«Je le jure! Je n'avais aucune idée que les crêpes pouvaient brûler! »
Jacob regarda misérablement ses crêpes qui s'étaient transformées en un morceau de charbon.
"Je ne pense pas qu'elles le sont , fils. Tu es juste un gros idiot auquel nous avons cru! " dit Billy.
C'était le père de Jacob, et j' avais fait sa connaissance juste avant que les crêpes ne commencent à brûler.
La cabane, où flottait un air joyeux, était si petite qu'il n'était pas la peine d'élever la voix.
J'étais tellement surprise, et pas seulement avec le fait que les «crêpes se soient transformés en boules de feu".
Billy s'en fichait. Je n'osais même pas penser à ce qui arriverait à Mme Cope, si c'étaient les crêpes d' Edward.
"On devrait peut-être s'en tenir aux céréales." dit Jacob en jetant un dernier regard aux "crêpes", avant de se tourner vers moi. J' hochai la tête.
«Bon, qu'est-ce que tu aimes? "
Je le regardai fixement.
J'avais le choix?
"Cornflakes? Ou des Rice Krispies? Ou ...?"
J'étais incertaine. Et si je répondais mal?
Je faisais confiance à Jacob sur le fait qu'il ne me ramènerait pas chez les Cullen. Mais si il ne m'appréciait plus? Et si je devenais trop ennuyeuse, me jetterait-il dehors?
Je réalisai que j'étais impoli en ne répondant pas à sa question, mais quand j'ai ouvert ma bouche ma gorge s'est serrée et je ne pouvais plus parler.
J'ai commencé à paniquer, j'ai porté mes mains à ma gorge. Je n'arrivais plus à respirer.
Génial, moi qui ne voulais pas avoir l'air idiote, je l'étais en fait.
« Hé, calmes-toi! C'est bon, c'est juste des céréales. »
Il se rapprocha de moi. Il posa une main sur mon épaule, tandis que l'autre frottait mon dos. Il se pencha pour pouvoir être à ma hauteur. Je n'avais pas remarqué qu'il était si grand.
Finalement ma respiration se calma.
«Ca va maintenant? "
J' hochai la tête, pas vraiment convaincue. Si cela était ma réaction pour le petit déjeuner, je n'imagine pas ce que ce serait si je devais lui dire ce qui s'était passé chez les Cullen.
"Peut-être devrions-nous faire quelque chose de moins stressant. Et il n'y a qu'une seule chose pour ça. Sais-tu ce que c'est? "
Il n' attendit même pas ma réponse, il me regarda rapidement avant d'annoncer: «Les jeux de société ! Et j'ai le Monopoly dans ma chambre!"
Je frottai mon bras nerveusement. Je n'avais pas joué au Monopoly depuis si longtemps. Comment pourrais-je lui demander de m'expliquer les règles?
Je frottai mon bras de plus en plus vite. Je devenais de plus en plus nerveuse. Je ne sais pas pourquoi, je pensais que le fait de le frotter me calmerait. Puis j'ai senti quelque chose qui me terrifia.
J'ai senti un métal froid sur mon poignet.
Je portais le bracelet tout le temps, je n'y avais plus fait attention jusqu'à maintenant.
Jacob a du réaliser que je ne le suivais pas car il vint à mes côtés. Tout ce que je sais c'est qu'une minute après j'entendais des cris et des «Bella! Bella! "
Il allait être blessé à cause de moi. C'était si idiot de ma part d'avoir oublié ce stupide bracelet. Il allait me retrouver et lui faire du mal. Edward Cullen le tuerait.
J'ai couru vers la porte pour sortir d'ici. Mais dans ma précipitation, j'avais oublié ce qu'il y avait à l'extérieur. Mais je pouvais faire confiance à ma mémoire pour me rappeler certains 'bons' souvenirs, à la vue de la forêt.
Dans le froid couché dans la cave.
Sentant la brûlure sur ma joue avant de frapper le sol.
Le regard dans ses yeux avant de me frapper.
Moi, en train de courir à travers la forêt pour sauver ma vie.
Je me suis immédiatement effondrée sur le plancher. Je ne m'étais jamais senti aussi faible, plus de force, même pour tenir une conversation avec une personne. J'étais lamentable, je ne pouvais même pas sortir.
Non, je ne pouvais pas.
Je me suis mise en boule et j'ai pleuré.
Je sentis la main de Jacob sur mon épaule, qui essayait de me calmer mais cela empira les choses. Il était si gentil et je mettais sa vie et son bonheur en danger.
Je ne le méritais pas.
Je fis une autre tentative, mais je me suis arrêtée à mi-chemin, pour finalement tomber maladroitement sur le sol.
Je savais ce qui m'attendait dehors, et mes jambes aussi.
Je n'irais nulle part.
J'ai donc fait la seule chose qui me restait; une tentative infructueuse et inutile pour quelque chose qui ne marcherait pas.
J'ai essayé d'arracher mon bracelet, mais Jacob m'en empêcha.
Il ne me posa pas de question, se leva et revint avec une boîte à outils et une épaisse planche en bois à découper.
Je me suis assise tranquillement. Mes larmes commençaient à diminuer, du moins pour l'instant.
Jacob avait l'air de savoir ce qu'il faisait. Il sortit un ciseau, qu'il coinça entre mon poignet et le bracelet. Le bracelet était serré, ce qui ne laissait pas beaucoup de place pour le ciseau.
Il déplaça le ciseau, mais après seulement quelques coups j'ai crié. Le ciseau frottait ma peau irritée. Il le retira soigneusement et le posa à côté.
«Bon ! On ne va pas tourner autour du pot.»
Il sortit une énorme paire de coupe-boulons de sa boîte à outils. Je l'ai reconnu car l'homme d'entretien de l'école s'en servait pour pouvoir ouvrir les casiers qui ne s'ouvraient plus, ou pour ceux qui avaient oublier leurs codes.
Le métal de la serrure était assez épaisse, mais cela ne m'étonnerait pas de la part d'Edward d'avoir utilisé un nouveau métal venu d''Asie ou d'ailleurs.
Le gars de l'entretien, lui, n'avait jamais du couper un cadenas sur le bras de quelqu'un.
J'ai dégluti en essayant de me rappeler que j'avais confiance en Jacob.
Il glissa les lames sur le métal autour de mon poignet, les positionna vers le bas, puis se mit debout au-dessus de moi. J'étais rassurée que les lames soient vers la bas. Bien que ce soient des lames courtes, elles pouvaient couper ma peau, et probablement mes os.
Je pris une profonde respiration.
"A trois ... Un, deux."
A deux, il appuya sur la poignée du coupe-boulons. J'ai sursauté un peu et regardé les lames. Elles avaient laissé une marque des deux côtés du bracelet. J'ai entendu Jacob gémir et il appuya à nouveau sur les poignées. Le métal semblait être coupé jusqu'à ce qu'il cède d'un coup, ce qui fit trébucher Jacob. Il retira le coupe-boulons du bracelet, tout en le maintenant fortement pour ne pas le faire tomber.
«Trois» dit Jacob avec un sourire narquois.
J'étais en colère contre lui pour m' avoir menti sur le fait qu'il ait coupé à deux, mais j'étais soulagée. Je tortillai ma main, la coupure ne m'avait laissé que quelques millimètres de plus.
Jacob sortit deux paires de pinces qu'il serra de chaque côté de la coupure et commença à les déplacer vers ma main et mon coude en même temps.
Cela prit un peu plus de temps que le coupe-boulons, mais j'eus rapidement assez de place pour retirer ma main du bracelet.
Un poids lourd s'échappa de ma poitrine. Avant, cette expression me faisait toujours rire, mais maintenant je savais ce qu'elle signifiait vraiment!
Ce moment fut de courte durée quand je compris qu'il pouvait encore marcher. Sans réfléchir je sortis un marteau de la boîte à outils. Je posai le bracelet sur la planche à découper en l'alignant soigneusement, pour ne pas rater mon coup.
Et j'ai frappé encore et encore pour me débarrasser de cette merde. Eh bien, je pensais que je l'avais fait. Je me suis écroulée, épuisée par mon accès de rage. Le bracelet avait seulement une petite éraflure. J'étais un peu déçue. Je pensais le transformer en un morceau de métal méconnaissable.
"Très bien! J'aime toute cette passion, mais qu'est-ce que ce bracelet a fait pour mériter ce traitement?"
Il avait un sourire enjoué sur son visage. Il n'avait aucune idée de quoi il s'agissait. Je devais lui dire, il marchait peut-être encore. Mais je ne pouvais pas lui briser le cœur. Comment pouvais-je lui dire?
Je ne voulais lui donner aucune information qui pourrait lui causer des ennuis avec les Cullen. C'est pourquoi j'ai choisi de ne pas parler du tout. Même si je disais certaines choses, je savais que je pouvais laisser échapper quelque chose d'important par accident à tout moment.
«C'est un dispositif de suivi. " dis -je d'un ton sec mais maladroit.
Jacob avait l'air choqué, je ne savais pas si c'était parce qu'il ne s'attendait pas à ce que je parle de cette façon, ou à cause de ce que c'était. Il devint pâle, et je sus que je n'aurais du rien dire.
«Il peut nous trouver. "
Sa voix était à peine plus haute qu'un chuchotement. Je n'étais même pas sûr de ce qu'il venait de dire.
Il ramassa le bracelet.
«Je dois me débarrasser de ça. "
J' hochai vigoureusement la tête.
«Je reviens tout de suite."
J'ai saisi son bras. Je réalisai à peine ce que je faisais, mais il pouvait lire sur mon visage "Ne me quitte pas."
«Je serais de retour dans 20 minutes, il y a une plage à quelques minutes d'ici qui doit être à marée basse maintenant. Le courant l'emportera.».
La seconde suivante, il était parti. J'ai entendu le bruit d'un moteur. Je ne savais pas qu'ils avaient une voiture.
Abasourdie, je suis allée dans la salle de séjour pour m'asseoir. J'avais complètement oublié Billy jusqu'à ce qu'il parle.
"Je suppose que je dois te dire pourquoi nous sommes ici. "
Je levai les yeux vers lui, réalisant que j'avais de la compagnie.
Merde, je n'avais pas l'habitude d'être dans un endroit si petit après avoir vécu dans le manoir des Cullen.
«Tu vois, nous n'avons pas toujours vécu ici, c'était notre« retraite boisé »comme Jacob aimait l'appeler. Nous avons passé beaucoup de temps ici.; c'était l'endroit préféré de ma femme dans ce monde. Mais, la mère de Jacob a eu un accident de voiture. "
Il fit une pause. Il avait un froncement de sourcils sur son visage et fixait le sol avec une telle intensité que je m'attendais à ce qu'il fasse apparaître des flammes ou quelque chose dans ce goût là.
«Je ne savais pas quoi faire. Je ne voulais pas travailler, cuisiner, nettoyer, rien du tout. Tout cela était inutile."
Sa voix était douce et tranquille; à moins d'être sourd, on pouvait entendre la douleur dans sa voix. Son changement de voix me surprit, monotone et sans vie, comme si il récitait les causes du froid dans un documentaire, au lieu de parler de sa vie.
"J'ai perdu mon emploi car je n'y allais plus. Nous avons dû tout vendre. Jacob a du abandonner l'école, mais je ne pouvais pas vendre cet endroit. Nous avons déménagé ici, la seule chose qui nous restait. J'ai été obligé de couper du bois de chauffage pour de l'argent. Cela m'était égal, la douleur physique me permettait d'oublier ma peine intérieur. Jusqu'au jour où j'ai basculé vers l'arrière avec la hache, j'ai heurté un tas de bois et tous s'est effondré derrière moi. Mes vertèbres inférieures ont été brisé et j'ai fini dans une chaise roulante."
Il prit une autre respiration profonde.
«Jacob a commencé à travailler, je me sentais fautif à ce sujet. J' en ai détesté chaque seconde. J'étais son père et je devais subvenir à ses besoins. Tous ces problèmes étaient de ma qu'il en soit, les Cullen sont venus. Ils voulaient acheter ma terre. C'était une offre incroyable, mais je ne pouvais pas quitter cette maison. Vendre la terre qu'elle aimait tant. Ils nous ont fait une proposition, nous leur donnions la terre, et en retour ils payaient l'électricité, la nourriture et donnaient de l'argent pour nos autres besoins. J'ai accepté l'offre sans réfléchir. Maintenant je le regrette."
«Nous comptons sur les Cullen pour survivre. Sans eux, nous n'avons pas de maison, pas d'argent. Aussi le fait que nous vivons sur« leurs terres » signifie que nous devons respecter leurs règles."
Il marmonna quelque chose avant de continuer.
"Comme tu peux le voir, les Cullen sont des gens très puissants. Le fait d'avoir autant d'esclaves le prouve. Si nous trahissons la confiance des Cullen, nous pouvons dire au revoir à notre maison."
«Tu as du probablement te demander pourquoi nous n'avons pas appelé les flics. Eh bien, je pense que les "meilleurs amis" des Cullen sont dans la police. Oh, et n'espère pas que tes parents te recherchent, les Cullen ont du trouver quelqu'un pour les faire taire. "
Je fus choqué pas son manque de tact. Seraient-ils à ma recherche? Probablement. En parcourant le pays? J'espère que non.
"Tais-toi papa, tu lui fait peur."
Je me suis tournée, et aperçue Jacob, debout derrière moi.
"Ne t'inquiètes pas, c'est fini maintenant. "
J'aurais voulu pousser un soupir de soulagement comme avant, mais je ne pouvais plus maintenant. Maintenant, je savais que je mettais en danger ces personnes qui m'avaient accueilli et pris soin de moi.
C'était mon deuxième jour, j'étais supposée être enfermé dans le sous-sol. Edward était-il déjà venu vérifier?
«Nous partons papa. C'est notre unique chance. "
Le visage calme de Billy vira au rouge en une seconde.
"Pas question! Je ne vais pas m'enfuir à cause de ces stupides idiots! Ils ne me forceront pas à quitter ma maison! Qu'ils essaient."
«Papa, nous devons partir d'ici! Je ne peux pas te laisser seul! Partir est notre seule chance. "
Jacob parlait d'un ton ferme.
"Je ne suis pas un vieux! Je peux prendre soin de moi. Qu'ils essaient de me frapper."
Billy sortit un long fusil à deux-coups qui se trouvait sous son fauteuil. Il vérifia que les deux barillets soient équipés chacun d'une cartouche avant de fermer son fusil d'un coup sec.
Jacob le jaugea un moment, puis soupira.
"Bien! Mais si tu te fais tuer ...» dit Jacob d'un ton menaçant.
Billy se moqua et ouvrit encore le fusil, afin de montrer les cartouches d'une couleur or brillante.
Puis, il le remit sous son fauteuil.
Jacob attrapa ma main et m'emmena dans la chambre. Il sortit un sac noir déchiré , et vida ses tiroirs pour le remplir. Tout entra, il avait peu de vêtements. Peut-être qu'ils n'aimaient pas dépenser l'argent des Cullen.
Il me traîna dehors, et fit m'asseoir du côté passager dans la voiture, et jeta son sac sur le siège arrière.
«Couche-toi», me dit-il. Nous étions en plein jour, et je n'étais pas à l'aise. J'aurais préféré qu'il fasse plus sombre pour pouvoir nous cacher. Nous roulions lentement sur un sentier. Je savais que c'était un sentier, étant donné que nous étions dans une forêt épaisse. Il n'y avait pas d'autres choix.
Le chemin ne devait pas être beaucoup utilisé vu les nombreuses branches qui tombaient.
Nous atteignîmes la route principale, et j'ai poussé un soupir de soulagement, plus de bosses.
On les sent beaucoup quand on est assis sur le plancher.
Une fois sur la route principale, Jacob accéléra. Je commençais juste à me détendre quand j'entendis un "oh merde", et vu Jacob appuyer sur l'accélérateur.
J'ai commencé à paniquer.
J'ai entendu un autre "Merde!" mais plus fort, et le crissement de freins, avant de percuter l'avant de la voiture.
Etre sur le plancher était finalement une mauvaise idée.
J'ai du m'évanouir quelques secondes, car je fus réveillée par un coup de feu.
J'ai cessé de respirer.
C'était le silence total, jusqu'à ce que ma porte soit violemment ouverte.
