Jacob n'a pas eu à me porter très longtemps, ce fut mon impression en tout cas.
Cette forêt était si épaisse, que je n'aurais pas été en mesure de dire s'il y avait un supermarché à 20 mètres. Ce fut à la fois un avantage et un inconvénient.
Il se dirigea vers une petite cabane, laquelle je présume était sa maison. Elle avait l'air vieille et usé, mais à sa place entourée par ses grand arbres.
Il me déposa en face de l'escalier, tout en gardant ma main dans la sienne. Il m'aida à les monter. En temps normal j'aurais protesté, mais j'avais du mal à me tenir sur mes jambes.
De plus, il était inutile de contrarier la seule personne qui m'avait donné le moindre espoir d'échapper à Edward.
Une fois sous le petit porche, je pus regarder aux alentours. Jacob semblait comprendre et attendit tranquillement avec moi, me donnant autant d'espace que possible, mais tout en me tenant la main.
Les côtés de la cabane étaient en rondins, j'ai tendu la main pour caresser le bois. Je n'étais même pas entré que j'en étais déjà amoureuse.
Jacob tira doucement sur mon poignet, et fit un signe de tête vers la porte pour me montrer qu'il voulait rentrer. Son geste n'était en aucun cas menaçant , mais je me suis immédiatement souvenue pourquoi j'étais ici. Je suis entrée à l'intérieur, puis j'ai vite refermé la porte.
Jacob tendit la main derrière moi. J'ai entendu le léger clic de la serrure et mon cœur s'est mis à battre de plus en plus fort.
Il venait de nous enfermer.
J'ai soudain pris conscience qu'il n'avait toujours pas lâché mon poignet. Je ne me sentais plus en sécurité, je me sentais si stupide.
Pourquoi un homme vivait-il si près de la maison des Cullen! Tu es une idiote Bella! Je ne peux pas croire que tu lui aies fait confiance!
"Eh bien, qui est-ce?"
J'ai sursauté, et eu un moment de panique pendant un court instant.
Je vis un homme âgé se reposant sur un large siège rembourré. Il avait un patchwork sur ses jambes et souriait.
"Comment t'appelles-tu?" demanda-t-il.
Sa voix n'était pas agressive mais mon cœur battait encore très fort , mes mains tremblaient.
J'ai baissé les yeux.
Jacob soupira.
"Mais qu'est-ce qui t'es arrivé, mon enfant? Je peux difficilement croire qu'une randonnée en forêt peut causer ... ça! "
La chaise grinça, je suppose qu'il essayait de se déplacer. Je l'entendis grommeler, puis soupirer.
Je ne répondis pas à la question.
Je voulais juste qu'ils arrêtent de faire semblant. Qu'ils me disent quand je retournerai auprès de Maître Edward, pour avoir une idée du peu de temps libre qu'il me restait.
"Elle a été frappé." dit Jacob d'une voix si basse que je l'entendis à peine. Le vieil homme dans la chaise lui, si.
"C'est ce crétin de Cullen n'est-ce pas? Je le savais! Sauvage! Si je l'avais croisé, il n'aurait pas tenu une seconde! "
Je regardais l'homme du coin de l' œil. Il n'avait pas l'air si vieux en fait, bien que je le voyais à peine. Il connaissait les Cullen, et apparemment il n'était pas très heureux à l'idée que j'ai réussi à m'échapper.
«Que diable as-tu fait Jacob? Comment est-elle arrivée ici? Ne t' avises pas de me dire que tu as été là-bas Jacob! Si j'apprends que- "
«Calmes-toi papa! Je l'ai trouvé dans la forêt ! Je savais que tu réagirais de cette façon!"
Jacob m'emmena dans une pièce qui devait être sa chambre à coucher. Il ferma la porte derrière lui, puis prit une grande inspiration avant de se tourner vers moi . Finalement, il lâcha mon poignet.
«Désolé, mon père n'est pas un grand fan des Cullen."
Un silence s'installa, je baissai la tête.
"Alors, euh, c'est ma chambre ... et tu devrais t'allonger. "
Il me saisit par le coude. J'ai poussé un cri, puis parti me réfugier de l'autre côté de la petite pièce.
Il fut surpris par ma réaction, mais changea rapidement d'attitude. Il me donna un sourire chaleureux dont la sincérité se lisait dans ses yeux. Je n'avais jamais compris ce que les gens voulaient dire par là, mais cela devint évident quand je vis le visage de Jacob.
Il avança doucement vers moi en tendant sa main, tout en me disant des paroles apaisantes .
"Ne t'inquiètes pas. Je veux juste que tu te reposes. Je ne vais pas te toucher, mais viens t'asseoir sur le lit." dit-il en le montrant derrière lui.
Un lit d' aspect rudimentaire s'y trouvait , avec un matelas dessus. Il n'avait pas l'air d'être en mauvais état ou sale, il correspondait à l'atmosphère de la cabane.
Je me suis lentement dirigée vers le lit, tout en gardant les yeux sur Jacob au cas où il bougerait.
Je ne m'étais pas rendu compte à quel point j'étais fatigué jusqu'à ce que je m'assois sur le matelas.
Il était si doux! En réalité, il aurait pu être rêche que je n'aurais pas fait la différence. C'était le lit le plus doux que j'avais eu depuis des lustres.
Je me suis allongée dessus, puis j'ai fermé les yeux, essayant d'oublier mes problèmes pendant un court instant.
J'étais bien.
J'ouvris lentement les yeux, et vis Jacob assis sur une chaise juste en face de moi.
Je me sentais si fatigué.
"Alors ... euh ... désolé à propos de mon père. Il n'aime pas beaucoup les Cullen et il aurait essayé de faire quelque chose si il aurait pu."
Il laissa échapper un petit rire.
J'étais confuse. Je pensais qu'ils étaient du côté des Cullen.
Il interpréta ma confusion différemment.
"Papa est dans un fauteuil roulant, il ne s'en sert jamais; il reste dans sa chaise toute la journée, jusqu'au soir où je l'aide à se mettre au lit. Il devrait probablement utiliser son fauteuil, mais c'est juste plus pratique pour moi de le transporter au lieu de l'aider avec son rejette la faute sur les Cullen, et il n'arrête pas de radoter au sujet de tout ce qu'il pourrait faire si il pouvait encore marcher. C'est un peu agaçant mais je m'y suis habitué avec le temps."
Je continuai de le fixer.
Il était donc évident qu'ils n'étaient pas du côté des Cullen. Mais que diable faisaient-ils dans cette forêt?
"Alors, euh, tu n'as pas à me le dire, mais ... c'est Edward Cullen?"
Entendre son nom me choqua. Je ne l'avais jamais prononcé, ou entendu à voix haute. C'était juste "Edward", "Maître Cullen" ou "Maître Edward".
J'étais en train de réaliser qu'il ne travaillait pas pour les Cullen. Pouvais-je lui faire confiance?
Tout en le fixant, j' hochais la tête. Je me mordais les lèvres tout en espérant avoir pris la bonne décision.
"Oh c'est terrible! Je suis tellement désolé ... Désolé, mais je ne sais même pas ton nom, c'est très impoli de ma part!"
Il attendit.
"Alors ... quel est ton nom?"
J'ai détourné les yeux pour éviter son regard.
"Tu ne parles pas beaucoup n'est-ce pas? "
Il se mit à rire et j'ai senti mes joues devenir rouges. Qui aurait pu croire, que dans une telle situation, je pouvais encore rougir.
Bien, il ne semblait pas être du côté d'Edward, le père de Jacob en était la preuve. Et j'avais presque admis que c'était Edward qui m'avait battu. Je n'avais pas le choix, je devais lui faire confiance maintenant.
Un silence s'installa entre nous. Je n'avais même pas remarqué que ses yeux s'étaient fermés jusqu'à ce que Jacob brise le silence.
«Laisse moi t'aider."
Il tenait un gant qu'il venait d'aller chercher.
Il commença doucement à nettoyer mon visage. C'était agréable.
Quand il eut terminé, le gant était sale. Je n'avais pas réalisé que j'étais si sale!
Je rougissais à nouveau, je n'avais plus rougi depuis que j'étais chez les Cullen.
«Je vais rincer ça!" dit Jacob en riant.
Il revint et commença à nettoyer mon bras. Il était si doux, j'ai fermé les yeux et je n'ai plus bouger , sauf pour lui faciliter le nettoyage.
Je devrais trouver ça étrange. Un homme que je n'avais jamais rencontré auparavant, qui m'avait trouvé dans une forêt et voulait me protéger, était en train de me laver alors que je m'endormais.
«Lève ton bras s'il te plaît. "
Je m'exécutai sans ouvrir les yeux, c'était bizarre car je lui faisais déjà confiance.
Je sentais quelque chose autour de mon bras.
Il mettait des pansements tout autour. Une fois fini, il mit une grosse boîte de pansements sur le lit avec un air déterminé sur son visage.
Son expression me fit rire. Je ne me rendais pas compte de ce que je faisais, car il me fallut un moment pour reconnaître ce son.
Jacob leva brusquement la tête pour me regarder. Il me fit un immense sourire.
"Tu devrais faire ça plus souvent."
J'ai détourné les yeux.
"Ok! Plus de distractions ! Au travail! "
Il se frotta les mains et commença à ouvrir les pansements. Il commença tout d'abord avec mes jambes. Petit à petit, le sol fut recouvert de paquets alors qu' il n'avait toujours pas terminé.
Finalement, je m'endormis.
A mon réveil, je savais exactement ce qui s'était passé. J'avais déjà lu un tas d'histoires avec des filles qui étaient dans la même situation que la mienne, et qui n'avaient plus aucun souvenir, jusqu'à ce qu'elles se remémorent ce qui leur était arrivé avant de s'endormir.
Il n'y avait rien de tout cela avec moi. Je me suis réveillée, et je sus tout de suite que j'étais dans le lit de Jacob. Ce qui amena la question suivante mais où était Jacob?
Doucement, je me suis redressée. Mon corps était raide et douloureux. Je me suis levée lentement, bien que mes jambes ne fussent pas du même avis, et je sortis de la pièce en boitillant.
Jacob était allongé sur le petit canapé et son père dans le grand fauteuil. Dès qu'il me vit, Jacob se mit à rire. Je me caressai les cheveux nerveusement.
« Mince ! Je ne savais pas que j'avais utilisé tant pansements! »
J'ai regardé et eus un choc. J'étais recouverte de pansements, de toutes les formes, classiques, en forme de papillons, ceux que l'on découpe soi-même, en cercle rond. J'étais devenu une vraie publicité ambulante pour les pansements.
Jacob continuait de rire en se levant, puis saisit mon poignet. Mon coeur s'accéléra jusqu'à ce que je réalise qu'il m'emmenait dans la cuisine. La cabane était si petite, qu'il n'y avait même pas de mur de séparation, entre la cuisine et le salon. .
Je m'assis sur un siège tandis qu'il s'affairait en cuisine.
«Je vais te faire des crêpes ! Ne t'inquiètes pas! C'est l'un des deux plats que je sais faire!"
Je le regardai, confuse.
Il se pencha vers moi et murmura : « L'autre plat ce sont les nouilles! »
J'émis un petit rire et recouvris rapidement ma bouche, c'était si bizarre de rire de nouveau. En dehors de la nuit dernière, c'était la première fois que je riais autant.
Jacob retira ma main de ma bouche.
"Non, tu dois rire." Je lui souris.
J'étais tellement à l'aise avec lui. Comment ais-je pu croire qu'il allait me faire du mal?
"Ok! Faisons des crêpes! Mais si elles deviennent vertes ou violettes , tu pourras avoir des céréales."
Je lui souris. Je pense que j'allais vraiment me plaire ici.
