Bonjour bonjour !
Nous revoilà avec un nouveau chapitre tout chaud ! On a un peu de mal à écrire des trucs que l'on trouve corrects en ce moment avec Mush... Ce chapitre à l'origine devait être plus long mais finalement on n'était pas fières de la deuxième part donc on supprime et on recommence !
En tous cas voilà donc notre retour avec un chapitre toujours plus sombre... Mais... Comme vous le savez...
A partir du moment où l'on a touché le fond, tout ce qu'on peut faire, c'est remonter vers la surface ;).
Bonne lecture, et un énorme merci pour toutes vos reviews !
EDWARD
Avez-vous déjà évité quelqu'un parce que vous aviez peur de croiser son chemin, même si, paradoxalement, vous rêviez de la voir des dizaines de fois dans la journée ? Avez-vous déjà eu l'impression d'incarner la personnification de la Solitude ? Vous êtes-vous déjà traité de tous les noms à cause de votre indécision ? Enfin, un évènement inattendu a-t-il déjà bouleversé votre vie ? Vous êtes-vous alors dit qu'il faudrait peut-être penser à sortir du cercle infernal dans le quel vous vous étiez vous-même emprisonné et ainsi espérer faire bouger les choses ?
Parce que c'est ce qui se passa à ce moment-là.
oOo
J'avais quitté la chaleur de ses draps et de sa peau comme ça, un peu par peur, un peu par lâcheté mais surtout sans réfléchir.
Je ne pouvais pas dire que notre " nous " était revenu au goût du jour même si je le désirais ardemment.
Je ne pouvais pas non plus dire qu'il était mort et enterré.
Je me disais simplement qu'il était là, en suspend et que bientôt, des mots et des gestes viendraient le reformer complètement.
Un peu par peur.
Un peu par lâcheté.
Mais surtout, parce que je ne voulais pas y réfléchir.
La veille, j'avais passé la soirée avec ma sœur.
Depuis combien de temps cela ne nous était-il pas arrivé ?
Elle m'avait jeté à la figure son bonheur rose et sucré, trop parfait pour que j'en sois jaloux, et je lui avais montré timidement un " nous " à moitié déchiré, je le savais sans réellement me l'avouer.
Un peu par peur.
Un peu par lâcheté.
Alors pourquoi y réfléchir ?
Évidemment, elle avait aussitôt revêtu son costume freudien fétiche.
Et évidemment, je m'étais refermé sur moi-même comme une huître.
J'aimais faire appel à elle pour les problèmes sentimentaux et relationnels des autres lorsqu'ils me dépassaient ou que je n'avais pas envie de m'en mêler, tout simplement. Mais pas pour les miens.
J'avais toujours été pudique sur ces choses-là. Je ne m'étais jamais vanté de mon " tableau de chasse " ou du nombre de filles qui me couraient après - que Jane, Vic et Jess comptaient par dizaines soit disant -.
Comme le disait ma mère, la nature m'avait " doté de ses bienfaits ". Mais elle ne m'avait pas donné la clé très convoitée des relations stables et durables. Clé que je commençais à chercher désespérément parce que je la voulais, elle.
Elle ne m'avait pas dit comment doser équitablement l'amer et le sucré.
J'étais devant un " nous " mourant et je n'avais pas le remède pour lui redonner sa vitalité.
Alors, je l'évitais.
Elle m'évitait.
Nous nous évitions...
Par peur ?
Ou par lâcheté ?
Finalement, peut-être devrions-nous y réfléchir...
Je jetai un coup d'œil à travers la vitre du petit restaurant où Jane m'avait ordonné de me rendre pour fêter la fin des partiels... que j'avais sans doute foirés.
Parce qu' elle y serait.
Évidemment.
A moins qu'elle ne trouve une excuse bidon pour nous poser un lapin et deux voix en moi étaient en train de se livrer un combat sans merci pour savoir si je voulais qu'elle soit là ou pas.
Me rendre heureux et réveiller la lâcheté ou me rendre amer et achever de me faire espérer.
J'aperçus un grand parapluie rose à cœurs noirs poindre au coin de la rue bondée, m'annonçant l'arrivée imminente de ma meilleure amie.
Mon portable vibra en même temps dans la poche de mon blazer. C'était elle.
" J'arrive. " Etait-il écrit inutilement.
Je me collai contre la vitre du restaurant pour éviter la pluie qui tombait et les bousculades des passants pressés, pour la plupart trempés.
Quelques secondes plus tard, elle arriva devant moi, bougonne, comme il fallait s'en douter.
" C'est qui qui a choisi le resto ? Je le croyais beaucoup plus près du campus que ça. J'ai cru mourir lorsque j'ai vu l'adresse sur Internet. Moi, j'aurais carrément pris à l'autre bout de la ville. " Marmonna-t-elle.
Elle me tendit son parapluie et son sac à main, y prit une paire de ballerines noires et les troqua contre ses escarpins en grimaçant de douleur.
" Tu devrais arrêter de porter ces instruments de torture. C'est peut-être joli mais imagine que tu tombes. Dans ton état, ça serait catastrophique. " Lui dis-je.
Elle me lança un regard qui disait clairement " Je ne suis jamais tombée et je ne tomberai jamais avec des escarpins parce que je marche avec depuis presque ma naissance " en perdant ses 12 cm de talons.
" Hors de question. Tu n'es pas le premier qui me le dit - Alec m'a encore fait la réflexion hier - mais c'est non. Ce n'est pas parce que je suis enceinte que je vais renoncer à toute ma féminité. Répliqua-t-elle, pleine de morgue.
_ Tu ne les portes plus là, et t'es toujours féminine. Objectai-je.
_ Peut-être, mais je me sens...
_ Naine. Terminai-je avec un rictus.
_ Moins fatale. " Siffla-t-elle. " Bon, Bella va arriver dans un petit quart d'heure, ça nous laisse un peu de temps pour aller s'installer au chaud au bar et tu vas en profiter pour te mettre à table. Et pas moyen que tu esquives, j'ai dit à Rose que je t'arracherai les vers du nez. Et pas la peine de tirer cette gueule non plus, il fallait te douter que si tu ne parlais pas durant votre tête à tête, elle allait forcément faire appel à une tierce personne et cette tierce personne, c'est moi. Elle m'a dit que tu ne me résisterais pas à cause de mon état. Et tu sais que même sans ça, j'obtiens toujours ce que je veux, peu importe le moyen pour y arriver... Rentrons. Il fait quand même froid ici. "
Elle me reprit son parapluie des mains, le replia, le secoua légèrement et passa une main sous mon bras en poussant la porte du restaurant.
Elle jeta un rapide regard à la salle sur notre droite, sans doute pour s'assurer que personne n'était encore arrivé et me tira jusqu'au bar.
Avec mauvaise foi, je pris place à ses côtés en me retenant à grand peine de soupirer de lassitude et d'agacement.
J'aurais dû me douter que ma soirée fraternelle allait rapidement être ébruitée.
Et l'appréhension gagna mon estomac à la pensée que Bella était peut-être aussi passée à la casserole.
" Je sais qu' en ce moment, commença-t-elle, ta vie ne ressemble pas à un conte de fées à la sauce Lily, tout beau, tout rose et tout en volupté. Que tu vis une passe difficile. Notamment à cause d'Alec. Mais je t'avais prévenu. Ce que je ne t'avais pas dit - parce que je te croyais suffisamment intelligent pour le comprendre tout seul - c'était de ne pas éloigner Bella de toi dans l'espoir illusoire que ça le ferait revenir plus vite. Alors je vais te le dire maintenant : tu es vraiment trop con ! Et elle en tient une couche aussi. Vous êtes vraiment faits l'un pour l'autre, ça, tu peux en être certain. "
Un rire sans joie sortit de ma gorge alors que je l'écoutais plus ou moins attentivement sans rien dire et que je m'évertuais à garder mes yeux plongés dans le néant.
Vous êtes vraiment faits l'un pour l'autre, ça, tu peux en être certain.
Est-ce qu'on pouvait réellement dire ça ?
Alors pourquoi était-ce aussi compliqué ?
Pourquoi la peur, la lâcheté et le doute ?
" Alors... Vous en êtes où ? " me demanda-t-elle patiemment après avoir pris une grande inspiration.
Je haussai des épaules en me disant qu'elle ne me lâcherait pas si je ne lui répondais pas. Et je n'avais pas envie que Bella arrive et me voit en grande conversation sur notre " nous " avec Jane.
" Nulle part. Finis-je par marmonner.
_ Comment ça " nulle part " ?
_ ... Ça fait une semaine que je ne lui ai pas parlé. Je ne sais pas ce qu'elle veut, je ne sais pas ce qu'elle pense... En gros, je ne sais rien du tout. M'agaçai-je.
_ Ce qu'elle veut, ce n'est pas compliqué, c'est toi. Après, ce qu'elle pense, ça doit être plus difficile. " Répondit-elle en faisant la moue.
Je secouai la tête avec un sourire amer.
Elle me voulait, moi.
Etait-ce toujours d'actualité ?
Elle me manquait.
Horriblement.
Et plus je pensais à tout ça, plus ça m'obsédait et plus ça me faisait mal.
" Tu es malheureux. Je le vois. " Me dit Jane alors presque avec douceur.
Je me tournai légèrement vers elle et me plongeai dans son regard ambré, sensiblement chaud qui me fit frissonner.
" Fais le premier pas. " Enchaîna-t-elle.
Je songeai avec ironie et amertume que même enceinte, elle n'était pas plus avisée pour donner des conseils amoureux.
" C'est plus facile à dire qu'à faire. Et je n'accepterai pas de refus. " Répliquai-je.
Egoïste, moi ?
Non. Suicidaire à tendance masochiste.
" C'est hélas un risque à prendre. Mais dis-toi qu'il ne sera pas définitif. Répondit-elle.
_ Vous êtes vraiment compliquées. Marmonnai-je contre les filles en général et elle en particulier.
_ Les hommes viennent de Mars... Commença ma meilleure amie.
_ ... Les femmes viennent de Vénus. Heureuse de voir que nous avons les mêmes références. " Acheva une voix derrière nous.
Nous nous retournâmes vers Tanya qui nous sourit en attachant ses cheveux trempés en une haute queue de cheval rapide. Elle enleva son manteau noir alors qu'un sourire étirait mes lèvres en voyant le maquillage qui avait coulé sur ses joues rouges, contrastant avec sa peau pâle, lui donnant l'air farouchement gothique.
Jane renifla légèrement à côté de moi.
" Te fous pas de ma gueule, Hot Boy. J'ai oublié mon parapluie ce matin, ça arrive à tout le monde. Me dit Tanya.
_ Arrête de penser à Alec. Tu finiras par en tomber malade. " Répliquai-je en souriant.
Elle me donna un léger coup de poing dans l'épaule, faussement offensée.
" Tiens. Tu fais limite peur comme ça. " Lui dit Jane en lui tendant un paquet de mouchoirs en papier et un miroir de poche.
Je lui lançai un regard surpris, presque choqué alors que Tanya les saisissait en souriant, reconnaissante.
Rectification : Jane troisième du nom était aussi nulle que sa mère dans son influence pour les problèmes sentimentaux, mais avait pris de son père et était beaucoup plus sociable.
Le visage de ma meilleure amie était fermé. Je savais qu'elle faisait un effort - un énorme effort... - sur elle-même, sans doute sous la pression de son frère, Lily et sans doute aussi ma soeur et Jacob, sans oublier les ondes sociables du bébé qui grandissait bien au chaud dans son ventre.
" Merci Girly Blondie. " Fit Tanya.
Girly Blondie...
Ça remontait à quand ce surnom ?
Des années lumières où on avait tous cru qu'elles pouvaient devenir amies.
" Je t'ai déjà dit que je n'aimais pas les surnoms. Répliqua Jane les lèvres pincées.
_ Pourtant, ça te va super bien. Tu as toujours eu beaucoup de style. "
Comment vous faire apprécier de Jane Volturi en une seule phrase courte innocente et bien placée ? Par Tanya Denali, en vente prochainement et en passe à devenir le best-seller du moment.
Je regardai avec respect Tanya qui savait avoir joué un bon coup avec brio.
Même si elle ne le montrait pas clairement - il fallait surtout être attentif à la lueur qui brillait dans les yeux ambrés pour s'en rendre vraiment compte - Jane devait accepter que Tanya venait de trouver le début du digicode de la muraille hyper protégée de son espace vital dans le quel nous étions si peu à rentrer en toute impunité et qu'elle était sur la bonne voie pour le découvrir en entier au bout de des années de galère et de haine non partagée.
Puis soudain, mon regard fut attiré à l'extérieur du restaurant, et je sentis mon cœur remonter dans ma gorge.
Elle était là, souriante, avec Angela et son copain.
Elle entra la première et son regard croisa fatalement le mien durant quelques longues millièmes de secondes.
Son regard impénétrable.
Qui se détourna sans avoir été troublé.
Et qui me laissa comme... vide.
Je la suivis des yeux se diriger à l'autre bout de la salle. La partie était très loin d'être remportée.
" Ne me dis pas que vous deux, c'est toujours au point mort. Soupira Tanya.
_ Et si... Fit Jane sur le même ton.
_ Edward, si c'est à cause d'Alec...
_ C'est complètement débile ! C'est ce que je lui disais avant que tu n'arrives. " La coupa ma meilleure amie.
Je les regardai, morose.
Depuis combien de temps échangeaient-elles plus de deux mots, ces deux-là ?
" Alors, allons-y ! Et montre-nous que t'es un homme, un vrai ! " Dit Tanya.
Jane eut un rire moqueur que je décidai de ne pas relever et descendit de son tabouret pour lui emboîter le pas, sans un regard de plus pour moi.
Je passai une main nerveuse dans ma tignasse pour me donner un illusoire espoir.
Il fallait juste que j'y ailles, que je m'asseye en face d'elle, que je déglutisse sans vomir et que je lui dise bonjour afin d'entamer la conversation.
Simple, en théorie.
Seulement en théorie...
" Edward ! Tu viens d'arriver ? "
Je détournai mon regard du groupe installé un peu plus loin vers le fond de la salle et fis face à Jess et Vic qui refermait un grand parapluie rouge en évitant de s'asperger les pieds. Elles claquèrent ensuite une bise sur chacune de mes joues et se reculèrent, surexcitées.
" Il est arrivé ? Me demanda avidement Jess.
_ Qui ça ? Marmonnai-je.
_ James ! S'écria-t-elle comme si c'était l'évidence-même.
_ Alors ? Me pressa à son tour Vic.
_ S'il vient d'arriver, il ne sait peut-être pas. Il n'a jamais été très observateur. Objecta Jess.
_ Non, il n'est pas encore là, je ne savais même pas qu'il venait et arrête de parler de moi comme si je n'étais pas là. M'agaçai-je.
_ Ouh là ! T'es de bien mauvais poil, aujourd'hui ! Dit-elle en fronçant un peu les sourcils.
_ C'est toujours au point mort avec Bella, c'est pour ça. Lui répondit Vic.
_ C'est pas vrai, mais tout le monde est au courant de ma vie privée ! M'énervai-je.
_ Oui, chéri. Parce que c'est ce qu'on a de plus palpitant à se mettre sous la dent en ce moment. " Fit Vic, condescendante. " On va retoucher notre maquillage et on arrive. S'il débarque entre temps, laissez-nous le bout de table, on sera forcément à côté de lui. "
Elles disparurent aussi vite qu'elles étaient apparues, me laissant un goût d'amertume dans la bouche.
Elles allaient être quatre à limite prendre des notes sur ce que j'allais dire à Bella pour ensuite tout répéter consciencieusement à Rose afin bien évidemment de m'aider dans ma quête amoureuse, comme un imbécile - que je devais sans doute être - qui ne savait pas se débrouiller tout seul.
Je haïssais l'instinct maternel de ces filles-là - et leur goût pour les ragots -.
Sans plus aucune envie, comme si j'allais à l'échafaud, je me décidai à gagner les autres.
Bella écoutait la conversation qui animait la table dont Jane et Tanya semblaient être les chefs de file lorsque je m'assis à la place libre en face de la sienne - comme par hasard... -, complètement pétrifié.
Elle me jeta un vague coup d'œil et se détourna aussitôt.
J'avais l'impression que mon cœur allait sortir de ma poitrine tellement il battait vite et que mon estomac allait se retourner à tout moment.
Je sentais sur moi un regard lourd - sans doute celui de Jane.
Je dépliai nerveusement mes jambes et frôlai accidentellement les siennes.
Elle se recula légèrement, toujours sans me regarder et une pression douloureuse naquit alors dans ma poitrine.
Elle ne voulait plus me parler. C'était évident.
Ça se trouve, elle ne voulait même plus me voir et je devais voir dans son geste la marque rouge de son refus.
Le regard toujours insistant de Jane sur moi, je pris malgré tout mon courage à deux mains pour entamer la conversation - après tout, j'étais un mec, un vrai, comme l'avait si bien dit Tanya -.
Je pouvais lui faire face.
Je ne pouvais plus rester dans le flou total de l'indécision.
Il me fallait à tout prix une réponse.
" Salut, Bella. " Soufflai-je, le coeur au bord des lèvres.
Alea jacta est.
Les dès étaient jetés.
Soit elle répondait, soit...
" Edward. " Répondit-elle d'une voix impersonnelle.
Ce fut - même si je m'y attendais - comme si je recevais une gifle magistrale et je dus déglutir péniblement.
" C'est tout ? " Ne pus-je m'empêcher de lui demander.
Inutilement, je le savais.
Après tout, c'était moi qui étais parti sans revenir et sans donner de nouvelles, non ?
" Tu t'attendais à quoi au bout d'une semaine sans nouvelles ? Me dit-elle en me regardant froidement, clairement blessée.
_ Je m'attendais à une réaction au bout d'un ou deux jours. " Avouai-je.
C'était vrai.
J'étais parti, mais j'avais espéré.
Espéré qu'elle fasse elle-même le premier pas, parce que je lui avais trop couru après durant des semaines et que ma fierté l'avait emporté sur mon cœur.
Si elle avait vraiment voulu de moi, elle serait revenue, non ?...
" Ah oui ? Du genre, un sms disant: " Salut, Eddie, bon voilà, je me demandais pourquoi t'étais parti sans un mot l'autre matin. Appelle-moi dès que tu peux, bisous. " ? " Dit-elle, froide et ironique.
Je tressaillis un peu et me rembrunis.
" Non. Mais un " J'aimerais qu'on se revoit. " m'aurait amplement suffit. Répliquai-je un peu froid à mon tour.
_ Ben voyons. Désolée mais quand un mec se barre de chez moi sans un mot, je ne vais pas vers lui.
_ Parce que tu me prends pour un anonyme que t'aurais levé dans un bar ?
_ T'insinues que c'est mon genre de baiser avec des inconnus ? Se raidit-elle.
_ Tu parles d'un mec ! Je pensais être plus que ça pour toi ! "
Des clés de voiture - que je reconnus comme étant celles de Jane - glissèrent sur la table jusqu'à nous au moment où Jess, Vic et Brad Pitt troyen 2 arrivaient, un peu mal à l'aise.
" Elle est un peu loin mais je n'ai pas de clé de chambre d'hôtel sur moi. Allez décompresser, vous allez nous couper l'appétit et nous avons besoin de manger. " Nous dit ma meilleure amie.
Quelle ironie.
Cette scène, je me revoyais la jouer dans un autre restaurant, avec elle et Jacob en acteurs principaux. Alors qu'ils se détestaient.
Vu de l'extérieur, on avait vraiment l'impression de se haïr ?
Moi, j'avais l'impression qu'on jouait aux cons.
" Euh... on dérange ? Demanda Vic d'une toute petite voix.
_ Non, non. Au contraire, je crois que notre présence rajoute du piquant à leur relation ! S'enthousiasma Tanya.
_ Ils vont dégager et on va pouvoir manger. Dit Jane.
_ Ouais. Évitez les palabres. Envoyez-vous directement en l'air. Vous verrez... Ça relaxe. " Nous conseilla la petite soeur de Lily.
Je regardai longuement les clés, partager entre l'envie de leur fermer le clapet et celle de leur obéir sans discuter.
J'avais envie d'arrêter de tout casser.
J'avais envie d'arrêter de nous déchirer.
Je voulais simplement être avec elle, c'était vraiment trop demander ?
Je soupirai et la regardai un moment.
Elle était toujours aussi fermée et ne semblait pas plus décidée.
" Viens. " Finis-je par lui dire.
BELLA
J'avais eu un mauvais sentiment dès le moment où j'avais accepté de mauvaise grâce cette soirée au resto pour fêter la fin des partiels.
La fin des partiels. Quelle blague. Fêter quoi ? La fin du stress des révisions ? Comme si c'était ce qui me stressait en ce moment ! Alors fêter quoi ? La déchirure que je ressentais en permanence, même quand j'avais l'impression que je ne pensais pas à lui – illusoire impression, il était toujours dans chaque fibre de mon corps - ?
J'avais envisagé de dire non. Mais dire non à Jane...
Et de toutes façons une partie de moi, celle qui aurait dans tous les cas remporté la bataille, était si masochiste qu'elle voulait se repaître encore une fois – une de plus – de la présence d'Edward à proximité, le temps d'une soirée.
Et ce fut ainsi que je me retrouvai, fermée, le suivant à l'extérieur du restaurant après un début de dispute qui m'avait achevé de convaincre de faire... Ce que j'aurais dû faire depuis plusieurs jours.
Arrivés dehors, je me retournai vers lui et lui fis face, plantant mon regard dans le sien, malgré tous les efforts que cela me demandait.
« En fait j'aurais dû reprendre contact avec toi avant, oui. » Me lançai-je. « C'est fini Edward. J'aurais jamais dû accepter tes excuses finalement. Ça m'aurait évité la douleur de voir qu'au matin t'étais déjà plus là. Bonne soirée, moi, je me barre. »
Et je m'exécutai, ne lui laissant pas l'occasion de répondre ; je ne voulais pas qu'il ait une chance de me retenir, de me faire douter du bien-fondé de ma décision, aussi douloureuse fut-elle.
Mais je fus arrêtée dans mon élan, et en moi se disputèrent douleur et... Un certain soulagement, que je me forçai à réprimer de toutes mes forces ce dernier, plus destructeur que le reste.
Sa prise sur mon bras fut sèche, et je me retournai vers lui, le bras brûlant sous la force de sa poigne.
Il avait l'air... Enervé, un peu, mais surtout, surtout secoué.
Une vague d'amertume m'envahit.
Il ne s'y attendait donc pas ?
« Quoi ? Et tu crois que je vais te laisser partir comme ça, tu rêves !
_ Désolée Edward. Mais que tu joues en permanence avec moi, je peux juste plus. Lâche-moi.
_ Je joue pas avec toi ! J'ai jamais joué avec toi ! C'est la première fois que je suis amoureux, tu crois que c'est évident pour moi ? »
Je lui lançai un regard las.
L'amour, c'était pas forcément instinctif... Mais plus que ça quand même.
« Arrête. Tu m'aimerais, tu m'aurais pas virée. Tu m'aimerais tu serais resté avec moi l'autre matin. Tu m'aimerais, on se disputerait uniquement sur le choix d'une parure de couette ou du programme d'un week-end, et on se réconcilierait sur l'oreiller. »
Je me détournai, mais il ne laissa pas tomber pour autant.
« Ces trucs-là c'est quand ça fait des mois qu'on est avec la personne. On se connait si peu, comment tu veux qu'il n'y ait pas d'anicroche ? »
Mon sang ne fit qu'un tour dans mes veines en entendant ces mots, et je me dressai contre lui.
« T'appelles ça des anicroches ? Non mais tu te fous de ma gueule ? T'as idée de ce que j'ai ressenti à chaque fois que tu me plaquais ou que tu disparaissais, depuis le début ? Tu te rends compte du mal qu'on se fait sans arrêt ? C'est pas des anicroches, ça, Edward.
_ Ce sont des petits trucs qui se transforment en montagne parce qu'il y a beaucoup de maladresse derrière c'est tout. Et toi tu veux tout arrêter pour un manque de dialogue ! C'est non ! »
A nouveau l'amertume me brûla à ses mots.
Des petits trucs.
Est-ce que quelque chose avait de l'importance pour lui ?
« Mais on a déjà arrêté Edward ! Tu l'as fait en me virant ! Y a plus rien d'autre à faire qu'enterrer nos souvenirs.
_ Je t'ai pas virée ! En quelle langue il faut que je te le dise ? Ça aurait été le cas j'aurais disparu du paysage crois-moi !
_ Alors tu te fous réellement de moi ! » conclus-je, estomaquée. « Pas virée, hein ? Tu te souviens de ce que tu m'as jeté à la figure au moins ? T'appelles peut-être ça juste m'éloigner, mais c'est faux. Tu m'as jetée, que tu le veuilles ou non. On a rompu au moment précis où je suis sortie de ton appart, et j'ai cessé d'espérer quand t'es parti sans un mot l'autre jour. »
Il eut un long silence, pendant lequel il sembla se calmer pour tomber dans un état las. Abattu ; et cette foutue douleur qui me rongeait de plus en plus...
« Ne fais pas ça, Bella. » Fit-il, blessé.
Mais il le fallait. Il fallait que je le fasse, pour notre bien.
« Je regrette. T'as fait le principal, je fais que clôturer.
_ Ne nous déchire pas parce que t'es blessée. Tu te rends pas compte des conséquences. Laisse-nous du temps. On s'aime alors pourquoi tout ça ? Ça ne devrait pas suffire ?
_ Ça aurait dû suffire si tu ne trouvais pas à chaque fois un moyen de mettre fin à ce qu'on essayait de construire. Ta connasse rousse, Alec. Puis le coup de grâce : ta disparition alors que je commençais à envisager de tout effacer. Je passerai pas ma vie à pardonner à l'homme que j'aime toutes les blessures qu'il m'inflige, désolée. Je ne suis pas comme ça. »
Mes propres mots me blessèrent, mais je me refusai violemment à les regretter.
Le bon sens.
Me préserver.
Le préserver, aussi, quelque part.
Je ne devais pas perdre ça de vue.
S'ensuivit un long silence – un de plus entre nous.
Puis les mots qui font le plus mal.
« Parfait. Alors sors de ma vie Bella. » Fit Edward sans me regarder.
Et là, je regrettai.
Là, je voulus férocement pouvoir remonter le cours du temps ou, tout simplement, me jeter sur lui en le suppliant de m'embrasser et de ne plus jamais me laisser partir.
De ne plus jamais me laisser mettre fin à notre relation.
Mais tout ce que je fis fut, pour la première fois depuis longtemps, d'écouter la voix de la raison.
Et je réprimai ma montée de larmes.
Et je me détournai.
Et je me remis en marche en direction de chez moi, ventre, cœur et cerveau vides, mais tripes lourdes de tous les sentiments qui m'assaillaient.
Mon bras me brûla au niveau où plus tôt Edward m'avait saisi pour m'arrêter, et je compris que s'il le faisait encore maintenant, s'il me saisissait une fois de plus, je ressentirais le même soulagement.
Mais il ne le fit pas.
Et ce fut la dernière fois que je lui adressai la parole.
oOo
Trois semaines plus tard
Mes foulées se faisaient plus hésitantes sur la castine glacée, et mon souffle plus lourd.
Allez. Encore un peu. Un pied devant l'autre.
Mes muscles commençaient à protester, et je savais que demain des courbatures me feraient grimacer à mon réveil ; mais, loin d'avoir pitié de mon organisme, j'étais irritée.
Cela m'irritait.
Je voulais plus. Toujours plus. Courir plus loin, grimper plus vite, et j'étais agacée que mon corps ne réponde pas à mes nouvelles exigences.
Je sentis qu'on m'attrapait le coude et qu'on me forçait brusquement à m'arrêter, et je lançai un regard noir à James ; regard qu'il me rendit.
« Je crois qu'on a assez couru pour aujourd'hui. » Lâcha-t-il sèchement.
Je ne répondis rien, me contentant de marcher d'un pas nerveux à ses côtés et d'attraper ma bouteille d'eau dans mon sac à dos.
Cela faisait trois semaines que c'était ainsi.
Trois semaines qu'Edward et moi nous étions quittés en mauvais termes au resto.
Trois semaines que j'évitais un maximum d'y penser, de penser à la façon dont sa présence me manquait, de penser à lui tout simplement.
J'avais peut-être exagéré au restaurant. Pas dans ce que j'avais dit, car passé un instant de remords j'avais décidé que je pensais réellement les mots que mes poumons avaient expulsés ; mais dans la façon dont je l'avais fait.
En plein public, sans vraiment laisser de chance à Edward.
Mais après tout, c'était ce qu'il avait toujours fait avec moi, non ?
Ne me laisser aucune chance. Aucune chance de me faire entendre, aucune chance de lui résister.
Je balayai comme bien souvent ces dernières semaines toute trace de remord de mon esprit, et ce fut la rancœur qui le remplaça.
Je lui en voulais.
Je lui en voulais de m'avoir aussi souvent blessée, je lui en voulais de s'être éloigné de moi à cause d'Alec, je lui en voulais de me tenir rigueur de ce que je lui avais reproché.
Je lui en voulais de m'avoir fait tomber amoureuse de lui.
Comme une conne, songeai-je en me remettant soudainement à courir, en colère.
James repartit aussitôt après moi, grognant.
« Bella mais arrête-toi, merde ! »
Je ne lui prêtai pas la moindre attention, continuai sur des foulées longues et rapides. Sortis du chemin tracé pour les joggeurs et les cyclistes pour rejoindre le goudron du trottoir new-yorkais.
Il souffla derrière moi, excédé, mais ne me lâcha pas.
Trois semaines que je n'avais eu absolument aucun contact avec Edward, pas même un appel – il n'avait même pas essayé de me joindre. Quand j'étais à la fac, je supposais qu'il devait être là également mais je faisais un maximum pour ne pas tourner la tête dans la direction dans laquelle je supposais pouvoir le trouver.
Je ne voulais plus rien avoir à faire avec lui.
Du moins je faisais tout pour m'en convaincre – à défaut de convaincre les autres.
Et cela faisait trois semaines que pour essayer d'oublier cette rancœur qui me brûlait, je cherchais à toujours me dépasser physiquement.
Jogging tous les jours.
Choix de prises de plus en plus hasardeuses et risquées à l'escalade.
Oh, j'avais pu noter une amélioration de ma condition physique en trois semaines.
Je courais plus longtemps, étais essoufflée moins vite.
Je montais plus vite.
James au début, s'était dit que c'était normal, que je me défoulais sous l'épreuve de la colère ; mais rapidement, voyant que j'étais de plus en plus exigeante avec moi-même, il avait commencé à s'inquiéter et à ne plus me lâcher d'une semelle quand je faisais du sport.
Cela faisait deux semaines qu'il me suivait lors de mon jogging et me forçait à m'arrêter avant que mes poumons ne me lâchent ou que mes jambes cessent de me répondre.
Parce que m'arrêter, je ne savais plus le faire.
Cela avait du bon ; la semaine précédente, j'avais remporté une épreuve d'escalade à laquelle le coach nous avait inscrits avec James ; j'étais l'une des seules filles à participer, et avais largement gagné ma place sur la marche la plus haute du podium.
Mais cette victoire avait un arrière-goût amer, et sincèrement, j'avais oublié mes récompenses dès la seconde suivant le moment où l'on me les avait remises.
Je n'étais pas heureuse.
Et une part de moi sentait que je ne serais plus jamais heureuse sans lui.
En silence, James et moi trottinâmes jusqu'à mon appartement ; nous nous séparâmes sans un mot devant ma porte, moi m'arrêtant pour sortir les clefs, lui arrêtant de trottiner pour continuer son chemin en marchant.
Quelque part je me sentais coupable vis-à-vis de lui, de le mettre en colère, et qu'il se sente obligé de me suivre pour éviter que je ne me bousille la santé – ou, pire de mon point de vue, un muscle ou une cheville.
Mais je ne lui avais rien demandé.
Façon si classique de se décharger de toute responsabilité...
Je jetai un regard à ma montre.
Onze heures.
J'avais couru plus de trois heures ce matin, ne faisant que de courtes pauses pour marcher.
Mon estomac se serra.
Je savais que ce n'était pas normal.
Je savais que c'était à cause de lui.
Pour éviter de penser à lui.
À cause de moi.
Angela me jeta un bref regard quand j'arrivai dans la cuisine pour me servir un verre d'eau.
Elle ne dit rien ; elle était pourtant l'une des seules à ne pas se laisser décourager par mon mutisme des dernières semaines et à encore chercher à faire comme si tout était comme avant.
Comme si tout allait s'arranger.
« Jane a essayé der t'appeler. Fit-elle au bout d'un moment.
_ Sur mon portable ?
_ Oui. Tu l'avais laissé...
_ Sur la table, je sais. »
Le portable. Encore un objet avec lequel je passais de moins en moins de temps.
Alec depuis quelques temps, cherchait en vain à me joindre.
Plusieurs fois par jour.
Jane m'avait dit, il y avait un moment, qu'Edward et lui s'étaient finalement complètement réconciliés ; et au milieu d'un cafouillis de sentiments comprenant une certaine amertume mais aussi le bonheur de les savoir à nouveau grands amis, j'avais ressenti une bouffée d'espoir.
L'espoir qu'Edward cherche à reprendre contact avec moi désormais.
L'espoir que son éloignement n'ait été dû qu'au fait qu'il attendait que les choses rentrent dans l'ordre avec Alec.
L'espoir qu'un nouveau début de relation soit envisageable.
Mais il n'avait pas appelé.
N'était pas venu me parler.
Ne s'était même pas manifesté via Jane, Rosalie, Jacob ou n'importe lequel de nos amis communs.
C'est normal. Souviens-toi... 'Sors de ma vie, Bella'... me souffla la voix de l'amertume.
Et je m'étais renfermée dans ma bulle de mutisme, le cœur réduit en miettes, mais trop fière pour l'admettre.
Et bien trop fière pour faire moi-même le premier pas vers lui.
« Tu fais la cuisine à midi ? Je n'en ai pas le courage. » Mentit Angela.
Je savais que c'était un mensonge. Elle l'aurait fait sans problème, la cuisine. Mais me la faire préparer était la seule stratégie qu'elle avait trouvé pour m'obliger à manger, ces derniers jours.
Sans ça, je m'enfermais dans ma chambre et attendais le lendemain.
J'hochai la tête, et ouvris le frigo.
oOo
« Dix minutes, et vous redescendez tous pour aller à la douche ! » grogna le coach.
Je pestai, commençant tout juste un nouveau mur.
« Bella, descend, ça sert à rien t'auras pas le temps de monter. Intervint Travis, un de mes camarades d'escalade.
_ C'est ce qu'on va voir ! » Grognai-je en réponse.
Je m'élançai, et sautai une prise facilement accessible pour en saisir une autre plus risquée, et gagner quelques précieuses secondes sur ma montée.
Je continuai ainsi sur deux ou trois mètres, indifférente à tout ce qui se passait autour.
Même pas concentrée sur ce que je faisais.
Ne pensant à absolument rien.
Et ce fut la raison pour laquelle, de surprise, je dérapai quand une violente brûlure déchira ma cuisse.
Je poussai un cri, sentant mon pied gauche glisser de la prise sur laquelle il était posé ; la brûlure redoubla de violence dans ma cuisse, mais, me sentant partir, je fis un effort de concentration pour essayer d'attraper une nouvelle prise avec ma main gauche.
Les cris autour de moi me parvinrent, étouffés ; je ne sentis qu'avec horreur mes doigts se recroqueviller sur une surface parfaitement plane, et mon corps tomber en arrière, dans le vide.
La chute me parut relativement longue ; ce fut comme si je prenais conscience du déplacement de mon corps en direction du sol.
Je me sentis à peine atterrir sur le tapis ; la dernière sensation qui me traversa, fut celle de l'arrière de mon crâne cognant contre le tapis compact.
Juste un prénom me vint à l'esprit, sans visage, sans que je sache ce qu'il m'évoquait.
Edward.
Et ce fut le trou noir...
Et voilà !
Et maintenant, en bonne sadique que je suis, je vous laisse imaginer ce que va ressentir Edward en apprenant la chute de Bella...
Mouhahaha !
On vous adore !
