Mot de l'auteur

Oups! Désoler du retard, je croyais que j'avais déjà posté ce chapitre, mais on m'a signifié que non. J'espère qu'il vous plaira, faite-moi signe pour me donner votre avis! Voir si ça vaut la peine que je continue ou non...


Chapitre 4

Insignifiance et condamnation

Avril 1999, salle commune des préfets-en-chef

Il la maintenait plaquée contre le mur, une main maintenant ses poignets au-dessus de sa tête, et l'autre posée sur sa gorge sans vraiment peser. Un grondement félin sortit de sa gorge. Ses yeux, aussi gris qu'un ciel d'orage, étaient plongés dans les siens fouillant au fond de son âme. Il pouvait y lire la peur qu'elle tentait de lui soustraire. S'il n'avait pas été dans cet état, il aurait jubilé.

-Tu es si fragile, Granger, susurra-t-il, que je pourrais briser tous tes os d'une seule pression.

-Vas-y! Ne te gêne surtout pas! Défia-t-elle malgré sa peur et sa position. Je n'ai pas peur de la mort.

-Tu trembles, tu es effrayés, ne le nie pas!

-En me tuant, ignora-t-elle sa réplique, tu ne feras que prouver que tu es une ordure, Malfoy!

L'aplomb avec lequel elle avait jeté ses paroles n'eut pour effet que d'énerver d'avantage le jeune Serpentard. Se fut son sourire de Miss-je-sais-tout qui l'acheva finalement.

-T'aurais jamais dû mettre les pieds à Poudlard, Granger!

-T'aurais jamais dû voir le jour, Malfoy!

Sa main qui posait sur sa gorge perdit toute retenue. Son index et son majeur s'enfoncèrent au niveau de son pharynx. La sorcière de Gryffondor ne pouvait plus avaler la salive qui lui emplissait la bouche ni même qu'elle ne pouvait respirer. Elle resta calme, suffocante. Elle ne lui donnerait pas le plaisir de la voir se débattre inutilement.

-Alors, Miss-je-sais-tout. On fait moins l'effrontée?

Des larmes lui échappaient. Débordaient du coin de ses yeux. Toute sa volonté s'envolait en même temps que sa conscience sur le monde. D'un moment à l'autre, elle flancherait. S'en était fini. Elle ne pourrait dire au revoir à ceux qu'elle aimait. À Harry, à Ron, à Ginny.

*Me voilà condamnée à mourir entre les mains du plus ignoble des êtres!*

L'absence de réaction était frustrante. Il pressait davantage ses doigts contre la gorge fragile. Puis, vint le moment crucial. Ses pupilles menacèrent de se révulser. Il n'eut d'autre choix que de défaire légèrement son emprise…

*Maudit soit Poudlard! Si la menace d'avoir Poudlard en entier sur le dos, sans compter mon père, ne planait pas au-dessus de nous, je jure sur la tête du Seigneur des Ténèbres que je la laisserai la. Sans vie.*

Son père n'avait de cesse de lui répéter le même discours lassant chaque fois qu'il le voyait s'attaquer à Granger.

-Drago! Ne soit pas grossier avec une femme, même si c'est elle. Et pour l'amour du Lord! Ne salit pas tes mains sur une sang-de-bourbe! Combien de fois faudra-t-il que je te le répète pour que ça rentre dans ta tête?

Hermione sentit à nouveau l'air passer dans ses poumons. Elle aspirait lentement, douloureusement. Sa vue embrouillée revoyait peu à peu se redessiner le contour des objets, les couleurs restant absents. Tout ce qu'elle sentait, c'était les mains glaciales de son agresseur martyrisé la peau contusionnée de son cou et de ses poignets.

-T'a de la chance qu'on ne soit pas seuls et que des gens aient assez peu de fierté pour s'intéresser à toi. Ce n'était qu'un avant-goût. La prochaine fois, je n'hésiterai pas!

Il lui jeta un dernier regard dégoûté, puis se détourna. Il traversa la pièce pour s'arrêter devant la cheminée où il avait abandonné son verre d'alcool. C'est les yeux fermés qu'il en avala une longue gorgée. Une brûlure se créa dans sa gorge, mais il laissa le liquide s'écouler délibérément. Ce qu'elle l'exaspérait!

Épuisée par son aventure, Hermione se plia en deux. La douleur s'écoula dans son corps, lui donnant la force de se relever. Elle empoigna sa baguette cachée dans la manche de sa robe et osa faire un pas en direction de son ennemi.

-Tu n'es qu'un lâche, Drago Malfoy!

-Tu peux répéter ça?

Elle allait trop loin et elle le savait. Pourtant, même s'il pouvait lui enlever tout avenir en moins de deux minutes, elle se plaisait à le pousser à bout.

*Douce vengeance….Chacun son tour, mon grand!*

-Même pas le courage de tuer une pauvre née moldue! Tu n'as rien d'un homme!

Il s'était retourné sa baguette serrée dans son poing droit. Elle avait levée la sienne jetant impulsivement un sort :

-Dolo…

Aucun contre sort ne fut prononcé. Il n'y avait que leurs respirations saccadé qui hantait la pièce. Même les lèvres du Serpentard n'avaient pas remué. Elle aurait pu le jurer. Pourtant, sa baguette s'envola à travers la pièce pour atterrir aux pieds du jeune homme. Il ne daigna même pas la ramasser. Il lui donnant un vulgaire coup de pied, la renvoya de fait à sa propriétaire.

Ne t'attaque pas à quelqu'un dont tu ne connais pas les pouvoirs! Tu n'as ni la volonté ni la force et encore moins la méchanceté qu'il faut pour lancer de tels sorts!

-Oh! Parce que je devrais avoir peur du fils d'un mangemort, maintenant?

Il ne répondit pas. Serra les poings. Ses jointures blanchirent sous le coup de l'effort. Il quitta prestement la salle. Une seule parole de plus, et il pourrait ne plus se contenir. Encore. Ses derniers raisonnèrent à travers la pièce...

-Stupide Griffondor….

Hermione se retrouva donc seule avec elle-même. Elle se pencha pour ramasser sa baguette. Une vive douleur la saisie au bas du ventre. Les effets du manque d''air se faisait encore ressentir. Un bras plaqué au niveau de son abdomen, elle s'accroupit complètement, posa ses fesses sur le sol et empoigna l'objet. Elle n'utilisa qu'une seule main pour se relever, aussi lentement que possible. Elle était blessée par ce qu'elle venait. Bien plus psychologiquement que moralement. La préfète s'engouffra donc dans l'ouverture du portrait que son homologue n'avait pas pris la peine de refermer. Elle ne resterait pas seule. Elle irait se réfugier là où se trouvait son seul réconfort, la salle commune de son ancienne maison….

Avril 1999, salle commune des Serpentards

-Je vais la tuer! Je vais la tuer avant que l'année s'achève!

Dans la salle commune des Serpentards, Drago se retrouvait seul avec Blaise Zambini. À son arrivé, elle grouillait pourtant de vie. Un seul regard de sa part sur l'assemblée avait sût chasser tout ce monde. Soudainement, ils s'étaient tous trouvés quelque chose de mieux à faire ailleurs. On ne contredisait pas le prince de leur maison s'en subir sa colère. Et ce soir, particulièrement, il semblait dans un état massacrant.

-Relaxe, Drake. Tu ne tueras personne ici. Tu sais que c'est contre les règles.

-Les règles, c'est moi qui l'ai fais!

-Ils t'ont choisi, mais tu n'es pas encore le maître. Au moindre faux pas, ils se rétracteront et en choisiront un autre pour te remplacer. Tu pourrais le payer de ta vie et je sais pertinemment que tu n'y tiens pas.

-Mais elle me pompe! On dirait qu'elle est toujours là à me chercher, à me pousser à bout. Comme si elle n'attendait rien d'autre que je daigne agir. Cette fille, est pas normal, Blaise!

-N'entre pas dans son jeu c'est tout! Pourquoi tu t'en fais autant pour elle tout à coup?

-De quoi tu parles? Je ne m'en fais pas pour elle! Elle me répugne!

-C'est pas ce que je veux dire, tu le sais. Avant, tu te moquais d'elle de ci de là, mais tu lui accordais jamais plus d'importance que ce qu'elle en valait vraiment. Or, depuis le début de l'année, c'est plus la même chose. Qu'est-ce qui a changé?

-RIEN! ABSOLUMENT RIEN!

Le ton du blondinet avec monté d'un cran et laissait sous-entendre qu'il n'accepterait aucune réplique. Blaise soupira et attendit. Il ne repartirait pas de lui-même cette conversation. Il ne détourna tout de même pas la tête, observant le comportement physique de son confident. En apparence calme, comme toujours, mais tendu à l'extrême à l'intérieur. Aujourd'hui, il remarquait une légère démarcation à son état habituel : sa mâchoire était aussi crispée qu'un bloc de glace. Très mauvais augure…

*On dirait qu'il tient à elle, mais qu'il ne veut pas assumer ces pensées…Qu'est-ce qui lui prend, merde? Ce n'est pas lui ça! D'habitude si impassible à tout!*

-Blaise….murmura-t-il poignardé au cœur par une triste réalité.

Il était certain qu'il ne pourrait pas tenir jusqu'à la fin de l'année avec cette harpie dans les pattes. Il flancherait avant. Et perdrait son titre de maître du monde.

-Qu'est-ce que je vais faire….

Zambini savait bien que quand Drago se retrouvait à montrer sa faiblesse devant lui, c'était qu'il était bien mal en point. Il soupira. Il avait raison : qu'allait-il pouvoir faire sinon se contenir de massacrer Granger pour s'assurer la fidélité des autres?

Avril 1999, salle commune des Griffondors

La préfète prononça le mot de passe du bout des lèvres. Sans un sourire, le tableau s'effaça pour la laisser entrer. De l'autre côté, de nombreux étudiants terminaient leurs devoirs dans un brouhaha intense. Parmi eux, ses deux meilleurs amis, assis à une table en retrait. Réconfortée, elle se déplaça jusqu'à eux d'un pas pressé. Elle avait besoin de sentir leur présence.

-Eh! Mione! Tu arrives juste à temps! J'ai du mal avec le devoir de Rogue….

*Quel abrutit ce Ronald!*

Ses pensées l'empêchèrent d'intercepter la fin de sa phrase. Son regard capta plutôt celui d'Harry. D'un seul instant, il comprit sa détresse. Il ferma ses livres, les glissa sous son bras et incita silencieusement le rouquin à faire de même. Ce dernier obéit quoi qu'un peu perdu. Harry passa devant celle qu'il considérait comme sa sœur sans un mot. Elle le remerciait intérieurement de ne pas attirer l'attention sur ses yeux rougis. La dernière chose qu'elle voulait, c'était d'étendre ses problèmes personnels au sût de tous…Le trio d'or quitta la salle pour faire en silence le chemin jusqu'à la tour nord….

Tout en haut du grand escalier, Hermione se laissa glisser contre le mur de pierre, libérant un poids sur ses épaules. Tandis que Ron restait debout, Harry l'imita.

-Qu'est-ce qui se passe, Mione?

Elle ignora la question du survivant laissant plutôt sa tête tombée sans retenue sur son torse. Soupirant, celui-ci caressa ses boucles emmêlées avec une certaine tendresse. Elle tendit ses doigts en direction du plus jeune garçon de la famille Weasley. Il s'agenouilla pour les serrer entre ses mains. Il crut même voir l'ombre d'un sourire apparaître durant quelques secondes. Elle se sentait bien, avait besoin de ce contact. Ses yeux se fermèrent d'eux-mêmes.

-Mione, qu'est-ce qui t'ai arrivé? Réitéra Harry.

Il venait de remarquer les éraflures encore fraîches qui décoraient ses poignets. D'un signe de tête, il les pointa du menton à son meilleur ami. Ce dernier acquiesça inquiet. D'autres apparaissaient à la naissance de sa gorge. On aurait cru qu'elle s'était battue avec Pattenrond. Harry laissa son pouce s'égarer sur chacune de ses écorchures. Elle frissonna. Avait-elle mal?

*Mione, s'y quelqu'un t'a fais du mal, je jure que je le tuerai…*

-Je ne désire pas en parler, leur balança-t-elle au bout du compte. Je veux seulement qu'on reste ensemble, tous les trois…

Elle gardait les mots qui lui déchiraient le cœur prisonniers de ses lèvres. Leur dire ne ferait qu'envenimer les choses. Ils voudraient la venger, certainement. Ils n'étaient pas de taille à lutter contre Malfoy. Et puis, elle était trop gênée de devoir leur expliquer ces moments épisodiques où elle se sentait attirée par l'ennemi.

*Non, je n'ai pas le droit de gâcher leur bonheur…*

- On n'a tellement pas eu d'occasion de se retrouver cette année! Je m'ennuie de ce temps où on était toujours ensemble…

-On sera toujours là pour toi, Mione.

Ron se pencha au-dessus d'elle et, maladroitement, déposa un baiser sur son front. Il se recula les joues rosées. Elle ne releva pas, le laissant cacher sa gêne en détournant la tête. Tant qu'elle pouvait encore sentir la chaleur de sa peau contre la sienne…

Le rouquin était soulagé. Elle n'avait pas réagit. Ils n'étaient plus ensembles depuis près de huit mois. Huit mois sans qu'ils aient de comportements intimes. Il avait eu si peur qu'elle interprète mal son geste!

Harry restait silencieux. Il y avait longtemps déjà qu'il s'inquiétait. Qu'il avait des doutes. Sur Drago Malfoy. Se pourrait-il que se soit la fouine qui soit derrière les malheurs de son Hermione? Que se soit lui qui, profitant du fait qu'ils soient seuls dans leurs appartements, s'amuse à la torturer avec sadisme? Il gardait sa rage pour lui, n'en glissant que quelques mots à l'occasion à Ron et à Ginny. Sans preuve, il ne pouvait rien contre l'autre. C'était peu probable, mais peut-être n'était-il pas réellement la source de ces blessures…

*Cette année, est la huitième dans le monde des sorciers et surtout celle qui suit la bataille finale. On aurait dût vivre paisible. Être heureux, enfin. À croire que le destin s'acharne à nous garder dans le désastre!*

Il n'avait plus envie que de tout quitter, d'abandonner ses études, même à moins de trois mois de ses Aspics. Même après tout le travail qu'il avait fait pour en arriver là. Il voyait lentement s'effacer ses rêves de devenir aurore. Il en avait marre. Sur le moment, plus rien n'avait d'importance quand il contemplait 'être fragile qu'il tenait dans ses bras. Il voudrait fuir et amener ceux qu'il aimait avec lui. Loin de la souffrance et de ses sorciers incapables de s'entendre. Là où on oublierait qu'il est un héros. Là où il pourrait aimer Ginny librement sans avoir peur de la perdre à tout instant. Là où Hermione pourrait enfin se relaxer et rire à nouveau. Ce soir là, Harry voyait de nouveau se dessiner son utopie. Plus clairement. Balayant ses rêves d'adolescents. Un seul pincement au cœur le saisit. Il le chassa rapidement, convaincu que tout laisser derrière serait la meilleure solution…

*Si seulement je pourrais vraiment créer cet utopie!*