Note :

Coucou tout le monde !

Waw, ça fait un bail que je ne me suis pas chargée de vous publier ce chapitre mais étant donné que j'ai un ordi - exceptionnellement - sous la main, j'en profite pour vous le livrer avec un peu d'avance et surtout pour vous remercier... Parce que c'est juste : waw ! lol On tourne à 75 reviews par chapitre en ce moment, on a jamais fait ça alors merci - en toutes les langues ;) - de nous suivre dans cette histoire un peu farfelue et de nous faire confiance...

Ce chapitre-là est un peu en chute de la mort, vous comprendrez très vite pourquoi, j'espère que vous nous jetterez pas de tomates virtuelles, ne vous inquiétez pas, on arrangera tout par la suite :)

Je vous en dis pas plus pour ne pas gâcher le suspense et vous dis à très bientôt et encore une fois : merci beaucoup !

Bizouxxx et bon film pour celles - et ceux - qui vont le voir ce week-end ! Exceptionnellement, nous nous retrouvons avec Effexor pour fêter l'évènement - même si je l'ai déjà vu Mercredi soir mais chut :p -


Chapitre dix huit : De nos limites


EDWARD


Vous êtes-vous déjà dit lorsque vous faisiez quelque chose d'interdit que si vous n'arrêtiez pas très vite, vous allez totalement perdre le contrôle de la situation ? Avez-vous entendu dans votre tête cette petite voix qui vous soufflait incidieusement que ce n'était pas grave ? Avez-vous entendu à ce moment-là votre raison riposter violemment ? Avez-vous déjà renoncé par peur parce que vous étiez allé aux frontières de vos limites et peut-être même un peu au delà ?

Parce que c'est ce qui se passa à ce moment-là.

oOo

Je n'avais pas arrêté de penser à la conversation que nous avions eue plus tôt en dehors du complexe sportif.

Je me dirigeai vers chez elle, la tête embuée de toutes les questions que les quelques phrases que nous avions échangées avaient engendrées en moi.

Je commençais à me perdre.

J'avais enfreint l'une de nos règles préétablies, la plus importante de toutes. Celle que j'avais toujours imposée aux quelques filles avec qui j'avais eu ce genre de relations.

Les questions sur l'autre.

Les états d'âmes et les ressentis.

Les prémices de l'attachement affectif.

Je déglutis et ralentis l'allure.

« Tu vas me manquer. »

Comment avais-je pu lui dire ça ?

Je contractai mes mâchoires et m'arrêtai au milieu du trottoir, hésitant soudain.

Je pouvais faire demi-tour. Lui dire que j'avais un empêchement de dernière minute. Et ne plus la voir pendant près de deux semaines.

Ne plus toucher sa peau, la faire frémir, haleter, gémir.

Ne plus voir ses yeux briller, ses lèvres gonflées par mes baisers.

Pendant près de deux interminables semaines.

« Je veux passer la nuit avec toi. »

Je n'avais jamais demandé ça à quelqu'un.

Pour moi, ce genre de phrases, on ne les disait jamais à la légère. Ce n'était pas celles appropriées au genre de relations que nous entretenions.

Je ne pouvais pas la laisser s'ancrer dans ma vie de cette façon.

Devoir à un moment donné choisir entre elle et mon meilleur ami. Je ne le pouvais tout simplement pas. Et jamais je ne pourrais avoir une vraie relation de couple avec elle. C'était une idée futile et vaine. Une idée trop dangereuse pour être évoquée même dans l'esprit. Quelque chose que je devais à tout prix éloigner de ma conscience pour que ça n'atteigne pas mon cœur.

Je secouai la tête, l'estomac noué par le chemin que prenait le cours de mes pensées.

Heureusement que Rose ne pouvait pas lire dans mon esprit parce que j'avais peur de ce qu'elle en déduirait. Et Alec… Alec me haïrait jusqu'à la fin de ma vie et ne voudrait plus jamais me voir.

Je jetai un coup d'œil en direction de son pâté de maisons.

J'avais envie d'y aller. De façon violente et irrationnelle.

Rien qu'à songer à ce que je ne la verrais pas durant tout ce temps, elle me manquait déjà.

Je sortis mon portable de la poche gauche de mon jean, prêt à lui envoyer un message et à renoncer à son corps pour le salut de ma raison. Mais chez moi, il y avait Jane et Jacob qui allaient combler d'avance le manque de leur première séparation. Et l'idée d'entendre la Mère Noël jacobisée bourrée d'oestrogènes survoltés gémir à s'en décrocher les cordes vocales malgré la musique de la chaîne murale du salon m'arracha un frisson et un grognement.

Mon Smartphone vibra dans ma main et mon estomac se tordit un peu plus. C'était elle.

« Tu t'es perdu ? »

Un rictus doux-amer déforma ma bouche. Si elle savait à quel point… Elle ne voudrait sans doute plus de moi.

« Parce que si tu veux qu'on couche ensemble ce soir… je t'ai prévenu, ça va être long… »

C'était ce qu'elle m'avait dit et elle m'avait aussi fait sentir qu'elle était… plus que prête.

Une vague de désir traversa mon ventre.

J'étais conscient de ce qui m'arrivait. Je pouvais donc y faire face. Je pouvais essayer de lutter contre si ça continuait à s'aggraver. Mais je ne pouvais pas refuser à mon corps de se repaître du sien… Alors tant pis pour les remords, la culpabilité et la peur. Mon corps l'emportait encore une fois.

Quelques minutes plus tard, je frappai à sa porte et attendis un instant. Oh, pas longtemps. Comme si elle attendait dans le couloir…

Un rictus déforma sa bouche quand elle me vit et me tira à l'intérieur.

Elle me bloqua contre le mur, jeta un coup d'œil dans le couloir et se colla contre moi en faufilant ses mains sous mon blazer. Ses doigts remontèrent le long de mes côtes, me faisant déglutir.

Comme toujours, je la dévorai des yeux.

Et comme toujours, elle sembla ne pas s'en rendre compte.

Je posai mes mains sur ses fesses et l'ancrai encore plus contre moi, la faisant grogner. J'eus un sourire en coin et me penchai sur elle. Elle passa ses mains dans mes cheveux et finit par m'attirer à elle pour écraser ses lèvres sur les miennes. Elle immisça sa langue dans ma bouche, faisant accélérer mes battements cardiaques. Je figeai mes mains sur ses fesses, lui rendant son baiser avec autant d'envie qu'elle en mettait.

Un bruit dans l'escalier l'arracha à moi. Elle fit un pas en arrière, remit deux mèches de ses cheveux derrière ses oreilles alors que Crowley apparaissait dans l'embrasure des marches.

« C'est vraiment parce que je pars demain et que t'es le meilleur ami d'Alec que je te passe mes cours. Évite de sécher autant à l'avenir. » Marmonna-t-elle en tournant les talons.

Je me détachai du mur et passai une main dans mes cheveux, déconcerté une nouvelle fois par son attitude. Elle devait être sujette à la schizophrénie pour jouer aussi bien la comédie et le détachement alors que deux secondes avant, elle avait été brûlante entre mes bras.

Elle passa à côté du métis en lui jetant un regard noir et se retourna vers moi en me faisant un sourire goguenard.

« Bon, monte, je vais t'expliquer le devoir à rendre. » fit-elle en s'engouffrant dans l'escalier.

Je passai à côté de Crowley sans le regarder et montai rapidement les marches. Arrivé à sa porte, je pénétrai en vitesse dans sa chambre.

Elle referma derrière nous, amenant son corps au plus du mien contre la porte.

Sans un mot, je fis passer son pull et son t-shirt par-dessus sa tête, me contrôlant au maximum.

Elle m'enleva rapidement mon blazer et commença lentement à déboutonner ma chemise.

Je fis voyager mes mains sur sa peau chaude, remontant doucement jusqu'à l'attache de son soutien-gorge, la respiration un peu plus prononcée et me penchai sur elle pour embrasser le creux de son cou. Elle tourna légèrement la tête pour me laisser un plus grand accès à sa peau et je me déconnectai quand sa bouche se posa sur mon cœur et descendit jusqu'à mon nombril.

Je la relevai et la poussai sans ménagement sur son clic-clac qu'elle avait déplié.

Elle haleta en me lançant un regard de lave en fusion, les joues rouges, la respiration un peu saccadée.

J'enlevai rapidement mes chaussures et mon pantalon et la vis faire de même. Je gardai mon boxer et la rejoignis en deux enjambées. Je me laissai pratiquement tomber sur elle et pris avidement possession de sa bouche en prenant son sein gauche à pleine main.

Elle gémit en approfondissant le baiser, et faufila une main entre nos deux corps jusqu'à mon érection.

Je grognai en me collant un peu plus contre elle, le bas ventre en feu.

J'essayais d'être comme elle. Le plus détaché possible.

J'essayais de me dire que c'était une femme sans visage, un corps parmi tant d'autres que ni mes mains ni ma bouche ne voulaient connaître par cœur.

Elle me fit pivoter sur le dos et monta sur moi en frottant lascivement son intimité trempée contre mon boxer qu'elle caressait toujours de sa main de façon éhontée, m'arrachant un grognement.

Je la laissai faire et passai mes pouces dans l'élastique de son shorty, le cœur battant de plus en plus vite.

Elle gémit dans ma bouche et se tortilla en le faisant glisser le long de ses jambes.

« Hmmm… Impatient. » Murmura-t-elle d'une voix si rauque qu'elle me donna la chair de poule.

Je replongeai sur ses lèvres, glissant ma langue dans sa bouche tiède, mes mains dans ses boucles indisciplinées encore un peu humides de la douche qu'elle avait prise.

Elle cassa le baiser, me faisant presque grogner de protestation et partit à l'exploration de mon cou. Elle lécha, mordilla, embrassa chaque millimètre carré de ma peau et j'enlevai moi-même mon boxer, impatient, comme elle l'avait si bien dit.

J'avais l'impression étrange de ne pas être dans mon corps, de ne pas vraiment ressentir ce qu'elle me faisait. De m'être moi-même anesthésié par peur d'écouter trop attentivement les battements de mon cœur.

Je lui rendais baiser pour baiser, caresse pour caresse. Sensation pour sensation.

Pour elle, j'étais un corps. Un simple corps.

Alors que pour moi, elle commençait à devenir…

Je fermai les yeux et gémis en sentant sa bouche descendre doucement le long de mon ventre.

Elle prit ma verge dressée dans sa main et la fit glisser une ou deux fois dessus, contractant mes abdos, me faisant haleter.

« Regarde-moi… » M'intima-t-elle de sa voix rauque.

J'ouvris à nouveau les yeux, presque malgré moi et la vis engloutir mon érection, dardant son regard sur moi.

Un gémissement lourd sortit de ma gorge, et une nouvelle vague de plaisir traversa mon ventre quand mon sexe butta dans sa bouche. Je déglutis difficilement et plongeai mes mains dans ses cheveux, lui intimant un rythme régulier, la respiration de plus en plus difficile. Je sentis mon ventre se contracter alors que sa langue m'emmenait petit à petit vers les étoiles, puis elle se redressa, m'arrachant un nouveau grognement.

Un sourire carnassier s'installa sur ses lèvres, et elle me força à me redresser en tirant un peu sur mes cheveux. Elle s'installa sur mes hanches, noua ses jambes dans mon dos alors que j'écrasais mes lèvres sur les siennes, plongeant ma langue impatiente dans sa bouche humide. Elle crocheta d'une main ma nuque et de l'autre, me guida jusqu'à son entrée.

D'un mouvement de bassin, je la pénétrai, lui arrachant à son tour un gémissement lourd.

Je me détachai de sa bouche, pressant mon torse contre sa poitrine légèrement moite. Je plongeai mon regard dans le sien, le visage grave.

Elle voulut à nouveau m'imposer son rythme, mais je plantai brusquement mes doigts sur ses hanches et commençai à bouger lentement, très lentement en elle. Elle rejeta sa tête en arrière, gémissant une nouvelle fois. J'entrai et sortis de la même façon plusieurs fois, jusqu'à ce qu'elle ondule sensuellement du bassin, la respiration de plus en plus sifflante, la tête toujours rejetée en arrière.

Je me penchai sur elle et saisis un de ses mamelons dressés dans ma bouche. Elle eut un petit cri et voulut accélérer le rythme de mes pénétrations, mais j'ancrai encore plus mes mains sur son bassin, la faisant grogner de frustration.

Sa respiration était à présent lourde, hachée. Ses mains caressaient ma nuque, et je me demandai vaguement si elle en avait vraiment conscience. Elle arqua un peu plus son buste contre mes lèvres, enfonçant un peu plus son mamelon dans ma bouche sur lequel je me mis à m'acharner. Elle resserra ses jambes autour de mes hanches, retenta d'accélérer mes coups de buttoir.

J'arrachai ma bouche à son sein, et levai une main jusqu'à sa nuque pour la forcer à baisser son visage vers le mien. J'attrapai sa bouche et accélérai très légèrement mes allées et venues en elle, la faisant haleter.

Elle fit pénétrer sa langue entre mes lèvres et ondula encore plus des hanches. Petit à petit, je lui cédai et imprimai le rythme qu'elle voulait, jusqu'à ce que ses muscles vaginaux commencent à se contracter autour de ma verge. Elle ouvrit encore plus grande sa bouche, pénétrant sa langue encore plus profondément dans la mienne et se figea entre mes bras dans un violent frisson. Elle continua néanmoins à bouger ses hanches dans le même rythme soutenu et quelques secondes plus tard, je me contractai à mon tour dans un grognement.

Elle se colla un peu plus contre moi, m'embrassant cette fois plus voluptueusement, gardant mes sens en éveil.

Je me retirai de son ventre et elle se détacha de ma bouche en ouvrant ses grands yeux aux pupilles brillantes et dilatées.

Elle eut une petit moue mécontente alors que je la couchai sous moi, ses bras toujours autour de mon cou.

Je m'allongeai sur elle, mes mains caressant lascivement sa peau brûlante, la faisant frémir et haleter. Je me penchai sur elle, posai légèrement ma bouche sur la sienne. Elle m' en accorda l'accès et saisit à nouveau ma verge dans sa main droite.

Elle dût sentir mon cœur rater quelques battements contre sa poitrine, car elle sourit contre mes lèvres.

Ce fut à ce moment-là que mes véritables sensations me regagnèrent et que je sus à nouveau que je n'avais pas une fille sans visage contre moi mais bel et bien elle.

Je la regardai durant de longues secondes, la gorge sèche, puis je murmurai, presque à regret :

« Montre-moi comment tu fais l'amour… »


BELLA

« Montre-moi comment tu fais l'amour… »

Je frémis, ouvris grand les yeux et engloutis Edward de mon regard. Étonnée, juste étonnée.

Les premiers mots qu'il m'adressait depuis qu'il était entré.

« Edward… » murmurai-je. « Je croyais que tu ne voulais pas… de ce qui pourrait ressembler à… des sentiments…

_ Montre-moi… » Insista-t-il.

Je déglutis.

Je remontai mes mains sur son torse ; et, d'un geste doux mais ferme, le couchai sur le dos. Il se laissa faire ; je me plaçai à califourchon sur lui, presque… précautionneusement.

Je me penchai sur lui, fis glisser mes doigts dans ses cheveux, sur ses joues ; m'approchai de sa bouche, mais ne la pris pas tout de suite.

Mon nez vint frôler le sien ; puis sa bouche, et son menton. Mes lèvres se posèrent sur les siennes, doucement ; je léchai d'abord sa lèvre inférieure, quémandant l'accès à sa bouche ; le mordillai, puis enfin, fis glisser ma langue dans sa bouche, jouant avec la sienne, l'attisant.

Ses mains se posèrent, tremblantes, sur mon dos, m'arrachant un frisson.

Il caressa du bout des doigts ma peau, comme s'il la découvrait pour la première fois, comme s'il voulait toucher chaque millimètre carré de mon corps. Je quittai sa bouche ; descendis mes lèvres dans son cou, jouant de ma langue sur sa peau ; mes mains glissèrent sur son torse, descendirent entre nous pour jouer avec la peau tendue de ses abdos, avec son nombril, avec son bas-ventre sans jamais toucher son membre tendu ; puis mes doigts glissèrent sur ses reins, l'obligeant à se soulever vers moi.

Il en profita pour me retourner, me coucher sur le dos, et se placer au-dessus de moi. Ses yeux verts me fixèrent avec intensité, mais aussi… une certaine gravité. Il pencha la tête pour reprendre mes lèvres, m'embrassant longuement ; et je fis glisser mes mains dans son dos, sur ses côtes, sur ses hanches, sur ses fesses. Je relevai une jambe pour frotter son érection, et il s'interrompit quelques instants, frémissant, les yeux fermés.

Sa main vint caresser l'intérieur d'une de mes cuisses, son pouce frôlant mes lèvres intimes. Sa bouche se posa sur un de mes seins, et le suçota. Je gémis, et me cambrai vers lui ; il fit glisser un doigt sur mon sexe humide, lentement, et je commençai à bouger les hanches doucement. Puis je m'éloignai de ses doigts, reprenant mes baisers sur sa peau, dans son cou, son torse.

Je me replaçai à nouveau au-dessus de lui ; descendis vers son ventre. Ma langue vint jouer avec son nombril alors que ma main se posait sur ses bourses. Puis je remontai mes doigts le long de sa verge, sans jamais l'emprisonner ; je la frôlai en montant, en descendant, en remontant ; jouai de mon pouce sur son gland, étalant la goutte de liquide pré-éjaculatoire qui y perlait. Il lâcha un grognement ; et je descendis à nouveau ma bouche vers lui, ma langue venant remplacer mon pouce quelques secondes ; puis je pris son sexe dans ma bouche, y imprimant d'abord un léger mouvement de va-et-vient que j'accélérai au fur et à mesure.

Ce fut lui qui, après un long frisson, se retira de moi ; je remontai vers sa tête, repris sa bouche en rapprochant nos bassins.

J'amenai doucement mon sexe contre le sien ; et, prenant garde à ne pas nous emboîter, je me frottai contre lui, de toute sa longueur ; gémissant et frémissant autant que lui.

Mes mains retrouvèrent leur prise dans ses cheveux, mes pouces caressèrent ses pommettes ; je glissai une main entre nous, attrapai sa verge, le massant doucement en frottant son gland contre mes lèvres enflées ; puis je l'amenai à mon entrée, et le lâchai, venant m'appuyer de mes deux mains de chaque côté de sa tête.

Je le fis pénétrer un peu ; puis me retirai, lui arrachant un gémissement ; je souris en l'embrassant ; et glissai ma langue dans sa bouche en même temps que mon sexe sur le sien.

J'entamai une série de mouvements du bassin lents ; puis, saisissant sa lèvre inférieure entre mes dents pour la mordiller, très légèrement, j'accélérai mes va-et-vient.

D'abord d'un rythme soutenu.

Puis un peu plus rapide.

Et enfin, mes va-et-vient se firent passionnés, alors que ses doigts glissaient de mes fesses à mes cuisses, et remontaient dans mon dos, inlassablement.

Je le sentis se tendre d'un coup, et il éjacula en moi, serrant ses mains sur mes hanches et lâchant un râle dans lequel je crus comprendre mon diminutif.

Je me couchai à côté de lui, tout contre son corps brûlant ; et il tourna un regard empreint d'émotion vers moi.

« Bella… » murmura-t-il à nouveau.

Il glissa une main entre nous, et vint titiller mon clitoris ; je me mordis la lèvre en fermant les yeux, et il entra deux doigts en moi. Les recourba ; les écarta ; frottant mes parois. Son pouce revint titiller mon clitoris, et je ne tardai pas à jouir sur sa main.

Je restai longtemps contre lui ; son bras passé autour de moi, sa main traçant de lentes arabesques dans mon dos.

Je posai une main sur son ventre, ma bouche contre son cou, et glissai une jambe entre les siennes.

Je n'avais pas envie qu'il parte. Je n'avais pas envie de le lui dire.

« Tu vas bien ? Murmurai-je, caressant doucement son ventre.

_ Et toi ? » Me demanda-t-il sans me regarder.

Je gardai le silence quelques instants, surprise.

Il y avait quelque chose d'étrange.

« Euh… oui… Edward ?

_ C'était une erreur. Je n'aurais jamais dû te demander ça. »

Je me glaçai. Puis pris une inspiration, et posai ma main sur sa joue pour lui tourner la tête vers moi.

« Hey. Edward. T'inquiète. Je sais ce qu'il en est entre nous. On se déteste toujours, on n'a toujours qu'une relation physique ; j'ai bien compris. » fis-je d'une voix douce. « Rien ne va changer. »

Il se dégagea de moi, son regard se glaçant légèrement.

« On se déteste toujours, oui. Ça se voit comme le nez au milieu de la figure. » Répliqua-t-il sarcastiquement.

Je frissonnai violemment, vins me placer au dessus de lui pour plonger à nouveau mes yeux dans les siens.

« Edward… je croyais… Tu m'avais dit que tu me détesterais de plus en plus ! »

Il attrapa ma nuque et se souleva un peu pour écraser violemment ses lèvres sur les miennes.

« Je te déteste tellement que je te veux de plus en plus… » Souffla-t-il d'une voix rauque, amer.

Je repris ses lèvres pour un baiser exigeant, ne voulant pas croire ce qu'il venait de me dire. Ne voulant pas croire que ses sentiments à lui, pour moi, pouvaient changer.

Je m'arrachai à lui, me couchant tout contre son corps, passant mes mains autour de sa taille, calant ma tête dans son cou.

« Tu veux qu'on arrête, alors ? Demandai-je d'une voix faible.

_ Je peux pas me permettre… de connaître ça avec toi. Répondit-il sur le même ton.

_ Connaître quoi ? » Fis-je d'une voix très basse. « Même si on en vient à se détester moins… Tu n'en viendras jamais à tomber amoureux de moi, je ne suis pas… le genre de filles que tu apprécies, n'est-ce pas ? »

Je soupirai, secouai la tête.

« Peu importe… On l'avait dit, dès que l'un de nous deux veut arrêter, il arrête. Tu as le droit de tout stopper maintenant. Je veux juste que tu me le dises.

_ Oh, je le sais que ça ne te ferait ni chaud ni froid.

_ … C'est toi qui as fixé ces règles.

_ Les règles, ce sont des interdits, elles sont faites pour être bravées. Mais même… Je sais très bien que tu ne penses pas à moi quand on couche ensemble. Ton regard est vide. Brillant, mais vide. »

Il inspira profondément et se tourna sur le côté, me faisant dos.

Je soupirai, posai une main sur sa hanche, me collai contre son dos.

« Je ne tomberai pas amoureuse de toi, comme tu le craignais avant. C'est sûr. Mais quand on couche ensemble… Je te l'ai dit, je sais qu'Alec et moi, c'est fini. Je sais qu'on ne reviendra pas en arrière. Je sais que plus jamais on ne fera l'amour. Alors quand je suis avec toi, même si c'est pas sentimental… C'est avec toi que je suis.

_ Si, et je dis bien si, retiens-le, je… tombe amoureux de toi… que feras-tu ? En dehors du fait qu'on ne couchera plus ensemble. »

Je frissonnai, retirai ma main de sa hanche.

« Il vaut peut-être mieux qu'on arrête là, si tu crains que ce soit possible. » fis-je d'une voix éteinte. « Je ne veux pas que tu en souffres. C'est pas juste.

_ Tu t'en iras ? »

Je soupirai.

« Alec aime Tanya. Il n'a plus besoin de moi à ses côtés, désormais. Plus rien ne me retient, sinon la fac ; je reviendrai peut-être pour les partiels, ou je changerai de Master. Mais oui, Edward. Si, et je précise bien si, tu venais à tomber amoureux de moi, tu n'aurais qu'un mot à dire, et je partirais. Définitivement. Sans plus te donner de nouvelles. »

Il se figea un peu, se retourna pour me refaire face et me lança un long regard… indéfinissable. Il passa sa main dans mon dos, me rapprocha un peu brusquement de lui et se pencha sur mes lèvres, la respiration un peu saccadée. Il fit glisser sa langue sur ma lèvre inférieure et frissonna lorsque je lui cédai l'accès à ma bouche. Il m'embrassa longuement, sa main toujours au creux de mes reins, frottant son bassin contre le mien, puis se retira, haletant. Il posa son front contre le mien, et murmura :

« Et si je te dis rien… Tu partiras quand même ? »

Je passai mes bras autour de lui, collant à nouveau mon corps contre le sien.

« Non. Je te demanderai ce que tu préfères alors. À moins que tu ne me dises maintenant, en prévision au cas où ça devrait arriver, que tu voudrais que je disparaisse. Dans ce cas, je le ferais.

_ Si ça arrive, je ne pourrai pas te voir avec un autre. J'en crèverais… » Souffla-t-il.

Je tressaillis et resserrai ma prise autour de lui, embrassai mon épaule.

« Alors, si tu peux en revanche refaire ta vie sans plus avoir de mes nouvelles… je disparaîtrai. »

Il fit glisser sa main le long de ma colonne vertébrale et un silence s'installa.

« Pourquoi tu ne pourrais pas tomber amoureuse de moi… en dehors d'Alec ? » Me demanda-t-il alors.

Je tressaillis, et fermai les yeux.

« En dehors du fait que j'aime Alec… Le plus grand des traits que je te reprochais, c'était de m'avoir jugée négativement sans même avoir pris la peine de me connaître. Si… Tu venais à tomber amoureux de moi… ça prouverait que je me suis trompée… ou que tu as changé… Je ne sais pas… Si je n'avais pas connu Alec, tout aurait été différent. De toutes façons… même si jamais je venais à éprouver des sentiments pour toi, tu refuserais toujours qu'on aie une relation. À cause d'Alec.

_ Je ne t'ai jamais jugée négativement. J'ai même dit à Jane que tu me plaisais beaucoup… Et que c'était dommage que le destin aie voulu que tu le rencontres avant moi. »

Il se détacha de moi, et me força à rouvrir les yeux. Il plongea longuement les siens dans les miens, l'air grave.

« Je vais te demander un temps mort dans notre relation, l'espace de quelques secondes. » Murmura-t-il. « Je ne te le redirai plus parce que je n'en ai pas le droit par acquis de conscience. Tu ne l'aurais pas connu, je crois que ça ferait longtemps que je serais amoureux de toi… Mais tu l'as eu avant moi… »

Il inspira rapidement, le regard troublé quelques instants.

« Je serais honnête avec toi, je te dirais que je commence à ressentir quelque chose pour toi. Je ne sais pas ce que c'est. Ça me prend aux tripes et j'espère tous les jours que ça ne me prenne pas au cœur… Fin du temps mort. Maintenant, tu vas oublier ou mettre dans un coin sombre de ta tête ce que je viens de te dire… Parce qu'il le faut. »

Il se pencha sur moi et posa, avec comme un mélange d'urgence et de crainte, ses lèvres sur les miennes.

Je lui rendis son baiser, puis me séparai de lui pour reprendre mon souffle.

Je passai une main sur sa joue, l'autre derrière ses reins.

« Je continue à dire que des sentiments entre nous ne changeraient pas grand-chose, au final. Même si - en supposant que ce soit possible - je tombais aussi amoureuse de toi, tu ne voudrais pas de moi. Pour Alec.

_ Je serai capable de me couper le cœur en deux pour vous si tu tombais amoureuse de moi. » Souffla-t-il en plaçant une de ses jambes entre les miennes.

Je me plaquai contre son corps, embrassant son cou, la ligne de son épaule.

« Et à quoi bon y penser, alors ? Soit tu le crains, veux l'éviter, et on arrête tout ; soit on continue un peu, et on voit où ça te mène. Mais en attendant… »

Je fis glisser mes mains dans son dos, caressant ses muscles, les sentant rouler sous mes doigts.

« En attendant, on ne va pas se voir pendant deux semaines. Si ça se trouve, tu vas retrouver des idées claires. »

Il me retourna sur le ventre et vint se placer dans mon dos. Sa langue me parcourut du creux de mes reins jusqu'à ma nuque, me faisant violemment frissonner alors qu'il me soulevait légèrement le bassin et qu'il se plaçait entre mes jambes. Il embrassa ensuite avidement ma nuque et déposa quelques baisers papillons sur le haut de mon dos.

« Je vais essayer de coucher avec une autre fille quand tu seras pas là. » Murmura-t-il d'une voix rauque en faisant glisser sa main entre mes cuisses.

Je frémis en écartant les jambes, une drôle de sensation m'étreignant l'estomac.

« Tu en as le droit. Je ne comprends malgré tout pas pourquoi tu parles " d'essayer "… »

Il s'allongea légèrement dans mon dos, releva mes cheveux de mon cou et les étala sur l'oreiller, ses doigts fins s'immisçant entre mes lèvres intimes, m'arrachant un halètement. Sa langue glissa le long de mon cou et s'arrêta sous mon oreille, me faisant vouloir plus.

« Parce que je t'ai à fleur de peau… » Souffla-t-il en se présentant à l'entrée de mon vagin.

Je me relevai légèrement vers lui, et il me pénétra ; cette position me donnait l'impression qu'il me remplissait, complètement, parfaitement.

« C'est parce qu'on ne fait que coucher ensemble ces derniers temps… ça te passera… »

Il commença à bouger à l'intérieur de moi, une main posée sur mon abdomen tandis que l'autre glissa jusqu'à mon sein droit qu'il empoigna. Il embrassa une nouvelle fois longuement ma nuque, respirant difficilement.

« Il n'y a pas que ça… Et tu le sais… » Souffla-t-il.

Je me cambrai un peu plus contre lui, et il jura en accélérant progressivement ses coups de reins.

Cette fois-ci, la jouissance m'emporta une seconde avant lui ; et je laissai l'orgasme m'envahir avec un gémissement.

Il retomba à côté de moi, et je vins, une fois de plus, me coller contre lui, jouant avec son ventre, ses reins.

« On n'a aucun autre contact en dehors de ça… » grognai-je. « Bien sûr qu'il n'y a que ça. »

Il se pencha vers moi et fit pénétrer sa langue dans ma bouche en gémissant. Puis il posa sa main sur mon cœur qui battait la chamade, prit une de mes mains et la posa rapidement sur le sien.

« Non… » Souffla-t-il en s'allongeant sur le dos.

Je posai ma tête sur son cœur, à la place de ma main, que je descendis sur son nombril.

Le silence régna quelques instants.

« Et moi, j'ai le droit de coucher avec un autre gars pendant ces quinze jours ? Souris-je soudain.

_ Pourquoi me demandes-tu l'autorisation ? Me demanda-t-il au bout d'une pause.

_ Parce que c'était l'une de tes premières règles. Tu ne partages pas.

_ Non. J'ai pas envie de te partager. Mais je ne peux pas te forcer à me rester… fidèle. Je n'en ai pas le droit.

_ Mmh… Intéressant. Murmurai-je pensivement.

_ Surtout si moi, j'ai l'intention de coucher avec une autre… » Rajouta-t-il. « Évite Jacob, quand même. La tigresse qui attend son enfant serait capable de se venger avec moi…

_ Je ne pensais pas à Jacob, souris-je malicieusement.

_ Je ne connais pas les autres. Et arrête, je suis sûr qu'il t'a déjà fait fantasmer avec ses tablettes de chocolat et son côté sauvage. Dans d'autres circonstances, même ma sœur l'aurait regardé avec intérêt.

_ Non, tu ne connais pas les autres. Y aurait James, aussi, en candidat potentiel. Il m'a dit que la plupart des mecs, aujourd'hui, vous l'aviez regardé méchamment à la compète. Sauf Jake, Demetri, et Jasper en fait. Un problème avec lui ? Si je me démerde bien, demain matin, ou le 30 en rentrant de Forks… fis-je en traçant des cercles sur son ventre.

_ C'est pour une question de fierté que tu veux que je te dise que je crève de jalousie ?

_ Je ne pense pas que tu crèves de jalousie. Je veux juste comprendre pourquoi toi, tu l'as regardé méchamment. Fis-je plus sérieusement.

_ Parce que je crève de jalousie. Que ce soit lui ou un autre… Et puis il n'y a pas que moi qui l'aie regardé froidement. Ta copine quileute avait l'air d'avoir envie de lui arracher les yeux quand il regardait en direction de Vic. Répliqua-t-il en passant un bras autour de ma taille pour me coller contre lui.

_ Hum hum. Écoute… En ce qui concerne James… Quand je dis que je pourrais gravir des sommets avec lui, je ne parle pas d'orgasme ! » ris-je. « Ma copine quileute s'appelle Leah, et repart avec moi demain. Enfin… »

Je l'enfourchai, puis me penchai sur lui, arrêtant ma bouche à un centimètre de la sienne.

« Enfin, ce n'est pas parce que peut-être, je laisserai un autre garçon me toucher comme tu le fais, m'embrasser aux endroits où tu le fais, et me donner du plaisir comme tu le fais - ou pas -, que quand je reviendrai, je penserai à un autre en te retrouvant…

_ Je ne peux te forcer en rien de toutes façons… Que je te dise que je ne le veux pas, si toi, tu en as envie, tu le feras et je n'y pourrai rien. »

Je soupirai, l'embrassai.

« Allez, boude pas. Si je ne le fais pas, tu pourras être content ; et si je le fais et que malgré ça je reviens vers toi… ben là aussi, tu pourras être fier.

_ On va rester en contact durant ton absence ? Me demanda-t-il en changeant de sujet.

_ Tu en as envie ? »

Il esquissa un rictus et posa ses lèvres sur les miennes.

« Tu m'as dit que tu aimais bien écrire… J'aimerais savoir jusqu'à quel point tu sais manier les mots. » Dit-il en laissant couler ses mains dans mon dos.

Je me cambrai vers lui.

« J'écris beaucoup, c'est vrai, mais pas pour la correspondance d'ordinaire… Si tu veux, cependant, je suis d'accord. »

Il embrassa la naissance de ma poitrine et remonta jusqu'à mon cou.

« Qui te dit que je veux une correspondance ordinaire ?… Je suis sûr que je peux te faire atteindre l'orgasme rien qu'avec des textos… » Souffla-t-il à mon oreille.

Je ricanai.

« Gravir un mur d'escalade m'amènerait plus facilement à l'orgasme que tes textos.

_ Comment peux-tu en être aussi sûre ? T'as jamais testé…

_ C'est la manière que tu as de donner du plaisir aux filles rien qu'avec les doigts ? Répliquai-je en haussant un sourcil.

_ Quand elles sont à l'autre bout du pays ou l'étranger ?… Ouais… J'ai réussi à faire jouir une fille au Japon alors que j'étais ici rien qu'avec mes textos si tu veux tout savoir…

_ Ce que je constate, c'est que tu as déjà dû avoir affaire à des simulatrices… Quoique ça, c'est pas une surprise, souris-je malicieusement.

_ Sans doute… mais je peux te garantir que tu n'en fais pas partie… » Répliqua-t-il avec un rictus.

J'eus un petit sourire en coin.

« Ravie d'apprendre que je suis si bonne actrice. » le taquinai-je.

Puis je l'enfourchai, et me penchai sur lui.

« T'es prêt pour un quatrième round ? J'ai faim… »

Je plaquai mes lèvres sur les siennes.


EDWARD

Quelques heures plus tard…

Un grognement rauque sortit de ma gorge alors que je la sentais peser sur moi et que ses doigts s'activaient sur ma peau.

Je bougeai légèrement et sentis sa bouche taquiner la base de mon cou.

Mes mains partirent d'elles-mêmes au creux de ses reins chaud et remontèrent doucement jusqu'à ses omoplates.

Elle se logea un peu plus entre mes jambes, la respiration précipitée et lourde.

« Bonjour… » Souffla-t-elle au creux de mon oreille, ses mains courant toujours sur mes côtes.

Pour toute réponse, je pris son visage en coupe et l'approchai pour qu'elle soit en face de moi.

J'ouvris mes paupières, plongeai mon regard dans le sien qui me dévorait. Je me penchai vers elle et posai mes lèvres sur les siennes alors que sa main droite se faufilait entre nos corps. J'échappai un nouveau grognement lorsqu'elle atteint ma verge dressée et je la pressai un peu plus contre moi.

Elle sourit et fit pénétrer sa langue dans ma bouche, éveillant mes sens et mes sensations.

« T'en as pas eu assez cette nuit ? » Murmurai-je en me détachant légèrement de sa bouche.

Elle sourit une nouvelle fois et reposa ses lèvres sur les miennes avec plus d'envie.

Sa main s'activa quelques minutes sur mon sexe, me faisant jurer et haleter.

J'enlevai rapidement le drap qui nous couvrait et me redressai en la soulevant par les fesses.

Elle hoqueta de surprise et noua ses jambes autour de mes hanches.

Je m'assis au bord de son lit et la fis glisser sur ma verge alors que nos langues bataillaient sensuellement dans nos bouches.

Je lui avais demandé de me faire l'amour une fois.

Je lui avais plus ou moins avoué que si les circonstances étaient toutes autres que celles que nous vivions, j'aurais sans doute été amoureux d'elle.

Je lui avais dit des choses que jamais je n'aurais cru lui dire la première fois que je l'avais vue jusqu'à encore quelques heures.

Alec avait eu raison… Cette fille aurait été parfaite pour moi. Mais pas dans le sens qu'il entendait.

Je gémis quand elle commença à onduler sensuellement du bassin et plongeai mes yeux dans les siens.

J'essayai de lire en elle. De voir si elle avait quelque chose à me dire, me faire sentir que notre amour pour mon meilleur ami l'empêchait de prononcer.

Elle avait tremblé lorsque je lui avais fait l'amour à mon tour. Tremblé encore plus qu'elle ne l'avait jamais fait auparavant. Ses yeux avaient brillé d'un autre éclat. Ses mains s'étaient encore plus rattachées à moi, m'avaient encore plus touché. M'avaient encore plus troublé.

J'avais essayé de tout lui donner cette fois-là. Un peu comme une exception. Un peu comme un adieu. Parce que je n'avais pas le droit de la toucher de cette façon. Et même de la toucher tout court.

Elle se pencha sur moi, embrassa mon cou et je fis de même avec elle alors qu'elle continuait à bouger sur moi.

Mes mains caressaient sans relâche son dos, la faisant cambrer, haleter.

Nous étions en train de faire l'amour, sans doute pour la dernière fois. Parce que nous ne pouvons pas nous toucher comme ça et elle le savait tout autant que moi.

Elle accéléra légèrement ses va-et-vient. Je cherchai sa bouche et fis pénétrer ma langue à l'intérieur, bataillant désespérément avec la sienne, la faisant gémir à son tour. Elle se rapprocha encore plus contre moi, fit glisser ses mains dans mes cheveux alors que je l'embrassai à perdre haleine avec trop de sentiments pour ne pas me perdre encore une fois.

Je saisis sa nuque et passai une main entre nos corps pour atteindre son clitoris que je torturai quelques instants, jusqu'à ce qu'elle pénètre plus profondément sa langue dans ma bouche et que je sente les prémices de l'orgasme la submerger. Elle se raidit entre mes bras dans une sorte de râle et je la suivis de près dans les limbes du plaisir.

Je sentais son cœur battre la chamade contre le mien.

Je ne bougeais toujours pas.

Elle non plus.

Elle embrassa doucement mes lèvres, me sourit, avec tristesse, je l'aurais juré. Mais c'était peut-être ce que j'aurais voulu voir.

Je plongeai mon visage dans son cou en la resserrant encore plus contre moi.

On venait de passer notre première et notre dernière nuit ensemble en tant que… je ne savais même pas. Qu'est-ce que j'avais bien pu représenter pour elle durant cette nuit ? Qu'est-ce qu'elle avait réellement été pour moi ?

La fille que je ne pourrais jamais vraiment avoir.

Celle que je me refusais d'aimer depuis sans doute le début.

A cette pensée, une boule se forma dans ma gorge, je l'embrassai une dernière fois et la détachai de moi délicatement sans la regarder.

Je me levai et vis mes affaires éparpillées sur le sol de sa chambre.

Il fallait que je parte de là. Pendant que j'en avais la force. Avant que je ne perde définitivement mon cœur dans cette pièce.

Je ramassai mon boxer, ma chemise, mon jean, mon blazer.

Je m'habillai rapidement, presque désireux de la fuir.

Quand je fus enfin prêt, je me tournai une dernière fois vers elle.

Elle s'était enroulée dans le drap, ses yeux dans le vide.

J'inspirai profondément et m'approchai d'elle, incapable de la quitter sans l'embrasser une dernière fois.

Je fis glisser ma bouche sur sa joue, la ligne de sa mâchoire, son oreille, une drôle de sensation dans l'estomac.

J'avais envie de lui dire quelque chose. N'importe quoi pour dissiper ce silence qui était tombé et qui semblait nous oppresser.

« Amuse-toi bien… » Lui soufflai-je.

Elle hocha la tête, silencieuse ; je me dirigeai vers la porte.

Et sa voix morne m'arrêta alors que j'allais sortir.

« Edward… Au fond j'espère que tu te trouveras une autre fille, pendant mon absence. Et alors… Sans doute arrêtera-t-on… tout ça. »

Elle prit une inspiration.

« Mais par pitié… dis-le moi au moment où tu le sauras. »

Sur ces mots, elle se tut.

Je tressaillis et me retournai vers elle, le cœur manquant un battement.

Je la regardai un long moment, partagé entre l'envie de revenir auprès d'elle pour l'embrasser encore et encore, jusqu'à ce que mon cœur reste dans cette pièce et l'envie de lui dire qu'on devait arrêter maintenant, tant qu'il en était encore temps.

Voyant que je ne bougeai toujours pas, elle releva quelques instants son regard sur moi et je crus, l'espace d'un instant, que ses yeux brillaient trop.

« On se revoit… pour le Réveillon. » Lui soufflai-je à nouveau avant de me détourner.

Cette fois-ci, je n'attendis pas qu'elle me réponde et sortis de sa chambre assez précipitamment, ne voulant plus penser, ne voulant plus ressentir. Voulant presque l'oublier si seulement ça avait été possible.

Je rentrai chez moi plus de 30 minutes plus tard.

Je traînai en chemin.

J'essayai de me changer les idées.

Je regardai les gens s'agiter dans tous les sens à trois jours de Noël, les vitrines illuminées et décorées, recherché la contagion de l'enthousiasme ambiant qui n'arrivait pas à m'atteindre.

Mais rien n'y fit. Je me sentais toujours aussi… léthargique.

Lorsque je poussai la porte de mon appartement, Jane était en effervescence, marmonnant toute seule et allait dans tous les coins ; du salon à la salle de bains, en passant par la cuisine, ma chambre et celle de Jacob.

Celui-ci la regardait d'un tabouret du bar avec une pointe d'inquiétude mais restait silencieux.

« Salut. Marmonnai-je alors que ma meilleure amie sortait de la chambre de mon colocataire avec un de ses pulls.

_ Salut. Répéta-t-il en la suivant des yeux.

_ Euh… Qu'est-ce qui se passe ?

_ Je crois… qu'elle panique.

_ Edward ! Où est-ce que t'étais passé ? Me demanda-t-elle en s'arrêtant en face de moi, des cernes sous les yeux.

_ Ça va ? Lui demandai-je à mon tour doucement.

_ Oui, pourquoi ça n'irait pas ? S'agaça-t-elle.

_ Je ne sais pas… Peut-être parce que tu ressembles un peu trop à Lili, là. »

Elle inspira profondément et essaya de se donner contenance.

« Je prépare la valise de Jacob… Il ne l'a toujours pas faite et on part dans trois heures pour… l'aéroport. » Répliqua-t-elle en s'éloignant précipitamment.

Je me tournai vers Jacob en haussant les sourcils.

Il la regardait toujours s'activer dans tous les sens, sans pour autant l'arrêter.

« Il paraît que ce genre de réaction peut venir des hormones quand une femme enceinte est… émue. » Me dit-il.

Puis il se tourna complètement vers moi et me demanda :

« Elle a déjà dit à quelqu'un qu'elle l'aimait ? »

J'écarquillai un instant mes yeux et me passai une main nerveuse sur ma nuque en esquissant un sourire. Je commençais à comprendre…

« Euh, non, je ne crois pas. Répliquai-je.

_ Ah oui… Je comprends mieux. »

Elle repassa devant nous avec une trousse de toilette dans les mains, sans nous prêter la moindre attention.

« C'est la quatrième fois qu'elle la fait. Marmonna-t-il.

_ Le stress, c'est pas bon pour le bébé.

_ J'ai essayé de la stopper mais elle refuse de me regarder en face depuis qu'elle m'a dit ce qu'elle ressentait quand elle m'a fait jurer sur la tête de notre bébé que je n'étais intéressé par aucune fille à Forks.

_ Elle est très jalouse.

_ Oh, ça je le sais.

_ C'est votre première séparation…

_ Ouais… Moi aussi, ça me fait quelque chose. Elle va me manquer. Encore plus maintenant que je sais que mes sentiments sont partagés. »

Mon estomac se tordit.

A moi aussi, elle allait me manquer. Et nos sentiments - ou nos « non-sentiments » étaient sans doute aussi partagés.

« Elle ne t'avait jamais dit qu'elle t'aimait ? »

Je ne savais même pas pourquoi je lui posais la question. Je connaissais suffisamment ma meilleure amie et son putain d'orgueil. Mais il fallait que je pense à autre chose qu'à elle. C'était pour ça que j'étais parti si tôt de chez elle. Pour tenter de la laisser derrière moi. Pour voir si j'en étais vraiment capable.

« Elle ne me l'a jamais explicitement dit. Pas comme ce matin alors qu'elle finissait sa deuxième boîte de chocolats pralinés, les yeux dans le vide… J'ai eu droit à des déclarations plus romantiques mais… aucune ne m'a autant… atteint. »

J'acquiesçai d'un signe de tête et me détachai du bar en me passant une main dans ma tignasse un peu emmêlée.

« Au fait, c'est vrai… t'étais où ? Me demanda-t-il avec un rictus.

_ Chez… une amie. » Murmurai-je, le cœur lourd.

Son rictus s'accentua alors que Jane repassait devant nous avec un nouveau pull.

« Arrête-la. Mets la chaîne en route s'il le faut, mais arrête-la, elle me donne mal au crâne. » Grognai-je en allant dans ma chambre.

Je me laissai tomber sur mon lit après avoir refermé la porte et entendis la playlist de la chaîne hi-fi se mettre en marche. Un petit cri de surprise et un claquement de porte plus tard, je fermai mes yeux, terrassé soudainement par le sommeil.

« Edward ! Dépêche-toi, t'as une demie heure ! »

J'ouvris un œil dans un grognement et vis Jane s'activer dans mon dressing, sortir une chemise bleu nuit, un pull noir et un jean brut qu'elle posa sur le lit avec l'hideuse écharpe qu'elle m'avait offert quelques jours plus tôt.

« Cinq minutes pour le petit déj', vingt pour la douche et on s'en va. Me dit-elle sur un ton militaire.

_ Hmm ? Marmonnai-je en me redressant.

_ Arrête de te masturber, tu perds tes fonctions auditives. On s'en va ! A l'aéroport ! On va emmener… Jacob, Bella et Emmett. T'as plus que 27 minutes, donc plus que 17 dans la salle de bains. » Répliqua-t-elle.

Je me passai une main incertaine et regardai autour de moi.

Elle voulait quoi ?… Que je les accompagne ?

Je me levai et la vis lovée contre mon colocataire sur le canapé.

« Tu veux que je vous accompagne ? Lui demandai-je, comme si je voulais une nouvelle confirmation.

_ Alec ne peut pas venir. Tu vas me faire le plaisir d'être aussi gentil que tu l'as été la dernière fois avec Bella. Répondit-elle.

_ Et pourquoi moi ? Marmonnai-je en me dirigeant vers le bar où elle avait préparé mon petit déjeuner, l'estomac noué à l'idée que j'allais la revoir une toute dernière fois avant son départ.

_ T'es celui que j'ai sous la main, donc celui que j'utilise. »

Je grognai.

« Je suis pas un produit ménager.

_ C'est tout comme. » Répondit-elle sur un ton léger.

Je me retournai et lui lançai un regard noir… qu'elle ne vit pas vu qu'elle était dos à moi.

J'allais finalement la revoir.

Je ne savais pas si je devais accepter ou refuser. Je pouvais bien trouver une excuse…

« Et Jacob veut que quelqu'un me soutienne… » Rajouta-t-elle d'une drôle de voix.

Eh bien, non. Je ne pouvais pas.

Une dernière fois.

Peut-être pourrais-je l'embrasser.

La serrer contre moi.

Non. Non, je ne pouvais pas penser à ça. Il fallait que je me remette dans l'état d'esprit que j'avais au début. Me dire qu'elle n'était qu'un corps. Je ne pouvais plus la toucher comme je l'avais fait cette nuit et ce matin.

Finalement, on devait peut-être arrêter.

Ça devenait trop dangereux.

J'allais nous perdre et je ne pouvais pas me le permettre.

Alors j'allais lui dire. C'était ce qu'il y avait le mieux à faire. Comme elle me l'avait plus ou moins suggéré avant que je ne parte de chez elle.

J'allais mettre un terme à notre relation pendant qu'il en était encore temps.


BELLA

Je me levai peu de temps après Edward.

Cette nuit avait été étrange, et y repenser serrait mon ventre. J'avais même par moments l'impression que je n'avais fait que rêver. Tout rêver.

Mais peut-on rêver de son pire ennemi nous parlant d'amour ?

La nausée m'attreignit, et je me courbai, une main sur l'estomac.

Ce n'était pas l'idée qu'Edward puisse un jour tomber amoureux de moi, qui me mettait dans cet état. De toutes manières, j'y croyais pas.

C'était l'idée que je puisse, éventuellement, le faire souffrir un jour, d'une quelconque manière. En fait, quelque chose me disait qu'il souffrait déjà de notre relation ; ce qui était compréhensible. Même moi je me sentais coupable vis-à-vis d'Alec.

Pourtant, on ne faisait rien de mal.

Purement physique.

Oui, ça l'était. Mais ça menaçait de changer.

Il y avait une chance, infime certes, mais une chance quand même qu'Edward vienne à s'attacher à moi. Plus qu'en tant que copine de baise.

J'espérais qu'il saurait arrêter notre relation avant que ça ne devienne le cas.

J'allai me doucher, encore tremblante.

Je m'habillai en vitesse, jetai un coup d'œil à mon réveil. Il me restait quelques heures avant mon départ pour l'aéroport.

J'allais aller voir Tanya. Je lui avais promis.

Je finis de boucler ma valise, et descendis à ma camionnette ; puis je mis le contact, et partis pour la clinique.

Quand j'entrai dans sa chambre, Tanya n'était pas seule.

Alec était là, très proche d'elle.

Mon cœur se serra ; ils relevèrent tous deux le regard, à mon entrée.

Il y eut un silence, et je me forçai à sourire. Tanya me renvoya un air joyeux, et Alec baissa les yeux, gêné. Je ne sus si je devais me réjouir de les avoir interrompus, ou m'en vouloir.

Je m'en voulais. Parce que ça me faisait mal, mais que je savais que c'était inéluctable.

Mettez-vous ensemble, mais épargnez-m'en le spectacle…

Je me dirigeai vers le lit où était assise Tanya, embrassai Alec sur les joues puis en fis de même avec Tanya ; elle passa son bras autour de ma taille, et me fit m'asseoir à côté d'elle.

« Alors, tu pars dans quelques heures ? Dis, j'ai su pour ton concours, félicitations ! J'espère que je pourrai assister au prochain. » fit-elle avec une lueur un peu triste dans le regard.

Je lui fis un sourire rassurant.

« Je m'y remets pas avant plusieurs semaines. Je pense que ça devrait le faire. »

Elle me sourit de plus belle.

Alec nous observait pensivement, serrées l'une contre l'autre. En croisant mon regard, il plongea ses yeux dans les miens.

« Je suis désolé… Je ne peux pas t'accompagner à l'aéroport.

_ C'est pas grave. Lui répondis-je d'une voix douce.

_ Si… J'aurais aimé être là. »

J'approchai ma main de la sienne, et lui serrai doucement pour lui signifier que je le croyais.

Il regarda nos deux mains, et je retirai la mienne, me retournant vers Tanya. Elle avait regardé notre échange ; mais son air était confiant.

Comme depuis que je lui avais parlé de ma relation avec Edward. Comme si ce que je partageais avec lui pouvait influer sur quoi que ce soit… D'autant que, j'en étais convaincue, on allait bientôt tout arrêter. Je supposais que, pendant nos quinze jours de distance, il allait reprendre ses esprits - d'autant s'il trouvait une autre fille - et m'envoyer un message de fin de relation.

Ça me paraissait évident. Rien qu'au regard qu'il avait eu en se rhabillant.

Il m'avait encore fuie. Comme une pestiférée. Mais au lieu d'en éprouver de la colère, j'étais plutôt honteuse.

C'était la raison pour laquelle je lui avais dit qu'il pouvait tout arrêter… Mais que s'il le faisait, je voulais être immédiatement mise au courant.

Je secouai la tête ; il valait mieux que j'y pense à un autre moment. Pas avec Alec à côté.

Tanya déblatérait depuis plusieurs minutes sur les fêtes à venir ; elle allait pouvoir rentrer dans sa famille, et passer Noël avec Alice et leurs parents ; et le 31, il était sûr qu'elle passait le réveillon avec nous.

Il fallait encore que je lui trouve un cadeau. Mais j'avais ma petite idée, et je m'en chargerais à Forks.

Alec me lança plusieurs regards pensifs.

J'évitais de les lui rendre. J'avais peur… Non pas qu'il lise dans mes pensées, mais sente que quelque chose n'allait pas.

Enfin, je regardai l'heure ; et signifiai à Tanya qu'il allait falloir que je parte.

Elle me lança un regard déçu ; mais retrouva le sourire quand je lui rappelai qu'on se revoyait au réveillon.

Je me levai, et Alec en fit de même.

« Je raccompagne Bella. » fit-il à l'attention de Tanya, qui lui avait lancé un regard triste.

Elle se rasséréna, et me fit un petit signe de la main.

Alec me raccompagna effectivement jusqu'à ma camionnette ; mais, au moment où j'allais ouvrir, il me bloqua doucement contre la portière.

« Bella… » murmura-t-il.

Mon cœur fit un soubresaut dans ma poitrine, mon ventre se serra.

Il se rapprocha de moi, me serra contre lui ; et je retins les larmes qui me montaient aux yeux.

Non… Ne me fais pas ça. Pas maintenant que ta proximité commençait à moins me manquer…

Il s'éloigna légèrement, comme s'il avait entendu ma supplique muette, ou, plus probablement, comme s'il l'avait sentie dans ma raideur.

« Quelque chose a changé, n'est-ce pas ? » me demanda-t-il soudain, triste.

Je me retrouvai incapable d'émettre un son, l'estomac retourné. Retour des nausées qui m'assaillaient.

« Bella ? » demanda-t-il tristement.

Je pris une inspiration.

« Mmh… Alec… Je crois juste que… je m'habitue à notre séparation. »

Il baissa les yeux, visiblement dévasté, et hocha la tête.

« … Je commence à comprendre que tu avais peut-être raison, pour Tanya. » répondit-il après un silence.

Je fermai les yeux.

« J'ai vu ça. » Murmurai-je.

Il glissa un doigt sous mon menton, le releva, toujours très proche de moi ; m'enivrant de cette odeur dont je m'étais si longtemps enveloppée.

« Ça n'empêche pas que je n'oublierai jamais ce que nous avons partagé. »

Des larmes firent briller mes yeux.

Ses lèvres se posèrent sur les miennes.

Je frissonnai contre lui, alors que nos bouches entraient en contact ; et à nouveau un haut-le-cœur m'assaillit, alors que des images de ce que je faisais avec son meilleur ami me brûlaient les rétines.

Notre baiser dura quelques secondes, puis Alec se recula.

« J'en avais besoin. » murmura-t-il en passant une main dans mes cheveux.

Je hochai la tête tristement, incapable de parler.

« Je vais tirer un trait sur toi, Bella. Dans le sens où maintenant, je sais que nous ne reviendrons pas ensemble ; mais sache qu'une part de mon cœur t'appartiendra toujours. »

Son regard trouva le mien ; et il dut lire dans mes yeux que je songeais la même chose, car il hocha la tête.

Ses bras se dénouèrent autour de ma taille, et il se recula.

« Fais un bon voyage, Bella. »

Je détournai les yeux.

« Au revoir. » fis-je d'une voix tremblante.

Je me retournai, montai dans ma camionnette ; et partis.

Regardant Alec dans le rétroviseur jusqu'à ce que je tourne au coin de la rue…

J'étais sur le trottoir quand la voiture de Jane s'arrêta dans un crissement de pneus devant moi.

Je me dirigeai vers le coffre, y mis ma valise, puis la portière passager, et l'ouvris ; me figeant en notant qu'Edward était dans la voiture.

Nos regards se croisèrent quelques secondes ; et nous détournâmes tous deux les yeux.

Heureusement, Emmett était au milieu sur la banquette arrière. Je m'assis à côté de lui, contre la fenêtre.

« Bonjour tout le monde ! » fis-je d'une voix que j'essayais d'avoir joyeuse.

Oui, style esprit de Noël et toutes ces choses que j'aimais d'ordinaire mais qui, aujourd'hui, me gavaient.

J'avais soudain froid.

« Salut. » me répondit Jane en démarrant sur les chapeaux de roues.

Elle avait l'air nerveuse.

« Salut, petite sœur. » répondirent Jake et Emmett d'une même voix qu'ils voulaient joyeuse mais avaient l'air morne. La séparation de leurs amies, je supposais.

« Bonjour. » fit la voix d'Edward, froide, après un moment.

Je vis clairement Jane lui lancer un regard noir.

Jake plaça sa main sur la cuisse de la mère de son enfant, et elle reporta son attention sur la route, tapotant nerveusement son volant.

Emmett pinça mon genou.

« Hé ! Me défendis-je.

_ T'avais l'air dans la lune. T'as bien récupéré de tes performances d'hier ? »

Je rougis, et me détournai vers la vitre pour qu'il ne le remarque pas.

« Ouais. T'inquiète pas pour ça.

_ Pour quoi je devrais m'inquiéter alors ?

_ Pour ton couple. Rosalie m'a envoyé un message pour me dire que t'avais pas été performant pour lui dire au revoir hier.

_ C'est vrai ? » paniqua-t-il soudain.

J'éclatai de rire en me retournant vers lui.

« Non. J'adore la tête que tu fais. Attends, je te prends en photo. » fis-je en sortant mon portable.

Il attrapa mon poignet, et me lança un regard noir.

« T'as pas intérêt. »

Je rangeai mon portable en riant.

« Bon. T'es levée depuis longtemps ? Il m'a semblé te voir en ville, ce matin. Plus que semblé, d'ailleurs, parce que de toutes façons il n'y a que toi pour rouler à New York avec ton vieux tacot.

_ Hum. » répondis-je vaguement. « C'était bien moi. »

Je n'ajoutai rien, et il ne me posa pas d'autres questions, soudain accaparé par les actualités sportives qui passaient à la radio. Il se mit à les commenter avec Jacob.

Nous arrivâmes à l'aéroport ; et sortîmes tous, mon frère insistant pour prendre ma valise en plus de la sienne.

Nous allâmes jusqu'à la salle d'embarquement.

Et le silence tomba dans notre groupe ; Jane étant la seule à bouger, toujours assaillie de tics nerveux.

Soudain, une voix résonna pas loin de nous ; nous nous retournâmes pour voir arriver Rose en courant.

« Emmett ! Attends ! »

Elle arriva essoufflée, sous le regard surpris de mon frère.

« Je… Couru… pour… te voir… avant… départ… » haleta-t-elle.

Emmett fit un grand sourire, et la prit dans ses bras.

« Je dois en conclure que notre nuit ne t'a pas déçue ? »

Elle lui lança un regard interrogatif.

« Quoi ?

_ Rien. »

Il se pencha vers elle, et l'embrassa.

Je me détournai, et remarquai que Jacob avait pris Jane dans ses bras.

Je me détournai encore, et tombai sur le regard d'Edward.

C'était pas ma matinée.

Je commençai à m'éloigner ; et fus rejointe par Edward.

« Je tenais à leur laisser un peu d'intimité. Murmurai-je.

_ Allons un peu plus loin. » Marmonna-t-il.

Nous nous éloignâmes dans la salle d'embarquement, puis il s'assit, face aux pistes d'atterrissage en regardant dans la direction des autres.

Incertaine, je m'assis à mon tour en laissant une place vide entre nous et contemplai les avions sur la piste légèrement enneigée.

« Tu veux quelque chose de particulier pour Noël ? » Me demanda-t-il soudain d'une voix atone.

Je tressaillis.

« Euh… Oh, je suppose que je vais avoir droit à une super fête, à Forks. Non, j'ai tout ce que je peux vouloir… Et toi ? T'as fait ta liste au Père Noël ? »

J'aurais aimé y mettre plus de raillerie, mais ça sonnait faux.

Un lent rictus étira ses lèvres alors qu'il regardait droit en face de lui, comme s'il ne voulait pas m'avoir dans son champ de vision.

« Non. J'en ai jamais faite. Mais j'aurais bien aimé quelque chose de particulier pour Noël… De ta part. »

Il tourna légèrement sa tête vers moi, sembla jauger ma réaction.

« Je voudrais que tu répondes en toute honnêteté à une de mes questions. Je te donne le choix entre deux. Qu'est-ce que tu as ressenti réellement cette nuit ou en nous rencontrant en même temps avec Alec, qui aurais-tu choisis ? »

Je me sentis prise d'un vertige, et me retournai vers les pistes d'atterrissage, sans doute blanche.

Qu'est-ce que j'ai ressenti cette nuit ?

Qui j'aurais choisi entre Edward et Alec ?

Quelle est la question la plus simple à répondre, des deux ?

Mon cœur avait tendance à me dire que la seconde était plus simple. J'aurais choisi Alec. Mais alors que je m'apprêtais à le dire à Edward, quelque chose me retint.

J'aurais vraiment choisi Alec ?

Je savais que je l'aimais là, maintenant.

Mais six ans auparavant, j'aurais également connu Edward, est-ce que tout n'aurait pas pu être différent ?

Je baissai les yeux.

« Cette nuit… Je ne sais pas ce qui s'est passé. On a partagé un moment… que je ne pensais pas pouvoir partager avec un autre qu'Alec. Je te mentirais si je te disais l'inverse. Mais je serais incapable de te dire jusqu'à quel point ça m'a touchée. Disons que quelques heures… la douleur a été moins forte. Je n'ai pas beaucoup... pas du tout... pensé à Alec… »

Je m'interrompis, et me mordis la lèvre.

« C'est sympa de m'avoir laissé le choix entre tes deux questions. J'aurais été ravie de répondre aux deux… mais je crois que je ne peux pas le faire, pour la deuxième. Qui j'aurais choisi. Mon cœur me crie Alec, mais il y a ce que tu m'as dit, aussi. Que si tu m'avais connue avant lui, tu aurais tout fait pour m'avoir… »

Mon regard dévia à nouveau vers les avions. Dans lequel allais-je embarquer ? Je ne savais même pas.

« Alec et moi, ça a mis du temps. Alors si ça se trouve, ce n'est pas avec lui que je serais sortie. »

Une fois que j'eus prononcé ces mots, je me retournai vers lui et plantai mon regard dans le sien.

« Mais il aurait été le même. Le même que celui que tu as connu, le même que tu connais maintenant. Il aurait sans doute été attiré par toi… Tu aurais eu le genre de relation que nous entretenions en ce moment ? Tu aurais fait ces choses-là avec lui sans que je le sache ? Me demanda-t-il soudain.

_ Non. Je n'aurais pas couché avec toi juste pour du sexe. Si c'est ça ta question, alors c'est certain ; j'aurais choisi Alec.

_ Non, ce n'est pas ce que je te demande. Je te parle d'hypothèse. Si tu avais été avec moi, est-ce que tu aurais fait avec lui ce que nous faisions ?

_ … C'est pas son genre, à lui. Mais parlons d'hypothèses. Si tu étais tombé amoureux d'une autre, si tu en avais regardée une autre comme il regarde Tanya… Va savoir, il y a des chances que l'histoire se serait répétée. »

Ses yeux se troublèrent un instant et il se retourna vers la baie vitrée en déglutissant.

« Je n'en aurais pas regardé une autre comme je te regarde, toi. » Souffla-t-il très bas.

Mon estomac se tordit.

« Tu m'aurais donc aimée… dis-je d'une voix si basse que je doutais qu'il m'ait entendue.

_ Je te l'ai dit cette nuit. » Répondit-il sur le même ton.

Je fermai les yeux.

« Va savoir. On n'a jamais été ensemble. Va savoir si je t'aurais convenue. Parce que la seule différence aurait été que je ne serais pas l'ex d'Alec ; ça n'aurait pas changé ce que je suis profondément. Et si tu ne m'aimes pas aujourd'hui, il n'y a aucune raison de penser que tu m'aurais aimée alors. »

Je rouvris les yeux, morne.

« On ne devait pas parler de sentiments. On est en train de rompre notre pacte, n'est-ce pas ? » fis-je.

Il se retourna vers moi, me regarda un long moment.

« Tu le veux aussi ? »

J'haussai les épaules.

« Ça vaut mieux.

_ Pourquoi ?

_ Pour toi. Tes sentiments. Ta culpabilité vis-à-vis d'Alec. J'ai assez profité de toi. »

Il regarda par delà mon épaule et s'assit à la place à côté de moi. Il fit légèrement courir son index froid le long de ma joue et me sourit doucement.

« Plus aucun contact ? Souffla-t-il en se penchant un peu vers moi.

_ Non. Répondis-je sur le même ton en frissonnant.

_ Tu ne regrettes pas ? Enchaîna-t-il en se rapprochant un peu plus.

_ C'est ce que nous avions prévu. Ça devait se terminer ainsi. Maintenant… »

J'essayai de faire fi de sa proximité.

« Maintenant, on va aller chacun de son côté, comme s'il ne s'était rien passé. Tu vas retrouver ton rythme d'avant. Je trouverai quelqu'un d'autre qui essaiera de me faire oublier Alec. Joyeux Noël, et bonne année bien sûr. »

Je commençai à me lever quand il m'attrapa le bras et me força à me pencher vers lui. Ses lèvres entrèrent quelques millièmes de secondes avec les miennes, me figeant instantanément.

« Au revoir, Bella. » Murmura-t-il d'une voix grave en se levant pour rejoindre les autres qui observaient les avions depuis la grande baie vitrée.

« Au revoir. » murmurai-je plus pour moi que pour lui, avant de me lever et de le suivre.

Emmett me regarda arriver avec circonspection.

« Eh ben, on a cru qu'il t'avait perdue. Bon, on n'attend que toi ! »

Je le fusillai du regard.

Puis je saluai les autres ; Rose, Jane, puis Edward.

Je m'étais approchée de lui, mais il y avait comme un mur entre nous. Que les autres interprétèrent comme de la haine. Nous, on savait que c'était un peu moins que ça.

Ou un peu plus.

Je renonçai à l'idée de l'embrasser sur la joue, et hochai simplement la tête à son encontre.

Je suivis Jake et Emmett après qu'ils aient fait leurs au revoir à leur femme ; et un certain temps, incommensurable, plus tard, j'étais assise à côté de mon frère de l'avion.

Nous décollâmes ; et je mesurai que je m'éloignais de New York, d'Alec, de Tanya, et d'Edward. Pour deux semaines ; mais je ne savais pas si ces deux semaines allaient me paraître longues ou au contraire trop courtes…


Et voilà !

Alors, qu'avez-vous pensé de la nuit de nos deux amoureux ? Avez-vous aimé la tournure qu'elle a prise ?

Bella cherche à se convaincre qu'elle ne pourra jamais en aimer un autre qu'Alec. Mais vous, qu'en pensez-vous ? Est-ce qu'elle n'est pas en train de se rendre compte du contraire ? Rien qu'à voir sa conversation avec Edward devant les avions... ;-D

A bientôt pour la suite !