Bonjour, chers lecteurs, chères lectrices,

Par quoi commencer ?

Et bien déjà je suis nouvelle ici, pas en tant que lectrice moi-même, puisque je dois connaître le site depuis une dizaine d'années, si ce n'est plus, mais en tant qu'autrice. Enfin je dis cela, mais j'avais bien fait une misérable tentative à ma sortie de l'adolescence. Je n'avais à l'époque pas eu le temps de publier régulièrement et ma fic était tombée dans l'oubli. Mais rassurez-vous, je suis aujourd'hui dans une période de ma vie où j'ai le temps d'écrire. Et j'ai également plusieurs chapitres d'avance. Je publierais donc toutes les semaines afin de conserver cette avance.

Ensuite, petite précision sur cette fanfic. L'idée, pas complètement original je vous l'accorde, mijote dans ma tête depuis maintenant, eh bien, 6 ou 7 ans je dirais. Si bien que dès que je tente d'écrire autre chose, elle s'impose de nouveau à moi. Alors autant m'y mettre jusqu'au bout, haha ! Elle se passe sur deux temps, celui de Poudlard au début du tome 6 jusqu'à la bataille finale et ne diverge pas du canon original (du moins j'ai tout fait pour), mais en est un parallèle. Je sais que cela à déjà était fait et avec brio, c'est pourquoi j'espère ne pas vous livrer une version médiocre des coulisses du Prince de sang-mélé. Le deuxième temps se passe, lui, après la bataille finale, et commence le 25 juin 1998. Il se déroule sur environ 6 mois. J'alternerais les deux temps dans un même chapitre. N'hésitez pas à me faire savoir si cela vous perd, et je m'adapterais.

Dernière précision, je suis complètement nulle en orthographe et même si la correction automatique est enclenchée – miracle de la technologie – il est plus que fortement probable qu'il reste des fautes à droite à gauche, malgré mes relectures.

Sur ce je vous souhaite une excellente lecture et n'hésitez pas à me laisser vos impressions !

Bisous 0

HerDR


Prologue

La guerre était finie, enfin, et la fatigue semblait s'abattre sur elle avec un acharnement furieux. Elle ne pouvait cependant pas se laisser aller. Pas maintenant. Pas alors qu'il allait falloir compter les morts, soigner les blessés et réconforter les vivants. Elle les voyait, tous les partisans de « la lumière », hésitant entre le soulagement que tout soit finie, la joie d'avoir gagné et l'affliction devant toutes les pertes qu'ils avaient subie, Dumbledore, Remus, Tonks, Sirius, Maugrey, Dobby, ...

Elle chercha Ron du regard et tomba sur un lac de mercure en fusion. Son souffle se bloqua. Il était là, à quelques mètres d'elle, la sondant de son regard impassible, inflexible. Cela ne dura pas plus de quelques secondes, mais quand il se détourna pour rejoindre sa mère, elle sentie son cœur se fissurer, piétiné par son indifférence. Cela avait pourtant toujours été clair entre eux. Du moins, de son coté à lui, mais son âme à elle c'était peu à peu laissée investir par sa présence, la gouttant, la savourant, la laissant sur sa faim, toujours. Elle respira un grand coup, cherchant le courage caractéristique de sa maison, et s'autorisa quelques larmes. On ne lui demanderait pas de les justifier en de telles circonstance et elle eut honte, honte de penser ainsi alors que beaucoup pleurait une tragédie. Mais les cris d'un cœur déchiré ne sont-ils pas une tragédie en soit ? Se détournant du vide laissée par celui qui avait kidnappé puis piétiné son cœur, elle retourna auprès des siens, comme une jeune louve blessée.


Chapitre 1

3 Septembre 1996

Hermione marchait d'un pas précipité dans les couloirs de l'école. Les cours venaient à peine de commencer qu'elle était déjà en retard sur son programme de révision pour les ASPIC. Elle voulait profiter de la pause du midi pour se rendre à la bibliothèque et emprunter les livres les plus intéressant. Tout à sa concentration, elle ne remarqua pas le groupe de Serpentard qui se dirigeait vers elle. C'est la douleur dans son épaule qui la fit relever la tête et planter ses yeux sur ses trois camarades.

- On s'écarte devant ses supérieurs Granger, où l'impolitesse est une tare courante chez les moldus ?

Blaise la regardait avec une mine mi-dégoûtée, mi-faussement scandalisée. Nott ricanait discrètement et à sa plus grande surprise, Malfoy, légèrement en retrait, ne semblait pas participer à l'hilarité général. Elle fronça les sourcils et lança d'un ton détaché.

- Je n'ai plus six ans Zabini, et je n'ai pas le temps pour tes provocations de gamins attardés.

Sur ce, elle tourna les talons, bien décidée à ne pas se laisser distraire. Elle n'avait pas le temps ! Si la plupart des élèves n'avaient toujours pas saisie l'enjeu des ASPIC, c'était leur problème. Elle ne se laisserait pas distancée et, foi d'Hermione Granger, elle aurait un Optimal dans toutes les matières cette fois.

Elle passa les grandes portes menant à la caverne d'Alibaba livresque sans rencontrer d'autres soucis. Posant son sac sur une des grandes tables de travail, elle alla chercher les manuels qui lui faisaient tant envi. Quand elle revint, elle ne fit pas immédiatement attention à sa présence, trop absorbée dans les pages de « informulés, les basics élémentaires ». Mais un éclat de lumière fit briller ses mèches argent. Elle lui jeta un coup d'œil surpris. Elle ne se souvenait pas l'avoir déjà remarqué à la bibliothèque, encore moins à la même table qu'elle. Elle scruta les environs mais ils ne devaient pas être plus de quatre dans la salle. Est-ce que lui aussi avait été trop investit par sa lecture pour remarquer sa présence ? Elle hésita entre l'ignorer où se retirer à une autre table, mais la dernière option serait passée pour une couardise de sa part, alors elle ne bougea pas. Cependant, elle ne put reprendre sa lecture et tergiversait à propos du livre que Malfoy – car s'était bien lui – tenait entre ses longs doigts oblongs. « Magie noire et autres arts occultes » n'était certainement pas au programme de l'année, ni d'aucune d'ailleurs.

- Je sais que tu n'as pas l'habitude d'être en présence d'un tel éphèbe, vu les deux pouilleux qui t'accompagnent, mais ça en devient gênant pour toi Granger.

La jeune fille sursauta, il n'avait même pas levée la tête, était-elle si peu discrète ?

- Je ne vois pas de quoi tu parles Malfoy, mais apparemment ton narcissisme pathologique t'a rendu parano.

Il daigna enfin tourner son visage dans sa direction, son détestable petit sourire narquois bien en place. Il pointa le livre maintenant posée devant elle et prit un air faussement navré.

- Oh non ! Suis-je encore en pleine crise de démence, où la grande Hermione Granger n'a pas encore appris par cœur tout le programme de cette année ?

La jeune fille renifla d'un air dédaigneux.

- Moi au moins je m'intéresse au programme.

Il lui lança un sourire carnassier, avant de susurrer.

- C'est peut-être toi qui devrais revoir tes lectures alors, sang de bourbe. Car de nous deux, qui a eu un Optimal en défense contre les forces du mal …

- Comment tu…

Mais elle ne put finir sa question que le jeune homme reprit effrontément.

- Et on dirait que je ne suis pas si parano que ça, n'est-ce pas ?

Elle rougit de colère où de honte, elle ne savait plus trop, et émit un son outré avant de rassembler ses affaires et de partir d'un pas déterminé, sous le rire moqueur de Malfoy.

25 Juin 1998

Elle y était. C'était aujourd'hui qu'elle allait enfin se prendre de plein fouet les conséquences de ses deux dernières années d'égarement, si l'on pouvait nommer cela ainsi. C'était surement le qualificatif qu'il emploierait pour désigner leurs coucheries. De l'égarement. Pour elle s'était un peu plus compliqué que ça. Car elle avait aimé chacune de leurs interactions, de leurs caresses, de leurs murmures. Ses bras lui manquaient, terriblement. Elle avait su dès le début que c'était mal, que ça ne mènerait pas à grand-chose. Mais elle s'y était accroché jusqu'au bout, à ses moments d'égarements. Elle les avait désirés, si fort, que le vide qu'ils laissaient à présent était comme une brise mordante un soir d'hiver. Son corps semblait ne plus pouvoir se réchauffer.

Une main agrippa la sienne. Pas celle qu'elle aurait espéré, plus aujourd'hui. Elle regarda avec tendresse cette grande paume, constellée de tâches de rousseurs, recouvrir la sienne et lui transmettre un peu de sa chaleur perdue. Elle lui était infiniment reconnaissante d'être là, dans cette salle d'attente trop silencieuse. Elle plongea dans ses yeux bleus, mais ne put soutenir trop longtemps son regard, un sentiment de culpabilité s'insinuant en elle comme un serpent. Distillant dans ses veines le poison de la honte. Elle l'avait attendu tant d'année, espérant attirer son regard sur elle autrement que comme « l'amie fille » de leur trio. Quand cela c'était enfin produit, il était trop tard. Le mal était fait. Pourtant il était resté. Il s'était montré d'une compréhension sans égal, la soutenant, la gardant près de lui. Comment aurait-elle pu lui raconter, lui avouer sa trahison ? Comment aurait-elle pu lui dire que le petit être qui grandissait en elle n'était pas le fruit d'un soir au hasard à l'orée de la guerre, mais l'apogée de plusieurs mois de forfaiture de sa part. Elle ne pouvait pas, pas après leur baiser dans la chambre des secrets, ni après la mort de Fred, ni même après qu'il l'ai de nouveau embrassé à la Tête de sanglier. Alors elle s'était tût sur l'identité du père, priant pour que l'enfant à naître n'est pas les caractéristiques de son père.

- Tout va bien se passer Herm', lui chuchota-t-il.

Elle lui rendit son sourire et hocha fébrilement de la tête. Oui tout se passerait bien, elle n'était pas seule.