Elle se saisit de la photo.

« Non, je ne le connais pas. »

Elle me dévisage, après avoir constaté que je posais à ses côtés. Cette femme est une sorte de... mon père. Sèche, ne laissant transparaître aucune émotion, mais qui peut paraître amicale au premier regard.

« Bien. Nous allons y aller. Merci pour votre coopération. »

A ce moment, un adolescent descend les escaliers. Il nous observait visiblement depuis le début, et avait vu la photo, de loin.

« Moi je le connais.

-Tais-toi Yohan !

-Tu le connais ?

-Oui. »

Il fixe longuement sa mère, un air désolé, un air de défi.

« C'est l'amant de ma mère. »

Mon regard passe de cet adolescent droit , l'air dur, à sa mère, qui me fixe , hésitant à frapper son fils ou à limiter les dégâts. Lui, vient jusqu'à devant sa mère.

« Que je fasse l'aveugle et le sourd quand tu t'envoies en l'air est une chose mais que je fasse le muet quand il s'agit du meurtre de mon père en est une autre.

-Comment oses-tu ?

-Bien, Yohan , tu veux venir avec nous au NCIS ? On aurait quelques questions à te poser.

-D'accord.

-Vous aussi, madame, vous allez devoir nous accompagner. »

Dans le genre outrée on n'aurait pas pu faire mieux.

On rentre au NCIS. Gibbs interroge Mme Baschel, Tony questionne son fils et moi, j'ai demandé à m'occuper personnellement de Malachi.

Il faut d'abord le retrouver. Pas bien difficile, il fouille dans le bureau de Tony.

«Qu'est ce que tu fais ? »

Il ferme précipitamment le tiroir où il fouille.

« Ziva !

-Réponds.

-Je cherchais pourquoi tu t'intéresse autant à lui. Il n'est qu'un gigolot blagueur qui n'a rien dans le crâne.

-Tu vas me suivre en salle d'interrogatoire, Malachi.

-Pour avoir fouillé dans le bureau de ton amoureux ? T'es susceptible, Ziva.

-Tu sais très bien pourquoi . Tu connais le chemin, passe devant . »

Son sourire retombe.

Je m'efforce d'être aussi professionnelle que possible. Mais j'ai quand même mal au cœur. Le mossad, Malachi, qui sont tout de même une part importante de ma vie passée, ne sont jamais innocents, jamais clairs, toujours mêlés à quelque chose de déplaisant.

On arrive dans la salle.

« Ton couteau a été retrouvé sur les lieux du crime, et on t'a identifié comme étant l'amant de la femme de la victime.

-Qui « on » ?

-Peu importe. Connaissais-tu la victime ?

-Je ne l'avais jamais rencontrée, mais je sais qu'il était le mari de la femme avec qui je couche.

-Une des femmes, tu veux dire.

-T'as un problème avec ça ?

-Non. As-tu tué la victime ?

-Non. Sérieusement, Ziva, ça a déjà marché, cette méthode.

-Je sais, la plupart du temps quand tu mens.

-J'ai menti ?

-Baschel était-il au courant que tu avais une liaison avec sa femme ?

-Non.

-C'est elle ou toi qui est allé vers l'autre en premier ? »

Il soupire.

« Moi.

-Elle était heureuse avec lui à ton avis ?

-Elle le trompait. Alors logiquement , non.

-Elle t'a parlé de quelque chose à propos de lui, ou de son fils que tu juges important à signaler ?

-Non .

-J'aimerais mieux ne pas avoir à faire ça mais... Quelle était la nature de votre relation ? Amoureuse ou purement sexuelle ?

-Sexuelle.

-Tu envisageais de rompre ?

-Non.

-D'aller plus loin, de passer à un autre stade dans votre relation ?

-Non.

-Avec combien de femmes as-tu des relations en ce moment ?

-Je ne vois pas en quoi...

-Réponds !

-Deux. Liane Baschel et... tu le sais Ziva.

-Liat. Quelle est la nature de ta relation avec elle ?

-La même que tu as avec DiNozzo.

-Je n'ai pas de relation avec DiNozzo ! Je repose la question: quelle est la nature de votre relation ?

-On couche ensemble, mais les sentiments vont et viennent, pour elle aussi bien que pour moi.

-Où étais-tu au moment où le crime a été commis ?

-A mon hôtel.

-Témoin ?

-Non. »

Je hochais la tête .

« C'est bon. »

Je sors de la salle. Gibbs arrive.

«Pour l'instant, rien n'indique qu'il est innocent. Le mari n'était pas au courant que sa femme avait une liaison avec lui. Il dit que c'était purement sexuel et il a une autre relation en même temps, un jour sexuelle, un jour amoureuse, enfin vous voyez. »

Il penche la tête , lève un sourcil.

« Enfin. Et vous, qu'est ce que ça a donné ?

-Patron ! Le fils dit que sa mère et son père se disputaient souvent, et que son père était sur le point d'engager un divorce. »

Il pose son regard sur moi et continue à parler .

« Elle ne voulait pas que son honneur soit bafoué et elle l'a tué.

-Elle ne sait pas se battre, elle n'est pas une professionnelle, elle aurait sûrement laissé des traces, fait une erreur. »