Bonjour bonjour !
Nous revoilà en ces joyeuses vacances d'Halloween (quoi ? Pas gai ? Désolée, perso j'ai toujours aimé ces vacances, les premières de l'année scolaire, et surtout... Les vacances d'automne, ma saison préférée. Vous vous en foutez ? Gloups je reprends).
Bref nous revoilà dans la joie et la bonne humeur, quoiqu'avec du retard, pour ce nouveau chapitre ; chapitre, vous le verrez, de transition entre les anciens malheurs de notre couple et... Leur avenir ^^.
Il est plutôt court (quand même 20 pages Open Off, hein, tout est relatif), le suivant est en cours de rédaction. Je vous laisse avec nos deux amoureux, une Bella hospitalisée à cause de ses conneries et un Edward renfermé...
Bonne lecture !
EDWARD
Avez-vous déjà eu l'impression de toucher le fond du fond ? Vous êtes-vous déjà retrouvé dans cet état léthargique qui vous rend limite malade parce que vous aviez trop joué au con et que maintenant, vous payiez les pots cassés ? Vous êtes-vous déjà dit alors " C'est pas possible, c'est un cauchemar, et je vais bientôt me réveiller " pour vous rassurer ?
Parce que c'est ce que je pensais à ce moment-là.
oOo
" Edward ! On sait que t'es là ! On a vu la lumière depuis le bas de l'immeuble ! Enlève les clés de la porte ou ouvre-nous, il faut qu'on parle ! "
Malgré le casque posé sur mes oreilles, j'entendais que trop bien le martèlement à la porte de chez moi.
Trois semaines que je ne voyais plus personne et que je sortais à peine de mon appartement.
J'avais occulté tout ce qui me rappelait à elle, de mes amis - et même les plus proches - à la fac et même mon propre appartement commençait à me rendre claustrophobe.
Trop de souvenirs.
Trop d'amour.
Trop de souffrances.
" Edward ! Edward, c'est Bella ! " Hurla Jane.
Mes mâchoires se contractèrent, mon cœur tressaillit et je fermai les yeux : oui, c'était Bella. C'était tout le temps Bella.
Comment faisait-on pour oublier ?
" Elle a eu un accident ! "
Un accident ?
Qu'est-ce que Jane n'inventerait pas pour me faire retourner vers elle.
Mais c'était sans espoir. Je le sentais au plus profond de moi. Elle me l'avait bien dit.
" Edward ! "
J'enlevai mon casque et le balançai à côté de moi d'un geste rageur.
Ne pouvait-on pas me laisser une chance d'oublier ?
" Edward ! " Cria-t-elle encore une fois.
J'entendis une autre voix étouffée et elle marmonna quelque chose d'une voix furieuse et désespérée.
Mon portable vibra : c'était Jacob.
Je me détournai en proie à mon tour au désespoir et à l'agacement. Apparemment, on ne pouvait pas me laisser tranquille.
Un accident...
Vraiment n'importe quoi.
" Elle a fait une chute à l'escalade ! Elle a une commotion ! Edward, vous allez arrêter vos conneries ! Vous êtes allés trop loin ! "
Ma respiration devint lourde et la tête commença à me tourner. Se pourrait-il vraiment que... ?
Non.
Non, pas possible.
Un accident !...
" Edward ! "
Elle avait l'air à bout de nerfs. Désespérée.
Mais je ne pouvais pas. Non. Je ne pouvais pas bouger.
Un accident...
Des coups plus virulents se firent alors entendre ; sans doute Jacob.
" Edward, c'est vrai ! Elle a été transférée à l'hopital où travaillent ton père et ta soeur. On voudrait que tu nous y accompagnes. " Dit-il.
J'entendis à nouveaux les marmonnements étouffés de Jane, puis elle retoqua à son tour.
Je me levai et me dirigeai vers la porte dans un état second.
Un accident...
D'une main tremblante, nauséeux, je la déverrouillai.
Un accident...
Le battant s'ouvrit à la volée et s'abattit avec force contre le mur sur une Jane en furie qui m'atomisa via ses yeux ambrés et légèrement rougis.
" Non, mais t'es malade ou quoi ? Vous voulez me faire faire quoi avec toutes vos conneries ? Une fausse couche ? Vous ne savez pas que dans mon état, il faut que je sois au calme ?... Et t'as vu la gueule que t'as ? On dirait un homme des cavernes ! Depuis combien de temps tu t'es pas rasé ?... Et c'est quoi cette porcherie ?... T'as décidé que le mot " ménage " devait disparaître du langage commun ? Merde ! Vous allez me rendre dingue ! Hurla-t-elle en tapant du pied.
_ Jane, calme-toi. La tempéra Jacob en la prenant par les épaules.
_ Non, je ne me calmerai pas ! Je le ferai que quand ils auront arrêté leurs conneries diverses et variées ! J'en ai marre de faire la navette entre deux dépressifs handicapés des sentiments ! Répliqua-t-elle, toujours furieuse.
_ Qu'est-ce qu'elle a fait ? "
Ils se tournèrent tous les deux vers moi, un peu surpris.
Même moi, j'avais du mal à reconnaître ma propre voix.
Jane me fusilla du regard une nouvelle fois - elle avait vraiment l'air à bout de tout - et se dirigea sans un mot derrière le bar pour ouvrir le frigo et sortir une bouteille de jus de kiwi.
Jacob enleva son manteau et son écharpe, puis se laissa tomber sur un des tabourets en se passant une main lasse dans ses cheveux courts.
" Emmett nous a téléphoné il y a environ une heure. Il était dans tous ses états, je ne l'avais jamais entendu comme ça. Il est du genre Monsieur Self Control d'habitude. Il nous a dit qu'il avait été appelé au complexe sportif où Bella s'entraînait pour une chute de 5 mètres...
_ Une chute de 5 mètres ? Répétai-je, la poitrine oppressée.
_ Oui, 5 mètres ! Elle a eu une commotion ! Et elle a 3 côtes félées ! Dit Jane en arrachant sa bouche du goulot de la bouteille.
_ On ne sait pas grand-chose. On n'a pas eu de nouvelles. Mais Jane a voulu qu'on passe te chercher avant d'aller à l'hopital.
_ Et tu vas venir ! Aucune excuse, aucun prétexte, tu viens ! " Renchérit-elle.
Je me détournai, incapable de soutenir une seconde de plus leur regard.
Elle avait eu un accident.
A cause de moi ?
Non.
Non, c'était fini. Elle me l'avait clairement fait comprendre.
" Elle n'arrête plus depuis votre... séparation ! Les cours, l'escalade, l'escalade, les cours ! Je me demandais quand est-ce qu'elle allait mettre le frein à tout ça. Et ce qui devait arriver est arrivé !... Maintenant, j'en ai ma claque ! Toi, tu vas sortir de ta tanière et nous accompagner ! Et après, vous allez recoller les morceaux et laisser mes pauvres nerfs tranquilles jusqu'au mariage de notre fille, au moins ! Vous ne vous rendez pas compte du soucis que vous nous causez ! Et dans mon état...
_ Stop ! La coupai-je, amer.
_ Non, Edward ! Il n'y a pas de stop qui tienne ! Je veux que tu prennes conscience des choses ! Je veux que tu te dises " Merde ! Putain, elle a raison ! " Je veux qu'elle revienne sur terre et qu'elle réalise que sa vie sans toi, c'est juste pas possible !
_ Elle m'a quitté ! M'écriai-je, encore plus amer.
_ Non ! Elle a fait la conne, c'est différent. Alors va prendre une douche et surtout rase-toi, habille-toi bien et suis-nous. T'as un coeur à reconquérir. "
oOo
Un coeur à reconquérir.
Un coeur inaccessible.
Autant me demander l'impossible.
Jane était en train de batailler ferme avec la standardiste depuis près de 10 minutes maintenant pour savoir dans quelle chambre elle se trouvait.
Le Saint Georges Memorial n'était pas connu pour son personnel accueillant et coopératif mais pour l'efficacité de ses médecins.
Mon père y travaillait depuis une quinzaines d'années maintenant, et était suffisamment connu pour que certaines infirmières, aides soignantes ou même internes me reconnaissent. Et Jane comptait bien sur ça pour obtenir ce qu'elle désirait.
" ... C'est le fils du Docteur Carlisle Cullen ! Et je suis enceinte ! Si vous refusez de me donner ce foutu numéro de chambre, je...
_ Ecoutez Mademoiselle, ce n'est pas que je ne veux pas vous le donner, c'est juste que vous êtes passée devant pas mal de personnes qui attendent déjà depuis un bon moment un renseignement... La coupa un peu sèchement la standardiste.
_ Edward ? "
Par réflexe, je me retournai vers la voix sur ma gauche et vis arriver une vieille infirmière qui portait une lourde veste violette en maille sur son uniforme, que je reconnus aussitôt.
" Magdelina ! "
Un sourire étira malgré moi mes lèvres.
Magdelina Lewis était l'infirmière en chef du service de mon père depuis des années et m'avait gardé pas mal de fois lorsque nous étions petits, Rose et moi.
Jane et Jacob se retournèrent vers nous.
" Vous pouvez nous avoir le numéro d'une chambre en traumatologie ? Il semblerait qu'on ne soit pas capable de nous donner cette simple information. Dit aussitôt ma meilleure amie en fusillant du regard la standardiste au téléphone.
_ En trauma ? Un problème ? S'étonna Magdelina en me regardant, l'air un peu inquiète.
_ Sa petite-amie. Fit Jane.
_ Oh... "
Je lui jetai un regard lourd et refis face à la vieille infirmière.
" Isabella Swan. " Marmonnai-je.
Elle fronça les sourcils, semblant réfléchir.
" Va voir Rosemerta Jones. La chef du service de trauma. Troisième étage, couloir de gauche. Et pense à venir me voir de temps en temps. " Me dit-elle, faussement répressive.
J'eus un sourire gêné et lui fis signe de la main alors que Jane me traîna avec Jacob vers les ascenseurs ou quelques personnes attendaient déjà. Elle marmonna quelque chose que je ne compris pas, mais Jacob lui prit patiemment la main et lui en caressa le dos avec son pouce.
Lorsque la machine infernale ouvrit enfin ses portes et que nous pûmes pénétrer à l'intérieur, j'étais toujours dans ma bulle, à me préparer mentalement à ce que mon coeur éclate une nouvelle fois en mille morceaux.
Trois semaines sans la voir.
Encore plus long qu'une éternité.
Nous sortîmes au troisième étage et bifurquâmes dans le couloir de gauche, comme nous l'avait dit Magdelina. Arrivés au bureau des infirmières, Jane laissa encore une fois échapper un juron et nous fit comprendre ce qu'elle pensait du personnel des hopitaux.
" Il n'y a jamais personne quand on cherche quelqu'un dans un hôpital ! On va faire les chambres une par une, on finira bien par tomber dessus. Dit-elle.
_ Je ne pense pas qu'on ait le droit de faire ça. Lui répondit Jacob.
_ Eh bien, on va prendre le gauche !
_ Jane, baisse d'un ton. Marmonnai-je.
_ T'es marrant, toi ! Bella a eu un accident ! Apparemment, ça n'a pas l'air de toucher plus que ça !
_ Jane ! " Protesta Jacob en lui jetant un regard noir.
Je la fusillai à mon tour du regard et me mis à la recherche de Rosemerta Jones ou d'une aide soignante susceptible de me renseigner, le service étant anormalement désert.
Une commotion.
Elle avait eu une commotion.
Je me fis mentalement violence pour ne pas chercher dans mes souvenirs ce que cela pouvait impliquer dans le cas le plus grave. Mon père aimait bien parler de ses patients de temps en temps, il avait donc forcément évoqué une commotion à un moment donné ou un autre.
" Vous cherchez quelque chose ? "
Une forte femme noire referma précautionneusement la porte d'une chambre et me fit face. Je la reconnus comme étant l'infirmière en chef grâce à son badge et une vague de soulagement me submergea.
" Oui, bonsoir. Vous êtes bien Rosemerta Jones ? Lui demandai-je d'une voix un peu altérée.
_ En effet. Acquiesça-t-elle un peu surprise.
_ Magdelina Lewis, du service de cardiologie, m'a dit que vous pourrez peut-être m'aider. Une... amie a été transféré dans votre service il y a peut-être deux ou trois heures...
_ La jeune fille du complexe sportif ? Me coupa-t-elle.
_ Oui. Acquiesçai-je, la gorge sèche.
_ Chambre 338. Vous passez devant le bureau des infirmières, avant dernière porte au fond à droite.
_ Comment va-t-elle ? Ne pus-je m'empêcher de lui demander.
_ Disons que ça aurait pu être pire. Nous serons vraiment fixés demain. Vous êtes de la famille ? Son petit-ami ?
_ Je... Oui... Son petit-ami. " Soufflai-je.
Elle eut un sourire compatissant.
" Vous pouvez dormir ici si vous le souhaitez. Me dit-elle.
_ ... Merci... "
Je tournai ensuite les talons et cherchai rapidement Jane et Jacob.
Celle-ci était visiblement en train de taper à toutes les portes du couloir.
" Jane ! Il vaut mieux attendre Edward. Marmonnait Jacob.
_ On aura plus vite fait que lui, si ça se trouve. Dit-elle en refermant une porte.
_ 338, avant dernière porte, au fond à droite. " Fis-je en passant devant eux.
Je ne sais ce qui me poussait en avant tout à coup.
Peut-être voulais-je m'assurer par moi-même qu'effectivement, le pire avait pu être évité.
Peut-être voulais-je tout simplement la voir. La voir enfin.
D'une main moite et nerveuse, j'appuyai sur le loquet de la porte, l'estomac noué, sans attendre Jane et Jacob. L'odeur caractéristique de l'hopital assaillit encore plus mes narines que dans les couloirs, me donnant presque la nausée.
Elle était là, allongée, pâle, les cheveux un peu hirsutes, hagarde, avec de grandes cernes sous les yeux. J'eus presque l'impression qu'elle se demandait où elle était.
Au bruit de mon entrée, elle tourna maladroitement la tête vers moi et ses pupilles éteintes s'écarquillèrent lorsqu'elle me vit.
Etait-ce positif ?
Etait-ce négatif ?
En tout cas, ce fut comme si le temps s'arrêtait.
Nos regards ne se quittaient plus et j'espérais qu'ils étaient heureux de se retrouver.
Le mien, l'était.
Le mien, la caressait littéralement tout en la parcourant avec avidité.
Mon coeur me redevenait enfin connu par sa douleur.
La bouche sèche, je me sentais pétrifié.
Je n'arrivais pas à lire son expression et ça me terrifiait.
J'étais tellement heureux et tellement triste en même temps.
Je voulais lui dire tellement de choses et garder le silence à jamais; juste rester là, yeux dans yeux.
J'eus la fugace impression que ses lèvres s'écartaient pour parler, mais la porte s'ouvrit brusquement derrière moi.
" Bella ! Oh, bon sang, Bella ! Tu ne nous refais plus jamais ça ! Tu m'entends ? Plus jamais ! " Dit Jane en déboulant comme un boulet de canon dans la chambre.
Ses yeux quittèrent les miens et je me sentis étrangement mal à l'aise tout à coup.
Jacob passa à son tour devant moi alors que Jane n'arrêtait pas de parler, complètement paniquée.
Je me coupai de cette scène et me dirigeai vers le fauteuil dans le recoin droit, à côté de la fenêtre où les stores étaient à moitié baissés.
" T'imagines dans quel état j'étais lorsque ton frère nous a téléphonés ? Hein ? ... T'imagines ? "
Je la regardais de loin, en catimini.
Dans ma poitrine, mon coeur était en train de se fissurer à nouveau et étrangement, ça me réconfortait. Ca me sortait de ma léthargie et me ramenait à la réalité dans la quelle elle se trouvait.
Son corps était plus raide que lorsque j'étais entré.
Ma présence l'indisposait-elle ?
Ou bien, la sortait-elle aussi de sa léthargie ?
J'avais envie de m'approcher.
De m'assoir à côté d'elle.
De la toucher.
De me retrouver seul avec elle.
De lui dire qu'elle me manquait, qu'elle me manquait tellement que je ne trouvais pas les mots pour lui expliquer vraiment.
De lui dire que j'étais désolé et que je le pensais pour la première fois de ma vie.
De lui demander de revenir.
De lui demander de ramener l'amertume et le sucré dans ma vie.
" ... Vous avez intérêt à vous bouger le cul tous les deux ! " Dit Jane.
Le silence de plomb retomba dans la chambre et je crus que ses yeux se tournaient légèrement vers moi, comme pour jauger ma réaction.
Jane soupira et se passa une main tremblante sur son visage fatigué.
" Parlez. On reviendra te voir quand tu seras sortie. En attendant, je vais aller me reposer. " Dit-elle en prenant la main de Jacob qui embrassait Bella sur le front.
Puis elle me lança un regard lourd qui disait clairement: " T'as intérêt à assurer. ", l'embrassa à son tour et ils sortirent. Enfin.
Durant de longues secondes, son regard resta immobile sur le mur qui lui faisait face, puis elle tourna des yeux tristes vers moi.
Tristes ?...
" Salut, Edward. Désolée qu'ils t'aient obligé à venir. Tu peux y aller. Et au fait... Je suis contente pour Alec et toi. " Dit-elle avant de détourner son regard.
Alec.
Celui " à cause " de qui on en était là aujourd'hui.
J'avais retrouvé mon meilleur ami.
Grâce à Jane, comme elle me l'avait assuré.
J'avais cru que finalement, ça serait suffisant.
Que le vide disparaîtrait.
Que la sérénité reviendrait.
Mais rien n'y avait fait.
Parce qu' elle n'était plus là.
" Tu vas venir vivre chez moi. "
Mes mots brisèrent le silence oppressant.
Puis, ce dernier retomba encore plus lourdement.
Le choc se peignit sur son visage alors que je me demandais moi-même ce qui me prenait tout à coup.
J'essayais juste d'assurer. Il fallait bien en passer par là, non ? Et quoi de mieux que de l'avoir sous mon toit...
" Non. Répondit-elle.
_ Ce n'était pas une question. " Répliquai-je à mon tour.
Non. C'était juste ce qui s'imposait.
Pour elle.
Pour moi.
Pour nous.
Ne le voyait-elle pas ?...
Ne voulait-elle vraiment plus de nous ?...
" Je me doute bien que les autres ont tout fait pour te faire sentir coupable. Mais ce n'est pas la peine. Enchaîna-t-elle, les yeux ostensiblement rivés au mur.
_ Les autres n'ont rien à voir là-dedans. Fis-je, un peu agacé.
_ Bien sûr que si ! Je suis sortie de ta vie et sans cet... accident, rien n'aurait changé entre nous.
_ Alors je bénis ta maladresse.
_ Une bénédiction ? " Railla-t-elle.
J'eus un léger rictus.
" Oui. Moi qui cherchais désespérément un prétexte pour te revoir, tu m'en as donné un en béton. "
Je la vis tressaillir - tressaillir... -
" C'était pas de la maladresse de toutes façons. "
Non.
D'après Jane, c'était de la connerie pure et dure.
" Peu importe. Demain, tu emménages chez moi. Je vais m'arranger avec ton frère. Lui dis-je.
_ Non. Il n'y a aucune raison à ça.
_ J'en vois une, désolé. Alors maintenant, tu as deux options qui s'offrent à toi: soit tu es raisonnable et je passe te chercher demain matin, soit tu ne l'es pas et je passe la nuit ici.
_ J'aimerais bien la connaître, ta raison. " Répondit-elle, renfrognée.
Je la caressais des yeux subitement, elle dût le sentir - ou peut-être mon silence la rendit-il méfiante - car elle se tourna légèrement vers moi et ses joues se tintèrent légèrement.
" Ca t'intéresse vraiment ? Soufflai-je.
_ Seulement si c'est vrai. " Dit-elle avec hésitation.
Un lent sourire énigmatique étira mes lèvres et je préférai me détourner de son visage malgré la poussée de désir qui naissait dans mes reins.
" Vas-tu être raisonnable ou pas ? J'ai dit à l'infirmière en chef que j'étais ton copain. Donc, je peux dormir ici.
_ Je n'irai pas chez toi. Question de santé mentale. " Dit-elle, catégorique.
Je me tournai à nouveau vers elle et la regardai avec un air songeur qui ne fit qu'accroître la rougeur de ses joues.
Je ne sais pourquoi j'avais espéré un refus de sa part.
" Parfait. Tu me fais une place dans ton lit ? Je préfère dormir allongé qu'assis. " Fis-je avec une légère moue.
Je voulais qu'elle revienne.
Je voulais tellement qu'elle revienne.
Et je voulais la séduire.
Plus que tout.
Pour tout effacer.
Pour tout reconstruire.
Pour un monde doux-amer mais tellement sucré...
BELLA
« Parfait. Tu me fais une place dans ton lit ? Je préfère dormir allongé que assis. »
Mon cœur loupa un battement, et, sans tout à fait me raidir, je me sentis me redresser.
J'étais plus agacée qu'énervée.
J'avais mal au crâne et j'avais envie de lui cogner dessus.
Mais j'avais pas envie qu'il parte.
Non, tout sauf ça...
« On n'a rien à foutre ensemble, c'est tout. » Grognai-je.
Mets-y plus de conviction la prochaine fois...
Je grognai à nouveau intérieurement contre la voix de ma conscience.
Je n'arrivais pas à détacher mes yeux de lui, même si intérieurement je m'injuriais de tous les noms d'oiseaux de ma connaissance – et d'autres que j'inventais pour l'occasion.
« Tu ne réponds pas à ma question. » fit-il, me ramenant à notre conversation.
J'avais pas l'impression qu'il m'ait posé beaucoup de questions pour l'instant. Je me sentais surtout comme démunie de toute emprise sur ma propre vie.
J'étais vraiment censée aller habiter chez lui ?
« Laquelle, de question ? Demandai-je brusquement.
_ Tu me fais une place dans ton lit ? » répéta-t-il en levant un sourcil.
Je lui lançai un regard noir, les joues soudain plus rouges. Putain, quel con.
« Non.
_ J'aurai tenté. » Fit-il en haussant les épaules.
Il se dirigea vers une armoire et en sortit un oreiller et une couverture.
À nouveau mon cœur loupa un battement, et je fus ravie de ne pas être reliée à un moniteur cardiaque.
Je décidai de prendre les devants, et me levai de mon lit.
« T'as qu'à prendre le lit, j'ai pas le droit de dormir de toutes façons. »
J'attrapai les vêtements dans lesquels on m'avait conduite à l'hôpital, et allai m'enfermer dans la petite salle de toilette, munie d'un lavabo et de WC.
« Pas la peine de te couvrir, je t'ai déjà vue toute nue. Lança-t-il à travers la porte.
_ Les autres patients de l'hôpital, non. Répliquai-je en m'habillant.
_ T'es dans une chambre seule. »
Je me passai un coup d'eau sur la figure, m'essuyai, et sortis de la salle.
« Tu crois que j'ai l'intention d'y rester ? »
Il se rembrunit et me saisit le poignet, réveillant un tas de sensations en moi ; je m'y serai attardée si sa voix ne m'avait pas ramenée sur terre.
Qu'est-ce que je ne ferais pas pour qu'il me touche ?
Je commençais à me faire peur. Et je savais que j'avais intérêt à me méfier de moi-même, en sa présence... Mais aussi et surtout en son absence.
« Tu ne comptes pas partir quand même ?
_ C'est dans mes droits. Rétorquai-je.
_ Je te l'interdis.
_ T'as pas à faire ça.
_ Eh ben je le fais quand même. »
Doucement, presque insensiblement, il me rapprocha de lui, et tous mes signaux internes s'affolèrent, mon souffle se fit moins profond et plus erratique, à l'image des battements de mon cœur ; ses yeux se posèrent sur mes lèvres, et un instant je crus qu'il allait m'embrasser.
Je le crus, je ne sais pas si je le souhaitais.
Bien sûr que tu le souhaites...
Je gardai le silence un moment, essayant de reprendre mon calme ; et une question franchit mes lèvres sans que je puisse la retenir.
« T'es inquiet ? Demandai-je d'une voix basse.
_ Ça changerait quoi ? » fit-il avec une dose d'amertume.
Il me lâcha le poignet, et la déception m'envahit, me poussant à m'éloigner de lui et à me renfermer sur moi-même.
« Donc non. » lâchai-je simplement.
Je fis volte-face et me dirigeai vers le couloir de l'hôpital.
« Ne pars pas ! »
Je me figeai avant d'avoir atteint la porte de la chambre, le cœur cognant plus fort.
Cette fois, il avait l'air inquiet.
Mais je ne me retournai pas.
« Je vais juste essayer de trouver une occupation. » grommelai-je.
J'avais jamais eu l'intention de partir. Sauf si ça pouvait le pousser à me rattraper.
Je sortis, et sentis sa présence derrière moi alors que je me dirigeais vers l'accueil du service où j'avais été hospitalisée.
« Bonsoir. Est-ce que vous pourriez m'indiquer où trouver des magasines et des livres ? » Demandai-je à une femme entre deux âges aux allures de cerbère.
Pour prévenir toute tentative de fuite du service ?
Elle tendit la main pour désigner une porte, et en revint à son registre, écrivant d'une écriture serrée des noms et des numéros de chambre.
Je me dirigeai vers ce qui devait être une petite salle de... de quoi ? Détente ? Rencontre ? Pour les personnes hospitalisées. Glauque.
Y trainaient des piles de magasines écornés, et quelques livres plus vieux que moi, dont aucun titre ne m'interpella.
Je choisis quelques magasines géographiques – tant qu'à être enfermée, autant s'évader par la pensée – à défaut d'autre chose. Les Gala et magasines de voitures ne m'intéressant que nullement.
Je revins à ma chambre en un quart d'heure, Edward toujours sur mes talons, et allai m'installer sur le fauteuil sur lequel il s'était assis plus tôt.
Lui s'assit sur le lit, et je pris sur moi pour ne pas lui accorder une once d'attention en ouvrant mon premier magasine.
Mais j'échouai lamentablement.
Les mots se brouillaient devant mes yeux, les images n'avaient que des contours flous, et son regard posé sur moi me mettait mal à l'aise.
Aussi, au bout d'une demi-heure – un coup d'œil lancé à la pendule murale me l'indiqua – je relevai la tête vers lui.
« Tu peux dormir, tu sais.
_ Pour que tu files à l'anglaise ?
_ Tu ne me fais donc aucune confiance ? Me renfrognai-je.
_ Aucun rapport.
_ Bien sûr que ça en a un. M'entêtai-je.
_ Non. J'ai juste peur que tu disparaisses et que je ne te retrouve plus après.
_ Et tu comptes te priver de sommeil longtemps par peur ? » Ironisai-je.
Ses mots me faisaient mal. Ses mots me faisaient du bien. Ma raison rendait les armes, de même que l'avaient fait mon corps puis mon cœur depuis bien longtemps désormais.
Ou n'était-ce que les conséquences de ma chute sur la tête ?
Je me demandai l'espace d'une seconde si je n'étais pas en train d'halluciner ou éventuellement de rêver, mais je réprimai l'envie de me donner un coup de pied pour le vérifier. Pas devant lui, au cas où il serait réellement là, me couvant réellement du regard.
« Jusqu'à ce qu'on soit chez moi. »
Mon cœur loupa un battement, et, désireuse de me donner une contenance, je me remis à feuilleter mon magasine.
« Le record sans dormir est de onze jours, et c'est exceptionnel. Commentai-je simplement, me souvenant d'un chiffre que j'avais lu une fois.
_ Personnellement je compte dormir demain. »
Je ne répondis rien, n'ayant pas envie de me lancer dans un débat qui serait sans doute stérile, et essayai de me concentrer sur les images d'horizons divers que je savais que je ne verrais qu'en photo, pendant qu'Edward sortait son portable pour pianoter dessus.
Puis, au bout d'un moment – une heure ? Deux ? -, je refermai le dernier magasine que j'avais emprunté et m'enroulai dans la couverture qu'Edward avait sortie de l'armoire, plus tôt.
J'étais si fatiguée.
Si mal soudain, aussi.
Je savais que je n'avais pas le droit de m'endormir – ou pas plus de deux heures, avait demandé le médecin – mais là, j'étais vannée.
J'étais en train de glisser vers un semi-sommeil, du moins fut-ce l'impression que j'eus, quand je sentis qu'on me secouait.
J'ouvris tant bien que mal les yeux, ma tête me lançant plus fort qu'avant.
« Quoi ? » grognai-je dans un état semi-léthargique.
Une femme dont je me souvenais vaguement avoir déjà vu le visage – l'infirmière des urgences, je la reconnaissais – se retourna et demanda à quelqu'un de nous laisser seules quelques minutes.
Puis s'ensuivit une série de questions.
Depuis combien de temps êtes-vous assoupie ? Avez-vous mal quelque part ? Où ?
Et d'autres que je compris à peine.
J'avais mal au crâne, je me sentais nauséeuse, et surtout j'étais crevée, mais rien de grave.
L'infirmière m'examina rapidement, puis me répéta des consignes de sécurité que j'écoutai d'une oreille inattentive en hochant la tête, encore dans les vapes.
« Et n'oubliez pas que vous ne devez pas dormir, ou pas plus de deux heures. Qu'on soit certains que vous n'ayez pas une hémorragie intracrânienne.
_ Ok... » soufflai-je, lasse.
L'infirmière finit par sortir de la chambre, et Edward rentra aussi sec, me lançant un regard avant de reprendre sa place sur le lit, son portable à la main.
Je me levai, soudain de mauvaise humeur, et saisis les magasines que je feuilletais un peu plus tôt. Je sortis de cette foutue chambre, le fait de remettre mes muscles en action m'aidant à me garder un minimum éveillée.
Puis je sentis la présence d'Edward dans mon dos, et je me retournai brusquement.
« J'ai pas besoin d'un chien, quel que soit son pedigree ! » Sifflai-je, acerbe.
Il sembla ne pas se démonter.
« T'aurais pu dire garde du corps pour la comparaison. Répondit-il.
_ Je suis pas en danger de mort ! fis-je d'une voix furieuse mais basse – on se trouvait dans un couloir d'hôpital en pleine nuit.
_ Peut-être. Mais tu viens d'avoir une commotion.
_ Et alors ?
_ Imagine que tu tombes. Ton frère me casserait la gueule.
_ Quoi ? C'est ton unique souci ?
_ Il doit y en voir d'autres ?
_ Non. C'est juste que si c'est le cas, t'as pas à t'en faire. »
Je me remis en marche vers la salle aux livres, et en saisis un au hasard, dont le titre ne m'évoquait absolument rien. Je l'ouvris ; mais les lignes dansaient devant mes yeux, et je le refermai d'un claquement sec.
Edward ne m'avait pas répondu, mais était toujours collé à mes basques ; énervée, je décidai soudain d'aller prendre l'air.
Je me dirigeai vers les portes de l'hôpital sous le regard suspicieux de deux aides-soignants fumant une cigarette, et allai m'asseoir plus loin, contre un mur.
Laissant le froid m'envahir.
Pénétrer en moi.
Chasser la colère et la fatigue... Ou du moins essayer.
« Tu fais quoi là ? Fit Edward toujours à mes côtés.
_ Fous-moi la paix ! M'écriai-je, au bord de la crise de nerfs.
_ Hors de question ! Tu vas arrêter tes conneries, Bella, et tu vas devenir raisonnable. »
Sa voix était clairement agacée, mais j'écoutai à peine ce qu'il me disait, le crâne douloureux, nauséeuse.
« Arrête ça, merde ! » M'écriai-je, en pleine détresse.
Je me pris la tête entre les mains, essayant de calmer mon cœur qui cognait de façon désagréable dans ma poitrine.
« Arrête d'abord ! … Ça va pas ? » demanda-t-il.
Je ne lui répondis pas, recroquevillée sur moi-même, faisant un effort pour reprendre une respiration profonde, essayant de réprimer la nausée toujours plus forte.
Je sentis soudain ses bras passer sous mes genoux, une autre sous mes bras, et avant que j'eus pu comprendre je me retrouvai soulevée et emmenée vers l'hôpital.
Mon estomac se souleva violemment, et je me débattis avec force jusqu'à ce qu'Edward soit obligé de me reposer ; je me dirigeai à toute vitesse vers les toilettes les plus proches, et m'y enfermai, ayant à peine le temps de vérifier que la lunette des toilettes était bien relevée avant que mon estomac ne se mette à rendre le peu qu'il contenait encore.
La bile me brûla affreusement la gorge, et je me sentis soudain paniquer sans rien pouvoir y faire, ayant l'impression que j'allais m'étouffer.
Puis, au bout de minutes qui me parurent une éternité, je commençai à me sentir mieux, et mon cœur ralentit ses battements ; ce ne fut qu'à ce moment-là que je sentis la main sur mon épaule, le linge frais et humide qu'on me tendait, et je relevai la tête vers une infirmière qui avait dû utiliser un passe pour rentrer dans ma cabine.
Je me redressai et me débarbouillai, alors qu'elle me posait plusieurs questions afin de vérifier mon état de conscience ; elle dirigea une lumière dans mes yeux, et je grimaçai.
Puis elle me fit sortir, et je croisai le regard paniqué d'Edward. Mon cœur se serra à cette vison, et je voulus lui dire que j'allais bien, mais l'infirmière me coupa avant que j'aie pu ouvrir la bouche.
« J'ai appelé un médecin, on prépare la salle d'IRM pour vous. »
Avant que j'aie pu protester, je fus remontée dans ma chambre ; et la suite se déroula un peu comme si j'étais spectatrice, séparée de mon propre corps.
On me passa une blouse d'hôpital, et on me conduisit sur un chariot vers une salle pour me faire me coucher sur la plate-forme de l'appareil ; un temps indéfinissable et des centaines de bruits de marteau piqueur plus tard, on me ressortit de l'appareil pour me ramener dans ma chambre, où Edward attendait, les traits tirés.
Le médecin ne prit même pas la peine de le faire sortir pour m'annoncer que fort heureusement aucune hémorragie intracrânienne n'avait été détectée à l'examen, et que j'allais pouvoir éventuellement commencer à prendre du repos, tout en surveillant les effets secondaires de ma commotion. Je l'écoutai à moitié, regardant le jour se lever par les vitres de la chambre ; puis, quand il fut parti, sans un mot, je pris mes affaires en main et allai trouver les cabines de douche, ignorant Edward qui à nouveau me suivait partout, peut-être encore plus méfiant.
L'eau coulant sur mon corps me délassa plus que je ne le pensais possible ; j'y restai longtemps, savourant la sensation.
Les nausées s'étaient estompées, et déjà mon mal de crâne se faisait moins violent ; je sortis de la douche, et pris mon temps pour me sécher, passant très doucement la serviette sur mes côtes douloureuses.
Trois côtes fêlées, avait dit le médecin.
Juste fêlées ? La douleur était déjà assez forte pour que je grimace à chaque mouvement de bras.
Un hématome s'étendait d'ailleurs vers mon flanc droit, et je poursuivis l'inventaire de mon corps, ne dénichant rien d'autre de mal ; ironiquement, la cuisse sur laquelle j'avais eu une crampe n'avait rien, et je pus me rhabiller, légèrement soulagée.
Je me dirigeai à nouveau vers ma chambre d'hôpital, toujours suivie d'Edward.
Je m'assis sur le lit, mais avant que j'aie pu lui adresser la parole, mon frère déboula dans la chambre, faisant claquer la porte contre le mur, furieux, et je grimaçai.
« Putain Bella, tu peux m'expliquer ce que c'est que ces conneries !
_ Emmett, moins fort, t'es dans un hôpital ! Répliquai-je en le fusillant du regard.
_ Ça ne répond pas à ma question ! »
Je me renfrognai, et décidai de ne pas répondre ; ç'aurait été apporter de l'eau à son moulin, et j'avais mieux à faire que de me laisser sermonner par un grand frère surprotecteur dans un hôpital.
Aussi le laissai-je grogner une série de réprimandes sur mon comportement de ces dernières semaines, mon comportement à l'hôpital, mon comportement avec Edward, mon comportement en général...
Et sans doute d'autres choses, mais il finit par s'arrêter quand il comprit que mon attention n'était pas portée sur lui.
Je ne pouvais chasser de mon esprit la présence d'Edward.
Après tout ce temps.
Il était là.
Et visiblement inquiet.
Et au fond de moi la voix du contentement ronronnait.
Et je savais que c'était mal.
Et j'étais sadiquement fière quand même.
Je vis à peine le temps défiler ; je me souvins vaguement d'Edward nous laissant avec Emmett, de mon frère m'accompagnant à mon appartement, et d'avoir eu à mettre quelques affaires dans deux valises – sans avoir le moindre choix.
De toutes façons, je n'avais pas la force de lutter.
J'étais juste complètement crevée...
oOo
Quand je me réveillai, un réveil indiquait qu'on était en pleine nuit – plus de minuit.
Je fronçai les sourcils, et mon mal de crâne se rappela à moi ; je me redressai, et ce furent mes côtes qui m'élancèrent.
« Merde. » grognai-je à voix basse contre mon propre corps.
Je me levai, et sortis de la chambre de Jake – je me souvenais de tout. Ma chute, Edward, Emmett m'accompagnant chez lui.
Quand je passai dans le salon, je remarquai mes affaires posées contre le bar ; et la télé au son faible attira mon regard.
Edward était posté devant. Sans se retourner, il me demanda :
« T'as faim ?
_ Un peu. » répondis-je, la voix pâteuse.
Je passai derrière le bar, et me servis un verre d'eau que je bus lentement, avant d'attraper une pomme.
Il se tourna légèrement vers moi.
« T'as un truc au frigo. »
Puis se retourna vers l'écran.
Je crevais la dalle, c'était vrai ; mais j'étais bien trop mal à l'aise pour manger devant – enfin, plutôt derrière – lui ; aussi je ne fis qu'attraper mes affaires de toilettes.
« Ça ira, merci. et... c'est gentil de m'accueillir chez toi. Je ne te dérangerai pas longtemps.
_ T'inquiète. L'appart est assez grand. »
J'allai à la salle de bains pour me brosser les dents, et en ressortis quelques minutes plus tard.
« Non. Dès que j'ai moins mal, je rentre chez moi. Et je vais déjà mieux. »
C'était vrai.
Physiquement, du moins...
« C'est pas pressé. Et j'aime pas vivre seul trop longtemps.
_ Trouve-toi un coloc'.
_ Bonne idée. Comme ça tu dormiras dans mon lit. J'appelle Jacob demain pour qu'il débarrasse ses affaires et je passe une annonce. »
Une bouffée d'agacement monta en moi.
Et de désir, n'essaie pas de le cacher, grogna la voix mécontente de ma conscience.
Je la chassai avec agacement.
« Te sens pas obligé d'être si prévenant.
_ C'est inné chez moi, t'inquiète pas. »
Je ne pus retenir un reniflement amer.
« Ouais. C'est ça. »
J'attrapai une valise et retournai m'enfermer dans la chambre de Jacob.
Je me changeai rapidement, passant une de mes nuisettes les moins aguicheuses – celle-là ce devait être Emmett qui l'avait mise dans mon sac, et je l'en remerciai – et je me couchai dans les draps défaits.
J'avais mal aux côtes.
Au crâne.
Au cœur.
J'étais agacée.
Mais le sentiment qui prédomina juste au moment où je sombrai dans le sommeil, ne fut pas l'un de ceux-là... Mais la frustration terrible de ne respirer que l'odeur de Jacob dans l'oreiller.
Et non celle de son colocataire...
Et voilà !
Vous êtes plusieurs à nous avoir demandé combien de chapitres il restait...
Je ne sais pas vraiment. Au moins 1 + l'épilogue, peut-être un troisième... Mais nous approchons à trèèèèès grands pas de la fin, comme vous vous en doutez. Edward veut séduire Bella, Bella sait que sans lui sa vie ne tourne pas très rond... Reste à ce qu'ils deviennent un peu raisonnables tous les deux, et mettent à plat leurs différends ^^.
Alors à votre avis, comment ça va se passer ?
Vont-ils se faire la gueule un moment avant de se sauter dessus ?
Bella va-t-elle décider de s'enfuir de chez Edward pour le foutre en rogne ?
Est-ce lui qui va péter un câble et disparaître, de manière à ce que cette fois ce soit Bella qui ait à le chercher ?
La suite au prochain épisode !
