Bonjour bonjour !
Alors, je suppose que pas mal d'entre vous sont en long week-end ? Bon, allez, sans rancune envers celles et ceux pour qui c'est la cas, mais songez à ceux qui n'ont pas cette chance hein les ami(e)s !
En cette belle journée (enfin du moins de là où je poste), pour fêter l'Armistice (ça, c'est une bonne raison de faire un jour férié ! Mais ne nous étendons pas sur le sujet), voici un petit cadeau : la suite des aventures de nos amis, et...
Ne sortez pas les mouchoirs (aucun rapport avec Canet si certains d'entre vous se demandent), avant-dernier chapitre de cette fiction qui a connu ses hauts et ses bas et a suscité des avis partagés parmi vous ^^.
Nous espérons d'ailleurs qu'au dernier chapitre, vous n'hésiterez pas à nous faire part de vos avis finaux, les bons et les mauvais points, tout... Ca ne peut que nous aider à nous améliorer.
Et pour les lecteurs/trices que ça intéresse... Il y a toutes les raisons de croire que nous reviendrons rapidement avec une autre fiction aux personnages complexes et plus ou moins attachants !
Bonne lecture !
EDWARD
J'ouvris les yeux d'un sommeil plus comateux que bienfaiteur et guettai les bruits dans l'appartement.
Comme tous les matins depuis maintenant cinq jours.
Je prenais mon temps pour me réveiller tout à fait, appréhendant de me retrouver en face d'elle.
Comme tous les matins depuis maintenant cinq jours.
J'inspirai profondément pour me donner du courage et formulai mentalement toutes les façons de commencer une conversation avec elle de façon neutre, comme pour lui dire " Je veux bien faire le premier pas mais il va falloir que tu fasses des efforts de ton côté aussi. "
Comme tous les matins depuis maintenant cinq jours.
Je n'aurais jamais cru que c'était aussi compliqué.
Je pensais vraiment être capable de recoller les morceaux tout seul, sans l'aide de personne.
Mais je m'étais bien bercé de douces et stupides illusions.
J'avais un coeur à reconquérir.
Jane m'appelait tous les matins pour savoir où est-ce que j'en étais exactement. Parfois même le soir et je la soupçonnais d'en faire de même avec elle. Parce qu'invariablement après l'un de ses coups de fil, nous nous retrouvions dans la même pièce et nous échangions un regard... Un long regard que je ne comprenais pas.
Je voulais lui dire que je me doutais bien que Jane l'appelait en douce pour avoir sa version de la journée qui venait de s'écouler.
Je voulais lui dire que je n'en pouvais plus d'être là, dans le même espace qu'elle et d'être incapable de lui parler.
Je voulais lui dire de s'approcher encore quand elle me frôlait accidentellement.
Je voulais lui dire d'arrêter de dormir dans le lit de Jacob parce que ça me rendait littéralement dingue de l'avoir près et loin de moi.
Je voulais lui demander si elle ne serait pas contre que je prenne ma douche avec elle...
Je passai une main nerveuse dans mes cheveux et mon estomac se contracta d'appréhension.
Comme tous les matins depuis maintenant cinq jours.
Est-ce que ça n'allait jamais finir ?
Mon portable me sortit de mes pensées et je soupirai cette fois d'agacement avant même de voir le nom affiché sur l'écran. Je le pris presque rageusement et haussai un sourcil en voyant Tanya.
Jane avait intérêt à ne pas être passée à la vitesse supérieure en faisant appel à celle qui était en passe de devenir sa nouvelle chouchou.
" Oui ? Marmonnai-je en décrochant d'une voix cassée.
_ Waw... Je te réveille ? Ou mieux... Je te dérange ? Me demanda-t-elle surexcitée.
_ ... Qu'est-ce que tu veux ?
_ Elle est avec toi c'est ça ? Oh putain, Girly Blondie me doit un restau ! J'ai parié pour ce week-end !
_ Vous me faites quoi, là ? M'agaçai-je.
_ Rho ça va ! Lili a déjà perdu, elle avait parié sur le premier soir... "
Je me forçai à ne pas répondre et me levai de mauvaise humeur. Telles que je connaissais ces deux-là, il fallait s'en douter...
" ... Mais Sexy Baby dit qu'il faut vous laisser tranquilles alors il n'a pas voulu participer... Tu m'écoutes ? "
J'ouvris la porte de ma chambre et me figeai un peu en voyant Bella traverser le salon vêtue de cette foutue serviette éponge bleu ciel dans laquelle je la voyais depuis maintenant cinq jours. Je déglutis en me forçant à ne pas trop la dévisager genre " Je suis en manque de toi et j'ai très envie que tu passes à la casserole " et croisai son regard noisette surpris.
Comme tous les matins depuis maintenant cinq jours.
Elle se détourna presque aussitôt et alla s'enfermer dans la chambre de Jacob.
Comme tous les matins depuis maintenant cinq jours.
Ma gorge se serra de frustration et de tristesse ; comment pouvais-je tenter de faire le premier pas si elle ne m'en laissait même pas le temps ?
" Oh ! Tu m'écoutes ? "
Je me forçai à détourner les yeux de l'endroit où elle avait quitté mon champ de vision et me dirigeai vers le bar américain, morose. Presque dépité.
" Ca va pas ? "
Je secouai la tête et me reconcentrai sur ma pseudo-conversation téléphonique avec Tanya.
" Si. Mentis-je en attrapant un bol sans grande conviction.
_ Arrête ! Je te connais !... Ne me dis pas que Jane a raison et que c'est pire que ce qu'on pensait avec Alec... "
Elle n'utilisait plus les surnoms débiles qu'elle nous donnait d'habitude tout à coup. Ca voulait dire qu'on venait de passer en mode sérieux sans que je ne m'en rende compte et je savais pas trop si j'en avais envie ou pas.
Je ne voulais pas analyser de façon méticuleusement mon échec. Je le faisais déjà très bien tout seul et ça n'avait rien de glorieux.
" On va vous donner un coup de pouce...
_ Quoi ?
_ Vous en avez besoin, là ! Si ça continue, à la Saint Valentin vous en serez toujours au même point et j'ai vraiment pas envie de voir ça.
_ Et vous allez faire quoi ? Vous déguiser en Cupidon ? Marmonnai-je en me versant des céréales.
_ Hey ! Pas con ! Faut que j'en parle à Girly Blondie... "
Je soupirai, cette fois vraiment abattu.
J'étais au fond du fond depuis maintenant des semaines et je n'arrivais pas à ne serait-ce que faire un mètre vers la surface. Je me noyais. Littéralement.
" ... On est là dans une demie heure environ ! Salut ! "
La tonalité du téléphone me sortit cette fois de mes pensées.
Elle avait dit quoi ? " On est là dans une demie heure environ ? "
Génial.
Vraiment génial.
J'allais me prendre mon premier râteau dans ma tentative de réconciliation devant elles, je crois que je n'aurais pas pu rêver mieux.
oOo
J'étais encore dans la salle de bains lorsqu'on toqua à la porte de façon énergique.
J'en sortis et allai m'asseoir sur le canapé alors que Bella entrouvrait la porte de sa chambre, sans doute pour vérifier qui c'était.
Si seulement elle savait... Mais elle n'allait pas tarder à le savoir.
Je me forçai une fois de plus à me détourner d'elle et entendis des clés s'introduire dans la serrure puis la porte s'ouvrir ; trois... deux... un...
" Salut ! " Claironna Tanya.
Je m'enfonçai dans le canapé en me forçant à afficher un visage neutre et non franchement agacé et anxieux.
" Cache ta joie, Bella... Alors... Comment vont nos amoureux ? " Nous demanda-t-elle en se laissant tomber à côté de moi.
Elle m'embrassa furtivement sur la joue tandis que derrière moi, Jane ouvrait la porte du frigo.
" T'as plus de jus de kiwi ? S'exclama-t-elle.
_ Bonjour... Marmonnai-je sans me retourner.
_ Salut... T'as plus de jus de kiwi ?
_ ... Non.
_ Merde. Moi non plus. Et Alec non plus. On doit sortir. "
Je jetai un coup d'oeil du côté de la chambre de mon colocataire et vis la silhouette de Bella appuyée contre le chambranle de la porte.
" ... Bella doit être fatiguée. " Marmonnai-je.
Mon estomac se contracta une fois de plus alors que je me rendais compte que c'était la première fois depuis qu'elle était chez moi que je prononçai son prénom à haute voix et que je m'adressais très indirectement à elle.
" Vous avez fait quoi pour qu'elle soit fatiguée ? " Me demanda malicieusement Tanya.
Bella se redressa soudain, raide.
"Franchement, vous me faites chier avec vos sous-entendus à la con. J'suis contente de voir que vous vous entendez à merveille au moins sur un point, mais là, j'en ai ma claque. Ça vous emmerderait de nous lâcher la grappe ? Je me casse, je ne reviendrai que quand je serai sure que vous vous serez barrées, bye et ravie de vous avoir revues."
Je me glaçai à ces paroles alors qu'un silence de plomb tombait sur l'appartement.
Mettre KO Jane en une seule réplique, ça n'arrivait pas tous les jours et ça n'était sûrement pas donné à tout le monde.
La porte de la chambre de Jacob claqua violemment, les enfermant toutes les deux et je me levai, presque nauséeux, pour allumer la chaîne murale, peu désireux d'entendre des bribes de leur conversation, dans la quelle je serai forcément le microbe à éliminer au plus vite pour assainir sa vie.
" Waw... C'est la fête chez toi. " Fit Tanya d'un ton faussement enjoué.
Je ne pris même pas la peine de la regarder et encore moins de répliquer. Je me contentai juste d'augmenter le volume et allai chercher mon ordinateur dans ma chambre, puis m'installai au bar, histoire d'avoir quelque chose à faire pour me changer les idées. N'importe quoi.
" J'aime pas quand t'es comme ça. Dit-elle en s'asseyant à mes côtés.
_ Vous vous attendiez à quoi, franchement ? " Grognai-je en ouvrant ma boîte mail sans quitter l'écran des yeux.
Du coin de l'oeil, je la vis hausser des épaules, dubitative.
" Avant, quand tu voulais quelque chose... Commença-t-elle.
_ Tu ne peux pas comparer. La coupai-je, morose.
_ Je sais. Tu es amoureux d'elle.
_ Et visiblement, elle ne l'est pas de moi. "
Elle me donna un énorme coup de poing dans l'épaule et me lança un regard noir que je lui rendis en frictionnant la zone douloureuse, une bile amère dans la bouche.
" T'es mal placée pour me donner des conseils ou critiquer. Je te rappelle que t'as galéré pas mal d'années avant de te bouger le cul. Sifflai-je.
_ C'est bien pour ça que je suis bien placée. Elle est amoureuse de toi. Sinon, elle ne resterait pas dans ton appart' à attendre enfin un geste de ta part.
_ C'est vraiment débile comme réflexion. Ca fait cinq jours qu'elle est là. Elle ne m'a pas parlé une seule fois. Quand elle entre dans une pièce où je suis, elle fait tout pour ne pas y rester plus de deux minutes !
_ On a toutes notre fierté. Des fois, c'est tout ce qu'il nous reste alors on s'y raccroche. Je suis sûre qu'elle pense à toi à chaque seconde de la journée et même de la nuit. Et qu'elle rêve de se glisser dans ton lit le soir.
_ Arrête. " La coupai-je une nouvelle fois, incapable d'en entendre d'avantage.
Elle me regarda avec une sorte de compassion, presqu'avec tristesse parce qu'elle connaissait que trop bien la situation dans laquelle je me trouvais. Et elle, ne l'avait pas vécu que quelques semaines.
La vérité était que j'avais peur de suivre sa trace.
D'attendre que le temps passe pour finalement tout perdre au bout, si ça n'était pas déjà le cas.
Est-ce que j'allais rester impassible jusqu'à ce qu'elle sorte définitivement de ma vie, attendant désespérément un nouvel accident, une nouvelle excuse ?
La porte de la chambre de mon colocataire s'ouvrit à la volée, m'arrachant un léger haut-le-cœur et je vis du coin de l'œil Bella se diriger à pas très lourds vers la porte.
" Tu fuis parce que tu sais très bien que j'ai raison, Bella ! " Lui dit Jane dans mon dos.
Elle ne lui répondit pas et me lança un regard que je crus voir dire : " Bonne chance avec ces deux-là, tu vas en avoir besoin. ", puis la porte se referma sourdement sur elle.
" Quel caractère de cochon ! Y a que toi qui arrives à la surpasser ! Me dit ma meilleure amie en se laissant tomber à son tour à côté de moi.
_ T'en as tiré quoi ? Lui demanda Tanya, connaissant déjà la réponse.
_ Concrètement ?... Rien. Souffla Jane, de mauvaise humeur.
_ J'ai fait chou blanc aussi. Marmonna-t-elle.
_ Vous ne comprenez pas qu'on fait ça pour vous ? Me demanda Jane en tirant le Notebook vers elle pour que je la regarde en face.
_ Vous ne comprenez pas que ça ne sert à rien ? Grognai-je.
_ Et tu comptes faire quoi pour remédier à la situation, Casanova ? Se renfrogna-t-elle encore plus.
_ Il croit qu'elle n'est pas amoureuse de lui. " Soupira Tanya.
Jane me donna à son tour un énorme coup de poing dans l'épaule gauche cette fois et m'atomisa via ses pupilles ambrées.
" Vous vous êtes connectées mentalement en vous reparlant ?... Par pitié, refaites-vous la gueule, ça fait vraiment peur. Marmonnai-je en bougeant douloureusement mon épaule.
_ Bien sûr qu'elle est amoureuse de toi ! N'importe quel imbécile pourrait le voir ! Même Newton ! Ragea Jane sans prêter attention à ma précédente remarque.
_ Vous n'avez pas du jus de kiwi à acheter ? Grognai-je en reprenant l'ordinateur.
_ T'as pas une fille après qui courir ? " Répliqua-t-elle en m'arrachant une nouvelle fois le Notebook.
Je pris une profonde inspiration pour m'exhorter au calme.
En temps normal, Jane était du genre très très têtue, alors enceinte, je n'osais même pas tester ses limites.
Elle me regardait avec cette froideur calme qui la caractérisait si bien, attendant avec patience la prochaine attaque. Comme avant...
" Foutez-moi la paix. Finis-je par marmonner.
_ Qu'est-ce que tu comptes faire ? Me demanda Tanya.
_ Rien, évidemment. Tu ne le connais pas depuis le temps ? Il va rester là, tout seul à se morfondre et à se traiter de tous les noms d'oiseaux qu'il connait ou mieux, se bourrer la gueule tout seul. Restons con et pathétique jusqu'au bout. Dit perfidement Jane.
_ Elle m'a quitté ! M'énervai-je en me levant.
_ On le sait, ça. Personne t'a dit qu'elle le voulait réellement. Répliqua-t-elle avec une pointe d'agacement.
_ Descends un peu de ton nuage rose. Ricanai-je, amer.
_ Et toi, montes-y un peu de temps en temps.
_ T'attends quoi, là ? Nous coupa Tanya en me regardant.
_ ... Que vous dégagiez.
_ Tu peux dégager en premier. On a les clés. "
Rêvais-je ou était-elle en train de me virer de mon propre appart' ?
" New-York est une très grande ville... Plus tu lui laisseras de l'avance, plus de temps tu mettras à la retrouver et plus longtemps je devrai supporter les hormones en furie de Girly Blondie... Alors pour une fois, ne réfléchis pas. Fonce. "
oOo
Ca faisait plus d'une heure et demie que j'errais dans les rues surpeuplées et que je ne savais pas où aller pour la retrouver.
En me présentant chez elle, sa copine m'avait dit, un peu surprise sans doute que je la cherche, qu'elle ne savait pas où elle était. Et je l'avais étrangement cru.
J'étais donc reparti en me demandant pour la énième fois depuis que j'avais quitté la chaleur confortable de mon appartement pourquoi j'avais écouté ces deux furies entremetteuses.
Pour me débarrasser d'elles, c'était évident, alors pourquoi cet espoir saugrenu ?
Pourquoi voulais-je tant croire à leur conte de fées gnangnan ?
Je me mêlai à la foule des passants qui traversait en hâte la rue en direction de Central Park que j'évitais, n'ayant pas trop envie de voir des couples énamourés serrés l'un contre l'autre. Je bousculai quelqu'un sans m'en rendre compte, rongé par mes pensées chaotiques et continuai ma route en m'excusant vaguement.
Où était-elle ?
Avec surprise, je vis que mes pas m'avaient conduit devant le Strawberry. Peut-être que... ?
Prenant mon courage à deux mains, je poussai la porte, le ventre noué par l'appréhension. Des semaines que je n'étais pas venu là.
Un groupe d'adolescentes se tourna vers moi et gloussa alors que j'observai les personnes présentes parmi lesquelles, apparemment, elle ne se trouvait pas.
Et la déception, puis l'amertume m'envahirent, tout à coup.
" Est-ce une hallucination ou c'est bien Edward Cullen qui refait surface ? " Fit une voix légèrement rauque sur ma gauche.
Je me tournai machinalement vers elle et vis Cassie, lunettes sur le nez, bouquin en main, qui m'observait avec un léger rictus.
Un drôle de sourire étira malgré moi mes lèvres alors que je m'approchais du bar.
" T'as pas vu Bella ? Lui demandai-je en scrutant une nouvelle fois la salle.
_ Salut. Ca va, oui, merci et toi ? Ca fait longtemps qu'on s'est pas vus en effet, heureuse de voir que tu te souviens encore de moi. Toujours célibataire - je compte pas les plan cul - mais je suis sur un super coup grâce à ton pote " Je-suis-une-chasse-gardée-prière-de-ne-pas-m'-approcher-à-moins-de-cent-kilomètres-et-d'-encore-moins-me-regarder-quand-je-suis-étonnamment-tout-seul " .
Je souris cette fois, amusé.
" Tu vois toujours Jacob ? Lui demandai-je un peu surpris.
_ Plus souvent que toi, en tout cas. Disons qu'il a pris se habitudes ici. Répliqua-t-elle avec une moue.
_ Et Jane le sait ?
_ Oh, mais elle est là les trois-quarts du temps. Une chasse gardée, ça ne se surveille pas tout seul. Je lui ai conseillé une muselière pour la Saint-Valentin... Mais grâce à lui, je me suis découvert une passion... Outre pour les dieux sauvages, je tiens à la préciser. " Me dit-elle avec un rictus.
Elle leva le livre qu'elle avait dans les mains où je pus lire Légendes quileutes et levai un sourcil, étonné.
" Embry en connaît un rayon là-dessus. " Me murmura-t-elle en se penchant légèrement au dessus du bar, comme si elle ne voulait que personne ne l'entende.
Je la regardai, de plus en plus surpris et elle roula des yeux, exaspérée.
" Les futurs pères de famille, même canons, très peu pour moi.
_ J'ai rien dit ! " Fis-je, faussement offusqué.
Elle me sourit cette fois en posant le livre à ses côtés.
" Son copain est tout aussi beau. Avec ce je-ne-sais-quoi froid qui le rend en apparence inaccessible. Ca le rend encore plus attirant à mes yeux. Dit-elle.
_ Tu communiques avec lui ?
_ Communiquer, c'est un grand mot. Je lui ai envoyé un mail il y a environ trois semaines. J'ai baratiné comme quoi je m'intéressais à la culture amérindienne et que Jacob m'avait dit qu'il en connaissait un rayon sur celle des Quileutes. Il a mis quelques jours à répondre. J'ai bien cru qu'il ne le ferait pas... Puis, j'ai eu quatre mots sur ma boîte mails " Donne-moi ton adresse. " Et j'ai reçu ça... Depuis, je lui fais part de mes observations. Je suis devenue très studieuse. Il devient bavard ces derniers temps ; j'ai eu droit à trois phrases d'une dizaine de mots hier soir. Je pense que le fait qu'on ait couché ensemble toi et moi n'arrange pas les choses. Mais j'ai bon espoir. " Fit-elle en souriant.
Je me renfrognais un peu, n'ayant pas très envie de repenser à ma période " Rendre jalouse Bella par n'importe quel moyen " et au pseudo-baiser qu'elle avait échangé avec lui le soir du Réveillon. J'avais suffisamment les boules comme ça.
" Tu veux sortir avec lui ? Ca va être difficile vu qu'il est à l'autre bout du pays... Et il ne semble pas très... enclin à partager son savoir. Marmonnai-je.
_ Ne brûlons pas les étapes. Même si j'adorerais visiter son tipi. Soupira-t-elle en caressant la couverture du livre.
_ Ils vivent dans des chalets...
_ Je préfère dire " tipi ". C'est plus primaire. Ca fait plus mystérieux. Bon... Si on en revenait à ta question de départ. Même si je suis vexée que tu ne sois pas venu pour moi. Où en est-on dans la grande tragédie du moment ? "
Je lui jetai un regard noir au quel elle répondit par un sourire tranquille, légèrement moqueur.
" La future maman parle beaucoup de vous quand ils viennent. " M'avoua-t-elle.
Tiens donc... Fallait s'en douter...
" On n'est pas près d'un changement de genre. Marmonnai-je une nouvelle fois.
_ Parce que vous ne le voulez pas.
_ Crois-moi, je le veux.
_ Pas assez. Elle est partie ?
_ ... A cause de la future maman et de sa nouvelle favorite. "
Elle rit.
" T'es allé dans tous les endroits où elle a l'habitude de se rendre ?
_ Oui. " Grognai-je aussitôt.
Non !
Le complexe sportif...
" Vu ta tête, je dirais non.
_ Merci. Soufflai-je en me dirigeant vers la porte à pas pressés.
_ Je suis la meilleure. C'est bien connu. " Répliqua-t-elle au moment où je sortais.
Je me dirigeai vers la bouche de métro la plus proche, me traitant à nouveau d'imbécile.
Comment n'y avais-je pas pensé plus tôt ?
A l'idée qu'elle pouvait être en ce moment-même sur un mur, j'allongeai le pas.
Il fallait que je la retrouve. Et vite.
Je pénétrai sur le quai bondé quand mes yeux furent irrémédiablement attirés par un panneau publicitaire sur l'écologie, représentant un ruisseau coulant dans une forêt qui semblait calme et paisible et j'eus soudain une idée.
On avait besoin de se retrouver.
On avait besoin de se donner vraiment une chance.
Sans portable, sans " amis ", sans rien.
Juste elle et moi.
Loin de tout.
Et je connaissais l'endroit idéal pour ça...
BELLA
Me sentant soudain observée, je lâchai des yeux le mur sur lequel mes camarades s'entrainaient ; et mon regard croisa une paire d'émeraudes que je n'eus aucun mal à reconnaître.
Mon cœur loupa un battement, et je me figeai un peu, avant de sourciller légèrement.
C'était vraiment lui ?
Oui, c'était bien lui. Qui m'observait, d'assez loin.
J'étais assise à la place des spectateurs, dans la salle d'escalade, après une brève discussion avec James qui s'était agacé de me voir là. Il croyait que j'étais venue pour grimper.
Je n'étais pas inconsciente, quand même... Si j'avais voulu escalader, je me serais rendue dans un endroit où il n'était pas.
Mes pensées revinrent à Edward.
Je pris mon temps pour me lever, et pour aller le rejoindre ; m'arrêtai à trois bons mètres de lui.
« Qu'est-ce que tu fais là ? » Lui demandai-je d'un ton où ne transparaissait que la surprise ; pas une pointe d'animosité.
Ses yeux reflétèrent un court instant du soulagement qui me surprit encore plus, puis il détourna le regard.
Mal à l'aise.
« On revient sur les lieux du crime ? » Demanda-t-il d'une voix nerveuse.
Mon cœur cogna plus lourdement dans ma poitrine.
Notre première conversation depuis...
Ce qui me semblait une éternité. En fait, juste depuis que nous avions quitté l'hôpital.
Je haussai les épaules, choisissant de ne pas laisser paraître le même malaise qui m'assaillait.
« Accident. Je me réhabitue à l'ambiance pour quand je reprendrai. »
Il y eut un court silence, puis il reprit.
« Ça fait presque trois heures que je te cherche.
_ Ah... désolée. » fis-je sans l'être vraiment.
Je me tus un instant, puis ajoutai :
« Elles sont parties ?
_ Je ne sais pas. Sans doute. Jane ne peut pas vivre sans du jus de kiwi toutes les deux heures. »
Je détournai le regard.
« Ok... Je pense que je rentrerai tard, en espérant qu'elles ne soient vraiment plus là. »
Je n'avais réellement pas envie de les voir à nouveau, de sentir toutes leurs manœuvres qui n'avaient absolument rien de discret pour nous remettre ensemble avec Edward, de les écouter s'extasier sur les soi-disant signes qui selon elles indiquaient que l'on était toujours un sublime couple.
Pas envie du tout.
« En fait... » répondit soudain Edward, « Si je suis venu c'est pour qu'on ne rentre pas. »
Je tressaillis, et portai rapidement mon regard sur lui, alors qu'il se retournait vers moi, apparemment neutre. À nouveau je sourcillai, lui demandant silencieusement ce qu'il entendait par là.
« J'aimerai bien prendre le large. »
Il se détourna, et mon cœur loupa un battement.
« Et tu veux que je vienne ? » demandai-je toujours avec surprise. Puis un éclair de lucidité me transperça. « Oh... à cause de la promesse que tu as faite à mon frère je suppose. »
Mortifiée, je me mordis la lèvre avant de détourner le regard très rapidement, les joues soudain plus chaudes.
Un sourd aurait entendu la déception qui avait percé dans ma voix.
J'aurais voulu me glisser dans un trou de souris.
« Non. C'est juste que j'en ai envie. Après, c'est toi qui décide. »
Mon cœur se remit à cogner plus fort dans ma poitrine, et je sentis mes jambes devenir aussi molles que du coton, alors que mon visage se tournait à nouveau lentement vers lui, comme si mon esprit ne pouvait pas empêcher son mouvement.
« … Envie que je vienne ? » Répétai-je malgré moi dans un murmure.
Un silence plana.
« Tu viens ou pas ? Parce qu'avec la circulation on n'y est pas avant sept heures. Me demanda-t-il sans me répondre, sans me regarder non plus.
_ … Où ?
_ A River Green. » répondit-il d'une voix serrée.
Je déglutis difficilement, et laissai passer quelques secondes, le cœur au bord des lèvres.
River Green.
Le début de mon attirance pour lui.
Le début de tout.
« Et les cours ? » Soufflai-je soudain, sans réellement savoir d'où me venait cette idée.
Il haussa les épaules.
« On enverra des mails. C'est pas comme si on partait des semaines. Juste quelques jours. Sinon je vais péter un câble. »
Je le considérai quelques instants ; puis je détournai le regard.
Et, absolument pas certaine de faire le bon choix, je me décidai.
« … Ok. »
Un simple acquiescement.
Deux lettres.
Et pourtant je savais que ça allait tour changer...
En bien ou en mal.
Silencieusement, nous sortîmes du complexe, avec Edward... Mais comme deux inconnus. Ne nous frôlant pas. Ne nous parlant pas. Marchant seulement dans la même direction... Mais marchions-nous aussi vers le même but ?
Seule une question franchit mes lèvres, alors que nous n'étions plus qu'à une rue de son appartement.
« Tes parents y seront ? »
Sans le regarder, je le sentis soudain plus nerveux.
« Non. »
Son ton laissait sous-entendre une question du genre « Pourquoi ? Ça te gêne ? »
Je ne répondis rien, ne sachant trop si j'étais soulagée ou au contraire plus tendue encore.
Et nous terminâmes de rentrer en silence.
Toujours sans un mot, nous nous dirigeâmes lui vers sa chambre, moi vers celle de Jacob, faire nos valises respectives.
Sans un mot.
Dans une ambiance tendue.
Ne sachant combien de temps on partait, je pris pas mal de vêtements, sans trop regarder ce que je faisais.
Au final, je me rendis compte que j'avais empaqueté dans ma valise la totalité des affaires qui avaient été amenées chez Edward à ma sortie de l'hôpital.
Je jetai un regard à la chambre de Jake désormais vide, le cœur lourd.
Et si c'était la dernière fois que j'y remettais les pieds ?
Et si à l'issue de cette échappée Edward et moi nous disions adieu pour de bon ?
Au vu de son comportement de tout à l'heure, je ne pouvais rien imaginer d'autre.
Je secouai la tête pour chasser ces pensées qui assombrissaient considérablement mon humeur déjà maussade, et allai rejoindre Edward dans le salon.
Sans un mot, nous descendîmes au garage.
Sans un mot, nous montâmes dans sa voiture.
Sans un mot, il démarra et s'engagea en une minute dans la circulation infernale de New York.
Et sans moi-même prononcer un mot, je sombrai dans un sommeil lourd et sans rêves en une dizaine de minutes...
oOo
La sensation d'une décélération me tira de mon sommeil.
Puis un son.
Celui qu'au bout de quelques secondes j'identifiai comme le bruit du gravier sous les roues d'une voiture.
Je fronçai les sourcils, les yeux toujours fermés, et remuai légèrement.
La voiture s'arrêta.
J'ouvris les yeux, et mon regard se posa sur l'immense bâtisse que pour la deuxième fois je voyais, alors que mon estomac se serrait.
À côté, Edward ne disait rien.
Un bref regard vers lui m'informa qu'il ne me regardait pas, non plus.
Il détacha sa ceinture, et j'en fis de même ; nous descendîmes de la voiture et récupérâmes nos affaires dans le coffre.
Edward se dirigea vers la maison ; et sortit un trousseau de clefs pour l'ouvrir, alors que je le rejoignais en silence.
Nous entrâmes à l'intérieur, et pour la deuxième fois mon regard fut attiré par le décor, les cadres, les boiseries, le charme de cette immense demeure.
Edward posa ses affaires, et se dirigea vers la cheminée, sortant d'en dessous un peu de bois pour l'allumer.
Je fis quelques pas dans le salon, puis lui demandai soudain :
« Au fait, je prends quelle chambre ?
_ Tu as le choix... » Répondit-il très vaguement.
Mon cœur se serra, alors que des images de sa chambre, et de nous deux m'assaillaient, comme un souvenir cuisant de tout ce que j'avais perdu de lui.
J'eus soudain froid.
D'un froid que même le plus chaleureux des feux n'aurait pu dissiper... Si ce n'était le feu qui brûlait dans ses yeux quand, autrefois, il me regardait comme si j'étais la personne la plus importante de sa vie.
Les larmes me brûlèrent les paupières, et je serrai les dents, sentant mon menton commencer à trembler mais désirant à tout prix ne pas montrer le chagrin qui m'assaillait à...
Lui.
Sous le faux prétexte d'aller me rafraîchir, sans un mot, j'allai m'isoler dans une des salles de bains, et m'aspergeai le visage d'une eau qui me parut tiède, tellement moi je me sentais glacée...
oOo
La sensation d'une chaleur enveloppante.
Une odeur que je connaissais parfaitement mais dont je n'arrivais pas à me repaître.
Des draps doux autour de moi.
Ce n'était pas la chambre de Jake.
Toujours dans les limbes du sommeil, j'essayai de me souvenir d'où j'étais.
La soirée de la veille.
Le silence entre... entre qui et moi ?
Le piano.
Une mélodie qui n'arrêtait pas.
Le froid.
Mon cœur loupa un battement, me réveillant un peu plus.
Edward.
Notre fuite.
River Green.
Le silence entre nous.
Moi retirant mon pull et me blottissant dans un plaid, dans le canapé du salon une partie de la soirée.
Lui me laissant pour aller s'asseoir au piano.
Les notes qui montaient dans l'air frais.
Le feu qui crépitait dans la cheminée.
Mon esprit qui se tournait entièrement vers la musique qui me berçait.
Puis le sommeil.
Et...
Après, je ne savais pas.
Je ne voulais pas encore y réfléchir.
Je ne voulais pas gâcher la sensation de confort.
Je bougeai légèrement dans le lit, et mon dos s'enfonça dans quelques chose qui me parut chaud et solide ; je grognai de bien-être, et de frustration aussi, pour une raison encore inconnue. Un grommellement se fit entendre derrière moi, et un bras se resserra autour de ma taille, une main se pressant un peu plus contre le bas de mon ventre, juste au dessus de mon pubis.
La chaleur de la paume contre ma peau sensible à cet endroit irradia jusque dans mon sexe, et, le souffle un peu court, je me retournai vers la source de chaleur qui me tenait compagnie.
L'odeur que j'aimais tant se fit plus entêtante, et je posai mes lèvres contre quelque chose de pulsatile – une carotide ? - , avant de glisser mes bras autour d'une taille musclée et une jambe entre deux autres, me collant à mon rêve – était-ce vraiment un rêve ?
Ledit rêve se tendit contre moi, et une main glissa sous mon haut, se faufilant contre ma peau brûlante, attisant le feu en moi, un peu violemment. Un éclair de lucidité me permit de me rendre compte que je ne portais visiblement que mes sous vêtements et un débardeur.
Je ne me souviens pourtant pas de m'être déshabillée, hier soir...
Le feu dans mon bas-ventre se propagea au reste de mon corps, et, gémissant, je me plaquai contre ce que je devinais être l'érection de mon rêve ; ma main s'activa et se mit à faire des allers-retours le long d'un dos, musclé, lisse...
Parfait.
Un grognement surgit du torse contre moi, et deux mains fermes se saisirent de mon débardeur pour me le retirer un peu brusquement, avant de revenir sur ma peau me plaquer au corps chaud ; une douleur me traversa les côtes, et je gémis faiblement. Mais l'érection contre ma culotte humide se mit à frotter langoureusement, annihilant toute autre sensation, et deux mains me caressèrent les fesses à travers le fin tissu, me coupant à nouveau le souffle.
Puis encore la douleur dans mes côtes, et je gémis plus fort de protestation, m'éloignant à regret du corps chaud, mais glissant mes doigts dans une tignasse désordonnée pour amener un visage au mien.
Mes lèvres en rencontrèrent d'autres, et j'en forçai un peu le passage pour un baiser violent et passionné.
J'étais maintenant complètement réveillée.
Et je savourai le goût de mon compagnon, profondément heureuse de le retrouver.
Edward.
Il répondit avec rage à mon baiser, et ses mains me firent basculer sur lui.
Je plongeai mes yeux dans les siens, ouverts, et eus l'impression de me liquéfier sous son regard juste...
Bouillant.
Deux émeraudes si foncées qu'elles en paraissaient presque noires, un regard si passionné que j'aurais presque pu jouir rien qu'en m'y perdant quelques secondes.
Mon corps réagit immédiatement, mais je ne l'écoutai pas, mesurant à vitesse éclair ce qui était en train de se produire.
Edward.
Nos disputes, trop fréquentes.
La douleur à chacune de nos séparations.
Nos longues semaines de distance.
Nos longs jours de silence.
Le bonheur de le retrouver...
Je me penchai lentement sur lui, consciente de chaque détail – son souffle un peu court, mes cheveux emmêlés caressant sa joue, ses pupilles dilatées, ses lèvres entrouvertes. Je les effleurai juste de ma bouche, bien déterminée à le torturer pour tout ce qu'il m'avait fait souffrir, mais sa main glissa dans mes cheveux pour se saisir de mon crâne, et il plaqua ma bouche contre la sienne, me maintenant contre lui comme s'il craignait que je ne m'échappe, m'embrassant à nouveau avec rage ; et de la même façon que je voulais le torturer, je supposai qu'il cherchait à me faire ressentir toute la frustration que je lui avais infligée ces dernières semaines.
Je glissai contre lui, me recouchant à son côté tout en lui rendant son baiser, et saisis fermement la peau de son flanc sous mes doigts, le caressant durement.
Passionnément.
Il laissa échapper un grognement qui me fit frémir jusqu'au plus profond de mes entrailles et passa au-dessus de moi en plaquant mes poignets au-dessus de ma tête, m'arrachant une grimace de douleur que je fis de mon mieux pour cacher. Il ne put la voir, la bouche dans mon cou, embrassant longuement ma carotide, ma clavicule, mon sternum. Sa bouche descendit le long de la vallée entre mes seins, de mon ventre ; mon souffle se coupa quand elle atteignit mon nombril, et je me cambrai violemment quand elle se posa sur ma culotte, brûlante de désir.
Son prénom voulut s'échapper de mes lèvres, mais s'étrangla dans ma gorge.
Il sourit légèrement contre ma peau, et je serrai mes paupières et mes dents pour ne pas crier ; sa bouche refit le même chemin en sens inverse, à peine plus rapidement, et je réussis à reprendre un souffle erratique.
Jusqu'à ce que sa bouche se repose sur la mienne, m'entraînant dans un baiser aussi rageur que les autres...
Une pointe de tendresse en plus.
Il s'éloigna un peu, et nos regards se rencontrèrent à nouveau.
« Bonjour. » Me murmura-t-il de sa voix cassée.
Ses doigts se posèrent sur ma culotte humide, et commencèrent à me caresser doucement ; je fermai les yeux un court instant, et il grogna un peu.
Je rouvris les paupières et me plongeai à nouveau dans ses émeraudes, me laissant emmener doucement vers le plaisir ; puis mes mains glissèrent contre ses flancs, ses hanches, et je saisis l'élastique de son boxer.
« Salut. » lâchai-je dans un murmure rauque.
Lentement, très lentement, je me mis à faire glisser son unique vêtement le long de ses jambes frémissantes, sans lâcher ses yeux des miens ; mais il m'arrêta et m'embrassa avant que j'aie eu le temps de laisser échapper ne serait-ce qu'un grondement de mécontentement, et ses doigts passèrent sous l'élastique de ma culotte, atteignant mon humidité et me faisant me cambrer encore contre lui, dévorée par le plaisir. Il titilla longuement mon clitoris, alternant les mouvements rapides et lents, me donnant l'impression de me consumer littéralement, torturée ; puis ses doigts glissèrent dans ma fente, et son pouce pressa mon clitoris ; je jouis dans un cri, haletante, les joues bouillantes, son regard sur moi.
Il attendit que j'ouvre à nouveau les yeux pour se redresser, et porta ses doigts à sa bouche, me dévisageant longtemps...
Très, longtemps.
Le temps que je reprenne réellement mon souffle, je glissai mes doigts dans ses cheveux, et attirai son visage vers le mien pour un baiser tendre et passionné, le cœur brûlant. Mon goût sur ses lèvres me donna envie de plus ; ma main glissa à nouveau le long de son corps, caressa ses fesses, et je saisis son membre gonflé, en caressant la longueur du bout des doigts, m'attardant sur son gland.
Il s'arracha à moi avec difficulté, son corps se tendant malgré sa volonté vers le mien.
« Qu'est-ce que tu fais ? Demanda-t-il dans un souffle.
_ Je t'aime. » Répondis-je simplement.
Aimer en verbe d'action. À ce moment il me semblait qu'aucun mot n'aurait pu décrire plus ce que j'avais envie de faire que celui-là.
Je le déséquilibrai pour le faire tomber sur le dos, et l'embrassai profondément, saisissant à nouveau son érection pour lui imposer un va-et-vient lent mais puissant, titillant régulièrement son frein de la pulpe du pouce.
Il frissonna violemment, et m'embrassa avec ce qui me semblait être toute l'envie du monde, alors que je m'activais autour de lui ; je savourai la sensation de son souffle se faisant de plus en plus erratique, de plus en plus haletant, et, le sentant sombrer dans le plaisir, je descendis mon visage vers son ventre, le mordillai ; puis vers son sexe tendu, et je posai ma langue dessus avant de le prendre dans ma bouche, me délectant de la façon dont tous ses muscles se crispèrent, et de son râle quand au bout d'un va-et-vient il jouit en de longs jets.
Encore tremblante, je m'éloignai de lui, rompant tout contact, appréciant tout autant que je la détestais la sensation de fraîcheur sur ma peau.
Une minute s'écoula ; peut-être plus. Peut-être de longues minutes, pendant lesquelles nous reprîmes notre souffle ; et le silence se réinstalla.
Ce satané silence qui me plombait le cœur et me rappela qu'à ma déclaration d'il y avait quelques minutes, il n'avait apporté aucune réponse.
Au bout d'un moment, il se recoucha à côté de moi, et me prit contre lui ; encore un peu tremblante, je l'enlaçai, et posai ma tête sur son épaule alors qu'il fixait le plafond.
oOo
Quand je me réveillai à nouveau, Edward dormait encore, paisible.
Je le considérai quelques instants, me laissant bercer par son souffle profond et régulier ; puis finis par me lever avec un soupir de regret, quittant la chaleur de ses draps et de ses bras.
Je descendis là où j'avais laissé mes affaires, la veille, en sortis de quoi me laver et m'habiller, puis remontai vers sa grande salle de bains, et me glissai sous la douche avec un soupir de bonheur.
Trois quarts d'heures plus tard, j'étais complètement lavée, rafraichie, séchée, habillée...
Heureuse.
Je descendis dans la cuisine, et l'y vis se sortir une tasse, habillé mais une fine barbe assombrissant ses joues.
Je me figeai en remarquant qu'il ne me jeta qu'un bref regard dénué d'émotion.
Et je me glaçai quand il se tourna comme si rien ne s'était passé.
Son indifférence fut comme un coup de fouet, et je me raidis, soudain sombre.
Sans un mot, je me dirigeai vers le frigo.
J'en sortis du jambon, du beurre et une tomate ; puis j'attrapai un couteau et du pain de mie, et, sans un mot, je commençai à me préparer un sandwich.
Je l'emballai dans du papier alu, attrapai une bouteille d'eau, et me dirigeai vers mon sac d'escalade, les y fourrant avec colère.
« Qu'est-ce que tu fais ? »
Me redressant, je jetai un bref regard à Edward, qui m'observait de la porte de la cuisine, renfermé.
« Je te fous la paix. Répondis-je rageusement en attrapant ma veste.
_ Je t'interdis de sortir de cette maison.
_ Sinon quoi ? Je serai privée de sortie ? Fis-je, railleuse et très en colère.
_ Joue pas à ça, Bella. » gronda-t-il d'une voix menaçante.
Je me raidis, et le fusillai du regard.
« Jouer à quoi, hein ?
_ Joue pas à celle qui est tellement blessée et qui va faire la conne pour m'oublier ! Joue pas à 'Comment faire mal au maximum à l'autre' ! » S'énerva-t-il.
La rage explosa en moi.
« Eh bien pardonne-moi si je ne supporte plus la façon dont tu me traites quand je m'ouvre à toi ! J'en ai franchement marre maintenant, j'aime autant me barrer d'ici ! »
Je me retournai, et me dirigeai à grandes enjambées vers la porte d'entrée, l'ouvrant d'un geste rageur et la claquant derrière moi.
Je n'avais pas eu le temps de m'éloigner de quelques mètres que la porte se rouvrait.
« Quand tu t'ouvres à moi ? La dernière fois que tu l'as fait c'est quand tu m'as quitté tu te rappelles ? »
Je me retournai vers lui.
« Non, la dernière fois que je l'ai fait c'est ce matin ! »
Il laissa planer un court silence, me faisant douter.
Mais douter de quoi ?
« Ce matin c'était une impulsion. Ne me dis pas que c'était voulu. »
Le froid m'envahit, et je me sentis pâlir et me liquéfier.
Le calme et la déception remplacèrent la rage, et, pendant quelques secondes, je fus incapable du moindre mot.
« Va te faire foutre. » réussis-je enfin à lâcher à voix basse.
Sans plus rien attendre de lui, je me retournai, et me dirigeai vers la forêt bordant le terrain Cullen.
« Quelle bonne idée ! J'en crève depuis des semaines ! »
Je ne me retournai pas, ne répondis rien, amère, me retenant de lui envoyer un geste vulgaire.
« Arrête de me détruire Bella ! Il arrivera un moment où je ne le supporterai plus ! »
Ses mots furent comme un violent coup de fouet et je me retournai brusquement, des larmes striant déjà mon visage.
« Vraiment, c'est moi qui te détruis ? » Explosai-je. « Tu me reproches de t'avoir quitté une fois, mais c'est pas moi qui ai couché avec un autre, c'est pas moi qui t'ai demandé de te casser parce que notre couple ne plaisait pas à un ami, et c'est pas moi qui ce matin ai fait comme si rien d'important ne s'était passé entre nous ! Alors arrête de geindre que tout est de ma faute parce que même si je sais reconnaître mes torts, je sais parfaitement que je ne suis pas celle qui ai le plus de fois avorté nos débuts de relation ! »
Je me détournai à nouveau, et repartis du pas le plus rapide que me permettaient mes jambes tremblantes. Mais je l'entendis courir derrière moi, je sentis ses bras me saisir, je le sentis me retourner. Sa bouche se plaqua contre la mienne pour un baiser dur et maladroit, contre lequel je me débattis, luttant entre mon cœur et ma raison.
« Tu m'as quitté. Pourquoi tu m'as quitté ? » cria-t-il, des larmes aux yeux.
Il m'embrassa à nouveau, et je voulus le repousser sans réellement le pouvoir, de deux poings sur sa poitrine, les larmes ruisselant sur mon visage.
« Parce que je n'ai jamais réellement eu de place dans ta vie, Edward ! »
Une larme coula sur ma joue, envoyant des trémolos dans mon cœur.
« Si. Bien sûr que si. Je t'aime. Je ne peux pas vivre sans toi.
_ Ah ouais ? Ça ne t'a pas empêché de tout faire pour m'éloigner ! Me défendis-je, amère et en colère.
_ Ça ne t'a pas empêchée de jouer avec ta vie ! »
Il me serra désespérément contre lui, et je me débattis, à le fois contre son étreinte et contre la douleur au niveau de mes côtes – de mon cœur, aussi.
Mais ses mains glissèrent sous ma veste, sous mon pull, avides.
Je frappai de mes deux poings contre son torse, toujours en colère.
« Ça, ça me regarde. Et arrête, tu me fais mal ! »
Ses mains glissèrent sous mon débardeur, et l'une d'elles se posa sur mon cœur affolé.
« Tu serais indifférente il battrait pas comme ça ! »
Il m'embrassa durement, alors qu'à nouveau je tentais de le repousser.
« Tu m'es pas indifférent et tu le sais, mais ça ne te donne aucun droit !
_ Tu es amoureuse de moi. » Fit-il sur le ton de la question.
Il m'arracha mon sac, obtenant de moi une grimace de douleur, mais je me repris pour le fusiller du regard.
« Je te l'ai ré-avoué ce matin, et j'ai vu ta réaction après ça. Je t'ai laissé une chance de plus, tu l'as pas voulue, tant pis.
_ Si je le veux... Je le veux... » Répliqua-t-il d'une voix désespérée, essayant à nouveau de m'embrasser, et me débarrassant de ma veste.
Je le repoussai encore, toujours en colère contre lui, lui qui pouvait tout faire de moi.
« T'as pas le droit de jouer au yoyo avec moi !
_ T'as plus le droit de me repousser. Fit-il en s'attaquant à mon pull.
_ Mais arrête ! » continuai-je en me débattant toujours. « Pour qu'après tu fasses comme si j'existais pas ? Comme si je n'étais rien ? Pour que tu me vires pour une quelconque raison et que t'ailles en farcir une autre ? »
Il enleva son pull et son tee-shirt, et me regarda intensément dans les yeux, me faisant soudain frémir d'un autre sentiment que la rage.
« Je suis bien prêt à prendre le risque que tu me crèves encore le cœur... Tu me veux. Je le vois. Alors prends-moi. »
Mon sang ne fit qu'un tour dans mes veines, et je lui collai une gifle qui me sembla résonner autour de nous ; mais ce n'était qu'une impression.
Comme l'envie dans ses yeux ?
« Ça c'est pour n'avoir jamais regretté chacune des fois où tu m'as blessée. » lançai-je.
Il se jeta sur moi et me dévora la bouche, violemment, s'attaquant dans le même geste à mon jean.
« Qui te dit que je ne l'ai jamais regretté ? Fit-il d'une voix rauque.
_ Tu ne t'en es jamais excusé. Tu ne m'en as jamais fait part. »
Il me plaqua contre lui et m'embrassa à nouveau, sans que, cette fois, je ne le repousse.
« C'est pas mon genre. »
Sa bouche repartit à l'assaut de la mienne, et il me poussa sur quelques mètres, jusqu'au capot de sa voiture.
Je plaquai mes bras contre son torse, et le défiai du regard.
« Pardonner sans qu'on ait fait preuve de regret n'est pas le mien non plus. »
Il me regarda longuement, pupilles dilatées.
« Je suis désolé pour tout le mal que je t'ai fait. »
Je soutins son regard, n'en ayant pas fini avec lui.
« Et ce matin, c'était quoi tes manières ? »
Il m'assit sur le capot, me faisant une fois de plus grogner de douleur – je commençais à vraiment regretter ma crise de folie des dernières semaines.
« J'y croyais pas. »
Je le regardai longtemps, puis l'attrapai par la ceinture de son jean pour le rapprocher de moi brutalement, et je pris sa bouche pour un baiser violent.
« Je suis désolé... souffla-t-il en baissant mon jean.
_ Je t'aime Edward, et c'est pas des conneries. » grognai-je.
Son regard noircit en un millième de seconde, et il se pencha sur moi, m'agrippant brusquement les hanches pour me maintenir contre le métal froid, tandis qu'il se débarrassait de mon pull et de mon débardeur d'un même mouvement, avant de s'attaquer à son propre jean.
Il revint à moi, et nos langues luttèrent un moment, alors que ses mains me pétrissaient à m'en faire mal, m'arrachant des cris de plaisir et de douleur. Considérant que je n'avais pas à être la seule à expérimenter ce mélange de sensations, je lui mordis violemment la lèvre, et il grogna, me lançant un regard furieux avant de se détacher de moi pour m'arracher mes sous-vêtements. Sa langue attaqua mon nombril, et je glissai sur le capot pour aller emprisonner son bassin de mes jambes.
Il se redressa, et captura de nouveau ma bouche en abaissant son caleçon ; puis ses yeux se rivèrent aux miens, et, sans plus de préliminaires, il saisit mes jambes pour les remonter autour de sa taille, et me pénétra en position de l'équerre.
Le plaisir m'envahit immédiatement, et je jouis en même temps que lui, à peine trois coups de reins plus tard ; il s'écrasa sur le capot, à côté de moi.
Et nous reprîmes notre souffle, ensemble.
Jusqu'à ce qu'un sourire un peu moqueur, surtout coquin ne vienne déformer le coin de ma bouche.
« Enfin. Lâchai-je l'air de rien.
_ Et t'as encore rien vu, fit-il avec son éternel sourire en coin.
_ Des mois qu'on couche ensemble et ça fait seulement deux fois que tu me prends dans ma position favorite. Heureusement que j'ai encore rien vu, tu crains sinon. »
Son regard s'assombrit, et mon sourire s'élargit.
Alors ? Qu'en avez-vous pensé ?
Eh oui, les voilà enfin réconciliés... Pour le meilleur... Et le pire, les connaissant :D !
A bientôt !
