Coucou tout le monde !

ça fait un bail dis-donc ! *dit-elle avec un grand sourire*

Oui, je sais que ça fait très, très ... très longtemps que j'ai posté mais, pour ceux qui s'en inquiétait, je vais bien, tout va bien, juste un manque de temps en plus, FF voulait pas me laisser publier !

Bref, j'espère que vous avez passé de bonnes vacances, au ski ou pas, que vous êtes pas trop cassé de partout.

Et maintenant, place ... aux remerciements ! (et non pas encore le chapitre !)

Bref, merci à tous mes petits lecteurs, qui se font connaitre ou non, aux petits nouveaux ...

Et on peut donc passer au chapitre, chapitre que vous avez tous attendu avec impatience !

Bonne lecture !

Disclamer : tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer.


~Musique : Let's Be Friends-Emily Osment~ (lien sur mon profil)

PDV Bella.

- Je ne veux plus jamais te voir Bella. Adieu !

2 heures plus tôt.

- Alice, c'est bon, je sais m'habiller toute seule !

- Peut-être mais je sais mieux t'habiller ! C'est mon métier.

- T'as pas de métier, répliquai-je dépitée.

- Ouch ! Ça fait mal ça !

- Désolée.

- Ouais, bon ça va pour cette fois mais si tu veux vraiment te faire pardonner, mets cette robe !

- Al…

- Pas de Alice, me coupa-t-elle. C'est ça ou je te pardonne pas et je peux être très rancunière. Et puis ça servirait à quoi qu'on l'ait acheté cet après-midi ?

Je la regardai un instant puis la robe qu'elle tenait dans ses bras. Mes yeux firent plusieurs fois l'aller-retour. Elle était quand même super sexy. Elle m'arrivait à mi-cuisse, noire et un décolleté bien plongeant. Tout ça pour un repas entre deux amis ! Bon ok l'un des deux devait dire à l'autre qu'ils avaient eu une fille ensemble, mais justement ! C'était pas le moment de mettre une telle robe. C'était totalement inapproprié et débile. En même temps, je ne pouvais pas lui dire non. Oh et puis merde ! C'était qu'une robe après tout, ça n'allait pas changer grand-chose !

J'arrachai la robe des mains d'Alice et partis m'enfermer dans ma chambre.

- Je t'ai préparé des sous-vêtements sur ton lit, me notifia le lutin de l'autre côté de la porte.

- Alice ! Je sais m'habiller ! Lui répétai-je. Et puis qu'est-ce qu'on en a à faire des sous-vêtements ? Je ne vais pas lui faire un strip-tease !

- Qui sait ? Ça pourrait le calmer s'il s'énerve trop.

Au ton de sa voix, elle semblait vraiment sérieuse. Mais qu'est-ce qui va pas chez elle ? Et puis quoi encore ? Peut-être croyait-elle qu'on allait coucher ensemble, aussi ?

- Alice, pourquoi tu fais tout ça ? Après tout, on ne se connaît pas vraiment et je suis plutôt la méchante dans l'histoire. Tu devrais être du côté de ton frère et me détester.

- Mais Bella, on est amies ! Et les amies s'entraident. Sans parler de la solidarité féminine ! Et je fais tout ça pour arranger la situation. Grâce à moi, vous allez vous réconciliez et je n'aurais aucun parti à prendre, répliqua-t-elle, comme si c'était une évidence.

Amies ? Elle me considérait vraiment comme telle juste après une simple sortie shopping ?

Pas que ça me dérangeait mais c'était juste … effrayant ! Je n'avais jamais été vraiment accepté par les autres, toujours à l'écart, loin de toute socialisation et là, j'avais déjà une nouvelle amie.

J'abdiquai finalement, employant le même raisonnement qu'avec la robe. Les vêtements glissaient sur ma peau comme de la soie. Je me sentis incroyablement bien dedans et finalement, je ne regrettais plus de les porter ce soir. Quitte à faire une chose déplaisante, autant le faire en se sentant bien.

Enfin ça, c'était avant que je ne me regarde dans la glace. La robe était vraiment courte ! Je tirai désespérément sur le tissu pour essayer de l'agrandir mais rien à faire, on voyait toujours autant mes jambes. Je sortis finalement de la chambre et retrouvai Alice dans la salle de bain, produits de beauté et accessoires de coiffure éparpillés partout autour du lavabo.

- Viens par là ma belle ! Les vêtements ne font pas tout et je vais avoir du boulot avec tes cheveux, m'expliqua-t-elle avec un sourire sadique collé sur le visage.

Je l'observai, horrifiée par ce qui m'attendait mais elle me poussa sur une chaise, dos au miroir, avant que je n'aies seulement pu envisager la possibilité de m'enfuir. Poisseuse comme j'étais, elle allait réussir, malgré son habitude, à me brûler une oreille !

oOo

Je la fixai, ébahie. Ou plutôt je me regardai, ébahie. Apparemment, c'est bien moi dans le miroir, aussi impossible que cela puisse paraître. Comment pouvait-on arriver à ça ? Surtout à partir de ma tête si banale !

J'avais désormais les cheveux lâches mais mes pauvres boucles étaient reformées. Mon maquillage était sobre mais si parfait, me correspondant absolument par sa simplicité, tout en s'harmonisant exactement avec ma coupe élaborée et ma robe sexy. Et aucune oreille brûlée à déplorer !

Alice me tendit ensuite une paire d'escarpins noirs à talons assez hauts mais me rassura tout de suite devant ma tête paniquée.

- T'inquiètes pas, tu vas pas courir un marathon. Tu as juste à marcher jusqu'à la voiture puis de la voiture jusqu'au restaurant et tout ce temps-là, tu auras le bras d'Edward pour te raccrocher si tu tombes. Tout se passera bien.

Ses paroles et son visage plus sérieux qu'enjoué, pour une fois, me rassurèrent et j'enfilai les chaussures. Les talons étant hauts, je me sentis grande d'un seul coup et me demandai si les mannequins, qui en portaient des deux fois plus hauts, n'avaient pas le vertige parfois.

Je revins rapidement à la réalité en assimilant ses paroles. "Tout se passera bien", était-ce pour ces talons ou par la soirée en générale ? Je plongeai dans ses yeux perçants pour tenter d'y déceler quelque chose mais n'en sortis que plus confuse. J'y avais vu sa joie habituelle mais aussi de la confiance mélangée à une petite crainte. Au final, elle n'était pas plus rassurée que moi quant à l'issue de cette soirée. Je n'étais pas la seule à penser que ça allait mal se finir et que j'aurais dû trouver une autre solution.

- Il n'y a pas d'autres solutions. Il faut que tu lui parles, me devança-t-elle. Ne sois pas aussi pessimiste. Tu ne sais pas comment il va le prendre et je …

- Toi-même tu as peur, la coupai-je. Alors comment est-ce que moi je dois me sentir ? Pourquoi est-ce que je ne pourrais pas avoir peur aussi ?

- La peur n'évite pas le danger.

- Peut-être mais je ne peux rien faire contre elle. Alors tant que je ne lui aurais pas dit et que je n'aurais pas vu sa réaction, j'ai le droit d'avoir, et j'aurais, peur.

- Je … oui, consentit-elle.

J'allais répondre quand un bruit nous surprit toutes les deux. Mon angoisse monta d'un cran et je crus que mes jambes allaient lâcher. Mais c'était sans compter sur Alice pour me sortir de ma torpeur et m'obliger à aller ouvrir.

Je soufflai un bon coup puis parcourus les quelques pas qui me séparaient de la porte d'entrée. J'avançai ma main tremblante sur la poignée, soufflai une dernière fois pour me donner du courage en jetant un ultime coup d'œil à Alice qui acquiesça. Puis je repris un visage serein avant d'ouvrir.

Je tombai alors sur ce visage si parfait, sur ce corps tout aussi parfait qui me causait tant de soucis.

- Bonsoir Bella, me salua Edward. Tu es magnifique ce soir.

- Euh … oui, pareil, rougis-je. Je prends mon manteau et on peut y aller.

Je me reculai pour prendre mon trois quart, quand une tornade surgit entre nous.

- Salut frérot ! Passez une bonne soirée et n'oubliez pas : sortez couverts !

Elle se dirigea ensuite vers l'appartement d'en face, celui d'Angela, en nous laissant en plan avec ses insinuations bien trop suggestives à mon goût.

- Je … allons-y, dis-je pour quitter cette ambiance plus que tendue.

Il me laissa le précéder pour entrer dans l'ascenseur, tel un gentleman et une descente infernale vers mon enfer de ce soir commença.

La tension était palpable, inconfortable et surtout intenable. Alors que je me tenais collée au mur de fond, il restait nonchalant à me regarder en plein milieu de l'espace clos. Peut-être attendait-il que je dise quelque chose mais à ce moment-là, je n'en étais vraiment pas capable.

Ma tête n'était remplie que d'une seule pensée. Je réfléchissais encore à comment lui apprendre la nouvelle. Cependant je ne trouvais toujours rien alors que le délai arrivait à son terme. Je pense que si on m'avait demandé de parler, j'aurais débité des propos incohérents et peut-être aurais-je glissé parmi eux mon "secret" - plus si secret désormais.

L'ascenseur qui était si rapide quand on rechignait à aller quelque part, avait décidé de se reposer et de prendre tout son temps pour descendre, à se demander s'il ne faisait pas une pause entre chaque étage.

Le silence était toujours total dans la cabine. Et plus il persistait, plus je me sentais mal. J'étais à deux doigts de rejeter mon maigre déjeuner et de m'effondrer en larmes. Je ne pouvais plus rester comme ça, la situation était insupportable même pour moi. Angela avait eu raison : j'aurais dû lui dire plus tôt et ça, elle me l'avait bien fait comprendre.

Flash-back

- Violée ? Tu lui as dit que tu avais été violée ? S'énerva-t-elle. Mais ça va pas ! Qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez toi ? Tu veux vraiment que j'aille le voir et tout lui expliquer moi-même et sans le ménager ? Parce que là, tu le regretterais ! Je te l'ai pourtant expliqué mille fois ! Il doit savoir que Renesmée est sa fille ! Ne pense pas qu'à toi, ne sois pas égoïste. Elle a le droit à un père et lui a le droit de savoir ! Et ne me dis pas que tu protèges qui que ce soit ! Là, il n'y a que toi qui t'es enfoncée jusqu'au cou dans la merde ! Bella, tu as changée depuis qu'il est revenu, qu'est-ce qu'il t'arrive ? Finit-elle plus doucement.

- Oui, tu as raison, pleurnichai-je. Je ne pense qu'à moi et mon petit confort. Je ne fais que des conneries et plus ça va et moins je sais comment je vais m'en sortir mais je vais me débrouiller toute seule. Jasper m'a conseillé d'aller manger avec lui et c'est ce que je vais faire. Samedi on va au restaurant tous les deux et là-bas, je lui expliquerais tout. Je ne lui cacherais plus rien. Et Angela, je suis vraiment désolée. Je ne te mérite pas mais ne t'en fais, je … je ne te demanderais que de garder Renesmée samedi et après, j'arrête, tu n'auras plus à supporter mes frasques.

- Mais non, Bella, je ne veux pas en arriver là. Je veux juste te faire réagir. Comme je t'ai dit, tu as changée depuis qu'il est là et ma Bella, mon amie me manque. Je veux retrouver cette fille calme, posée et qui réfléchit avant d'agir. Là, tu … tu fais n'importe quoi mais une fois que tu lui auras tout dit, je retrouverais ma meilleure amie. Et je garderais Renesmée samedi et toutes les autres fois où tu auras besoin que je le fasse. Viens là.

Elle m'attira dans ses bras où je laissais libre cours à mes larmes, maudissant mes actes et toutes leurs conséquences. Qu'est-ce qui c'était passé en moi pour que j'en arrive là ?

Fin du flash-back

Je me posais encore la question. Edward était réapparu dans ma vie et aussitôt, j'avais enchaîné bourde sur bourde, toutes plus grosses les unes que les autres. La seule réponse logique était Edward mais c'était insensé. Comment l'arrivée d'une personne pouvait changer le comportement d'une autre du tout au tout ?

Au lycée, j'avais rêvé de coucher avec lui et une fois que c'était arrivé, je l'avais fui. Et cinq ans après, en revenant, il me faisait changer de tout au tout. Je l'avais adulé, rejeté, détesté puis aimé. Aimé … Etait-ce ça ? L'aimais-je ? Est-ce que l'amour était la raison de tous mes problèmes ? Parce que, si oui, ça risquait de s'empirer. Comment pourrais-je rester amie avec la personne que j'aime ? Non. Non ! Ça ne pouvait pas être ça. Ça ne devait pas être ça. Je ne pouvais pas l'aimer.

- J'espère que le restaurant va te plaire, me coupa Edward dans mes pensées.

Oui, parce qu'il avait décidé que même si c'était moi qui avait proposé cette sortie, c'était lui qui m'invitait quand même. Alors il avait choisi le restaurant et le payait. S'il savait ce qui l'attendait, il n'aurait pas pris cette initiative.

- J'en suis sûre, bafouillai-je en baissant la tête pour cacher mes rougeurs.

Pourquoi ? Pourquoi est-ce que moi, Isabella Swan, avais-je autant de problèmes ? Toutes ces choses liées que je ne pouvais plus garder. Parce que non, je ne pouvais pas garder ça pour moi. Il fallait que j'en parle à quelqu'un mais je n'étais pas sûre que Edward soit la bonne personne, pas tout de suite du moins. Une chose à la fois et on commençait par Renesmée d'abord.

~Musique : Comment Te Dire-Kyo~

Arrivée devant sa voiture, une Volvo rutilante, il m'ouvrit la porte tel un gentleman et la referma doucement une fois que je fus montée. Il s'installa ensuite au volant et en même temps que le moteur, il démarra la conversation.

- Alors, c'est en quel honneur ce repas ?

- Euh … rien, juste un repas entre … amis.

- En tout cas, ça me fait plaisir. Ça faisait longtemps qu'on ne s'était pas retrouvé seuls tous les deux. Et puis, j'aimerais qu'on parle, enfin si tu veux, de ces cinq dernières années. Surtout ce qui t'es arrivée avant que tu ne partes. Je me doute que ce n'est pas un sujet facile mais je veux que tu saches que je suis là pour toi, que je saurais t'écouter et que jamais je ne te jugerais.

J'opinai distraitement de la tête, ne voulant pas m'engager de suite dans ce sujet-là, coupant court à la conversation.

Nous arrivâmes rapidement au restaurant. Je le reconnus tout de suite comme étant l'un des meilleurs restaurants italien. Un voiturier vint immédiatement m'ouvrir la portière puis récupéra les clefs pour aller garer la voiture. Je me retournai pour admirer les grandes portes vitrées, donnant sur l'accueil. Edward plaça une main dans le bas de mon dos pour m'inciter à monter les quelques marches.

- J'espère que ça ne fait pas trop, me chuchota-t-il dans l'oreille. Je veux vraiment que ce repas soit l'un des meilleurs moments qu'on ait passé ensemble.

"Si tu savais" eus-je envie de répondre.

Dès qu'Edward eut donné son nom, un serveur nous accompagna jusqu'à notre table et nous donna les cartes. Mon cavalier commanda directement une bouteille de vin rouge qui m'apparut devant les yeux presque instantanément. Comme un robot, je trinquai avec Edward et bus une gorgée. Je n'aimais pas forcément le vin mais là, j'étais en mode automatique et puis, si ça lui faisait plaisir …

Il commença à me parler, mais je n'écoutais pas. Je ne faisais attention à rien. Seuls mes yeux restaient fixés sur ses émeraudes, cherchant une quelconque inspiration. Quand le serveur vint prendre la commande de nos entrées, je pris la première salade que je vis avant de repartir dans ma contemplation.

Je laissai dériver mon regard sur sa bouche qui arrivait si facilement à formuler ses pensées alors que la mienne était comme scellée.

- Edward, le coupai-je en plein milieu d'une phrase.

Je baissai les yeux et fis courir ma main jusqu'à la sienne, la caressant distraitement du bout des doigts.

- Ça ne va pas, Bella ?

- Il faut que je te dise quelque chose mais ce n'est pas facile alors, laisse-moi deux petites secondes.

De ma seconde main, j'attrapai mon verre et le bus d'une traite. Quand je relevai les yeux, Edward me fixait intensément, tachant de voir le niveau de gravité de ma révélation.

- Edward … Je n'ai jamais été violé au lycée ou ailleurs. Je n'ai couché avec qu'une seule personne de toute ma vie. Renesmée est ma fille et … la tienne.

Au fur et à mesure, j'avais vu son visage blêmir, comprenant certainement où je voulais en venir.

Sa main s'éloigna d'un coup de la mienne et je sentis un grand vide. Le genre qui vous dit que la suite allait être pire et que vous n'auriez jamais du faire ça. Celui qui vous dit que le bonheur était à porté de main et qu'il venait de vous être enlevé sans prévenir.

- Tu … Je … Comment t'as pu … Laisse tomber.

Il se leva abruptement de sa chaise et avec un tel bruit que des clients se retournèrent, avant de partir. Il s'arrêta à l'accueil où il jeta quelques billets précipitamment. Et moi, je me retrouvai seule avec ma salade que je fixais tristement.

Je l'avais pourtant dit qu'il allait réagir comme ça. Je m'étais pourtant dit que je n'aurais jamais dû lui mentir au début. Vous avez déjà eu cette impression que votre monde s'écroulait ? Que vous regrettiez votre l'enfance, le temps où l'on était jeune et insouciant, sans responsabilité, loin de tous problèmes ? Parce que moi si, et à l'instant même.

J'avais tout avoué à Edward et il était partit. Il m'avait abandonné et … non ! Je ne pouvais pas le laisser partir comme ça, pas sans lui avoir donné une explication à mon silence. Pas sans qu'il m'ait dit ce qu'il comptait faire aussi. Parce qu'à côté de ça, nous travaillions ensemble et Emmett et Jasper étaient nos amis à tous les deux. Alors non, il ne pouvait pas partir comme ça.

Je me levai d'un coup, en risquant de faire tomber ma chaise au passage sur laquelle je récupérai vivement mon manteau, puis me mis à courir à sa suite. C'était risqué vu ma maladresse, mais mon émotion me guidant, je ne perdis pas l'équilibre. Je poursuivis ma route jusqu'au voiturier et celui-ci m'apprit qu'Edward n'avait pas récupéré sa voiture, préférant marcher. Il m'indiqua gentiment la direction qu'il avait prise et je repris aussitôt ma course en lui lançant un rapide merci.

Il faisait nuit et froid mais rien ne m'arrêtait. Il fallait que je le retrouve pour m'expliquer, m'excuser et lui dire que j'avais eu peur de sa réaction, que j'avais préféré mentir au lieu de l'affronter et que j'étais une parfaite imbécile.

Je continuai de courir et pourtant je ne voyais toujours personne jusqu'à ce que je discerne une forme humaine dans la pénombre. Je ne voulais pas trop espérer, ne pas me faire de faux espoirs mais quand la personne passa sous un lampadaire et que j'aperçus sa chevelure cuivrée, je n'hésitais plus une seule seconde.

- Edward ! Criai-je.

Il s'arrêta, secoua la tête puis reprit sa lente marche silencieuse.

- Edward, attends !

Rien. Comme s'il ne m'avait pas entendu. Aucune réaction. Comme s'il m'avait définitivement rayé de sa vie.

Je m'étais arrêtée pour reprendre mon souffle mais je repartis de plus belle pour le rattraper. Quand j'arrivai enfin à sa hauteur, j'attrapai brusquement son poignet pour le forcer à se retourner.

- Je suis désolée, Edward.

- Bella, laisse-moi, me répondit-il sèchement.

Il retira vivement son bras pour se dégager, comme si mon toucher le répugnait.

- Non, je ne veux pas te laisser parce que je dois m'expliquer avant. Je sais que je t'ai menti et que je n'aurais pas du mais c'est … je veux dire …

- Tu ne trouves même pas tes mots, cracha-t-il.

- Ed …

- Tu n'as pas compris apparemment.

- Qu'est-ce que je devais comprendre ?

- Je ne veux plus jamais te voir, Bella. Adieu.

Je restai pantelante face à sa dernière phrase alors qu'il s'éloignait de la lumière rassurante du réverbère. Alors c'était vraiment fini ? Comme ça ? Juste parce que je lui avais dit la vérité ? Ou parce qu'il était père et qu'il n'assumait pas ?

- Tu ne peux pas partir, hurlai-je à la pénombre en ponctuant mes phrases de coups de pied nerveux au sol. Et tu le sais aussi bien que moi. Oui, je t'ai menti mais merde ! Tu es père ! Et je sais que ça ne te laisse pas indifférent ! Qui ça pourrait laisser indifférent ? Mais tu ne peux pas partir comme ça, en me disant que tu ne veux plus me voir parce que quoique tu veuilles, on va devoir travailler ensemble. Et puis, je ne te demande pas d'assumer quoi que ce soit, ce sont mes conneries ! Dis juste quelque chose, quelque chose d'autre que juste adieu ! Je ne te laisserais pas Edward Cullen, j'ai le droit de m'expliquer !

Je restai stoïque, seule dans mon halo de lumière, attendant une quelconque réponse mais quand je n'obtins rien, je me résignai et partis en quête d'un taxi.

Et voilà, la soirée qu'il avait tant attendu s'était transformé en désastre total. Il ne voulait plus me voir, et je ne savais même pas ce qu'il pensait de tout ça. Il ne me restait plus qu'à aller me jeter sur mon canapé avec un pot de glace devant un film bien nul avant qu'Alice et Angela ne viennent au rapport et ne me minent encore plus mon moral. Je pourrais peut-être aller chez cette dernière et me blottir dans les bras de ma fille, en quête de réconfort. Ou mieux, les deux ensemble : je lui ferais un gros câlin sur le canapé devant le film avec la glace. En plus, ça faisait si longtemps que j'avais pas passé un moment seule avec elle. C'était décidé, demain, je passais toute la journée avec elle ! Je pourrais peut-être l'emmener …

Mes réflexions furent coupées par une main attrapant mon poignet. Je faillis crier, craignant qu'on m'agresse, mais la personne me retourna et je tombais sur deux parfaites émeraudes. J'aurais pu les contempler à l'infini si une voix ne m'avait pas interrompue.

- Tu as raison.

Un sourire s'étira sur mes lèvres. J'avais réussi. J'avais réussi à lui faire entendre raison. Il avait réagit ! Il ne me rejetait plus !

- Tu as le droit de t'expliquer.

Mon visage se décomposa à l'entente de sa dernière phrase. Alors non, ce n'était pas parce que j'avais trouvé les bons mots et que j'avais réussi à le convaincre mais juste parce qu'il voulait se donner bonne conscience. Il ne voulait pas partir et se dire après-coup que dix minutes à m'écouter lui auraient valu moins de regrets.

- Allons dans un endroit plus calme, me proposa-t-il. Suis moi.

J'acquiesçai et nous nous mîmes en route vers Central Park, non loin de là.

Malgré l'heure tardive, nous croisâmes quelques courageux joggeurs et des couples flânant parmi les arbres, entouré d'un halo d'amour. Nous trouvâmes rapidement un banc libre et quelque peu éloigné des possibles oreilles indiscrètes.

- Je t'écoute, m'invita-t-il.

- Je sais que ce que je t'ai dit a dû te choquer …

- Viens-en aux faits, s'il te plait.

Je le regardai, dépitée de son ton si sec qui m'engageait plus à partir qu'autre chose. Mais je pris sur moi, soufflai un bon coup et décidai, avant de me lancer, de plonger mes yeux dans ses iris. C'était le seul moyen que j'avais de tout dévoiler sans aucun problème.

- Deux mois après que nous ayons couché ensemble, le soir du bal, j'ai découvert que j'étais enceinte. J'en ai parlé à mon père qui est devenu furieux et m'a obligée à avorter. C'était soit ça, soit je partais définitivement de chez lui. Je ne voulais pas me séparer du bébé alors j'ai préparé un rapide petit sac de voyage et j'ai pris la route, ne lui laissant qu'un mot pour lui annoncer mon choix. J'aurais pu t'en parler, et j'aurais même dû le faire, mais en voyant la réaction de mon père, je me suis dit que tu aurais la même. Et puis, de toute façon, tu étais Edward Cullen, le coureur de jupon. J'ai supposé que tu n'assumerais jamais ta paternité et que ça ne m'avancerait à rien. Je suis donc partie le plus loin possible, sans faire attention à ma direction et j'ai débarqué ici, à New York. Je n'avais pas terminé le lycée mais j'étais enceinte et seule. Alors je me suis trouvé un job de serveuse dans un Starbuck, et un appart en colocation avec Angela que je venais de rencontrer au café. Elle avait compris ma situation et n'hésitait pas à me remplacer quand je fatiguais trop. Là, on a rencontré Emmett et Jasper. C'étaient des fidèles clients et nous sommes tous rapidement devenus amis. Puis, j'ai accouché. Pendant ce temps, Angela avait fini ses études et avait rencontré Ben. Emmett et Jasper ont compris que j'avais besoin d'un nouveau logement et pour ça d'un gros apport financier alors ils m'ont embauché comme secrétaire et se sont portés garants auprès du vendeur pour qu'il accepte de me vendre son appartement. En plus, Angela avait acheté, avec Ben, celui d'en face. On a vécu tranquillement tous les six jusqu'à ce que tu arrives et que tu chamboules tout.

A la fin de mon récit, je quittai la profondeur rassurante de ses yeux et je vis qu'il réfléchissait. Il y avait même une petite ride qui s'était formée entre ses sourcils. J'avais cru qu'après lui avoir tout dit, il allait partir mais à mon grand étonnement non.

- Je … tu … oh, tu m'énerves !

Je continuai de le fixer, malgré la quasi-pénombre, totalement perdue. Qu'est-ce que j'avais encore fait ?

- Tu as encore raison, souffla-t-il tellement bas que je crus avoir mal compris. Ça ne me laisse pas indifférent, reprit-il d'une voix plus forte. Ça ne peut pas me laisser indifférent. Je suis père et, malgré que tu me l'aies caché et m'aies même menti, je … je suis père, quoi ! Et Renesmée est tellement … adorable ! D'ailleurs, pourquoi Renesmée ? Je veux dire, ce n'est pas très commun.

Je restai complètement pantoise face à sa réaction. Alors d'un, il ne me rejetait pas, il m'avait écouté jusqu'au bout et en plus… je l'avais touché et il aimait vraiment bien Renesmée ?

- Je … tu vas trouver ça bête mais … c'est un mélange de deux noms : Renée et Esmée, ses deux grands-mères. Je voulais que même si elle ne les connaitrait jamais, qu'elle soit liée avec elles.

Je vis ses yeux s'agrandir en me fixant, certainement atterré d'une telle stupidité.

- Je sais que c'est débile mais …

- C'est magnifique. Je ne savais pas que … enfin je ne pensais pas que tu lierais ma mère à sa petite fille comme ça, malgré mon absence. Qu'est-ce … que lui as-tu dit à mon sujet ?

- Que son père était loin mais que ce n'était par parce qu'il ne l'aimait pas. J'ai eu raison ?

- Oui, je crois, dit-il perdu. Je ne veux pas rester qu'un de ses "oncles" pour elle. Je voudrais vraiment assumer ma responsabilité et si tu le veux bien sûr, avoir une vraie place dans sa vie.

- Je te comprends, vraiment et je ne suis pas contre, absolument pas contre mais … j'aimerais lui en parler avant que tu ne débarques dans sa vie. Elle n'a que cinq ans mais c'est une petite fille vraiment intelligente et elle comprend beaucoup de choses.

Il chuchota quelque chose mais je ne compris pas quoi, une brise secouant les arbres à ce moment-là.

- Je lui en parlerais demain, repris-je. Mais … je veux dire, ça n'arrange pas la situation entre nous, n'est-ce pas ?

- Bella … je te comprends, ou presque, mais ton mensonge m'a blessé. Que tu n'oses pas me dire la vérité parce que tu as peur de moi c'est … tu n'as pas confiance en moi et je ne sais pas si je peux avoir confiance en quelqu'un qui sait si bien me mentir. Je vais te raccompagner et y réfléchir mais … je vais avoir besoin de temps.

- Merci.

- Non, merci à toi. J'étais heureux de venir ici, vivre ma vie avec mes deux meilleurs amis et puis après qu'on soit devenus amis tous les deux, je me sentais bien. Mais quand tu m'as dit que Renesmée était ma fille, oui ça m'a choqué mais ça m'a aussi rendu encore plus heureux que je ne l'étais. Rentrons, tu commences à avoir froid.

Je le suivis, docilement, mon cerveau embrumé par le froid et toute cette conversation.

Le trajet se fit en silence. Mais pas dans un silence gênant, non c'était reposant. La musique douce s'échappant de l'autoradio me berçait et mes muscles, endoloris d'être restée assise sur ce banc si longtemps avec mes jambes à peine recouvertes par mon manteau, se réchauffaient lentement.

Une fois la voiture garée, il m'accompagna jusque devant ma porte. Je lui proposai de rentrer et de lui faire à manger pour rattraper le dîner mais il refusa, préférant rester seul pour réfléchir. Je montai jusqu'à chez moi, et aux objets que j'entendis tomber de l'autre côté du palier quand j'ouvris ma porte, je compris que les filles accouraient au rapport. Elles n'allaient certainement pas me laisser dormir tant que je ne leur aurais pas raconté toute la soirée, jusqu'à la couleur de la nappe au restaurant.

Ma porte était presque fermée quand un pied vint la bloquer. Je reconnus l'escarpin noir d'Alice et me demandai comment avait-elle osée risquer érafler une paire de chaussures pour m'empêcher de fermer ma porte.

Je rouvris donc la porte d'un air las et allai m'affaler sur le canapé alors que les deux commères s'assirent de chaque côté, en attente d'une parole de ma part.

- Alors ? S'impatienta Alice.

- Alors la soirée a bien commencé, a failli se finir en drame pour se terminer mieux que je ne l'avais espéré.

- Raconte nous tout, dans les moindres détails.

- Euh … par où commencer ?

- Dans quel restaurant t'a-t-il emmenée ?

- Au meilleur italien de la ville. Et les nappes étaient rouges et noires.

- Qu'est-ce que vous avez mangé ?

- On n'a pas eu le temps d'avaler quoi que ce soit. Peu après qu'on nous ait apporté nos entrées, je lui ai tout dit.

Je leur racontai ensuite toute la soirée, sous leur critique de tel ou tel comportement, et répétant plusieurs fois un même moment.

A la fin, Angela était fière de moi alors qu'Alice était triste que nous n'ayons pas couché ensemble et que ses sous-vêtements n'aient servi à rien. Mais elle se reprit rapidement, marmonnant que ce n'était que parti remise, et partagea notre joie d'une fin pas si terrible que ça.

Angela m'accompagna ensuite récupérer ma fille pour la coucher dans son lit pendant qu'Alice préparait le salon pour ce qu'elle avait appelé "une pyjama partie urgente surprise".

Une fois ma fille bordée, je rejoignis les filles et retrouvai mon salon nouvellement décoré par un tas de couettes et coussins en plein milieu. Le canapé avait été repoussé, et sur la petite table se trouvait un amas de glace et de boissons en tout genre. Angela était en train de montrer le peu de DVD que j'avais à Alice, qui s'extasiait sur les films à l'eau rose.

oOo

Je me réveillai difficilement au son d'une petite voix m'appelant. Mes paupières lourdes eurent du mal à s'ouvrir mais une fois fait, je fus surprise de la couleur des murs. Pourquoi étaient-ils blancs alors que dans ma chambre ils étaient rouges ?

En m'asseyant, une forte douleur irradia dans mon dos et je me retrouvai face à ma fille.

Mes idées avaient encore du mal à se mettre en place mais je fis un effort devant mon ange.

Après une rapide inspection visuelle de la pièce, je compris enfin que j'étais dans le salon, une simple petite couette sous les fesses. Alice dormait profondément non loin, un petit filet de bave coulant le long de sa bouche alors qu'Angela était … mais où était Angela ?

Avec un peu plus d'attention, je découvris son pied dépassant d'un tas de couettes et coussins.

Je ne me rappelais toujours pas comment on en était arrivée là, encore perdue dans le monde du sommeil. Puis je reportai finalement mon attention sur ma fille, beaucoup plus réveillée que nous.

- Qu'est-ce qu'il se passe mon cœur ?

- J'ai faim. Je voulais pas te déranger mais j'ai vraiment faim.

- D'accord, on va aller préparer le petit-déj alors, dis-je en me levant.

Alors que Renesmée s'amusait avec ses céréales, je tentai, plongée dans mon café, de me remettre les idées en place.

Il y avait eu la soirée avec Edward, puis les filles étaient venues et on avait décidé de se faire une soirée ensemble. La glace et les boissons avaient tourné entre nous trois mais je n'avais pratiquement pas bu d'alcool. On avait beaucoup parlé de nos vies respectives. Chaque histoire de cœur, de famille et de boulot avait été passée au crible par les autres. Puis on avait enchaîné par un visionnage intense des films de Hugh Grant que j'avais, jusqu'à ce qu'on s'écroule de sommeil à même le sol. Au vu de mon état il devait être sacrément tard ou plutôt, très tôt.

Je crois que je n'avais jamais connu de soirées comme ça. Alice était peut-être très excentrique et changeait ma vie, mais elle le faisait en bien et j'aimais ça.

Ma soirée d'hier avait été riche en émotion avec Edward (et peut-être avec Hugh Grant aussi) mais elle avait été pleine de joie et de rire grâce à mes deux amies, mes deux meilleures amies qui, et ça elles me l'avaient bien fait comprendre, seraient toujours là pour moi, qu'importe la situation.

Contrairement à Angela qui avait dû prendre son mal en patience au début de notre amitié, je m'étais ouverte très facilement à Alice. Certainement parce qu'elle m'avait un peu forcé la main mais aussi parce qu'Angela avait confiance en elle. Et puis j'avais aussi grandi, mûri et appris à faire confiance aux gens, à ne pas me refermer sur moi-même au moindre problème, et ça, grâce à Angela, Emmett et Jasper.

Je me demandais des fois ce que je serais devenue sans eux. Certainement pas grand-chose. Sans amis, on est rien.

Les filles continuaient de dormir et j'étais partagée entre les laisser faire pour qu'elles soient en forme ou les réveiller, juste pour m'amuser. Finalement, je choisis la deuxième option, prête à subir leur courroux matinal. J'expliquai à ma fille mon plan puis, après que j'aies déjà rempli deux grandes tasses de café d'avance, on se jeta sur elles en faisant le plus de bruit possible et en les chatouillant.

Alice, qui était ma cible, se mit à hurler qu'on l'agressait, qu'elle allait porter plainte après nous avoir tués. Mais quand je les prévins, elle et Angela, que du café les attendait, elles se calmèrent un peu pour aller le boire. Alors nous continuâmes de prendre le petit déjeuner dans le silence, jusqu'à ce qu'Alice n'ait retrouvé son énergie et sa malice habituelle.

- Tu sais Bella que je t'en veux pour ça ?

- Oui, répondis-je peu sûre de la suite.

- Et que j'ai très envie de me venger ?

- C'est possible.

- Tu vas donc m'accompagner samedi prochain faire du shopping.

- Quoi ? Mais on y a été hier !

- Et ?

- Et … je t'accompagnerais samedi prochain faire du shopping, abdiquai-je face à son regard noir.

Après un intense rangement du salon et quelques aspirines pour elles qui avaient la gueule de bois, elles rentrèrent chacune de leur côté. Pour ma part, je préparai Renesmée pour une sortie dans New York, histoire de me retrouver enfin seule avec elle pour quelques heures.


Et voilà !

Alors ça donne quoi ?

Bon comme vous avez pu le voir, il est un peu plus long et je ne compte pas rétrécir.

Je préfère vous poster les chapitres plus tard mais plus complet.

Et donc, la prochaine fois ce ne sera pas un petit moment mignon entre Bella et sa fille. Mais qu'est-ce que ça pourrait être d'autre ?

Voili voilou, bisous !