Bonjour tout le monde !

Et en premier lieu, on vous présente nos excuses pour le retard. Enfin, vous en connaissez les raisons si vous avez lu ma précédente note...

Donc voici la deuxième partie du chapitre ' A fleur de coeur '...

J'vais pas vous donner le programme. Mais comme promis, vous y trouverez du lemon... Au moins 8 pages Open off, si je me souviens bien. Ca va en rassasier quelques uns non ? ;-D

Nous vous remercions de nous suivre encore, fidèles à cette fic malgré le comportement salaud d'Edward et faible de Bella sur les derniers chapitres... Nous savons que ça en déçoit quelques un(e)s et en sommes désolées d'une certaine manière, mais c'est ce qui nous est venu à l'écriture, alors... On assume et on poste ! Tant pis pour ceux qui préfèrent arrêter l'aventure là ; je ne leur en veux pas. ça m'est également arrivé à moi-même (Effexor, je vais pas impliquer Mushroom) d'arrêter la lecture de fics qui partaient très bien mais s'essoufflaient au final, donc je ne peux que vous comprendre !

Je vous embrasse bien fort en tous cas, et...

Sortez les glaçons, l'été revient !


EDWARD


On y était.

Je savais ce que c'était.

Être sur un nuage de fumée rose.

Avoir ce sourire idiot sur les lèvres, ce baume au cœur, cette envie de crier au monde entier qu'elle était mienne.

Bella Swan m'appartenait et ça me rendait euphorique.

Je l'aimais.

De toute ma raison et de toute ma folie.

Je l'aimais comme on aime quelque chose d'à la fois un peu douloureux mais agréable, de piquant mais doux, de glacé mais brûlant.

Je l'aimais comme je crois, on aime dans les livres ou dans les films.

De façon tellement irréelle qu'il n'y avait pas de mots pour le décrire parfaitement.

Je l'aimais avec dérision et quelque part, ça me terrifiait.

J'avais peur de passer d'un état d'âme à l'autre parce qu' il n'était toujours pas là, qu' il était à nouveau heureux, insouciant et que moi, moi, celui en qui il avait toujours eu confiance depuis notre plus tendre enfance, celui avec qui il partageait tout, lui étais en apparence fidèle alors que je le trahissais depuis des semaines et que ma mascarade arrivait à échéance.

L'heure de vérité approchait.

Et je craignais plus que tout sa réaction.

Mon Smartphone vibra, me sortant in extremis de l'âpreté de mes pensées.

" Dis à Bella de se rhabiller. On a réussi à avoir une table à la Licorne Blanche, on arrive pour que Jacob puisse passer un costume. Sors une chemise blanche et évite le jean, s'il te plaît. En fait, en réincarnation du pingouin, tu seras parfait. "

Jane et ses images douteuses.

J'avais toujours eu du mal à m'y habituer.

Par acquis de conscience - et surtout pour ne pas flinguer nos semestres - on avait décidé avec Bella de ne pas se voir pendant trois jours mais on s'était appelé le matin et le soir. Et notre dernière conversation - qui avait très légèrement dérapé - m'avait laissé un goût amer de frustration.

J'ouvris mon répertoire et la cherchai dans mes contacts.

" J'arrive " chez Jane signifiant " Je suis là dans environ une heure, une heure et demie voire deux ", j'avais le temps de prendre ma revanche sur Bella.

La guerre des sexes était officiellement déclarée.

J'attendis deux tonalités quand elle décrocha.

" Bonjour, vous êtes bien sur la messagerie de Bella, partie faire un tour quelque part en Europe. Si vous souhaitez la joindre, laissez un message après le bip sonore... Biiip... "

J'haussai un sourcil et m'assis sur le canapé en essayant de garder mon sérieux, puis je répondis sur un ton solennel :

" Bonjour Bella, ici Edward Cullen du contrôle des douanes de l'aéroport international JFK, à New-York. Je crois que vous avez laissé votre panoplie de la parfaite soumise et votre petite culotte dans mon bureau. C'est très embarrassant pour moi, mon supérieur ayant visité les locaux ce matin. Je vous prie de me joindre au 555 - 1986, ça m'arrangerait beaucoup. Merci de votre compréhension et de votre coopération. Bonne journée... "

Elle éclata de rire, m'arrachant moi-même un sourire et répliqua :

" Moi soumise ? Je suppose que vous vous êtes trompé de passagère.

_ Vous n'êtes pas rousse, pulpeuse, aux yeux bleu marine ? Fis-je semblant de m'étonner.

_ Non, Monsieur.

_ Oh... Me voilà encore plus embarrassé... C'est sans doute vous qui avez écrit votre numéro de téléphone au rouge à lèvres sur le col de ma chemise.

_ Non, vous avez dû prendre le mien pour agression sexuelle. " Répliqua-t-elle d'une voix sensuelle.

Je frissonnai malgré moi.

" Exact, oui. Je vous remets... Savez-vous ce que vous encourez, Mademoiselle ?

_ Quelques années d'enfermement ? Demanda-t-elle, faussement innocente.

_ Et je serai votre geôlier personnel pour vous punir de votre acte... Que portez-vous en ce moment ? Soufflai-je.

_ Hmmm... Seulement une bague... Cela ne vous fait pas peur d'être confronté à une délinquante sexuelle ?

_ Je saurai la mater...

_ Vous pourriez vous y brûler...

_ Je suis déjà consumé. Soufflai-je, la gorge nouée.

_ Et combien de temps resterai-je captive ?

_ Durant de longues, longues années... Et votre condamnation prend effet dès à présent. Deux agents de la Jane & Jacob Airlines arrivent sous peu et j'aimerais beaucoup vous lire vos droits avant... "

Je l'entendis sourire et ouvrir une porte puis elle répliqua :

" Bien. Si vous êtes trop dur... Ou pas assez, je risquerai de demander une réduction de peine. En attendant... Il me tarde de vous retrouver... Je vais m'habiller !

_ Je vous attends avec impatience... " Dis-je en raccrochant.

Je souris et regardai l'horloge murale ; il me restait bien une demie heure avant qu'elle n'arrive...

oOo

On frappa au moment où je sortais de la douche.

J'attrapai une serviette éponge, me séchai rapidement et allai ouvrir, les cheveux encore dégoulinants.

Bella se tenait devant moi, vêtue d'une robe bleu nuit qui dévoilait délicieusement ses jambes et sa poitrine, d'un trench noir, les cheveux relevés en une queue haute, légèrement maquillée. Elle était tout simplement divine.

Ses yeux s'assombrirent légèrement et elle me détailla rapidement, l'ombre d'un sourire sur ses lèvres rouges.

" Elle va me plaire cette captivité. " Dit-elle avant que je ne la saisisse par le poignet, claque la porte et la coince contre.

Elle haleta, les yeux de plus en plus sombres.

" Vous avez le droit de gémir et de ne surtout pas garder le silence. Tout ce que vous ferez sera réitéré sur vous. Vous n'avez le droit à aucune aide extérieure. Si vous voulez crier, un seul nom vous sera autorisé : le mien... " Soufflai-je contre sa bouche avant d'écraser mes lèvres sur les siennes.

Ma langue pénétra avec impatience dans son antre chaude, la faisant gémir et se raccrocher à ma nuque alors que mes mains, légèrement tremblantes, se frayaient un chemin sous sa robe pour trouver la peau satinée de ses cuisses.

Elle cassa notre baiser et m'arracha dans un même mouvement ma serviette. Puis, elle fit courir de façon aérienne ses doigts le long de ma colonne vertébrale, me forçant à me cambrer contre elle.

Je la dévorai des yeux tandis qu'elle, presque railleuse, s'amusait à m'électriser.

" Pas de menottes, Monsieur l'agent ? Sourit-elle, ses doigts courant toujours sur ma peau humide.

_ Je suis contrôleur des douanes... Et vous n'avez pas déclaré votre porte-jarretelles, Mademoiselle. Soufflai-je d'une voix rauque en caressant ses cuisses.

_ Oups... Vous comptez faire quoi ?... Me le retirer ?... Me demanda-t-elle innocemment.

_ J'ai bien peur que oui... " Dis-je en en défaisant les attaches.

Elle fit glisser son pouce le long de ma verge tendue, m'arrachant un gémissement étouffé.

" J'ai toujours eu du mal avec l'autorité...

_ Je saurai vous faire plier à ma volonté... " Murmurai-je contre sa bouche.

Je replongeai ma langue dans sa bouche, incapable de lui résister et la soulevai pour qu'elle puisse enrouler ses jambes autour de ma taille.

" Comment comptez-vous vous y prendre ? " Haleta-t-elle.

Je souris, presque victorieux. La bataille allait être rapidement gagnée... Et il le fallait si je ne voulais pas perdre le contrôle de la situation et la laisser avoir l'avantage... Une fois de plus.

Je frottai mon érection contre la dentelle de son sous-vêtement, nous arrachant à tout deux un gémissement et me mis à embrasser fiévreusement son cou.

" D'abord, je vais vous goûter... Soufflai-je contre son oreille.

_ Abus de pouvoir... " Gémit-elle en se pressant contre moi.

Je souris en continuant à me frotter contre elle.

" Ensuite... Je vais vous embrasser... Continuai-je en m'exécutant.

_ Pas très professionnel... Souffla-t-elle contre mes lèvres.

_ Puis... Je vais vous embraser... Enchaînai-je en caressant son shorty humide.

_ Déjà fait... "

Je souris une fois de plus, ma langue courant le long de sa carotide, où je sentais pulser son sang. J'allais pouvoir l'achever...

" Et je vous laisserai frustrée durant de très longues heures comme vous l'avez fait hier soir avec moi. " Terminai-je en saisissant ses jambes pour les dénouer d'autour de ma taille.

Je l'entendis gémir de protestation tandis que je me détachai d'elle - au prix d'un très grand effort... - et lui fis un sourire goguenard en ramassant ma serviette.

" Bonjour, mon amour. Dis-je d'une voix cassée en renouant le drap de bains autour de mes reins.

_ Très mauvais calcul de ta part. Répliqua-t-elle, les yeux toujours noirs, clairement contrariée.

_ T'as pas trop galéré avec la linguistique ? " Lui demandai-je en allant me servir un verre d'eau fraîche, un sourire jouant sur mes lèvres.

Du coin de l'œil, je la vis sourire à son tour, remettre de l'ordre dans ses vêtements avant de venir s'assoir sur le bar et d'enlever son trench.

" J'ai trouvé un moyen de la faire entrer. Répliqua-t-elle sans me quitter des yeux.

_ Tu as soudoyé la prof ? " Lui demandai-je en vidant mon verre.

Elle descendit, effleura ma hanche du bout des doigts et attrapa à son tour un verre dans le placard au dessus de l'évier.

Je la regardai faire, joueur.

" Non. J'ai conclu un échange de bons procédés avec un amateur de linguistique. Répondit-elle en remplissant son verre.

_ Tu as une très jolie robe. Jane et Lili seront ravies.

_ J'ai hésité avec la pourpre. Mais tu l'avais déjà vue, je crois, hmmm ?

_ Il me semble, oui. Mais je n'en suis pas sûr. " Répliquai-je avec un rictus.

Et comment que je me rappelais de cette robe en soie qui m'avait crié toute la soirée " Arrache-moi ! Arrache-moi ! " alors qu'on tentait de rabibocher Jane et Jacob. Et heureusement qu'elle ne la portait pas en ce moment...

" Eh bien je la remettrai... Si l'envie m'en prend. " Sourit-elle avant de finir son verre, de le poser dans l'évier et de passer à côté de moi, non sans m'effleurer le bassin.

Je suivis le roulement de ses hanches jusqu'au fauteuil où elle s'assit, jambes croisées.

Je posai à mon tour mon verre et allai jusqu'à elle en la regardant droit dans les yeux qui s'assombrissaient à mesure que je m'approchais d'elle. Je me penchai sur elle et lui murmurai : " Tu ne gagneras pas. ", avant de me diriger nonchalamment vers ma chambre pour m'habiller.

Je la sentis me suivre et l'entendis dire dans mon dos, tout contre moi :

" On sera deux à perdre dans ce cas... Mais moi, ça ne se verra pas... "

Ses lèvres effleurèrent ma peau, m'arrachant un frisson, puis elle retourna dans le salon.

Tenant à gagner coûte que coûte cette bataille, j'attrapai mes vêtements et m'habillai en prenant tout mon temps, les sens à fleur de peau. Quelques minutes plus tard, je retournai à mon tour dans la pièce d'à côté et m'appuyai au chambranle de la porte, bras croisés.

" Dois-je en conclure que je dormirai seul ce soir ? Lui demandai-je.

_ J'ai pas encore décidé. Au moins tu dormiras.

_ Voyez-vous ça ! Tu n'as pas encore décidé. Tu m'en veux ?... La taquinai-je.

_ T'en vouloir ? Non... Mais t'as pas l'air en forme. Tu devrais te reposer.

_ Et... Tu viens avec moi ?

_ Bien sûr ! " Répliqua-t-elle avec un sourire.

Je jaugeai un instant son expression, cherchant l'ironie sur ses traits ou pire, les prémices de la vengeance.

Je n'avais pas envie de dormir.

J'avais juste une irrésistible envie d'être à fleur d'elle... sans qu'elle n'ait l'impression d'avoir gagné une énième bataille.

Je fis néanmoins demi-tour, enlevai mes vêtements pour ne garder que mon boxer et m'allonger.

Elle vint à son tour se coucher à côté de moi, la tête sur mon épaule, et caressa distraitement mon ventre.

Je contractai mes abdominaux, par réflexe : je savais que ce n'était pas une bonne idée.

Je la sentis sourire face à ma réaction et quelque chose me disait que ce n'était que le début des hostilités.

Elle traça du bout des doigts des arabesques sur ma peau, de plus en plus hasardeuses... De plus en plus sensuelles, jusqu'à réatiser le feu dans mon bas-ventre.

Je la sentis à nouveau sourire alors que sa main se posait sur le renflement de mon boxer. Je mourrais d'envie de lui demander si elle était satisfaite d'elle mais me contentai de fermer les yeux, l'air faussement tranquille.

La pression de ses doigts diaboliques se fit plus insistante et elle se colla encore plus contre mon flanc, caressant du bout du pied mon mollet puis descendant de façon insupportable jusqu'à ma cheville.

Je forçai ma respiration à rester régulière mais ses lèvres rentrèrent en contact avec la peau électrisée de mon épaule.

« Ne fais pas ça. » lui dis-je très calmement, les yeux toujours fermés, m'obligeant à garder mon sang froid alors que la tempête menaçait d'éclater en moi.

Elle sourit en caressant ma hanche.

« Ne fais pas quoi ? J'essaie juste de te détendre. » Répondit-elle innocemment.

J'imaginais parfaitement ses yeux, noirs de désir, prêts à me faire perdre la tête, et mon estomac se contracta.

« Je suis déjà détendu. N'essaie pas de prendre ta revanche, je peux être très cruel à ce jeu-là, enchaînai-je, l'ombre d'un sourire sur mes lèvres.

_ Qu'est-ce que tu vas imaginer ? Tu m'as juste manqué. » Chuchota-t-elle en embrassant mon cou.

Incapable de résister, je passai un bras autour de sa taille, la rapprochant encore un peu de moi.

Elle sourit contre ma carotide et refit voyager sa main jusqu'à mon érection.

Un gémissement s'échappa de mes lèvres, que je masquai par un grognement.

« C'est pour ça que tu m'as laissé sur ma faim hier soir ?

_ Oui... Pour que nos retrouvailles soient... Explosives. Mais je comprends que tu aies des moments de faiblesse. Allez... Je te laisse dormir. »

Je la sentis se relever et quitter le lit, me forçant à rouvrir les yeux, contrarié, pour la voir se rhabiller, un sourire goguenard aux lèvres.

« Je n'ai aucun moment de faiblesse. C'est juste que tu n'es pas assez convaincante pour me faire changer d'avis.

_ Le prends pas mal. Ça arrive même aux plus virils. Si ça dure, tu iras consulter.

_ Dis plutôt que tu ne me désires pas assez pour te heurter à ma... Résistance. »

Je jouais avec le feu et j'adorais ça.

Je savais qu'elle me désirait autant que moi, je la désirais, et qu'elle faisait tout pour que je cède en premier.

Une lutte permanente : voilà ce qu'était notre relation.

Gagne cette bataille, j'en gagnerai une plus grande après.

Je la regardai contourner le lit et venir s'asseoir à côté de moi.

« Je ne veux pas te fatiguer, mon chéri. C'est pas grave. Je t'assure. » Dit-elle en caressant mes cheveux.

Brusquement, je saisis sa main et la forçai à se pencher sur moi.

« Embrasse-moi. » Chuchotai-je.

Ses lèvres vinrent doucement caresser les miennes et de sa main libre, elle caressa mon flanc.

« Je suis sûr que tu peux faire beaucoup mieux que ça. » Souris-je contre sa bouche.

Elle se plaça au-dessus de moi, prenant appui sur ses mains de chaque côté de mon visage et frôla mon bassin du sien. Mon estomac se contracta, et ses lèvres s'incurvèrent avec satisfaction.

« Tu le sais mieux que personne, mais je ne veux pas te forcer la main, mon Cœur. » Sourit-elle à son tour.

N'y tenant plus, je la renversai sous moi, écrasai ma bouche sur la sienne et introduisis ma langue entre ses lèvres entrouvertes.

Un gémissement sortit de sa gorge lorsque j'appuyai mon érection contre sa hanche et ses jambes se relevèrent instinctivement, me créant un berceau entre elles.

« Alors... C'est moi qui vais m'occuper de toi. Soufflai-je contre sa bouche avant de l'embrasser une fois encore.

_ Arrête ! Ne froisse pas ma robe ! Ria-t-elle en tentant de se dégager.

_ Trop tard. Et Jane aura la preuve de ce qu'elle voulait. Répondis-je en redéfaisant son porte-jarretelles et en glissant son shorty le long de ses jambes.

_ Non, Edward ! Lili va te tuer !

_ Mais je te tuerai avant si tu n'arrêtes pas de gigoter comme ça dans tous les sens ! »

Pour l'empêcher de répliquer, je l'embrassai une nouvelle fois et retirai rapidement mon boxer, le sang en feu.

Par un coup de rein, elle réussit à se dégager et m'enjamba, un sourire en coin sur ses lèvres rouges.

« Et pourquoi donc ? Me demanda-t-elle, la voix rauque.

_ Voyons voir... parce que ça fait trois jours que je ne t'ai pas vue et que j'ai très, très envie de toi ? » Répliquai-je en soulevant mes hanches pour lui prouver mes dires.

Elle embrassa sensuellement mes lèvres, mon cou, mon épaule, joua de sa langue avec mes mamelons, et descendit lentement sa bouche jusqu'à mon nombril sur lequel elle s'arrêta, sans effleurer ma verge.

La gorge sèche, j'haletai, la dévorant des yeux.

« Ça se voyait pas tout à l'heure...

_ Tout à l'heure, je jouais avec toi. » Soufflai-je.

Elle plaqua violemment mes hanches au matelas et fit courir sa langue sur toute la longueur de mon érection.

« Et maintenant ? Qui joue avec l'autre ? Me demanda-t-elle en titillant mon gland.

_ Je te déteste. » Répliquai-je, la voix cassée par le désir.

Elle me prit entièrement dans sa bouche, m'arrachant un juron, et fit deux aller-retour avant de me regarder, les yeux aussi noirs que devaient l'être les miens.

« Ne me dis pas ça... ça m'excite. » Répondit-elle avant d'enrouler sa langue autour de mon gland.

J'attrapai vigoureusement la couette alors qu'elle m'emmenait sur les chemins du Paradis et que la victoire m'échappait.

« Je te hais de toute mon âme. Réussis-je à articuler.

_ Hmm... Chéri, t'es à deux doigts de te faire violer. » Répliqua-t-elle en saisissant ma base.

Elle me masturba, alternant avec des coups de langue, me faisant gémir sans retenue et finit par faire exploser ma jouissance dans sa bouche.

Je me raidis sous le coup de l'orgasme et vis danser des étoiles devant mes yeux alors qu'elle nettoyait de sa langue le sperme qui avait coulé.

Puis elle remonta lentement jusqu'à ma bouche tremblante qu'elle embrassa avec tendresse.

« A deux doigts seulement... » Murmura-t-elle.

D'un mouvement du bassin, je la retournai et m'apprêtai à la pénétrer quand j'entendis la porte s'ouvrir.

« On arrête les cochonneries, c'est nous ! Cria Jane.

_ T'es sûre qu'elle est là ? Il n'a pas mis la chaîne en marche. Répliqua Jacob.

_ Y a son trench... Elle est là. »

Je me figeai et crus entendre Bella marmonner un juron.

Un ange passa, puis elle me poussa, ramassa ses sous-vêtements, passa rapidement sa robe et sortit.

Je soupirai et m'habillai rapidement.

« Oh là... Il a la gueule du gars qui a été viré trop tôt du Paradis. Je te l'avais dit, mon amour, qu'on revenait trop tôt. Dit Jacob en me voyant.

_ On part pour le resto dans une heure. Ça fait cinq jours qu'ils ont l'appartement pour eux tout seuls, il faut bien qu'on revienne de temps à autre. Répondit Jane.

_ Ils ont besoin d'intimité. C'est normal au début d'une relation.

_ Bon... Vous n'avez plus le choix, vous devez officialiser. Me dit ma meilleure amie.

_ Depuis combien de temps vous vous envoyez en l'air à l'insu de tout le monde ? » Me demanda mon colocataire.

Je leur lançai un regard lourd, incapable de prononcer le moindre mot, le bas ventre toujours en feu.

« Depuis trop peu de temps pour qu'aucun de ceux qui ont parié sur notre cul à Thanksgiving puisse se targuer d'avoir eu raison. » Répondit la voix de Bella.

Dans le même réflexe, nous nous tournâmes d'un mouvement vers elle et mon estomac se contracta.

Et si je lui faisais l'amour là, au milieu de l'appartement, peut-être partiraient-ils ?

« Oh, allez ! C'est obligé que ça ait commencé à ce moment-là ! Enchaîna Jacob.

_ Désolée mec. On a chacun mis du temps à accepter l'idée que l'autre était baisable.

_ Lui, il l'a acceptée la première fois qu'il t'a vue !

_ Lui, c'est un mec. Une jolie robe, merci Jane, une chute de reins pas trop dégueu, merci maman, et Popol est au garde à vous. En revanche, un caractère à la con, merci papa, et un petit copain, merci Alec, et on se retrouve à ne baiser que plusieurs mois après notre rencontre. Ton côté féminin est satisfait ou tu veux d'autres potins ? Répondit-elle en plantant son regard dans le sien.

_ Toi, tu t'es pas envoyée en l'air aujourd'hui. T'es irritable. Marmonna-t-il.

_ Non, c'est vrai. Ça fait même trois jours que j'ai pas baisé. Mais toi, mon pote, tu te féminises un peu trop. Castration hormonale ? Fais gaffe. Ça plait peut-être à Jane pour le moment, mais quand le bébé sera né et son taux d'œstrogènes redescendu, elle trouvera plus ça excitant.

_ Edward, va la sauter sous la douche. Elle va être insupportable, sinon. »

Je croisai une seconde le regard de Bella et préférai me détourner pour ne pas me perdre dans ses iris chocolat... et lui arracher sa robe.

« Avec vous deux à côté ? Hors de question. Je préfère aller me dégourdir les jambes dans Central Park. Dit-elle.

_ Avec ta robe toute froissée ? Hors de question. On va lui donner un petit coup de fer et rafraîchir ton maquillage... Et je vais te coiffer. Répliqua Jane.

_ Et je te conseille d'obtempérer. Ajouta mon colocataire.

_ … Ok. Fais de moi ce que tu veux. » Céda-t-elle.

Je lui lançai un regard méfiant ; c'était bizarre qu'elle accepte sans broncher.

J'entraperçus le sourire carnassier de ma meilleure amie et je sus que ce n'était pas de bon augure.

Elles s'éloignèrent toutes les deux vers la salle de bains et refermèrent la porte sans un mot, ni un regard.

« Je sens que ça va être ma fête. Marmonnai-je.

_ Une fête inoubliable. » Répliqua Jacob. « Alors... Toi et elle... Elle et toi... C'est officiel ? Tout le monde a de sérieux doutes. Surtout après le Réveillon et la petite scène d'hier. Ils ont prévu de vous cuisiner durant le repas. Mais j'ai une question en particulier... T'as vraiment cru qu'elle sortait avec Embry ?

_ … J'avais pas trop l'impression d'assister à une comédie, non.

_ C'est là que tu dois te rendre compte que t'as beaucoup à apprendre sur elle.

_ Elle s'est laissée tripoter toute la soirée. Grognai-je.

_ Pas comme toi et la rouquine !

_ … C'était pour...

_ La rendre jalouse. On a à peu près tous compris le message. Et elle aussi apparemment. Alors les disputes, tout ça... C'était du vent ?

_ Non. » Souris-je.

Ça, c'était nous.

Notre façon d'être, de communiquer... De nous aimer.

« Vous êtes tellement bizarres tous les deux que vous étiez faits pour vous rencontrer. Et si ça peut te rassurer d'avoir l'avis du meilleur ami, je la vois mieux avec toi qu'avec Alec. Pas que j'aie quelque chose contre lui, mais... Elle et toi, c'est...

_ Une évidence.

_ Ouais. Voilà. » Acquiesça-t-il.

Une évidence...

Un destin.

Mon smartphone se fit plus pesant dans la poche de mon pantalon.

Je savais qu'il fallait que je lui parle.

Et je savais que le moment était venu.

Que si je voulais l'avoir au su et à la vue de tous, la vérité devait éclater.

Mais comment trouver les mots justes pour expliquer une trahison ?

Comment demander pardon pour aimer quelqu'un qu'on n'aurait jamais dû regarder comme je la regardais elle ?

Je m'excusai auprès de Jacob et m'éloignai vers la baie vitrée en sortant le portable de ma poche. Je l'entendis ouvrir le frigo alors que moi, j'ouvrais une nouveau message. J'inspirai profondément et tapai :

« Quand tu seras rentré, il faudra que je te parle. C'est important. »

J'envoyai le texto en calculant rapidement quelle heure il était à l'autre bout du pays... Comme quand elle y était. Je ne tardai pas à recevoir une réponse.

« C'est grave ? »

Un sourire doux amer apparut sur mes lèvres ; assez pour foutre en l'air notre amitié.

« C'est à propos de Bella. »

Mon estomac se tordait d'appréhension et mon cœur battait fort dans ma poitrine mais je la voulais. Je la voulais plus que tout.

« … ? … »

« Quand tu rentres... »

Mes yeux se perdirent dans le lointain, sur ces reflets illuminés qui transperçaient la vitre.

Je me sentais, comme j'en étais quasiment sûr, je me serais senti la veille de mon exécution.

Mon frère.

J'allais perdre mon frère.

Un des piliers centraux de ma vie.

Un ingrédient vital à mon existence.

Pouvait-il y avoir de choix plus douloureux que celui que je m'apprêtais à faire entre deux amours de ma vie ?

Pouvait-on vraiment choisir entre sa raison d'exister et la personne sans laquelle on ne serait jamais allé aussi loin dans la vie ?

Pouvais-je vraiment choisir entre le doux et le sucré... Lui et elle ?

Le pouvais-je ?

Quelques minutes plus tard, Bella et Jane sortirent de la salle de bains en riant.

« Edward, tu ne te retournes pas, on n'a pas tout à fait fini. Et quand je te dirai 'direct gauche', tu feras volte-face pour qu'on puisse entrer dans la chambre sans que tu triches. Direct gauche ! » Me dit ma meilleure amie.

Comme un pantin, je pivotai et les laissai pénétrer dans la chambre de mon colocataire sans les regarder.

Je craignais qu'Alec ne demande quelques explications, mais les minutes s'égrenaient et je n'avais toujours pas de ses nouvelles.

Peut-être se contenterait-il pour le moment de mes réponses évasives, ou peut-être...

La porte de la chambre s'ouvrit alors et des pas précipités se rapprochèrent de moi.

« Qu'est-ce que tu lui as dit ? »

Je déglutis et me tournai vers ma meilleure amie, un peu nauséeux. Elle tenait son portable dans sa main et n'avait pas l'air très... enthousiaste.

« Il est en train de flipper, là ! Qu'est-ce que tu lui as dit ? »

Je détournai le regard et jetai un coup d'oeil vers la porte entrouverte. Mais Bella ne se montra pas.

« Edward ! Insista Jane.

_ Je lui ai dit que je voulais lui parler quand il rentrerait. »

Je sentis son regard pesant sur moi et l'entendis soupirer.

« Qu'est-ce que vous avez tous à annoncer les trucs importants par texto... Marmonna-t-elle.

_ Je ne lui ai rien dit du tout ! Me défendis-je.

_ 'C'est à propos de Bella' !

_ Il a de suite paniqué quand je lui ai dit que je voulais lui parler ! Il m'a demandé si c'était grave ! J'aurais dû faire quoi à ton avis ? M'irritai-je.

_ Du calme ! » Fit Jacob. « Ça sert à rien de de s'énerver !

_ Jane, stop. Tu connais Edward, le tact et lui, ça fait deux. Tu sais ce qui va se passer ? Tu vas l'engueuler, il va s'énerver, et vous finirez en vous faisant la gueule toute la soirée. Or, cette soirée au resto, t'y tenais. Tu veux pas la gâcher, hein ? Donc vous allez gentiment arrêter de parler d'Alec et recommencer à vous engueuler plutôt demain. Maintenant, c'est la trêve. »

Je tournai la tête vers Bella qui venait de sortir de la chambre de mon colocataire et me figeai un peu lorsque je la vis, en admiration. Jane avait légèrement accentué son make-up et torsadé ses cheveux, qui encadraient son visage. Elle était encore plus magnifique que lorsqu'elle était arrivée.

Nos regards se croisèrent et l'espace d'un instant, j'oubliai tout mes tracas.

« Arrête de la regarder comme ça, tu vas finir par baver sur ta chemise. » Marmonna Jane.

Bella eut un sourire goguenard et je me tournai vers ma meilleure amie en lui faisant à mon tour un sourire à mi-chemin entre le rictus et la grimace.

« Va mettre ton blaser. Et n'oublies pas ton nœud papillon.

_ Cravate. Dis-je en me renfrognant.

_ Nœud papillon.

_ J'aime pas ça, et j'en ai pas !

_ J'en ai un dans mon sac. Un pingouin n'est pas un pingouin sans son nœud papillon ! S'irrita-t-elle.

_ Un pour la tigresse, un pour le lion. On rentre les griffes, on s'habille et on décolle ! Nous coupa Jacob.

_ Et comme le lion est le roi des animaux, j'ai le dernier mot. Ça sera la cravate. » Dis-je en me dirigeant vers ma chambre.

Quelques secondes plus tard, je les retrouvai tous les trois devant la porte en train de m'attendre. Jane me lança un regard morose que je fis mine de ne pas voir, puis Bella entrecroisa nos doigts en me souriant.

« Prête à combattre ? Lui soufflai-je en sortant.

_ T'imagines pas à quel point. » Répliqua-t-elle en me regardant de haut en bas, un étrange sourire aux lèvres.

Malgré moi, mes lèvres s'étirèrent légèrement.

Je n'étais pas sûr que l'on évoquait le même combat, mais une chose était sûre ; la soirée ne s'annonçait pas de tout repos.

oOo

La Licorne blanche était l'un des restaurants les plus en vue à ce moment, et le coup de cœur spécial de ma meilleure amie, qui l'avait découvert par hasard durant sa cohabitation 'forcée' avec Jacob.

Il était, après le restaurant français de la cinquième avenue, le 'plus délicieux' et le 'plus agréable' grâce à son ambiance tamisée et très hi-tech.

« La table réservée au nom de Jasper Withlock, s'il vous plait. » Demanda Jane au maître d'hôtel.

L'homme d'une trentaine d'années consulta son registre, nous adressa un sourire aimable, et nous pria de le suivre.

Une légère musique d'ambiance sortait des baffles disposées dans des alcôves blanches, auréolées de couleurs fluos. Une licorne blanche galopait en battant des ailes le long des panneaux panoramiques sur les murs, nous donnant l'impression d'être entouré par un troupeau féérique.

Nous traversâmes la salle et montâmes un escalier en colimaçon blanc jusqu'à la terrasse intérieure où Jasper, Lili, Dem', Vic et Jess étaient installés autour d'une table ronde qui surplombait la salle en contrebas.

Le maître d'hôtel tira la chaise à côté de Jessica à lui et pria Jane de s'y asseoir, puis il fit de même à côté de Demetri où Bella se laissa glisser.

Il inclina légèrement la tête et repartit.

« Jane, tu as eu une merveilleuse idée ! S'excita Lili.

_ Oui ! C'est si rare maintenant les maîtres d'hôtel si galants ! Renchérit Vic.

_ Et si charmants ! » Gloussa Jess en se penchant légèrement en arrière pour regarder par-dessus la rambarde.

Je m'assis à mon tour en face de Vic, à côté de Bella, dos à la salle, et contemplai l'énorme vélux au dessus de nous qui renvoyait le noir d'encre du ciel.

« J'aurais été toi, j'aurais choisi encore plus cher. Marmonna Demetri.

_ Te plains pas. Il manque encore deux personnes, estime-toi heureux. Quatre voire même cinq, si on inclut Embry, Leah et James. Répliqua Jane.

_ Même six, si on compte Cassie. Elle ne vient pas, Edward ? Me demanda Jasper.

_ Tu ne crois pas qu'on va payer assez comme ça ? Lui demanda Dem'.

_ Edward a tourné la page. N'est-ce pas Edward ? » Fit Jane en me regardant avec insistance.

Une main frôla ma cuisse et par réflexe, je jetai un coup d'oeil à Bella.

« Amen ! Edward est de retour ! C'est le miracle de cette nouvelle année ! Qui est la nouvelle heureuse élue ? » Questionna Dem'.

Jess et Vic ouvrir la bouche pour répliquer d'un même mouvement mais Lili les dissuada de répliquer.

« Les filles qu'est-ce qu'on a dit ? On attend Rose.

_ Mais hier, il l'a embrassée ! Dit Vic.

_ On attend Rose ! Elle ne va pas tarder, avec Emmett, elle m'a envoyé un message il y a dix minutes !

_ Et puis, il l'a fait parce que je l'ai mis au défi de le faire. Répliqua Jane.

_ On sait très bien qu'avec l'autre, c'est du vent. Enchaîna Jess en haussant des épaules.

_ Eh ! Temps mort ! J'en ai marre de regarder un match de tennis ! On ne pourrait pas remplacer le 'il' et le 'l'' par des noms, histoire que ceux qui se sentent complètement largués puissent entrer dans la conversation et en placer une, même des 'Oui, oui' ou des 'Tout à fait d'accord' ? »

Lili, Jess et Vic se tournèrent vers Demetri comme si elles venaient de se rendre compte qu'il était là.

« De toutes façons, je suis sûr qu'il va officialiser ce soir, reprit Lili en me jetant un coup d'œil, comme si elle s'attendait à un acquiescement de ma part.

_ Ca, c'est pas sûr. Je ne pense pas qu'il en aie... Commença Jess en secouant la tête.

_ Eh ! C'est qui qui paye ? L'interrompit Demetri.

_ T'aurais un peu de jugeote tu saurais de qui on parle. Lui répondit un peu sèchement Jess.

_ On ne pourrait pas changer de sujet ? Les coupai-je à mon tour, passablement irrité qu'elles parlent de moi comme si je n'étais pas là.

_ Oh, mais on avait prévu de ne commencer qu'à l'arrivée de ta soeur. Tu y passeras d'une façon ou d'une autre. » Me répondit Lili.

Je marmonnai pendant que Bella traçait des arabesques sur ma cuisse, imperturbable.

Je posai ma main chaude sur son genou et la sentis croiser ses jambes, faisant légèrement remonter sa robe sur ses cuisses fuselées.

Nos regards s'accrochèrent quelques secondes et j'eus soudain l'envie de l'embrasser.

« N'est-ce pas Edward ? Qu'est-ce que t'en penses ? »

Je me détournai vers Jess et haussai les sourcils.

« On parlait du partiel sur le théâtre élisabéthain. Tu penses qu'on aura une question d'ensemble sur l'oeuvre ou sur une pièce en particulier ? »

J'ouvris la bouche pour répliquer quand la main de Bella remonta paresseusement sur ma cuisse et frôla mon entrejambe. Une vague de désir traversa mon bas-ventre alors que je saisissais brusquement son poignet.

« Arrête ça de suite. Lui soufflai-je.

_ Quoi ? Fit Jess.

_ Je dirais une question d'ensemble. Elle est assez vicieuse pour nous faire ce coup-là. Marmonnai-je.

_ D'un agile coup de poignet, Bella se défit de ma prise et m'effleura une nouvelle fois, de façon quasi innocente.

Sauf pour moi.

Je plongeai presque malgré moi mon regard dans le sien et fus englouti par ses pupilles légèrement dilatées.

L'envie de l'embrasser me contracta violemment l'estomac une nouvelle fois.

« Arrête de me regarder comme ça... Et de faire ça. » Lui soufflai-je d'une voix légèrement rauque.

Un sourire sensuel étira ses lèvres puis elle m'embrassa rapidement le coin de la bouche, faisant bouillir mon sang dans mes veines.

« Ok... » Murmura-t-elle avant de poser sa main au creux de mes reins.

Incapable de m'en empêcher, je me cambrai.

« Dis-moi... Est-ce inconvénient à ton avis de commencer par le dessert ? Lui demandai-je en jetant un regard aux autres pour voir si personne ne nous regardait.

_ Pourquoi ? Affamé ?

_ T'as pas idée. » Répliquai-je d'une voix sourde en glissant ma main un peu plus en avant sous sa robe.

Je la sentis frémir et cette réaction corporelle me donna envie de rapprocher ma chaise de la sienne. Fallait-il vraiment qu'elle agisse comme ça sur moi ?

Elle glissa sa main dans mon dos, me caressa lentement le creux des reins, puis elle se pencha sur moi et mordilla le lobe de mon oreille gauche.

Je déglutis devant ce geste de sensualité et crispai ma main sur sa cuisse. Ce n'était vraiment pas une bonne idée de s'engager sur ce terrain-là.

« Sois sage et patient. Tu auras le droit d'en reprendre. » Chuchota-t-elle avant de s'écarter de moi.

Je commençais réellement à me sentir... à l'étroit et j'aimais autant que je détestais ça.

Notre contact devenait de plus en plus électrique. Il allait falloir que j'officialise notre relation avant même qu'Alec ne soit au courant. J'allais devoir lui faire exactement le même coup que lui... avec elle.

« Rose ! Youhou ! On est là-haut ! »

Je me tournai vers Lili qui gesticulait dans tous les sens, en regardant la salle en contrebas.

« On ne peut vraiment pas la sortir. Marmonna Jane.

_ Elle a bu quoi avant de venir ? Demandai-je à Jasper.

_ Rien du tout. Ria-t-il.

_ Et elle a fumé quoi ? Le questionna à son tour Jacob.

_ Je ne fais pas dans le calumet, chéri. » Répliqua Lili en se rasseyant. « Mais j'ai pris un pied d'enfer.

_ Epargne les célibataires. Merci. Grogna Demetri.

_ T'en as deux en face de toi. Je suis certaine qu'il y en a une qui serait prête à faire un geste. Enchaîna Lili.

_ Pourquoi tu tiens à caser tout le monde ? Lui demandai-je.

_ Mon côté Peace and Love. » Fit-elle en haussant des épaules.

Le maître d'hôtel arriva, suivi de m soeur et Baloo qui avait l'air légèrement exténué, à en juger les cernes qui marquaient ses joues.

« Pourquoi t'as pas mis la pourpre ? C'est celle qui te met le mieux en valeur. Bouda Lili tandis que le maître d'hôtel tirait le siège à côté de Jacob pour ma soeur.

_ Je n'avais pas envie d'être comprimée dans un bustier ce soir. Qu'est-ce que tu lui reproches à celle-là ? Lui demanda-t-elle en regardant le décolleté plongeant de sa robe.

_ Elle est trop...

_ Noire. Termina Jess.

_ Moi, je la trouve bien. Répliqua Vic.

_ Toi, de toutes façons, tout ce que porte Rose, tu aimes. Fit Jess.

_ Un rien l'habille. Je suis jalouse.

_ Je persiste à croire que la pourpre aurait été mieux en la circonstance. Dit Lili.

_ Tout ça parce qu'elle ne porte pas une de tes créations. La contra Jane.

_ Ça n'a aucun rapport ! S'indigna Lili en rougissant un peu.

_ C'est moi qui l'ai choisie. » La coupa Baloo.

Rose eut un petit sourire goguenard en voyant la mine déconfite de sa meilleure amie, qui lui envoya un regard qui voulait dire 'Je te revaudrai ça'.

« Je crois que l'on peut dire que le sujet est clos. Ria Jacob.

_ Ca tombe bien, je commence sérieusement à avoir faim. Répliqua Jasper en se posant une main sur le ventre.

_ On va commencer par un apéritif. Dit Jane.

_ T'as vraiment l'intention de nous faire payer le maximum, hein ? Marmonna Demetri.

_ Bien déduit, Sherlock. Tu n'avais qu'à pas te la couler douce pendant que nous, on nettoyait.

_ Si tu crois que dormir dans une baignoire c'est se la couler douce... Répliqua-t-il.

_ Nous, on avait à peine dormi. Rétorqua Vic.

_ Vous, vous êtes des accros à la caféine.

_ Il n'empêche que je choisirai tout ce qu'il y a de plus cher sur la carte. » Lui dit ma meilleure amie.

Elle héla un serveur qui passait à côté de notre table et qui nous apporta quelques minutes plus tard les cartes.

Jane commanda deux apéritifs, une carafe de jus de kiwi et une de jus d'orange sous le regard noir de Demetri qu'elle faisait mine de ne pas remarquer.

Puis, la conversation se tourna vers Alec et Tanya que Lili avait eue au téléphone avant de venir. Elle était 'enchantée' de voir sa soeur aussi heureuse et épanouie après toutes ces années noires.

« J'espère que ça ne te dérange pas, Bella. Même si nous savons que ta vie sentimentale n'est plus au point mort. » Lui dit-elle.

Tous les regards convergèrent vers nous et je pouvais presque voir Jess et Vic se frotter mentalement les mains avec un air diabolique.

Mesdames et Messieurs, préparez vos couverts, nous allons nous mettre à table.

Malgré moi, je me crispai un peu sur ma chaise et Bella caressa paresseusement ma cuisse, relax.

« Faut savoir apprendre à regarder ailleurs. Dit-elle.

_ Donc... Tu avoues ? » Répliqua lentement Lili.

Jess et Vic nous observaient avec avidité.

Rose paressait visiblement calme, mais je savais qu'elle tentait de pénétrer dans mon esprit pour trouver la preuve avant tout le monde.

Jane sirotait l'air de rien son deuxième verre de jus de kiwi.

Jacob paressait sur le point d'éclater de rire.

Jasper nous regardait avec nonchalance, presque détaché de la conversation.

Dem' nous fixait sans doute parce que les autres faisaient de même.

Seul Baloo semblait légèrement agacé.

« Rien que le fait de parler à Alec constituera un aveu. » Dit Bella.

Jess, Vic et Lili poussèrent un cri suraigu en sautillant sur leur siège, me crispant de plus belle.

« Maintenant, on veut tout savoir ! Répliqua Vic.

_ Depuis combien de temps. Fit Jess.

_ Comment c'est arrivé. Continua Vic.

_ Qui a gagné le pari ! » S'excita Lili.

Jane la regarda lourdement.

« Ben quoi ? Dit-elle.

_ On parle bien de Bella et du pote à Jacob, hein ? Demanda Demetri.

_ Non. On parle d'elle et moi. » Répondis-je.

Les filles gloussèrent comme des poules alors qu'il me regardait sans trop comprendre.

« Attends... Tu vas me dire que le cinéma que vous nous avez fait le soir du Réveillon... Commença-t-il.

_ C'était bien de la jalousie ! S'excita Vic.

_ Alors ! C'est qui qui a gagné ! Nous demanda à nouveau Lili.

_ Depuis quand t'es Crésus girl ? Lui demanda Jess.

_ Depuis quand tu parles comme ma soeur ?

_ De toutes façons, c'est pas toi qui as gagné. Répliqua Rose.

_ Donc... Vous sortez ensemble ? » Nous demanda Dem'.

Je me tournai légèrement vers Bella pour voir son expression.

« Qu'est-ce que tu en penses ? On sort ensemble ? Lui demandai-je, faussement détaché.

_ Pourquoi pas. Répliqua-t-elle.

_ Pourquoi pas ? La moitié des filles de l'amphi rêveraient de s'en faire un quatre heures et tout ce que tu trouves à dire c'est 'Pourquoi pas' ?

_ Vous ne voyez pas qu'on est en train d'officialiser ? Faudrait peut-être tirer vos propres conclusions comme des grands ! Dit Bella.

_ Parce que vous faisiez dans le clandestin ? Et Alec ? Il est au courant ? Demanda Demetri.

_ Ouais, on aimerait bien savoir, répliqua Jess.

_ Vous deux, la ferme ! Grogna Jane.

_ Ca a forcément commencé à River green. Dit Lili.

_ Ou peut-être avant. » Fit remarquer Demetri.

Les filles se tournèrent vers lui en ouvrant la bouche.

Finalement, le plus proche de la vérité, c'était lui.

« Non, avant, ils refoulaient. » Objecta ma sœur.

Non.

Avant, ç'avait été une forme de protection, un baiser sans être un baiser, puis une façon d'avoir le dessus sur l'autre, et enfin, les prémices du désir.

Le top départ à la perdition de mes sens puis de mon cœur.

« Non, sans blague. Ça a commencé où ? » Nous demanda à son tour Jess.

Plus vite ce sera dit, plus vite on passera à autre chose. C'était ce que je me disais.

« A River Green. Marmonnai-je.

_ Tout le monde est encore en piste. Fit Jacob.

_ Sauf Lili qui avait parié sur la première nuit. Or, ils étaient encore habillés au matin. Fit remarquer ma sœur.

_ Ben quoi ? Ils auraient pu avoir froid. Marmonna Lili.

_ Si vous parlez de la concrétisation, ça s'est fait à notre retour. Enchaînai-je.

_ Yeah ! J'avais raison ! Beugla Emmett.

_ T'as pas gagné ! » Bouda Lili. « T'as refusé de parier.

_ Tu dois quand même reconnaître qu'il a eu raison ! Lança Rose.

_ C'est son frère. C'était trop facile. »

Rose leva les yeux au ciel face au caractère de mauvaise perdante de sa meilleure amie.

« Emm', franchement, t'es le meilleur. Respect, mec ! Fit Demetri en s'inclinant.

_ Merci, merci. Même si j'aurais préféré que ma petite sœur soit encore vierge. »

Sa remarque lui valut un regard noir de toute la gente féminine de la table.

« Alors... C'est officiel ? Chuchotai-je à Bella en plaçant une main sur son genou.

_ Bien sûr que ça l'est. » Souffla-t-elle à son tour.

Puis, je me noyai dans ses yeux remplis de douceur. C'était ça l'amour sucré.

Puis, je me penchai sur elle et l'embrassai amoureusement avec un seul mot en tête : heureux.

BELLA

Les autres partis, Edward et moi nous retrouvâmes face à face sur le trottoir ; je resserrai les pans de mon manteau autour de moi, frigorifiée.

Il n'attendit pas une seconde et m'attrapa pour me plaquer contre lui, dans une étreinte bouillante.

Le cœur cognant fort d'anticipation, je répondis à son sourire ravageur par un air mutin et gourmand, passant ma langue sur mes lèvres.

Puis je levai lentement mon visage vers le sien.

Sa bouche.

Nos lèvres qui se rapprochaient.

Nos souffles qui se mélangeaient.

Nos regards qui brûlaient.

Mon cœur qui battait la chamade.

Je posai doucement ma bouche sur la sienne, remuant faiblement nos lèvres les unes contre les autres ; puis sa bouche s'entrouvrit, et ma langue plongea en lui, alors que je fermai les yeux.

Lovée contre lui, j'étais bien. Il me tenait comme si j'étais... Son trésor. Comme si jamais il ne me lâcherait.

Comme si j'étais plus encore que simplement sa petite amie.

J'approfondis lentement notre baiser ; savourant la sensation de lui appartenir autant qu'il m'appartenait.

Et quand mes poumons commencèrent à brûler par manque d'air, mon ventre se tordit de frustration, et je me retirai de la douceur de sa bouche mais ne m'éloignai pas.

Je glissai ma langue sur sa lèvre inférieure, et l'attrapai entre mes dents, restant ainsi, le souffle court, les yeux clos.

Il sourit, et fit courir ses mains sur mes hanches.

« Ça a été moins difficile que je ne pensais. » Susurra-t-il.

Je souris, coquine, et lui caressai le ventre.

« Donc je peux recommencer quand je veux ?

_ Quand je serai disposé oui.

_ Je ne te demanderai pas ton avis mon Cœur. » répliquai-je.

Je tirai sa chemise de son pantalon, et glissai ma paume en dessous, contre ses reins ; mes doigts remontèrent le long de sa colonne vertébrale, et il se cambra instinctivement.

« C'est vrai que tu es une violeuse en puissance. Même en pleine rue. »

Je laissai échapper un petit rire rauque.

« Voyons chéri. Ici il y a quand même trop de témoins.

_ C'est pour ça que je te propose de rentrer. Tu ne voudrais pas alerter la police, n'est-ce pas ? »

Je souris, joueuse, et commençai à tracer des cercles sur ses reins du bout des doigts.

« Je voudrais savoir ce qui va m'arriver si je te laisse nous enfermer chez toi...

_ Très simple. On va réviser. »

J'éclatai de rire.

« Tu es donc un garçon sérieux ?

_ Il faut bien que je le sois pour deux. Et j'ai des ambitions. Mais on peut joindre l'utile à l'agréable.

_ Oh non mon chéri. On ne révisera pas ce soir. Je vais te pervertir, et tu vas aimer ça. »

Il éclata de rire à son tour.

« Tu as trop lu les Liaisons dangereuses mon Amour. Valmont n'est pas un exemple à suivre tu sais.

_ Je ne pensais pas à lui tu sais. Je ne vais même pas essayer de te charmer. Je vais te forcer à prendre du plaisir et je vais me délecter de te voir jouir.

_ Tu crois ça ? » sourit-il en haussant un sourcil.

D'un coup, je posai une de mes mains sur son cœur, et de l'autre, pressai son érection. Je souris de sentir les battements accélérer sous mes doigts.

« Oh oui... »

Son regard s'était énormément assombri.

« Rentrons avant que ce ne soit moi qui te viole.

_ Pourtant, je crois que j'aimerais ça... » Susurrai-je.

Je me reculai de lui et pris sa main.

Nous rentrâmes rapidement ; et quand Edward ouvrit la porte de son appartement, je lui arrachai les clefs de la main avec un petit sourire, nous fis rentrer, et le plaquai contre la porte pour passer mes bras de chaque côté de sa taille et refermer derrière lui.

Je l'attrapai à nouveau par le poignet et l'entraînai vers la chambre, où je le jetai sans ménagement sur le lit.

« Pressée ? » Sourit-il.

Je m'installai à califourchon sur lui avec un sourire enjôleur, et je lui arrachai son écharpe. Je commençai à lui retirer sa veste.

« Ne bouge pas chéri. Laisse-toi faire... »

Je m'attaquai à son pull, et au t-shirt qu'il portait en dessous, et me servis de son écharpe pour lui attacher un poignet au montant du lit ; il sursauta, surpris, et je retirai la mienne pour attacher son autre poignet.

Je plaquai ma bouche contre la sienne, satisfaite, et il grogna en tirant sur ses liens.

J'attrapai la télécommande de sa chaîne hifi et mis la musique, ni trop basse ni trop forte. Avec un petit sourire, je me relevai, le laissant seul avec sa trique ; il me lança un regard noir, et, avec un air qui n'avait plus rien d'innocent, je commençai à danser en ouvrant mon trench noir.

Je jouai avec la ceinture, puis défis les boutons un à un ; je le laissai tomber dans un bruissement, regardant ses prunelles se dilater au fur et à mesure.

Remuant des hanches dans un roulement provocateur, je saisis dans mon dos la fine chaîne argentée que j'avais attachée à la fermeture de ma robe pour pouvoir l'ouvrir seule, et la fis glisser lentement.

La robe glissa sur ma peau dans un froissement érotique, et Edward poussa un grognement qui me fit frissonner ; mon sourire se fit plus ravageur encore, et il m'incendia du regard.

Je me rapprochai du lit d'une démarche dansante, et posai un pied juste entre ses jambes écartées, frôlant son érection déjà énorme ; il se tendit, et, instinctivement, tira sur ses liens ; j'échappai un rire rauque, et, la jambe tendue, me penchai sur lui et murmurai :

« Je serais toi, je ne ferais pas ça mon grand. »

Il frémit, et du bout du pied je massai son entrejambe, lui arrachant un juron étranglé. Mes mains remontèrent de mon mollet en caressant ma peau, ma cuisse, le liseré du sous-vêtement, et saisirent les pinces retenant ma jarretelle. Le pied toujours pressé contre son membre à travers son pantalon, je fis rouler lentement le voile sur toute la longueur de ma jambe, renversant la tête en arrière avec un gémissement. Je caressai ma cuisse nue, et changeai de jambe ; il souffla, tendu à bloc.

« Sorcière. » gronda-t-il d'une voix rauque, me bouffant des yeux.

J'eus un sourire sadique, et recommençai mon manège avec ma deuxième jarretelle ; il souffla discrètement de soulagement quand elle tomba à côté du lit.

Je me penchai, et léchai sa carotide.

« Ton calvaire ne fait que commencer.

_ Il faut vraiment que tu me détestes pour me faire endurer ça.

_ Laisse-toi faire et je te promets de t'achever rapidement. »

Il sourit un peu amèrement, et je décidai de le laisser en paix... ou presque.

Je me redressai, et lui tournai le dos en balançant les hanches, sentant son regard brûlant sur ma chute de reins. Mes doigts remontèrent le long de ma colonne vertébrale et saisirent l'attache de mon soutien gorge. Je me retournai lentement, et l'ouvris avant de faire glisser une à une les bretelles du sous-vêtement le long de mes bras ; il tomba à son tour dans un son mat, et je portai mon pouce et mon index à ma bouche. Je les suçai, et fis glisser mes doigts le long de ma gorge avant de pincer mon téton gauche entre mes doigts humides. Il grogna alors que je le faisais rouler, me mordillant les lèvres et plongeant la tête vers l'arrière, offrant une vue imprenable sur ma gorge laiteuse.

Je ne jouai que quelques instants, puis fis glisser ma main le long de mon ventre plat, et passai mes deux pouces dans l'élastique de mon sous-vêtement. Je l'entendis manquer quelques respirations, et m'approchai de lui pour saisir une de ses mains attachées et lier nos doigts ; je rapprochai ma féminité.

« Tu sens comme j'aime te voir à ma merci... Contre ton gré... ?

_ Qui te dit que c'est contre mon gré ? » Fit-il d'une voix un peu éraillée.

Je fis glisser son pouce sur le tissu trempé et laissai échapper un doux gémissement, alors qu'il grognait et bandait les muscles.

« Dois-je en conclure que tu ne porteras pas plainte ?

_ Il faudrait que tu en fasses beaucoup plus pour que je porte plainte. »

Je souris, et m'éloignai pour me retourner à nouveau ; balançant toujours les hanches, je fis glisser le petit bout de tissu le long de mes fesses, de mes cuisses, de mes jambes.

Nue comme un ver et totalement épilée pour l'occasion, je me retournai vers lui, et m'approchai d'une démarche féline pour l'enjamber et me frotter contre la bosse de son pantalon.

À nouveau, il grogna en tirant sur les écharpes fixées aux barreaux du lit, et je secouai la tête en faisant claquer ma langue.

« Tout doux mon chéri. Tu ne voudrais pas que je devienne violente ? »

Il réussit tant bien que mal à me renvoyer un rictus, se retenant visiblement de ne pas se tortiller sous moi.

« T'en serais incapable. »

Je lui souris tendrement, et me penchai doucement sur ses abdos ; ma langue vint jouer avec son nombril, plonger dedans, le titiller. Il frémit.

D'un coup, je mordis son ventre, et aspirai violemment sa peau, lui arrachant un cri étouffé de douleur ; il allait avoir un beau suçon, nul doute là-dessus. Je me redressai, et plaquai une main sur sa bouche en pressant du genou soin érection dure comme un roc. Il voulut se débattre un peu, et je mordis son cou.

« Tant que tu seras attaché à ce lit, tu m'appartiendras. Et je n'hésiterai pas à utiliser la force pour prendre du plaisir. »

La surprise passée, il me lança un regard surchargé de désir, et je redevins plus calme. Mes mains se posèrent sur ses épaules, mes pouces en dessinèrent la courbe nerveuse.

Ses frémissements, la façon dont ses muscles roulaient sous sa peau, dont ses nerfs répondaient au moindre toucher, dont ses veines saillaient... Tout en lui me fascinait, et je suivis d'un regard intense le chemin de mes doigts sur ses bras, son torse, ses mamelons. Mon pouce s'insinua dans la ligne médiane de ses abdos et il les contracta violemment avec un grognement, se cambrant ; sa virilité rentra plus profondément en contact avec mon sexe humide, et le frottement du tissu de son pantalon sur mes lèvres ouvertes me fit voir quelques étoiles ; je me mordis la lèvre inférieure en gémissant, et ma main descendit sur la bosse de son pantalon, la frottant impudiquement. Son souffle se fit erratique, et je plantai mon regard dans le sien juste avant de remonter mon majeur et de le faire glisser entre mes lèvres intimes, jusqu'à presser mon clitoris.

J'étais trempée, et je crevais de désir pour lui autant que lui pour moi.

Il s'étouffa un peu, et se cambra contre moi. Je plaquai durement ses hanches sur le lit, et, avec un regard de braise, commençai à jouer avec sa ceinture.

« Tu es bien trop habillé pour les desseins que j'ai pour toi. »

Il laissa échapper un grognement, et j'attaquai sa ceinture ; je déboutonnai son jean, ouvris la braguette, et le lui arrachai d'un geste, révélant son boxer gonflé par un membre plus tendu que jamais.

Je fis courir mes doigts sur la bosse, et Edward plongea la tête en arrière, l'enfonçant dans un oreiller, gémissant.

Je fis glisser lentement son boxer le long de ses jambes, qu'il agita un peu, et claquai ma langue contre mon palais en remontant me positionner à califourchon sur le haut de ses cuisses.

« Tu sais ce que j'aime le plus dans la chasse ? » commençai-je en suivant d'un doigt toute la longueur de son membre. « Regarder mes victimes agoniser. »

Je massai légèrement sa verge, et il me fusilla du regard, tendu à bloc. Je me positionnai au dessus de lui, un sourire sadique aux lèvres, et le plaçai à mon entrée, le faisant pénétrer d'un centimètre à peine. Il grogna, et voulus lever les hanches, mais je fus plus rapide et ressortis.

« Tout doux. Maintenant, tu te tais et tu subis. »

Je m'empalai d'un coup sur sa verge, et il poussa un cri libérateur, tirant violemment sur ses liens – là aussi il risquait de se faire des marques. Ses hanches se levèrent, achevant de le faire pénétrer jusqu'à la garde, et je le mordis à l'épaule pour étouffer mes gémissements de pur bonheur.

J'étais tellement humide, tellement prête pour lui, que je n'eus besoin que de trois violents coups de hanche pour exploser, en même temps que lui.

Il se déversa en moi en longs jets, et, dressée sur lui, la tête renversée en arrière, je plantai mes ongles dans ses hanches en criant ma jouissance.

J'haletais à la même fréquence que lui ; ses muscles étaient encore raidis, ses veines saillaient jusqu'à presque percer sa peau, et tout son corps frémissait encore de l'orgasme qui venait de nous terrasser.

Je me laissai tomber contre lui, et roulai pour me coucher à côté, caressant son ventre.

Je repris un peu mon souffle, et murmurai :

« Ton calvaire est fini, Eddie... Tu vas être sage, maintenant ? Je peux te lâcher en toute confiance ?

_ Tente, tu verras bien. Sourit-il, le regard animé d'une étrange lueur.

_ Vas-tu porter plainte ? Dois-je disparaître d'Amérique ? Susurrai-je en le débarrassant des deux écharpes.

_ Ton fantasme c'est que je te fasse l'amour dans un parloir ? » poursuivit-il en se frottant les poignets.

Je souris. Devais-je avoir honte d'être à l'origine de ces marques rouges qui apparaissaient sur sa peau pâle ?

Devais-je ou non, j'en savais rien... Mais j'étais plus fière que repentante.

« Non. Hors de question de me retrouver enfermée. »

Il se tourna vers moi, et me prit contre lui en me caressant le dos.

« Alors pourquoi tu veux que je porte plainte ?

_ Je ne le veux pas. Je me renseigne.

_ J'ai connu mieux mais tu te débrouilles pas trop mal. » fit-il en continuant à me caresser le dos.

Je fis une moue.

« J'ai eu ce que je voulais. Je peux partir, maintenant. »

Sa main se posa sur mes fesses, et il me ramena plus près de lui.

« Je crois pas, non. »

Je souris.

« Et... Pourquoi donc ? »

Sa bouche se posa dans mon cou et déposa un doux baiser.

« Parce que je ne me suis pas occupé de toi. »

Je frissonnai d'anticipation.

« Et après ?

_ Tu seras trop fatiguée pour partir. »

Je me délectai de la sensation grisante qui m'envahissait à chaque fois que je savais que... La suite allait me plaire.

« Et encore après ? » Le taquinai-je.

Il me sourit et nous leva.

« On verra ça. »

Il m'entraîna dans la salle de bains, ouvrit la porte de la douche et nous y fit rentrer. Il ouvrit l'eau, et je fermai les yeux avec un soupir de soulagement à la sensation des gouttes coulant sur ma peau lasse.

Je le sentis se retourner, et j'ouvris les yeux. Il était en train de saisir le gel douche.

« Tu sais pourquoi j'ai eu pas mal de filles dans mes bras ? »

Il fit couler une noisette de gel douce dans sa paume ; je me renfrognai un peu.

« C'est le genre de réflexions que tu pourrais garder pour toi. »

Il se retourna et me fit pivoter, pour se placer dans mon dos.

Il commença à me masser les épaules, réveillant ma peau et mon désir.

« T'es sûre ? » Plaisanta-t-il, taquin.

Ses mains descendirent dans mon dos, mais je restai crispée.

« J'aime pas savoir que je suis une de plus. Que tu réitères avec moi les gestes que t'as eu avec elles. »

Il y eut un moment de silence, pendant lequel la jalousie continuait de me ronger ; puis Edward me colla contre lui, et ses mains glissèrent sur mes côtes.

« C'est grâce à mes mains. Tu veux me les couper ? »

Je sentais que notre discussion pourrait facilement partir en dispute ; et je ne le voulais pas. Je ne voulais absolument pas gâcher ce moment.

Je penchai la tête en arrière, la calant sur son épaule, et levai une main pour caresser sa nuque.

« Je veux juste que t'arrêtes de me rappeler qu'il y en a eu un tas d'autres qui ont entendu les mêmes mots et senti les mêmes gestes dans tes bras. »

Ma main gauche, restée sur ma hanche, saisit sa droite, et je liai nos doigts.

Il me retourna, et recommença à me savonner.

« Pas les mêmes mots. Ni les mêmes gestes. Parce que je crois que j'ai jamais été amoureux avant toi. »

Il détourna un peu les yeux, et se concentra sur ses gestes ; la chaleur du bonheur me brûla et me fit fermer les yeux. Ses mains faisant mousser le gel douche sur ma peau, glissant si facilement, répandant cette odeur que je connaissais si bien - la sienne - n'arrangèrent pas mon état.

Je rouvris les yeux, et levai une main pour caresser son visage, avant de coller mon front au sien, ma bouche si près de la sienne. Mes lèvres me brûlaient, son souffle sur elles ne les apaisait guerre.

« C'est tout ce que j'ai besoin d'entendre. »

Je le repoussai contre la paroi de douche, et me collai à lui.

Mes lèvres se lièrent aux siennes - c'était si naturel – et je lui offris un baiser fiévreux mais doux...

Très doux et lent.

Profond.

Comme ce qui me brûlait à chaque fois que je pensais à ses déclarations.

« Je t'aime aussi Edward. Je t'aime vraiment. » Murmurai-je en décollant une seconde mes lèvres des siennes.

Je l'embrassai à nouveau, et son bras se passa autour de ma taille, sa main saisit ma hanche, sa bouche se fit tendre et affamée ; ses doigts continuèrent de répandre le gel douche tout le long de mon corps, massant la moindre parcelle de peau que je lui offrais, m'attisant et me forçant à m'accrocher à sa nuque pour ne pas tomber – mes jambes étaient plus molles que du coton.

Ses doigts glissèrent le long de ma fente, et il m'embrassa passionnément en caressant mes lèvres humides, mon clitoris gonflé ; deux doigts recourbés me pénétrèrent, et je gémis, les larmes aux yeux, la tête renversée en arrière, sa bouche sur mon sein gauche, sa main libre contre mes reins pour me retenir.

Il prit tout son temps pour me caresser amoureusement, me laver entièrement, masser chaque centimètre carré de peau. Il me posa délicatement le dos contre la paroi de douche, se plaça entre mes jambes, et me souleva de ses mains sur mes fesses en décollant sa bouche de mon cou.

Ses yeux s'ancrèrent aux miens au moment où il me pénétra ; ses mouvements furent lents, mais profonds. Nous mîmes un moment avant d'atteindre une extase douce et brûlante, et chacun d'entre nous gémit le prénom de l'autre au moment de la libération.

Je n'étais plus qu'une poupée de chiffon quand il ressortit de moi, et il me souleva dans ses bras pour nous sécher avant de me déposer sur son grand lit.

Il se coucha et passa ses bras autour de moi, me collant contre son corps encore humide ; et ce fut étroitement lovée contre lui que je trouvai rapidement le sommeil...

oOo

Je m'éveillai en douceur, tirée des limbes du sommeil par quelques rayons de soleil filtrant à travers des rideaux et réchauffant mon épaule découverte.

Tiens, j'ai pas fermé les volets hier soir ?

Je n'ouvris pas les yeux, et mes autres sens s'éveillèrent doucement.

Je sentis d'abord les deux bras autour de moi ; le corps brûlant pressé contre le mien sous les couvertures.

Puis l'odeur du gel douche de celui qui faisait battre mon cœur depuis quelques semaines.

Je tendis l'oreille, et saisis la respiration un peu moins régulière au fur et à mesure que le garçon à mes côtés sortait du pays des rêves.

Quoique ce qu'on vit est un rêve...

Je rapprochai mon visage de la source de chaleur, et mes lèvres rencontrèrent une surface dure, et douce, chaude et très légèrement salée.

Je l'embrassai, la léchai, la goûtai ; et un gémissement acheva de faire naître le désir en moi alors qu'un bras se resserrait dans mon dos et qu'une main effleurait ma hanche.

Des lèvres entrèrent en contact avec mon épaule, un genou écarta mes cuisses, deux mains me retournèrent sur le dos, et je couinai sans ouvrir les yeux. Des dents mordillèrent le creux de mon cou, des lèvres glissèrent sur ma clavicule.

Et mon portable sonna, transperçant le silence entrecoupé de respirations et souffles rauques.

Je grognai, alors que le corps contre le mien se redressait un peu ; je levai une main, tâtonnai la table de chevet à le recherche du portable ; j'ouvris des yeux embués, et me souvins qu'il était par terre.

Je me penchai et le saisis, ouvris le sms qui s'affichait.

Puis je grognai, et balançai le téléphone à travers la chambre. Pas grave, c'était un vieux Nokia ; très résistant.

Je refermai les yeux, et une main caressa mon dos.

« C'était quoi ?

_ Jane qui dit que son frère rentre tard. Ah, et tant pis pour eux, on fait une soirée chez Jane sans eux... J'sais plus l'heure. » Répondis-je d'une voix éraillée par la nuit.

Edward soupira contre ma peau.

« Génial. On va avoir droit au déballage de tous les trucs qu'elle a déjà acheté pour Jane 3ème du nom. »

Je grognai et l'enjambai doucement, tirant la couverture sur nous pour nous couper des premiers rayons de soleil.

« Elle va peut-être être déçue mais tous les premiers enfants Black sont des mâles.

_ Oh non. On va avoir droit aux jumeaux. »

Ses mains caressèrent mes cuisses, et je glissai une de mes jambes sous les siennes, l'enroulant sous ses fesses pour lever son bassin au contact du mien.

« Occupe-toi de t'entraîner à faire des bébés plutôt que de penser à ceux des autres. » grognai-je.

Il haussa un sourcil.

« T'as envie d'en avoir un ? »

Ma bouche aspira doucement son cou.

« L'idéal, c'est deux. Trois grand max. A partir de quatre, je les noie. »

Il me tira doucement par les cheveux, me relevant la tête.

« Je te permettrai pas de tuer mes enfants. »

Je frottai mon intimité humide contre son sexe tendu.

« Alors fais-toi vasectomiser *.

_ Hors de question. »

Je souris en me repenchant contre lui.

« Tu veux des enfants avec moi ? »

Il eut un rictus.

« Je sais que c'est choquant dit comme ça. »

Je grognai en mordillant sa peau.

« Crois-moi. Un petit Swan te suffira. C'est toi-même qui noiera les suivants.

_ Ce seront des Cullen chérie. Fit Edward.

_ Parce que tu crois que je vais t'épouser ? »

Je ris en caressant ses fesses.

« Je leur léguerai mon nom.

_ Le mien en premier. Grogna-t-il.

_ Non. Pas envie. » Affirmai-je.

Je descendis contre lui, caressai ses abdos du bout de la langue.

« Je les reconnaitrai... Donc ils porteront mon nom... En premier... Même si tu me tortures avec ta langue.

_ C'est toujours non... Ou alors... Tu seras obligé de m'épouser.

_ Pour voir Jane et Lili aux commandes ? Non. »

J'embrassai sa hanche et remontai vers son torse.

« Pas de bébés alors. »

Edward sourit.

« Alors pas la peine que je m'entraîne. »

Il se déroba et se leva. Je réprimai un grognement et me redressai dans le lit, alors qu'il passait un caleçon et allait à la cuisine.

Je me levai à mon tour et me rhabillai complètement. Je le rejoignis à la cuisine et allai embrasser son épaule.

« Alors pas la peine que je reste. »

Il se sortit un truc à manger du frigo.

« Parce que tout ce qui t'intéresse c'est ma queue ? »

Je souris.

« Voyons chéri. J'ai pas dit que je te quittais. On sort toujours ensemble, mais je ne resterai plus dormir.

_ Ah bon. »

Je vins me coller dans son dos, et passai mes bras autour de sa taille.

« J'accepte la chasteté, mais je ne partage plus ta couche. J'suis pas maso. »

J'embrassai son épaule.

« En plus, t'as pas ma marque de céréales préférées pour le petit déj. Ajoutai-je.

_ Tu veux plus dormir chez moi pour des céréales ? Je crois que c'est l'excuse la plus bidon que j'aie jamais entendu. »

Je le lâchai et allai me servir un verre de jus d'orange.

« Pour des céréales et de la frustration.

_ Parce que je dois me plier à tes désirs ?

_ Nan. T'es pas forcé.

_ Mais j'espère bien. »

Il me saisit soudainement, me porta et m'assit sur le plan de travail.

« Tu ne sais vraiment pas combien de temps il nous reste ? »

Il commença à glisser ses mains sous ma robe.

« Quelques heures. C'est après dîner. Faut que je rallume mon portable, il est solide mais la batterie a dû sauter. »

Il me retira ma robe, et je ris.

« Je croyais que tu ne voulais plus t'entraîner ? Le taquinai-je.

_ Mais je ne m'entraîne pas. » Fit-il en me retirant mes jarretelles.

Je passai ma main dans ses cheveux.

« Alors tu fais quoi ?

_ Je me rattrape pour ce soir... »

Sa bouche se posa sur la mienne, et je me fondis dans son baiser.

« Après... Soirée... Soupirai-je.

_ Mmh oui... Je me rattrape pour ça aussi. »

Il dégrafa mon soutien-gorge et prit un sein entre ses lèvres.

« Tu sais Edward... » haletai-je.

Il releva la tête.

« Je ne mange pas de céréales. »

Il poussa un soupir agacé, et me renversa sur le plan de travail.

oOo

Edward m'avait fait un détour par chez moi, et j'avais troqué ma robe contre une jupe, un débardeur, et un pull. Nous arrivâmes chez Jane vers 22 h 30 – trente minutes en retard.

« Vous êtes à la bourre ! Grogna-t-elle.

_ Tes cheveux sont encore humides. Ce qui signifie que tu es sortie de la douche il y a peut-être un quart d'heure maxi et que tu n'as pas eu le temps de terminer de te les sécher. » Constatai-je. « Donc viens pas râler, mon amie. »

Elle se renfrogna, touchée.

Edward et moi pénétrâmes dans l'appartement nickel de Jane, et nous rejoignîmes les autres au salon.

« Si seulement les autres étaient arrivés un peu en retard aussi, j'aurais pu terminer ma coiffure. » râla-t-elle.

Jacob la prit dans ses bras.

« Tu sais bien que tu es encore plus excitante comme ça chérie. »

Elle essaya de le cacher, mais un sourire naquit sur ses lèvres.

Quasiment tout le monde était arrivé ; nous fîmes le tour pour les saluer. Ç'avait été le jour de repos de Rose et Emmett, et à en juger leur mine, ils n'avaient pas fait que dormir.

Alice et Jasper arrivèrent en retard ; je n'étais pas étonnée. Jane leur resservit son grognement accusateur, et nous soupirâmes en nous regardant.

« Bon. C'est pas tout ça, mais on fait quoi au juste ? »

Lili sauta sur ses pieds, proposant immédiatement de regarder des films à l'eau de rose. Mais elle récolta tout aussi rapidement un tas de « Non » excédés, et se rassit, boudeuse.

« On va faire un tournoi de petits chevaux ? Railla Emmett.

_ Je préférerais le Scrabble, mais on passerait trop de temps à t'expliquer les règles, envoya Victoria.

_ Tant que vous y êtes on peut faire une réunion Tupperware, râla Demetri.

_ C'est quoi le rapport ? S'enquit Jess, sceptique.

_ Bon, et si on faisait un Action Vérité Strip ? » Lançai-je soudain.

Les autres me regardèrent, curieux, et Jacob tapa dans ses mains.

« Vendu.

_ Euh action vérité, jusque là, ça va, mais strip ? Demanda Alice, curieuse.

_ C'est une sorte de gage. Un truc qu'on a instauré avec les Quileutes, vu que des fois on peut ne pas avoir envie de répondre à une question trop osée ou à faire une action du style dictée par Emmett. » Expliquai-je en fusillant mon frère du regard.

Il se mit à siffloter, mimant l'innocence.

« Quand on se défile, on retire un vêtement. » complétai-je, blasée.

« Han ok ! » Fit Alice. « J'peux comprendre le bonus. Ça marche pour moi.

_ Idem. » Fit Jane. « Tant qu'il y a pas l'autre rouquine pour se foutre à poil et mater mon mec. » Rajouta-t-elle en sifflant.

_ Euh bref, je suis ok aussi. Se dépêcha de répondre Jasper.

_ Toujours partant. » Compléta Demetri.

Les autres acquiescèrent à tour de rôle, et nous écartâmes les canapés pour tous nous asseoir en cercle sur le tapis oriental du salon de Jane.

« Bon. Qui commence ? Tiens, Bella. C'est toi qui a lancé l'idée. Choisis ta première victime... »

Je me mordillai la lèvre, pensive. Je n'aimais pas vraiment débuter... Je ne savais pas trop quoi faire...

« Bon. On commence soft. Victoria, action ou vérité ?

_ T'es une Swan, j'me méfie. Pas action. Vérité.

_ Soft, j'ai dit. Raconte-nous ta plus grosse honte. »

Jess se mit à ricaner, alors que Vic prenait une moue dubitative.

« Y en a eu tellement. Tu me laisses deux minutes ? »

Demetri et Jane ricanèrent, et, en leur jetant un coup d'oeil, Vic eut une illumination.

« Ah oui ! C'était au bowling avec Jane, Alec, Demetri et Rose. Les autres étaient pas là, j'sais plus pourquoi, mais bref. C'était bondé. J'étais un peu cuite... Y avait une table ronde, sur un pied, avec toutes nos consos posées dessus. Et à un moment, j'ai voulu m'asseoir... J'ai sauté sur la table... Et... Boum. Tout par terre. Devant tout le monde. Oh, le boucan que ça a fait... »

Nous éclatâmes de rire, imaginant très bien la scène.

« Le pire c'est que ces enfoirés m'ont envoyé traverser la salle pour aller leur repayer les consos... Lili ! Action ou vérité ?

_ Euh... vérité !

_ Raconte-nous ton premier baiser. »

Alice grimaça, et le doute passe dans ses yeux.

« Attention ! Tu dis la vérité, et je confirmerai si c'est le cas, ou tu retires une fringue ! Prévint Rose.

_ T'es pas une amie. » Grogna le lutin. « Bon. C'était avec un gars du collège. On avait tous les deux des appareils dentaires, et ça nous complexait, alors on a décidé de se mettre ensemble... Et en fait on s'est... Entrechoqués on dira. Et on a pas mal bavé. C'était anti-sexe un truc de fou... »

Jasper éclata de rire, à l'instar des mecs présents.

« Heureusement que je t'ai pas connue à ce moment-là. »

Alice bouda un peu, et il se pencha sur elle pour l'embrasser.

« Bon. Edward. Action ou vérité ?

_ Vérité.

_ Alors toi, tu vas nous dire quelle a été la durée record d'un de tes rapports, et avec qui. »

Edward grimaça, et je sentis une pointe de jalousie m'envahir. Je sus de suite que ce n'était pas avec moi.

« Euh...

_ Déshabille-toi ! Déshabille-toi ! Scandèrent Jess et Vic.

_ C'était une heure... Avec Cassie. »

Je détournai le regard, morose.

Je détestais vraiment entendre parler d'elle.

« Tu m'étonnes que ça ait duré une heure. Faut au moins ça pour bander pour elle. »

Emmett s'esclaffa.

« J'adore cette fille. Jane power ! S'exclama mon frère en brandissant son poing.

_ Jacob. Fit la voix d'Edward.

_ Action.

_ Tu as 15 minutes pour aller t'habiller en Jane et te faire passer pour elle. »

Jacob se leva en détalant ; et, un peu moins de dix minutes plus tard, ressortit avec une robe bustier rose de sa copine, qui se raidit.

« T'as pas intérêt à me l'avoir agrandie ! Gronda-t-elle.

_ Quoique ce serait pas plus mal, je pourrais la mettre le jour de mon accouchement ! » Fit Jacob avec une voix un peu aiguë. « Jake ! Où est passé mon fer à lisser ! Hey, Alec ! Dis à ta dépravée de ramener ses fesses vendredi soir, et t'as pas intérêt à ce qu'elle remette ce maquillage bleu ! »

Le manège de Jacob dura encore quelques minutes, sous nos rires moqueurs, et le regard assassin de sa copine assorti de cris de dénégation.

« Mimi-Siku ta gueule ! » Hurla-t-elle.

Demetri fit un hi-five avec Jake.

« Elle est de retour parmi nous. »

Une chaussure vola, et Jake dut se décaler vivement pour l'éviter.

Il retourna dans la chambre se déshabiller.

Quand il revint, il me tapa sur l'épaule.

« Bella ?

_ Vérité. Pas envie de subir tes actions.

_ Ok... Tu vas nous donner ton nombre record d'orgasmes en une nuit. »

Je souris. On en avait discuté ; ç'avait été Alec, la première fois qu'on s'était retrouvés après un mois de séparation.

J'étais certaine qu'il voulait rendre à Edward la jalousie que j'avais ressentie à la mention de son plus long coït.

« Neuf fois. La septième étant séparée des deux dernières par une heure de repos. »

Demetri ouvrit de grands yeux, et Emmett s'étrangla.

Rose lui lança un regard blasé.

« Tu devrais prendre exemple. »

Je ris, et choisis Demetri.

« Action ou...

_ Action. Je suis un homme d'action. Mouhahaha. »

Je levai les yeux au ciel.

« Ok. Tu vas échanger ton boxer contre un string de Jane, et aller le faire signer par une femme dans la rue. On t'observe par la fenêtre, pas de triche. »

Le grand brun se redressa.

« Non mais attends c'est quoi cette...

_ Qu'est-ce que vous avez tous avec mes fringues ! Hurla Jane.

_ C'est ton appart. À moins qu'il y ait un autre string dedans, t'as pas le choix. »

Jacob se mit à se racler discrètement la gorge, et se gratta l'arrière du crâne. J'écarquillai les yeux, mais Jane se leva en bougonnant.

« C'est ok. J'en ai des vieux de toutes manières.

_ Hey, j'en veux pas un usagé !

_ Tu prendras ce que j'te filerais ! »

Et ce fut ainsi que Demetri descendis dans la rue, portant un string dépassant de son jean, et un stylo à la main.

Nous nous plaçâmes tous devant la grande baie vitrée.

Il se prit un refus, une baffe, deux refus de plus, et...

Enfin, une dame âgée accepta de lui prendre le stylo et de lui dédicacer le bout de tissu, sous nos fous rires.

Il remonta deux minutes plus tard, et me lança un regard mauvais.

« Ok. Bella. Je te renvoie la balle. Action ou vérité ?*

_ Euh... »

Je réfléchis, les yeux plissés. J'étais sûre qu'il me préparait une question à la con, et je le pensais assez inventif pour que j'en vienne à devoir retirer une fringue devant les autres.

« Action. »

Après un moment de surprise, il trouva :

« Je sais que Vic jalouse Tanya sur le fait qu'elle ait couché avec une fille. Elle a envie d'essayer. Donc, Bella... T'as plus qu'à lui rouler un patin pendant cinq minutes. »

J'haussai un sourcil, et regardai Vic.

« Tu m'en voudras pas ? Demandai-je.

_ Viens là ma chérie ! » Rit-elle en me tendant les bras.

Théâtralement, je passai une main derrière ses reins et me couchai à moitié sur elle, la penchant en arrière.

« Chrono. » Ordonnai-je.

J'entendis Alice pianoter sur son portable, et ma bouche se scella à celle de Victoria.

Nos langues commencèrent à se toucher maladroitement, puis nous prîmes un peu plus d'assurance.

Ses lèvres étaient douces ; plus douces que celles d'Edward. Je n'aurais pas tout à fait imaginé ça... Elle avait un goût de miel et de café. Étrange mélange mais pas désagréable...

Cela étant, c'était long, cinq minutes.

« Top ! » cria Alice.

Les gars nous regardaient avec de grands yeux, et Victoria leur tira la langue.

Je croisai les prunelles vertes d'Edward, amusées.

« Tu rechignerais pas contre un plan à trois, fit-il alors que je me rasseyais à ma place.

_ Pourquoi ? Ça te tente ?

_ Et je suis même généreux. » sourit-il. « Tu peux en rajouter une ou deux.

_ Trop gentil. Mais seulement si en échange tu acceptes un plan à trois avec un autre mec. »

Il me considéra pensivement.

« C'est ta condition ? »

Je levai un sourcil, surprise.

Je ne pensais pas qu'il pourrait hésiter à accepter.

« Sine qua none. Poursuivis-je.

_ Alors nous verrons ça au cours d'une soirée plus... Arrosée. » Conclut-il avec un clin d'oeil.

Je le considérai, dubitative.

Ouais. On verrait ça.

« Rose. Lançai-je.

_ Vérité.

_ La tenue la plus ridicule qu'Emmett ait porté pendant un de vos ébats.

_ Hey ! C'est pas du jeu ! C'est pas la honte pour elle mais pour moi !

_ C'est aussi la honte pour elle si elle t'a pas largué après ça. Philosopha Jess.

_ La tenue, la tenue ! Scandèrent Jake et Demetri.

_ Ok, ok. » rit Rose.

Elle s'éclaircit la gorge en lançant un petit regard à mon frère,

« La Princesse Leïa. Mais il y avait un contexte ! »

oOo

Une heure et quelques plus tard, Jess avait déjà retiré ses chaussures, son pull et même une chaussette, ayant refusé de se faire bander les yeux et renifler un caleçon d'un mec présent pour deviner à qui il appartenait, et également ayant refusé de répondre à quelques questions dont « Depuis combien de temps n'as-tu pas couché ? ».

Jane avait retiré une chaussure, ainsi que Demetri ; et tous les autres, nous avions accompli toutes nos actions et répondu à toutes nos questions.

Edward et moi fûmes les premiers à déserter ; il ne nous restait plus que deux jours avant le début des partiels.

Il ne fallait pas déconner.

Nous descendîmes dans la rue et je me tournai vers lui, savourant cet instant où nous étions à nouveau seuls.

Je saisis sa nuque, et déposai mes lèvres sur les siennes.

« Tu me ramènes chez moi ? Soufflai-je en me reculant.

_ Tu ne veux pas dormir chez moi ?

_ On commence les partiels dans deux jours... » Hésitai-je.

Edward fit une moue et se résigna.

« Comme tu veux... »

Il me raccompagna vers chez moi, en silence.

Nous arrivâmes devant mon palier, et, le cœur gros, je lui fois face.

« Bon, ben... Je te dis au revoir hein... »

Mes mots tombèrent dans le silence, et je relevai les yeux vers lui.

Il m'adressa un regard de cocker breveté Alice Brandon, et ma décision fut prise sur le champ.

« Nan. C'est d'accord. J'ai pas envie de passer la nuit sans toi... »

Il me fit un sourire ravageur, et nous repartîmes vers son appartement.

Main dans la main...


*Vasectomie : Opération de canaux transportant les spermatozoïdes avant l'éjaculation, dans le but de rendre un homme stérile. L'homme garde toute sa fougue et ne devient pas impuissant ;-)


Alors ? Vous avez aimé ?

Fin du chapitre A fleur de coeur. Et pour le prochain, ce que vous attendez tous...

La confrontation avec Alec. Promis.

Maintenant que vous savez que vous allez y avoir droit, à votre avis, que va-t-il donc se passer ? Certains d'entre vous penchent pour un gros pétage de câble, d'autres pour, à la surprise d'Edward, une réaction calme et sans anicroche... Vous voulez refaire vos paris ? Je ne vous donnerai pas le titre du chapitre, pour ne pas vous indiquer la réponse...

A bientôt !