Une atroce douleur me réveilla. J'étais à moitié inconsciente, vous savez cet état où vous n'arrivez pas à vous rendormir car quelque chose vous y empêche, mais votre côté conscient vous permet de réaliser ce qui ne va pas et pourquoi vous vous n'êtes pas rendormis.
Vous voyez de quoi je parle? Oui? Non?
En fait cela n'avait pas d'importance car c'était la meilleure partie de ma journée. Depuis mon réveil, je ne pensais qu'à la douleur. Je ne pouvais plus bouger.
Je devais être en train de délirer aussi, car je remarquai que la douleur avait ses propres pulsations, qui battaient en rythme avec mon pouls.
Je commençais à avoir des crampes à force de rester allongée dans la même position, depuis que j'avais été jeté par terre. Rajouter de la douleur était inutile, j'essayai donc de rouler sur mon dos.
Cela prit un moment avant que je puisse changer de position. J'avais l'impression de ne plus savoir comment bouger mes muscles. C'était ça ou alors c'est qu'ils ne m'écoutaient plus.
La pièce était sombre, avec une petite fenêtre rectangulaire près du plafond., qui semblait plus être un morceau de verre sans verrou ou ouverture.
Un faible rayon de lumière filtrait par la fenêtre et je pus ainsi distinguer des boîtes empilées contre les murs. Cela devait être leur sous-sol.
Mes muscles me détestaient assez comme ça pour que je puisse me mettre debout ou que je bouge quoi que ce soit. J'avais besoin de quelque chose pour oublier la douleur, n'importe quoi. Mais pour l'instant, tout ce que j'avais, c'était moi. Ouais , je sais je deviens sarcastique.
Je me demandais combien de temps j'allais rester ici. Puis je me souvins d' Edward me criant dessus.
"Je viendrais te chercher quand j'en aurais envie. "
C'était quand? N' allait-il pas se sentir coupable de me laisser ici pendant des jours. En fait, il avait déjà dû m'oublier, il se souviendra de moi lorsque quelqu'un lui demandera d'où vient l'odeur nauséabonde qui vient du sous-sol.
Combien de temps un humain pouvait-il tenir sans nourriture? Était-ce une semaine sans eau et deux sans nourriture? Ou était-ce cinq jours sans eau et huit sans nourriture?
Au point où j'en étais, je n'en avais aucune idée.
Finalement, je renonçai, cela devenait trop déprimant. Souhaitais-je vraiment que mes dernières pensées soit sur ma durée de vie, à savoir 5 ou 8 jours tout au plus?
Au lieu de cela, j' imaginai quelqu'un qui viendrait me sauver. Les images dans ma tête étaient en noir et blanc, comme dans les vieux films. Je portais une robe à froufrous avec des plumes dans les cheveux, et un beau cow-boy surgirait après avoir démoli un mur. Il me prendrait dans ses bras, et s'enfuirait avec moi sur son cheval.
Je repassais ces images encore et encore, les modifiant un peu à chaque fois. Parfois, Edward apparaissait au moment où nous partions. Une autre fois, il dégainait un pistolet. D'autres fois, il nous menaçait avec son poing, ce qui n'était pas très réaliste, tout comme le fait qu'un cow-boy démolisse un mur.
Je ressassais ces images dans mon esprit jusqu'à ce que je m'endorme enfin.
J'avais encore mal à mon réveil, mais j'en avais assez de rester allongé. Malgré les tremblements de mon corps, je me suis mise debout. J'ai dit à mon corps de la fermer et d'arrêter de pleurnicher.
Je trébuchai contre un mur. Ma main posée contre celui-ci, je fis ainsi le tour de la pièce pour avoir une idée de sa taille. Il y avait des boîtes qui devaient être là depuis un moment. Je trouvai une porte, mais évidemment elle était fermée. Je me demandais si je pouvais trouver quelque chose pour l'ouvrir. Mais je réalisai qu'une fois la porte enfoncée, je ne pourrai aller nulle part.
J'étais appuyé contre la porte lorsque je sentis quelque chose de dur sous ma main. Je me demandai ce que c'était quand la pièce fut soudainement illuminée.
J'avais trouvé l'interrupteur. Je plissai les yeux, le temps que je m'habitue à la lumière.
Je détaillai la pièce et fut heureuse de ne pas avoir vu le sol avant. Il était sale et graisseux. Je frémis à l'idée d'avoir dormi dessus si longtemps.
Je regardai par la fenêtre, il faisait nuit. Donc, j'étais ici depuis au moins un jour. Seulement un jour, j'avais l'impression d'être là depuis des millions d'années.
Je me dirigeai lentement vers les boîtes, en grimaçant un peu. J'en ouvris une et regardai à l'intérieur, il y avait un tas de trophées. J'en sortis un sur lequel était inscrit «12 ans et moins, Meilleur Joueur", avec un joueur de football sur le dessus du trophée.
J'en sortis d'autres, toutes sortes de récompenses pour différents sports, mais aucun trophée n'allait au-delà de 14 ans.
Je les remis dans la boîte. Dans celle d'à côté, il y avait des assiettes et une saucière. Dans une autre boîte se trouvait des jouets cassés qui avaient dû connaître des jours meilleurs. Une autre contenait des livres. Je la fouillai de manière plus approfondie. Bien que la plupart étaient des histoires pour enfants, j'ai lu tous les livres.
Je soupirai après en avoir terminé un, pourquoi mon prince ne viendrait-il pas me sauver d'une tour en escaladant mes cheveux. Cela semblait si facile dans les livres. Je parie que ces princesses n'avaient pas dû attendre longtemps leurs princes.
J'allais devoir patienter pendant des siècles.
Puis, je me suis dit non, je n'avais pas besoin d'un prince pour me sauver. Je ne suis pas une demoiselle en détresse. Putain, je pouvais me sauver toute seule !
La seule façon de sortir était la porte ou la fenêtre, mais si je m'échappai par la porte, je devrais traverser toute la maison. Ce sera donc la fenêtre.
Je pris un trophée, puis j'ai empilé les boîtes les unes sur les autres. Je grimperai dessus, puis je briserai la vitre avec le trophée.
Je montais sur les boîtes une à une car c'était beaucoup trop bancal, ou bien c'était mes jambes qui n'en pouvaient plus.
Une fois la fenêtre atteinte, j'ai vu qu'il y avait un verrou, je ne l'avais peut-être pas vu à cause de l'obscurité.
J'ai tourné le verrou et je poussai sur la fenêtre pour qu'elle s'ouvre. C'était coincé et si je la poussai plus fort les caisses tomberont. J'ai commencé à frapper le tour avec le trophée. J'étais contente de ne pas être obligé de la briser, ainsi il n'y aurait pas de débris de verre.
Finalement, la petite fenêtre s'ouvrit en grinçant.
Je fis une pause pendant une minute. Je ne pense pas qu'il y avait une façon logique de faire ce que j'allais faire. Je devais tourner ma tête sur le côté pour pouvoir passer. J'ai commencé à me tortiller. Cela devenait plus difficile au niveau des hanches, mais je réussis à me faufiler. Si je vous dis que si j'avais essayé de faire ça avant d'être une esclave, jamais je ne l'aurais fait. J'avais dû perdre du poids vu les petits repas merdiques que j'avais.
Une fois dehors, il me fallut un peu de temps pour me rendre compte que j'étais libre ! Je voulais danser, mais je ne pouvais pas. Il faisait un peu moins sombre. Je pouvais déjà voir les rayons du soleil pointés à l'horizon, le jour allait bientôt se lever.
Alors j'ai couru sans m'arrêter. J'ai dit à mon corps endolori d'aller se faire foutre et j'ai continué.
J'étais dans la forêt qui entourait la maison; je ne connaissais pas cet endroit, je ne savais donc pas jusqu'où je pouvais aller. Je me suis arrêtée pour m'effondrer contre un arbre.
Edward saura que je suis partie quand il viendra me chercher. Je n'étais là que depuis un jour, le temps qu'il vienne vérifier, je serais déjà loin.
Quand j'ai eu enfin repris mon souffle, je ne m'étais toujours pas relevée. Mon esprit me hurlait de courir, mais mon corps, lui, ne voulait plus suivre.
L'arbre semblait si reposant. Mon esprit commença à se calmer. Le danger était hors de vue.
Je fus brusquement réveillée par une main sur mon épaule. J'essayai immédiatement de me lever pour m'échapper en prenant une autre direction.
L'autre main saisit mon poignet, et je m'en voulus de m'être arrêter pour me reposer et de ne pas avoir continuer de courir. J'ai commencé à pleurer et à lutter pour me libérer.
« Hé ! Holà, calme-toi. Je ne vais pas te faire de mal. »
Sa façon de me parler me surprit. Cela ne ressemblait pas du tout à Edward. Prudemment, je me suis retournée, et j'eus le souffle coupé. Donc, voici l'homme qui tenait mon poignet.
Il avait la peau brune, de longs cheveux noirs encadraient son visage. Je pouvais distinguer ses yeux malgré l'obscurité, ils étaient de couleur cannelle. Il était torse nu et je pus remarquer qu'il devait s'entraîner beaucoup.
Je suis restée là, à le regarder, il était en tout point l'opposé d' Edward.
Il leva sa main et j'ai reculé apeuré. Mais il la posa sur ma joue. Je levai la tête, ses yeux me fixèrent un moment, avant de parcourir mon corps d'un air inquiet.
«Qui t'a fait ça?" murmura t-il.
Il posa les yeux sur moi, mais je détournai le regard. Je ne savais pas quoi dire.
Je me sentais encore fatiguée, je me suis assise. Il fit de même, et s'assit en face de moi. Il prit une de mes mains et l'examina. Son expression devenait de plus en plus horrifiée au fur et à mesure qu'il me dévisageait. Cela devenait inconfortable, j'ai ramené mes genoux contre ma poitrine, ce qui me fit grimacer.
« Que t'est-il arrivé? » Il continua de me fixer, mais j'ai enfoui mon visage dans mes genoux.
«Il m'a frappée. » murmurai-je.
Il devait avoir entendu ce que j'avais dit, car il entoura ses bras autour de moi. Je me sentais maladroite et mal à l'aise, mais lui ne semblait pas être dérangé.
"Qui?"
Je n'ai pas répondu. J'ai gardé les yeux fermés.
"Ton père? Ton petit-ami? Ton oncle?
Je suis restée silencieuse. Il soupira et me souleva. Je fus surprise, me demandant ce qu'il était en train de faire. J'ai dû affronter assez d'enlèvements pour toute une vie.
"Mon nom est Jacob, ne t' inquiète pas, je vais te protéger. "
Je me suis sentie en sécurité dans ses bras quand il dit cela. Mais je ne pense pas qu'il pouvait me protéger d' Edward. Je me sentais mieux, et j'ai fermé les yeux.
Un prince pouvait venir me sauver après tout.
