Chapitre 4 : Boulversements.
Pendant le trajet, aucun des deux garçons ne dit mot. Arrivé devant la maison des Anderson, Kurt commença à s'agiter car il se demandait s'il ne valait mieux pas rebrousser chemin. Il fut tiré de ses réflexions par Blaine qui venait de lui prendre la main et l'attirait vers la porte d'entrée. Blaine sonna sans prendre le temps de penser à ce qu'il faisait et lâcha la main de Kurt.
En ouvrant la porte, madame Anderson embrassa son fils qui lui présenta Kurt. Bien sur, Blaine n'avait pas dit à sa mère que Kurt était son compagnon même s'il savait qu'elle finirait par l'accepter. C'est surtout la réaction de son père qu'il appréhendait.
Monsieur Anderson se leva pour saluer son fils, fit un léger signe de tête à Kurt puis se rassit confortablement dans son fauteuil.
- Papa, maman, je dois vous dire quelque chose. Papa, je t'en prie, ne me juge pas sur mes choix car tu sais très bien que quoi qu'il arrive, je ne changerai pas. Maman… Donc, je vous présente Kurt, Blaine attrapa la main de Kurt pour le rapprocher de lui. Nous sommes ensembles.
- Blaine. Tu te moques de moi ? Tu oses entrer chez moi, me dire que tu aimes un garçon et faire comme si de rien n'était ? Avoir un fils gay est déjà compliqué à gérer, si en plus tu nous ramènes des tapettes qu'on pourrait repérer à des kilomètres ! Je n'ai pas besoin de ça ! Tu peux oublier ce… cette tapette, Blaine, sinon ça va mal se passer.
- N'A-P-P-E-L-L-E P-L-U-S… PLUS JAMAIS KURT COMME ÇA ! Et tu devrais l'accepter. Comme tu m'acceptes moi ! Et, à partir de maintenant, m'accepter moi, c'est avec Kurt.
- Voila une chose que tu n'as pas encore comprise Blaine. Je ne t'accepte pas. Je n'accepte pas le fait que tu aimes les garçons. Et que tu ramènes cette tapette à la maison, c'est de la provo…
Outch !
Blaine venait de frapper son père au visage.
Il entraina Kurt vers la sortie sans même se retourner pour répondre aux injures que lui lançait son père. Il se dirigea vers la voiture si rapidement que Kurt avait du mal à suivre et manqua de trébucher à plusieurs reprises.
- Blaine, Blaine. Calme-toi, l'intéressé se retourna pour s'effondrer sur Kurt, en pleurs. Ho Blaine, ne t'inquiète pas je suis là.
- Je suis vraiment désolé… Je te dépose… Et je rentre.
- Alors là, Blaine, tu n'y penses même pas. Je ne vais pas te laisser tout seul ce soir, tu restes avec moi. Et, il mit ses mains sur les joues rougies par les pleurs de Blaine, tu n'y es pour rien.
- Mais tu as vu comment il… Comment il t'a appelé ?
- Blaine… N'y pense plus. Monte en voiture et calme-toi. Te voir pleurer, ça fait mal. Ce soir tu dors à la maison, c'est le mieux que je puisse faire.
- Merci de me laisser dormir chez toi ce soir. T'es vraiment génial comme petit ami.
- Je sais, je sais, répondit Kurt sans modestie.
Blaine approcha sa tête de celle de Kurt et l'embrassa. Les deux garçons montèrent en voiture et se dirigèrent vers la maison qui avait jadis appartenue aux parents de Kurt.
Si avant de partir, Blaine avait regardé par la fenêtre, il aurait vu sa mère. Elle le regardait parler avec Kurt, même si elle n'était pas très enthousiasmée par la voie qu'avait choisi son fils, le voir heureux était, comme lorsqu'il était enfant, une grande joie. Son mari venait de la priver de son fils mais ça ne la dérangeait pas car elle savait qu'il n'était pas seul, il avait ce garçon, ce Kurt. Lorsque le jeune couple s'embrassa avant de monter en voiture, une larme coula sur la joue de Lucie. Elle savait que son fils était en sécurité alors, elle était heureuse. Après avoir regardé la voiture disparaître dans l'allée, elle s'éloigna de la vitre, essuya ses larmes et partit reprendre le cours malheureux de sa misérable vie aux côtés de cet homme désagréable et non respectueux. Désormais, elle se promit de ne plus laisser son mari lui marcher sur les pieds, elle était forte, elle se battrait, elle résisterait. Comme son fils. Avec un peu moins de violence peut-être.
Kurt tint la main de Blaine pendant tout le trajet qui séparait les maisons Anderson et Hummel et ne la lâcha que pour sortir. Ces deux mains ne mirent pas longtemps avant de se retrouver, elles semblaient, tout comme leur propriétaires, faite l'une pour l'autre.
En entrant chez Kurt pour la deuxième fois, Blaine fut tout aussi impressionné que lors de sa première visite. La décoration eut sur lui l'effet de lui faire oublier tous ses problèmes, son père ne semblait plus du tout impressionnant aux côtés de cette maison, cette maison qui lui avait ouvert ses portes après qu'il ait ouvert son cœur. Son cœur qui ne lui appartenait plus, son cœur qui appartenait à l'homme qui montait les escaliers devant lui pour se diriger à l'étage supérieur de cette maison, son cœur qui, désormais, appartenait à Kurt. Ce dernier n'était pas fier de lui, s'il n'avait pas posé cette question débile sur les parents de Blaine, son chéri n'aurait pas cette tristesse dans les yeux. Il s'en voulait mais il devait être fort, pour Blaine car ce devait être beaucoup plus dur pour lui.
J'espère que ce n'est pas trop décevant...
