EPOV

Je ne sais pas pourquoi j'ai pensé à Sasha dès que j'ai claqué la porte sur Isabella.

En fait, ce n'est pas vrai. Je me souviens vaguement d'un cours de psychologie au lycée où ils parlaient de ça. Ils disaient que si vous passiez un bon moment avec quelqu'un et que vous êtes en train de boire un Coca-Cola par exemple, alors la prochaine fois que vous prendrez un Coca vous repenserez à ce moment. Cependant, cela devait être un souvenir très fort.

Je me demande si cela était la même chose pour les mauvais souvenirs.

Tout ce que je sais, est dès que j'ai claqué la porte, je voyais le visage de Sasha avec son regard torturé.

Regard dont j'étais trop stupide et naïf pour comprendre.

Sasha avait été ma première esclave, pour ainsi dire. Carlisle me l'a donnée quand il a commencé «son évolution». J'étais trop jeune pour comprendre pourquoi il devenait de plus en plus distant et dominant. Je m'en fichais, j'avais Sasha.

Elle était avec moi durant l'école secondaire, de 13 à 18 ans. Elle m'a vu changer, comme j'ai vu changer mon père.

A16 ans, mon père a commencé à m'apprendre des choses, à me montrer l'exemple. Quand j'agissais comme lui, j' avais en retour un sourire, si on pouvait appeler ça un sourire, que je n'avais eu depuis des années. Il m'a enseigné que les esclaves étaient faites pour des gens comme nous, qu'elles étaient fragiles mais très facile à remplacer.

Pour une fois, je n'étais pas le plus faible. Mes deux frères aînés étaient trop faibles et effrayés pour endosser le rôle que notre père nous donnait.

Ils s 'étaient adaptés. Je ne pense pas que Carlisle leur aurait permis de rester dans la maison si ils n'étaient pas d'accord.

J'ai traité Sasha comme mon père le souhaitait, avec beaucoup d'autorité, peu de sympathie.

Je suis devenu une personne différente, avec une nouvelle garde-robe et une chambre, qui correspondait mieux à ma nouvelle personnalité.

Finalement, Sasha est tombé amoureuse de moi. Je pense qu'elle avait peur de moi pour montrer ou dire quoi que ce soit. Mais je le savais. Je pense qu'elle appréciait même mon autorité.

Cependant, elle agissait d'une façon que je ne comprenais pas, quelques regards peiné ou peu de réponses, mais surtout sa mort.

Non! Je ne vais pas repenser à ça. Je me l'étais promis avant que de claquer la porte sur Isabella. La dernière fois que j'avais claqué cette porte, c'était la dernière fois où j'avais vu Sasha.

Des choses terribles arrivent lorsqu'on ouvre cette porte.

Isabella était dans la cave depuis une nuit. Cela ne devait pas être aussi terrible que je l'imaginais. J'imagine toujours le pire à cause de mes douloureux souvenirs.

Je me demande combien de temps devrais-je la laisser là ?

Pas assez longtemps pour mourir, son attitude a prouvé combien il est difficile de briser des esclaves, et je ne souhaite pas revivre tout ça maintenant avec une autre.

J'ai regardé ma chambre, une nuit et elle était déjà en désordre.

J'ai soupiré.

J'allais être obligé de la laisser sortir à cause de mes sales habitudes.

Je pouvais toujours utiliser la nuit dernière comme un avertissement, au cas où elle me désobéirait à nouveau.

Un dernier regard dans ma chambre, et j'en fus convaincu.

Je descendais les marches tranquillement et alluma la lumière. Je pris une profonde respiration avant d'ouvrir la porte.

Je saisis fermement la poignée et poussa la porte si violemment qu'elle percuta le mur.

Je fus accueilli par le silence et le plus grand choc de ma vie.

De mauvaises choses arrivent quand vous ouvrez cette porte.

Elle s'était échappée.

Putain, je ne pouvais pas croire qu'elle se soit échappée.

Je donnais un coup sur l'écran de l'ordi. Putain, pourquoi est-il si lent?

Après ce qui semblait une éternité, je trouvai la page qui me montra l'endroit exact où se trouvait Isabella.

Elle n'était pas trop loin, mais j'allais quand même prendre la voiture. Plus vite j'y serais, mieux ce sera. Je devrais certainement la mettre dans le coffre, je doute qu'elle revienne de son plein gré.

J'ai sauté dans la voiture avec mon ordinateur portable afin de suivre les mouvements sur l'écran. Elle était complètement stupide de penser qu'elle pouvait me fuir.

A un moment, je ne pouvais plus conduire avec ma voiture. Je l'ai garé et continué à pied.

Le point se déplaçait vers la plage. Arrivé là, je me suis caché derrière les arbres et jeta un coup d'oeil.

Elle était vide, aucun signe d'Isabella, je ne voyais personne. J'allais me déplacer lorsqu'un mouvement attira mon attention.

C'était sur la falaise, je distinguais la forme d'un homme. Il jetait quelque chose, que je ne pouvais distinguer, dans l'eau.

La carte sur mon écran avec le point disparut et fut remplacé par "Erreur de serveur: Connection perdue".

J'ai claqué le couvercle et mis l'ordinateur sous mon bras. Je ne sais pas qui était ce gars, mais il était avec Bella.

Il disparut dans la forêt, sur la falaise.

Je l'ai attendu en bas. Finalement, au bout d'une heure, il surgit de la forêt d'un pas pressé.

Je n'allais pas rester là à admirer le paysage.

Je maintenais une bonne distance entre lui et moi, juste assez pour le garder bien en vue. La dernière chose que je voulais était qu'il sache qu'il était suivi. Ce qui était difficile vu la densité de la forêt.

Il se dirigeait vers une petite cabane en bois.

Comme c'est charmant !

J'étais content d'être enfin arrivé, j'avais l'impression d'avoir parcouru des kilomètres.

J'ai rapidement fait le tour de la maison, repérant les portes et fenêtres.

Je me suis faufilé sur le côté de la maison pour essayer de les entendre, mais les murs étaient trop épais. Je me suis donc rabattu vers une fenêtre.

Les sons étaient étouffés et je devais rester attentif pour entendre quelque chose. Je n'ai pas eu à attendre longtemps. Dès que je les ai entendu partir, j'ai couru jusqu'à ma voiture. Il ne pouvait prendre qu'une seule route pour rejoindre l'autoroute et j'allais les rattraper avant. La route était très, très calme et je ne pense pas que je rencontrerai d'autres conducteurs.

Arrivé à ma voiture, je n'arrivais plus à agir assez vite. J'étais agacé de ne pouvoir trouver les clés ou de m'asseoir correctement. Je n'ai même pas penser à mettre ma ceinture de sécurité.

Je pris la route avant l'autoroute, mon pied à plat sur l'accélérateur. Elle était en bien meilleur état que celle qui mène à la cabane.

Quand j'ai vu la distance diminuer, j'ai appuyé plus fort. Ils seraient seuls sur cette route.

Je savais qu'il m'avait repéré car il avait accéléré. C'était une blague. En aucun cas, cette vieille voiture pouvait battre ma voiture.

J'ai roulé sur le côté de la route et tourné afin de lui barrer la route.

Ses freins crissèrent.

J'ai sauté de la voiture avant qu'il ne fasse marche arrière et arracha sa portière. Je l'ai attrapé par son t-shirt et l'ai jeté sur la route.

J'ai ensuite sorti le pistolet de ma poche arrière. Le porter là toute la journée avait été désagréable, mais rien que pour ce moment cela en valait la peine.

Son regard alla du fusil, à la voiture derrière lui.

"Tu ne peux rien faire pour elle. Essaie au moins de te sauver. "

Il regarda le fusil, puis la voiture une dernière fois avant de s'enfuir vers les arbres sur le bas côté de la route.

Je l'ai laissé courir environ une seconde avant de tirer sur la gâchette, comme au jeu du chat et de la souris.

J'ai souri en le voyant tomber. Sans un regard, je me suis précipité vers la voiture et arracha la porte du passager.

Là, recroquevillée sur le sol, j'ai vu ce que j'avais cherché toute la journée.