Bon sang de bonsoir !
D'abord, salut tout le monde. Je vous jure que j'ai cru que j'allais jamais pouvoir le finir et le poster à temps ce chapitre !
Donc je m'excuse de le poster si tard dans la soirée mais j'avais pas le choix... Et en guise d'excuse mais SURTOUT de REMERCIEMENT pour tous vos messages !
Pile 100 reviews pour le chapitre précédent si je ne m'abuse, c'est ENORME. Le nombre de reviews ayant baissé pour le 18, j'vous avoue qu'on craignait, avec ma co-paire de mains, que notre histoire se fasse trop longue pour vous... Cela étant, ça ne nous empêchera pas de continuer sur notre lancée. Pour ceux qui se demandent combien de chapitres il reste, on ne sait pas vraiment. On en a prévu au moins 4 de plus. Peut-être 5...
Donc oui, les amoureux semblent se rapprocher du bonheur... Hum, même s'ils n'y sont pas encore.
Allez, je pense que vous êtes assez pressé(e)s de découvrir si oui ou non, Edward a forniqué avec Cassie. Vous allez avoir très vite la réponse... Et vous allez également découvrir au fur et à mesure si vous avez bien fait de taper 1, 2, 3, 4 ou 5 à la fin du chapitre précédent ;-).
On se retrouve en bas !
EDWARD
Avez-vous déjà fait quelque chose en désespoir de cause ? Quelque chose qui, vous le pensiez très fort pour une obscure raison, n'aboutirait pas ? Avez-vous déjà si bien joué la comédie que votre rêve le plus fou et le plus inavouable s'était réalisé ?
Parce que c'est ce qui se passa cette nuit-là.
oOo
On frappa vigoureusement à la porte d'entrée puis j'entendis un bruit étouffé, une porte qui s'ouvre rageusement, des pas lourds qui traversent le salon et la 'charmante' voix enrouée de Jane qui demandait qui la dérangeait dans sa sieste du début d'après-midi et plus particulièrement dans ses retrouvailles avec Jacob.
Quelques secondes et un déclic de verrou plus tard, j'entendis la voix précipitée de ma soeur.
« Désolée, Jane, on devait arriver dans une heure mais j'ai une urgence à l'hôpital. J'ai essayé d'appeler Edward mais il est sur répondeur depuis quelques temps. Il doit réviser pour les partiels. Il est où ? Dans sa chambre ? »
Cassie marmonna et émergea du sommeil tandis qu'un débarquement semblait avoir lieu dans mon salon et que la porte de ma chambre s'ouvrait à la volée sur Rosalie.
« Dé... » Commença-t-elle en se figeant lorsque ses yeux se posèrent sur la fille à côté de moi.
Un sentiment de malaise m'assaillit, que je dissimulai vite derrière un total détachement.
« Cassie... Je te présente Rose. Ma soeur. » Dis-je d'une voix atone pour dissiper le silence lourd qui s'installait.
Cassidy se releva en prenant soin de dissimuler sa poitrine nue sous le drap rouge froissé.
« Enchantée. » Répondit-elle.
Rose la regarda un instant en haussant les sourcils et eut un rapide sourire.
« De même. Je n'ai pas le temps de m'attarder...
_ Tu as une urgence à l'hôpital. La coupai-je.
_ Oui. Et Lili est toujours coincée à son atelier. Elle doit finir la robe qu'elle va offrir à Bella pour Noël – un vrai petit bijou soit dit en passant – et quelques croquis qu'elle voudrait montrer à Jane. Bref, elle ne sera pas là avant 20 h.
_ Quoi ? » m'écriai-je en me redressant. « Mais c'est vous qui deviez tout organiser ! Vous n'allez pas tout laisser à Jane, hors de question !
_ Lili t'a fait un croquis pour l'organisation des meubles, elle t'a fait trois playlists, le traiteur arrive vers 20 h 30, les invités vers 21 h. il n'est même pas 15 h 30, tu as largement le temps. Alec, Demi, Jazz et Tanya sont déjà là, ce sera rapide à vous 8. Bon... Moi, j'y vais. Je ne sais pas trop quand je serai là. J'espère avant que vous ne partiez à la caserne voir Emmett. En espérant qu'il y soit aussi. À plus tard. »
Elle ressortit de la chambre avant que je n'aie pu prononcer un mot. Je soupirai et me levai, à la recherche d'un t-shirt et de mon bas de pyjama.
« Quand est-ce qu'elle arrive ? »
Je me figeai un peu en mettant mon t-shirt et haussai les épaules.
« Je ne sais pas trop. Marmonnai-je.
_ Ne t'inquiète pas. Ça va marcher. Fais-moi confiance.
_ C'est pour toi que je m'inquiète. Évite de trop déshabiller Jacob du regard, j'ai cru que Jane allait t'arracher les yeux quand ils sont arrivés. Et comme il adore la rendre jalouse, il risque d'en profiter. »
Elle éclata de rire au moment où je me tournai vers elle et se pencha sur le côté du lit pour saisir un mini short rouge et son t-shirt assorti.
« Je ne peux pas m'en empêcher. C'est comme si mon plus grand fantasme avait pris forme et vie. Mes yeux sont irrémédiablement attirés par lui.
_ Eh bien il va falloir qu'ils se contentent d'être irrémédiablement attirés par moi. Jusqu'à ce qu'on vérifie ta stupide théorie. Prête à entrer dans l'arène ? »
Elle s'étira comme un chat, s'habilla rapidement, se leva et vint passer ses bras autour de ma taille.
« C'est quand tu veux, bébé. » Dit-elle en posant ses lèvres sur les miennes.
Je passai un bras autour de sa taille en me détachant d'elle et ouvris la porte de ma chambre.
« J'y crois pas ! Monsieur était au pieu en charmante compagnie en plein milieu de l'après-midi. On reprend du service, Ed ? » Me demanda Demetri, à peine les pieds dans le salon.
Je grognai pour toute réponse et me dirigeai d'un pas lourd vers la bar américain.
« Tu veux quelque chose ? Demandai-je à Cassie en ouvrant le frigo.
_ Un café bien noir s'il te plait.
_ Salut. Moi c'est Tanya. Hot boy est encore endormi, je doute qu'il fasse les présentations avant une bonne heure. »
J'attrapai le lait et le jus d'orange et me retournai pour lancer un regard noir à la soeur de Lili.
« Tu devrais voir s'ils ne peuvent pas soigner ta connerie à la clinique. Je pense qu'après une bonne désintoxication, tu approcherais de la perfection. Cassie, je te présente Tanya, la petite soeur de la meilleure amie de Rose. Le blond, c'est Jasper, le grand ahuri devant la télé même pas capable de se joindre à nous, c'est Demetri, et voici Alec... Mon meilleur ami.
_ Y a pas assez de tabourets au bar. T'as qu'à en acheter d'autres et après on reparlera de mon incapacité à me mêler aux autres. Marmonna Demetri.
_ J'ai déjà vu ton visage, mais je serais incapable de dire où. » Dit Tanya en l'observant, les sourcils un peu froncés.
Cassie me remercia avec un sourire lorsque je posai un bol de café fumant devant elle et se tourna vers Tanya.
« Plusieurs possibilités. Soit tu m'as vue sur le campus parce que nous sommes dans les mêmes bâtiments, quoique ça fait quelques semaines que je ne te vois plus, soit tu te souviens du collège Sainte Mary et de la fille qui décollait tes lèvres de celles de son petit frère, Elliott Cromwell. C'est moi. »
Tanya poussa un cri suraigu en sautillant sur son tabouret au moment où Jane pénétrait dans le salon vêtue d'un mini short en jean et d'un t-shirt de Jacob.
Les filles se retournèrent instinctivement et se penchèrent d'un même mouvement pour reluquer Jacob qui enfilait lui aussi un t-shirt.
Ma meilleure amie les fusilla du regard et retourna sur ses pas pour claquer la porte de la chambre.
« Vivement qu'on déménage. Marmonna-t-elle en allant embrasser son frère.
_ Il y a du beau monde ici. Dit Cassie en se beurrant un toast.
_ A qui le dis tu. Et tu as ferré l'un des plus beaux poissons de la rivière. Répondit Tanya en me faisant un clin d'oeil.
_ Oh, ça n'a pas été bien difficile.
_ Vraiment ? » Demanda Jasper avec un léger sourire.
Cassier se tourna vers lui avec un rictus goguenard.
« Quelques verres, un beau sourire, un peu de peau et le tour était joué. »
Demetri, Jazz et Tanya éclatèrent de rire alors que Jane me poussait en marmonnant pour attraper le jus de kiwi au frigo.
« Elle, c'est Jane. La quasi femme du beau gosse taillé comme un Dieu sauvage que l'on a aperçu tout à l'heure avant qu'elle ne referme précipitamment la porte sur lui. » Fit Tanya sur un ton léger.
Jane se tourna brusquement vers elles, prête à dégainer, et Alec s'approcha de nous avant qu'elle n'ait eu le temps d'ouvrir la bouche.
« Et si on s'occupait de la musique avec Jasper, Tanya ? On les laisserait déjeuner tranquilles. »
La petite soeur de Lili lança un rapide regard à ma meilleure amie et haussa les épaules, un léger sourire aux lèvres. Elle avait toujours adoré faire sortir Jane de ses gonds. Et à cause de ses oestrogènes en plaine activité, c'était encore plus facile qu'avant.
« Excellente idée ! Je vais vous donner un coup de main. » Dit Cassie en finissant son bol.
Lorsqu'ils s'éloignèrent, Jane posa brusquement son verre de jus de kiwi à moitié plein sur le plan de travail et me lança un regard noir.
« Ne me dis pas qu'elle va passer le Nouvel An avec nous. Ça va être assez difficile avec Alec et la dépravée qui vont bientôt devoir ouvrir une centrale électrique tellement il y a de tension entre eux lorsqu'ils se regardent ou se parlent pour que tu en rajoutes une couche avec cette dévergondée. Ça fait des jours que je la supporte...
_ Trois. La coupai-je, impassible.
_ Techniquement quatre, mais là n'est pas la question. Je ne sais pourquoi tu fais ça, Edward, et je te préviens de suite, c'est une très, très, très, mauvaise idée.
_ Je ne vois pas de quoi tu parles.
_ Tu ne vois pas de quoi je parle ? Vraiment ? Et si je t'évoque une certaine personne que tu n'as pas vue depuis deux semaines et que tu as refusé de venir chercher avec moi, tu ne vois toujours pas de quoi je parle ?
_ Si tu parles de cette personne qui apparemment nous a ramené un clone de Jacob dans ses bagages, non, je ne vois pas de quoi tu parles. » Raillai-je, impassible.
Les yeux de ma meilleure amie se plissèrent. Elle essaya de me déstabiliser mais n'y arriva pas.
« La jalousie ne te fera pas gagner la moindre petite bataille et encore moins la guerre, Edward.
_ De quoi tu parles ? Je fais ma vie, elle fait la sienne, point barre. Tu croyais quoi ? Que j'allais rester célibataire toute ma vie ? Avoue que ça aurait été dommage. »
J'eus droit au plus beau regard noir dont elle était la spécialiste et me détournai pour regarder ce que faisait Cassidy. Elle semblait en pleine analyse de playlist du Nouvel An avec Tanya, tandis qu'Alec et Jasper réglaient les baffles aux quatre coins de l'appartement. Sentant mon regard sur elle, elle releva les yeux et me fit un clin d'œil auquel je répondis par un rictus.
« Affligeant. Marmonna Jane.
_ Que fait Jacob ? Ne me dis pas que tu l'as consigné dans sa chambre pour éviter d'offrir une belle vue à nos invitées. Raillai-je en espérant changer de sujet.
_ Il a du sommeil à rattraper avec le décalage horaire. Répondit-elle, sourcils froncés, rougissant un peu.
_ Pas toi ?
_ J'ai beaucoup de choses à faire. À commencer par choisir tes fringues. Lili a dit 'sobre mais très classe'. Ensuite, on doit mettre les cadeaux sous le sapin, bouger les meubles pour dégager l'espace, acheter les boissons, me reprendre des chocolats noirs à la fraise parce qu'ils étaient délicieux et qu'ils sont trop vite partis, et être rentrés pour 18 heures parce que tout le monde doit se préparer et qu'on ne met pas tous le même temps dans la salle de bains. Dit-elle en me lançant un regard appuyé.
_ Parle pour toi ! Hier, ton bain a duré une heure et demie !
_ Je lisais un article passionnant dans un magasine. Si tu savais toutes les manières qui existent pour se relaxer quand on est enceinte. Et des trucs auxquels on ne penserait pas forcément.
_ Hmm... Marmonnai-je.
_ Et je te préviens ! Pas de douche à deux avec ta dévergondée. On n'a pas le temps et tu vas m'éviter ce supplice une nouvelle fois. Elle crie vraiment trop fort je ne pensais pas que ta rancune envers Bella pourrait te pousser à agir de cette façon. Tu dois être vraiment amoureux à présent. » Dit-elle en saisissant une pomme verte dans le panier à fruits. « Et ne le nie pas, Edward. Parce que pour agir de façon aussi conne et puérile, il faut vraiment que tu sois accro. Je vous laisse en tête à tête, toi et ta conscience. Tu verras très rapidement que j'avais vu juste. »
oOo
« Jane ! C'est toi qui passe chercher Bella avec le pote de Jacob ? Elle me demande quand est-ce qu'on passe les prendre. »
Je regardai instinctivement vers mon meilleur ami, l'estomac noué, qui tenait dans sa main son portable.
« Je m'en occupe. Répondit mon colocataire.
_ Nous nous en occupons, dit Jane en appuyant sur le nous.
_ C'est à trois quarts d'heure d'ici. Tu vas te fatiguer pour rien.
_ N'insiste pas ou j'y vais toute seule.
_ Non, Jacob, ne l'énerve pas ! C'est mon plaisir personnel, ça ! » Dit Tanya.
On venait de passer plus d'une demie heure à déplacer les meubles dans tout le salon sous la supervision de Jane, et le moins que l'on pouvait dire, c'est qu'elle était à cran.
Elle était assise dans un fauteuil à côté de la baie vitrée, nous dictant ses ordres sur un ton militaire comme le ferait le plus grand décorateur d'intérieur du pays et regardait l'agencement des choses les sourcils froncés, enchaînant chocolats pralinés aux noisettes et jus de kiwi. Une main posée sur son ventre, tout le monde en prenait pour son grade depuis que Jacob s'était joint à nous et que Tanya et Cassie avaient été prises en flagrant délit de matage de fesses. Il avait fallu donner toutes les commandes des opérations pour calmer ma meilleure amie et une chose était sûre, jamais au grand jamais je ne travaillerais un jour pour elle.
« Tanya... Siffla Alec en lui jetant un regard lourd qu'elle fit mine de ne pas remarquer.
_ Bon moi, j'en ai ma claque. Je n'arrive pas à croire que je m'apprête à faire ça, mais j'abandonne. Je m'habille et je vais chercher Bella. Vous avez intérêt à ce que tout soit fait quand je rentrerai. Edward, tu diras à Demetri et Jasper qu'ils fassent attention aux boissons et qu'ils essayent de tout mettre au frais. Alec, si tu tiens vraiment à cette dépravée, je lui conseille de changer et très rapidement. Si elle ne veut pas que je m'énerve pour de bon ! S'écria Jane.
_ Dépravée ? Répéta Cassie, amusée.
_ Et Edward, bâillonne-la ! Ou bande lui les yeux ! Ou mieux ! Les deux à la fois ! Enchaîna ma meilleure amie, la voix montant dans les aigus.
_ Jane, calme-toi ! Lui dit son frère.
_ Mais oui, Jane. Tu sais bien que j'adore te taquiner. Fit Tanya.
_ Jacob, embarque-la ! » Dis-je à mon colocataire avant que ça ne dérape définitivement.
Fidèle à ses habitudes, mon colocataire alla prendre Jane dans ses bras avec un calme olympien et emporta en même temps les chocolats pralinés et la bouteille de kiwi alors que ma meilleure amie vociférait par dessus son épaule.
« Il ne me tarde pas d'être enceinte. Dit Cassie lorsque la porte se referma.
_ Moi, si ! La ventre rond, la libido décuplée, les envies de fraises à 4 h du mat', être aux petits soins de tout le monde. Avoue, c'est la grande classe. Répondit Tanya en se laissant tomber sur le canapé.
_ Ca dépend qui est le père. S'il est aussi sexy que Jacob, je signe de suite.
_ A qui le dis-tu ! Ce mec a vraiment un cul d'enfer !
_ Il n'y a pas que son cul qui est d'enfer. »
Tanya éclata de rire alors qu'Alec se dirigeait d'un pas lourd vers le bar américain.
Jetant un vague coup d'oeil vers les filles, je soupirai de résignation et le suivis. Apparemment, rien n'avait avancé entre ces deux-là, ce qui commençait sérieusement à me taper sur les nerfs.
« Ne me dis pas que tu es jaloux ? » Dis-je en m'asseyant à ses côtés.
Un léger sourire étira ses lèvres mais il ne répliqua pas.
Son mutisme avait un double sens : soit j'avais tout juste, soit j'avais tout faux.
« Qu'est-ce que tu attends ? Ne me dis pas que c'est encore à cause de... Bella ? »
Il se tourna vers moi en haussant les sourcils.
« Bella ? … Non. Non, c'est pas à cause d'elle. Je l'ai mise dans un coin de ma mémoire. Je crois même que je suis en phase terminale de guérison. Je ne pensais pas m'en soigner aussi vite. » Me dit-il.
Un nouveau silence s'installa durant lequel cette petite voix dans ma tête me soufflait que le moment était venu de lui parler d'elle. De lui parler de ce que cette fille, celle qu'il croyait que je haïssais et que j'aurais tellement voulu haïr, avait fait naître en moi en l'espace de seulement quelques semaines.
« On s'est embrassés.
_ Avec Bella ? » demandai-je un peu sèchement.
Il me lança un nouveau regard étonné durant lequel ses yeux ambrés me scrutèrent puis il se détourna en secouant légèrement la tête.
Mon estomac était tellement noué que j'en avais la nausée.
« Un jour, il faudra que tu m'expliques pourquoi tu la détestes autant. Je l'ai embrassée avant qu'elle parte, oui. C'était... Pour finir notre page en quelques sortes. Mais je te parle de Tanya. »
« Je l'ai embrassée avant qu'elle parte. »
Alors qu'elle était encore avec moi.
Alors qu'on n'avait pas encore rompu notre pacte.
Et elle s'était laissée faire.
Un venin que je ne connaissais que trop, surtout ces derniers temps, se répandit dans mes veines. Celui que je redoutais par dessus tout car il rendait littéralement dingue et que je l'étais déjà assez, et qu'avec la folie, il ajoutait la douleur et les suspicions.
La jalousie.
« Ça ne va pas ? S'enquit-il.
_ Quoi ? Fis-je d'une voix sourde.
_ T'es tout crispé.
_ C'est rien.
_ Ne me dis pas... Que tu as des vues sur elle ? »
J'eus un haut-le-cœur et écarquillai les yeux en le regardant ; il savait.
« Qui ? Demandai-je, le souffle court.
_ Tanya.
_ Non !
_ Ah. Parce que j'ai bien compris que tu te servais plus ou moins de cette fille... J'ai vriament eu peur que ce soit pour en rendre une autre jalouse.
_ Tanya ?... T'es dingue.
_ Ça m'étonnerait que ce soit Vic, encore moins Jess, alors... ma sœur ? Tu t'es rendu compte que t'étais amoureux de Jane ? »
Non. Je me suis rendu compte que je suis tombé amoureux de la seule fille que tu n'as pas citée.
« Lili ?
_ Eh ! C'est limite incestueux là ! » M'écriai-je. « J'en avais marre d'être célibataire depuis quelques temps, alors je suis sorti, je l'ai rencontrée, et... Voilà.
_ Un passe-temps ? Me demanda-t-il avec un rictus.
_ En quelques sorte, ouais.
_ Je te retrouve, enfin ! Tu sais que tu commençais à nous faire peur avec Jane. Enfermé dans tes bouquins à longueur de journée, on se demandait si tu n'allais pas prendre l'habit. »
Je lui lançai un regard noir et me penchai sur le bar pour attraper une canette de Coca.
« Alors vous vous êtes embrassés. Dis-je après avoir bu une gorgée.
_ Avec Tanya ? Oui. Hier soir. »
Avec Bella, aussi.
« Et c'est toujours au point mort ? Lui demandai-je en essayant d'étouffer la petite vois dans ma tête.
_ Je ne sais pas trop. Elle n'a pas réagi. C'était hier, quand on est rentrés de Central Park. Je lui ai demandé faussement enjoué ce qu'elle aurait voulu de ma part pour Noël et elle m'a répondu que je savais précisément la réponse. Mon sourire a disparu. Nos yeux ne se quittaient pas. Elle a soupiré, m'a saisi par le col de mon manteau et... On s'est embrassés. »
Je l'écoutai patiemment, les yeux dans le vide, en pensant amèrement à la même scène, dans d'autres circonstances, avec deux autres personnes. Elle et moi.
À ce moment-là, Jane et Jacob sortirent de leur chambre et traversèrent le salon sous les gloussements de Tanya et Cassie.
« On revient dans une heure. » Nous dit Jane en claquant la porte.
Quelques secondes plus tard, deux bras s'enroulèrent autour de ma taille et Cassie posa son torse sur mon épaule.
« On a une heure devant nous, alors. » Me murmura-t-elle en mordillant le lobe de mon oreille.
Je souris, me retournai et posai longuement ma bouche sur la sienne alors que ses doigts fins caressaient le creux de mes reins sous mon t-shirt.
« On va devoir se passer des préliminaires. Dit-elle avec un rictus.
_ Il n'y a pas de problème pour moi. »
Elle me fit descendre du tabouret, se colla contre mon torse et m'embrassa à son tour.
« Je te l'empreinte. Dit-elle à Alec.
_ Mais fais donc. On va aller... Faire un tour avec Tanya. »
Sans un mot de plus, je me laissai entraîner vers ma chambre après avoir allumé la chaîne murale.
Dès que la porte se referma, Cassie me poussa sur le lit et enleva son débardeur.
« J'ai bien vanté tes prouesses auprès de Tanya. Apparemment, elles s'apprécient avec Bella, donc elle le lui répétera. »
Elle vint s'asseoir à califourchon sur moi et m'ôta mon t-shirt.
« Que le spectacle commence... » Souffla-t-elle avant d'écraser sa bouche contre la mienne.
BELLA
Le bruit d'une sonnette lancinante me tira de mon état semi-comateux, et, grognant, j'émergeai du sommeil.
À côté de moi, Embry dormait toujours. Je lui lançai un regard blasé. Rien ne pouvait le réveiller, lui.
Essayant d'ignorer mon mal de crâne – officiellement dû à la fatigue, mais nul doute que l'appréhension de la soirée à venir n'aidait pas à le faire passer –, je me levai, et descendis ouvrir la porte et engueuler la personne qui ne lâchait pas la sonnette.
Sur les marches devant la maison où je logeais, je découvris Alice, qui me fit un immense sourire.
« Bella ! Je suis heureuse de te revoir ! »
Elle me sauta littéralement dans les bras, et je grimaçai.
« Mais c'est quoi cette tête ? T'es pas heureuse de me revoir ? Bouda-t-elle.
_ Si, Alice. Mais tu viens de me tirer d'un repos réparateur figure-toi.
_ Et j'ai bien fait ! Faut absolument que je te prépare pour la soirée. Franchement, t'as vu ta tête ? Tu fais peur. Heureusement, tata Alice est là.
_ Ouais... C'est ça, rentre, tata. »
Je lui ouvris plus grand la porte et refermai derrière elle. Me rendis dans la cuisine, me préparer une aspirine. Voire deux, j'avais comme l'impression que j'allais en avoir besoin.
Dans le même temps, Leah, qui elle ne souffrait pas du décalage horaire – quelle chance – rentra en coup de vent. Elle venait de faire un tour dans la ville.
Alice lui sauta dessus et la considéra gravement, jusqu'à ce que mon amie quileute mette les points sur les i en décrétant qu'elle avait déjà choisie sa tenue, que non, elle ne porterait pas de maquillage, et encore non, elle refusait les escarpins que pourrait lui prêter Alice.
La tornade brune oublia l'idée de formater Leah et monta directement dans ma chambre, et je la laissai faire, ne la prévenant même pas que je n'étais pas seule.
Je comptai mentalement les secondes.
Trois, deux, un...
« AAAAAAHHHHH ? Mais tu nous as ramené un mec, Bella ? »
Je soupirai.
« Rose ne t'a pas prévenue, Alice ?
_ Ben si mais je savais pas que vous étiez ensemble ! »
Elle redescendit en coup de vent et se planta devant moi, les mains sur les hanches, tapant du pied.
« Tu ne m'as rien dit !
_ Parce qu'il n'y a rien à dire. Répliquai-je, blasée.
_ Rien à dire ? T'as un mec tout droit tiré d'un magasine de mannequins body-buildés dans ton lit et t'as rien à dire ? »
Leah leva les yeux au ciel.
Ledit mec tiré d'un magasine de mannequins body-buildés descendit mes escaliers d'un pas lourd, fusilla Alice du regard et s'assit avec la grâce d'un éléphant à la table de la cuisine.
Je déposai le plateau de fruits, des gâteaux, du pain, du beurre et de la confiture devant lui.
Alice le détailla des pieds à la tête, nullement gênée par le fait qu'il ne portait qu'un caleçon.
« Salut. Moi c'est Alice. Tu comptes porter quoi ce soir au réveillon ?
_ Embry. J'ai un vieux baggy et un sweat ça ira ? »
Alice se figea, et écarquilla les yeux. Je lui tapai dans le dos pour la forcer à respirer.
« Pas troué, le baggy. Rajouta Embry.
_ Il plaisante, Alice. Modérai-je.
_ C'est pas drôle ! S'énerva-t-elle, le choc passé.
_ Fallait pas me tirer du lit.
_ Ça va, j'voulais pas vous déranger, les amoureux.
_ On n'est pas amoureux. » Grogna-t-on en même temps avec Embry.
Alice nous regarda avec suspicion, Leah commença à s'agacer.
« Vous étiez bien dans le même lit, non ? »
Je levai les yeux au ciel.
« Et on dormait. Ok ? Dor-mir, comme quand on est fatigués par un décalage de plusieurs heures.
_ Ok, ok ! Mais et cette nuit, vous allez bien partager le même lit ?
_ Non. Je dors dans la chambre d'Angela, qui dormira avec Ben. C'était juste pour la sieste. Ça te va ?
_ Oui, c'est bon. Quoique tu pourrais t'envoyer un peu en l'air avec lui, ça doit valoir le coup. » Chuchota Alice avec un clin d'œil.
Je levai les yeux au ciel tandis qu'Embry pouffait en avalant un biscuit. Il avait entendu, Alice n'ayant pas fait de réel effort pour être discrète.
« Tu devrais pas plutôt prendre du café toi ? » Lui demanda-t-elle.
Il la regarda en mâchant, avala, et répondit :
« Rien de mieux pour se réveiller qu'un bon repas.
_ Tu sais qu'il y aura à manger ce soir ?
_ T'inquiète. J'ai de la place. »
Leah et moi soupirâmes en songeant à quel point c'était vrai.
« Bon, Bella. T'avales ton aspirine et j'vais te préparer. D'ailleurs j'ai un cadeau pour toi.
_ Un cadeau ? Demandai-je en haussant un sourcil.
_ Yep. Et tu vas le porter ce soir. »
Je la regardai pensivement en buvant mon verre, puis je la suivis comme pour aller sur l'échafaud...
oOo
Il était près de 20 heures quand Alice quitta ma maison, pressée d'aller finir des croquis pour je ne savais plus trop quoi.
J'avais été très émue en découvrant son cadeau de Noël ; une sublime robe qu'elle m'avait confectionnée elle-même. J'avais été gênée, aussi ; je n'avais eu à lui offrir qu'un bijou assez simple que j'avais trouvé pour elle à Forks, alors qu'elle, avait dû passer des heures à me préparer mon cadeau. Mais elle avait assuré que ce n'était pas tant, et qu'elle adorait le bracelet que je lui avais offert.
Je me retournai à nouveau devant la glace, pensive.
La robe était noire, assez classique d'un premier coup d'œil mais d'une classe folle. Des bretelles froncées, un décolleté avantageux, elle formait aussi un triangle dans mon dos, traçant un chemin qui semblait mener à ma chute de reins ; elle moulait ma poitrine, se resserrait le long de ma taille et de mes hanches, et sa jupe était légèrement vaporeuse, s'arrêtant à mi-cuisses.
Alice avait fait un travail remarquable, elle méritait vraiment de devenir une grande styliste. Je ne savais même pas comment elle avait réussi à me faire un tel bijou sans prendre mes mesures. Quand je lui avais demandé, elle avait haussé les épaules en me disant qu'elle avait le compas dans l'œil et une mémoire photographique en ce qui concernait les mensurations des personnes.
J'étais émerveillée. Je trouvais pas mal la robe que j'avais acheté dans un magasin assez simple de vêtements à l'occasion du Noël et du jour de l'an, mais celle-ci était...
Juste incroyable.
Je mis avec un pendentif argenté, et laissai, sur les conseils d'Alice qui en avait parait-il débattu avec Rose, mes cheveux détachés sur mes épaules, après que la tornade brune en eut arrangé les boucles avec son matériel de coiffure. Je gardai à mon doigt la bague offerte par Leah et Seth et contemplai le léger maquillage que m'avait fait Alice. Juste une touche de fond de teint, très léger, un peu de fard argenté sur les paupières, et un trait de crayon noir pour souligner mes yeux, ainsi qu'une très discrète touche de rouge qui faisait paraître mes lèvres plus « pleines et désirables » pour citer le petit lutin.
Je songeai un instant que quoi qu'elle ait fait de moi ce soir, ça ne changerait rien. Mon cœur se déchira un peu.
Alec a trouvé quelqu'un d'autre. Edward aussi. Finalement on dirait que ça sera ça ma vie ; seule.
Je secouai la tête pour chasser mes pensées tristes, et croisai le regard d'Embry dans le miroir.
« Tu sais qu'il va se mordre les doigts d'avoir rompu votre pacte en te voyant, ce soir ? » Me dit-il.
J'eus un sourire amer.
« Tu parles. Il peut avoir n'importe quelle fille. Je suis certaine que je n'arriverai pas à la cheville de sa petite amie. »
Embry secoua la tête avec un petit sourire.
« Je crois que tu ne te vois pas telle que les autres te voient. » Dit-il, énigmatique.
Je haussai les épaules en attrapant mon portable.
'' A quelle heure on doit être chez ton ami ? '' Envoyai-je à Alec.
« T'es sûre que tu ne veux pas que je joue ton petit ami ? Me demanda Embry.
_ Ça servirait à rien, soupirai-je. Oublie cette idée. En plus, Alec trouverait ça bizarre, et on a dit à Alice qu'on n'était pas ensemble.
_ Ouais. C'est ok. Mais je te préviens que si l'autre te fait le moindre coup tordu, il va bouffer de mon poing. J'suis peut-être pas ton petit ami mais on ne touche pas à mes amis.
_ La violence ne résout rien, Embry.
_ Mais elle soulage sacrément. » rit-il.
Je ne pus m'empêcher de sourire en secouant la tête. Mon portable vibra.
« Les deux futurs parents vont venir te chercher. Les invités arrivent vers 21 heures. Et essaie d'appeler 'mon ami' par son prénom, aujourd'hui. Edward. Au cas où t'aurais oublié. C'est le dernier jour de l'année, faites pas la guerre ;-) » me répondit Alec.
J'eus un petit sourire amer. Si il savait que quelques semaines auparavant, je jouissais en gémissant le prénom de son ami, et qu'on avait plutôt fait l'amour que la guerre...
Mais c'était une période révolue. Maintenant, on allait à nouveau redevenir l'un pour l'autre « l'ami d'un ami », et nous entendre comme chien et chat...
Finalement, c'était peut-être pas plus mal.
Tout a une fin...
oOo
Quand on sonna à nouveau à la porte, j'étais en train de faire les cent pas dans ma chambre, sous les regards blasés d'Embry et Leah.
Je descendis en coup de vent, le ventre noué par l'appréhension, et allai ouvrir pour découvrir Jane et Jacob sur le seuil de la maison.
Jane me détailla avec un sourire satisfait.
« Parfaite. Tu es parfaite. Alice a fait du très bon boulot. J'en connais une qui va vite dégager et un qui va se mordre les doigts. »
Jake lui lança un regard inquisiteur mais Embry débarqua et le détailla.
« Toi aussi on t'a forcé au costard ? »
Mon meilleur ami haussa les épaules.
« Qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour sa femme.
_ Ouais ben moi j'ai pas de femme dans l'histoire.
_ Oui. Mais t'as fait la connaissance d'Alice. Impossible de lui dire non.
_ J'ai cru comprendre... »
Jane était en train de le détailler de son regard perçant. Elle ne rajouta rien, mais je supposais qu'elle était plutôt satisfaite qu'il soit là. Il paraissait que la nouvelle petite amie d'Edward avait un penchant pour le charme exotique de Jake. Elle devrait aussi beaucoup aimer Embry.
« C'est bien, c'est très bien. Et si on y allait ? Les autres nous attendent. »
Je soupirai, le ventre plus noué que jamais, et suivis Jane qui partait avec une démarche de guerrière.
oOo
Je soufflai un bon coup lorsqu'on s'arrêta tous cinq au pas de la porte d'Edward. Cet appartement dans lequel je n'avais mis les pieds qu'un nombre de fois se comptant sur les doigts d'une main.
Jake passa devant et ouvrit la porte, qui n'était visiblement pas fermée à clef, nous invitant à entrer dans un geste théâtral.
« Messieurs-dames, si vous voulez bien me faire l'honneur... »
Je laissai passer Jane devant, et fit mon entrée, la boule d'appréhension dans mon ventre se dénouant pour faire place à la résignation.
La première personne que je vis en entrant fut Tanya, qui me fit un large sourire en venant me serrer dans ses bras.
« Oh Bella, ça va ? Tu as passé de bonnes vacances à Forks ? Tiens, et tu es...
_ Leah. Je te présente Tanya? Bonnes vacances, oui... ça m'a pas fait de mal. Mentis-je.
_ Mais je vois que tu nous as ramené quelqu'un d'autre, ajouta-t-elle, son sourire s'agrandissant – si c'était possible.
_ Tanya, Embry, Embry, Tanya.
_ Enchantée Embry.
_ Mmh... De même.
_ Tu dois être un ami de Jacob ?
_ Est-ce ma couleur de peau qui te fait dire ça ? » Répliqua mon ami, mimant d'être outré par de soi-disant propos racistes.
Tanya rentra dans son jeu et haussa un sourcil.
« C'est vrai que votre côté peau rouge saute aux yeux.
_ Ça avait pas l'air de te gêner quand tu matais le cul de mon copain, cracha Jane, entraînant l'hilarité de Tanya.
_ Les filles... »
Je me retournai vers Alec, qui venait de faire son entrée dans la pièce.
Il me détailla, et me sourit en venant m'embrasser.
« Bella. Tu es magnifique.
_ Euh... Merci. T'es pas trop mal non plus.
_ Et moi ? » Geignit Demetri en débarquant derrière moi, les mains sur les hanches.
Je le détaillai, une main sur le cœur.
« Ce que tu es beau. Tu vas en faire tomber des cœurs.
_ Je sais. » Fit le grand brun avec une fausse pose de mannequin.
Embry ricana et siffla admirativement, s'attirant un regard écarquillé de Demetri.
« Hey, Embry. Ça fait un bail. Qu'est-ce que tu deviens ? Le salua Alec avant de passer à Leah, qu'il avait déjà revue à l'occasion de ma compétition d'escalade.
_ Ben tu vois, j'viens faire un tour à New York. La ville et moi, une grande histoire d'amour... »
Alec sourit, pas du tout dupe mais un peu surpris. Je savais qu'il se posait un certain nombre de questions sur la présence d'Embry dans la grosse pomme, et je sentais son regard perçant sur nous deux.
S'imaginait-il qu'Embry et moi...
Non, impossible. Il savait que j'avais grandi avec les Quileutes. Sortir avec l'un d'eux, ce serait presque de l'inceste.
« Au fait Bella, va poser tes affaires dans la chambre d'Edward. » me fit Jake en me prenant les cadeaux que j'avais acheté pour Tanya, ma cible de Noël, des mains.
Je me dirigeai vers la chambre, les autres s'asseyant dans le salon, le cœur un peu battant. Je supposais qu'Edward devait être parti faire une course ou chercher quelqu'un... Sa Cassidy, peut-être.
Je fus vite détrompée.
Je poussai la porte de la chambre sans avoir l'idée de frapper – quelle connerie.
À l'intérieur, une rouquine se retourna vers moi, la poitrine à l'air. Et je croisai rapidement le regard d'Edward à ma droite, à côté du lit, alors qu'il était en train de remettre son pantalon de costume.
Je pus presque sentir mon cœur s'arrêter, et je me figeai.
Je détournai rapidement le regard.
« Je ne fais que passer. »
Je jetai ma veste sur la chaise du bureau, sans faire un pas dans la chambre, et ressortis en claquant la porte derrière moi, me précipitant dans le salon.
Jane me regarda entrer avec un air surpris, puis dû remarquer mon visage plus blanc qu'un linge parce que soudain son regard se fit assassin.
« Je vais le tuer. Siffla-t-elle.
_ Qui ? S'étonna son frère.
_ Ton meilleur ami ! Je parie qu'il est encore au pieu avec sa connasse ! Hurla la future mère.
_ Raté. » Fit une voix veloutée. « Bonsoir... Bella, je suppose ? »
Je me retournai vers la rouquine qui venait de faire son apparition, suivie d'un Edward qui arborait un sourire fier. Voire même arrogant.
Je me détournai rapidement de son visage, sentant malgré tout son regard sur mon corps, et fis mine de me concentrer sur sa... Nouvelle amie.
« Exact. Et tu es... ?
_ Cassidy. Mais tu peux m'appeler Cassie.
_ Hin hin.
_ On s'est déjà vues. Au bar, le Strawberry café.
_ Oh oui. Désolée, je ne me souviens pas trop de cette soirée.
_ Si je me souviens bien, en effet, tu n'étais pas très fraîche.
_ Tu peux dire les choses telles qu'elles sont. J'étais déchirée. »
Le soir où j'avais, dans les limbes de l'alcool, allumé Edward dans sa cuisine, soi-disant sous prétexte de vérifier son hétérosexualité. En réalité plutôt pour l'emmerder. J'avais réussi, au passage, et ce souvenir me serra le cœur.
« Comment va Tyler ? Ce mec à qui tu avais roulé un patin monumental ce soir-là ? Enchaîna-t-elle.
_ Il cherche encore ses couilles depuis la dernière fois qu'il a essayé de me rendre ce patin. »
Elle éclata de rire, à l'instar de Demetri qui m'assena une grande claque dans le dos.
« Sacrée Bella. »
Alec sourit, quoique se demandant de quoi on parlait.
« On l'a bien dressée avec Emmett, qu'est-ce que tu crois. Rit Jake, se récoltant une gifle derrière le crâne de la part de Jane.
_ Tu peux bien jouer les machos tiens. Je parie que c'est ta petite femme qui porte la culotte entre vous. » Ricana Jasper en nous rejoignant.
Il vint vers moi et m'embrassa.
« Salut, Bella. Tu vas bien ?
_ Oui et toi ?
_ Des heures que je suis ici, à supporter les ordres et la mauvaise humeur de Jane, les pitreries de Demetri, les échanges entre Tanya et Cassie à propos du beau cul musclé de Jacob.
_ Et Alice qui n'est même pas là. Compatis-je.
_ J'aime avoir quelqu'un qui me comprend. »
Je lui tapotai l'épaule, Jane levant les yeux au ciel.
« J'ai pas été si horrible.
_ Non... » Grogna Alec, blasé.
Embry posa son bras sur mon épaule, et je me calai contre lui, croisant un bref instant le regard incendiaire d'Edward.
Tiens, il fait moins l'arrogant...
« Et si tu me présentais à tout le monde, Bella ? Fit mon ami, nonchalant, fixant Edward.
_ Hum, Alors tu connais Alec et sa sœur Jane, voici Jasper. C'est le petit ami de la fille qui est venue jouer à la poupée avec moi tout à l'heure. Tanya est la sœur de cette fille. Demetri, un ami d'Alec. Cassidy, dont je viens de faire la connaissance, et Edward. Le meilleur pote d'Alec. Vous tous, je vous présente aussi Leah – pour ceux qui ne la connaissent pas.
_ Ok... Je vois... » commenta simplement Embry.
Je me raclai la gorge, un peu mal à l'aise. Edward nous lança simplement un regard froid, et se détourna pour se diriger vers sa salle de bains, dont il referma sèchement la porte.
« Bon, vous voulez boire quelque chose ? Proposa Jacob.
_ Ouais. Allez, tout le monde au salon ! » Beugla Demetri.
Nous nous y dirigeâmes, et je m'assis sur le canapé avec Embry.
Cassie se posa à mon autre côté et se tourna vers moi, tout sourire.
« Dis-moi, il est drôlement sexy ton mec. » Lâcha-t-elle en matant Embry sans vergogne.
Ce dernier ricana et je lui donnai un coup dans le ventre. J'entendis de ma place Jane fulminer. Elle semblait détester la nouvelle amie d'Edward à un point qui n'était même pas envisageable.
« Embry et moi ne sommes pas ensemble. Fis-je, un peu gênée.
_ C'est vrai ? Tu dois préférer les yeux verts. » fit-elle avec un clin d'œil.
Mon estomac se retourna, et je lui lançai un regard glacial.
« Ça, ça m'est vite passé. Répliquai-je d'une voix basse.
_ Comment peut-on se passer de ces mains... Et cette bouche... Et sa langue ! J'en frissonne encore ! » Murmura-t-elle.
Je me raidis, ne la quittant pas des yeux, cherchant à comprendre.
Edward lui aurait donc dit, pour lui et moi ?
Mais que lui avait-il dit exactement ?
Que croyait-elle qu'il y ait entre lui et moi ?
Pensait-elle... Savait-elle, que j'éprouvais des sentiments pour lui ?
Cherchait-elle donc à me blesser, elle aussi ? Il l'avait bien trouvée, rien à redire.
Je lui lançai un sourire froid.
« Ne t'inquiète pas. On le peut. » Fis-je.
Elle me renvoya un sourire chaleureux, me mettant sur mes gardes.
Que cherche-t-elle à la fin ?
« J'avoue qu'entre un de ces deux-là » commença-t-elle en me désignant Jacob et Embry « Et lui, mon cœur balance. Les trois en même temps, ça doit être le pied. »
Je lançai un regard à Jane, et souris, goguenarde.
« A tes risques et périls. »
Elle regarda Jane à son tour.
« Je peux partager si elle me les laisse une petite nuit. »
Elle se pencha sur moi.
« Je suis sûr qu'Edward serait d'accord. » ajouta-t-elle dans un murmure.
Je tressaillis, et me tournai vers elle.
« Écoute, je sais pas ce que t'as avec lui, mais évite d'en parler avec moi, ok ? Ça fait environ quatre mois qu'on se connait, et quatre mois moins deux minutes qu'on se déteste. »
Elle me sourit.
« C'est ce qu'il y a d'excitant.
_ Ouais. Et de lassant, aussi. Répliquai-je.
_ Ne me dis pas qu'il ne te plait pas. »
Je haussai les épaules.
« Si tu ne veux pas que je te le dise...
_ Je ne te croirai pas. Il suffit de voir comment tu as réagi en entrant dans la chambre tout à l'heure. Désolée au fait. Il ne voulait pas remettre le couvert, c'est moi qui ai insisté. »
Il ne s'est pas fait prier, je suppose. Songeai-je, le cœur déchiré.
« Ouais. Fais-toi plaisir. Ça ne me concerne en rien.
_ Au contraire, ça te concerne au premier plan.
_ Sûrement pas. » Fis-je avec un regard froid. « Il y a des choses qui ne changeront jamais.
_ Et tes sentiments pour lui en font partie. » Répliqua-t-elle.
Elle se leva, m'empêchant de répondre.
« Je te laisse. Une douche à prendre. Heureuse de te connaître. »
Elle se dirigea vers la salle de bains, où, bien sûr, Edward se trouvait encore.
Bien sûr...
oOo
Au bout d'une demi-heure, nous vîmes débarquer Alice et Rosalie à l'appartement, suivies de près par Jess et Victoria.
La sœur d'Edward vint me serrer dans ses bras, jetant un regard satisfait à ma tenue.
« Désolée. Une urgence à l'hôpital. Heureusement, toute l'équipe n'était pas utile, j'ai pu me libérer.
_ Ravie que tu passes la soirée avec nous. Souris-je.
_ Je n'aurais pour rien au monde manqué notre passage à la caserne des pompiers. » Fit-elle avec un clin d'œil.
Je souris. En effet, mon frère étant de garde pour le réveillon du nouvel an, nous avions prévu d'aller lui rendre visite à la caserne vers une ou deux heures du matin.
« Et si on passait à table ? Hurla Demetri.
_ Fais pas chier ! Lui répondit Rosalie.
_ Ben quoi ? J'ai faim, moi, bougonna-t-il.
_ Oui mais nous on vient seulement d'arriver, intervint Victoria.
_ Les retardataires ont toujours tort.
_ C'est pas ça le dicton normalement ? S'inquiéta Jessica en fronçant pensivement les sourcils.
_ Les fornicateurs ! Sortez de cette salle de bains ! » Trancha Jacob en hurlant.
Deux minutes plus tard, Edward et son amie réapparurent, et je me renfermai.
Embry sentit le changement, et, s'asseyant à table à côté de moi,il posa une main sur mon genou.
Je tournai la tête vers lui, et lui adressai un petit sourire, auquel il répondit par une pression sur ma peau.
Différents plats avaient été livrés par un traiteur ; nous commençâmes par un apéritif, mais je choisis de boire peu – pourtant, l'ivresse m'aurait peut-être fait oublier la douleur dans mes entrailles – et nous passâmes assez rapidement aux entrées froides – c'était ça de dîner à la table d'Embry, Jacob et Demetri. Et encore, il n'y avait pas Emmett.
Alice et Rosalie discutèrent, enthousiastes, bébé et petite famille avec Jane et Jacob. Demetri rit grassement avec Jasper et Alec. Tanya et Cassie semblaient s'entendre comme larrons en foire et j'évitai de me mêler à leur conversation malgré quelques tentatives infructueuses de Tanya de m'y intégrer. Victoria et Jessica discutaient de je ne savais trop quoi avec une Leah qui n'avait pas l'air dans son élément.
Je pouvais parfois sentir le regard d'Edward peser sur moi. Mais je me contentais de l'éviter soigneusement, m'enfermant dans une bulle protectrice avec Embry qui, tour à tour, jouait avec mes cheveux, glissait une main sur mes épaules, me faisait rire.
Essayait de me faire oublier la présence de l'autre à à peine quelques mètres. Peine perdue. Et je voyais bien que mon ami fulminait intérieurement.
Pour le peu que je vis, Edward ne lâcha pas Cassie.
Il se penchait régulièrement sur elle pour mordiller son oreille.
Elle passait sa main sur sa taille et quémandait un baiser.
Il lui souriait en la caressant.
Elle passait sa main sous la table en lui adressant un regard coquin.
Et à chaque fois que malencontreusement, mon regard se portait dans leur direction et remarquait ce genre de gestes, mon cœur se déchirait un peu plus, et la jalousie mêlée au regret me rongeait.
Je m'étais laissée avoir par lui. Je ne m'étais pas méfiée, me pensant trop amoureuse d'Alec, mais finalement, j'avais réussi à m'attacher à Edward... J'ignorais à quel point, mais en tous cas assez pour souffrir de ne pas être celle avec qui il aurait choisi de sortir.
Vint le moment des desserts, et la douleur se fit beaucoup trop intense au moment où Cassie éclata de rire à une chose que venait de lui glisser Edward dans l'oreille.
Je me levai, et m'excusai, prétextant devoir me rafraîchir.
Je me dirigeai vers la salle de bains et bifurquai dans la chambre de Jacob, refermant derrière moi et m'asseyant sur le lit avec un soupir.
oOo
Je sursautai et me relevai en entendant la porte de la chambre s'ouvrir.
Croisai brièvement un regard vert qui fit automatiquement s'accélérer mon cœur.
Edward était entré, et était en train de refermer la porte à clef. Je ne voyais plus que son dos, ses cheveux emmêlés, son corps frémissant. Il prit la clef, la mit dans la poche arrière de son jean sous mon regard ébahi, et se retourna vers moi, le regard brûlant.
Je repris contact avec la réalité.
« Ouvre cette porte. Grondai-je, menaçante.
_ Pourquoi ? T'es en manque ? Il t'a pas assez tripotée durant la soirée ? »
Je le considérai avec un mélange de stupeur et de colère.
De quoi parlait-il ? Il s'était vu, avec sa Cassie ?
« Pardon ? Et qu'est-ce qu'on devrait dire de toi, hein ? »
Il frissonna, et me sourit.
« Oh, mais oui. Je suis en manque. T'imagines même pas à quel point. » Répliqua-t-il d'une voix sourde, me dévorant des yeux.
Son regard me désarçonna, et je frissonnai à nouveau ; puis me rappelai pourquoi je lui en voulais.
C'était un cauchemar, hein ? Il y avait quelques minutes, il était encore en train de s'afficher avec sa copine, et là, il venait de s'enfermer avec moi, m'adressant ses regards...
Bouillants.
« Ben va rejoindre ta Cassie, dans ce cas. » lançai-je avec hargne.
Il s'approcha lentement de moi, saisit mon poignet avant que j'aie pu bouger et me retira du doigt l'anneau que Leah et Seth m'avaient offert à Noël, le balançant à travers la pièce ; le tout sans me quitter des yeux une seconde.
Son regard brûlant me faisait le désirer autant que le haïr, et je m'en voulais pour ça.
Il me bloqua soudain contre lui, et aplatit sa bouche contre la mienne, forçant de sa langue le passage de mes lèvres, me donnant un baiser violent et exigent.
Je tressaillis, le repoussai, et levai une main pour le gifler.
Ma paume entra en contact avec sa joue.
Le bruit me parut résonner dans la chambre, entre nous.
Un silence plana quelques instants, pendant lequel je lui rendais son regard avec toute la rage que j'éprouvais envers lui, puis je me détournai pour aller récupérer ma bague et la passer à mon doigt.
Il me suivit du regard, un air amer sur les traits. Il bougea, et me reprit contre lui malgré ma résistance avant de se pencher à mon oreille.
« Vas-y Bella, sois violente. Montre-moi si tu crèves autant que moi de jalousie. » Me murmura-t-il d'une voix rauque, déclenchant une série de frissons sur ma peau, et faisant descendre le désir le long de ma colonne vertébrale.
Je m'immobilisai soudain.
Il caressait la partie de mon dos dénudé, et ce fut d'une voix étranglée que je répliquai :
« Arrête. T'as pas le droit de faire ça. T'as plus le droit de me toucher. »
Il eut un sourire amer et me colla carrément contre lui en me caressant toujours.
« Le droit de quoi ? De te toucher ? De t'embrasser ? D'être jaloux ? Je l'ai jamais eu.
_ Si, tu l'aurais pu ! J'étais prête à tout accepter, Edward, et ne me dis pas que je te l'ai caché. Je t'ai dit clairement que j'aurais voulu sortir avec toi. Tu as refusé, ça s'arrête là ! » m'énervai-je en cherchant à me défaire de son étreinte.
Il me lança un regard dur.
« Tu voulais tellement sortir avec moi que tu ramènes un autre mec et que tu le laisses te tripoter sous mes yeux. Au fait. J'espère que ma salle de bains était assez spacieuse. » Siffla-t-il.
Je me raidis. Mais de quoi parlait-il ? Il croyait réellement que je sortais avec Embry ? Alors qu'on ne s'était pas caressés, embrassés, ni... rien ?
J'avais dit clairement à tout le monde ce qu'il en était.
Mais bien sûr, il faut toujours qu'il arrange les choses à sa façon, songeai-je avec amertume.
« Tu ne sais pas de quoi tu parles ! Lui, me tripoter ? Tu déformes tout, alors arrête ! Ce n'est pas moi qui aie couché avec une autre, alors ne me mets pas cette faute sur le dos, tu es l'unique à avoir tout cassé ! Criai-je, très en colère.
_ Cassé quoi Bella ? Je suis le seul à avoir avoué que la situation m'échappait. Le seul à vouloir lui rentrer dedans pour être si proche de toi ! Le seul à parler clairement de jalousie !
_ Cassé notre pacte ! Cassé la chance que je t'offrais d'aller plus loin ! Et à m'avoir cassée, moi, par la même occasion ! Parce que qu'est-ce que tu crois ? Que ça m'a été facile de parler de sortir avec toi si tôt après ma rupture avec Alec ? Maintenant, laisse-moi partir, je ne veux plus rien avoir à faire avec toi ! »
Il garda un instant le silence.
J'en avais trop dit. Mais j'étais trop fatiguée, et trop blessée pour le regretter.
Je voulais qu'il souffre de m'avoir laissée. Je voulais qu'il regrette durement ses actions, au moins autant que moi je regrettais de m'être laissée aller à éprouver des semblants de sentiments pour lui.
« Tu me fais quoi, là, Bella ? Une déclaration ?
_ Lâche-moi. Répondis-je simplement.
_ Réponds-moi. » Fit-il, la gorge visiblement sèche.
Sa main droite descendit lentement le long de mon corps, et arriva jusqu'à l'ourlet de ma robe. Je ne pus me résoudre à faire un mouvement jusqu'à ce qu'elle glisse dessous, se posant sur ma peau frémissante. Je me débattis violemment, sans pouvoir me libérer de son étreinte.
« Le simple fait de te parler de sortir avec toi en était une ! Tu as fait ton choix, alors ne me touche plus !
_ Pourquoi ? C'est toi que je veux et tu le sais très bien. » Insista-t-il d'une voix rauque.
Je me calmai entre ses bras, et lui lançai un regard intense.
Ses mots me pénétrèrent, me laissant un arrière goût de regret, toujours, mais aussi de fierté.
Je levai lentement ma main droite, et l'approchai de ses cheveux – ces cheveux dont la couleur, l'aspect désordonné, et le toucher m'avaient manqué -. doucement, presque timidement, je glissai mes doigts dedans, appréciant de nouveau la façon dont ils caressaient ma peau.
Comme mue par une force d'attraction plus puissante que ma haine, je rapprochai lentement ma bouche de la sienne, puis je me collai à lui en passant ma main dans son dos, et commençai à frotter nos bassins en gémissant son prénom. Son étreinte se resserra autour de moi et nos nez se frôlèrent, me donnant envie de plus – tellement plus. Et ce maudit lit qui nous tendait les bras...
Nos lèvres s'attrapèrent, fusionnèrent, s'attisèrent, et je l'embrassai doucement mais profondément, savourant cette sensation qui m'avait tellement – malgré moi – manquée. Je glissai une main sur son érection, réprimant à grand peine un grognement de désir. Je le frottai un peu tout en l'embrassant toujours, et, soudain...
Je me reculai, tenant dans ma main la clé qu'il avait rangée dans sa poche arrière. Il n'avait pas senti le moment où je la lui avais reprise...
Trop surpris, il ne me retint pas quand je me dégageai de ses bras et me dirigeai vers la porte pour la déverrouiller.
Mais, avant de sortir, je me retournai une dernière fois vers lui.
« T'aurais pu m'avoir. Je t'aurais laissé tout prendre. Mais tu l'as choisie, elle. »
Je lui lançai un regard de haut en bas, et rajoutai :
« Elle devrait pouvoir faire quelque chose pour ton érection. Bye, Edward. »
Je me retournai, ouvris la porte et sortis rejoindre les autres.
oOo
Je sortis de la chambre de Jacob, le cœur ayant retrouvé une cadence à peu près régulière.
Finalement, j'étais plutôt fière de la manière de laquelle j'avais tenu tête à Edward, sans céder à ses regards intenses et à ses gestes brûlants. Sans céder au désir et à l'envie qui me consumaient, une envie qui n'avait, je ne pouvais plus le nier, pas qu'une composante sexuelle... Mais également sentimentale.
J'avais envie de lui. J'avais envie de son étreinte autour de moi. J'avais envie de pouvoir dormir dans ses bras. Tout le temps. J'avais envie de me promener avec lui, main dans la main.
J'aurais eu envie que ça marche.
Et des émotions qui fourmillaient dans mon ventre, réchauffaient mon cœur et me rendaient heureuse encore quand je l'avais quitté, le matin où j'avais pris l'avion pour Forks, tendaient à me laisser penser que finalement, je m'étais peut-être trompée en pensant qu'Alec serait toujours le seul homme de ma vie.
Et pourtant, il n'y avait aujourd'hui plus rien.
Je secouai la tête, rongée par la douleur.
Toujours était-il que je n'avais pas failli à mes résolutions.
Pas encore...
Je tombai sur Alec, qui sortait de la salle de bains.
Il leva les yeux sur moi.
Fronça les sourcils.
« Tu vas bien ? »
Je hochai rapidement la tête.
« Tu ne sais pas où est Edward ? Il a disparu. Toi aussi, d'ailleurs.
_ Hum… Non, j'en ai aucune idée. Je sors de la chambre de Jake. » fis-je, entraînant mon ex pour qu'il ne soit pas dans les parages quand Edward quitterait cette même chambre à son tour.
Manquerait plus que ça.
Alec tiqua, et je me raidis un peu.
« Tu… »
Il fronça à nouveau les sourcils, et détourna le regard, se passa la main dans les cheveux.
« C'est marrant. » fit-il avec un bref sourire un peu nerveux. « C'est vrai que ça a pas l'air d'être l'amour fou, mais vous semblez vous entendre mieux depuis que… on n'est plus ensemble… toi et moi… Enfin, vous ne vous engueulez plus comme avant. » finit-il d'une voix basse.
Je t'ai connu plus clairvoyant, Alec…
Quoique maintenant, on va en revenir à notre haine d'avant.
Je déglutis.
« Ben… On a fini par s'habituer… l'un à l'autre. »
Ô combien, en effet… Mais seulement jusqu'au point de rupture.
Il fallait que j'arrête d'avoir ce genre de pensées. Alec allait finir par se rendre compte de quelque chose, où j'allais faire un lapsus.
« Oh… Je vois. »
Non, tu ne vois pas…
Depuis quand c'était ainsi ?
Depuis quand je pensais à Edward quand je parlais à Alec ?
Je n'étais pas certaine d'avoir envie de m'attarder sur ce genre de questions.
C'est fini.
C'était ce que je lui avais dit.
Cette pensée me fit frémir, et je me détournai d'Alec, incapable de le regarder en face après tout ce que nous avions partagé avec son meilleur ami, sans lui en parler.
Depuis quand je me sentais coupable ?
Nous n'avions rien fait de mal. Et je ne disais pas ça que dans le but de me convaincre.
Je décidais de me vider tout ça de la tête, et rejoignis les autres au salon, accompagnée d'Alec.
Jake et Edward arrivèrent derrière nous.
Je me laissai tomber sur le canapé, entre Leah et Tanya. Cassie n'était pas loin, mais au point où j'en étais, maintenant que tout était clair entre Edward et moi, je ne m'en souciais plus.
Celle-ci passa un bras lascif autour de mes épaules et posa sa tête sur mon épaule. Presque instinctivement, je posai ma joue sur ses cheveux.
« J'ai un coup de barre, soupira-t-elle.
_ Petite joueuse. » souris-je.
Elle se redressa pour me tirer la langue, et se réinstalla sur mon épaule. Je ris ; c'était fou ce qu'elle ressemblait à Alice, par certains côtés.
Je croisai le regard intense d'Alec, et frissonnai un peu, m'éloignant soudain de Tanya.
Je préférais ne pas savoir ce qui venait de passer dans la tête de mon ex.
Mon ex.
« Ça va ? » Me chuchota soudain Tanya à l'oreille, trop bas pour qu'un autre que moi entende.
Je lui lançai un regard, et ce que je vis dans le sien me fit mal.
Elle savait. Elle sentait à quel point j'étais devenue... accro à Edward, et elle devait savoir mieux que personne ce que je ressentais à le voir s'amuser avec Cassie.
Elle l'avait vécu avec Alec... Et moi.
Je baissai le regard, la douleur me tenaillant toujours.
« Ouais. On fait avec, hein ?
_ Parfois les choses s'arrangent. » souffla-t-elle en me pressant le genou.
Puis elle se remit à parler plus fort.
« Alors Belli-Bello. Et si tu me parlais de ces putain de beaux gosses de la réserve indienne ?
_ Qui t'a appris ce surnom ? Bougonnai-je.
_ C'est pas le sujet.
_ C'est Emmett, hein ? C'est ça ? »
Elle rit en secouant la tête. Et Embry nous rejoignit.
Soudain Edward passa devant Tanya et moi, tenant sa... Cassie serrée contre lui.
Chouette. Il en a rien à foutre de ce qu'on s'est dit. Songeai-je.
« L'heureux couple de cette fin d'année... » lança Tanya.
J'eus un sourire ironique.
Douloureux.
« Une de plus à la liste... Quoique toi, il ne te cache pas... Cassie. T'as peut-être une chance de rester. »
Edward se retourna vers nous et me lança un regard mauvais.
« Pourquoi la cacher alors qu'elle au moins est honnête avec moi ? »
Je tressaillis. J'avais l'impression que cette pique m'était destinée ; mais alors là, j'espérais qu'Edward avait une sacrément bonne raison de sortir ce genre de choses.
Je pris le parti de soutenir tranquillement son regard.
« Si seulement t'étais du genre à lui rendre la pareille... »
Il m'envoya un sourire froid.
« Moi, au moins, je n'embrasse pas mon ex alors que je suis avec un autre. »
Je fronçai les sourcils, cherchant à quoi il faisait référence. Visiblement, ça me concernait.
Quelle était la dernière fois où j'avais embrassé Alec ?
À l'hôpital. Après l'avoir croisé dans la chambre de Tanya.
J'eus un sourire et acquiesçai.
« Je vois... D'une, c'est pas moi qui ai fait le geste. Mais admettons. »
Je plantai mon regard froid dans le sien.
« De deux, j'aurais été avec quelqu'un depuis Alec, ça se serait su. »
Ma voix avait claqué sèchement, et j'en étais plutôt fière.
« Pourquoi prends-tu la remarque pour toi ? Tu as quelque chose à te reprocher ? » fit Edward.
Il resserra sa main sur la hanche de sa rousse.
« Ton regard est si parlant. Si tu fait référence au fait qu'Alec et moi nous sommes embrassés pendant que j'en fréquentais un autre de la fac, va pas raconter que je l'ai trompé. Il se foutait de moi. »
Je le regardai calmement.
« Mais je suppose que tu t'en moques. » Ajoutai-je.
Tanya s'était redressée vivement. Je la regardai.
« On a le droit de savoir de quoi il parle ? »
Je rougis, gênée.
« C'était qu'un baiser d'adieu. Répliquai-je en référence à Alec.
_ M'en fous de ça ! C'est qui l'autre mec de la fac ? » S'enthousiasma-t-elle en me secouant le bras.
Oups.
« Ah ! » Fis-je. « Oh, rien qu'un opportuniste incapable d'assumer quoique ce soit. Répondis-je avec un sourire faussement poli.
_ Et que tu as pris pour un con souligne le bien. » Enchaîna Edward. « Regarde-toi avant de critiquer les autres : Alec, 'l'opportuniste' – il mima les guillemets avec ses doigts – et le pote de Jacob. Qui sait si tu t'es pas tapé Crowley dans la douche. »
Il puait la jalousie, et au lieu de m'en sentir flattée – bien que quelque part je l'étais -, je me sentis rabaissée et... Blessée.
Comment pouvait-il me traiter ainsi ? Je le considérai avec dégoût.
« Sincèrement tu me fais pitié. Tu devrais te renseigner avant de faire des allégations de ce genre.
_ Oh ma chère, pardonnez mon indélicatesse. Mais je ne fais que suivre votre si parfait exemple et juge sans savoir. N'est-ce pas ce que tu fais de mieux... Izzie ?
_ Bien sûr... Il est vrai que de nous deux je dois incontestablement être celle qui a collectionné le plus de conquêtes. Oh, juste une seconde. »
Je me tournai vers Embry, qui discutait avec Alec.
« Hé, Embry. Est-ce qu'on a couché ensemble ? »
Le silence tomba dans le salon, alors que tout le monde – Alec le premier – me regardait étrangement.
Demetri haussa les sourcils suggestivement, et Jazz me regarda neutrement. À côté de moi, Tanya se retint de pouffer pour ne pas briser le silence qui s'était installé.
Embry reporta son regard sur Edward, puis me regarda à nouveau.
« Non. Pas encore, du moins. » répondit-il.
Je me retournai et souris froidement à Edward.
« Pas encore du moins... » répéta Edward dans un murmure amer.
Il avait l'air si blessé que mon cœur se déchira.
Je frissonnai mais décidai de porter le coup de grâce.
« Et pour terminer, je ne pense pas être celle qui d'emblée a déclaré la guerre à l'autre, le jour de notre rencontre. Sans se connaître. Et je ne pense pas me tromper en pensant que tu n'as rien à foutre de la plupart des filles passant dans ton lit. Définitivement, va pas me mettre tes défauts sur le dos.
_ Pour avoir quelque chose à foutre d'une fille, il faut qu'il en soit de même pour elle vis-à-vis de moi. C'est une chose que... Mon dernier coup d'un soir n'a pas compris. Et c'est pour ça que je suis passé à autre chose. »
Coup d'un soir.
Passé à autre chose.
Une bile d'amertume me monta à la gorge et mon ventre se tordit douloureusement ; mais je réussis par je ne sais quelle force à retenir les larmes de monter à mes yeux et à me lever du canapé pour m'approcher d'Edward – très près, qu'il soit le seul à entendre ce que j'avais à lui dire.
« C'est vrai qu'elle ne devait en avoir rien à foutre de toi pour te dire qu'elle sortirait volontiers avec toi. »
Puis je me reculai et le regardai droit dans les yeux. Je repris d'une voix plus forte.
« Mais si t'es passé à autre chose, c'est bien Eddie. Tâche de la garder celle-là. »
Et je rajoutai, dans un murmure audible de lui seul : « Puisque elle, tu l'assumes et sors avec. »
Je le contournai, et allai m'enfermer dans la salle de bains pour ne pas craquer face aux autres.
J'ouvris le robinet d'eau froide et m'aspergeai le visage, essayant de refroidir mes joues et mes yeux brûlants ; mais la porte s'ouvrit avec fracas, et je relevai les yeux.
Dans le miroir, je vis Edward entrer, se retourner, fermer la porte de la salle de bains – putain, pourquoi ne l'avais-je pas fait ? - et me faire face à nouveau.
Mon cœur doubla de rythme alors qu'il s'approchait de moi à grandes enjambées, m'attrapait par la taille, me plaquait contre le mur le plus proche et posait ses lèvres sur les miennes, forçant de sa langue le passage dans ma bouche.
Pour la deuxième fois de la soirée, je le giflai.
Sans lui laisser le temps de réagir, je le contournai dans l'espoir de ressortir mais il me retint et me prit contre lui.
« Tu crois vraiment que ça va m'arrêter ? Tu me connais mal.
_ 'C'était qu'un coup d'un soir', 'je suis passé à autre chose'. Ta copine t'attend, Eddie ! Répliquai-je, sarcastique et amère.
_ Que ne dirait-on pas pour faire mal à l'autre. Tu veux faire quoi après ? Aller te consoler dans les bras de ton si dévoué ami ? »
Il plaqua une main contre mes reins et son regard m'incendia ; brûlant de désir et amertume mêlés.
« T'as gagné. T'es heureux ? Tu m'as fait mal. D'abord en me repoussant quand on commençait à parler de sortie. Puis en me balançant avec fierté ta toute nouvelle relation. En cherchant à me culpabiliser. En me rabaissant devant les autres. Et enfin en continuant à jouer avec moi à une porte de ta Cassie. Tu bats des records. Tu peux être fier. »
Les larmes aux yeux, je voulus le repousser violemment, mais il me retint contre lui.
« Et moi ? Tu crois pas que j'ai mal en voyant que t'as ramené un mec dans tes bagages ? Quand j'ai appris que t'avais embrassé Alec alors que t'étais censée être avec moi ? Éructa-t-il avec un mélange de colère et de douleur.
_ J'ai jamais été censée être avec toi justement ! Et ça, ça a toujours été important pour toi ! Il aurait surtout pas fallu que ton ami soit au courant ! répliquai-je avec amertume.
_ En quoi ça aurait changé quelque chose ? Tu voulais quoi ? Que je choisisse entre vous deux ? Pour ça il aurait fallu que tu sois amoureuse de moi et on sait très bien toi et moi que ça n'était pas le cas. »
Je le regardai avec dégoût.
« Bien sûr. Tu ne fais même pas confiance à ton meilleur ami. Bravo. Si c'est foutu d'avance entre nous deux, pourquoi tu ne me lâches pas ? »
Il eut un sourire amer et laissa un silence avant de répondre.
« Parce que j'ai pas envie de te lâcher. »
Je le repoussai plus violemment et réussis à sortir de son étreinte. Je me reculai d'un pas, le regardant toujours dans les yeux, le visage fermé.
« C'est pourtant ce que t'as fait. Tu m'as lâchée. Et ça, je ne l'oublierai jamais. »
Je lui tournai le dos, bien décidée à sortir cette fois, mais sa voix me retint.
« Parce qu'après ton adieu tu serais quand même revenue vers moi ? On aurait déjà fait l'amour dans ma chambre ? Sur mon balcon ? Tu crèverais de jalousie dès qu'une fille m'approcherait ? Tu m'aurais pris par la main et on serait allé voir Alec, c'est ce que tu insinues ? »
Je me retournai à nouveau vers lui, le visage toujours fermé.
« Oui. On aurait fait tout ça. J'aurais commencé à déposer des affaires chez toi. Je t'aurais engueulé dès que tu aurais oublié de baisser la lunette des chiottes. Et je t'aurais même offert un cadeau débile pour la Saint-Valentin. Mais comme tu dis, nous deux, c'était pas fait pour marcher.
_ Je dois comprendre quoi Bella ? Que t'es amoureuse de moi mais que c'est trop tard ? Fit-il d'une voix vibrante qui me lacéra le cœur.
_ Comprends que c'est trop tard, ouais. Murmurai-je en me retournant vers la porte.
_ Et c'est tout ? Tu m'avoues ça et tu t'en vas ?
_ Je te l'ai dit. Fallait juste pas aller si loin. T'avais le choix entre elle, ou n'importe quelle autre, et moi, et t'as choisis. Je m'efface.
_ Et pourquoi tu te bats pas ? Tu voudrais que je te retienne, mais tu fais tout pour me faire mal et m'éloigner !
_ J'ai trop mal. T'aurais juste fait semblant avec Cassie, je me serais battue. Pour pas qu'un jour t'arrives à jouir dans les bras d'une autre. Pour pas que tu sois fier de la présenter. Pour pas qu'elle me supplante. Mais voilà. T'as pas fait semblant.
_ J'ai fait suffisamment semblant pour que tu croies que c'est vrai.
_ Ouais, bien sûr. L'embrasser devant moi aurait été suffisant, tu sais ? Le reste n'était pas nécessaire.
_ Le reste c'est pour te faire ressentir quand je le sais et que je le vois avec toi.
_ Sauf que je ne suis pas avec lui. Parce que moi, quand je m'attache, j'ai de la constance et je ne joue pas avec les autres. »
Je me dirigeai vers la porte, mais il me rattrapa et me retourna vers lui, me forçant à le regarder dans les yeux.
« C'est un adieu ?
_ C'est un ne me touche plus. Puisque t'arrives à te contenter d'elle, t'as qu'à la garder. »
Je sortis de la salle de bains, vidée et le cœur en miettes.
EDWARD
« Votre attention, s'il vous plaît ! »
Je me détournai à contrecœur de Bella qui semblait avoir une discussion plus ou moins animée avec Jane, revenue de sa sieste nocturne quelques minutes plus tôt.
Lili se tenait perchée sur la table du buffet froid, ses escarpins vernis à la main, maintenue fermement aux mollets par Jasper et scannait le salon à la recherche d'un sourd potentiel qui n'aurait pas entendu sa voix haut perchée.
« Dans précisément 52 minutes, cette année ne sera plus. Nous allons donc, comme tous les ans, nous mêler gaiement à la foule des New-Yorkais et des... » Commença-t-elle.
_ Abrège ! Cria Demetri.
_ … Et des nombreux étrangers venus fêter cet événement dans notre merveilleuse ville...
_ Te lance pas dans la politique ! T'es aussi barbante que tous ces imbéciles à la télé !
_ Demetri, la ferme ! S'écria la meilleure amie de ma soeur.
_ Oui, elle a eu du mal à écrire son discours de fin d'année, cette année, alors laisse-lui le temps de terminer ! » Dit Tanya.
Après une inspiration et un regard noir décoché à Demetri, Lili se retourna vers l'assemblée.
« … Puis nous irons faire une petite surprise à mon beau frère de coeur en nous rendant à la caserne où il travaille. Préparez votre liste de bonnes résolutions pour le Nouvel An, prenez vos cadeaux sous le sapin, attrapez vos manteaux, vos gants et vos écharpes – évitez les bonnets, c'est pas du tout la tendance cet hiver – et quand tout le monde sera prêt, nous décollerons. Et un grand merci à Edward pour avoir accepté pour la troisième année consécutive de nous permettre d'organiser cette petite fête chez lui. T'es un amour, mon chéri ! »
Je grognai en entendant la fin de son discours. Si elle en était arrivée aux petits noms affectueux, ça voulait dire qu'une bonne partie de la réserve de Vodka melon était écoulée.
Rose, Vic, Jess et Tanya l'applaudirent alors que Jasper et Alec l'aidaient à descendre de la table.
Je me détournai et cherchai à nouveau Bella du regard. Je la trouvai facilement en compagnie de son nouveau sex toy dont je ne savais même pas le nom.
« Arrête de la regarder comme ça sinon ta couverture va plus vite foutre le camp que prévu. »
Mon estomac se contracta un peu et je me résignai une nouvelle fois à arracher mes yeux de celle que je devrais me résoudre à ne plus approcher.
Je croisai le regard noir surchargé de paillettes de Tanya et essayai d'esquisser un rictus, sans grand succès.
« Ouh là ! Le petit enfoiré ailé t'a pas loupé avec sa flèche. Dit-elle en portant à ses lèvres un verre rempli d'un liquide cyan.
_ Le petit enfoiré ailé ? Répétai-je en levant un sourcil.
_ Cupidon.
_ Heureusement que ta sœur est bourrée, sinon elle t'arracherait les yeux et la langue pour avoir blasphémé. »
Elle eut un sourire espiègle et passa un bras sous le mien.
« Alors ça y est, t'es dans la merde ? Enfin, tu t'en es rendu compte ?
_ Dans tous les sens du terme, ouais. Marmonnai-je après une longue pause.
_ Et Cassie ?
_ Cassie ?
_ T'es en mode Coco ou quoi, ce soir ? Me demanda-t-elle avec un rictus.
_ En mode Coco ? »
Elle éclata de rire et se pressa légèrement contre moi, quelques secondes. Je soupirai, agacé.
« Tu répètes tout. Cupidon t'a percé le cœur et les oreilles en même temps ? Donc oui, Cassie. Je crois que les seuls que t'as réussi à duper, c'est Dem' et Jess.
_ Et Alec. Et elle. Terminai-je, amer.
_ Oui, mais elle, c'est normal. C'est la première concernée. On se rend jamais compter de ces trucs-là quand c'est le cas.
_ Et tu sais de quoi tu parles. C'est quand que tu vas passer à l'action avec Alec ? » Raillai-je.
Elle plissa les yeux et se détourna un instant, un léger sourire aux lèvres.
« C'est déjà fait. Souffla-t-elle.
_ Je te parle pas d'hier mais d'aujourd'hui. »
Elle me fit à nouveau face, la bouche entrouverte.
« Il t'en a parlé ?
_ C'est mon meilleur ami. »
A nouveau, elle eut un sourire et son regard erra sur les personnes présentes dans mon salon jusqu'au bar.
Depuis combien de temps ne l'avais-je pas vue comme ça, insouciante et presque... innocente ?
Depuis combien de temps ne l'avais-je pas vue le regarder avec cette douceur dans les yeux ?
« C'était... imprévu. Dit-elle.
_ C'était plutôt prévu depuis plus de six ans !
_ T'es vachement doué pour détourner les sujets de conversation. Alors on va faire un deal – sans mauvais jeu de mots. Je te raconte tout et tu me racontes tout.
_ Qu'est-ce que tu veux que je te raconte ? Marmonnai-je.
_ Tout ce que je meurs d'envie d'entendre. À commencer par : '' Tu avais raison, Tanya. On est dingues l'un de l'autre.''
_ Tu avais raison, Tanya. Je suis raide dingue d'elle, et elle ne veut plus que je l'approche. Ironisai-je, amer.
_ Qu'est-ce que c'est que ces conneries ? Me demanda-t-elle en fronçant les sourcils.
_ L'abominable vérité. Flash info : nous avons discuté il y a plus d'une demie heure en privé et elle ne veut plus que je l'approche, et encore moins que je la touche. C'était Edward Cullen, en direct de mon salon surpeuplé, désespéré et dégoûté du spectacle donné par Bella Swan et son nouveau sex toy. »
Elle me regarda de longues secondes en battant des cils et me tendit sans un mot son cocktail.
« T'es vraiment dans la merde. T'as pensé à consulter ? Mon psy dit qu'il faut se débarrasser des choses qui nous pèsent. »
Je bus d'un trait les trois quarts de son verre et eus un rire nerveux.
« Je t'écoute. Me dit-elle patiemment devant mon mutisme.
_ Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? J'ai voulu qu'Alec croit qu'elle avait tourné la page pour qu'il vous donne enfin une chance, je me suis attaché à elle alors qu'elle n'en avait rien à foutre, elle me ramène un Jacob n°2 célibataire qui lui sert de doudou. Tu avais tort et Cassie aussi.
_ Pourquoi Cassie aussi ?
_ Parce qu'elle m'a convaincu qu'on ''sorte ensemble'' pour la rendre jalouse. M'agaçai-je.
_ Et ça marche.
_ Ca marche ?
_ Oui, Coco. Ça marche. Elle t'évite, ne te regarde pas, elle fait comme si tu n'existais pas. C'est sa façon à elle de te montrer sa jalousie.
_ Absurde.
_ Les Hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus. Nous sommes des énigmes les uns pour les autres. Elle est jalouse et sans doute aussi, blessée.
_ Alors pourquoi elle m'a laissé tout arrêter ? Pourquoi ne s'est-elle pas battue ? Pourquoi m'a-t-elle ramené ce... mec ?
_ Parce qu'elle n'est pas du genre à supplier. Et Embry n'avait jamais vu New York.
_ Qui ?
_ Le pote de Jacob ! Celui qui reste avec Bella !
_ Où sont vos affaires ? »
Je me tournai vers Lili qui se tenait à côté de nous, visiblement à bout de patience, enroulée dans une écharpe blanc immaculé, prête à partir.
« Tanya, t'as toujours pas fait ton tour à la salle de bains pour te remaquiller. T'as pratiquement plus d'eye-liner et plus du tout de gloss. Rajoute un peu de blush rosé, j'en ai dans mon vanity que Jess et Vic m'ont piqué. Tu dis aussi à Rose qu'elle rajoute un peu de paillettes dans son décolleté, j'ai complètement zappé quand je suis sortie... Toi, mon chéri, tu as une ou deux choses à me dire au sujet de cette fille que tu as pelotée avec plus ou moins de conviction toute la soirée. Mais d'abord, je veux un dernier verre de Vodka melon pour la route.
_ La prochaine fois, y en aura pas.
_ La prochaine fois, je lacèrerai toute ta garde robe et te torturerai très lentement après si tu me fais ce coup-là. »
Malgré moi, un rictus déforma ma bouche et comme sa sœur un peu plus tôt, Lili passa un bras sous le mien et nous fraya un chemin jusqu'au bar où Jasper et Alec discutaient avec Jacob et l'autre de Washington.
« Jane est capable de rester pendant deux heures enfermée dans la salle de bains pour parfaire son maquillage. Disait Alec en grignotant des amuses-gueule.
_ Oh, je suis sûr que Lili peut battre ce record. Répondit Jasper.
_ Surtout si tu rentres dans la salle de bains pendant ce temps-là. Répliqua celle-ci d'une voix sensuelle en se lovant contre lui.
_ Au moins avec Bella, il n'y a pas de problème. En cinq minutes, c'est fait. » Dit une voix grave sur ma droite.
J'évitai de regarder vers lui et attrapai une bouteille de Vodka, la liqueur de melon, celle de litchi, le whisky et le Gin puis deux verres.
« Tu te rappelles la première fois qu'on est allés en boîte, il y a cinq ans ? Demanda Jacob en rigolant à moitié.
_ Emily lui avait passé une robe bleue à fleurs blanches avec des sandales compensées. C'est ce jour-là que je me suis rendu compte qu'elle avait une poitrine. » Rajouta l'autre.
Je remplis à moitié le verre de Vodka et débouchai la bouteille de liqueur de melon en serrant les dents.
« Rachel, Emily et Leah l'avaient pomponnée pendant trois heures. J'ai cru qu'elle allait péter un câble. Ria Jacob.
_ Mais le résultat...
_ Ouais ! T'avais bien bavé ! Je suis sûr que t'aurais pas été contre lui raconter nos légendes au coin du feu.
_ Ca, c'est clair. Mais j'étais pas le seul dans ce cas. Hein, Jake ?
_ Chut ! Tais-toi ! Jane est à côté ! J'ai pas trop envie qu'elle me fasse une scène le soir du réveillon et elle a eu son lot d'émotions pour la journée.
_ Tu nous fais quoi, ed ? Un cocktail molotov ? »
Je me détournai vers Demetri et croisai le regard noir et impénétrable du nouveau sex toy de Bella.
« Oh oui ! Laissez-moi les faire avant de partir ! J'ai toujours rêvé de me prendre pour Tom Cruise ! S'excita Lili en contournant le bar.
_ Lili, combien de bouteilles faudra-t-il que tu casses pour comprendre que cette technique n'est pas faite pour les amateurs ? Soupira Alec.
_ N'importe quoi ! » Répliqua-t-elle en secouant la main. « Les cocktails c'est comme la mode, c'est une partie de moi.
_ Quand tu les bois !
_ Tu me traites d'alcoolo ?
_ non. De fêtarde invétérée qui ne sait jamais dire stop.
_ Je préfère. »
Elle enleva soin écharpe et son manteau et les tendit plus ou moins délicatement à Jasper par-dessus le bar. Puis elle remit sa robe en place et nous tous un par un avec un semblant de sérieux.
« Messieurs. Cette épreuve est faite pour ceux qui en ont dans le pantalon. Ou pour ceux qui n'ont pas compris, pour ceux qui ont des couilles. Nous dit-elle.
_ Je doute que ce soit le cas de tout le monde. Marmonna le sex toy.
_ Qui a laissé passer Lili derrière le bar ? Demanda la voix agacée de Jane.
_ Elle retente encore son remake de Top Gun ? Questionna Vic.
_ Celui qui est capable de boire son verre cul sec et de réciter l'alphabet de A jusqu'à W...
_ Z... Soupira Jane.
_ C'est ce que j'ai dit. » S'irrita Lili. « Et pourra tenir cinq secondes en équilibre sur le pied de son choix sera déclaré vainqueur !
_ Je suis partant ! Dit Demetri en tapant du plat de la main sur la table.
_ Tentons le coup ! Fit Alec.
_ T'as horreur des jeux à boire, d'habitude. Répliquai-je en sourcillant.
_ J'aime bien quand il se déchaîne. »
Tanya arriva et passa ses bras autour de la taille de mon meilleur ami, se collant à son dos. Celui-ci se raidit un petit peu et se tourna légèrement dans ma direction, mais ce ne fut pas moi qu'il regarda. Et il était inutile de s'appeler Einstein pour savoir à qui ce regard était adressé.
Il se détourna vite, un drôle de sourire aux lèvres, et posa une main sur les bras noués de Tanya. Et étrangement, j'avais plutôt envie de foutre le camp que de rester ici.
« J'en suis ! Dit la voix grave à côté de moi – comment Tanya avait-elle dit qu'il s'appelait, déjà ?
_ Toi, si tu ouvre les bouche pour valider ta participation à ce jeu débile, je te jure que tu n'auras qu'une fille dans toute ta vie et toutes tes vies futures. Siffla Jane à Jacob.
_ Une fille ? Jake, non ! Tu ne nous as pas fait ça ! On voulait lui apprendre à jouer au base-ball avec les autres ! Enchaîna le sex toy.
_ J'ai dit une fille, pas un manchot ! S'irrita ma meilleure amie.
_ Pour ce qui est d'une batte, c'est du pareil au même. Tu te rappelles, Jake, quand Bella...
_ Je clos le jeu. » Le coupai-je.
Je sentis un regard goguenard sur moi que j'essayai d'ignorer au maximum. Manquerait plus que je perde la face devant ce type.
« Allez, Cruisy Girl ! Fais tes cocktails de la mort et allons voir le feu d'artifice avant de rendre une visite à Super mâle ! Fit Tanya.
_ Cruisy Girl ? Répéta Jess.
_ Vous êtes tous en mode Coco ou quoi ce soir ? Tom Cruise, Cruisy Girl. C'est logique.
_ Bon alors tout le monde se retourne et je veux du Britney Spears ! S'excita Lili.
_ Oh non ! Grognèrent le sex toy et Jacob d'une même voix.
_ Oh si ! Firent Jess et Vic en sautillant sur place.
_ Tanya, attrape ton iPod, j'ai mis toute sa discographie dessus avant de partir. »
Celle-ci se détacha de mon meilleur ami après lui avoir rapidement embrassé la nuque.
Deux rires retentirent du côté de la salle de bains et malgré moi je sentis un frisson parcourir mon échine.
Je jetai un coup d'oeil de ce côté et vis ma soeur et Bella sortir en riant de la salle d'eau.
Une ombre se déplaça et le sex toy les rejoignit pour passer un bras autour de la taille de celle-ci.
Sentant mon estomac se contracter, je me forçai à détourner mon regard, amer, alors que les premières notes de Gimme more et les cris hystériques de Jess, Vic, Tanya et Lili retentissaient.
« Où est Cassie ? Demandai-je à Alec.
_ Je crois l'avoir vu aller dans ta chambre il y a environ 5 minutes. Joue pas au docteur. Sinon Lili t'en voudra à mort.
_ Dans l'état où elle est... »
Je grimaçai en entendant le bruit d'une bouteille qui se brise.
« Lili ! Grognai-je en lui lançant un regard noir par-dessus mon épaule.
_ Oups ! Fit-elle.
_ … I did it again ! Chantèrent Jess, Vic et ma sœur.
_ I played with your hart and lost it again... Enchaîna Lili à tue-tête.
_ Lili ! M'irritai-je.
_ Oui, oui, mon chéri ! Je me concentre !
_ Dans deux minutes ! L'avertis-je.
Ne lui laissant pas le temps de me répondre, je me dirigeai vers ma chambre, de laquelle Cassie s'apprêtait à sortir.
Je la poussai à l'intérieur et refermai lourdement derrière moi, puis la plaquai contre moi et écrasai durement ma bouche sur la sienne.
« Waw ! » Haleta-t-elle en se détachant. « Elle te frustre à ce point ?
_ Tu n'as pas idée... soufflai-je en figeant mes doigts sur ses hanches.
_ J'aime bien quand t'es sauvage...
_ J'aime bien quand tu te tais. »
Elle éclata de rire et plaqua son bassin contre le mien.
« Réjouis-toi ! Notre plan fonctionne à merveille. Dit-elle en jouant avec les boutons de ma chemise.
_ Comment tu peux dire ça ?
_ Son attitude. Elle crève de jalousie. Elle sera bientôt dans tes bras.
_ Elle sera bientôt à l'autre bout du pays, à danser toute nue autour d'un totem, le visage couvert de dessins étranges. Contre-attaquai-je.
_ Tu as une vision très archaïque des Indiens. Mais personnellement ça ne me dérangerait pas. Surtout s'ils sont tous aussi canons que ces deux-là. Tu as vu leurs muscles !
_ Oui, merci. Grimaçai-je.
_ Sois pas jaloux. Tu n'es pas à plaindre non plus... Bon... Retournons dans l'arène et allons affronter le fan-club de Britney. Elle sont en train de massacrer Womanizer. »
Elle m'ébouriffa les cheveux comme le faisait souvent Jane et me sourit avant de sortir de la chambre.
Je fermai lentement les yeux et inspirai, las.
Tout se foutait en l'air.
Tout m'échappait.
De l'obsession de Lili à vouloir à tout prix se prendre pour Tom Cruise à Bella et sa soi-disant jalousie.
« Hey ! Numéro quatre ! Ton cocktail Molotov t'attend. »
Je me composai un visage neutre et me tournai vers ma soeur.
Son regard bleu outremer me scanna et elle fronça les sourcils en penchant la tête légèrement sur le côté, en mode psy empathe.
« Toi, ça va pas fort. Me dit-elle en croisant les bras sur sa poitrine.
_ Rose... C'est vraiment pas le moment. Marmonnai-je en me détournant.
_ Toujours dans ta phase de déni ? »
Je soupirai et essayai de sortir de la chambre.
« Tu ne t'en sortiras pas comme ça. Me dit-elle en se mettant sur mon chemin.
_ On parie ? J'ai plus de force que toi.
_ Oh, ça oui. Mais je te parlais de Bella. »
Je me figeai et lui lançai un regard peu amène.
« Ok. J'abandonne. Tu avais raison. Je suis amoureux d'elle. Et je ne sors pas avec Cassie. Elle me sert juste à la rendre jalouse. Sauf que ça ne marche pas. Voilà, Freud. T'as eu ce que tu voulais. Je peux sortir maintenant ? »
Elle me regarda un peu décontenancée et fit un pas de côté.
« Merci... Et pas un mot à Lili. Je connais sa tendance à ne rien garder pour elle, et encore plus quand elle est bourrée.
_ Ca, c'est pas vrai !
_ Ah oui ? T'as réalisé ton fantasme en couchant avec Baloo dans un bloc opératoire. Si papa savait ça...
_ Comment t'as su ça ? S'écria-t-elle en écarquillant les yeux.
_ Jess l'a dit à Vic et Cassie tout à l'heure. Je te laisse... Je dois aller me péter la gueule pour ne pas perdre la face.
_ Bois, bois, bois ! » Scandaient Lili, Jess, Vic et Tanya à tue-tête alors qu'Alec engloutissait le verre qu'il tenait à la main.
Il le reposa dans un bruit sec sur le bar et vacilla un peu en se mettant sur son pied droit. Puis il récita l'alphabet non sans difficultés.
« Pas terrible, hein. Commenta Lili en faisant la moue.
_ C'est toujours mieux que Jasper. Répliqua Vic.
_ Personne n'est mieux que Jasper ! Et il n'a pas trop l'habitude de boire.
_ Le numéro quatre est en place. Je ne savais pas que tu étais aussi rapide, Edward. » Me dit Tanya avec un rictus.
Je la regardai nonchalamment et jetai un coup d'oeil à mon cocktail de la mort.
« Whisky, Gin, liqueur de litchi et de cerise avec deux doigts d'absinthe. Fit fièrement Lili.
_ T''as pas dilué ? » Lui demandai-je en écarquillant un peu les yeux.
Le sex toy ricana tandis qu'elle poussait vers moi une assiette d'amuse-gueules avec toute l'innocence dont elle était capable.
Sentant tous les regards posés sur moi, je saisis mon verre et le vidai en trois grandes gorgées.
Putain, ça arrachait la gueule ! C'était infect.
« Premier en descente pour le moment. Dit Jess.
_ Ca se joue à pas grand chose avec Dem ! Répliqua Vic.
_ Sur un pied ! » M'ordonna Lili.
Je m'exécutai, la tête me tournant un peu, et récitai l'alphabet avec plus de facilité que je ne le crus.
« Il gère ! » Ria Cassie en passant un bras autour de ma taille.
J'en fis de même, un rictus aux lèvres, plus pour m'empêcher de vaciller qu'autre chose et détournai le regard pour croiser un quart de seconde celui de Bella lovée dans les bras de son sex toy, et mon estomac se révulsa.
Je me tournai à nouveau vers le bar, incapable de soutenir cette image et me jetai sur les amuse-gueules, avec encore l'impression de ses yeux froids sur ma peau et cette litanie qui courait sur ma langue, âpre.
« Jalousie, jalousie ! Quand tu nous tiens... »
Tu ne nous quittes jamais.
BELLA
« Trois... Deux... Un... ZERO ! » crièrent les autres en cœur.
On était finalement tous restés chez Edward en cette fin 2009, ne voyant pas l'heure passer et oubliant de descendre dans les rues de New York.
Tout le monde avait malgré tout entamé le décompte du nouvel an avec ardeur, sauf moi ; je remuais les lèvres pour au moins paraître joyeuse, mais j'étais à mille lieues de là.
Une partie de mon cœur restait en 2009. c'était franchement con à dire. Mais il y avait eu un tas d'évènements durant cette année, des choses que je ne pourrais jamais oublier. Mon déménagement à New York city. Mon emménagement raté et ma rupture d'avec Alec.
Edward.
Je déglutis.
Et cette année, elle me réserve quoi ?
Je n'eus pas le temps de répondre à ma propre question, me sentant attirée dans une étreinte. Je reconnus l'odeur d'Embry à défaut de le voir, et sentis ses lèvres embrasser le coin de ma bouche. Puis ce fut le tour de Demetri de me prendre dans ses bras pour me soulever du sol.
« Bonne année Belli-bellooooooo !
_ Rahhh, Demetri ! Fais chier ! Repose-moi d'abord ! » Râlai-je en riant.
Je l'embrassai et sentis deux bras féminins s'enrouler autour de ma taille. Ceux de Tanya. Elle me plaqua un baiser sonore sur la joue.
« Bonne année !
_ A toi auss... »
Je n'eus pas le temps de finir qu'Alec l'arrachait à moi, la retournait, et l'embrassait sous le gui.
Le silence tomba dans notre petit groupe, puis une salve d'applaudissements retentit dans le groupe, assortie de sifflements.
Mon ventre se serra légèrement, mais je ne ressentis pas de réelle douleur.
Jusqu'à ce que je pose les yeux sur Edward.
Il me lança un long regard, puis attrapa sa Cassie par la taille et se pencha pour l'embrasser à pleine bouche, me déchirant le cœur par la même occasion.
Une fois de plus.
Victoria et Jessica me coupèrent de sa vue en venant m'embrasser, mais le mal était fait.
Puis il se dirigea vers moi, et je n'eus que le temps de me raidir avant qu'il ne me prenne contre lui, une main sur ma nuque, l'autre sur mes reins. Il posa sa bouche au coin de mes lèvres puis murmura à mon oreille :
« Que cette nouvelle année me descende encore plus dans ton estime.
_ C'est réussi. Puisses-tu malgré tout vivre une belle histoire avec ta nouvelle copine. »
Je le repoussai, le cœur au bord des lèvres.
« Ton hypocrisie me va droit au cœur. » lança-t-il.
Je ne pris même pas la peine de lui répondre, et lui lançai simplement un regard déçu avant de me détourner et de m'éloigner de lui.
Je fus assaillie par Alice et Rosalie en même temps, puis vint le tour d'Alec, Jasper...
Cassidy...
Je m'étais mise sur pilote automatique, définitivement déchirée.
Et je n'avais plus qu'une hâte. Que cette soirée se termine.
oOo
Après le décompte, les filles retournèrent se rafraîchir dans la salle de bains – une fois de plus –, et ce ne fut que vers une heure du matin que nous ne quittâmes l'appartement ; à pied. Les autres ayant bu un sacré nombre de verres – surtout avec leur débile jeu à boire.
Nous descendîmes dans les rues de New York ; Alice, Victoria et Tanya étaient les plus surexcitées du groupe.
Intenables.
Les choses commencèrent à déraper quand Alice prit une femme au hasard dans la rue et plaqua sa bouche sur la sienne pour lui souhaiter bonne année ; Jasper et Demetri s'y mirent à deux, morts de rire, pour les séparer.
« Naaaaaan les gaaaars, elle avait l'air sympaaaaaa !
_ Lili, je te promets, demain, tu me remercieras de t'avoir empêchée de la déshabiller en pleine rue.
_ Maaaaais, Jaaaaazz... Tous les mecs rêvent de faire l'amour avec deux filles naaaan ? Tu veux pas ? »
J'aurais juré avoir vu Jasper rougir un peu en plaquant sa main sur la bouche de sa copine, sous le regard goguenard de Demetri et Alec.
Soudain, pendant notre marche pour rallier la caserne, nous fûmes hélés par un groupe de jeunes.
Victoria et Jess se mirent à sautiller partout en baragouinant quelque chose concernant Brad Pitt, et, en y regardant à deux fois, je vis James s'avancer vers nous.
Il vint tous nous saluer et nous souhaiter la bonne année.
« Alors Bella. On reprend l'entraînement demain hein, te couche pas trop tard. Plaisanta-t-il.
_ Parle pour toi.
_ J'te distance en moins de deux sur la voie 6.
_ On parie ? »
Ses amis s'étaient mêlés à notre groupe, et nous discutâmes tous les uns avec les autres pendant une demi-heure.
Puis Rosalie s'impatienta, pressée d'aller retrouver mon frère.
C'était vraiment pas de bol que ce soit elle, la sœur d'Edward, qui soit tombée amoureuse de lui...
« Qu'est-ce que tu as à me regarder comme ça ? » fit soudain la voix agacée de Leah, interrompant le fil de mes pensées.
Je me retournai vers elle ; elle fixait James, renfrognée.
Celui-ci sourit légèrement.
« Pas que je te prenne pour une curiosité. Mais je me demande ce que tu fous là. » répondit-il avec amusement.
Elle se raidit, et le fusilla du regard.
« Tu...
_ Bon, tout le monde ! » hurla Rose. « Rassemblement, et en avant, marche. Il y a encore un bon kilomètre d'ici à la caserne. On repart ! »
Nous nous séparâmes de James et de ses amis, Victoria et Jessica arborant une moue déçue, mais Rose plus déterminée et autoritaire que le général d'une caserne militaire.
Nous débarquâmes en pleines réjouissances à la caserne ; les pompiers, bien que complètement sobres – obligé un soir de veille – semblaient partis dans un délire hallucinatoire à composante sexuelle. Dansant sur les tables, il faisait tournoyer leurs casques de pompier ou leurs chemises.
Rosalie se planta devant mon frère, qui ne nous avait pas vus entrer, et croisa les bras, un air sévère sur le visage.
Emmett se figea, sa chemise à la main, en l'apercevant.
Le silence se fit dans la caserne... Si l'on exceptait les grosses baffles qui crachaient de la musique techno – à se demander si finalement les pompiers n'avaient pas attaqué la réserve d'alcool pour écouter ça.
« Euh... Les amis ? Salut ! » Fit Emmett en remettant sa chemise, l'air de rien.
Il descendit de la table, ainsi que ses collègues ; l'un d'eux alla d'ailleurs baisser le son tonitruant de la chaîne.
« BONNE ANNEE ! » hurla soudain l'un d'entre eux, et l'ambiance revint parmi tout le monde, alors qu'Emmett saisissait Rose par la taille pour la faire tournoyer en plaquant sa bouche sur la sienne.
Nous nous mêlâmes aux pompiers, nous souhaitant tous la bonne année. J'avais embrassé tellement de personnes en deux heures que j'en avais presque la tête qui tournait.
Déchaînée, Lili se mit à sauter sur une des tables sur lesquelles dansaient les pompiers.
« Et maintenant qu'on est tous réunis, c'est l'heure de la distribution des... CADEAUX ! »
Elle sauta et manqua de tomber, rattrapée in extremis par son petit ami qu'elle remercia d'un long patin.
Je ne pus m'empêcher de sourire. Elle allait douiller, quand elle se réveillerait.
Tout le monde saisit les paquets qu'ils avaient préparés pour leur cible secrète, et l'échange se fit dans l'effervescence ; je cherchai Tanya du regard, mais Jane m'intercepta avant que je ne l'atteigne.
« Tiens, Bella ! » Me sourit-elle en me tendant un paquet à mon nom.
Je le saisis, et relevai la tête vers elle.
« Merci ! Je suis soulagée d'être ta cible. J'aurais pas voulu être celle de Demetri ! » ris-je.
Elle rit avec moi.
« Ah ouais ? Je ne te le fais pas dire. Regarde derrière toi. C'est Edward la cible de Dem. »
Nous nous retournâmes toutes les deux, juste à temps pour voir Edward froncer les sourcils en recevant un paquet mou des mains de Demetri.
Il l'ouvrit prudemment, et en sortit un tee-shirt noir, a priori qui n'avait rien d'anormal.
Jusqu'à ce qu'il le déplie.
« I have a little dick and I assume it* ? » lut Alec à voix haute, écarquillant les yeux.
Tous ceux qui étaient en mesure d'entendre éclatèrent de rire, et Emmett gratifia son presque beau frère d'une grande tape dans le dos.
« C'est pas grave mon grand. Le tout, c'est de savoir s'en servir. »
Edward grogna un peu, puis croisa mon regard ; avec un rictus, il alla saisir Cassie par la taille, et se pencha sur son cou.
Elle rit, et se colla à lui ; je détournai le regard, peu désireuse d'en voir plus, et me retournai vers Jane.
J'ouvris son paquet, et en sortis une édition originale d'Orgueil et Préjugés, de Jane Austen ; je me figeai un peu, et relevai la tête vers elle.
« Oh, Jane, c'est magnifique ! Mais c'est énorme, il fallait p...
_ Ah chut hein. Joyeux Noël en retard, Bella. »
Je la pris dans mes bras et la serrai contre moi, lui murmurant de nouveaux remerciements.
« J'ai un petit truc pour toi aussi. Mais c'est pas grand chose. » Lui confiai-je en chuchotant.
Je sortis de ma pochette noire un petit paquet et lui tendis. Elle l'attrapa, curieuse, et l'ouvrit pour en sortir un bracelet en cuir.
Son nom était gravé dessus, orné de deux loups ; je lui fis un petit sourire.
« C'est pas grand chose, et surtout, c'est pas du tout à la mode. Mais tous ceux qui font partie des Quileutes, que ce soit par le sang ou par le cœur, en ont un... Toi aussi, maintenant. »
Elle eut un grand sourire – jamais elle n'aurait réagi comme ça quelques mois auparavant – et me sauta au cou.
« Oh, merci Bella ! Tu pouvais pas mieux faire. Alors c'est ça le bracelet que tu portais, des fois, quand on s'est connues ? Pourquoi tu ne le mets plus ?
_ Oh, le mien a à peu près mon âge, et le cuir s'est fendillé au niveau de la fermeture. Je le garde toujours sur moi par contre. » fis-je en sortant le mien de mon petit sac de soirée.
Elle me fit un grand sourire, et fut soudain enlacée par Emmett.
« Jane ? Devine quoi... Tu es ma cible ! » beugla-t-il.
Elle perdit tout sourire.
« Quoi ? »
Pour toute réponse, Emmett lui tendit un énorme paquet.
Elle le défit lentement, soupçonneuse.
« EMMETT ! » l'entendit-on soudain hurler.
Je sursautai, alors que mon frère se mettait à ricaner. Curieux, Jacob s'approcha.
Il avait offert à Jane un déguisement complet de femme dominatrice. Combi de cuir, fouet, collants résilles, collier à clous et j'en passais...
« Oh, putain, merci mon frère. » Ricana Jacob en donnant l'accolade à Emmett.
Jane le fusilla du regard, et j'entendis Victoria ricaner.
« Oh l'exemple que ça va être pour le gosse. »
J'éclatai de rire, et repérai Tanya un peu plus loin. Je me dirigeai vers elle ; elle me tournait le dos.
Je plaquai mes mains sur ses yeux.
« Devine qui t'a pour cible ? »
Elle se retourna, et eut un grand sourire.
« Bella ? »
Je lui souris en retour, et lui tendis un paquet à peu près de la taille d'une cafetière.
Elle fronça les sourcils.
« Qu'est-ce que c'est ? » Fit-elle en ouvrant. « AAAAAAHHHHH ! Bella, c'est sensas' ! »
Elle se jeta sur moi et me serra si fort que j'en grimaçai.
Me souvenant d'une de nos conversations où elle m'avouait être complètement accro au beurre de cacahouètes, je lui avais acheté une machine qui lui permettrait de le fabriquer elle-même, et, must du must, selon deux textures différentes au choix.
Alec grimaça en voyant le cadeau et soupira .
« Merci, Bella. Elle va s'en faire des crises de foie maintenant. »
Tanya le gratifia d'un regard noir et serra contre elle sa machine.
J'entendis soudain un éclat de rire, et Rose vint nous rejoindre avec Tanya, se tenant les côtes.
« Oh, Bella. Devine... ce que... Ce qu'Edward... »
Elle éclata plus fort encore de rire, alors que je me renfrognais un peu.
« Ce qu'Edward a offert à ton frère ! »
Elle rit plus fort, et, curieuse, Tanya m'entraîna vers Emmett, qui feuilletait un livre.
Le sexe pour les nuls.
J'écarquillai les yeux.
Il y avait un deuxième livre ; un bouquin genre touristique sur Venise.
Tout un programme.
J'eus un petit sourire.
Rose, calmée, rejoignit Emmett.
« Au fait, mon chéri. Voici le cadeau que je t'offre, moi. »
Elle lui tendit un tout petit paquet.
Il lui lança un regard curieux, et l'ouvrit rapidement ; en sortant un petit trousseau de clefs.
« J'aimerais que tu viennes habiter chez moi. » demanda Rosalie, presque timidement.
Pour toute réponse, Emmett l'enlaça soudainement, et plaqua sa bouche sur la sienne sous les applaudissements de tout le monde – notamment des pompiers collègues.
Puis, soudain, il y eut comme un coup d'éclat.
Embry me rejoignit, déposa sa bouche sur ma joue, et murmura à mon oreille :
« Si je veux que tu passes réellement une bonne année, je crois que je vais devoir prendre les choses en main. Alors ne dis rien. Rentre simplement dans mon jeu, et je te jure que tu n'auras pas à le regretter. »
Je voulus le retenir, mais il se dirigea vers mon frère, qui était dans un cercle où se trouvaient Alec, Tanya, Jane et Jacob, Rosalie, Alice, Cassidy, Demetri...
Et Edward.
Il se racla la gorge.
« Bon, Emmett... Je suis un peu désolé de faire ça maintenant. C'est pas trop le lieu ni le moment, mais bon... »
Il toussota.
« Voilà. Tu te doutes bien, franchement, que si je suis à New York, c'est pas pour faire du tourisme. Le fait est que... ça fait un moment que je suis attiré par Bella. Vraiment, attiré. En fait, amoureux. Et je ne voulais pas casser son couple tant qu'elle était avec Alec... Désolé, au passage, vieux. Mais maintenant, plus rien ne me retient d'avouer mes sentiments au grand jour. Et avant, je tenais à t'en parler. Parce que je sais quel grand frère protecteur tu es. »
Un silence tomba entre nous, et j'écarquillai les yeux, le ventre noué.
Qu'est-ce qu'il fout, ce con ?
Embry se retourna vers moi, et vint me prendre dans ses bras.
« Bella. Je sais que tu vas trouver que ce que je viens de faire est macho et que ton frère n'a pas à se mêler de nous. Mais avant de m'engueuler, il y a quelque chose que je tiens à faire. »
Il pencha la tête et, me plaquant contre lui, posa sa bouche sur la mienne.
Il ne me força pas à entrouvrir les lèvres ; mais à la façon dont il remua les siennes, je devinai qu'il tentait de faire croire qu'il était en train de me rouler un patin monumental. Sa main brûlante remonta de mes reins dans mon dos, me plaquant encore plus contre lui, et je me reculai un peu pour respirer.
Il en profita pour plonger la tête dans mon cou sous les sifflements d'un certain nombre de personnes, et je croisai le regard d'Edward.
Je laissai échapper un gémissement.
Et Edward se retourna, puis s'en alla.
Comme ça.
Sans un mot de plus pour personne.
Sans regarder derrière lui.
Il sortit de la caserne, plantant son meilleur ami, plantant Cassie, plantant tout le monde.
Et mon cœur se déchira, une fois de plus – la dernière fois de la soirée, je supposais – alors que je sentais que je venais de gagner, grâce à Embry, la guerre qu'Edward me menait depuis le début de la soirée.
Je venais clairement de signifier à Edward Cullen que je pouvais passer à autre chose.
Et il ne l'avait pas supporté...
oOo
On sonna à la porte.
La tête dans le cul, je me levai ; je ne pris même pas la peine de passer un vêtement, mais je jetai un coup d'œil au réveil lumineux.
06 h 17.
Putain.
Groggy, je descendis dans mon shorty et dans l'ancien tee-shirt d'Emmett.
Cela faisait deux heures qu'Embry, Leah et moi, avions quitté les autres ; et franchement, j'étais pas d'humeur à ouvrir.
Ça devait être une bande de voisins un peu allumés passant souhaiter la bonne année à tous les habitants du coin.
J'entrouvris la porte ; et mon regard croisa celui d'Edward. Je restai figée dans l'entrée, le détaillant de haut en bas.
Puis je lui claquai la porte au nez.
La sonnette retentit à nouveau, et, agacée, j'ouvris pour éviter qu'elle ne réveille la maisonnée.
« Qu'est-ce que tu veux ? » Sifflai-je.
Il me regarda vite fait et se détourna en serrant les dents.
« Je ne veux pas que tu sortes avec lui. »
Il me regarda à nouveau avec détermination, et je frémis. Je soutins son regard, le visage fermé.
Hors de question de le laisser m'impressionner.
« C'est ça. J'y réfléchirai. Ou pas. Bonne nuit, et bonne année. » fis-je froidement.
Je voulus refermer la porte, mais il la bloqua d'une main. Il me poussa à l'intérieur, et referma derrière nous.
« Je plaisante pas, Bella.
_ Ah vraiment ? » m'énervai-je. « Et tu comptes faire quoi pour m'en empêcher ? M'enfermer quelque part ?
_ Et tu vas faire comment quand il sera parti ? Vous ferez l'amour par téléphone ? C'est pathétique ! » S'énerva Edward à son tour.
Je me réveillai complètement, et posai sur lui un regard empli de haine et de rage.
« Qui te dit qu'il va être le seul à partir ? Et de toutes façons, lui saura attendre quelques semaines sans coucher avec quelqu'un si la distance nous sépare. » Lançai-je, définitivement en colère.
Colère qui me faisait dire n'importe quoi.
Tout ce qui pourrait sembler le blesser...
Parce que j'aimais ça. J'aimais le voir jaloux et possessif.
Et je me détestais pour ça.
« Ça se voit que tu ne connais pas les mecs Bella. Sinon tu saurais qu'ils savent très bien mentir quand la situation l'exige.
_ Bien sûr. Tout comme nous on sait parfaitement simuler. Et alors ? Je peux savoir pourquoi tu me dis ça ?
_ Parce que t'en as peut-être rien à foutre de moi mais moi pas. Laisser l'autre partir quand on tient à lui pour qu'il soit heureux c'est des conneries. Je veux pas que tu sois heureuse avec lui.
_ Ah ouais ? J'aurais pas dû laisser partir Alec tu crois ?
_ Non. Mais faut croire que c'est pas lui qui t'était destiné vu que tu l'as fait. Je ferai pas cette connerie.
_ Tu l'as déjà faite. T'as couché avec une autre et je regrette, mais je ne peux pas l'oublier.
_ Tu l'as chauffé toute la soirée et je regrette mais j'ai pas pu encaisser.
_ Mais t'as rien à encaisser. On est séparés. Point final. »
Je le détaillai d'un regard méprisant.
« On n'a jamais été ensemble de toutes façons. Assenai-je.
_ Alors pourquoi tu me fais une scène dans ce cas ? Pourquoi tu me regardes de cette façon ?
_ C'est moi qui te fais une scène ? On croit rêver. »
Il y eut un court silence.
« T'es vraiment une hypocrite, Bella. Lâcha-t-il.
_ On est deux alors. »
Il eut un rictus.
« Sans doute. Mais moi, au moins, je l'avoue. Et j'en ai marre de me voiler la face.
_ Dommage que tu le fasses trop tard.
_ L'essentiel c'est que je le fasse. Pas comme certaines. » Fit-il, amer.
La bile me monte à la gorge, et je me raidis un peu, mon cœur cognant douloureusement dans ma poitrine.
« Tu veux quoi ? Que je t'avoue que tu m'as manqué ? Que j'aurais aimé qu'on sorte ensemble ? Que ça me brise de voir que t'es avec une autre ? Que je commençais à éprouver des sentiments pour toi ? D'accord. Tout ça, c'est vrai. Je l'avoue. Maintenant, j'aimerais que tu sortes de chez moi. » Répondis-je d'une voix blessée.
Son regard changea, et devint soudain...
Intense et bouillant.
Affamé.
Je n'eus pas le temps de déglutir qu'il s'était jeté sur moi, m'emprisonnant dans une étreinte serrée. Ses lèvres trouvèrent les miennes et il m'embrassa avec urgence, passion, et désespoir.
Je tentai de le repousser – parce que mon corps me criait désespérément de me laisser aller à lui et que ma raison hurlait qu'il ne le fallait pas – mais il me tenait fermement contre lui, aussi, j'arrêtai de me débattre et goûtai à nouveau sa saveur. Puis je cassai notre baiser et baissai la tête.
« Lâche-moi et va-t-en. » murmurai-je.
Il me lâcha pour attraper mon visage, et je continuai à fuir son regard du mieux que je pus.
« Tu peux pas me faire ça pas maintenant. Je m'en fous qu'il soit là-haut. Fit-il d'une voix rauque qui déclencha des dizaines de frissons dans mes reins.
_ T'as couché avec elle. Comme Alec qui en aimait une autre, toi, t'as pu la caresser et jouir en elle. Je veux plus jamais vivre ça. Je ne veux plus te voir.
_ Mais tu m'as dit adieu. Et tu me ramènes un mec qui veut t'emmener dans son tipi ! Fit-il, désespéré.
_ Je t'ai dit adieu parce que tu m'as rejetée quand on a parlé de sortir ensemble.
_ Mais tu m'as laissé partir !
_ Je pouvais pas te retenir. Un pacte, ça se fait à deux, et tu n'en voulais plus.
_ Je ne voulais plus d'un pacte.
_ Ah, vraiment ? Qu'est-ce que tu voulais, alors ?
_ Quelque chose que je pensais impossible parce qu'il y avait quelqu'un entre nous.
_ Et il est toujours là. Je ne vois pas pourquoi maintenant tu serais prêt à officialiser !
_ Parce que tu m'as fait suffisamment mal pour me faire prendre conscience de certaines choses. »
Je secouai la tête, évitant toujours soigneusement son regard.
« Si t'était prêt à coucher avec une autre, c'est que je suis pas celle qui t'est destinée.
_ Parce que tu l'as pas fait avec ton sex toy, là ? Fit-il, très amer.
_ Non. Je suis incapable de prendre du plaisir avec un autre. » Lâchai-je, glaciale.
Il me poussa contre le mur et se colla contre moi. Mon cœur accéléra sa cadence, et mon amertume remonta à sentir mon corps réagir aussi fortement à son contact.
« Alors pourquoi tu me repousses ? Pourquoi tu veux que je parte ?
_ Parce que je qui rancunière et que je ne veux plus souffrir. »
Il posa ses mains sur mes hanches.
« Je suis têtu et je ne te laisserai pas partir. »
Il essaya à nouveau de m'embrasser, mais je mis toute ma force à tenter de le décoller de moi, et détournai la tête, amère.
Il inspira lentement.
« Je tiens beaucoup à toi. »
Ses mots tombèrent entre nous, et mon ventre se tordit. Ses mains me brûlèrent. Je tournai lentement la tête vers lui, et son regard m'attisa.
J'avais tellement envie de le serrer dans mes bras. Qu'il m'embrasse. Encore. Qu'il me fasse l'amour. J'avais tellement envie que Cassie n'ait été qu'un cauchemar. Une illusion.
« Moi aussi. Murmurai-je presque à regret.
_ Je ne veux pas que tu sortes avec lui.
_ Je ne sors pas avec lui.
_ Je veux que tu sortes avec moi. »
Je fermai les yeux, prise d'un vertige, et me mis à trembler dans ses bras.
« Non, tu ne le veux pas. Sinon t'aurais parlé avec Alec, tu n'aurais pas couché avec elle. »
Il y eut un court silence.
« Je l'ai su quand je t'ai vue avec lui. Quand t'étais contre lui ça m'a rendu dingue. »
Je frissonnai et le regardai tristement.
Puis je levai lentement la main, pour poser mes doigts sur son visage ; je traçai doucement, comme si j'avais peur qu'il ne soit qu'une hallucination qui allait s'évanouir sous mes yeux, les contours de sa joue, de son menton, glissai mon pouce sur sa pommette, mes autres doigts sur sa tempe, les faisant pénétrer un court instant dans ses cheveux, puis les redescendant pour caresser ses lèvres en les fixant intensément.
« A quel point tu tiens à moi ?
_ Au point de pas vouloir te voir avec un autre.
_ Et d'être prêt à en parler avec Alec ? »
Il acquiesça.
« Quand ?
_ Quand tu veux.
_ Demain ? »
Il me sourit et me reprit contre lui.
« Demain. »
Je glissai à nouveau ma main dans ses cheveux, et me collai contre le mur tout en attirant son visage vers le mien.
Nos lèvres se rencontrèrent à nouveau et je l'embrassai doucement, mais profondément, savourant la paix que ce simple baiser m'apportait, sentant le désir grimper insidieusement en moi, ses mains caressant doucement mon dos, redécouvrant la sensation de ses cheveux sous mes doigts.
Puis je le repoussai légèrement, d'une main sur son torse.
« Tu devrais rentrer chez toi. »
Il glissa les mains sous mon t-shirt et m'embrassa à son tour.
« Si tu viens avec moi. Sinon, non. »
Je souris contre ses lèvres, railleuse.
« Si je te dis non, tu m'enlèves ?
_ Me tente pas. » Répliqua-t-il.
Je le regardai intensément.
« Tu t'es protégé avec Cassie ? Lui demandai-je d'une voix pressante.
_ Tu veux vraiment parler de ça ? »
Il embrassa mon cou en faisant courir ses mains sur mon dos.
« Je veux juste savoir si vous avez utilisé des capotes. Insistai-je d'une voix rauque.
_ Oui. Viens chez moi. »
Je soupirai en agrippant sa nuque.
« Non. D'abord, prends moi. Fais-moi l'amour. »
Je collai mes lèvres aux siennes.
« Donne-moi des raisons d'éprouver tout ça pour toi... » Murmurai-je très bas.
Il me souleva brusquement, et j'enroulai mes jambes autour de sa taille. J'agrippai violemment ses cheveux, puis me jetai sur sa bouche, mordant d'abord sa lèvre inférieure puis glissant ma langue dans sa moiteur, cherchant à lui faire passer dans un seul baiser toute la force de mon désir et de ma frustration.
Il me lança un regard de lave en fusion, m'arracha d'abord mon t-shirt puis mon shorty, et me plaqua contre le mur.
Il se jeta sur ma poitrine comme un affamé, maintenant mes hanches pour éviter la friction, puis remonta sa bouche jusqu'à mon oreille.
« Le salon. Il est où ? » souffla-t-il avant de m'embrasser à son tour.
Je n'étais plus que désir ; pourtant, je trouvai encore la force de grogner :
« Retourne-toi, première porte à droite. »
Je fermai les yeux en mordillant son épaule et profitai qu'il eut un peu relâché sa prise sur mes hanches pour frotter mon bassin contre son érection.
Il grogna, et haleta en s'exécutant.
Il me souleva, me forçant à enrouler mes jambes autour de lui, et embrassa, suçota, lécha la peau de mon cou, me faisant presque un suçon.
Je me sentis soudain penchée en arrière, et mon dos rencontra le bois froid de la table basse du salon, après qu'Edward eut viré le magasine télé. Je poussai un petit cri à la sensation, qu'il étouffa dans un baiser.
Je plantai mes ongles dans son dos, puis commençai tant bien que mal à dézipper son blaser et à déboutonner sa chemise. Il m'aida et m'embrassa.
Je marmonnai mon mécontentement et m'attaquai d'une main à sa ceinture. Il rit de mon impatience, et se débarrassa rapidement de son pantalon.
Il embrassa ma mâchoire, mon menton, mes lèvres.
Ses baisers m'étouffaient, m'attisaient, m'excitaient et me calmaient tour à tour ; j'avais l'impression que ses mains étaient partout et je ne pouvais retenir des gémissements et petits cris de plaisir.
Je n'étais plus rien, plus rien d'autre qu'un paquet de sensations sous ses doigts.
Je dégageai un peu ma bouche.
Je serrai encore plus fort mes jambes autour de ses hanches, et gémis en sentant son érection s'enfoncer encore plus contre ma nudité.
Je me mordis la lèvre avec un regard malicieux.
Il grogna et se frotta contre moi.
Le désir et la frustration volaient entre nous, nous brûlant, nous faisant nous rapprocher, nous obligeant à nous faire une guerre des sens qu'aucun ne pouvait gagner... ni perdre.
J'enroulai à nouveau mes jambes autour de lui, mordis son cou, et descendis une main le long de son corps, jusque dans son caleçon, pour empoigner sa verge tendue.
Il gémit et me colla à lui.
J'attrapai son caleçon, et le lui retirai autant que je pus avec les mains, finissant de lui faire glisser le long des jambes avec les pieds, créant un frottement entre nos bassins qui me fit presque voir les étoiles.
Il m'embrassa et me pénétra sans plus de préliminaires.
« Cette nuit tu viens chez moi. » lâcha-t-il soudain.
Je le regardai, le souffle court sous le plaisir qu'il était le seul à savoir me faire éprouver.
« Quoi ?
_ Et demain. Et toutes les autres nuits.
_ J'ai pas voix au chapitre ? Rêve. »
Je m'attelai à orner son cou d'un suçon, et levai les hanches en m'agrippant à ses reins.
Il bougea légèrement des hanches.
« Tu veux pas connaître mon lit ?
_ T'as changé les draps, au moins ? » Grognai-je.
Il me sourit.
« Chut... »
Sa bouche fondit à nouveau sur la mienne, et j'oubliai une fois de plus tout ce que nous venions de nous dire.
Il reprit ses mouvements de bassin, et je me laissai aller, fermant les yeux, l'accompagnant dans ses va-et-vient ; la jouissance me frappa rapidement, et je mordis son épaule pour ne pas hurler de plaisir.
Une fois que mon cœur se fut calmé, je soupirai et enfouis ma tête dans son épaule.
« T'endors pas chérie. » murmura-t-il.
Il me prit dans ses bras.
« J'en ai pas fini avec toi... » chuchota-t-il, et je sentis mon entrejambe commencer à s'humidifier.
Je grognai.
« Ok. Mais pour la suite, on va chez toi... »
* I have a little dick and I assume it : j'ai une petite bite et je l'assume. Sympa le cadeau de Demetri à Edward hein ?
Alors ? Qu'en avez-vous pensé ?
Avez-vous cru jusqu'au dernier instant que Bella enverrait chier Edward ?
Avez-vous d'ailleurs envie d'envoyer à ce dernier des tomates virtuelles pour avoir couché avec Cassie ? Moi, oui. Mais ce n'est que mon avis :p
Et, enfin, qu'avez-vous pensé de la réaction de Bella... ?
A la semaine prochaine pour un chapitre titré... A fleur de coeur ! les amis ;) Bisousssss
