Deuxième partie de l'OS Nurse Beckie toujours co-écrit avec Madoka-Ayu, n'oubliez pas que nous sommes deux dans les reviews ! Merci pour vos nombreux retours sur la partie 1. Vous allez nous détester à la fin…mais on reviendra…peut être !

Kate

J'étais partie assez précipitamment car si j'étais restée une seconde de plus, je n'aurais pas pu résister. Déjà j'avais été trop loin lorsque j'avais voulu rafraîchir Rick qui était en sueur, cela ressemblait plus à des caresses qu'autre chose. Des idées pas toutes très catholique avaient envahies mon esprits lors de mes soins. Je m'étais imaginée tant de choses avec son corps, lui à ma merci, j'aurai voulu en profiter mais cela n'était pas correct malgré ce qu'il m'avait dit… « Mon corps est entièrement à toi comme tout le reste ». Cette phrase m'avait vraiment bouleversée, je savais bien depuis le début qu'il me désirait mais au fil des années, j'avais vu une évolution, il était passé de coureur à célibataire endurci, depuis sa rupture d'avec Gina il y a de ça plus d'un an, je ne lui avais pas connu d'autres femmes dans sa vie, mise à part…moi… Je me mordis les lèvres en repensant à sa déclaration. Comme d'habitude j'avais évité le sujet en prétendant ne pas me souvenir mais cette déclaration m'avait chamboulé le cœur, j'étais heureuse mais j'avais une trouille atroce. Je soupirais première nuit et déjà, j'avais une furieuse envie d'aller le rejoindre lui arracher ses vêtements et lui faire l'amour avec passion mais je devais me contrôler, c'était une torture mais je devais me contrôler pour ne pas tout gâcher, J'avais besoin de temps encore oui juste encore un peu…

Après cette très courte nuit qui avait été peuplée de rêves plus torrides les uns que les autres, je me levais en age, mon corps était bouillant comme si j'avais chopé la fièvre de Castle sauf que ce n'était pas le même genre de fièvre qui avait envahit mon corps je me levais bien décidée à refroidir mes ardeurs. J'ouvris la porte de la chambre et courais jusqu'à la salle de bain que j'ouvris sans penser qu'elle pouvait être occupée à cette heure si matinale :

- Castle ! Il se retourna encore une fois à moitié nu heureusement pour mon salut il semblait ne pas avoir pu enlever son caleçon mais après mes rêves de la nuit même torse nu cela suffisait à me mettre dans un état second.

Nos regards se fixèrent un long moment, j'essayais de me détourner mais c'était plus fort que moi. J'avançais vers lui comme hypnotisée, mon cerveau ne contrôlait plus rien, juste mon désir…

Mais contre tout attente, il tourna le regard en souriant, je me stoppais qu'est ce qui le faisait sourire ? Un peu agacée ou frustrée au choix je lui demandais.

- Qu'est ce qui vous fait sourire ainsi ?

- Vous ! J'ouvris les yeux en grands et la bouche avec. « Moi » avait il ressenti le désir qui émanait de moi ? Remarque cela aurait été difficile de ne pas le ressentir tout mon être l'appelait. Mais pourquoi s'en amusait-il ?

- Je suis si amusante sans rien faire ?

- Je veux dire pas vous par vous-même mais votre tee shirt c'est amusant que le hasard ait fait que vous preniez celui là ! Me répondit-il en riant. Je baissais les yeux sur le tee shirt que je portais et souris à mon tour. Oui c'était amusant que le hasard ait fait que le premier tee shirt que je prenne soit un à l'effigie de Nikki Heat. C'était assez drôle et je me mis à rire aussi.

Au bout de plusieurs minutes d'hilarité, le silence reprit place dans la pièce. Il me regarda intensément, une ombre traversa et s'y installa pour assombrir ses iris bleus.

Mon désir toujours présent en moi s'accentua, je déglutis et après un effort surhumain je parvins à maîtriser et balbutiais.

- Vous…comment vous avez fait pour arriver à vous lever seul.

- Pas compliqué ça, j'ai mon ange gardien qui avait placé mon fauteuil juste à coté de mon lit et comme il a eu la bonne idée de bloquer les roues, je ne me suis pas retrouvé le cul par terre et comme j'étais déjà torse nu ça m'a facilité la chose! Je lui souris.

- Bien mais pourquoi n'avoir pas appelé ?

- Parce que vous avez besoin de sommeil ! Je ne voulais pas vous réveiller et bon c'est un peu gênant quand même.

- Il ne faut pas vous sentir gêné comme ça, je suis là pour vous assister jusqu'au retour d'Alexis et Martha !

- Oui bien sur et je vous en remercie mais comment dire là …c'est… euh… enfin… pour…la euh toilette de euh… Il se racla la gorge puis lança un coup d'œil à son caleçon. Je compris où il voulait en venir. Me mordant la lèvre inférieure nerveusement.

- Oh ! Euh oui en effet, cela est un peu compliqué… Je l'observais un moment puis il se racla la gorge à nouveau.

- Euh vous avez la salle de bain d'Alexis si vous voulez… Je pris conscience enfin que cela faisait au moins cinq minutes que je le fixais d'un regard sombre. Je sortais précipitamment non sans renverser la corbeille de linge propre près à être repassé posée sur la commode.

- Zut ! Je repliais le linge soigneusement, mon partenaire vint m'aider, il se baissa comme il le pouvait de son siège malheureusement en même temps que moi et nos fronts s'entrechoquèrent.

- Outch ! Nous redressâmes la tête en même temps et là encore nos visages à quelques centimètres l'un de l'autre, son souffle sur ma joue, m'électrisait. Mais mon Dieu arrêtez cette torture, je ne vais pas passer le week end encore une nuit et deux longues journées à durer, je serais morte de frustration ou par combustion, carbonisée de désir.

- Bon appelez dès que vous avez fini ! Dis-je laissant le linge restant au sol et sortant de la salle de bain.

- Je ramasserais le linge plus tard. Lançais-je en refermant la porte derrière moi. Une douche froide et de toute urgence surtout.

Après dix minutes sous un jet glacé, c'est grelottante que je tournais le bouton d'eau chaude enfin, gémissant de bien être sous le jet brûlant. Puis commençais à me laver prenant mon gel douche à la cerise que j'avais entreposé ici lors de ma douche d'hier. Je souris en pensant qu'il adorait cette odeur. Depuis qu'il m'en avait fait la remarque je n'en avais pas changé. J'avais beau prétendre le contraire mais tous ses compliments, ses attentions me faisaient vibrer. Car j'avais eu des prétendants mais jamais aucun n'avait eu de comportement si attentionné envers moi, il précédait le moindre de mes désirs, à chaque fois que j'avais eu envie de quelque chose il avait était là. Avec un café, un beignet, des fleurs et mieux encore sa présence perpétuelle lorsque je n'étais pas bien. Pourquoi ne pas nous laisser une chance dans ce cas parce que justement je ne voulais pas perdre tout ça, son amitié si précieuse mais à force de le faire languir n'allait-il pas se lasser de moi. Après tout aussi amoureux qu'il soit, il restait un homme avec ses besoins, un homme qui avait besoin de tendresse, d'amour, surtout d'amour, oui il le méritait tant. Je me sentais cruelle de ne rien lui donner en échange de toute cette dévotion. Je ne méritais certainement pas tout cet amour qu'il avait pour moi. Pourtant j'avais vraiment envie d'être avec lui il était le seul qui me faisait perdre pied et c'était bien là le problème certainement en plus du fait que l'affaire de ma mère hantait toujours mon esprit. Je ris « fausse excuses ma petite, tu es juste une handicapée des sentiments qui a peur de s'investir dans une relation sérieuse et d'en souffrir ». S'il lui arrivait quelque chose à lui aussi, comment ferai-je pour me sortir, je ne le supporterai pas. Mais pourquoi perdre du temps la vie est si courte au final que je sois avec lui ou pas, je l'aime comme une folle alors qu'elle risque je prenais ? De l'aimer encore plus, de me perdre… Je soupirais. Me perdre par moment j'avais déjà cette impression, ne pas savoir qui je suis…

Je finis par sortir de la douche me séchais puis m'habillais avec des affaires propres de mon sac, je réfléchissais, il fallait que je rentre chez moi pour récupère d'autres affaires de rechange ainsi que des vêtements pour la nuit de samedi à dimanche.

En sortant dans le couloir je constatais que Rick n'était toujours pas sortit de la salle de bain. Je frappais donc à la porte.

- Castle ça va ?

- Euh oui oui, petit problème technique rien de grave !

- Comment ça un problème technique ? J'entre !

- Non je… J'entrais et cette fois mon sang se figea puis s'évapora de mes veines sous l'effet de la chaleur qui envahissait mon corps. Il était entièrement nu se débattant avec son boxer qu'il tentait de remettre. Je déglutis, soufflant tentant de reprendre mes esprits mais cela était vraiment plus que difficile mes yeux s'étaient fixés sur ses fesses, il me tournait le dos à présent mais en entrant j'avais pu apercevoir son… Mon Dieu comment arriver à me maîtriser maintenant.

- Euh lieutenant, ça me dérange pas ce regard plein d'envie sur mon corps d'apollon mais à moins d'aller jusqu'au bout de vos intentions, un peu d'intimité serait pas mal ! J'ouvris la bouche, je n'arrivais pas en croire son audace comment pouvait il dire cela, on se cherchait régulièrement, se tournait autour, on s'allumait mais depuis quelques temps cela se faisait de manière bien plus subtile. Il n'avait pas été aussi direct depuis les premiers débuts de notre relation à moins que… A moins qu'il veuille me faire passer un message.

Je finis par sortir à contre cœur, entendant un long râle derrière mon dos, je compris que j'avais vu juste dans mes théories. Me mordant les lèvres, je soupirais cela devenait une habitude les soupirs de frustration, j'allais finir par imploser.

J'allais préparer le petit déjeuner et après une dizaine de minutes, mon écrivain m'appela, j'allais l'aider à descendre les escaliers me délectant de son odeur exquise. Je le regardais il n'était pas rasé et ce coté un peu négligé lui donnait un air encore plus attirant, comme lors de notre rencontre.

Arrivés en bas, je l'assis sur une chaise et repartis chercher son fauteuil. Ceci fait il se rassit dedans avec mon aide. Puis je nous guidais jusqu'à la cuisine. Je m'affairais à préparer, le petit déjeuner, je décidais donc de mettre en place tout ce qu'il me fallait sur le plan de travail.

- Qu'allez nous nous faire de bon ?

- Au choix, Pancakes ou gaufres ?

- Woo pancakes, les gaufres c'est à moi de vous en faire…un jour peut être…Me dit il sur un ton rêveur. Je lui souris et commençais ma préparation.

- Vous pouvez préparer le café ?

- Bien chef ! Je souris, lui tendant un broc d'eau pour remplir la cafetière ! Il me la prit et rempli la machine se hissant un sur se hissant sur son bras valide sans avoir oublié de bloquer les roues,

- Ca va vous y arrivez ?

- Oui sans problème du moment que j'ai un appui ! Je l'observais un moment ses gestes étaient un peu désordonnés dû à son équilibre précaire et je m'en amusais. Pendant que moi je m'affairais à battre ma pâte, la battant avec vigueur. Je le vis finir de préparer le café puis il se rassit dans son fauteuil et prit deux assiettes deux tasses et des couverts qu'il posa sur ses genoux puis se dirigeant vers la table qui dressa pour le petit déjeuner. Je pensais immédiatement à un couple de jeunes mariés préparant leur petit déjeuner. Cette pensée me fit rougir, pour se marier il faut déjà être un couple. Pour ça je devais y mettre du mien et cesser de fuir.

- Kate ? Je sursautais au son de la voix de mon partenaire. Je me tournais ver lui et le regardais il tenait des fruits dans ses mains.

- Ca vous ferait envie ? J'acquiesçais il prit donc un couteau se hissa de nouveau hors de son siège et entreprit de peler des pommes, éplucher des oranges et équeuter des fraises puis il coupa les fruits en dés, qu'il entreposa dans un saladier. Je le regardais faire fascinée par la situation. Décidément préparer le petit déjeuner avec lui était un plaisir. Je pensais que j'en prendrai vite l'habitude.

Se sentant observé certainement, il tourna la tête vers moi et me fit un sourire si tendre qu'il me fit bondir le cœur hors de ma poitrine. Je lui en rendais un gênée et me remis à la tache.

Lorsque tout fut près nous déjeunâmes en silence mais pas un silence pesant mais reposant, j'étais dans une bulle d'allégresse, heureuse… Je pinçais mes lèvres heureuse alors que nous n'étions même pas encore un couple…Je m'imaginais cette scène chaque matin avec des baisers torrides et des petits déjeuners souvent interrompus par des ébats passionnés de par notre désir plus fort que tout…Je soupirais puis secouais la tête comment ça pas encore en couple, j'envisageais vraiment quelque chose avec Rick …

- C'est les meilleurs pancakes du monde, j'en mangerai des comme ça tous les matins, ils… Arrêtant sa phrase, il réalisa ce que sa phrase pouvait avoir comme double sens. Il semblerait que mes pensées étaient partagées comme souvent. Un nouvel échange visuel eut lui entre lui et moi, intense comme toujours. Il s'approcha de moi, caressant ma joue, je fermais les yeux. Sentant son visage approcher du mien, je me tendais, le cœur battant la chamade.

Je devais faire quelque chose mais je n'y parvenais pas et lorsque ses lèvres entrèrent en contact avec les miennes, je chavirais totalement, je me retins à son bras, pour ne pas tomber de ma chaise mais alors que sa langue passait sur mes lèvres pour demander un accès plus approfondi, je finis par rompre le contact en me levant débarrassant la table, j'entreposais la vaisselle dans l'évier. Et me retournais vers lui et constatais qu'il avait baissé la tête tristement fixant un point invisible. Je l'avais encore blessé en détournant le regard.

- Castle ! Il leva la tête vers moi, le visage défait. Je soupirais.

- Je vais rentrer récupère des affaires, je reviens, laissez tout en plan je m'en occuperai à mon retour.

- Hum…Ok ! Fut tout ce qu'il me répondit. Je me dirigeais vers la porte afin de sortir, il m'interpella

- Prenez les clés. Je m'exécutais et en ouvrant la porte du loft sans me retourner je dis :

- Bientôt Castle, je te le promets. Et je refermais la porte derrière moi, bouleversée par ma propre phrase.

Rick

Elle était partie maintenant depuis quelques minutes, mais j'étais resté, je n'avais pas bougé d'un millimètre comme si les derniers mots qu'elle avait prononcés avaient généré une paralysie en moi, de tout mon corps et mon être. Mes pensées quant à elles étaient littéralement affolées. Son message semblait pourtant clair, mais je ne savais pas sous quel registre le lire. En même temps elle me laissait entrevoir une possibilité, mais encore et toujours elle n'était pas prête, me demandait du temps.

Pourtant si je revenais sur nos dernières heures, je ne l'avais jamais sentie si vulnérable, si tiraillée dans ses actes ou du moins c'était la première fois qu'elle se montrait sous ce jour là. A de nombreuses reprises j'avais, vu, senti, compris qu'elle était attirée par moi et qu'elle voulait que nous bâtissions quelque chose ensemble. Hier soir alors que nous nous embrassions elle avait réussi à mettre un terme au baiser, avant que tout retour soit impossible à franchir pour nous. Si nous avions été plus loin, nous n'aurions pas été en mesure de nous arrêter. Le désir était trop fort pour être tu lorsque enfin on lui laissait une occasion de s'exprimer.

Je faisais l'inventaire mental de tous les moments particuliers que nous avions eu depuis que nous étions entrés au loft hier. Déjà dans la vie quotidienne nous avions de nombreuses situations comme celles-ci, mais là les occurrences augmentaient. Et il m'était de plus en plus difficile de ne pas céder, d'arrêter de me retenir sur ce que je ressentais pour elle. Si le faisais encore à l'heure actuelle, c'était par pudeur, mais surtout pas respect pour elle. Je la respectais comme aucune autre personne sur terre. Au point d'encaisser en silence ses fuites, ce qu'elle pouvait me cacher, au point même d'avoir supporté qu'elle partage sa vie avec d'autres alors qu'elle n'était pas heureuse dans ces relations.

Je me souvenais d'une discussion que j'avais eue avec Alexis il y a quelques temps. Ma fille très éprise de son ami Ashley m'avait demandé ce que c'était l'amour. Je lui avais répondu en disant qu'évidemment au départ il y avait certainement une attirance physique ou psychologique, quelque chose qui attirait chez l'autre personne. Mais qu'ensuite, il y avait plus. L'amour c'était la complicité, ces moments que l'on pouvait partager à deux, comme seuls au monde, souhaitant que le temps s'arrête le temps d'une journée, d'une nuit, d'une vie. Et l'amour enfin avais-je fini, c'était respecter la personne que l'on aimait. Plus que soi même, ériger le bonheur de cette personne en priorité suprême, car son bonheur finirait par être le nôtre. Tout ce que j'avais dit à Alexis était ce que je ressentais pour Kate. Elle m'avait d'abord attiré physiquement et c'était largement encore le cas. Mais au-delà de son enveloppe charnelle à damner un saint, il y avait autre chose. Tout en elle faisait chavirer mon cœur.

Ne la sachant pas disponible, j'avais essayé de l'oublier, de la chasser de mon cœur. Mais alors même que j'étais avec Gina et elle avec Josh nous revenions l'un vers l'autre, encore plus qu'avant ; habités d'un sentiment qui au lieu de ternir brillait de mille feux. Car l'amour était cela aussi totalement irrationnel.

Je ne savais que ressentir, j'étais troublé. Elle m'avait demandé de l'attendre. Je l'avais déjà attendu ; mais je savais que je l'attendrai à vie même si c'est ce dont elle avait besoin. Je ne pouvais pas lui promettre que je ne céderai pas à la tentation avec d'autres femmes, mais elle serait charnelle et éphémère car mon cœur n'avait qu'une seule habitante : Katherine Beckett.

Penser à elle suffisait à faire battre mon cœur plus vite, étirer un sourire sur mes lèvres, me sentir plus grand, plus fort. Elle était devenue l'air nécessaire à ma vie. Bien que pestant d'être dans un fauteuil roulant je me délectais des moments privilégiés que je pouvais passer avec elle durant ce week-end. Je ne la forcerai pas mais j'étais décidé à lui montrer ce que pouvait être la vie avec moi, Richard Alexander Rodgers et non pas avec le pâle playboy Rick Castle que j'avais pu être avec elle au début.

Après cette introspection dans mes ressentis je décidais de faire ce que je faisais le mieux : désobéir aux ordres de Kate. Elle m'avait demandé de laisser la cuisine en l'état mais je préférais ranger pendant qu'elle n'était pas là. J'étais mal à l'aise à l'idée qu'elle sacrifiait un de ses rares week end libres pour s'occuper du malade pénible que j'étais. Si au moins je pouvais ranger cette cuisine, je me sentirai déjà mieux. Je réussis en étant très prudent à faire place nette, bloquant les roues de mon carrosse afin de ne pas me retrouver les fesses par terre quand cela était nécessaire. Je mis un temps considérable pour faire ce qu'un individu valide aurait accompli en moins de dix minutes. Cependant j'en retirais une certaine satisfaction et je m'autorisais à penser voire espérer que Kate en serait contente, voire fière et que peut être aurais-je le droit à un baiser de récompense. On redescend sur terre cow-boy me dit ma voix intérieure. Cette phrase aurait pu sortir tout droit de la bouche de Kate, mais c'est ma conscience qui parlait à cet instant.

Ma muse n'étant toujours pas rentrée, je me décidais à aller dans mon bureau pour mener une de mes activités préférées : l'écriture. Je n'avais qu'une main valide, mais tout était encore possible. Et puis je sentais mon imagination aussi débordante que la fièvre d'hier soir. Là encore les nombreuses scènes avec Kate étaient de véritables stimuli et je prévoyais une séance d'écriture assez frénétique. Plus que jamais je l'avais dans la peau et j'allais adorer écrire sur son personnage fictionnel qui avec le temps se rapprochait de plus en plus de la réalité.

Kate

J'étais en route pour le loft après avoir pris tout ce dont j'avais besoin. Je souris en repensant au petit extra que j'avais mis dans mon sac. Bientôt avais je dis, oui mais ce bientôt serait peut être là plus tôt que je ne l'aurai imaginé. J'avais fais le point sur mes sentiments durant cette séparation et le manque de lui m'avait frappé. Plus le temps passait et moins j'arrivais à me passer de sa présence. En fait je n'y parvenais plus du tout. Quant à cacher mes sentiments cela devenait impossible. Ce week end serait peut être un tournant pour nous, une évolution dans notre relation. Je me pinçais les lèvres pensant que dans son état nous serions chastes mais plus tard…Je soupirais je devenais vraiment de plus en plus obsédée, je repensais à la scène de la douche, j'avais eu le temps à mon grand bonheur d'apercevoir une chose des plus intéressantes, vantant la suite de notre aventure, je me mordis les lèvres fortement d'envie, sentant une vague de chaleur m'envahir. J'ouvrais la fenêtre et éteignais le chauffage il faisait subitement très chaud dans l'habitacle.

J'arrivais devant l'immeuble de Castle, saluais le gardien et décidais de monter les étages à pieds histoire, de refroidir mes ardeurs.

Arrivée devant la porte malgré le fait que j'avais les clés je frappais puis entrais.

- Castle ? Me revoilà ! Pas de réponse. Je déposais mon sac à l'entrée et constatais que la porte de son bureau était entre ouverte. Je la poussais légèrement et le spectacle qui s'offrait à moi était magique. Le grand Richard Castle en pleine fièvre créatrice une expression sur le visage que je ne lui connaissais pas. Il était tellement concentré qu'il n'avait pas remarqué ma présence. Dans son monde je pouvais comprendre par ses expressions les scènes qu'il écrivait, il était tout bonnement magnifique. Je me pinçais les lèvres le cœur battant je reculais de plusieurs pas pour ne pas le déranger et j'entrepris d'aller ranger mes affaires.

Cela fait j'allais dans la salle de bain de Castle pour ranger mes bêtises mais constatais que cela avait déjà été fait. Je secouais la tête, décidément il n'était pas raisonnable, je riais en pensant que ses fesses avaient encore fait office de pieds. Je descendais pou ranger la cuisine là encore il avait tout rangé, je commençais à me demander s'il avait besoin de moi. Mordant mes lèvres je pensais qu'il y a certainement plein de choses pour lesquelles il avait besoin de ma participation. Je secouais la tête décidément mes idées devenaient de plus en plus salaces.

Me sentant complètement inutile, je regardais autour de moi pour voir s'il y avait quelque chose à faire et je tombais sur la bibliothèque de Castle. Je m'en approchais parcourant les livres de mes doigts en les effleurant. Je m'arrêtais sur un qui n'avait aucune couverture, seulement un support papier avec un feuiller transparente en guise de protection, intriguée je le pris entre mes mains.

Le titre était « Dear Dad ».. Je me pinçais les lèvres comprenant que c'était certainement une nouvelle consacrée à son père. J'avais vraiment envie de le lire mais je n'osais pas, c'était personnel même s'il l'avait mis parmi ses livres, je n'avais pas le droit de violer son intimité ainsi. Je souris tout du moins pas celle là.

Je pris donc le dernier Nikki Heat que je connaissais par cœur mais que je trouvais le meilleur de la saga. Dans le dernier opus les sentiments des personnages avaient évolué vers autre chose. Ma première lecture m'avait bouleversée, j'avais tellement l'impression qu'il voulait me faire passer un message tout au long du roman mais la fin était terrifiante et j'avais compris que par cette dernière qu'il voulait me faire comprendre sa colère en même temps, je pouvais me mettre à sa place après mettre faite tirée dessus, je l'avais repoussé, lui avait promis de l'appeler et je ne l'avais jamais fait.

J'étais revenue vers lui parce qu'il détenait des informations que je voulais, mais en fait il me fallait tellement cette excuse pour oser revenir vers lui. Il m'avait pardonné et depuis ce jour nous n'avions cessé de rapprocher un peu plus chaque jour.

Je m'asseyais sur le canapé prenant une position confortable, m'adossant dans le creux de l'accoudoir j'étendais mes jambes sur le sol. Commençant ma lecture, je me plongeais vite dans les aventures de mon alter ego.

Je m'évadais me sentant partir, vivant les aventures de Nikki ce qui pour certain passage était presque vrai sauf pour les parties sexe…

Je sentis une main caresser ma joue.

- ate…

- Kate ?

- Eh oh la belle au bois dormant ? Je sortais peu à peu de mes songes quand m'étais-je endormie ? Les caresses de Castle persistaient, sa main englobait ma joue à présent et il la caressait de son pouce, me provoquant des frissons, je ne fis rien pour les stopper, refermant les yeux afin d'apprécier un peu plus.

- Kate il est l'heure de manger, j'ai commandé du chinois, je sais que tu adores ! Encore le tutoiement…Je remarquais qu'on passait souvent du vouvoiement au tutoiement pour revenir au tutoiement.

- Hum …

- Allez miss Beckett vos nems, rouleaux de printemps et samoussa accompagnés de vos nouilles aux crevettes, vous attendent avec impatience, ils ont hâte d'être dévorés par toi.

J'ouvris les yeux et le regardait, penché sur moi avec un sourire radieux et innocent. Se rendait-il compte du double sens de ses paroles. Pour ma part lorsque je le voyais me sourire ainsi, ce n'est pas les nouilles et ce qui les accompagnait que j'avais envie de dévorer.

Il se redressa dans son fauteuil puis s'éloigna, je me pinçais les lèvres, une journée et demie et une nuit, je ne tiendrai pas.

Nous mangeâmes parlant de tout et de rien, il me fit rire encore comme il savait si bien le faire. Ces moments avec lui étaient un véritable délice. J'y prenais dangereusement goût. Il voulu débarrasser, je l'arrêtais.

- Je sers à quoi si je ne fais rien autant repartir tout de suite.

- Oh non ! J'ai besoin de toi moi ! Pourquoi avais-je l'impression que ces paroles allaient au-delà de ma présence auprès de lui ce week end, de plus de nouveau le tutoiement, il fallait qu'il se décide tu ou vous.

- Bon Castle décidez-vous !

- Euh me décider mais de quoi ?

- Tutoiement ou vouvoiement ? Je vis qu'il était plus qu'étonné puis après mûre réflexion il sourit

- Je dirais les deux ! Au commissariat vous entre nous tu ? Je souris oui c'est exactement ce que je pensais.

- Ca me va très bien !

- Depuis le temps que l'on se connait pourquoi n'est-ce pas arrivé avant. Demanda-t'il.

Sa question avait un sous-entendu, ce n'était pas seulement sur le tutoiement.

- Je ne sais pas vraiment ! M'entendis-je dire. Nous nous regardâmes intensément, discutant en silence. Mon cœur s'emballait, j'avais envie qu'il m'embrasse qu'il me prenne dans ses bars, ses réflexions arrivaient si fréquemment. Mais il détourna le regard confus.

- Bien cet après midi ça te dit un film ? Je lui souris.

- Oui bien sur !

- Honneur aux femmes choisis. Je me dirigeais vers sa médiathèque et mon regard parcourut celle-ci et je m'arrêtais sur un film que j'avais vu y'a longtemps. Je le pris et le tendis à Rick qui le prit regarda le titre et sourit. Il l'inséra le DVD dans le lecteur. Il s'assit à mes cotés me regardant, je lui souris et portais mon attention sur le film que j'avais choisis, tentant d'oublier l'épaule de mon partenaire qui touchait la mienne diffusant sa chaleur dans tout mon corps l'électrisant au passage.

Le générique d'un Amour à New York débuta et je sentais déjà que ce film allait avoir une portée sur nous…

Rick

Les comportements adoptés par Kate m'étonnaient de plus en plus. En même temps elle restait celle que je connaissais, mais elle se montrait également sous un jour différent. Elle m'avait scotché sur place amenant le dilemme du tutoiement ou du vouvoiement entre nous. Selon moi continuer à nous vouvoyer permettait de mettre une barrière supplémentaire entre nous deux, c'était une mise à distance. Et c'était plus ou moins elle qui avait insisté pour que celle-ci tombe. Qu'était-elle en train de me dire ?

Et à présent nous étions tous les deux assis confortablement dans le canapé, nos corps faisant plus que s'effleurer accidentellement, ils étaient collés ; comme si enfin nous laissions opérer le magnétisme entre nos deux enveloppes charnelles. D'habitude elle freinait des quatre fers ce type de rapprochement, mais là elle faisait preuve d'un grand laisser aller, me laissant la toucher, la caresser de plus en plus souvent ; m'autorisant certaines phrases chargées de sens alors que d'habitude elle suréagissait.

Enfin que penser du film qu'elle avait choisi « Un Amour à New-York ». Ce n'était pas la première fois qu'elle et moi nous nous retrouvions à regarder un film que ce soit au cinéma ou dans un appartement. Mais c'était la première fois que son choix se portait sur un film de romance. D'habitude elle optait plus pour les films de science fiction ou policier.

Ayant déjà vu le film je me concentrais d'avantage sur la chaleur qui venait de son corps. La sensation de ses épaules proches de moi m'envoyait des décharges. Le film racontait une histoire d'amour, un coup de foudre entre un homme et une femme ; qui au fil du temps rataient des occasions. Cela me fit sourire. Nous aussi nous en avions raté un tas d'occasion. J'avais vu ce film il y a longtemps, mais j'en avais une toute autre lecture à présent. Etait-ce un effet de maturité ou tout simplement parce que j'avais rencontré l'Amour et qu'il était incarné dans la créature de rêve assise sur mon canapé.

Je la voyais sourire et réagir au film, très subtilement et discrètement ; mais moi qui la connaissais très bien je pouvais percevoir les éléments qui la faisaient réagir. J'avais du mal à comprendre la complexité de certaines histoires d'amour dans les films. Pourtant je qualifiais moi-même ma relation avec Kate de compliquée, mais je nous trouvais toujours des excuses alors que je peinais à en accorder aux héros qui jouaient devant nous. A une scène précise, lorsque Sarah embrassait son fiancé Lars, je ne me retenais et m'insurgeais ouvertement faisant un mouvement de ma main valide et disant :

- Mais comment peut-elle seulement l'embrasser alors qu'elle est sous le charme d'un autre ?

Ma remarque eut pour le mérite de faire rire Kate, qui cependant prit la télécommande et mit le film sur pause avant de pivoter vers moi et de me dire :

- Ce n'est pas si simple tu sais. Et elle pourra embrasser tous les hommes de la terre un milliard de fois, aucun baiser n'aura sa saveur.

Nos regards comme d'habitude s'étaient accrochés. Comme cela nous arrivait régulièrement sur nos enquêtes, je ne savais plus de quoi on discutait à cet instant des personnages du petit écran ou tout simplement de nous. Forcément je transposais. N'importe qui avec ce genre de phrases là l'aurait fait, mettez en plus mon esprit hyperactif et forcément mon neurone solitaire faisait des loopings dans mon cerveau tellement il était agité et cherchait à analyser la situation. Je me remémorais les fois où je l'avais vu être dans les bras de Josh. Heureusement pour moi, jamais je ne les avais vus s'embrasser devant moi ; mais cela n'avait pas été nécessaire pour que je ressente de la peine.

Je continuais à la fixer, ne sachant toujours pas dans quelle catégorie ranger sa phrase. Elle dut percevoir son trouble car elle se remit en place et appuya sur lecture, faisant redémarrer le film là où nous l'avions laissé.

Mon trouble ne m'avait pas quitté car à présent elle était encore plus proche de moi, son dos était littéralement collé à mon buste. J'aimais cette sensation. Etait-elle seulement consciente de la torture qu'elle m'infligeait ? Car je me faisais violence morale et physique pour ne pas la toucher, plonger mon nez dans son cou, l'embrasser sensuellement, happant sa peau à la recherche de son point sensible. Instinctivement je savais qu'elle en aurait plusieurs, un certainement derrière l'oreille et l'autre dans le creux de son cou. Notre baiser de diversion m'avait montré qu'elle était très réactive et j'en avais eu la confirmation tout hier lorsqu'elle avait répondu à mon baiser. Elle était très tactile et expressive et je mourais d'envie de la découvrir d'avantage de ce point de vue là.

Je tentais de calmer ma respiration et de reprendre le cours du film car j'avais littéralement déconnecté, bien plus captivé par la beauté collée à moi. Néanmoins un autre moment du film nous fit réagir. Après son concert Lars le petit ami de Sarah dit dans une phrase « il n'y a pas d'artiste sans muse ». Ce propos fit que nous nous regardâmes intensément. L'artiste et sa muse c'était tout à fait elle et moi. Kate avait d'abord rejeté ce statut de muse, puis l'avait revendiqué pour la première à la sortie du premier opus de Nikki Heat alors que la journaliste qui m'avait interviewé avait pu lire Heat Wave en avant première. Je me rappelais en souriant lorsqu'elle m'avait dit presque en colère « c'est moi la muse ». Et depuis elle assumait toujours plus son statut. Dernièrement il y avait eu cette affaire avec l'officier de police Hastings et son petit ami qui était auteur. Eux aussi étaient écrivain et muse. Nous les avions regardé avec quitter le commissariat ensemble et alors que je disais à Kate que nous étions comme eux ils s'étaient embrassés dans l'ascenseur. Cela m'avait gêné car je repensais au baiser de diversion qui n'avait ce nom qu'en raison du contexte dans lequel nous l'avions échangé. Car l'engagement était réel. Et ce soir là au poste j'avais compris qu'elle y pensait aussi.

Décidemment ce film nous envoyait des signaux en plus. Déjà depuis le début du week-end nous avions à gérer un certain nombre de situations, mais en plus le film qu'elle avait choisi nous mettait face à ce que nous pouvions, pourrions être. Je regardais le film se poursuivre et s'achever. Quand le générique de fin recouvra l'écran alors je lui demandais :

- Ca t'as plu ?

N'ayant aucune réponse je constatais qu'elle s'était profondément endormie, toujours appuyée sur moi sa tête reposant sur mon épaule. Je me saisissais de la télécommande et éteignis le poste faisant régner le silence dans la pièce. Je l'observais, elle était si belle. Une mèche de cheveux était en travers de son beau et doux visage alors je m'en saisissais de mes doigts pour la lui remettre derrière l'oreille. Ses cheveux étaient satinés. Lorsque j'achevais mon geste elle poussa un soupir sans pour autant se réveiller et un sourire étira ses belles lèvres. J'avais constamment envie de l'embrasser, mais à cet instant cela dépassait tout. Alors tout doucement j'effleurais ses lèvres des miennes, ne cherchant pas à approfondir le baiser mais juste sentir sa bouche vermeille, en capturer à son insu un instantané comme une abeille venait butiner le nectar d'une fleur. Son sourire s'étira un peu plus m'envoyant au paradis. J'étais déjà au septième ciel, qu'en serait-il si jamais il advenait plus entre elle et moi.

Ne voulant surtout pas bouger pour ne pas rompre le contact mais également pour ne pas la réveiller, j'entourais sa taille de mon bras, posant ma main à plat sur son ventre parfaitement dessiné. Si je m'étais écouté je l'aurai caressé, j'avais tellement envie de passer ma main sous sa chemise de coton et découvrir le satiné de sa peau, parcourir ses courbes parfaites, ressentir son corps trembler sous mon toucher. Mais je restais sage, toujours animé par le respect que j'avais pour elle. Je finis par m'assoupir à mon tour.

Kate

J'émergeais d'une chaleur confortable et tellement rassurante, ne comprenant pas trop où je me trouvais. Il me fallut trois minutes pour rassembler mes esprits et comprendre que j'étais chez Castle, que ce dernier se tenait derrière moi et que sa main était posée sur mon ventre. Ce qui m'aurait d'habitude fait sursauter et causer un pic de colère m'envoyait au contraire des signaux réconfortants. J'aimais cette sensation, cette toute nouvelle intimité entre nous. Il dormait comme un bébé ; un sourire tendre parcourait son beau visage attestant de cette force tranquille qui l'habitait.

Je décidais donc de ne pas faire le moindre mouvement brusque et de continuer de profiter de cette proximité. Depuis un moment déjà j'en voulais plus, nettement plus d'ailleurs. Le seul fait de penser à l'univers des possibles avec le corps de mon partenaire que j'avais eu l'occasion d'observer de bien plus près et sans remparts ces derniers jours m'électrisait.

Cette scène était purement routinière, nous étions comme un vieux couple ayant partagé un film devant la télé. Oui nous faisions tout comme un vieux couple, enfin sans le sexe. Et cette absence commençait à me tirailler. J'avais un mal fou à contenir mes envies et je n'arrivais plus à les faire taire comme auparavant. Pire même je ne pensais plus qu'à ça.

Ne souhaitant pas le réveiller et encore moins briser ce cocon de tendresse qu'il avait bâti entre nous, je me reposais un peu plus sur son épaule, fermais les yeux calquant ma respiration sur la sienne. C'était comme si nous étions unis. Je ne tardais pas à m'endormir de nouveau.

Lorsque je me réveillais de nouveau, je constatais que mon partenaire dormait encore, je l'observais dormir un moment sourire au lèvre puis je me redressais quittant la chaleur rassurante de ses bras. A ce moment ce fut comme un vide. Je soupirais et me levais en un week end j'allais devenir complètement dépendante. Ma réflexion me fis sourire comme si je ne l'étais pas déjà auparavant, dépendante, intoxiquée, accroc au Castle…

- Kate ? Je tournais la tête pour constater que l'objet de mes pensées était réveillé.

- Pardon je ne voulais pas te réveiller. Il passa une main dans ses cheveux.

- J'avais froid d'un coup. Je me sentis rougir violement, j'ouvris puis refermais la bouche puis tournais les talons. Se pourrait il qu'il ait sentis un manque lui aussi ?

- Café ? Lui demandais-je.

- Oui merci… Me dit-il en souriant.

Je nous servis donc le café et nous le bûmes en silence, nous observant, souriant de temps à autres, pas besoin de paroles pour nous sentir bien, entre nous cela avait toujours été comme ça. Certaines personnes se sentaient obligées de parler pour se sentir à l'aise mais nous, non c'était dans le silence que nous nous comprenions le mieux.

Je ne me lassais pas de ces moments même si bien des fois, j'en avais été troublée, gênée et que j'avais souvent détourné le regard.

Le temps se figeait entre nous occultant tout, nous étions dans notre cocoon.

Subitement je sentis ma nuque raide je la frottais la faisant craquer.

- Tu as mal ?

- Oui, depuis ce matin, je n'ai pas vraiment bien dormi cette nuit. Il me regarda avec son air de chien battu :

- C'est ma faute, je t'ai réveillée avec ma crise ! Je lui souris, oui c'était de sa faute si je n'avais pas bien dormi mais pas pour les raisons qu'il évoquait.

- Non pas du tout je suis courbaturée, juste mes cervicales qui me font souffrir.

- Je peux te faire massage si tu veux ! Me dit-il espiègle. Et bien que l'envie ne m'en manquait pas je déclinais.

- Non merci par contre, j'aimerais bien si ça ne te dérange pas utiliser ta baignoire, je l'ai aperçue hier et je meurs d'envie de l'essayer ! Il me regarda un sourire en coin.

- Seule !

- Oh c'est du gâchis qu'en même !

- Castle ! Dis-je tentant de cacher mon trouble.

- Ok ! Pas de soucis, aide moi je vais te montrer où sont disposer les affaires !

- Merci !

Nous montâmes à l'étage, assez rapidement, l'habitude certainement. Arrivés dans la salle de bain il me montra où se trouvaient les serviettes, huiles essentielles. Je le laissais le temps de préparer mes affaires pour après et lorsque je revins il quittait la salle de bain, je le regardais suspicieuse, il aurait dû la quitter depuis un moment déjà.

J'entrais et poussais un cri de surprise il avait disposé des dizaines de bougies d'ambiance aux senteurs délicieuses. Et fait couler l'eau en y ajoutant un bain moussant dont l'odeur m'enivrait.

- Je savais que c'était ton genre de choses, j'avais vu juste n'est ce pas ? Il te manque plus qu'un bon livre que je t'ai posé sur la chaise. Je posais mon regard sur ladite chaise et constatais qu'il avait posé le Nikki Heat que j'avais recommencé auparavant. Je me tournais vers lui.

- Vous êtes l'homme parfait monsieur Castle ! Sur ces mots je l'embrassais sur la joue, juste à la commissure des lèvres. Il sourit puis se retira ferma tant bien que mal la porte.

Je me déshabillais et me glissais dans le bain soupirant d'aise, mes muscles se décontractèrent instantanément. Un sourire de bien être envahit mon visage et je fermais les yeux savourant la grâce que l'eau chaude et parfumée provoquait en moi.

Décidément cet homme était une merveille, il lisait en moi comme dans un livre ouvert, cela m'avait fait très peur au début mais plus le temps passait et plus j'appréciais.

Je me mordis les lèvres en pensant que oui la baignoire était immense et que nous aurions largement tenu à deux dans celle-ci. Re pinçant mes lèvres je laissais mon esprit vagabonder vers des contrées classées interdites aux moins de 18 ans et je devais lutter contre moi-même pour ne pas sortir de l'eau et courir vers lui et me jeter dans ses bras lui arrachant tout tissu qui couvrait son corps tant convoité.

Rick

J'étais non loin de la porte de ma chambre et je ne pouvais empêcher mon neurone de focaliser sur le fait que ma nymphe céleste était en train de faire trempette dans ma baignoire. J'aurai tué pour assister à ce spectacle que je devinais gracieux.

Et que dire du baiser qu'elle m'avait déposé à la commissure des lèvres. Bon sang elle me rendait littéralement fou. Tout en elle m'intoxiquait et comme d'une drogue j'en étais en manque, chaque seconde un peu plus et notre rapprochement de ces derniers jours contribuait à accentuer cette sensation.

J'aurai aimé à cet instant avoir la vision de superman capable de traverser les murs et d'observer le corps de Kate se relaxer dans son bain. Je délirais après tout pas tant que ça, j'étais comme Christopher Reeves dans un fauteuil roulant.

Fermant les yeux je l'imaginais aisément se prélasser dans l'eau chaude, prendre de la mousse et la faire glisser sur sa peau qui serait d'une douceur inimaginable. Diantre que j'aimerai passer ma main sur elle, parcourir ses longues jambes, la faire frissonner et tellement d'autres choses.

Je devais à tout prix me calmer car déjà des images traversaient mon esprit. J'avais entraperçu le corps de Kate il y a deux ans quand son appartement avait explosé et que je l'avais retrouvé nue dans sa baignoire. Mais je n'en avais pas profité. Depuis je l'avais apprécié et aimé dans de nombreuses tenues. A cet instant précis je repensais à la sortie magistrale de la piscine qu'elle avait faite pour appâter Gans à Los Angeles. Son corps était digne d'une sculpture du meilleur artiste sur terre, une chair taillée à la perfection que j'espérais un jour posséder et en fait ce jour là c'est deux poissons qu'elle avait pêché dans ses filets.

Moi qui souhaitais me calmer c'était raté. Mon corps réagissait de plus en plus à ces pensées. Jamais une femme ne m'avait fait autant d'effet. Même lorsqu'elle ne faisait rien elle dévastait tout sur son passage, alors là la savoir dans ma baignoire avait des effets titanesques. J'étais certes handicapé et dans un fauteuil, mais ma chute n'avait absolument pas endommagé ma virilité.

Je m'éloignais dans le couloir, allant dans mon bureau à l'étage pensant que l'éloignement géographique serait en mesure de calmer l'agitation dans l'hémisphère sud. Je plaçais mon fauteuil face à la fenêtre et contemplais l'extérieur me perdant dans mes pensées. J'étais en train de vivre un week end fantastique en compagnie de la femme que je désirais, que j'aimais. J'allais tout faire pour que celui-ci ne soit pas un électron isolé et au contraire se répète dans l'avenir.

Kate

Je sortais du bain complètement détendue mais l'esprit en ébullition. Quant à mon désir, il était ardent, je devais me refroidir avant de lui faire face sinon je ne répondrai de rien. Je passais donc par la case douche froide qui au bout de 5 minutes eu l'effet escompté. Je me vêtis de mes habits de nuit, leggings et tee shirt difforme histoire de calmer toute ardeur.

Je sortais de la salle de bain appelant mon partenaire.

- Je suis dans le bureau du fond ! Je le rejoignais et le découvrais en pleine contemplation sur la grande pomme en effervescence, sous le soleil qui déclinait. Je m'approchais me positionnant à ses cotés, admirant la vue à mon tour, un long silence se fit entre nous, pas pesant mais apaisant. Je lui jetais des œillades, il semblait fasciné ses yeux brillaient de mille feux, les lumières dansaient sur son visage serein, il était tout bonnement magnifique à ce moment. Au bout de plusieurs minutes il brisa le silence.

- Lorsque j'étais petit et que j'attendais que ma mère rentre, je regardais les lumières de la ville briller, Imaginant des centaines d'histoires sur les gens qui fourmillaient dans les rues.

- Imaginant que parmi l'un deux il y avait mon… Il s'interrompit, son sourire s'effaça et son visage devint triste, j'attendais la suite qui n'arrivait pas. Et je compris de qui il parlait ne voulant pas le forcer à en parler je lui dis.

- Il est près de 19 heures si on allait faire le repas ?

- Ah vos ordres détective ! Me répondit-il dans un sourire retrouvé. Je lui retournais et nous sortîmes dans un seul pas, enfin si j'ose dire de la chambre vu la condition de mon compère.

Arrivés en bas je l'aidais à se rassoir dans son siège nos regards se croisèrent de nouveau, nos visages à seulement quelques centimètres l'un de l'autre. Son souffle était haletant, je me reculais passant derrière lui pour le pousser. J'entendis un long soupir de dépit. Je pinçais mes lèvres, frustrée aussi mais j'avais un trac fou de sauter le pas, comme une adolescente qui va embrasser son premier garçon. Sauf que c'était bien plus intense ce que je ressentais pour lui et j'avais peur tellement peur que l'on gâche tout. Mon esprit faisait le yoyo dans ma tête passant de fonce à fais attention, c'était assez pénible une telle indécision.

Nous préparâmes à manger là encore ensemble comme un couple d'amoureux puis nous mangeâmes, lorsque chose fut faite, Rick proposa de finir notre verre de vin au coin du feu qu'il avait préalablement allumé. Je ne le connaitrais pas je dirais qu'il cherchait à créer une ambiance romantique afin de me séduire, j'eus la confirmation lorsqu'il allumer là chaîne stéréo.

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Jusqu'à la musique qu'il choisit, je souris pas très discret comme tentative surtout si l'on écoute les paroles.

Ecoutes ton cœur, je ne fais que ça mais ma raison est toujours plus forte.

- Kate ? Je levais les yeux et ris lorsque je le vis essayer de s'asseoir sur le sol avec moi devant le feu. Mais ses tentatives pour y arriver sans être obligé de se laisser tomber littéralement étaient vaines. Il essayait de s'accroupir mais se rendait compte qu'avec son bras et sa jambe dans le plâtre sa tache était ardue alors il se rasseyait pour se pencher en avant constatant que là encore c'était pas chose aisée.

- Arrêtes de te ficher de moi ! Aides moi !

- Eh Bien tu t'en sors très bien comme clown. A sa tête déconfite, je ris de plus belle, roulant sur le dos je me tenais le ventre les larmes coulaient de mes yeux, cela faisait longtemps que je n'avais pas autant ris.

- C'est pas malin ça ! Tu te moques des handicapés, méchante. Je tournais la tête vers lui et éclatait de rire de nouveau devant sa moue d'enfant vexé. Je n'en pouvais plus mes cotes me faisaient mal de rire. J'avais les yeux fermés toujours dans ma crise d'hilarité lorsque je perçus une ombre au dessus de moi. J'ouvris les yeux et là mon cœur eu quelques ratés, il s'emballa assez rapidement devant le visage de Rick à quelque centimètre du mien. Penché au dessus de moi, il avait un bras au dessus de ma tête l'autre près de ma hanche, nos corps formaient un parfait angle droit. Mes rires cessèrent automatiquement. Nous nous regardâmes avec intensité, un nouvel échange silencieux eu lieu entre nous. Il approcha un peu plus sa face de la mienne, nos lèvres se touchaient presque, je fermais les yeux en attente. Mais rien ne vint au lieu de cela, je sentis son souffle sur mon oreille.

- Ce n'est vraiment pas gentil du tout de te moquer, tu vas le payer ! Et après avoir soufflé au creux de mon oreille, il se mit à me chatouiller de sa main valide.

Mes rires reprirent, les suppliques en plus.

- Non arrête ! Pas ça, arrêtes…Dis-je hoquetant de rire.

- On dit quoi ? Je répondis en rien.

- Quoi ?

- Oh et tu veux faire de l'humour ! Il redoubla sa torture, je tachais de me dégager mais il avait tout son poids sur moi. Cette proximité me faisait tourner la tête, son souffle était dans mon cou, je me sentais défaillir.

- Alors j'attends tes excuses pour arrêter. Je ne voulais pas qu'il arrête, tout du moins pas si cela voulait dire qu'il enlèverait son corps de moi. Mais j'étais si chatouilleuse.

- Par…pardon ! Il arrêta son supplice un sourire aux lèvres, je pinçais les miennes, à présent nous étions immobile tous les deux, je ne pus m'empêcher d'ajouter.

- Oui pardon, je te promets de ne plus me moquer des handicapes ! L'étonnement traversa son visage, il ouvrit la bouche, je ne lui laissais pas le temps de dire quoi que ce soit que je le fis basculer sous moi. Me positionnant à califourchon sur lui, j'immobilisais ses bras. Me penchant sur lui, nos lèvres étaient aussi proches qu'il y a 2 minutes.

- Retournement de situation M Castle, il ne faut jamais crier victoire trop vite ! Sur ses paroles, je me penchais sur lui effleurant son visage de mes lèvres, sans jamais les fixer. Je sentais que je jouais à un jeu dangereux mais j'aimais cela, cela avait toujours été ainsi entre nous. Flirtant avec les limites et ce soir, je faisais reculer la ligne rouge à l'extrême. Je l'entendis gémir. Sentant une certaine partie de lui réagir plus vigoureusement que le reste de son corps. Je m'éloignais alors de lui m'asseyais à ses coté buvant une gorgée de vin comme si de rien n'était. Il me regarda avec des yeux ronds.

- Al…Al…Al… Bredouilla t'il.

-Alakazam ? Finis-je pour lui, sachant bien que ce n'était pas ça qu'il voulait dire.

- Ce n'est pas juste ce que tu fais et aussi très dangereux.

- Hum, Hum… Il s'approcha murmurant à mon oreille.

- Tu joues avec le feu Kate ! Je murmurais à mon tour à la sienne.

- Je suis un peu pyromane tu ne le savais pas ? C'est l'influence de Nikki Heat, J'aime la chaleur ! Je le vis déglutir puis se reprendre, il poursuivit ses chuchotements à mon oreille.

- Fais attention de ne pas allumer un feu que tu ne saurais éteindre ! Me dit-il d'une voix rauque qui me fit frémir. Me mordant la lèvre inférieure, je lui répondis toujours de la même façon avec un léger râle dans la voix.

- Je n'allume jamais de feu que je ne saurai éteindre. Je le vis sourire toujours pencher sur moi. Il murmura de sa voix toujours plus grave.

- Dans ce cas qu'attends-tu pour jouer au pompier ! Cette réplique eu pour effet de me clouer le bec mettant fin à notre joute. Je torturais mes pauvres lèvres, sentant un brasier incandescent ravager mon corps et ce n'était pas la chaleur du feu devant nous qui arrangeait la chose.

Un long silence s'installa entre nous seul le crépitement du feu le brisait ainsi que nos respirations quelque peu laborieuses et nos soupirs incessants. Nous regardions le feu, comme fascinés par le spectacle.

Au bout de plusieurs minutes qui me semblèrent interminables, il prit à mon grand soulagement la parole avec sa voix redevenue normale.

- Mon père… Je le regardais attendant la suite patiemment.

- Lorsque je regardais les lumières de New York enfant pensant à tous ses gens rentrant chez eux, je m'imaginais que mon père pouvait s'y trouver. Qu'il me recherchait pour venir s'excuser de m'avoir abandonné moi et ma mère…

- Tu sais que lorsque j'avais seize ans, j'ai écrit une nouvelle, une sorte de lettre à mon père. Sa question ne nécessitait aucune réponse alors j'attendais qu'il poursuive.

- J'aimerais que tu la lises ! Sa proposition me bouleversa

- Je … c'est intime je…

- J'ai envie que tu la lises…Je …Oui je enfin…tu es la première qui la lirait…J'ouvris puis fermais la bouche.

- Tu…tu… ne l'as jamais fait lire à qui que ce soit ? Même pas ta mère ? Dis-je touchée au plus profond de mon cœur.

- Non mais tu veux rire, encore moins à ma mère ! Elle n'a jamais su qui c'était soit disant mais comment est ce possible, hein ? Je sentais une pointe d'amertume dans sa voix et je devais reconnaître qu'il avait raison comment ne pas savoir qui est le père de son enfant.

- Tu m'aides à me relever ? Approchant le fauteuil je bloquais les roues et il se hissa dedans puis il alla jusqu'à la bibliothèque. Mon cœur s'accéléra lorsque je le vis s'emparer du manuscrit que j'avais repéré précédemment. Il fit tourner le fauteuil après avoir posé le manuscrit sur ses genoux. Puis s'arrêta devant moi me tendant celui-ci.

- C'est pas vraiment génial j'avais douze ans comme je te l'ai dit mais j'aimerais que tu le lise.

- Je… Je ne suis pas très expansif sur moi, je parais joyeux comme ça mais j'ai une part d'ombre en moi Kate ! Je le regardais, plongeant mon regard dans le sien. Il finit par détourner les yeux.

- Tout le monde à une part d'ombre en soit, c'est ce qui rend humain ! Il me regarda puis son visage s'assombris.

- Qu'y a-t-il ?

- Je… Dans ce manuscrit tu vas découvrir quelque chose sur moi Kate et j'ai peur que cela te choque et que tu me fuis après cela mais je veux que tu saches, avant qu'on… enfin si nous… Je posais une main sur son avant bras.

- Je ne juge pas les gens sur leur passé Castle.

- Bien sur que si tu as dis que les gens ne changeaient pas ! Je soupirais oui j'avais toujours pensé cela jusqu'à ce que je rencontre Castle. Que pouvait contenir ce manuscrit pour qu'il ait si peur de ma réaction et surtout pourquoi me le donnait il dans ce cas ? Comme s'il avait lu dans mes pensées il me dit :

- Je veux que tu saches tout de moi Kate. Comme je sais tout de toi. Je fronçais les sourcils.

- Tu crois vraiment savoir tout de moi ? Tu te trompes.

- Je sais le plus important, contrairement à toi…Je ne répondis rien. Mais je devais reconnaître qu'il avait raison que je ne savais rien de lui ! Juste qu'il avait une fille de 18 ans, une mère actrice vivant chez lui, qu'il était un écrivain célèbre et qu'il avait changé de nom voila où en étaient mes connaissances de l'homme en face de moi. Je regardais ma montre plus de minuit, je ne m'étais pas rendue compte du temps qui passait en sa compagnie comme toujours en fait.

- Bien il se fait tard, allons nous coucher ! Dis-je. Je me pinçais les lèvres devant ma phrase à double sens. Devant son sourire niais je lui balançais un coussin à la figure, il éclata de rire. Je le regardais, il était si beau lorsqu'il riait ainsi.

Apres l'avoir aidé à se coucher, je sortais de la chambre en lui souriant.

- Bonne nuit Castle à demain !

- A demain Kate, fais de beaux rêves… Je lui souris. Mes rêves serraient forcément beaux cette nuit après la soirée que j'avais passée en sa compagnie.

J'entrais dans ma chambre enfin la chambre d'ami et me laissais tomber lourdement sur le lit. Je repensais à cette journée magnifique, je n'avais jamais été heureuse. Et surtout…Je regardais le manuscrit avec un sourire, surtout enfin, j'allais en savoir un peu plus sur lui. Je commençais ma lecture et me plongeais immédiatement dans son écrit, il avait déjà un style assez fluide pour 12 ans

Après une heure de lecture je refermais la dernière page. Restant sur ce dernier paragraphe.

« Tout est de ta faute, tout si j'ai mal tourné, si je suis devenu un délinquant, je fais tout pour m'attirer les foudre de la femme que tu as engrossé juste pour t'agacer même si je sais que tu ne le verras pas car tu n'en as rien a foutre de moi. Oui mais je veux te faire honte pour l'instant. Je sais que cette vie dissolue n'est pas pour moi, les séjours à l'hôpital psychiatrique, en maison de redressement ne m'atteignent pas, je pense à toute la haine que j'ai pour toi et j'aimerai tant te tuer dans la réalité, peut être le ferais je si je te croisais toi ce bâtard qui m'a abandonné, toi ce fils de pute qui n'a pas assumé tes responsabilités. Je suis un adolescent en révolte oui mais lorsque ma colère sera passée alors je ferai en sorte que tu regrettes de m'avoir abandonné, oui lorsque ma colère se sera évanouie, je serais un homme nouveau sans passé mais serein, un homme qui deviendra le meilleur de tous les pères, un homme qui sera le meilleur des maris mais bien sûr par ta faute je ne n'aimerai jamais totalement car tu as laissé mon cœur ouvert à toutes les infections. J'espère un jour sincèrement rencontrer quelqu'un que j'aimerai plus que ma vie mais j'en doute car par ta faute mon cœur est mort… »

J'étais complètement bouleversée, mon Castle l'homme le plus adorable de la terre avait un passé ténébreux, je le savais oui je savais bien sa vie d'écrivain aventurier aux multiples conquêtes mais mon Dieu comment se douter de dans sa vie d'avant ? Il avait commis des tas de délits pour agacer son père mais quel genre de délits ? Mais si je devais faire le point sur ma lecture ce n'est pas cela que je retenais non, cette dernière phrase mon cœur est mort, je ne pourrais jamais aimer totalement. Mon cœur se serra à cette idée non, il ne devait pas se renfermer, non jamais je le voulais corps et âme. Je voulais un amour inconditionnel, un amour qui me ferait vibrer et il était le seul à pouvoir me le donner, alors je voulais qu'il sache que son cœur n'était pas mort.

Finalement c'était la lecture du manuscrit qui me poussait à faire tomber la muraille autour de mon cœur. Car jusqu'à présent j'avais été égoïste ne pensant qu'à mes souffrances et n'imaginant pas un seul instant que Castle, mon partenaire, ce joyeux pitre avait de telles blessures. Il ne s'agissait plus seulement de moi à présent, mais aussi de lui, de nous. Il est des douleurs qui peuvent se guérir à deux et celle-ci en faisait partie. Comme il l'avait fait pour moi j'allais panser ses plaies, appliquer de la pommade pour qu'il guérisse. Il devait savoir qu'il était un homme merveilleux et fantastique, qui me faisait vibrer. Je n'avais que peu cas de son passé, j'avais moi aussi connu des périodes plus sombres dans ma vie suite au décès de ma mère.

Me levant précipitamment du lit, je faillis m'étaler sur le sol. J'ouvris mon sac à la recherche d'affaires qui à coup sur feraient leur effet, je les enfilais et sortis de la chambre sur la pointe des pieds. J'allais le rejoindre dans la sienne pour célébrer cet homme qu'il était aujourd'hui, la femme qu'il avait faite éclore en moi et enfin pour un nous futur.

J'entrouvrais la porte de sa chambre et constatais qu'il dormait à poings fermés. Sur le dos, les bras au dessus de sa tête, il était si beau, me pinçant les lèvres j'avançais lentement bien décidée à écourter sa nuit.