Chapitre 12
Basculer dans les étoiles
Juin 1999, grande salle de Poudlard
-Chers étudiants et étudiantes de Poudlard, entama la directrice alors que s'éteignait peu à peu les brouhahas de la grande salle. Une autre année vient à terme et il est temps d'oublier, au moins pour une soirée, toutes ces vieilles rancœurs qui nous arrachent le coeur. Nous avons débuté cette année en croyant qu,elle serait tranquille, mais rappelons-nous à quel point elle fut éprouvante avec cette nouvelle guerre qui menace d'éclater. Pour certains d'entre vous, demain sera le premier jour d'une nouvelle vie. Pour d'autres, se sera le début des vacances dans l'attende d'une nouvelle rentrée. Pour d'autres encore, l'avenir demeure incertain.
Tous les regards se tournèrent vers un groupe de Gryffondors. Plus précisément, vers Harry Potter et ces amis. Intimidé, le garçon baissa la tête vers ses peids attendant la suite du discours. Il sentit la main de Ginny presser sa main en signe d'espoir et d'encouragement: il était le garçon qui avait survécut, pas celui qui allait mourir.
-Mais qu'importe si vous serez pris au beau milieu d'une lutte personnelle ou d'une concernant l'entière communauté sorcière, reprit Mcgonagal après cette pause lourde de silences, je suis persuadée que vous avez tous le potentiel de réussir et de gagner ses batailles.
Encore une fois, le silence envahit la pièce. Cette fois, ce fut le regard insistant de l'ancien professeur de métamorphose qui se posa sur le groupe de Gryffondors. Il ne fut que très bref puisqu'elle reprit presque'instantanément.
-Alors, je vous demande, chers étudiants et étudiantes, d'oublier ces rancœurs qui vous gantent le temps d'un bal et de vous amuser. Oubliez la distinction entre les maisons et mêlez-vous harmonieusement. Et pour ce faire, pour vous insiter à oublier, quopi de mieux que l'ouverture du bal par nos deux préfets-en-chef, M. Malfoy et Mlle. Granger.
On aurait pu s'attendre à un tonnerrre d'applaudissements comme c'était le cas lors de chaque première danse, mais le silence perdura faisant ressembler les quelques secondes qui suivirent à une éternité. Malfoy fut le premier à rejoindre le centre de la piste. Droit et fier comme toujours, il attendait les mains nouées derrière le dos. Impassible, il ignorait chacun des regards qui pesaient sur lui. Ce soir encore, il avait joué d'élgance, revêtant un veston noir et une chemise au couleur de sa maison.
De la foule émergea finalement la préfète. Les cheveux remontés au-dessus de sa tête et quelques mèches qui retombaient souplement sur ses épaules et sur sa nuque s'agençaient à merveille avec sa robe poupre. Elle laissait nue ses épaules et découvrait à peine ses chevilles puisqu'elle commençait par un corsage serré pour se terminer par une jupe au bas plutôt évasé.
La lionne s'immobilisa à quelques centimètres de son homologue sans amorcer le moindre geste pour entamer la danse. Les premières mesures avaient déjà laissé place aux suivantes, mais personne ne vint les précipiter: ce n'était des étincelles d'affrontement qui rejaillissaient d'eux, mais une magie envoutante qui laissait béat tous les spectateurs.
Drago fut le premier à sortir de sa torpeur. Il s'empara d'une de ses mains et passa son autre bras autour de sa taille avant de finalement l'entrainer dans cette valse d'ouverture.
-Tu est très belle ce soir, Granger.
Il avait rapproché leurs deux corps sans cessr de la regarder. Ces mots furent dis si bas qu'elle crut un instant les avoir rêvé. Ce fut une imperceptible caresse de son pouce sur le dessus de sa main et l'ébauche de son éternel sourire en coin qui l'a convainquit.
-Merci, ne put-elle s'empêcher de répondre hésitante.
Il était si rare de recevoir un compliment d'un Malfoy qu'elle ne savait pas très bien qu'elle comportement adopter. Elle eut peur qu'il se rétracte et perdre le peu dechaleur qui semblait l'Avoir enveloppé pour ce dernier bal et crut donc bon d'à son tour le complimenter:
-Toi aussi, tu as un certain charme, ce soir, Malfoy.
Il sourit de nouvea, mais au-delà du vide habituel, elle crut percevoir une lueur enchantée au dond de ses iris orageuses.
*Malfoy peut donc avoir des réactions humaines lorsqu'il se laisse aller hors de sa carapace. Je ne l'aurais jamais cru...*
Elle lui offrit à son tour un sourire pour s'apercevoir que s'était déjà la fin de cette danse qu'elle avait longtemps redouté. Toujours sous le charme du moment, les préfêts s'étaient immobilisés san toutefois s'éloigner. Se fut les applaudissements des autres élèves qui virent briser le lien qui les avait uni. Après un bref mouvement de tête, ils se perdirent cahcun de leur côté dans la foule qui se précipitait sur la piste. L'orchestre entamait un nouveau morceau.
C'est ainsi qu'Hermione vint qu'à retrouver Ron resté seul près du buffet. Il ne lui fallut qu'un regard pour repérer Harry faisant tournoyer Ginny au centre de la piste. Elle s'arrêta aux côtés du rouquin. Elle retira l'un de ses gants de soie poupre et se saisit d'un petit gâteau à la fraise.
-C'était une danse étranque vous venez de faire là, Mione, balança-t-il avec une pointe de jalousie.
Hermione tiqua. Elle avait cru, tout l'année durant qu'il avait oublié ses sentiments pour elle. Pourquoi devait-il les faire ressortir précisément ce soir-là?
-Oh! C'est Malfoy. Tu le connais, il est étrange de nature.
-Je n'aime pas ce type, Mione. Je n'aime pas que tu sois obligée de danser avec lui.
-Oh! Ron! J'ai cohabité avec lui toute l'année. Il tape sur les nerfs, c'est qu'un enfant pourri gâté et peureux même de son ombre, mais ça peut aller. Tu ne vas pas commencer à devenir protecteur la dernière journée!
-Il est dangereux, je suis certain qu'il n'est pas réellement le mangemort repentit qu'il prétend être. Les rumeurs sont vraies, Mione. Il est parmi eux, ceux qui se révoltent!
Voyant qu'elle ne répondait pas, il ordonna:
-Danse avec moi!
Elle se retrouva de nouveau au centre de la pièce. Cette fois, une dizaine de couples l'entouraient et à quelques pas, elle voyait Harry et Ginny se sourire béatement. L'envoûtement n'était certes pas le même qu'il fut avec son homologue, mais elle était tout de même heureuse de retrouver son meilleur ami. Un moment, son comportement lui avait laissé croire qu'elle l'avait perdu.
-Je ne te ferai jamais de mal, Mione. Jamais. Je te le promets...
Juin 1999, appartements des préfets-en-chef
Le bal venait à peine de se terminer. Les deux préfets-en-chef s'étaient éclipsés en même temps qu'une grande partie de la foule, refusant d'être assailli par tous ceux qui les avaient vu danser ensemble durant la soirée. Ils se tenaient désormais l'un près de l'autre, sur le balcon de leurs appartements, profitant des rayons de la lune et de l'air frais du soir pour chasser les relents de l'alcool.
Ils n'avaient pas prononcé un traitre mot, inquiets de briser le lien fragile qui s'était tissé entre eux au cours de la soirée. Seulement, une question démangeait la Gryffondor depuis qu'elle avait capté cette pointe d'affection parmi la dureté de ses iris. Prenant son courage à deux mains, elle la balança innocemment, se gardant bien de tourner la tête vers lui. Il ne devait pas savoir qu'elle lui accordait une importance, qu'elle remettait en question huit années de cruauté.
-Tu crois que ça aurait pu être autrement entre nous?
-Non.
La réponse avait été franche, ne laissant aucun doute possible. Pourtant, Hermione ne put s'empêcher d'insister, mue par un désir soudain de savoir.
-Je veux dire, s'il n'y avait pas cette histoire de sang et de maison pour venir tout compliquer? Ça aurait pu être autrement?
-Écoutes, Granger. On n'a jamais été ami. On ne s'est même jamais apprécié. Tu sais très bien qu'il y a plus qu'une histoire de principes entre nous.
-Peut-être, mais ce bal m'a apporté la preuve que tu pouvais être humain.
-Demain, tu regretteras d'avoir dit cela! Rigola le Serpentard en tirant une bouffée de sa cigarette. Mais j'avoue avoir apprécié aussi…
-Non, Malfoy. Je ne regretterai pas. Pour une fois, tu m'as prouvé qu'on pouvait t'aimer pour autre chose que ton argent et ton physique, et j'apprécie.
-Granger…
-Chut…Ne brise pas ce moment. Ce sont nos dernières heures à Poudlard. Je ne voudrais pas garder un mauvais souvenir de toi alors que j'ai découvert une autre facette de ta personnalité. ¸
Elle lui prit la main qu'il consentit à serrer doucement. Ils restèrent là, en silence, plusieurs minutes, peut-être même une heure, à observer les étoiles. Un éventuel passant aurait pu les prendre pour un couple heureux, s'il ne les avait pas connu. Un autre aurait tout simplement vu son cœur s'arrêter sous l'effet de la surprise. Les deux préfets-en-chef de Poudlard, côte à côte en train de partager un tendre moment. L'atmosphère n'avait jamais semblé aussi paisible entre eux qu'à ce moment.
Sans vraiment vouloir l'avouer, ils savouraient, à leur façon, l'instant qu'ils partageaient. Drago tournait subtilement la tête en direction d'Hermione, humant le parfum qui se dégageait d'elle. Enivré, il ne réagit pas lorsqu'elle se tourna à son tour, dans un geste impulsif. Leurs lèvres se rencontrèrent maladroitement, furtivement. Plus une caresse du vent qu'un réel baiser. Mais ce fut suffisant pour leur laisser un goût fruité, une certaine avidité qu'ils ne pourraient assouvir.
Il la regarda s'éloigner, tenant encore une main imaginaire, alors qu'elle franchissait la porte du balcon pour retrouver la quiétude de la pièce rouge et or. Quant elle fut hors de vue, il se laissa aller contre la balustrade, échappant distraitement sa cigarette dans le vide. Elle, elle s'enferma à double tour et, s'en se dévêtir de sa robe de soirée, s'emmitoufla dans ses couvertures au risque de la froissée. Elle remonta les draps sous son menton, enfouit son visage dans les plies de son oreiller et n'aspira qu'à trouver le sommeil pour calmer tant les palpitations de son cœur que les images qui harcelaient ses idées.
Séparer par une porte, par un mur, ils ne pouvaient empêchaient leurs pensées de fuir en direction de l'autre. Perdus dans leurs réflexions, ils en vinrent même à se dire qu'ils avaient peut-être gâcher leur dernière année à Poudlard, leurs dernières heures.
*Elle avait peut-être raison. Peut-être qu'on aurait pu apprendre à être autre chose que deux êtres voués à se détester éternellement…*
Ses yeux rencontrèrent alors le lac, si minuscule au loin, s'accrochant aux cercles qui dansaient à la surface.
*N'importe quoi, Drago. Reprends-toi, c'est les vapeurs de la fête qui te montent à la tête. Dormir. Oui, dormir me remettra les idées en place. Demain, demain tout sera oublier et je quitterai enfin cette maudite sang-de-bourbe!*
Dans un geste inconscient, il porta son index à ses lèvres, avant de lécher ses dernières pour recueillir les derniers vestiges du goût fruité. Il franchit la porte à son tour, se déshabillant nonchalamment avant de se laisser glisser entre ses droits. Il contempla un moment le plafond, écoutant distraitement le silence de la nuit, avant de se relever et de revêtir sa robe de chambre. La nuit était encore jeune et la caresse des lèvres d'Hermione le hantait. Il espérait trouver une Serpentarde trainant encore dans la grande salle à faire la fête. Il avait besoin de se détendre et d'oublier ces quelques minutes passées. Et pour cela, rien de mieux qu'une bonne partie de jambes en l'air…
S'il avait été attentif aux murmures du vent alors qu'il traversait la salle commune, il aurait peut-être pu capter les dernières pensées de son homologue féminin avant qu'elle se laisse glisser dans les bras de Morphée.
-Damné sois-tu, Malfoy! Si tu ne serais pas si fier, tu n'aurais pas bousillé ma vie. Va pourrir en enfer, démon!
