Bonsoir tout le monde !
C'est un peu pressées par le temps que nous avons terminé ce bout de chapitre que je vous poste ce soir. Bout de chapitre, parce que je vous livre là uniquement la première partie de A fleur de coeur... Désolée, mais c'est ce que nous avons décidé de faire pour ne pas vous faire poireauter trop longtemps dans l'attente d'un nouveau chapitre. Bon, quand même, il est long le truc hein. Et je pense que ça devrait vous plaire... J'espère du moins.
Vous êtes nombreuses à avoir râlé contre le comportement d'Edward avec Cassie ; et personnellement, (Effexor), je reconnais que mon mec m'aurait fait ça dans la vraie vie, il aurait déguerpi et plus vite que ça. Mais allez, soyons l'avocat du diable ; Edward était convaincu que Bella ne l'aimerait jamais, et voulait à tout prix tourner la page. Euh, en revanche, ça n'explique pas pourquoi il couche avec Cassie le soir de Réveillon, mais pour ça, c'est à Mushroom qu'il faut demander...
Enfin, vous êtes nombreuses à ne pas être contentes que Bella ait cédé aussi rapidement. Bon, d'une part, il faut quand même le faire pour résister à sexy Cullen, hein ? Et puis...
Je sais que c'était surprenant comme réaction, et si vous êtes attentifs/ves, Bella explique ses raisons à Edward, dans le chapitre qui vient ;-D. Donc je vous laisse découvrir !
Dans tous les cas, un énorme MERCI pour toutes vos reviews ! La barre des 1000 passée, ça c'est du bonheur ! On vous adore !
EDWARD
Avez-vous déjà connu une divine idylle, quelque chose de tellement beau que vous n'aurez jamais pu le rêver et encore moins l'imaginer ? Avez-vous déjà vécu dans l'utopie d'un conte de fées où vous ne pensiez à rien d'autre qu'à cette fin douce et sucrée " Ils vécurent heureux jusqu'à la fin des temps et eurent beaucoup d'enfants " ? Avez-vous déjà trouvé que le qualificatif " parfait " existait bel et bien et qu'il résumait exactement votre vie ? Avez-vous déjà pensé alors, que tout était trop parfait et que quelque chose de terrible allait forcément vous arriver ?
Parce que c'est ce que je pensais à ce moment-là.
oOo
Je quittai les bras de Morphée, un sourire aux lèvres, les sens et le corps repus d'un fantasme devenu réalité et m'étirai langoureusement en cherchant de la main celle qui me rendait littéralement dingue, au propre comme au figuré.
J'avais réussi à la convaincre de venir passer la nuit - trop courte - chez moi.
Notre première nuit ensemble.
En tant que nous.
Je m'étendis de tout mon long, ne la trouvant toujours pas et finis par ouvrir les yeux.
Mon sourire fondit comme neige au Soleil lorsque je remarquai qu'elle n'était pas là et mon estomac se contracta lorsque je ne remarquai ni musique, ni télé dans la pièce d'à côté.
Elle prend peut-être une douche.
J'enfilai rapidement mon bas de pyjama et un t-shirt noir, puis allai dans le salon.
Un grognement sortit de ma gorge quand je découvris le capharnaüm qui régnait dans la pièce et un soupir à la vue de l'horloge murale : 14 h 17.
Je me dirigeai vers la salle de bains et ne vis personne.
" Ok... " Marmonnai-je d'une voix cassée.
J'allai derrière le bar américain histoire de me caler quelque chose dans l'estomac et serrai mes mâchoires en voyant les débris des bouteilles que Lili avait cassées.
J'attrapai le lait au frigo et dus m'improviser contorsionniste pour prendre un bol et les céréales. Je me laissai ensuite tomber lourdement sur le canapé et mis la chaîne des sports afin que le silence pesant qui était installé dans l'appartement se dissipe.
Elle n'était plus là.
Elle était partie.
Et si elle s'était rendue compte qu'elle avait fait une grosse connerie ?
Et si elle était partie retrouver son sex toy ?
Ma gorge se serra et je posai le bol de céréales sur les papiers qui jonchaient la table basse.
Avais-je rêvé ce que j'avais cru être la douce réalité de cette nuit ?
Soudain, j'entendis qu'on entrait dans l'appartement et mon estomac dansa la salsa dans mon ventre.
Impossible que ce soit Jane et Jacob qui entrent aussi silencieusement, surtout vu l'état des lieux.
" Oh mon Dieu...
_ Oh putain...
_ Enfoiré... "
Je soupirai, étrangement déçu - foutrement déçu.
Avec un visage neutre, je me tournai vers Lili avec ses lunettes de Soleil vissées sur le nez, Jess et Vic plus ou moins réveillées, qui regardaient d'un air catastrophé la pièce.
" Bonne année, les filles. " Ironisai-je.
Jess et Vic grimacèrent en enlevant leur manteau tandis que Lili grognait en posant le petit sac de sport qu'elle tenait ainsi que son sac à main sur un tabouret.
" Je veux une Aspirine. Gémit-elle en enlevant son manteau à son tour.
_ T'en as déjà pris deux. On va te faire un café bien serré plutôt. Répliqua Vic en se faufilant derrière le bar en grimaçant une nouvelle fois.
_ On va en avoir pour des heures à tout rendre nickel. On s'est surpassés cette année. Dit Jess en regardant partout autour d'elle.
_ Edward... je peux t'emprunter ta salle de bains ? J'ai pas pu me laver quand ces deux harpies m'ont tirée du sommeil chez Jasper, Demetri ronflait dans la baignoire. Me demanda Lili.
_ Pour que tu y restes enfermée pendant que nous, on nettoie ? Hors de question. T'as fait des conneries, tu les assumes comme la " grande " fille que tu es. " Marmonnai-je en me levant.
J'allai poser mon bol plein sur le bar - ou du moins j'allai essayer - en tentant de finir de me réveiller et surtout en me forçant à me rendre à l'évidence : le nous au quel je m'étais trop vite habitué avait battu des records dans sa précocité.
La porte d'entrée s'ouvrit à nouveau pour laisser place à Jane qui avait les yeux au milieu des joues et à Jacob qui éclata de rire à la vue du salon.
" Toutes les pièces sont comme ça ? Demanda-t-il en enlevant son écharpe et son manteau.
_ J'ai pas eu le temps de vérifier ta chambre et le balcon. Marmonnai-je.
_ Je vais vérifier la salle de bains ! S'écria Lili en saisissant son sac de sport.
_ Toi, tu bois ton café et tu bouges pas ! J'y suis déjà allé. " Grognai-je.
Elle soupira en marmonnant et reposa son sac.
" Où sont les autres ? Demanda Jane en détournant les yeux de derrière le bar, une moue dégoûtée aux lèvres.
_ Demetri ronfle dans la baignoire de Jasper, qui lui, ronfle... Commença Jess en comptant sur ses doigts.
_ Respire fort ! La coupa Lili en grimaçant devant son mug de café fort.
_ ... Respire fort dans son lit...
_ Dont elles m'ont arrachée il y a plus d'une heure alors qu'on est rentrés à plus de 9 heures ce matin ! La recoupa la meilleure amie de ma sœur.
_ ... Tanya et Alec sont en plein préparatifs de départ... Continua Jess, imperturbable.
_ En plein préparatifs de quoi ? L'interrompis-je à mon tour, pas très sûr d'avoir très bien saisi.
_ De départ. Répéta-t-elle.
_ Tu ne serais pas parti aussi vite hier, tu saurais qu'ils partent faire un circuit spécial Hollywood à Los Angeles pendant 5 jours pour fêter sa sortie de la clinique. Le médecin nous a appelés hier pour nous l'annoncer, on voulait vous en faire la surprise. Naturellement, il faudra qu'elle soit suivie psychologiquement, mais le pire est désormais derrière nous... C'est une récompense de nos parents. Et comme maintenant avec Alec, c'est apparemment officiel, il part avec elle. Bref ! Au fait, pourquoi t'es parti comme ça ? Et t'es allé où ? On a essayé de t'appeler, c'était comme si on essayait de joindre un mort. Et encore, on aurait eu plus de chances avec le spiritisme. Dit Lili.
_ C'est vrai, ça. On se donne nos cadeaux, on se retourne, plus d'Edward ! Fit Vic.
_ Et Emmett te fait savoir qu'il sait très bien donner du plaisir à ta sœur... En plus vulgaire. " Gloussa Jess.
Un rictus étira mes lèvres alors que je saisissais une pomme verte.
" Et Bella et son copain, aucune nouvelle. " Termina Jess. " T'as quoi à manger, Edward ? J'ai un petit creux. "
Je me raclai bruyamment la gorge sans lui prêter la moindre attention et croisai le regard de lynx de ma meilleure amie, qui prit ses affaires et celles de Jacob pour se diriger ensuite dans ma direction.
" Jacob a appelé Embry ce matin qui lui a appris un drôle de truc. Bella n'avait pas passé la nuit chez elle, apparemment. Tu n'as aucune idée sur l'endroit où elle était... par hasard ? "
Je la regardai tranquillement, imperturbable.
" Pourquoi le saurais-je ? Répliquai-je.
_ Je ne sais pas... Peut-être parce que vous étiez tellement jaloux l'un envers l'autre hier soir que la tension accumulée a explosé. Et n'essaye pas de nier, je t'ai déjà dit que tu mentais très mal. Le seul qui ne s'en est pas rendu compte, c'est Alec, il devient aveugle à cause de sa dépravée. Même Demetri a des doutes, c'est pour te dire. Et on a croisé ta pseudo salope en venant. A croire que New York n'est pas assez grande. Et tu sais ce qu'elle nous a appris d'intéressant ? Elle n'a pas passé la nuit ici. Étrange, vu qu'elle est sensée être ta... copine. Ce qui veut dire que le petit suçon que t'as sous ton oreille gauche est l'œuvre de Bella. Et ne me force pas à te déshabiller pour vérifier les griffures fraiches dans ton dos. "
Un sourire naquit sur mes lèvres tandis qu'elle me scrutait attentivement.
« Je le savais ! Dit-elle sans me quitter des yeux.
_ J'ai rien dit ! Me défendis-je.
_ Ton sourire parle pour toi. Je te l'avais dit que vous ne tiendriez pas longtemps. Tu lui as fait beaucoup de mal avec ta salope, je pensais qu'elle allait te faire poireauter quelques jours. Mais je sais que tu peux te montrer très... Persuasif.
_ Tu as fait ta liste de bonnes résolutions ? »
Elle me lança un regard suspicieux.
« Pourquoi ? Me demanda-t-elle, sur ses gardes.
_ Parce que tu vas en rajouter une. Tu vas arrêter d'appeler Tanya ' La dépravée ' avant qu'Alec te renie et t'arrêtes d'insulter gratuitement Cassie. Tu devrais te sentir flattée qu'elle trouve Jacob aussi... Agréable à regarder.
_ Elle ne le regarde pas ! Elle le bouffe des yeux ! À chaque fois qu'elle regarde dans sa direction, elle pense si fort que je l'entends ' Vivement qu'on soit seuls tous les deux, que je te plaque contre un mur '.
_ Ne confonds pas ses envies et les tiennes. » La taquinai-je.
Elle me lança un regard noir et me donna un coup de poing dans l'épaule qui me fit sourire.
« Alec m'a déjà demandé de faire un effort avec... tu-sais-qui. Grogna-t-elle.
_ Tanya. »
Elle pinça ses lèvres et tenta de m'atomiser via ses pupilles mais je restai inflexible.
« Allez ! La forçai-je avec un rictus.
_ D'abord tu me dis si Bella a bel et bien passé la nuit ici. Toutes façons, j'en suis persuadée. Parce que tu as dit quelque chose à Rose hier soir qui m'amène à penser ça. L'apothéose étant ton départ précipité. D'ailleurs, tu as plus qu'intrigué Alec.
_ Ok, je baisse les armes. On a bien passé la nuit ensemble. » Soupirai-je. « Maintenant, dis-le.
_ Pourquoi elle n'est plus là ? »
Mon estomac se serra alors que je détournais mon regard pour ne pas lui montrer mon amertume.
« J'en sais rien. Dis-le !
_ Tanya. » Grogna-t-elle. « Comment ça t'en sais rien ? T'as gémi ' Cassie ' alors que... »
Elle s'interrompit et écarquilla les yeux.
« Vous n'avez rien fait dans notre chambre, j'espère !
_ Ca va pas ? M'insurgeai-je.
_ Ah... »
Je lui lançai à mon tour un regard suspicieux.
« Vous n'avez jamais...
_ Ca va pas ! Me coupa-t-elle en rosissant, ce qui voulait dire qu'elle ne disait pas la vérité.
_ Jane ! M'exclamai-je.
_ Tu as un lit tellement confortable !
_ Et de si bonnes lattes... » Ironisai-je. « Parce que vous avez couché ensemble plusieurs fois dans mon lit ?
_ Non ! »
Je lui lançai un regard lourd de sens.
« Peut-être deux... Cinq... Une petite quinzaine de fois, mais pas plus ! Et j'ai changé les draps à chaque fois !
_ Putain, Jane ! Je te l'avais dit...
_ C'est flatteur ! Rétorqua-t-elle.
_ Flatteur ? Répétai-je.
_ Ben oui. Ça prouve que ton lit est irrésistible.
_ Il faudra que je le ressorte, ça. ' Tu viens chez moi ? J'ai un super lit irrésistible.' Ricanai-je.
_ Ca m'étonnerait que Bella soit branchée plan à trois. »
J'ouvris la bouche pour répliquer et la refermai à la vue de son sourire goguenard.
« C'était une erreur. Marmonnai-je.
_ Ah non, Edward ! Tu ne vas pas recommencer ! On le sait que vous êtes amoureux l'un de l'autre. Alors maintenant, vous attendez qu'Alec ait fini de convoler en Californie, vous lui parlez, il pète son câble et je rattrape tout après. »
Je ricanai, incapable de m'en empêcher, et secouai la tête.
« Elle n'est pas amoureuse de moi. Sinon, elle ne serait pas partie. » Rétorquai-je.
Sans me quitter des yeux, elle sortit son portable de la poche de sa veste, pianota quelques secondes dessus et le porta à son oreille.
« Bella ? C'est Jane. Ramène tes fesses chez Edward... Oui, de suite ! Et oublie ton faux air blasé, je sais tout. Ramène Embry. À tout à l'heure... Bisous. »
Elle me sourit ironiquement et tourna les talons alors que mon Cœur battait lourdement dans ma poitrine.
Je soupirai et me retournai vers les autres pour constater que Lili avait disparu.
« Où est Lili ? »
Les filles me montrèrent toutes les deux d'un même mouvement de pouce la salle de bains.
Je soupirai une nouvelle fois et fermai un instant mes paupières pour ne pas céder à l'énervement qui menaçait de m'envahir d'une seconde à l'autre.
Des fois, j'avais vraiment l'impression d'être maudit.
oOo
« Bon, Lili, je te préviens que si dans trente secondes tu n'es pas sortie de cette pièce, je défonce cette porte et je t'y force, nue ou pas ! L'avertis-je une demi-heure plus tard.
_ Encore deux petites minutes, répondit-elle d'une voix pressée.
_ Ca fait trois fois que tu me dis ça ! Alors inutile de te pomponner comme pour aller voir le Prince William, je te ferai quand même nettoyer tes conneries ! »
Je l'entendis marmonner alors qu'on toquait à la porte. Je soupirai et allai l'ouvrir lourdement.
Mon estomac se serra et je regardai froidement Bella sans prêter la moindre attention à son sex toy puis retournai à la porte de la salle de bains.
« Tu l'auras voulu, Lili...
_ C'est bon, c'est bon ! » Marmonna-t-elle en sortant. « Tu devrais t'envoyer en l'air Edward. Ça te détendrait. »
Elle alla rejoindre les filles au bar alors que Jess et Vic éclataient de rire et que le pote de Jacob ricanait.
Je croisai le regard de Bella qui malgré moi m'arracha un frisson le long de l'échine.
« Elle a raison, Eddie. Ça ne te ferait pas de mal. dit(elle en arborant un petit sourire en coin.
_ Tu déposes ta candidature ? Ne pus-je m'empêcher de lui demander en levant un sourcil.
_ Pourquoi ? T'es si désespéré ?
_ Je bois un ou deux verres et je pourrai te considérer comme potable. »
Jess et Vic échangèrent un regard surpris et nous dévisagèrent avec attention.
« Je suis flattée, vraiment, mais je ne voudrais pas que tu tombes aussi bas.
_ Dis plutôt que tu ne pourrais pas assurer.
_ C'est vrai que le sexe anal, c'est pas mon truc. Ton côté gay resterait insatisfait. » Sourit-elle.
Le sex toy ricana, clairement moqueur.
« Tes poils feront illusion, chérie.
_ Je ne me négligerai pas pour tes beaux yeux, mon cœur.
_Je te l'avais dit hier, qu'ils étaient jaloux. Dit Vic à Jess.
_ ' Un jaloux trouve toujours plus qu'il ne cherche. ' Madame de Scudéry. Ça en augure des choses. Répliqua Bella, ironique, en se tournant vers elles.
_ On t'inclut dans le lot, enchaîna Vic.
_ Je confirme. Même si j'étais un peu bourrée. Renchérit Lili.
_ Au moins, je suis capable d'éprouver des sentiments. Fit Bella.
_ Vous nous faîtes quoi là ? Un interrogatoire ? Les coupai-je.
_ On croit pas en ton nouveau couple. Fit Jess.
_ C'est du flan. Rajouta Lili.
_ Et on croit pas que tu sortes avec lui. Fit Vic à Bella en lui montrant le sex toy.
_ Il y a un truc ou un bidule entre vous deux. Enchaîna Lili.
_ Ok. On avoue, on est tombés amoureux l'un de l'autre. On a passé une nuit torride et on est en train de se chauffer à votre insu pour remettre le couvert dès que vous serez partis. »
Un silence de plomb s'installa durant lequel je croisai le regard rieur de Jane.
« J'adore ce mec ! Ria Jacob.
_ D'ailleurs, si on pouvait se mettre au boulot, j'aimerais beaucoup que vous quittiez l'appartement, qu'on puisse aller s'enfermer dans la chambre. » répliqua Bella.
Lili la regarda, la bouche entrouverte, papillonnant des paupières, tandis que Jess et Vic nous observaient tour à tour avec suspicion.
« Et si vous nous montriez à quel point vous vous aimez ? » Demanda Jane.
Mon cœur rata un battement et je lui lançai un regard lourd de sens auquel elle répondit par un innocent sourire.
« Mais c'est pas de l'amour, ma grande. C'est juste du sexe. Rien de plus. » Répliqua Bella avec un sourire ironique et une pointe d'amertume.
Je la regardai intensément, mon cœur battant de façon lourde dans ma poitrine.
Devais-je voir un défi dans ses mots ?
Une sorte de ' Tu n'oseras pas ' ?
Sans plus réfléchir, je m'approchai d'elle et pris son visage en coupe avant de plonger sur sa bouche. Je crus entendre le cri étouffé de Lili mais je m'en foutais et rapprochai Bella de moi. Mes mains jouèrent quelques instants sur ses hanches et je fis courir ma langue sur ses lèvres avant de me reculer à contrecœur.
« Heureuse ? » susurra Bella à l'attention de Jane.
Mon souffle se bloqua dans ma gorge et je me détournai sans plus la regarde,r plein d'amertume.
Jane essaya de croiser mon regard, mais je fis comme si je ne l'avais pas remarqué.
« Affaire classée. On a du boulot. Dis-je un peu amèrement.
_ Et euh... Alec, il... Commença Jess.
_ Jess, la ferme ! » la coupa ma meilleure amie. « Lili, tu t'occupes du bar, et surtout de l'arrière du bar, Vic et Jess, de la bouffe qui traîne, Bella et moi, on s'occupe du tri et des cadavres de bouteilles, et les mecs, du balcon, de l'aspirateur, de la serpillère et des poubelles. Ceux qui ont fini en premier vont acheter des viennoiseries ; derniers excès des fêtes. Lili, envoie un message à Jasper. Il nous paiera un resto avec Demetri. Ça leur apprendra à dormir pendant que les autres bossent ! On y va ! »
oOo
Plus de trois heures plus tard, après un nettoyage du balcon dans les règles, six aller-retours avec Jacob à la déchetterie et le rangement de ma chambre suivis par la vérification dans les moindres détails par Jane, je soupirai de soulagement en entendant la porte d'entrée claquer sur Lili qui marmonnait.
Je retournai dans le salon, savourant pleinement ce retour au calme, et allai me poser quelques instants sur le canapé quand je me figeai en croisant le regard chocolat de Bella.
Je me repris vite et déviai mon chemin vers le bar, fermé.
« T'as pas oublié ta petite culotte ce matin, tu peux partir tranquille. » Marmonnai-je en attrapant une bouteille d'eau fraîche au frigo.
Elle se raidit et me regarda.
« Ah bon ? T'as plus envie que je passe la nuit chez toi maintenant ? »
Je la contournai sans la regarder. Il ne fallait pas que je la regarde. Trop blessé dans ma fierté pour l'affronter.
« Je t'en prie Bella. Je suis tout sauf con. Entre ton départ comme une voleuse de ce matin et ton ' baiser ' plus qu'insipide, me dis pas que t'en as envie.
_ Pardon ? Tu m'excuses, mais t'avais qu'à lire mon mot, ce matin ! Je suis partie pour t'éviter un réveil gêné si tu regrettais notre nuit ! Quant à ce que t'appelles un baiser insipide, non mais franchement, c'est quoi ce que tu m'as fait tout à l'heure ? J'aurais voulu convaincre tout le monde qu'on ne sortira jamais ensemble que je ne m'y serais pas prise autrement !
_ J'espère que tu te fous de moi. T'y aurais mis un peu plus de conviction, peut-être qu'on serait ensemble maintenant ! » Fis-je, très amer.
L'amertume. L'amie de cet amour acide et réconfortant que j'avais toujours connu et que je voulais voir se transformer en quelque chose de plus sucré. De plus elle.
J'eus un sourire encore plus amer.
« Arrête ! Ta tirade d'avant, ça puait l'ironie, tu sais quoi ? T'étais mille fois plus convaincant avec Cassie qu'avec moi. » Reprit-elle.
Je lui lançai un regard noir en me raidissant. Même si je savais que c'était de la jalousie, c'était là notre façon de nous dire je t'aime, et je ne pensais pas qu'elle en avait conscience.
« Parce qu'elle, je l'aime pas ! C'était facile de jouer la comédie ! Pas avec toi ! Avec toi c'est vrai, c'est difficile et ça fait peur ! T'embrasser devant tout le monde il y a encore quelques jours je l'aurais jamais fait ! »
Elle, elle voyait dans mon geste une action déplacée. Moi, j'y voyais une façon de dire que j'étais prêt à tout affronter pour elle. Des regards des autres jusqu'à lui.
Elle me lança un regard blessé.
« Dur de m'embrasser en public... Ok... Je suis même plus certaine que t'aies envie de parler à Alec. »
Elle se dirigea vers l'évier, se servit un verre d'eau. J'eus un rire nerveux.
« Je viens de t'avouer que je t'aimais et toi tu retiens quoi ? Claque la porte en partant. »
Je lui tournai le dos.
Est-ce que je lui avais vraiment dit ça... Comme ça ? Au milieu d'une presque dispute, révélé sans réellement le penser ? Avais-je vraiment fait ça ?
« Tu ne m'as pas dit que tu m'aimais. Tu m'as dit que tu ne l'aimais pas. Et je sais que je dois comprendre que t'as des sentiments pour moi, mais reste à savoir lesquels. Parce que tu m'aimerais, Alec serait déjà au courant et t'aurais pas couché avec l'autre ! » fit-elle avant de sortir de la cuisine.
Le bruit de la porte qui claque résonna en moi quelques secondes, jusqu'à me sortir de ma transe et de la nausée qui me gagnait.
N'avait-elle réellement rien compris ?
Sans réfléchir je me ruai dehors et dévalai l'escalier de service, priant pour ne pas l'avoir ratée.
Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent sur elle, alors que je m'arrêtais, le souffle court.
« Je t'aime. Je suis amoureux de toi. Je t'aime tellement que je crève de jalousie à l'idée qu'il t'ait eu avant moi. Et t'es vraiment trop conne si tu t'en es pas rendu compte. J'ai couché avec elle, tu t'es laissé embrasser par Alec et l'autre là... On fait des erreurs. Et alors ? » Lançai-je.
Elle me regarda, amère.
« Pourquoi je te croirais, hein ? T'as raison, je suis trop conne, mais pas parce que je devine pas tes soi-disant sentiments. Plutôt parce que tu m'embobines à chaque fois. Comment tu peux comparer deux baisers à des coïts ? T'as pas été foutu de m'attendre 15 jours, donne-moi une raison de croire à tes sentiments ! » se défendit-elle, les larmes aux yeux.
Passionnelle. C'était ce qu'elle était. Ce qu'on était. Un « Je te déteste tellement que je t'aime et que je ne peux plus vivre sans toi ». Un « Hais-moi de toute ton âme et je t'adorerai en retour ». Elle me rendait dingue et je voyais que le contraire était vrai.
Je la regardai intensément, un sourire amer aux lèvres, et rentrai dans l'ascenseur.
« Tu veux que je te prouve mes sentiments ? » Fis-je d'une voix très calme.
Elle se recula le plus loin possible de moi, dans la cabine.
Mon cœur battait à tout rompre. Et j'avais envie d'elle. Tellement envie que j'en tremblais.
« Faudrait encore que t'ait quelque chose à prouver. » Lâcha-t-elle.
Je me rapprochai petit à petit d'elle.
« Je suis pas du genre à courir dans la rue en le criant, je l'écrirai pas en géant sur un monument public, je t'enverrai pas une rose pour chaque jour où tu embellis ma vie parce que tu es une vraie chieuse et que c'est pas mon style mais je peux te regarder dans les yeux et te dire que je suis amoureux de toi. »
Elle détourna le regard.
« Sans te lancer dans de grands gestes plus débiles que romantiques, à supposer que t'aie eu des sentiments pour moi, t'aurais au moins pu faire l'effort de m'attendre 15 jours.
_ Après ton adieu et ton coup dans le dos ? Bien sûr... » Répliquai-je, amer.
Pourquoi compliquait-elle tout ? Pourquoi se faire du mal ? Pourquoi ne pas vivre l'instant présent ?
_ Tu venais de refuser de sortir avec moi ! Mais merde, tu penses que ça m'a été facile ces derniers mois ? Entre l'amour d'Alec pour une autre et ton rejet, sans parler de ce qui s'est passé entre-temps, tu crois que ça a été évident pour moi de te proposer ça ? Tu voulais que je dise quoi d'autre quand tu as craché sur ce que je t'offrais, hein ? Merci et sans rancune ? Essaie de te mettre à ma place deux secondes, si t'en es capable !
_ Tu m'as proposé ça par texto et comme si on te mettait un couteau sous la gorge. J'y ai pas cru une seule seconde, désolé !
_ Oui. Parce que comme je te l'ai dit, c'était difficile pour moi ! Malgré tout je voulais avancer. Tu ne m'as pas crue ? Alors c'est comme ça que tu me vois ? Je suis du genre à proposer à quelqu'un de sortir avec moi puis à me retirer avec un ' lol, je t'ai eu ' ?
_ Qu'est-ce que j'en sais ? Bella c'est pas moi qui te connait depuis plus de quatre ans ! Moi je te connais depuis quatre mois ! Comment je peux anticiper tes gestes ou comprendre tes sous-entendus ?
Je m'adossai à la cabine, fermant les yeux.
« Je te l'ai déjà dit mais c'est vrai : tu me rends vraiment dingue. »
Et je ne comprenais pas à voir ce fait. Ni comment Alec arrivait à l'occulter.
Elle s'adossa elle aussi à la paroi de l'ascenseur et me regarda un moment, fermée. Jusqu'à ce que je relève les yeux vers elle ; elle me jaugea.
« D'accord. » Reprit-elle enfin. « Alors souviens-toi de ce que tu m'as dit chez tes parents, une nuit. Si on s'était rencontrés à la fac, si j'avais pas connu Alec, t'aurais paraît-il tout fait pour m'avoir. »
Elle eut un court silence, son regard brillant d'un éclat dur.
« Je me serais pas laissé séduire facilement, peut-être même qu'on se serait accrochés, tu peux me croire. Ainsi, puisque t'es si doué pour jouer la comédie... Au moins une fois, essaie de faire ce que j'aurais voulu depuis le début. Ne me traite pas comme l'ex de quelqu'un, mais comme une fille que tu connais depuis quatre mois et qui t'en fais baver. Imagine qu'on se retrouve pour une raison X ou Y dans ce même ascenseur. Tu ferais quoi pour me prouver tes sentiments ? »
Si je l'avais vraiment connue avant, si elle n'avait jamais eu de contacts avec mon meilleur ami, j'aurais voulu nous perdre. Qu'elle soit à fleur de moi et que je sois à fleur d'elle. Qu'un simple je t'aime résume tout et règle tout.
Je lui lançai un regard à la faire fondre sur place et me décollai de la cabine pour venir contre elle ; je caressai sensuellement ses hanches, et l'embrassai.
« Je t'aime. » Fis-je.
Je l'embrassai à nouveau. Elle passa ses mains dans mes cheveux, approfondissant notre baiser, et tâtonna d'une main pour appuyer sur le bouton stop de l'ascenseur aux portes fermées depuis longtemps.
Une fois que la cabine fut bloquée, elle sourit contre mes lèvres, et ses mains glissèrent sous mon tee-shirt...
BELLA
Sortant de la salle de bains simplement dans un débardeur et une petite culotte noirs, je retournai dans la chambre d'Edward récupérer quelques vêtements.
J'entendis un grognement, et je le vis commencer à remuer entre les draps ; mon cœur loupa un battement. Doucement, je me glissai dans son dos, et passai mes bras autour de lui.
Il s'étira, émergeant à peine de son sommeil, et se mit sur le dos ; je ne pus réprimer un sourire. Une douce chaleur naquit dans mon bas ventre et je me plaçai à califourchon sur lui, penchant ma tête vers son visage.
« Salut. »
Il sourit, m'allongea brusquement contre lui, et passa sa main dans mon dos, caressant ma peau sous mon débardeur.
« Salut. » fit-il d'une voix très cassée.
Je l'embrassai doucement ; puis mon entrejambe rencontra son érection matinale, et je ne pus retenir un gémissement.
« Tu devrais me lâcher si tu ne veux pas qu'on passe la journée au lit. » murmurai-je.
Presque malgré moi, je me mis à frotter nos bassins l'un contre l'autre. Il ouvrit des yeux chargés de désir et m'embrassa à son tour.
« T'es une vraie diablesse. » dit-il en continuant à caresser mon dos.
Je souris, descendis ma bouche de ses lèvres à son épaule, et me mis à la mordiller tout en caressant ses abdos d'une main, me délectant de les sentir frémir sous mes doigts.
« Moui... » commençai-je.
Ma main descendis doucement, et j'attrapai son érection à travers le tissu de son caleçon.
« … Mais ça n'a pas l'air de te déplaire. » souris-je en le regardant d'un air brûlant.
Ses abdos se contractèrent violemment et je pus jurer qu'il se retenait de gémir ; il me renversa, et embrassa mon cou sur toute sa longueur, jusqu'à mon oreille, sur laquelle il fit glisser sa langue.
« J'ai toujours pas révisé. Fit-il.
_ Moi non plus. C'est pourquoi je te suggère qu'on passe la journée et le nuit séparément. On pourrait se rejoindre demain après-midi... Qu'est-ce que tu en dis ? »
Je remontai ma main de son caleçon à son torse, mais emprisonnai ses hanches entre mes jambes, soupirant en sentant sa virilité se presser contre ma petite culotte déjà trempée.
Il remonta mon débardeur, et baissa la tête pour embrasser mon ventre ; sa langue joua avec mon nombril, et je gémis.
« Tu penses que tu tiendras ? Murmura-t-il en jouant avec l'élastique de ma culotte.
_ Je sais pas... Au pire, je demanderai à quelqu'un de m'enfermer. » Répondis-je en glissant la main dans ses cheveux.
Il sourit, et ses lèvres descendirent de plus en plus bas à mesure que mon rythme cardiaque, lui, augmentait frénétiquement. Sa bouche se posa sur le tissu humide de ma culotte, et je fermai les yeux, me tortillant sous ses caresses.
« Près de 24 très longues heures sans toucher ma peau, tu vas devenir dingue. » Chuchota-t-il d'une voix rauque, envoyant de petites ondes vers mon sexe sensible.
Je retins un gémissement.
« Oh, mais je le suis déjà... Soufflai-je.
_ Et... à quel point ? »
Je me figeai un peu, et déglutis discrètement.
Je t'aime. M'avait-il dit la veille.
Moi aussi. Avais-je pensé très fort – si fort.
Mais je ne voulais pas encore me jeter à corps perdu dans le fol espoir de pouvoir former un couple heureux avec lui... Du moins, pas avant d'avoir parlé avec Alec.
« Au point... De ne pas avoir envie de quitter ce lit. » Éludai-je.
Il me sourit, et releva la tête pour poser son menton sur mon ventre, faisant s'accroître la chaleur en moi.
« Et... Pourquoi ? » me demanda-t-il en caressant mes cuisses.
Mal à l'aise, je le regardai avec détresse.
« Tu tiens vraiment à parler de ça maintenant ? »
Il se redressa et me regarda quelques secondes sans rien dire, alors qu'un froid se faisait en moi ; puis il se leva et s'habilla.
« Parce que tu préfèreras le faire devant Alec ? »
Il sortit de la chambre, et je l'entendis aller jusqu'au bar.
Je restai quelques minutes allongée, sur le dos, le cœur cognant douloureusement dans la poitrine.
Comment lui dire...
Comment lui dire que j'ai du mal à lui accorder ma confiance après... Tout ?
Je frissonnai, et dans un sursaut de courage, je me levai à mon tour et allai le rejoindre presque à contrecœur.
Il avait sorti de quoi déjeuner sur le bar ; je m'arrêtai à une certaine distance de lui, le regard éteint.
« Oui. Écoute... Ce que tu m'as dit hier, t'imagines pas ce que je ressens à espérer que ce soit vrai, et une part de moi crèverait d'envie de te dire que c'est réciproque. Mais il y a l'autre part, qui me rappelle qu'il y a 48 heures, tu faisais tout pour me faire souffrir. Alors qu'il t'aurait suffi, je sais pas ! De venir m'embrasser dès mon retour de Forks pour que je t'avoue tout ce que tu aurais voulu entendre. »
Je me passai la main sur le visage.
« J'ai peur que tu me craches au visage dès que je baisserai la garde. » lâchai-je soudainement.
Je retournai dans sa chambre, ramassai mes vêtements et me rhabillai rapidement.
Il ne m'avait pas suivie, mais j'étais obligée de repasser par le bar pour sortir de son appart.
Quand j'arrivai devant lui à nouveau, il posa son regard sur moi.
« Parce que tu me crois pas ou tu crois que je suis le genre d'enfoiré qui dit ce genre de choses pour coucher avec toi ? »
Je me passai une main tremblante dans les cheveux.
« Oh non, je sais que tu ne dirais pas ça juste pour me mettre dans ton lit... »
Comme si t'avais eu besoin de me le dire...
« Mais... » repris-je avant de m'arrêter.
Je détournai le regard.
« La question n'est pas de te croire. J'ai... Je sais pas. Peur que tu te trompes. Ou que ça cesse. »
Je lui lançai un regard blessé.
« J'ai peur que tu ne me refasses mal. »
Il eut un sourire amer.
« N'aies aucune relation avec personne alors. Parce que que ce soit en amour, en amitié ou relation simple tu souffriras. Va vivre sur la banquise ou dans le désert. Et sors de ma vie. »
Je me glaçai.
« Je sais que la souffrance est inhérente à toute relation. Mais toi, tu fais plus fort que n'importe qui. La preuve. Tu préfères que je me casse plutôt que d'attendre que je sois capable de t'avouer que je t'aime ? Belle preuve d'amour, Edward. » fis-je, très amère.
Sans attendre de réponse, je tournai le dos, attrapai mon sac à main resté sur le canapé, et me dirigeai vers la porte d'entrée ; je sortis, et la refermai derrière moi, mais elle se rouvrit bien vite.
« Tu fuis toujours devant la moindre difficulté ? » M'interpela-t-il du pas de la porte.
Je me figeai et me retournai vers lui.
« Quand t'en es l'auteur, aucune difficulté n'est moindre. »
Il sourit presque tristement.
« Je te dis que je t'aime, tu me réponds que tu n'es pas capable de m'en dire autant parce que t'as peur de souffrir, mais tu restes quand même. C'est pas... Bizarre, comme réaction ? »
Je m'approchai un peu de lui, tête baissée.
« C'est notre relation qui est bizarre. Je devrais te détester. »
Je frissonnai.
« Mais je ne peux juste pas. Ajoutai-je dans un murmure.
_ Je devrais t'être indifférent. J'ai tout fait pour t'être indifférent. Je ne le peux juste pas.
_ Tu ne veux pas comprendre que je puisse avoir peur que tu me jettes une fois de plus ?
_ Si. Mais moi je peux te dire que j'ai peur de voir débarquer un autre sex toy. On n'avancera jamais comme ça.
_ Arrête de l'appeler comme ça. Ce n'est qu'un ami venu me soutenir quand on m'a appris que tu m'avais remplacée ! Parce que tu crois quoi ? À la base, je ne voulais même pas venir à ton réveillon ! Tu peux remercier Embry de m'avoir quasi forcée à repartir pour New York !
_ Oh oui bien sûr. Je vais aussi le remercier d'avoir des vues sur ma copine. » Répliqua-t-il, très amer et ironique.
Je relevai les yeux vers lui, me mordillant la lèvre.
« Il n'en a pas.
_ Je t'en prie Bella ! La façon dont il te regarde... Ses allusions... Ses yeux qui me crient qu'il me collerait bien son poing dans la gueule... »
Je ne pus réprimer un petit sourire.
« Mais il le ferait volontiers. Je suis comme une sœur pour lui.
_ Et en plus il est du genre incestueux. Il a toutes les qualités ! »
Je secouai la tête.
« Je suppose que je devrais être flattée que tu croies que j'attire tant de mecs. Mais tu te trompes.
_ J'ai pas dit tous. Il y aurait de quoi péter un câble sinon. J'ai juste dit lui. Vivement qu'il s'en aille.
_ Il repart demain matin. »
Il eut un rictus, et j'eus l'impression que mon cœur se remettait à battre – moins douloureusement.
« Je lui passe l'adresse de Cassie si il veut. Je suis sûr qu'elle sera très heureuse de l'accueillir dans son lit. »
Je lui lançai un regard blasé.
« Désolée, pour une nuit ça l'intéressera pas.
_ Il a tort. Elle embrasse très bien. » Répliqua-t-il avec un rictus.
Je lui lançai un regard noir.
« C'est quoi la prochaine étape ? Tu soupires en regrettant de pas l'avoir testée ? »
Cette fois, il me sourit vraiment.
« Non. Prochaine étape je soupire parce que tu es toujours dans le couloir alors que tu es censée partir en début d'après-midi et qu'il n'est même pas dix heures. Mais si tu veux je peux continuer à te rendre jalouse. » fit-il avec un regard intense.
Je croisai les bras sur ma poitrine.
« Je ne te le conseille pas. »
Il sourit encore plus.
« J'adore quand t'es jalouse.
_ N'en profite pas, Edward ! » Menaçai-je.
Il éclata de rire.
« Tu attends quoi ? Que je craque et que je vienne te faire l'amour au milieu du couloir ? Parce que tu m'as plus que frustré tout à l'heure. »
Je lançai délibérément un regard à son entrejambe.
« Ah ? Ça ne se voit pas. Le t-shirt que Dem t'a offert est adapté finalement. »
Il soupira et enleva négligemment son tee-shirt.
« Ma peau se sent très seule sans toi. »
Je m'avançai vers lui, jusqu'à le frôler sans le toucher.
« Elle va devoir s'y habituer pendant une journée entière. »
Il s'attela à défaire lentement les cordons de son bas de pyjama, qui tomba dangereusement sur ses hanches.
« Ça sera très très difficile si tu ne lui donnes pas un aperçu de nos retrouvailles. »
Je mis mes mains sagement derrière mon dos, et me penchai sur lui, mes lèvres frôlant la peau brûlante de son cou.
« C'est ça qui est si bon. »
Il me plaqua brutalement contre le chambranle et m'embrassa passionnément.
« Je suis pas d'humeur pour la torture. » Fit-il d'une voix très rauque.
Il attrapa mon sac de mes mains et le jeta à l'intérieur de son appart.
J'agrippai sa nuque.
« Prends-moi contre la porte si tu ne veux pas que je ressorte de chez toi »
En réponse, il grogna, me saisit, referma la porte dans un claquement et me plaqua contre.
oOo
Les cours de mon option sur la littérature française du siècle des Lumières commençaient à sérieusement me gaver – pourtant, j'appréciais la verve de certains auteurs – et depuis que j'avais terminé de réviser mes fiches sur l'un de mes cours à plus gros coef, j'avais l'impression de ne plus avancer.
Mon esprit se mit à vagabonder, et je me surpris à me demander ce que fa isait Edward.
Est-ce qu'il pensait à moi lui aussi ?
Je saisis mon portable, et le contemplai en me mordillant la lèvre un moment.
Il pourrait se mettre en colère si jamais je le dérangeais en pleines révisions...
C'était vrai, on était déjà en retard, et même si j'étais de ceux qui allaient régulièrement en partiel en free style comme disait une de mes anciennes camarades de la fac, je pouvais comprendre qu'Edward soit agacé que je l'interrompe s'il n'avait pas fini ses révisions.
En même temps... S'il n'avait pas fini, il n'aurait qu'à éteindre son portable. Je ne lui en tiendrais pas rigueur.
Je souris, et tapai quelques mots.
« Salut Eddie. Je suis une amie de Jess. Elle m'a dit que tu étais un très bon pédagogue, et j'ai quelques difficultés avec certains cours. Accepterais-tu de me donner de l'aide pour faire rentrer la linguistique ? »
J'attendis la réponse en me mordillant la lèvre.
Moins de deux minutes plus tard, je la recevais.
« Une amie de Jess ? Ça dépend si t'as une aussi belle poitrine qu'elle. C'est quoi tes mensurations ? »
Je souris, ravie. Il rentrait dans mon jeu. Il n'avait pas l'air fâché... Du tout.
« En quoi est-ce important ? Tu dois savoir que la taille ne compte pas... »
« J'aime bien les flotteurs quand il n'y a pas de cerveau... à prendre ou à laisser. » me répondit-il.
Je hoquetai. Quel culot !
« Humm, un garçon qui a le cerveau au Sud... Finalement, Jess a dû mal m'aiguillonner... Tant pis ! »
« Ça dépend. Si t'es du genre petite brune hyper sexy et super chieuse je peux peut-être me montrer conciliant... »
Un sourire naquit sur mes lèvres malgré moi? Il avait le don pour sauter du goujat au mec adorable.
« Sexy je sais pas... Mais effectivement je suis bien plus qu'hyper chieuse. Et toi Eddie ? As-tu un ego digne de l'impressionnante érection dont on m'a vanté les mérites ? »
« Tu veux savoir si quand je claque des doigts les filles tombent ? ... Oui. Si elles font la queue devant mon appart ? … ça arrive. Si je pourrais te faire monter aux rideaux ? … Sans aucun doute. Fantasme ? »
Connard...
« Hum, 24 heures de sexe avec un inconnu sur un bateau... Et toi, Narcisse ? »
« Un harem suffisamment grand pour avoir une fille toutes les heures. Si possible moyenne, brune, super sexy et extrêmement chieuse. Position favorite ? »
« Aucune... Je ne suis pas restrictive. Tu aimes donc avoir des filles à disposition... Mais seulement une à la fois, ou plusieurs ? »
« Je suis quelqu'un de très gentil tu sais. S'il y en a qui veulent s'inviter elles sont les bienvenues. »
Ben voyons.
« Je vois... Tu n'as donc jamais rencontré de fille capable de te satisfaire toutes les heures... Ou bien es-tu incapable d'assurer avec la même plusieurs fois de suite, Eddie ? »
« Non. J'ai cru la rencontrer mais ses sentiments ont du mal à... S'exprimer. »
Mon cœur ralentit, et je me sentis soudain moins enjouée.
Et voilà comment on passait d'un échange anodin, un peu coquin et amusé, à une réplique sérieuse qui pouvait facilement dégénérer en dispute.
Je me maudis intérieurement.
Puis, le cœur un peu rapide, je lui envoyai par texto la question qui me taraudait.
« … Tu lui en veux ? »
J'avais vraiment besoin de savoir, désormais.
Parce que finalement, je me trouvais moi-même idiote de ne pas réussir à formuler ces trois petits mots communs, après lui de surcroît... et sachant que je les pensais. Tout ça parce que j'avais...
Peur.
Mais peur de quoi, finalement ?
S'il venait à rompre... Est-ce que je souffrirais moins de ne pas lui avoir avoué mon amour, ou cela ne serait-il pas plutôt égal...
Voire, est-ce que je ne souffrirais pas plus de ne pas avoir exprimé clairement mes sentiments ?
« Je peux pas dire que c'est quelque chose qui me passe par dessus mais je peux pas trop lui en vouloir. Du moins je crois... »
Mon cœur loupa un battement à la vue de ces derniers mots, et, envahie d'une certaine douleur, je refermai mon portable et me reculai lentement pour m'adosser au mur contre mon lit.
Puis, je pris ma décision.
En un quart de seconde.
Soudain emplie d'un sentiment d'urgence, je me levai d'un bond, et me mis à fouiner partout à la recherche de ce qui pourrait m'être utile.
Je trouvai un carton de mon déménagement. Pas mal. J'en découpai un très large pan, sur lequel je collai un tas de feuilles blanches, et je me saisis d'un épais marqueur noir.
Trois quarts d'heure après son dernier message, je m'arrêtai en face de son immeuble, et je sortis mon portable.
« Regarde par la fenêtre de ton salon. » lui envoyai-je.
Tête levée vers sa fenêtre malgré les flocons qui commençaient à tomber sur moi, j'attendis impatiemment qu'il apparaisse ; et il le fit.
Mon souffle se coupa au moment où il posa le regard sur moi. Je fus prise un court instant de l'envie de me dégonfler, mais je m'en retins, et dressai vers lui, sous la lueur d'un lampadaire, la pancarte que j'avais faite à son attention, et sur laquelle j'avais inscrit en grandes lettres ce que mon cœur contenait.
Le fait que je sois incapable de le formuler est peut-être la plus grande preuve que je suis tombée amoureuse de toi.
Je le vis presque nettement retenir son souffle, et ses yeux, même à la distance nous séparant, me parurent parcourir plusieurs fois ma pancarte. Ou peut-être était-ce un effet de mon imagination.
Je la baissai au bout d'une minute, et trouvai le cran de lui faire un sourire plus brûlant que timide avant de tourner les talons et de m'éloigner vers mon appartement.
Je mis près d'une heure à rentrer ; la neige commençait à s'accumuler sur le trottoir non salé, et je me plaisais à regarder pensivement les empreintes que je laissais dans la poudreuse blanche. À mesure que j'avançais et me retournais pour les contempler, elles disparaissaient sous une nouvelle couche de flocons.
Et je me surpris à me demander si, maintenant que j'avais voulu laisser mon empreinte dans le cœur d'Edward, d'autres filles viendraient au fur et à mesure la recouvrir...
Puis j'eus un reniflement dédaigneux pour moi même, et me dirigeai d'un pas plus assuré vers mon appartement.
Comme si on pouvait comparer neige et sentiments...
oOo
On sonna à la porte de la baraque que je partageais avec Angela et les autres alors que je me versais une tasse de chocolat chaud fait maison.
Je sursautai, et regardai ma tenue en me mordillant la lèvre. Je portais un confortable pyjama en coton... Pas très sexy, mais au moins, je pouvais aller ouvrir sans craindre d'être taxée d'atteinte à la pudeur.
Je jetai en passant à côté un regard à mon portable ; Edward ne m'avait pas envoyé de message depuis tout à l'heure.
Je ne savais pas vraiment comment je devais le prendre.
On sonna à nouveau, et j'allai entrebâiller la porte.
Mon cœur se mit à faire des bonds dans ma poitrine quand je reconnus le visage sans défaut de l'autre côté, et j'ouvris plus grand.
Des flocons de neige s'étaient accrochés et s'attardaient dans ses mèches cuivrées, et son regard émeraude scintillait. La lueur de la lampe derrière moi éclairait faiblement son visage pâle, qui se découpait dans l'obscurité, et j'aurais tant aimé pouvoir le photographier en cet instant – mais j'avais peur de rompre le charme en esquissant le moindre mouvement.
Je réussis par je ne sus quel miracle à reprendre le contrôle – du moins en apparence – de mes émotions.
« Tu veux un chocolat ? » Fis-je avec un sourire mutin.
Il eut un rictus.
« Tu vas me proposer une comédie musicale ou mieux une comédie romantique ?
_ Non. Après, je révise. » Répliquai-je sans le lâcher des yeux.
Menteuse. Comme si t'allais pouvoir ouvrir un livre...
Il me regarda intensément avec un sourire qui fit accélérer mon cœur.
« Je crois pas non... »
Mon sang me parut s'électriser, et j'eus soudain chaud, très chaud.
Je portai une main à sa nuque, mon regard descendant sur sa bouche parfaite, et je la fixai intensément.
« Pourquoi ? T'as mieux à proposer ? » soufflai-je.
Il me prit par la taille, et se pencha légèrement pour embrasser mon cou.
« Oh oui... Va t'habiller. »
Il se recula avec un nouveau rictus, et je réprimai une moue. Je commençai à monter deux marches de l'escalier menant à ma chambre, mais me stoppai, curieuse, et me retournai.
« Pourquoi ? Demandai-je.
_ Tu verras. Mets des sous-vêtements sexys, j'crois qu'on en aura besoin... »
Je frémis, et terminai de monter les escaliers.
Arrivée dans ma chambre, je me mis à fouiller frénétiquement mon armoire. Je me décidai pour une très petite culotte en dentelle noire, le soutien-gorge assorti, des porte-jarretelles. Je passai le tout, et fouillai encore à la recherche d'une robe que m'avait forcée à acheter Jane l'an dernier – et aujourd'hui, je l'en remerciais.
Je la trouvai dans un coin de ma penderie ; une robe pull en laine, bleu roi, assez simple mais très jolie. Je la passai, et pris avec des jarretelles épaisses noires, que j'accrochai aux porte-jarretelles.
Je me contemplai une seconde dans le miroir.
Définitivement, merci, Jane.
Je complétai ma tenue par une paire de bottes à talons pas trop hauts, une veste noire assez chaude, un bonnet – n'en déplaise à Lili – et une écharpe, et je redescendis.
Edward me lança un regard brûlant, auquel je répondis par un petit sourire aguicheur.
Il saisit ma main, et m'entraîna à l'extérieur. Je me serrai contre lui, silencieuse, et nous nous mîmes à déambuler dans les rues qui se recouvraient de neige.
Je reconnus rapidement le chemin, mais ne pus m'empêcher de jeter un regard surpris à mon compagnon quand il nous arrêta devant l'imposant immeuble.
Celui d'Alec.
Edward regardait la bâtisse avec un drôle de sourire.
« C'est ici qu'on s'est rencontrés la première fois. »
Il se retourna vers moi avec un sourire en coin craquant.
« Qu'est-ce que t'as pensé en me voyant ? »
J'eus un petit sourire et détournai mon regard de lui, le reportant sur la façade que je connaissais par cœur, pensive.
« J'ai pensé ' Alors c'est lui, le meilleur ami ? Il a pas l'air très amical. ' »
Il sourit.
« Et moi je me suis dit ' Alors c'est elle qu'il m'a cachée plus de quatre ans ? Je vois pas pourquoi '. Maintenant je commence à en avoir une petite idée. »
Il me prit contre lui, et m'embrassa. Je lui rendis son baiser en me collant le plus possible contre son corps chaud, puis je rompis notre baiser sans me reculer ; à la fois pour reprendre mon souffle et pour pouvoir le regarder dans les yeux.
« A partir de quand tu m'as désirée ? Je veux dire, à partir de quand tu l'as réalisé ? »
Il réfléchit un instant.
« Ce jour-là, tu es devenue une obsession un peu malgré moi. Je voulais te provoquer tout le temps. Et puis... il y a eu ce soir... Notre prochaine étape. »
Il me reprit la main, et nous nous dirigeâmes à travers les rues vers une destination que je ne reconnus pas tout de suite.
Puis l'enseigne lumineuse me fit l'effet d'un électrochoc, et je déglutis.
Le club de Jazz.
Tanya et Alec.
Edward.
Notre premier baiser, brut et sans sentiments.
J'eus un petit sourire.
« Sur le coup, j'avais pas réalisé que c'était toi qui m'embrassais. » Confessai-je. « Je m'en suis rappelé dans une chambre d'hôtel pendant mon trajet vers Forks. »
Je laissai échapper un petit rire.
« Heureusement que tu n'y étais pas avec moi d'ailleurs.
_ On se serait battus ? Demanda-t-il.
_ Je t'aurais giflé et engueulé, sans aucun doute. »
J'aurais fait passer toute ma colère sur toi...
« Et ça se serait terminé comment ? » sourit-il.
Il me fit rentrer dans le club, et je répondis à son sourire.
« Je sais pas. Tu aurais fait quoi ?
_ J'aurais retenté de t'embrasser... »
Je me collai à lui, et glissai une main dans ses cheveux humides.
« Je t'aurais tué... J'aurais essayé du moins. »
Il caressa mes hanches, puis mes fesses, me donnant envie de plus – mais ce n'était pas le lieu.
_ Je sais me montrer... Très persuasif. T'aurais fini par céder.
_ Eh bien je t'aurais tué après. Souris-je.
_ Parce que je t'aurais donné le meilleur orgasme de toute ta vie ? »
Je le frappai sur le torse, amusée.
« Hey ! Quelle arrogance !
_ Un jour, je te ferai l'amour en pleine dispute. On verra si c'est de l'arrogance. »
J'eus un petit sourire. Les disputes ne manqueraient sûrement pas dans l'avenir.
Je jetai un regard circulaire au bar, et revins à Edward.
« C'aurait été trop tôt. » conclus-je simplement.
Il m'entraîna au fond du bar, vers les toilettes ; et mon cœur loupa quelques battements quand il me poussa contre le mur, à l'endroit où, si mes souvenirs étaient à peu près exacts, nous nous étions embrassés pour la première fois.
Enfin... Où il m'avait embrassée.
Je levai le regard vers lui, et il se plaqua contre moi comme ce soir-là.
« Qu'est-ce que tu aurais fait si tu avais vu que c'était moi ? Demanda-t-il.
_ J'ai toujours su que c'était toi au fond. Je l'ai juste occulté... Du moment où tu m'as lâchée jusqu'à cette chambre d'hôtel.
_ Je me suis trouvé un prétexte... » Souffla-t-il en se collant plus à moi.
Je glissai ma main dans ses cheveux.
« Tu n'en as plus besoin, maintenant. » Murmurai-je.
Il sourit et s'approcha de mes lèvres.
« Je voulais savoir ce que ça faisait... De t'embrasser. »
Je souris à mon tour.
« Et t'as pas été déçu du voyage ? Soufflai-je.
_ Tu m'aurais pas giflé, j'aurais perdu pied. »
Sa bouche se posa sur la mienne, et je réprimai un gémissement ; jusqu'à ce que je sente sa main glisser sous ma robe.
« Y aurait pas eu Alec, même si t'avais été un inconnu, je me serais offerte. Haletai-je.
_ Tu veux dire... S'il n'avait pas été là ? Ou si tu ne l'avais pas connu ? Demanda-t-il en caressant ma cuisse.
_ Si je l'avais pas connu... Parce qu'alors, je ne l'aurais pas trompé. »
Je reculai légèrement ma tête pour planter mon regard dans le sien.
« Maintenant, c'est toi que je ne tromperais pas. »
Il me regarda quelques instants, et m'embrassa intensément.
« Pourquoi tu ne lui as jamais rien dit ? Murmura-t-il contre mes lèvres.
_ Pourquoi l'aurais-je fait ? Il t'en aurait voulu.
_ Raison de plus. Vous n'auriez pas souffert. Tu serais peut-être encore avec lui et je serais en train de crever de jalousie. »
Je souris et embrassai son cou.
« Tu regrettes ? Le taquinai-je.
_ Non. Parce que j'aurais fini par le trahir d'une façon ou d'une autre en tentant de t'avoir ne serait-ce qu'une fois. »
Sa bouche trouva à nouveau la mienne, exigeante, et je me laissai couler dans ce baiser à la fois urgent et possessif ; je glissai difficilement ma main sous ses vêtements, et commençai à caresser son dos.
« C'est une autre époque. » fis-je quand il s'éloigna.
Je déglutis.
« Ce soir, c'est à toi que j'appartiens. » Ajoutai-je dans un souffle.
Il écarta un peu mes jambes et se plaça entre ; je gémis, dévorée par le désir.
« J'aurais absolument tout fait pour que tu cèdes.
_ Il aurait fallu que je rompe avec Alec avant.
_ J'aurais rendu nos disputes indispensables à ton quotidien. Mon regard se serait fait plus intense... »
Il remonta doucement ma robe, et plaqua son bassin contre le mien ; mon souffle se fit erratique, et j'oubliai presque que nous étions dans un lieu public.
« Tu ne m'aurais pas simplement tourné le dos ? Par respect pour Alec ?
_ Je t'aurais goûtée une fois avant. Lâcha-t-il dans un souffle.
_ C'est pas mieux de m'avoir toute à toi maintenant ? »
Ses mains me rendaient folles ; je sentis son érection se presser contre ma petite culotte déjà trempée, et je mordis son cou pour étouffer un gémissement plus fort.
Il me plaqua à nouveau contre le mur.
« Tu crois pas que tu me rends assez dingue pour me torturer comme ça ? »
Je souris, et descendis une main pour presser son érection.
« Tu me préfèrerais plus sage ? »
Il laissa échapper un grognement.
« J'ai jamais visité la réserve. Constata-t-il d'une voix rauque.
_ C'est l'occasion rêvée... Je ne veux pas que Newton nous surprenne. À moins que tu ne veuilles l'inviter, toi qui est si gentil ? Souris-je contre ses lèvres.
_ Rêve. Je veux bien te partager avec Cassie mais sûrement pas avec lui. » Fit-il avec un rictus.
Je lui lançai un regard sournois malgré la pointe de jalousie qui me titilla.
« Si je dois faire de triolisme avec Cassie, Embry sera le troisième. »
Il haussa un sourcil.
« Impossible. Même si elle était son genre et que je n'étais pas possessif – et malheureusement pour lui je le suis – il pourrait pas assurer les deux.
_ Je pense que si... »
Je fis glisser mes mains sur son torse, par-dessous ses vêtements.
« Mais j'ai pas envie de lui. Complétai-je.
_ Tu penses que si... Donc l'idée de coucher avec lui t'a effleuré l'esprit ? »
Je me plaquai à lui, réprimant un soupir.
« Pas réellement... Ce qu'il faut comprendre, c'est que j'ai grandi avec les Quileutes. C'est avec eux que j'ai commencé à parler sexe et à découvrir... Ce monde. Alors je ne nie pas qu'il y a parfois eu... Des pensées ambiguës. »
Il grogna en caressant mes hanches.
« Et tu m'en caches combien des comme ça ? Que je me prépare à l'idée. »
J'éclatai de rire.
« Je t'en prie Eddie. T'as dû avoir plus de filles dans ton lit que moi de pensées impures. »
Il fit mine de réfléchir.
« C'est vrai. Tu veux une liste ? » lança-t-il avec un sourire goguenard.
Je lui renvoyai un regard noir.
« Oui, pourquoi pas. Afin qu'on soit égaux, je coucherai avec autant de mecs. Mais t'inquiète pas, je reviendrai.
_ J'attendrai pas cinq ans mon amour désolé. C'est le temps qu'il te faudra pour me rattraper. »
Je posai mes lèvres sur les siennes.
« Je reviendrai dans ton lit entre deux gars. »
Il eut un rictus un peu méprisant.
« Et tu crois que je vais accepter ça ? »
Dévorée de désir, je plaquai mon entrejambe contre son érection et commençai à caresser ses fesses par dessus son jean.
« Et tu comptes faire quoi pour m'en empêcher ? M'attacher à ton lit ? »
Il gémit en m'embrassant, une main sur ma nuque.
« J'avoue que l'idée est plus que tentante. »
Je me frottai à lui, le souffle court, le corps traversé de décharges de désir et de plaisir mêlés à de la frustration.
Trop de vêtements...
« Je n'aurais rien contre. » Soufflai-je.
Il déglutit et souffla.
« Tu me fais quoi là ? »
Je m'attaquai à son cou.
« Je fais en sorte d'essayer de me rendre indispensable à tes yeux. »
Il sourit en penchant la tête.
« Depuis que je t'ai vue tu m'es indispensable. »
Il me plaqua brusquement contre lui, et une formidable décharge de désir parcourut mon sexe. J'haletai et gémis.
« Elle est où cette réserve ? J'ai besoin de toi maintenant. »
Il sourit et me conduisit, un bras possessif passé autour de moi, dans une salle plus petite que je ne l'aurais cru.
Je le plaquai sans attendre contre un mur, violemment, lui arrachant une grimace de douleur. Je me jetai sur son cou et le mordillai en m'attaquant à sa ceinture, puis je baissai son pantalon et son caleçon d'un seul coup, brutalement.
Il frémit et voulut m'attraper par les hanches, mais je saisis ses mains et les coinçai dans son dos, le regardant droit dans les yeux avec un petit sourire satisfait.
D'une main, j'abaissai mon sous-vêtement trempé, et m'empalai sur lui.
Je soufflai d'extase à la sensation, et, sans lâcher ses poignets, que je maintenais dans son dos, je commençai à imprimer un rythme soutenu de va-et-vient sur sa hampe.
Nos bassins claquèrent l'un contre l'autre dans le silence uniquement rompu par nos soupirs et nos grognements, et je ne vis pas venir la jouissance. Je lâchai un cri et lui mordis le cou quand mes parois se resserrèrent autour de lui, et le sentis venir immédiatement après.
Il me fallut quelques secondes pour réussir à retrouver assez de forces dans les jambes pour le lâcher sans tomber ; je le sortis de moi, essayant de calmer la cadence de mon cœur, et je replaçai ma culotte et ma robe. Je le rhabillai alors qu'il semblait avoir encore du mal à se remettre de notre baise éclair.
Ç'avait été violent. Rapide.
Orgasmique.
Je souris, coquine, en le rhabillant.
« C'était presque un viol, ça, Edward. Il faut que je fasse quoi pour te convaincre de ne pas porter plainte ? »
Il termina de reprendre ses esprits.
« Que tu recommences tout à l'heure. »
Je souris et il m'embrassa... Mais pas comme quelques minutes plus tôt.
Amoureusement. Désormais que la pression était retombée.
Je lui rendis son baiser tendrement, et lui chuchotai :
« Deal, mon amour. »
Il me sourit et me prit par la main pour nous faire sortir de la réserve ; nous retournâmes dans la salle, et Mike nous regarda bizarrement alors que nous nous dirigions vers la sortie.
« Cassie est sortie avec lui. » Commenta Edward en le regardant.
Je jetai un coup d'œil au blond et nous quittâmes le bar.
« Il doit être gentil, mais pas très palpitant. Souris-je.
_ Fréquenter Jane t'a vraiment rendu perverse.
_ Qui te dit que je ne l'ai pas toujours été ? Et ne me tente pas de te montrer à nouveau à quel point. »
Il me sourit, et on repartit dans les rues. Je découvris rapidement qu'on allait chez moi, et je ressentis une pointe de déception.
Déception qui disparut quand Edward me retint sur mon perron et me lança un regard suggestif.
Je mis une seconde à comprendre. Mon regard s'éclaira.
« Je t'ai bien eu cette nuit là, hein, Eddie ? »
Cette nuit après la soirée Disney où il m'avait provoquée et où je l'avais allumé pour la première fois en l'embrassant et lui soufflant d'essayer d'imaginer ce que serait une nuit avec moi.
« Tu m'as mis KO, ouais ! » Répondit-il.
Je me collai amoureusement à lui et glissai un index sous ses vêtements pour dessiner ses abdos. Je le sentis se contracter sous mon doigt, et une chaleur m'envahit.
« J'en étais fière, crois-moi. »
Il me sourit, amer.
« Oh mais je me doute. C'est ce soir-là que mon regard sur toi a vraiment changé. Et je m'en suis énormément voulu. »
Je passai mes bras autour de son cou et glissai la tête dans son épaule.
« Tu l'avais cherché. » Murmurai-je.
Il me serra contre lui, dans une étreinte qui me fit ressentir plus fort encore mon amour.
« Je pensais pas si bien trouver. » Chuchota-t-il.
Je caressai son dos en soupirant théâtralement.
« Alors que je viens de te violer dans une réserve d'alcools. T'es vraiment une crème. »
Il éclata de rire et me chatouilla ; je me tortillai pour lui échapper, et il reprit ma main.
Il nous guida à travers les rues et nous arrêta devant une vieille bâtisse visiblement bourge.
Je le regardai curieusement.
« Euh... Je donne ma langue au chat.
_ C'est le même architecte qui s'est occupé de notre maison. Ma mère a eu un coup de foudre. » Expliqua-t-il.
J'acquiesçai en regardant la bâtisse, puis je revins à Edward.
« C'est ce séjour pendant lequel j'ai commencé à t'envisager comme amant.
_ C'est durant ce séjour que j'ai su que j'étais vraiment dans la merde.
_ Mais ça s'est arrangé. Souris-je.
_ Oui. Dans la salle de bains. »
Il me plaqua contre lui et amena sa bouche près de mon oreille.
« J'ai pensé à toi en me masturbant le matin où si on ne s'était pas réveillés, je t'aurais sûrement violée. »
Je frémis.
« Si j'avais su... » murmurai-je.
Il se recula.
« Tu pensais encore à lui.
_ Ça a justement été la dernière fois que j'ai rêvé de lui.
_ C'est pour ça que t'as voulu me gifler quand je t'ai embrassée dans les bois ?
_ C'était si violent. J'étais perdue. Alec me manquait. Et puis... Il y a eu cette dernière nuit dans ton lit.
_ Je pensais pas que tu céderais. »
Je souris.
« Je te l'ai dit. Il commençait à s'effacer. »
Edward me reprit par la main, et nous repartîmes en sens inverse. Je souris et ne résistai pas à le taquiner.
« Tu occultes donc cette nuit où j'ai vérifié ton hétérosexualité ? »
Je réprimai un rire à la pensée de la façon dont, saoule, je l'avais allumé.
Il se renferma un peu.
« J'ai jamais compris pourquoi tu pensais ça. Mais si tu veux on peut faire un détour par chez moi vu que le matin je t'ai embrassée.
_ Ça ira... Même si j'étais assez fière de moi, une fois de plus.
_ Quand tu es partie ? Permets-moi d'en douter. Tu n'en menais pas large.
_ Pas sur le coup. Mais j'avais la preuve que je t'avais déstabilisé.
_ Tu commençais petit à petit à me rendre dingue.
_ Je regrette pas. »
Je souris d'un air gourmand, et on arriva devant chez moi.
« Mon enfer a véritablement commencé là. » Commenta Edward.
Je le regardai pensivement, un peu triste.
« T'aurais préféré que ce ne soit pas moi, hein? Fis-je à voix basse.
_ Non. J'aurais préféré que ce ne soit pas lui. »
Je soufflai discrètement, soulagée, et je caressai son visage.
« Il s'y fera. Voulus-je le rassurer. »
Il sourit et passa ses bras autour de moi.
« Tu ne te livres pas trop, Izzie. »
Je levai ma bouche vers sa joue pour y déposer un chaste baiser.
« Parce que jusque là, je refusais catégoriquement d'envisager... Tomber amoureuse d'un autre. Tu me donnais beaucoup de plaisir mais j'ai compris que les choses avaient changées le jour où tu m'as demandé de te faire l'amour, et que j'ai aimé ça. »
Je fis une pause et glissai mes doigts sur sa nuque.
« D'autant que ça m'a paru naturel. Repris-je.
_ J'avais l'impression que tu ne me voyais pas pendant notre... Arrangement.
_ C'était faux. J'étais vraiment avec toi. Mais détachée car pas encore prête à me jeter corps et âme dans une relation... Même purement sexuelle.
_ Je voyais tes yeux vides. Alors que tu t'infiltrais dans mon cœur. Alors je t'ai demandé de me faire l'amour pour voir si ce serait différent. »
Je le serrai dans mes bras et calai mon visage dans son cou, là où l'odeur de sa peau m'enivrait.
« Et ça l'était ?
_ J'ai commencé à réaliser que je m'étais beaucoup trop attaché à toi. »
Je soupirai.
« Et j'en ai été sûre quand on a été séparés. J'ai éprouvé de la rancœur quand t'as pas voulu sortir avec moi. Complétai-je.
_ Je t'en ai beaucoup voulu quand tu m'as laissé tout arrêté sans rien dire. »
Je me reculai, et souris tristement.
« Je pensais que tu pourrais revenir en arrière sur ce début de sentiments.
_ Ce début ? T'étais déjà en moi. Je voulais pas d'un amour à sens unique. Je pensais pas que tu pouvais vraiment t'attacher à moi. »
Je souris en l'attrapant par le col de son manteau pour l'attirer à moi.
« On s'est tous les deux trompés. »
Il m'embrassa et se recula.
« On n'a pas fini notre circuit. »
Je lui souris et lui pris la main.
Nous marchâmes un bon paquet de minutes dans les rues désertes ; l'air était glacial, la neige avait cessé de tomber. Mais j'étais bien.
J'étais avec Edward, et ça me suffisait.
Nous tournâmes au coin d'une rue, et je compris où il m'emmenait.
L'enseigne du Strawberry illuminait de rose le trottoir, des gens à l'intérieur riaient grassement, se réchauffant autour d'un verre d'alcool ou d'une tasse de café ; la neige était piétinée sur le pas de la double porte, et l'odeur de cigarette et de vie flottait autour de nous.
Je me renfrognai. Le Strawberry. Cassie.
Edward me regarda avec un demi sourire.
« Quoi ? »
Je lui jetai un regard.
« T'as conscience que t'as vraiment failli ne jamais m'avoir, avec votre idée ? La seule et unique raison pour laquelle je t'ai cédé, c'est parce que j'avais vu l'exemple de Tanya. Tanya qui n'a pas tenu rigueur à Alec d'être sorti avec une autre quatre ans, tout en la rejetant elle. En revenant vers moi après être passé par ta Cassidy, je me suis dit que finalement c'était comme Alec avec Tanya... Et je t'ai donné une chance. J'ai pas fait la difficile. »
Il me regarda pensivement un moment, et me prit dans ses bras.
« D'une, Alec a repoussé Tanya bien avant de te connaître. De deux, c'est elle qui m'a vraiment fait prendre conscience que j'étais amoureux de toi. De trois, son style c'est plutôt ton sex toy. Et de quatre, merci de pas avoir fait la... Difficile. »
Je souris et mis mes mains dans les poches de son manteau.
« Peu m'importe. Je suppose que tu ne me supporteras pas à vie. Sache juste qu'à partir du moment où t'en toucheras une autre, ce sera même plus la peine de venir me voir. »
Je me haussai sur la pointe des pieds, et l'embrassai.
« Je ne te laisserai pas partir. » fit-il dans un souffle.
J'éclatai de rire en lui mordillant la lèvre.
« Nan. Tu me jetteras quand t'en pourras plus de mon sale caractère.
_ Et ton futur mec te renverra illico presto en recommandé tellement t'es insupportable. »
Je sortis les mains de ses poches et enlaçai sa nuque, souriant avec satisfaction.
« Parce que tu me reprendras ?
_ Je t'ai vue embrasser mon meilleur ami, Crowley et ton sex toy. Je t'ai bien reprise. Fit-il avec une moue.
_ Pour Crowley, j'étais quand même pas dans un état normal ! » me défendis-je.
Je glissai ma tête dans son cou.
« Et au passage, j'avais vraiment aimé t'allumer dans ta propre cuisine.
_ J'ai beaucoup aimé l'érection que j'ai gardée toute la nuit. » Ironisa-t-il.
J'eus un sourire satisfait.
« C'en était que meilleur quand tu m'as eue, nan ? Tu m'en veux ? »
Mon sourire s'accrut largement sur la fin de ma phrase.
« J'ai été à deux doigts de te prendre sur le bar. »
Une bouffée de désir m'envahit, que j'essayai de réprimer.
« C'est parce que j'étais éméchée que tu ne l'as pas fait ?
_ Pour pas que tu hurles en te réveillant dans mon lit et à cause... d'Alec. »
Je me mordillai la lèvre avec un air malicieux.
« Eh bien maintenant je saurai quoi faire pour que tu sois intenable. Souris-je.
_ T'as pas intérêt. » Grogna-t-il.
Je ris intérieurement.
Rêve, mon gars. Je vais en profiter.
Nous repartîmes dans les rues, et nous arrêtâmes devant la façade de son immeuble. Je me tournai face à Edward, et levai mes yeux sur lui, attendant patiemment.
« Je crois qu'on peut dire que tu m'as fait péter un câble dans cet appartement. » Lança-t-il.
J'eus un grand sourire et battis des paupières d'un air faussement étonné.
« Pourquoi donc ? Demandai-je de ma voix la plus innocente.
Il me lança un regard désabusé.
« Ta robe. Ton sex toy. Ton indifférence... »
Il se pencha sur moi, et je retins mon souffle.
« … Quand tu as passé la nuit avec moi. Compléta-t-il.
_ La robe, c'était Alice. Le reste, un moyen de protection. Fis-je dans un souffle, le regard rivé sur ses lèvres.
_ Je veux bien te 'protéger' comme il l'a fait chez les pompiers dans ce cas. Fit Edward, amer.
_ Hum, là, il t'a provoqué, en fait. Crus-je bon de préciser.
_ Et bien il a réussi. Répliqua-t-il, toujours amer.
Je posai mes mains sur ses hanches.
« Crois-le ou non, ça lui a coûté de 't'aider'.
_ Ah ouais ? Pourtant j'ai bien vu sa langue dans ta bouche. »
J'éclatai de rire.
« Alors là, je peux t'assurer que tu as mal vu ! »
Il me plaqua contre lui, le regard un peu brillant.
« Parce que c'est toi qui l'a fait ? »
Je rapprochai nos deux bouches.
« Parce que je n'ai pas descellé mes lèvres et qu'il a gardé sa langue pour lui. »
Il se rapprocha encore un peu de moi.
« Il est gay ? »
J'effleurai ses lèvres des miennes et me reculai d'un demi-centimètre.
« Il ne veut pas gâcher 20 ans d'amitié et sait que je... »
Je déglutis.
« … Ne vais pas bien sans toi. »
Il m'embrassa de façon intense.
« Sa façon de me regarder... dit-il d'une voix rauque.
_ Il t'aurait tué pour m'avoir fait souffrir.
_ Je l'aurais tué s'il avait couché avec toi. »
Je souris contre ses lèvres.
« T'élimines la concurrence ? »
Il haussa les épaules.
« Je suis très possessif. Surtout quand je suis amoureux. »
Je le serrai fort contre moi.
« J'aime ça. Définitivement. »
Il me sourit.
« Si tu passes la nuit avec moi, tu me laisses réviser demain ? »
Je fis la moue.
« On s'en tient au plan. Je rentre chez moi.
_ Et si je veux pas ? »
Je souris, mutine.
« Tu vas me séquestrer ?
_ Si tu m'y obliges. »
J'embrassai sa carotide.
« Dans ce cas je repars demain matin à 10 heures, et on se revoit vendredi... Au resto !
_ Ok. »
Il me sourit, et m'entraîna vers l'entrée de son immeuble.
Alorrrrrrrs ?
Vous avez aimé ?
Après des débuts difficiles, nos deux amoureux semblent réussir à se stabiliser... Les paris sont ouverts, pour longtemps ou pas ? Il reste encore l'épreuve Alec à affronter...
Rendez-vous je ne sais trop quand (mais très bientôt ne vous en faîtes pas) pour la suite de à fleur de coeur ; avec le restau, et, hum... Une soirée, mais je ne vous dirai pas de quel type ;D. J'aime vous laisser mariner !
On vous adore !
