et amusant.

À se demander pourquoi il ne m'attirait pas plus que ça.

Mais c'était tant mieux. Pas de prise de tête, rien. On s'entendait très bien sans même avoir à beaucoup discuter - pas vraiment le temps, pendant nos séances de footing et d'escalade.

Nous soufflâmes, nous regardâmes, et redescendîmes en même temps.

James était plus rapide que moi, globalement ; mais j'étais plus souple, ce qui me donnait un léger avantage sur les voies d'allonge. Nous étions vraiment bien, ensemble, et j'espérais qu'un jour on pourrait faire une compétition en duo. J'étais certaine qu'on formerait une équipe de choc.

Le coach nous envoya un nouveau sourire satisfait. Il semblait plus cool avec moi, à me voir m'impliquer à fond pour son concours ; j'espérais juste que c'était parce qu'il devenait moins macho, plutôt que parce qu'il me voyait masculinisée.

J'eus une grimace comique à m'imaginer avec des poils sur les jambes. Le coach s'en foutrait, mais la gueule à Edward…

Et alors ? C'est pas ça qui m'en empêcherait !

Bon, fallait que j'arrête les idées délirantes. C'était l'atmosphère de Noël ou quoi ?

J'allai à la douche après avoir salué James ; me séchai rapidement les cheveux, me les attachai, et sortis dans la ville en direction du centre commercial le plus proche du campus.

On était le premier jour des vacances de Noël ; dans la ville de New York régnait une ambiance de fête, de joie, aux odeurs de marrons chauds, aux couleurs chaleureuses, aux grands sapins illuminés et aux vitrines animées ; tout ce que j'aimais dans Noël. La période où je flânais pour trouver les cadeaux de tout un chacun.

Il fallait d'ailleurs que je me magne pour ces cadeaux.

J'irais peut-être le lendemain ; là, je voulais d'abord passer à un magasin de sport directement, afin d'acheter un sac à magnésite (*). Je m'étais rendu compte - un peu tard - que j'avais laissé le mien chez mon père.

En parlant de lui… Jake et moi prenions l'avion Lundi après-midi pour Forks. Nous reviendrons le 30 décembre au soir, pour passer la soirée, parait-il - on ne nous avait pas demandé notre avis - avec les autres : Jane, Alec, Vic, Demetri et cie.

Tanya, aussi.

J'étais aussi heureuse qu'inquiète à cette idée…

Alors que je ressortais, soulagée, du magasin de sport avec mon nouvel équipement à la main, j'entendis qu'on me hélait.

« Bella ! Hé, Bella ! »

Je me retournai, cherchant la source de l'appel surexcité.

Jane agitait ses bras à mon attention, à côté d'un Edward un peu renfrogné.

Je les rejoignis en maugréant.

« Ouais ?

_ Salut, quand même.

_ On s'est appelées tout à l'heure, répliquai-je.

_ Et alors ! On s'est pas vues ! »

Je soupirai en secouant brièvement la tête.

« Salut, Jane. Ça va, depuis tout à l'heure ?

_ Oui, merci. Et toi, non mais, t'es pas folle de sortir par ce froid dans une toute petite veste ? »

Toute petite veste ? Elle avait vu ça où, elle ? Ok, j'avais pas une doudoune style bonhomme Michelin mais…

« … Et puis sans bonnet ! » continuait Jane. « C'est pas vrai, vous êtes comme des enfants, faut vous habiller pour…

_ Hey ? Chut. »

Jane fronça les sourcils et croisa les bras, puis reprit son monologue.

« Et en plus, ça t'arrive de répondre à tes messages ? »

Je fronçai les sourcils, et sortis mon portable.

Quatre messages.

Tous de Jane.

« Bella, soirée filles chez Jake ce soir ! »

« Bella, je t'ai prévenue pour la soirée filles ? »

« Bella, j'ai vu dans mon historique d'envoi des messages, tu as eu le mien, réponds-moi ! »

« Putain, Bella, tu fous quoi ? Inutile de jouer les sourdes, ce soir, on t'attend chez Jake ! »

« Oh. Fis-je.

_ Oui, oh ! T'as même pas regardé ton portable !

_ J'étais à l'escalade ! Me défendis-je.

_ Et là, t'y es encore ? »

Je soupirai.

« Ok.

_ Quoi, ok ?

_ Ok, pour ce soir ! M'agaçai-je.

_ Yeah ! » cria Jane en me sautant au cou.

Je la réceptionnai en fronçant les sourcils, lançant un regard à Edward, qui me fixait avec intensité.

Je détournai les yeux en réprimant un petit sourire. Il croyait quoi ? Qu'on allait pouvoir coucher ensemble chez lui ? Avec tout le monde à côté ? Il rêvait un peu, là.

« Rendez-vous à 21 heures, après le dîner. Soirée comédies romantiques. »

Je me rendis compte alors que j'avais accepté une soirée filles.

« Euh, finalement… Je dois réviser un peu et…

_ Ah non ! Tu as accepté ! Tu ne peux pas revenir en arrière ! T'auras toutes les vacances pour réviser !

_ Je serai à Forks, chérie, j'aurai d'autres choses à faire que réviser. » Répliquai-je en lui pinçant le nez.

Elle fit mine de me mordre.

« Quoi, d'autres choses ? C'est quoi, ces autres choses ? Grogna-t-elle.

_ Revoir tous nos anciens amis, avec Jake, par exemple.

_ Y a des filles parmi eux ? Demanda-t-elle, soudain l'air prête à mordre.

_ Hum… » fis-je mine de réfléchir. « Juste deux, une casée et une pas intéressée ! » ris-je en voyant son air assassin.

Elle eut une petite moue boudeuse. Je sentais que Jake allait en entendre parler ; je regrettais déjà d'avoir ouvert ma gueule…

« Et c'est qui les autres amis ? Finit-elle par demander.

_ Jake a dû t'en parler. Sam, Paul, Jared… Embry, Quil, Seth…

_ Ouais. Ok. Grogna-t-elle.

_ J'ai des photos d'eux, si tu veux. »

Son regard s'illumina, et elle frappa des mains comme une enfant.

« Je veux les voir ! Jake, cet idiot, n'en a pas. Tiens, je vais peut-être lui offrir un appareil photo pour Noël.

_ T'as pas encore fait tes achats ? Raillai-je en soulevant un sourcil.

_ Si ! Mais je peux bien rajouter ça. »

Je me mordis la lèvre, hésitante.

« Tu sais… ça risque de le gêner un peu…

_ Pourquoi ?

_ Euh…

_ Ça va, t'inquiètes… pourquoi vous dîtes tous que j'en fais trop ? » Bouda-t-elle.

Je soupirai.

« Tu t'arrangeras avec Jacob… Bon, tu m'excuses, je vais aller manger. J'ai un truc de prévu ce soir, je sais déjà plus quoi… » me moquai-je.

Elle me frappa au niveau du bras, sans me faire bien mal. Depuis quand elle avait des gestes aussi féminins ?

« 21 h !

_ J'ai compris. » soupirai-je.

Je la saluai d'un geste de la main, ignorant délibérément Edward.

Oh, j'allais bien pouvoir m'amuser, en fait, ce soir. Pour peu qu'Edward participe à notre soirée filles…

L'idée me fit sourire.

J'allais voir… Tout divertissement était bienvenu…

À 21 h précises, je sonnai à la porte de l'appartement d'Edward et Jacob.

Ce fut ce premier qui m'ouvrit ; il se figea en détaillant ma tenue. J'avais passé une robe pull bleu roi, une paire de bas noirs, et des chaussures à talon raisonnable.

Il me lança un regard électrique, que je fis mine d'ignorer ; je le repoussai vers l'intérieur, l'air de rien, masquant un sourire joueur, et me dirigeai vers le salon, où Alice et Rosalie discutaient pendant que Jane était lovée dans les bras de mon meilleur ami.

Je saluai tout le monde et vins m'asseoir avec les filles, pendant qu'Edward était obligé de se placer à côté de Jacob.

Alice m'accueillit avec un grand sourire.

« Bella ! Tu comptes mettre quoi pour le 31 ?

_ Ben un jean et un pull noir. » fis-je d'un air innocent.

Alice me regarda avec des yeux ronds.

« Tu plaisantes ? Fit-elle d'une voix blanche.

_ Classe, le pull noir, hein ! » la taquinai-je.

Elle se redressa de toute sa hauteur - en réalité limitée.

« NON MAIS ÇA VA PAS! »

J'éclatai de rire, alors que Jane la regardait d'un air outré, une main sur son ventre.

« Alice ! Tu vas faire peur à mon bébé !

_ C'est ce qu'elle vient de dire qui devrait lui faire peur, oui ! Un jean et un pull ! Le soir du réveillon ! »

Jake éclata de rire.

« Tope là, Bells ! »

Je me levai pour lui claquer la main.

« Bella ! Tu vas pas faire ça ! » Continua Alice.

Je levai les yeux au ciel.

« Mais non ! T'inquiètes ! Allez, calme-toi, je vais porter une robe ! »

Alice parut un peu rassurée, mais me lança un regard noir.

Heureusement, avant qu'elle n'ait pu ajouter quelque chose, on sonna. C'était Victoria et Jess.

Après les salutations d'usage, Jane nous sauta dessus pour que l'on mette le premier film. Love actually. Bon, au moins, c'était dans l'esprit de Noël. Pas trop mal choisi.

Mais quand même, ça restait une comédie romantique.

Je n'étais pas forcément d'humeur.

À ma grande surprise, Edward resta. Bien entendu, il se débrouilla pour se retrouver sur le canapé à côté de moi ; nous étions serrés comme des sardines, à huit sur deux canapés…

Jane lui jeta un regard noir.

« Tu laisses Bella tranquille ! » grogna-t-elle.

Il lui répondit par un sourire angélique.

Je me détournai, songeant que si Jane savait à quel point on se laissait mutuellement tranquilles, ces derniers temps, elle en perdrait la voix.

Le film débuta ; mais je n'étais consciente de peu de choses sinon du corps d'Edward contre le mien, et de sa main posée discrètement sur nos deux cuisses.

En plein milieu du film, Jane se redressa, et fit ses yeux de cocker brevetés par Alice pour inciter Jacob à aller lui chercher des chocolats à la fraise ; elle en profita pour mettre le film sur pause.

Je levai les yeux au ciel d'agacement.

« Ça y est j'en ai marre, je vous quitte. Je vais réviser. » fit Edward.

Je lui lançai un regard alors qu'il se levait. Il le croisa, et me fit un sourire moqueur.

« Tu veux venir, peut-être ? Tu dois pas beaucoup bosser tes cours, en ce moment.

_ Pas besoin de ça quand on a un cerveau capable de se débrouiller par lui-même. Rétorquai-je.

_ Je ne sais pas… Jessica aurait été ravie de venir, elle. »

Je jetai un regard à l'intéressée ; elle avait rougi, et fusilla Edward du regard.

J'en avais un peu marre qu'il s'acharne sur elle en se moquant de l'envie qu'elle avait de devenir un peu plus qu'une ex copine de baise. Encore son foutu complexe de supériorité.

« Et tu te moques de la seule qui prend la peine d'entretenir ton ego surdimensionné ? Tu devrais plutôt l'idolâtrer. »

Edward haussa un sourcil mais n'eut pas le temps de répliquer.

« Vous voulez pas aller vous engueuler ailleurs ? Grogna Jane en remettant son film.

_ Non. » répondis-je. « Mais je vais me chercher un verre d'eau. »

Je me levai ; Edward et moi quittâmes le salon.

« Où tu ranges les verres ? » lui demandai-je, sachant pertinemment qu'il m'avait suivie.

Il me retourna, m'appuyant contre le plan de travail, et tendit le bras pour ouvrir un placard au-dessus de ma tête, et en sortir un verre.

Je lui souris, le repoussai, et me tirai de l'eau du robinet.

Je portai le verre à mes lèvres, dardant mon regard au sien.

Il attendait patiemment que je le finisse. Aussi ne le vidai-je qu'à moitié ; il roula des yeux, s'approcha de moi, et me prit le verre pour le poser à côté.

« Jolie robe, commenta-t-il, posant ses mains sur ma taille pour rapprocher nos bassins.

_ Tu ne comptes quand même pas me la retirer ? » Me moquai-je en retour.

Il me lança un regard critique.

« Pas besoin de ça… » fit-il en glissant les pouces jusqu'à l'ourlet de ma robe.

Je me dégageai vivement, sourire malin aux lèvres.

« Jane m'attend…

_ T'as peur de quoi ? Souffla-t-il en se collant contre mon dos.

_ Edward… Siffla Jane du salon.

_ Quoi ? J'ai pas le droit de lui parler ? » Demanda-t-il innocemment.

Il passa une main au creux de mes reins, la faisant légèrement glisser jusqu'au haut de mes fesses.

« Si tu changes d'avis, pour Marlowe… Chuchota-t-il en passant devant moi, non sans avoir laissé sa main glisser jusqu'au bas de ma robe.

_ Aucun risque… » fis-je. « Au fait, tu pourrais me dire au revoir. »

Il se retourna, un sourcil haussé. Je plantai mon regard satisfait dans le sien.

« On ne se voit pas demain ; je m'entraîne. Pas dimanche, non plus. Ni lundi, car je pars… En fait, oh, on se reverra que le 31... »

J'arborai un sourire moqueur, puis m'approchai de lui, plaquant mon bassin contre le sien en une légère friction, et lui glissai à l'oreille :

« Mais t'en fais pas. Moi, je ne suis pas jalouse, avec toi. Tu as le droit de coucher avec d'autres. »

Il planta ses mains sur mes hanches et m'éloigna légèrement de lui, en fronçant un peu les sourcils.

« Pourquoi pas dimanche ? Marmonna-t-il.

_ Compète. Et après… Désolée, tout le monde peut pas suivre mon rythme ! » souris-je.

Je fis mine d'aller rejoindre les autres.

« Tu pars l'après-midi, Lundi… »

Je me stoppai.

« Moui… » répondis-je.

Je rejoignis Jane et cie, et m'affalai sur le canapé.

Bientôt, ce fut la fin du film.

Je me relevai, suivie par le regard de Jane.

« Je vous laisse maintenant ; demain, je me lève tôt.

_ Pourquoi ! » s'écria Alice. « C'est les vacances !

_ Mais je m'entraîne tôt le matin. Allez, bonne soirée tout le monde ! »

Les autres me saluèrent, me souhaitant bon courage ; et je ressortis dans l'air froid.

Je me dépêchai de rentrer chez moi ; me couchai tout aussi rapidement.

Je songeai à ma journée de demain ; le matin, je rejoignais James à Central Park pour un footing ; on avait prévu ensuite d'aller manger ensemble, faire un tour au club d'escalade pour un très court entraînement, et à la fin, encore un footing afin de s'épuiser physiquement et de passer une nuit complète. Le lendemain matin, on partait à sept heures ; le lieu de la compétition étant situé à une heure.

La compétition démarrait vers neuf heures.

Je réussis à m'endormir malgré une certaine fébrilité…

oOo

Le dimanche matin, Alec passa me chercher ; comme il y avait tenu. Emmett y allait dans le 4x4 avec Rose, Jasper et Alice ; Angela et Ben venaient avec Alec et moi. Jacob et Jane y allaient aussi tous les deux, avec Victoria.

Je devais y rejoindre James ; et en cet instant précis, il était la seule personne que j'avais réellement envie de voir, le seul avec qui je pouvais silencieusement partager mon stress.

Pendant le trajet, Alec, qui me connaissait décidément parfaitement, me parla de mes bons souvenirs de mes précédentes compétitions. J'eus le cœur serré à penser qu'il avait été là à chacune.

Nous arrivâmes à 8 h 15 ; les autres étaient déjà là.

Je sortis de la voiture, un peu tremblante ; tirai sur mon tee-shirt, celui au nom du club de ma fac. Je le portais avec un short, par-dessus lequel j'avais passé un pantalon de survêt pour le trajet ; tenue réglementaire pour la compétition.

Jacob et Jane furent les premiers à m'accueillir, mon meilleur ami par une accolade.

« Alors ! Prête pour le grand jour ? »

Je lui envoyai un regard blasé.

Jane arrangea ma tenue, fronçant les sourcils.

« Tu vas pas avoir froid là-dedans ?

_ Jane… ris-je.

_ C'est court ! Oh, et puis, surtout, fais bien attention ! Il ne s'agit pas que tu te pètes quelque chose ! »

Je l'embrassai sur la joue.

« Arrête, tu vas me porter malheur. »

Je me tournai ensuite vers Rose et Alice, qui me serrèrent dans leurs bras ; et croisai le regard de mon frère, un peu nerveux.

En fait, très nerveux ; peut-être plus que moi. Je lui souris, attendrie.

Et je sentis un regard fixé sur moi ; me tournai légèrement, pour me figer en croisant les prunelles vertes d'Edward.

Nous nous regardâmes, moi ébahie, plusieurs secondes.

« Mais qu'est-ce que tu fais là ? » m'étonnai-je.

Mais avant qu'il eut pu me répondre, je sentis qu'on me tapotait l'épaule ; je me retournai.

C'était James.

Je lui sautai dans les bras, soulagée de le voir.

« Putain James ! Oh, j'suis heureuse que tu sois là merde ! »

Il rit.

« Je te rappelle que je participe aussi.

_ M'en fous ! Je commence à stresser. »

Il me frotta le dos, souriant.

« Hey, allez, t'en as vu d'autres. On va tous les semer. »

J'étouffai un rire dans son épaule ; et, relevant la tête, croisai le regard un peu noir d'Alec.

Je perdis un peu mon sourire, et me reculai de James, gardant quand même une main sur son avant-bras.

Les autres nous regardaient tous, Emmett évaluant mon camarade avec suspicion.

« Euh… James, je te présente tout le monde… Alec, Jane et Jacob, Alice, Rosalie et Emmett, mon frère. Edward, et enfin… Victoria. »

Ladite Victoria avait des étoiles plein les yeux. J'eus un petit sourire.

« Swan ! C'est pas la tenue règlementaire ! »

Je grimaçai, me retournai vers le petit bonhomme qui venait de me héler.

« Bonjour, coach. » fis-je calmement.

Puis je me baissai, délaçai calmement mes chaussures d'escalade, et me relevai. Fis glisser mon pantalon de survêt sur mes cuisses, lui lançant un regard blasé ; et je remis mes chaussures avant de ranger mon pantalon dans un sac de sport.

Le coach poussa un petit grognement, et tapa sur l'épaule de James et la mienne.

« Rassemblement de tous les concurrents au pied du mur à 8 h 45. »

Nous hochâmes la tête.

Je jetai un regard à James ; et entendis soudain une exclamation d'Emmett.

« Papa ? Billy ? Leah ! »

Je me figeai, et me retournai en bloc.

Emmett n'avait pas rêvé.

Mon père, le père de Jake, et Leah se tenaient à quelques mètres de nous.

Jake, Emmett et moi écarquillâmes les yeux.

Ils se rapprochèrent de nous ; Jake fut le premier à bouger, allant embrasser son père.

Je restai figée à regarder mon père.

« Euh… Billy trouvait l'occasion de ta compétition assez bonne pour rencontrer la mère de son futur… petit-enfant. Alors… » commença Charlie en se passant la main dans les cheveux.

Ce tic, c'était de lui que je l'avais hérité, nul doute possible.

Je m'avançai vers lui, et l'enlaçai.

« Je suis heureuse de te voir… » soufflai-je.

Il me rendit mon étreinte, et Emmett nous rejoignit, lui serrant nerveusement la main.

Charlie reporta son regard sur Rosalie, qui se tenait un peu en retrait, se mordillant la lèvre.

Emmett lui fit signe d'approcher avec un sourire rassurant.

« Papa… Je te présente Rosalie, mon amie. Celle dont je t'ai parlé.

_ Oui, je vois. Je suis ravi de vous rencontrer ; Emmett n'est pas loquace, d'habitude, sur ses conquêtes. »

Je donnai un coup de coude à mon père et lui fis les gros yeux. Il se rattrapa, un peu rouge.

« Euh… Je veux dire… »

Rosalie éclata de rire.

« Pas grave, je vois. Je suis honorée qu'il ait parlé de moi, alors. »

Mon père lui sourit en retour.

« Je ne savais pas que vous étiez venue voir ma fille aussi.

_ Nous sommes amies. » sourit-elle.

Ils continuèrent à discuter maladroitement, surveillés par un Emmett attentif aux moindres faux pas de notre père ; et je me retournai vers Leah, qui avait elle aussi été exclue de sa conversation avec Billy et Jane.

Je lui donnai une accolade.

« Toi aussi t'es venue !

_ Attends, Jake papa, je ne voulais manquer ça pour rien au monde ! Il fallait que je voie sa femme !

_ Et encore, t'as loupé tout le moment où ils se sont tournés autour.

_ On ne se tournait pas autour. » râlèrent les deux intéressés, qui visiblement nous avaient entendues.

Nous rîmes.

James restait en retrait ; je lui fis un petit signe de la main, et vis que Leah haussait un sourcil froid.

« C'est qui, le blond ?

_ Mon camarade, lui répondis-je, un peu surprise de son ton froid.

_ Mmh. »

Je fronçai les sourcils ; et un coup de sifflet retentit.

Je regardai à nouveau James ; pâlis. C'était l'heure d'aller se préparer.

Je saluai tout le monde, entendant à peine leurs encouragements ; rejoignis James.

Il posa sa main dans mon dos pour me rassurer.

Il fut bientôt 8 h 45 ; tous les concurrents se rejoignirent au pied des murs.

Ouh, on était bien une cinquantaine.

« Bon ! Vous connaissez tous le principe d'une épreuve de bloc ? » commença la voix d'un des responsables de la compétition.

Le silence se fit dans la salle, alors que les sièges réservés aux spectateurs se remplissaient peu à peu.

« Vous gravissez une succession de voies courtes. Le temps limite, pour chacun des passages, est de six minutes. Pendant ces six minutes, vous pouvez faire autant d'essais que vous le voulez. Ils seront tous comptabilisés ; vous avez à chaque passage une prise départ, ici pour les deux mains, obligatoire. Vous trouverez aussi une prise bonus, orange, sur chacune des voies : si vous l'utilisez pour gravir le mur, vous gagnez des points en plus. Enfin, la prise bleue est la piste de sortie. Tout le monde a bien compris ? »

Un murmure s'éleva parmi les concurrents, et le responsable hocha la tête.

« Bien. Temps de repos de six minutes entre chaque voie. Votre évaluation sera faite sur le nombre de passages réussis, le nombre d'essais à chaque passage, le nombre de prises bonus et le nombre d'essais pour tenir la prise bonus. Allez, vous sortez. Début de la compétition dans cinq minutes. »

La suite s'enchaîna très rapidement.

À partir du moment où j'entrai à nouveau dans l'arène - c'était bien l'impression que cela me faisait -, je me mis sur pilote automatique.

Je réussis à gravir avec facilité chacun des six passages ; réussissant la plupart du temps à faire trois à quatre essais. L'escalade se faisait sans corde, la sécurité étant assurée par un tapis en bas des murs ; les voies étaient courtes.

Je veillai à passer par la prise bonus un maximum de fois ; ne réussis cependant pas pour le cinquième passage.

Et c'est à peine si je compris que c'était fini, quand la fin des six minutes fut sifflée.

Je regagnai le vestiaire avec les autres concurrents, un peu sonnée ; chacun y allait de son commentaire sur ses performances, celles des autres.

Nous n'étions qu'une dizaine de filles à participer ; je n'en connaissais aucune.

Je pris une longue douche, les muscles encore tremblants de l'Adrénaline qui avait circulé dans mon sang tout au long de ma série de passages ; je n'avais pas du tout les idées claires, et étais tout à fait incapable d'évaluer l'effort que j'avais pu finir.

Je savais que certains concurrents avaient chuté, ou avaient échoué à l'un des passages ; pour le reste, je ne savais rien.

Je mis bien une demi-heure à sortir des vestiaires ; et, à la sortie, James m'attendait.

Il me sourit.

« Je me demandais si tu ne t'étais pas barrée.

_ Désolée ! » Fis-je avec un sourire tremblant.

Il me considéra quelques instants, et me sourit.

« Je te propose qu'on n'en parle pas tout de suite.

_ Merci. » soufflai-je.

Nous sortîmes du coin réservé aux concurrents ; et là, ce sont tous les autres qui nous sautèrent dessus.

« Wouah, Bella, James, vous étiez trop forts ! Ça rock ! Vous envoyez du feu de Dieu ! »

Alice.

« Franchement, bravo les amis. Vous avez assuré. »

Rosalie.

Tout le monde y alla de son commentaire ; je sentis soudain une étreinte puissante se refermer sur moi.

« Bravo, fillette. J'ai perdu mon pari, en plus, parce que j'étais sûr que tu tomberais une fois, tête brûlée comme t'es. Mais t'as été parfaite, t'es pas ma sœur pour rien ! »

Je ris, et rendis son étreinte à Emmett.

Mon père me félicita aussi avec fierté ; et Alec me donna une légère accolade, quoiqu'un air un peu triste sur le visage.

« Et si on allait manger ? » lança Billy après m'avoir congratulé à son tour.

Je jetai un regard aux autres.

« Les résultats seront à quinze heures ; c'est une bonne idée, fis-je.

_ Ça marche. »

James se tenait un peu à l'écart ; je lui fis signe de nous rejoindre.

« Tu manges avec nous ?

_ Euh…

_ Allez, viens ! » ris-je en l'attrapant par le bras.

Nous nous dirigeâmes tous en grand comité vers les voitures ; et heureusement que James était venu seul, car sinon, nous n'en aurions pas eu assez pour nous emmener au resto.

Nous mangeâmes rapidement , de toutes façons, je n'avais pas vraiment faim.

Après un toast général porté à notre compétition, tout le monde finit par entamer une conversation avec ses voisins.

Billy discuta avec Jane et Jacob ; Charlie, avec Rosalie et Emmett. Edward avec Alec. Alice avec Jasper et Victoria, qui passait plus de temps à jeter des regards en coin à James.

Je discutai tantôt avec James, tantôt avec Leah ; qui, elle, était assez silencieuse.

Et à un moment, Alice jeta un coup d'œil à a montre, et poussa un cri aigu.

« Hey ! Il est 14 h 30 passées ! Bella, James ! En route, allez ! »

Nous nous levâmes tous ; et l'addition fut partagée entre chacun des hommes.

Quand nous arrivâmes de nouveau au niveau du complexe sportif, les concurrents s'étaient rassemblés au niveau des tribunes ; je m'y rendis avec James.

Le classement fut donné par les derniers.

Et, au fur et à mesure que les concurrents étaient cités et repartaient, mes yeux s'écarquillaient.

« Nous atteignons le podium ; même si, en l'occurrence… Nous n'avons pas de podium pour vous présenter les vainqueurs. »

Le public rit, et je serrai la main de James dans la mienne, nerveuse.

« Troisième, Limons Ron. »

Le dénommé Ron alla récupérer sa coupe et sa médaille, ainsi que les cadeaux offerts par les sponsors des concours.

« Enfin, les deux premiers ; ils ont réussi le même nombre de passages, et d'essais ; nous avons dû les départager sur le nombre de prises bonus saisies. Deuxième, Swan Bella, et premier, Martoni James. »

Nous sautâmes de joie, et nous étreignîmes.

Nous allâmes récupérer nos prix ; et rejoignîmes les autres, qui sautaient de joie.

Alec vint me serrer dans ses bras, sincèrement heureux pour moi ; et son étreinte me fit autant de bien que de mal.

Je déposai mes prix dans sa voiture ; puis restai quelques minutes avec les autres.

Sauf qu'à un moment, leur présence et leur joie commença à m'étouffer ; et je prévins que j'allais m'isoler.

Je me dirigeai vers un coin, hors du complexe sportif, isolé. Pas âme qui vive, en apparence ; je m'appuyai à un arbre, respirant profondément.

« Tu fuis beaucoup en ce moment, je trouve… » Souffla une voix à côté de moi.

Je sursautai, me retournai vers Edward.

« Qu'est-ce que tu n'as pas compris dans « besoin d'être seule » ? Répliquai-je.

_ Qu'est-ce que tu n'as pas compris dans ce que je viens de te dire ? » Dit-il en se rapprochant un peu de moi.

Je soupirai, regardant ailleurs.

« Tu ne vas pas me laisser seule. Je ne fuis pas ! J'ai juste besoin d'isolement.

_ Tu fuis. Dès que je te touche, dès qu'il est là… Maintenant, il y a ton père, tu fuis encore. C'est pas comme ça que tu guériras. »

Je soupirai.

« Guérir de lui. Tu sais ce que c'est, d'aimer, Edward ? D'aimer vraiment ? Je croyais que oui, mais à l'évidence, non. Je n'ai pas envie de guérir de lui. J'ai envie de pouvoir un jour mener une relation à peu près normale avec un autre ; mais je crois que si je cessais d'aimer Alec… J'irais pas bien non plus. Je ne tiens pas à guérir. »

Il se plaça en face de moi et me força à relever la tête. Il plongea ses yeux dans les miens et contracta les mâchoires.

« Ils ont failli s'embrasser… Il y a quelques jours. Il me l'a dit. Et il ne l'a pas fait parce qu'il se sentait coupable vis-à-vis de toi. Il sait qu'elle est amoureuse de lui. Et il est en train de se rendre compte qu'il l'est d'elle. Crois-moi que la douleur que tu ressentiras le jour où ils seront vraiment ensemble te poussera à guérir. Siffla-t-il.

_ Pourquoi tu sembles tant y tenir ? Qu'est-ce que ça change, pour toi, au final ! Après tout, aussi longtemps que je serai amoureuse de lui, je ne m'attacherai pas à toi, et tu pourras continuer à me sauter, c'est pas ce que tu veux ? » M'énervai-je.

Il me poussa brusquement contre le tronc, le regard plein d'amertume et froid. Il s'avança encore vers moi, jusqu'à me frôler et plaça ses deux mains de chaque côté de ma tête.

« Tu couches avec moi par procuration, c'est ce que t'es en train de me dire ? Murmura-t-il d'une voix dure et rauque.

_ C'est pas ce qui était prévu ? Répliquai-je d'une voix basse et vibrante.

_ J'ai jamais voulu que tu penses à lui quand je te touchais. » Enchaîna-t-il en se collant à moi.

Je fermai les yeux, le ventre contracté.

« Rassure-toi. Tu n'as pas la même façon de me toucher. C'est pas comparable et la différence est flagrante.

_ C'est une critique ? Souffla-t-il en se penchant sur mon cou.

_ Une constatation. » Répondis-je sur le même ton.

Il faufila ses mains sous mon t-shirt et les fit voyager sur mes côtes, la respiration un peu lourde.

« Nous n'avons pas la même conception de l'amour et donc de la vénération d'un corps. Dit-il en posant ses lèvres sur mon cou.

_ Tu ne m'aimes simplement pas. Tu ne me vénères pas. Ça ne peut pas être pareil. Mais ça me suffit, pour l'instant, répondis-je en glissant mes mains dans ses cheveux, puis dans son dos.

_ Je peux pas t'aimer, Bella. » Murmura-t-il en plaquant ses lèvres contre les miennes.

Je lui rendis son baiser, puis me reculai.

« Je sais. Je ne te le demande pas.

_ Mais je peux t'en donner l'illusion. Il pense qu'il y a quelque chose qui se passe dans ta vie… »

Il passa ses mains dans mon dos, me faisant cambrer contre lui, caressa ma peau le long de ma colonne vertébrale et plongea sa main droite dans mon pantalon pour me saisir les fesses et plaquer nos bassins l'un contre l'autre.

Il inspira profondément et m'embrassa une nouvelle fois les lèvres.

« Non. Tu ne pourras pas m'en donner l'illusion. C'est comme un placebo, Edward. Je sais que c'est faux. Alors ça ne marchera pas. Mais oui, quelque chose a changé. Je me rends compte que je peux… baiser, à défaut de faire l'amour. Ça, ça me change. »

Ses mains parcourent une nouvelle fois mon dos et le silence s'installa.

« On arrête quand tu veux. Souffla-t-il en continuant à caresser ma peau.

_ Je sais. »

Je mordillai son cou ; puis me reculai, et souris.

« Me lance pas sur cette voie. La nuit suivant une compétition, je suis insatiable. »

Il me sourit également et se pencha sur mes lèvres en approfondissant le baiser. Ses mains glissèrent encore une fois sur mon dos puis il se détacha et me regarda longtemps, pensif. Puis il passa son pouce sur ma lèvre inférieure et sourit à nouveau.

« Tu n'aimerais pas… L'avoir une dernière fois ? » Me demanda-t-il alors.

Je soupirai.

« Je ne crois pas. Ce serait pas une bonne chose. Je préfère m'en tenir à mon sevrage de lui.

_ Il te veut encore. Tu aurais vu comment il regardait Brad Pitt troyen 2... Insista-t-il.

_ Qui ? Ah, James. Oui, bien sûr. Autant qu'il veut Tanya. Après tout, je pourrais aussi lui proposer un plan à trois… »

Un rictus étira le coin de ses lèvres et il me lança un regard intense.

« Ça t'intéresserait ?… Je pourrais trouver une fille, si tu veux… Murmura-t-il en glissant ses mains sur mes hanches.

_ Quoi ? Avec toi ? Moi, je parlais de lui… Pour lui, je l'accepterais… »

Je me plaquai contre lui, me frottai contre son bassin ; mes mains passèrent sous son pull, suivirent la ligne de sa colonne vertébrale.

« Pourquoi t'es venu, au fait ? » Murmurai-je soudain.

Il grogna et se pencha pour embrasser lentement mon cou jusqu'à mon oreille.

« Tu vas me manquer… Souffla-t-il en continuant à m'embrasser.

_ Tu ne réponds pas à ma question, souris-je.

_ Si… Je suis venu parce que tu vas me manquer. »

Mon cœur loupa un battement, et je me reculai légèrement pour le regarder, étonnée.

Il détourna un peu le regard.

Je me plaquai à nouveau contre lui, appliquant mon bassin contre le sien.

« Je ne pars pas longtemps. »

Il passa ses mains dans mes cheveux, m'obligeant à relever un peu la tête vers lui et parsema de légers baisers sur ma bouche.

« De quelle façon tu me veux, Bella ? » Grogna-t-il en me soulevant.

Je me mordis la lèvre, passant une main sur son torse.

« Sans prise de tête… T'es libre, tu le sais… »

Il écrasa ses lèvres contre les miennes, en traça le contour avec sa langue et se recula quand j'entrouvris ma bouche.

« Qu'est-ce que tu ferais si je te dis que c'est la dernière fois que je te touche, là… maintenant ? Murmura-t-il en passant sa main droite sous mon t-shirt jusqu'à ma poitrine.

_ J'en profiterais à fond… et toi, Edward, comment tu me veux ? Comment tu réagiras si jamais c'est moi qui mets fin à notre jeu ?

_ Je ferai plus jamais ça avec quelqu'un… » Murmura-t-il au bout d'une longue pause en m'embrassant encore.

Je frissonnai contre lui, me tortillai pour revenir sur mes pieds ; je me plaquai contre lui, caressant son membre tendu à travers son pantalon.

« Un jour, on arrêtera. Je le sais. Je ne sais pas quand. Ça ne durera pas des mois, sans doute. Peut-être même que tu trouveras quelqu'un pendant que je serai à Forks… Alors arrêtons avec nos questions. »

Je l'embrassai, continuant à frotter son membre ; puis glissant mes mains sous son pull, frôlant son ventre tendu.

« Je veux passer la nuit avec toi… » Me dit-il en saisissant mes mains pour m'obliger à les éloigner.

Je levai de grands yeux sur lui.

« Toute la nuit ?

_ Je partirai avant que tu te réveilles. »

Je me penchai sur son cou.

« Pourquoi ? Tu crois que ça changerait quelque chose pour moi ? Que je refuse absolument l'idée que tu restes dormir ? »

J'embrassai sa peau brûlante en caressant ses reins.

« Parce que quand on fait l'amour, on reste jusqu'au matin… » Murmura-t-il.

Je frissonnai.

« T'es pas obligé de me faire l'amour, Edward. Et tu peux rester quand même. Parce que si tu veux qu'on couche ensemble ce soir… je t'ai prévenu, ça va être long… soufflai-je d'une voix rauque.

_ Je ne voudrais pas m'habituer… »Dit-il sur le même ton. « Et ne t'inquiètes pas, j'ai de l'endurance… »

Je l'embrassai une dernière fois, et m'éloignai de lui avec un petit sourire.

« Je t'enverrai un message quand tu pourras me rejoindre. Je suppose que je vais dîner avec mon père, mon frère et Rose, mais il dormira chez Emmett. Ceci dit, je dois y aller ; j'ai des amis qui m'attendent pour me féliciter. » ajoutai-je, mutine.

Je m'éloignai de lui non sans lui avoir adressé un clin d'œil.


(*) : poudre pour les mains, afin d'absorber la sueur pour ne pas glisser au niveau des prises.


Qui veut lire la prochaine nuit Edward / Bella ?

Et à votre avis, que va-t-il se passer ? Une nuit comme les autres ? Une nuit qui dégénère ? Et si oui... Dans quel sens ?

La suite au prochain épisode, mais en attendant... Faites-nous part de vos impressions ^^ !