Il y a aussi eu des problèmes sur ce chapitre donc le voilà de nouveau !


PDV Bella.

C'était une mauvaise idée, une très mauvaise idée. Le déjeuner ensemble a été la pire chose que j'ai accepté -outre le fait d'avoir couché avec lui- et quand Jaz et Emmett me l'ont proposé, j'aurais du prétexter un rendez-vous médical. Mais ma capacité à mentir étant quasi nulle, j'avais préféré accepter pour ne pas devoir donner d'explications à mon mensonge.

Sauf que maintenant, je me retrouvais à me cacher derrière le menu pour éviter de croiser son regard. Ah oui ! Parce que Emmett et Jaz avaient trouvé intéressant de nous mettre l'un en face de l'autre ! Comme si j'avais pas assez de problèmes comme ça !

J'avais déjà été aux toilettes pour me rafraîchir, je ne pouvais donc plus utiliser cette excuse pour me cacher.

- Bella fait vraiment du bon boulot, tu ne seras pas déçu, entama Jasper.

- Je n'en doutais pas un seul instant, répondit-il en me fixant.

En fait il me fixait depuis le début, c'est pourquoi je m'étais cachée derrière la carte en relevant quelques fois les yeux pour voir si sa cible n'avait pas changé mais non. Ça devenait limite inquiétant et je me disais que peut-être il se souvenait vaguement de mon visage et qu'il essayait de se rappeler pourquoi. Toujours est-il que la situation était intenable, du moins pour moi.

- Au fait Bella, tu pourrais me sortir les anciens rapports du dossier King ? Me demanda Emmett.

- Oui, pourquoi ? Une intuition ?

- Exactement et je pense que ce pourris ne va pas rester très longtemps encore en liberté !

Emmett était très attaché à cette affaire : une jeune femme accusait, après plusieurs années, son mari de la violenter physiquement et moralement et voulait maintenant divorcer ce qui n'était pas du goût de son mari. L'affaire était assez compliquée car le mari avait l'argent pour payer de très bons avocats et les pots de vins intervenaient certainement aussi dans l'histoire. En gros, ça faisait dix mois que cette femme était venue nous voir et ça faisait dix mois qu'aucune délibération n'était donnée.

- Alors Ed, tu comptes toujours t'occuper des affaires internationales ? Questionna Jasper.

- C'est ma spécialité, se vanta-t-il.

Orgueilleux ! Voilà un autre adjectif qui le qualifierait bien. "C'est ma spécialité" … pff.

En même temps, il avait pas tout à fait tort : dans le cabinet chacun avait un rôle bien précis, Emmett s'occupait des affaires civiles (mariages, divorces …) et Jaz se chargeait des affaires des entreprises (relations dans une société, litiges …). C'est vrai qu'ils n'allaient pas engager quelqu'un avec qui l'un deux devrait se partager les dossiers, déjà que leur nombre était pas super important …

Et donc, monsieur était "spécialisé" dans le droit international ? Il devait donc parler étranger, non ?

Il devait finalement être plus intelligent que ce que je pensais.

- Eh oh ! Bella ! M'appela Emmett.

- Hein ? Euh … quoi ?

- C'est pas gentil de nous abandonner comme ça et de partir dans tes pensées ! Enfin bon, Edward demandait si on avait déjà quelques affaires pour lui.

- Euh … je … je vais voir ça en rentrant.

- Ouais faudrait pas qu'il se tourne les pouces pendant que nous deux on rame dans nos bureaux.

- Tu sais que je dois encore finir d'installer mon appart ? Lui répondit Cullen. Et puis, tu devrais laisser tes dossiers de côté et venir m'aider à monter cette armoire Em.

- C'est partit pour ce soir. Eh ! On pourrait tous y aller et pendant que nous, hommes forts, montons cette armoire, Bella pourrait nous faire à manger.

- Ça va pas être possible, intervenais-je dans ces rêves de super soirée avec cet affreux salaud.

- Oh allez, Belli-Bell's ! Tu sais que j'adore trop tes spaghettis bolo !

- Angela sort avec Ben ce soir, rétorquais-je.

- Et bah emmène-là !

- Emmett, j'ai dis non, répondis-je d'une voix aussi sèche que possible.

Je voyais ses traits s'affaisser, j'avais du le blesser. Je n'aurais pas du lui répondre aussi méchamment mais il fallait que je lui fasse comprendre sans tout expliquer à l'autre crétin qui avait, d'ailleurs, l'air perdu.

- Mais tu me raconteras tout demain matin et j'en cuisinerais ce soir pour te l'amener demain midi, repris-je d'une voix douce, presque comme pour un enfant.

- Oh trop bien ! T'es la meilleure ! S'écria-t-il

Rectification : d'une voix douce, POUR un enfant.

Emmett était vraiment un grand enfant, un grand nounours comme j'aimais l'appeler pour l'embêter. Sa carrure importante en imposait et en effrayait plus d'un (dont moi quand je l'avais rencontré) mais en fait, il était très gentil, riant pour un rien et faisant tout le temps rire.

L'ambiance était passé de tendu pour moi à tendu pour tout le monde et il fallait rapidement que l'un de nous trouve quelque chose pour parler d'un autre sujet.

- C'est pour apprendre à se connaître qu'on est là, non ? Demanda Cullen. Alors, comme tu le sais Bella, je m'appelle Edward Cullen et je viens de Forks, une petite ville dans l'état de Washington. Et toi ?

Mais il se fout de moi ?

Ah non, c'est vrai, il m'a totalement oubliée, enfin c'est ce qu'il laisse paraître.

- Je viens de Phoenix en Arizona, répondis-je du tac au tac comme je l'avais fait quand Emmett et Jasper m'avaient posé cette question.

- Et qu'est-ce qui t'as amené à New York ?

- Le changement. J'avais besoin d'aller voir ailleurs.

S'il m'avait reconnu, ce dont je doutais encore un peu, il comprendrait le message subliminal.

Mais apparemment non, vu comment il me regardait, encore.

Ayant faim et ayant choisi mon repas, je fermais ma carte et je n'avais plus rien pour me cacher, mais je m'en fichais. J'avais décidé de lui faire face, de l'affronter. Il ne fallait plus qu'il soit un problème dans ma vie et s'il restait loin de chez moi et de l'école de ma fille, tout devrait bien se passer. Enfin aussi bien que peut se passer une relation où l'on a une fille avec la personne en face alors qu'elle-même ignore son existence.

Le serveur vint prendre nos commandes et repartit ahuri par la quantité de plats que Emmett avait commandée.

- Et toi, Edward, qu'est-ce que tu viens faire dans une grande ville comme New York si éloignée de la petite bourgade de Forks ? Osais-je lui parler.

- La fac de droit d'ici est très bien réputée contrairement à celle de Seattle, j'y ai donc été et j'y ai rencontré Em et Jaz.

La suite du repas fut, contre toute attente, sympathique. Nous arrêtâmes de parler du passé pour laisser Emmett divaguer sur ses pronostiques pour les matches de football et de baseball à venir, Edward intervenant parfois et Jaz m'entraînant dans une conversation sur sa dernière affaire.

Contrairement à l'aller, nous rentrâmes tous ensemble au bureau, dans le même taxi. Et c'est là que les choses se corsèrent un peu plus : Emmett, en grand enfant qu'il était, avait décidé de monter à l'avant, et comme j'avais été jugée la plus fine, je me retrouvais coincé entre Jasper et Edward à l'arrière de cette petite voiture jaune que j'avais adorée en arrivant ici et que, désormais, je détestais.

Tout était silencieux, il y avait juste le bruit du moteur et l'antique autoradio en fond sonore. Je ne bougeais pas, Emmett et Jasper étaient concentrés sur le paysage urbain et Edward … je n'en sais rien, je préférais éviter de le regarder alors que nos corps étaient déjà bien trop serrés à mon goût.

Quand il s'était installé à côté de moi et que sa main chaude et douce avait effleurée la mienne, j'avais frissonné. Pourquoi ? Ça ressemblait trop à ce que j'avais éprouvé ce soir-là et je ne pouvais le ressentir à nouveau. Comment pourrais-je encore avoir un quelconque béguin pour lui ?

Il n'avait pas gâché ma vie, non jamais je ne pourrais dire que la venue de ma fille a gâché ma vie mais ça l'a totalement chamboulé et ça a détruit ma relation avec mon père. J'ai du partir, m'enfuir de Forks, ma ville, là où j'avais tout construit pour aller tout recommencer ailleurs. Et ça n'avait pas toujours été simple.

Je voulais des enfants mais pas à 18 ans, pas sans être marié et pas sans qu'ils puissent avoir un père digne de ce nom. Mais j'avais du oublier tout ça pour m'occuper de Renesmée et tout allait bien jusqu'à maintenant, jusqu'à ce qu'il retourne dans ma vie et que je me remette en question.

Qu'est-ce qu'il se serait passé si j'avais été lui annoncer ma grossesse au lieu de fuir ? Il ne m'aurait certainement pas accueilli dans sa grande villa pour qu'on forme une famille, non il m'aurait rejeté comme mon père, il m'aurait demandé d'avorter. Il n'aurait pas pu passer de Edward Cullen tombeur de ses dames et serial baiseur à ses heures perdues à papa poule de 18 ans.

Je me sentais de moins en moins bien, j'étouffais dans ce taxi, il fallait que j'en sorte et vite. Et quand il ralentit pour finir par s'arrêter, je remerciais le Ciel de m'avoir soutenu pour ce coup-ci. Je me dépêchais de sortir pour prendre une goulée d'air mais mon pied se cogna contre le bord du trottoir et je me sentis tomber en avant. J'attendais la chute habituelle due à ma maladresse mais elle n'arriva pas. Par contre, deux bras chauds entourèrent ma taille et quand je relevais la tête, je croisais deux émeraudes à faire tomber par terre.

Aucun doute, c'était bien Edward qui m'avait sauvé de la chute mais, en fait, c'était vraiment pas une bonne idée parce que maintenant, je lui étais reconnaissante et en plus j'étais perdu dans la profondeur de ses yeux mais j'étais aussi en colère contre lui de me faire ressentir tout pleins de sentiments, que je pensais avoir barré de ma vie à tout jamais, à chaque fois que je le touchais comme dans le taxi ou là maintenant. Parce que, c'est vrai, là, dans ses bras, je me sens bien, en sécurité. Alors c'est peut-être parce qu'il m'a évité de m'écrouler par terre mais je pense qu'il y a autre chose et je ne veux pas ressentir autre chose pour lui, c'est impossible.

Il faut que je me coupe de tout ça, que j'enferme mon cœur pour ne plus jamais ressentir quelque chose pour lui.

C'est décidé, à partir de maintenant, je déteste Edward Cullen.


Alors, alors ? Vous en pensez quoi ?

Bisous !